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Mgr Kpodzro annonce la fin du calvaire des Togolais pour bientôt

L’archevêque Emérite de Lomé, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, n’entend pas renoncer à la revendication de la vérité des urnes. Dans une récente sortie médiatique, le nonagénaire s’est encore attaqué aux instituions (CENI, Cour Constitutionnelle), qui ont favorisé un 4ème mandat à Faure Gnassingbé. Au nom de la dynamique qui porte son nom, il invite les responsables de ces institutions à déclarer la vérité au peuple togolais.

« Elle ne reconnaîtra jamais quelqu'un qui prête serment sur la base de ces résultats autoproclamés. Aujourd’hui, le vainqueur sort de prison et le vaincu s’apprête à prêter serment ! Comme au Carnaval où le Roi est à la place du Fou et le Fou à la place du Roi », a écrit le prélat ce 30 avril.

Mgr Kpodzro indique qu’il est temps de rassurer le peuple togolais. Pour lui, la cérémonie de prestation de serment de Faure Gnassingbé qui est prévue le 03 mai, est « un non-événement ».

Toujours dans la quête de la vérité des urnes, l’archevêque Emérite lance un « ultime » appel aux responsables des institutions de la République, notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle qui ont proclamé la victoire du chef d’Etat sortant. Il leur demande de dire la vérité au peuple.

« S'ils ne se soumettent pas à cet ultime appel, ils seront individuellement maudits ainsi que les membres de leurs familles jusqu'à leurs 7e générations », a-t-il prévenu.

Le doyen des Evêques invite par ailleurs, les fils et filles du pays à bâtir un « avenir Nouveau ». Une seule vision basée sur trois principes à savoir un Transition Pacifique, une Constituante Participative et une Refondation Nationale, a proposé le prélat.

Pour finir, la dynamique a déploré des actes de torture et de traitements inhumains et dégradants infligés à l’Honorable Targone Président du Parti Démocrates Socialistes Africains (DSA) et son Collègue Kolani pendant leur arrestation et leur garde à vue. Elle exige la « libération immédiate » des jeunes patriotes incarcérés.

« Bientôt votre calvaire prendra fin. Nous sommes au côté de Chacun de vous dans vos détresses et vos souffrances ! », a lancé la dynamique.

 

 

Mgr Kpodzro annonce la fin du calvaire des Togolais pour bientôt

 

Désert financier autour des journalistes togolais jugés « trop critiques »

Dans les médias privés du Togo, il est difficile de trouver un journaliste payé à 100.000 CFA le mois. Ces rares privilégiés sont généralement dans la catégorie des rédacteurs en chef sur une station radio ou sur une chaine de télévision.

Dans la presse écrite les professionnels dits du 4e pouvoir ne reçoivent qu’une prime de bouclage qui est de 5.000 francs CFA par parution, pour les plus chanceux.

Dans la majorité des cas, ils se contentent de quelques paiements qu’ils perçoivent en prime de déplacement sur les lieux de reportage.

Selon Isidore Kouwonou, Secrétaire générale du Syndicat nationale des journalistes indépendant du Togo, la précarité dans laquelle évoluent les journalistes constitue une menace pour la liberté de la presse.

« C’est difficilement que les journalistes ont un salaire. Ils ne sont pas déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale », explique-t-il. « Nous sommes dans une corporation où les journalistes n’ont pas d’assurance. Les journalistes vivent au jour le jour. Donc tout cela constitue une prédation pour la liberté de la presse ».

Une convention collective sectorielle pourrait résoudre le problème de ce qui est qualifié sur le terrain de « mendicité« , souligne amèrement le journaliste Albert Agbéko.

« L’absence de la convention collective fait que le journaliste a recours aux chantages et à des manipulations pour survivre. Cette absence fait également le lit au phénomène du ‘G20’ qui consiste pour le journaliste à sillonner les lieux de reportage pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Je pense que seule une convention collective peut assainir le paysage et rendre la presse plus professionnelle », souligne-t-il.

La liberté de la presse, c’est aussi une liberté économique des organes de presse. Ferdinand Ayité, directeur de publication du bihebdomadaire Alternative, indique que l’une des entraves auxquelles il fait face est la tentative d’asphyxie financière.

