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Covid-19, Togo : État d’urgence ou l’amorce d’une Crise foudroyante

La nouvelle épidémie de coronavirus (COVID-19) continue ses ravages de par le monde. Environ un million (1 000 000) de personnes sont contaminées par le virus et l’on compte à ce jour plus de soixante et cinq mille (65 000) décès. La menace pèse de plus en plus sur les pays africains qui se doivent de prendre des mesures conséquentes pour éviter une crise sanitaire de grande envergure.

Dans l’optique de la riposte contre la pandémie, de nombreux gouvernements en Afrique ont pris des mesures drastiques et des dispositions hors du commun. Certains Etats (Nigeria, Afrique du Sud, Zimbabwe,…) ont jugé bon de mettre en œuvre une mesure de confinement obligatoire comme celle appliquée en Europe. Cette disposition est incontestablement la meilleure mesure préventive. Mais pour les analystes, le confinement absolu ne peut être appliqué en Afrique en raison du modèle économique dominant. L’économiste togolais Thomas Koumou a confié récemment que l’Afrique n’a pas les moyens de se soumettre à un confinement total. Le Président béninois Patrice Talon a été également clair sur l’impossibilité matérielle de confiner sa population.

Au Togo, de nombreuses mesures ont été prises pour limiter la propagation du virus. Les mesures récentes concernent l’instauration d’un couvre-feu et la prise de certaines dispositions pour éviter aux PME de crouler sous l’effet de la crise sanitaire. Dans le domaine du transport, l’on note également des mesures restreignant le nombre de passagers à bord des engins.

Toutefois, cette mesure comme d’autres d’ailleurs, crée plus de frustration et de mécontentement dans la population. Dans un communiqué récent, le Ministre des Infrastructures et des Transport ainsi que le Ministre de la sécurité et de la protection civile annonçaient l’interdiction formelle aux conducteurs des engins à deux roues et aux tricycles de transporter des personnes. Cette mesure, censée lutter contre la pandémie fait de nombreux togolais des chômeurs. La tension couvait dans les rangs des conducteurs de taxis moto quand la décision a été retirée in extremis.

Les taxis-moto qui pullulent çà et là à travers le pays risquent de se retrouver dans une situation critique si cette mesure était maintenue. Nourrir leur famille deviendrait alors un parcours de combattant pour ces valeureux chefs de famille qui déjà s’en sortaient difficilement.

Pis, la mesure du couvre-feu empêche de nombreuses revendeuses d’exposer leurs produits le soir venu comme d’habitude. En clair, pour une famille où le père travaille comme taxi-moto et la mère revendeuse, avec ces mesures, c’est un désastre qui s’annonce.

Il leur est alors quasi impossible de subvenir aux besoins de leurs familles. Les mesures du gouvernement togolais que certains jugent de complètement irréfléchi sont donc, selon les observateurs à revoir.

Le fond de 400 milliards de FCFA annoncé par le chef de l’Etat semble être la solution à cette crise économique qui s’annonce ; mais cela semble illusoire. Peu importe le pourcentage qui sera alloué aux ménages, il faut être dupe pour croire qu’il est possible de mettre en place un mécanisme permettant de venir en aide à tous ménages en situation précaire durant les trois mois à venir. Ceci relève de l’utopie. Surtout que dans l’entendement du togolais lambda la distribution de ces fonds se ferai dans une opération de calcul où chaque ménage ou chaque togolais ira toucher sa quote-part.

A défaut de pouvoir vaquer à leurs occupations et poursuivre leurs activités, des emplois précaires à l’origine, le peuple gémit.

Respecter les consignes annoncées par le gouvernement et mourir de faim ou poursuivre normalement ses activités au risque de contracter le virus ; le dilemme est de taille. L’étau se resserre sur le peuple.

La crise sanitaire actuelle est sans précédent et ces conséquences sont énormes.

Si en Afrique la gravité du fléau ne se ressent pas encore, la crise économique qu’il engendre a déjà ses effets. Il urge donc pour les gouvernants de mettre en œuvre un programme réaliste incluant toutes les couches sociales et surtout les plus démunis qui représentent la majorité de la population. Une telle disposition est nécessaire pour éviter la crise sanitaire et la crise économique qui l’accompagne.

Source : Independantexpress.net

 

 

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