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Koffi Yamgnane : « 72,36% dès le premier tour, c’est tout simplement invraisemblable »

Se prononçant sur les résultats provisoires proclamés par la CENI dans le cadre de l’élection présidentielle du 22 février dernier, Kofi Yamgnane tout comme bon nombre d’observateur togolais, est tombé des nus. L’acteur politique trouve que le score attribué au chef de l’Etat sortant dès le 1er tour est tout simplement « invraisemblable ».

A quelques heures du verdict de la Cour constitutionnelle, Kofi Yamgnane rejette les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante. Pour lui, tous ses chiffres communiqués par l’institution sont faux.

« 72,36% dès le premier tour, c’est tout simplement invraisemblable parce qu’au Togo, les gens vont voter, mais la vérité des urnes ne sort jamais. Le nombre de voix que le prince a accordé à ses concurrents, notamment à Jean-Pierre Fabre et à Agbéyomé Kodjo, tout le monde sait que c’est des chiffres qui sont faux et fantaisistes de bout en bout », a indiqué l’acteur politique.

Le politique au cours de son intervention, s'est également prononcé sur la crise que traverse la Guinée Conakry en ce moment, surtout avec le recul d’Alpha Condé quant à son ambition de briguer un 3ème mandat alors que son homologue Faure Gnassingbé veut faire passer un 4ème.

« La CEDEAO, l’UA, même la France, sans compter le peuple guinéen et l’opposition, tout le monde s’est opposé à cette affaire-là. Alpha Condé ne pouvait pas rester isolé sur la scène internationale », a-t-il tenté d’expliquer. A la question de savoir pourquoi cette même pression n’a pas été exercé sur le chef d’Etat togolais, Kofi Yamgnane estime que Faure Gnassingbé, tout « comme son père, achète le pouvoir ».

Et d’ajouter : « Le port de Lomé est un fric fou. Il distribue l’argent à qui veut et il sait que ces gens-là vont le soutenir ».

L’ancien candidat à la présidentielle au Togo a par ailleurs indiqué que les seuls à avoir tenu tête à Faure Gnassingbé lors du dialogue inter togolais sont Muhammadu Buhari et Nana Akufo-Addo respectivement présidents du Nigérian et du Ghana. « C’est les seuls qui ont effectivement tenté de trouver des solutions torpillées par Alpha Condé en 2018 parce qu’il avait son propre agenda », a-t-il confié.

S’agissant de la situation qui prévaut actuellement sur le territoire togolais, l’auteur du livre « Afrique, démocratie introuvable » indique que le peuple togolaise ne s’est pas encore remis du traumatisme de 2005.

« Je pense que le traumatisme de 2005 n’est pas absorbé. Lorsque Faure est arrivé au pouvoir à la mort du général, il y a eu plus de 1100 morts, ont dit les enquêteurs. Il y a un rapport de l’ONU qui est sur la table de Faure qui dit 500 morts. Le peuple togolais est traumatisé », a-t-il déclaré.

 

 

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