« Il y a des sociétés publiques ou parapubliques qui font des publicités et à chaque fois que nous nous présentons, on nous dit que notre journal n’est pas sur la liste. El lorsque nous avons cherché à comprendre, il s’est avéré que c’est parce que nous sommes trop critiques », témoigne-t-il​. « Il en est de même pour certains opérateurs économiques privés, qui ont peur de faire passer la publicité dans des journaux trop critiques. Parce qu’ils risquent de se retrouver dans le viseur du fisc ou des contrôleurs publics », précise M. Ayité.

Selon le classement 2020 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse dans le monde, le Togo se niche à la 71e place. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a gagné 5 places par rapport à 2019.

Source : VOA

 

 

Désert financier autour des journalistes togolais jugés « trop critiques »

 

Adresse solennelle à Monsieur Faure Gnassingbé président de la république togolaise

Par Richard ABOKI,
membre du Conseil des Sages de la Dynamique Monseigneur KPODZRO

ADRESSE SOLENNENLLE A MONSIEUR FAURE GNASSINGBE
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TOGOLAISE

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Nous comprenons aujourd’hui la détresse dans laquelle vous a plongé l’élection présidentielle du 22 février 2020. Quitter le pouvoir, sublimer une défaite pour mieux se construire soi-même n’est pas chose aisée. Nous qui sommes de la génération de vos ascendants, nous pouvons vous dire combien il est difficile d’échouer à un examen, à un recrutement professionnel ou de se faire éconduire par une belle femme. Mais ce sont les expériences de la vie que l’on ne comprend que tardivement et que résume de façon admirable une phrase célèbre d’un philosophe arabe qui a vécu du XIème au XIIème siècle, OMAR KAYYAM (1050-1123): je cite, « L’expérience est un soleil qui se lève quand l’homme va se coucher ».

Mais ces paroles n’expriment pas une vérité éternelle. En écho à OMAR KAYYAM, Pierre Corneille, auteur du CID (1682), l’âme intellectuelle de la ville de Rouen qui m’a adopté depuis 1986 et qui m’a beaucoup donné, écrivait au XVIIème siècle cette phrase non moins célèbre :
Je cite : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
Vous êtes une âme bien née puisque vous êtes né sous les ors et les lambris dorés de la République, d’un père, chef militaire et Président de la République qui vous a fait connaitre la politique, les hommes
avec leurs qualités et leurs défauts, le monde extérieur avec les forces visibles et invisibles qui le gouvernent. Dans ce monde, il y a de la rectitude mais aussi du mensonge, de la vilénie et que sais- je
encore ?

Mais quels que soient nos origines familiales, nos trajectoires intellectuelles et professionnelles et nos mérites, nous devons en toute circonstance savoir raison garder, surtout lorsqu’il est question de la vie en communauté, que les hommes ont toujours des dettes les uns vis-à-vis des autres.

A cet égard je me rappelle une phrase de Jean- Marie DOMENACH, professeur de philosophie à l’Ecole Polytechnique de Paris et à L’institut d’Etudes Politiques de Grenoble que j’ai eu l’immense honneur de côtoyer au début des années 60 et qui dans sa critique du structuralisme écrivait ceci : je cite, « Ce n’est pas moi qui, à chaque instant, invente la vie. L’impersonnel est un élément structurant du réel ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
Toutes ces pensées nous invitent à prendre la mesure de la complexité de la vie et du monde et à construire notre existence et celle de notre entourage avec lucidité et modestie. Sinon comment
comprendre que dans certaines associations philosophiques on peut passer du statut de Vénérable Maître à celui de Couvreur sans aucun déshonneur ?

Vous n’êtes pas déshonoré pour avoir perdu les élections. Non, vous devenez une sentinelle dans la cité.
Vous devenez plus grand qu’un Président c’est à dire un homme. Dans Antigone de Sophocle, un des pères de la tragédie grecque du Vème siècle avant J.C., il nous est servi cette phrase admirable ; je cite :
« C’est lorsque je ne suis plus rien que je deviens un homme ».
Mais vous, vous serez un ancien Président, ce n’est pas rien, et en même temps, vous serez un homme car dans notre tradition politique de ces 50 dernières années, être un ancien Président, le premier de notre histoire, c’est être un homme couvert de l’épaisseur de l’histoire. Rappelez-vous les conditions calamiteuses dans lesquelles vous avez CONQUIS le pouvoir en 2005 et que vous-même avez regrettées en privé pour avoir été le jouet d’une histoire dont la dimension tragique a été très tôt perçue par un de vos frères GNASSINGBE lorsqu’il déclara à nos généraux putschistes :
« Pourquoi cherchez-vous à mettre une pâte chaude dans les mains de mon frère ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
En quinze ans de pouvoir vous n’avez pas totalement démérité : des acquis certains en matière d’infrastructure économique sur fond de prévarication, de prise d’intérêt illégal et de corruption, d’accroissement de la dette publique. Sous vos trois mandats la croissance moyenne du PIB réel par tête d’habitant a été de 0, 76% de 2006 à 2010, 2,66 % de 2011 à 2015 et 2,15 % de 2016 à 2020, compte non tenu des effets de la pandémie sur la création des richesses dans notre pays.

