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États-Unis / Destitution : Donald J. Trump Mis en Accusation pour Abus de pouvoir et Entrave au travail du Congrès

AFP
Trump empeached
Donald Trump mis en accusation par le Congrès américain dans le procès en destitution qui lui pend au cou comme un boulet | Photo : DR

Donald Trump a été mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès, mercredi soir, lors d’un vote de la Chambre des représentants, synonyme de procès en destitution. L’ex-homme d’affaires a immédiatement dénoncé la « haine » des démocrates.

La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, s’est prononcée en faveur de l’ «impeachement» du milliardaire républicain de 73 ans à l’issue d’un débat acrimonieux entre deux camps aux vues irréconciliables reflétant les profondes divisions de l’Amérique.

Il appartiendra désormais au Sénat de juger Donald Trump, sans doute en janvier. Les républicains, qui contrôlent la chambre haute, ont déjà prévenu qu’ils avaient la ferme intention d’acquitter leur président.

Trump dénonce «la haine» des démocrates

Trump a dénoncé depuis le Michigan la «haine» des démocrates du Congrès, peu après sa mise en accusation.

«Pendant que nous créons des emplois et que nous nous battons pour le Michigan, la gauche radicale au Congrès est rongée par l’envie, la haine et la rage, vous voyez ce qu’il se passe», a-t-il lancé lors d’un meeting de campagne depuis la ville de Battle Creek.

«Les démocrates essayent d’annuler le vote de dizaines de millions d’Américains», a-t-il ajouté.

Ce vote à la Chambre, qui intervient à moins d’un an du scrutin présidentiel, est en tout point historique. Seuls deux autres présidents – Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 – ont vécu une mise en accusation. Le républicain Richard Nixon, empêtré dans le scandale du Watergate, avait préféré démissionner en 1974 avant de subir telle avanie.

Dans un spectaculaire télescopage, la décision est tombée au moment même où Donald Trump était à la tribune pour une réunion de campagne à Battle Creek, dans le Michigan, à environ 1.000 km de Washington.

Le 45e président des États-Unis, qui entend briguer un deuxième mandat en novembre 2020, était visé par deux articles de mise en accusation –abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès– parce qu’il a demandé à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses rivaux potentiels à la présidentielle.

«Protéger la démocratie »

Le vote a suivi, à une poignée de voix près, de strictes lignes partisanes.
La présidente du Congrès américain et chef d'orchestre de l'impeachment de Trump, Nancy Pelosi | Photo : Reuters
La présidente du Congrès américain et chef d’orchestre de l’impeachment de Trump, Nancy Pelosi | Photo : Reuters

Pour les républicains, la procédure de destitution est « une blague absolue », une « supercherie », qui ne s’appuie sur « aucun fait » et est motivée par l’aversion des démocrates pour un président qui brise les codes.

« Ils ne détestent pas seulement Donald Trump, ils détestent les 63 millions d’Américains qui ont voté pour ce président », a lancé l’élu républicain Steve Scalise.

Faux, ont répondu à l’unisson les parlementaires démocrates. Les poursuites contre le président n’ont rien à voir avec des considérations personnelles ou des divergences politiques, ont-ils assuré. Il s’agit, selon eux, de « protéger la Constitution », « la démocratie » ou encore « l’état de Droit » menacés par un président qui se croit « au-dessus des lois » comme « un monarque ».

Un seul point d’accord a émergé entre les deux camps: cette « triste » journée entrera dans les livres d’Histoire.

«Tas d’absurdités »

Le tempétueux président septuagénaire veut transformer cette épreuve en victoire politique. Objectif affiché? Utiliser cette procédure pour galvaniser sa base et, grâce à la réussite de l’économie américaine, arracher sa réélection dans onze mois.

Il affirme, et les républicains avec lui, que la procédure de destitution est de moins en moins populaire auprès des Américains.

Mais les sondages montrent que les lignes ont peu bougé. Selon une étude NBC News/Wall Street Journal rendue publique quelques heures seulement avant le vote de la chambre basse, 48% des Américains sont favorables à la destitution de Donald Trump et… 48% des Américains y sont opposés.
La rue en faveur de la destitution de Trump | Photo : AFP
La rue en faveur de la destitution de Trump | Photo : AFP

«Il a été pris »

Mais pour les démocrates, l’ancien homme d’affaires a trahi le serment de sa fonction.

« Il était prêt à sacrifier notre sécurité nationale (…) pour améliorer ses chances de réélection », a accusé Adam Schiff, qui a supervisé l’enquête contre le milliardaire républicain.

« Il a essayé de tricher et il a été pris », a-t-il ajouté depuis la tribune, en assurant que « le danger persistait ».

En cause, un chantage auquel Donald Tump et quelques uns de ses proches auraient soumis le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le 25 juillet, un échange téléphonique entre les deux dirigeants met le feu aux poudres.

Donald Trump demande à ce président novice en politique, en proie à un conflit armé avec la Russie, d’annoncer une enquête anti-corruption contre le démocrate Joe Biden et son fils Hunter, ex-membre du conseil d’administration d’une entreprise gazière ukrainienne.

Ancien vice-président, Joe Biden mène la danse dans la primaire démocrate pour l’élection présidentielle et apparaît comme l’adversaire le plus dangereux pour le sortant républicain.

Un faisceau d’informations concordantes et de témoignages semble de plus attester qu’un lien avait été établi entre une annonce éventuelle de ces investigations et le déboursement d’une aide militaire américaine pour l’Ukraine.

Source : AFP

 

 

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