Vous avez du mal à vous arracher à une gouvernance globale médiocre. Appliqué au Togo, l’indice POLITY 2 sur la bonne gouvernance octroie à notre pays 37 points loin derrière le Bénin et le Ghana avec respectivement 84 et 89 points.

Quant à la promotion des investissements directs étrangers, elle se heurte à la faiblesse de la confiance que votre régime inspire aux hommes d’affaires : 2,5% du PIB en 2006, 5,2% des investissements bruts (FBCF) en 2015 et 1% du PIB en 2017.

Dans ce domaine, ces trois dernières années n’augurent rien de bon avec la crise politique qui secoue notre pays depuis 2017 et que vous traitez par-dessus la jambe au grand dam d’ADEBAYOR.

Et que dire du règne de la violence depuis 2005 ? Les Togolais ont-ils une dette de sang envers vous ?

D’où vous vient cet esprit sacrificiel qui n’épargne même pas les enfants bien que vous soyez père de famille nombreuse ? Pourquoi tant d’excès dans l’acharnement contre notre humanité, contre notre
dignité ? Quand on brûle nos marchés, quand on tire à balles réelles sur des manifestants aux mains nues, quand on abat des Togolais comme du gibier sous votre responsabilité de premier magistrat de la République, le Togo n’est plus un Etat moderne mais un Etat de nature où nous vivons tous dans l’incertitude.

Notre vie est rythmée par les crises politiques et la violence. Dans de telles conditions vous ne pouvez plus continuer à rester à la tête de notre pays. Beaucoup de sang versé depuis longtemps, des vies
brisées, des rêves de jeunesse évanouis, des exils involontaires et douloureux, une violence ethnique symbolique qui corrompt les rapports humains.

Il est donc temps de vous interroger sur le sens de votre présence à la tête de notre pays. Les Togolais vous aiment et vous demandent de leur montrer ce que vous savez faire. C’est pourquoi ils votent contre vous à chaque élection présidentielle à savoir : en 2005, 2010 et 2015. Le 22 février 2020, ils ont plébiscité Agbéyomé KODJO pour marquer de façon irréversible la fin de votre aventure personnelle à la tête de notre pays.

La précipitation de la proclamation des résultats par la CENI en 2020, contrairement aux années précédentes où il a fallu en moyenne deux ou trois jours, montre à suffisance que celle-ci ne disposait pas de tous les procès-verbaux des bureaux de vote et que les résultats ont été fabriqués en toute hâte pour conjurer une défaite annoncée.

Voici donc venu le temps du passage du Togo à une ère nouvelle, celle d’une République plus fraternelle, plus solidaire et plus humaine. Pour ce faire, nous devons veiller d’abord sur l’avenir de la jeunesse et contribuer à la prospérité de nos concitoyens dans le respect des lois de la République et des valeurs morales que requièrent la gestion du pouvoir et la vie en communauté.

La loi, c’est le plus petit dénominateur commun qui nous rassemble par-delà nos origines ethniques, sociales, religieuses et familiales. C’est pourquoi, nous devons bannir la violence et les fraudes
électorales de nos rapports politiques.

Je voudrais vous inviter, toute violence et tout parjure cessants, à réparer d’abord moralement les dégâts des violences qui ont secoué notre pays ces dernières semaines par une reconnaissance officielle
de la victoire de Messan Agbéyomé KODJO et à lui transmettre le pouvoir dans l’intérêt supérieur du Peuple Togolais.

Vous connaissez bien votre successeur élu, Messan Agbéyomé KODJO à qui vous lient des relations de parenté et d’alliance. Vous êtes mariés dans la même maison. Vos enfants ont le même sang dans les veines. Les humeurs du corps ont des effets cosmiques insoupçonnés. Il est temps de faire triompher la raison. Rien n’est perdu pour personne. Bien au contraire, nous gagnons tous à faire triompher la Raison et à bâtir une société nouvelle.

Puisse Dieu vous accorder la paix intérieure et vous montrer le chemin de l’amour des Togolais, de tous les Togolais. « Si Dieu nous a donné son fils que ne nous donnerait-il encore ? ».

Richard ABOKI,
auctoritas vetustatis, membre du Conseil des Sages de la Dynamique Monseigneur KPODZRO

 

 

Adresse solennelle à Monsieur Faure Gnassingbé président de la république togolaise

 

Togo : La fête du 27 avril n’a « décidément » pas de chance

60 ans d’indépendance passés sous silence

Brève célébration, pas d’engouement particulier, la tension politique est électrique, l’atmosphère sociale est morose, les couleurs de la célébration de la fête nationale au Togo sont ternes. Ce n’est pas nouveau. L’Indépendance au Togo n’a jamais connu une célébration digne de ce nom sauf dans les deux premières années contrairement aux autres pays ou la liesse populaire ébranle les populations dans diverses localités. Ceci fait dire simplement aux observateurs de la scène togolaise que le 27 avril au Togo semble frappé d’une malchance. Cette année au moins que les esprits devraient s’accorder pour offrir à cette journée ses lettres de créances, la pandémie sanitaire vient encore une fois tout remettre en cause.

Lundi a été un jour férié, ordinaire. Pas de cachet particulier. Il faut suivre la télévision nationale au journal de 20 heures dimanche dernier pour voir la timide solennité. Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé a allumé la flamme de l’indépendance avec un groupe sélectionné d’invités. Le COVID-19 oblige, la distanciation s’est imposée. Ils étaient éparpillés devant le monument de l’Indépendance à suivre la prestation de Faure Gnassingbé, en quelques minutes. Après il est rentré dans sa voiture pour se réfugier dans ses conforts, évitant comme tout citoyen du monde actuel de se faire approcher pour choper le coronavirus.

Lundi à la nouvelle présidence, même scénario, même décor clairsemé. Ministres, bureau de l’assemblée nationale, responsables d’institutions de la République étaient les seuls à avoir été conviés à cette cérémonie de célébration symbolique de la fête de l’indépendance.

Cette année donc, le Togo totalise 60 ans de sa souveraineté internationale. 60 ans de célébration devraient faire l’objet d’un cachet particulier. 60 ans dans la vie d’une nation méritent d’être célébrés de façon grandiose.

COVID-19 a choisi encore ce moment pour empêcher la célébration. Un facteur exogène d’une journée qui a toujours souffert au Togo de par les dissensions qui l’animent.

C’est Sylvanus Olympio qui est le père de l’Indépendance du Togo. C’est lui qui a lutté contre les colons pour obtenir au Togo la souveraineté internationale. C’est lui qui a hissé le drapeau togolais devant un peuple en liesse et une communauté internationale en refondation.

C’est le premier président de la république du Togo dont le destin a été écourté par Gnassingbé Eyadéma. C’est dans ses manœuvres le 13 janvier 1963 que le tout premier président de la République a été assassiné. Quatre ans plus tard, il prendra le pouvoir pour régner d’une main de fer pendant 38 ans. C’est en 2005 que dame nature a décidé de l’arracher pour permettre au Togo de tourner la page d’une dictature nuisible pour les citoyens et le développement.

Pour consacrer la victoire de l’assassinat qui était brandi comme un exploit, Gnassingbé Eyadéma a fait du 13 janvier une fête nationale. Fête de « libération nationale » a-t-on clamé.

Pendant 38 ans, le peuple togolais a eu droit à cette célébration en bombance qui tenait lieu et place pour la fête de l’indépendance.

Le 27 avril qui a consacré la vraie libération du Togo a été mis sous éteignoir. Timidement célébré, parfois sans cachet particulier.

Même après la mort du général Eyadema, le Togo a eu du mal à se débarrasser de cette célébration budgétivore qui était la fête de tous les fantasmes et de toutes les provocations.

En 2006, après la signature de l’accord politique global entre les acteurs politiques après le folklore électoral d’après la mort d’Eyadéma, le pouvoir de Faure Gnassingbé a décidé de remettre en selle la fête de l’indépendance en diversifiant la célébration par région. Le projet fera effet de feu de paille. Une seule célébrée à Dapaong dans un grand cafouillage a résumé le projet.

Depuis, malgré la mise entre parenthèse du 13 janvier, la fête de l’indépendance a toujours souffert de difficultés à être célébrée.

Souvent, elle est émaillée de violences consécutives à la double célébration, celle du pouvoir sur les tribunes avec les défilés, et celle de l’opposition dans les rues qui soufflent les gaz lacrymogènes jetés par les forces de sécurité.

Alors que le pouvoir met ce jour sous le signe de la festivité et de la cohésion, l’opposition le met sous le signe de la contestation et des manifestations.

Les pères de l’indépendance ne se seront sans doute pas réjouis de cette cacophonie de la célébration de la fête nationale du Togo.

Trop de polémiques, trop de mésententes et de malentendus, trop de quiproquo émaillent le 27 avril au Togo.

Beaucoup se posent la question de savoir comment s’en sortir un jour.

2020, année électorale devrait profiter à une célébration spéciale de 60 ans de l’indépendance du Togo.

Alors que l’atmosphère politique est viciée par une contestation électorale mal léchée, la pandémie sanitaire s’invite.

Depuis le 2 avril 2020, l’état d’urgence a été décrété au Togo et les mesures de distanciation sont prises. Coronavirus oblige, il est quasiment impossible de se rassembler à plus de 100 personnes et de s’agglutiner. Or, une fête, surtout nationale se célèbre dans une liesse populaire ou les joies et les réjouissances se partagent et s’expriment. Les conditions de distanciation ne le permettent pas. Ne permettent au 27 avril 2020 d’avoir droit de cité.

La journée est fériée, naturellement, alors que tout le monde devrait rentrer chez lui à partir de 20 heures pour respecter le couvre-feu.

Le 27 avril 2020, fête de l’Indépendance du Togo a été encore une fois victime de modestie à ne pas se faire célébrer. Cette fois-ci sous l’effet naturel de la pandémie mondiale.

Décidément, la fête de l’indépendance du Togo n’a pas de chance et refuse de se faire plaisir.

Les autorités togolaises devraient remettre sur piédestal cette célébration qui devrait réunir et réconcilier tous les togolais.

Les états généraux de l’indépendance du Togo devraient permettre de penser la façon de célébrer la fête. Quels sont les facteurs encombrants la célébration, quels sont les pesanteurs négatives, quelles dispositions faut-il prendre pour conjurer la malchance qui empêche la célébration festive de l’indépendance du Togo.

Une évaluation impliquant, chercheurs, personnalités politiques, historiens, garants des us et coutumes, hommes et femmes épris du patriotisme qui devraient donc s’asseoir et réfléchir sur le 27 avril, la date de l’Indépendance du Togo.

Sinon, c’est une malédiction que la date de l’indépendance d’un pays, 60 ans après continue de subir le spectre de la malchance qui compromet sa célébration.

Carlos Ketohou

Source : independantexpress .net

 

 

Togo : La fête du 27 avril n’a « décidément » pas de chance

 

Togo : Face à l’échec de l’épiphénomène Agbéyomé, Reconstruire une opposition crédible

Manuel pour dégager la dictature

En dépit de la crise sanitaire qui bouleverse le quotidien de nombreux togolais, les querelles politiques nées de la récente présidentielle ressurgissent et alimentent la scène politique. Depuis quelques jours, les membres de la dynamique Kpodzro sont poursuivis par la justice. Ce regroupement de plusieurs leaders de l’opposition sur l’initiative de Mgr Kpodzro se trouve dans une situation critique après leur contestation des résultats de la présidentielle du 22 février 2020. Après l’interpellation et la libération de son leader, la dynamique Kpodzro a montré ses limites. L’heure est au bilan pour la quête de l’alternance au Togo.

« Initiative salutaire divinement inspirée » pour certains, « errements d’un vieillard déboussolé … » pour d’autres, l’avenir de la dynamique Kpodzro semble désormais incertain.

La crise du covid-19 ne freinera vraisemblablement pas les poursuites contre les membres de cette dynamique. Le mardi 21 avril dernier, le leader de cette initiative Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle est arrêté avec certains de ses compagnons par les agents du Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) pour avoir à trois reprises refusé de se présenter à la convocation de la gendarmerie nationale. Cette arrestation était évidente. Agbéyomé Kodjo avait contesté les résultats de la présidentielle et s’était proclamé « président élu ».

Depuis lors, il avait mené de multiples actions jugées illégales qui ont conduit aux poursuites contre lui et toute son équipe. Les charges retenues contre lui sont : troubles aggravés à l’ordre public, diffusion de fausses nouvelles, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Il est surtout reproché à l’ancien premier ministre de s’être autoproclamé Président élu. Les déboires judiciaires du candidat ne sont qu’à leur début.

A la suite de son arrestation, des piliers de la dynamique, Kafui Brigitte Adjamagbo, Fulbert Sassou Attisso, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro et d’autres sont placés sous contrôle judiciaire et obligé de se soumettre à plusieurs restrictions alors que de nombreux autres membres de cette dynamique ont été déférés à la prison civile de Lomé en attendant leur jugement.

Agbéyomé Kodjo est actuellement en liberté mais sous contrôle judiciaire. La menace plane toujours. La plus grande crainte est que l’opposant se retrouve en prison dans les prochains jours, fort probable si l’homme fidèle à son attitude de subversion viole les restrictions judiciaires à lui imposées.

L’union née d’“une vision“ de l’archevêque Fanoko Kpodzro et de son désir ardent de voir enfin l’alternance dans son pays, semble s’effriter.

Cette union s’est construite sur une base qui s’avère fragile et éphémère. Le soutien au candidat Agbéyomé Kodjo était le seul leitmotiv de cette coalition. Aujourd’hui que la majorité de ses membres sont poursuivis, l’on se demande quel sera l’avenir de cette dynamique.

Pour beaucoup, c’est la fin de l’initiative du prélat car rien ne présage une sortie de crise. Au contraire, la situation semble jouer en défaveur de la dynamique. La pandémie du covid-19 oblige la communauté internationale à s’intéresser plus aux dispositions à prendre pour mettre fin à la crise sanitaire.

Le règlement des différends politiques n’est donc pas une priorité. Les autorités ont semble-t-il trouvé le moment idéal pour un coup de grâce.

Cela fait deux mois déjà que l’élection présidentielle a eu lieu. Les contestations, il y en a toujours eu et l’histoire du pays montre qu’elles n’ont jamais abouti à des résultats appréciables. Pour bon nombre d’observateurs, l’heure n’est plus à la contestation, mais à la restructuration des partis d’opposition.

L’avenir politique du Togo s’annonce sombre. Il urge donc de reconstituer l’opposition pour une lutte plus efficace. Les différentes coalitions et unions de partis politique que l’on a eues jusque-là ont été éphémères. La coalition des quatorze partis d’opposition (C14) incarnait pour bon nombre de citoyen, la solution, la posture idéale à adopter face au régime en place. L’idée était bonne, la mission, noble ; mais l’égoïsme et les grandes ambitions de certains ont très vite noyé cette coalition. Toutefois, l’espoir est-il permis ?

Certains partis d’opposition n’avaient pas hésité à dénoncer les conditions dans lesquelles était organisé le scrutin présidentiel.

Au nombre de ces partis, se compte le Parti national panafricain PNP de Tikpi Atchadam, l’instigateur d’une révolte populaire en 2017.

La stratégie politique de ces partis pour les prochaines années n’est pas connue.

De plus, l’implosion de la C14 et la fin probable de la dynamique Kpodzro feront sans doute naître de nouvelles idées.

Il est fort probable qu’une nouvelle coalition se crée sur les ruines des deux précédentes ; cette hypothèse est réaliste car les partis de l’opposition pris séparément n’ont jamais abouti à grand-chose.

Critiqué la présidentielle du 22 février ne servira plus à rien, c’est certain.

La communauté internationale et les grands Etats, dont la France, l’Allemagne, mais aussi l’Union Européenne ont apporté leur bénédiction à Faure Gnassingbé, malgré les contestations internes. Le candidat du parti au pouvoir avance inexorablement vers son quatrième mandat dans l’annonce de la prestation de serment prévue dans les jours à venir.

Face à ce boulevard, aucune manifestation d’envergure, aucun lobbying de couloir, aucune pression imminente, rien que des discours et des annonces fracassantes sur les réseaux sociaux. Combattre la dictature, c’est avoir les moyens à la hauteur. Ce n’est pas manipuler l’opinion en tirant des plans sur la comète comme l’a fait Agbéyomé Kodjo et la dynamique Kpodzro dont nous connaissons aujourd’hui les limites. C’est un épiphénomène qui vient de prendre fin.

La scène politique actuelle nécessite une restructuration. Ceci est un impératif pour un aboutissement des efforts commun de l’opposition pour une alternance.

Ce n’est que par cette reconstitution de l’opposition crédible et légitime qu’on arrivera à bout de la dictature des Gnassingbé.

Eric G.

Source : independantexpress .net

 

 

Togo : Face à l’échec de l’épiphénomène Agbéyomé, Reconstruire une opposition crédible

 

Togo : 60 ans d’indépendance, un bilan d’échec.

Le Togo commémore les 60 ans de son accession à la souveraineté internationale.

« Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient », c’est par cette formule d’espoir devenue légendaire et populaire que le père de l’indépendance Sylvanus Olympio proclama l’indépendance du Togo, petit pays côtier d‘Afrique de l’ouest coincé entre le Bénin, le Burkina et le Ghana, tour à tour condominium franco-britannique puis protectorat français.

Trois ans après, le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio fut assassiné dans un putsh commandité par la France. Son crime, vouloir doter le Togo de sa monnaie.

60 ans après, le Togo reste plonger dans l’obscurité avec une même famille au pouvoir depuis 54 ans.

1960, reste l’année des indépendances pour la majorité des pays d’Afrique. Au plan de développement social, économique, culturel, politique certains pays s’en sortent mieux que d’autres. Le Togo semble être à la traine et le combat pour la conquête des espaces de liberté reste entier, les politiques de développement sur tous les plans sont à repenser.

Ne serait-ce que dans l’espace Cedeao auquel le Togo est parti, aucune comparaison n’est possible d’avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria, trio qui constitue la locomotive dans l’espace communautaire. Même les pays moyennement avancés comme le Bénin, le Burkina-Faso sont bien en avance sur ce qui était censé devenir la Suisse de l’Afrique ou l’or de l’humanité comme l’ont rêvé et planifié les pères fondateurs.

L’objet de ces quelques lignes n’est pas de faire un procès au régime en place mais d’établir cet amer constat. On peut vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens et aimer son pays ; nourrir des rêves et des projets pour le bien-être des citoyens.

Dans le cas du Togo de ces 54 dernières années, il n‘en est rien.

Violences d’états inouïes contre les citoyens avec son cortège de morts et de mutilés.

La dilapidation des ressources du pays pour le plaisir de la minorité au pouvoir. Faure Gnassingbé en remplacement de son père à la tête du Togo reconnait lui-même qu’une minorité s’est accaparée des richesses du pays sans prendre de dispositions pour une quelconque redistribution équitable entre les filles et fils du pays et ce durant trois mandats consommés et consumés pour un bilan de désolation.

Pays pourtant riche entre autres, de son port en eau profonde, de son phosphate dont il est 3em producteur mondial, de son clinker, de son marbre, de son fer, de son or et de son pétrole à en croire certaines indiscrétions. Mais après 60 ans d‘indépendance pas un seul hôpital digne de nom, les infrastructures routières rafistolées, l’éducation délaissée, la culture oubliée, le tissu social en lambeaux.

Un pays aux commandes de dirigeants pour la plupart plus riches que l’Etat et qui se sont érigés en ennemi public numéro 1 de leurs propres concitoyens.

60 ans après, tout est à faire. La liberté, la justice. La réelle indépendance à reconquérir. Celle du Togo n’est que de façade. La France est toujours l’architecte du statuquo depuis plus d’un demi-siècle.

Fabbi Kouassi

Source : https://fabbikouassi.wordpress.com

 

 

Togo : 60 ans d’indépendance, un bilan d’échec.

 

Godwin Tété : « Le Togo est devenu une Colonie endogène de nature Ethno-Militaro-Clanique des Gnassingbé »

A l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté nationale et internationale, Têtêvi Godwin Tété Adjalogo, plus connu sous Godwin Tété, a bien accepté aborder le sujet dans un entretien à nous accordé. Ancien fonctionnaire international, membre d’honneur de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), témoin vivant du combat pour l’avènement de l’indépendance et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du Togo, il nous en fait parcourir quelques moments exaltants, mais aussi exprime ses regrets face à la confiscation manifeste de l’alternance et la situation politique actuelle du Togo. A 92 ans, Godwin Tété n’abdique pas et se dit prêt à poursuivre le combat pour la libération de la Terre de nos Aïeux des mains de la dictature militaire et clanique dont il conçoit le règne comme de la « colonisation endogène ». Il y exhorte d’ailleurs le peuple togolais aussi.

Le Togo célèbre ce lundi 27 avril 2020 ses 60 ans d’accession à la souveraineté nationale et internationale. Qu’est-ce que cela vous dit ?

En cet instant, j’éprouve une émotion extra-ordinaire (sic). Soixante (60) ans, pas six (06), pas douze (12) ! Demain (hier lundi, Ndlr) devrait être une fête terrible ici. Il est vrai, il y a cette fameuse pandémie aussi qui nous tombe sur la tête. Mais là, il n’y a rien du tout, le drapeau togolais ne flotte même pas dans les rues. Vous vous rendez compte, 60 ans après, nous en sommes encore dans le bourbier, avec les événements qui ont suivi la soi-disant élection présidentielle du 22 février 2020 ! (…).

Vous êtes un des rares témoins et certainement acteurs de la lutte pour cette indépendance encore vivants. Racontez-nous en quelques mots les grands moments de ce combat.

Tout le combat de but en blanc, de son origine jusqu’à la proclamation de l’indépendance a été un moment exaltant. C’est ce qui m’a permis d’écrire ce gros bouquin que vous avez ici (il le montre) que j’ai intitulé « Histoire du Togo, La palpitante quête de l’Ablodé », c’est-à-dire un combat, une quête, une recherche, une aspiration, une marche exaltante.

S’agissant de quelques moments spécifiques, je me référerais au combat des jeunes de la Juvento (Ndlr, parti politique de l’époque se définissant ainsi : Justice, Union, Vigilance, Education, Nationalisme, Ténacité, Optimisme) lorsque le ministre français des territoires d’outre-mer Gaston Defferre est arrivé à l’aéroport de Lomé pour venir bénir le régime de l’autonomie interne que les Togolais avaient baptisée la « Zautonomie Zinterne ». Les Juventistes avaient caché une banderole qu’ils vont déployer lorsque Gaston Defferre sort de l’avion et dit : « Nous ne voulons pas une indépendance tronquée, une indépendance ‘yombo’, nous voulons une indépendance totale, ‘blibo’, ‘gbadza’, ‘ablodé gbadza’ !!!». Eh bien, ça a provoqué un véritable tollé et ceci va permettre aux Nations Unies de revenir – nous étions en 1956 – en 1958 pour réaliser des élections législatives référendum qui vont nous conduire à l’indépendance.

Dans le même ordre d’idées, lors d’une mission des Nations Unies dirigée par un Libérien du nom de Charles King, c’était déjà sous la « Zautonomie Zinterne » au stade municipal dit à l’époque stade Georges Clémenceau, parce qu’il y avait une monumentale statue de Georges Clémenceau là-bas, au moment de la montée du drapeau de la « Zautonomie Zinterne », les Juventistes se sont organisés, ils se sont jetés sur le drapeau, l’ont lacéré avec un couteau. J’ai l’image dans ce bouquin que j’ai intitulé « La palpitante quête de l’Ablodé ».

Durant la visite de cette même mission des Nations Unies, en 1957, elle va à Mango, il va y avoir des tueries. A Kara, paradoxalement, il va y avoir aussi des tueries. D’ailleurs à Kara, il y a une statue qui porte les noms de ceux qui ont perdu leur vie ce jour-là, une vingtaine. Je crois que dans la même période à Vogan, il y a eu aussi des tueries.

Voilà quelques-uns des moments vraiment cruciaux de cette lutte. Et tout ça là va motiver les Nations Unies à prendre une résolution disant : ‘Nous allons nous-mêmes organiser un référendum. Les Français en avaient organisé, en octobre 56 pour asseoir la « Zautonomie Zinterne ». Et donc cette résolution disait que l’Assemblée qui sortirait de ces élections sous l’égide des Nations Unies serait habilitée à dire : ‘Nous sortons du giron de la France ou nous y restons éternellement’. Et donc cette mission va être décidée, dirigée par un Haïtien du nom de Max H. Dorsenville. La résolution parlait de supervision des élections. Dorsenville va s’ingénier intelligemment et habillement, non seulement à superviser, mais de facto à organiser et même à proclamer les résultats. Les chiffres du référendum français ont été tout simplement inversés. C’est comme si une instance externe vraiment neutre venait refaire l’élection présidentielle du 22 février 2020, eh bien Faure Gnassingbé qui dit qu’il a gagné avec 70,78 % verrait plutôt le peuple togolais l’emporter avec ce score. Nos aînés, les Nationalistes, les vrais, pour des raisons juridiques, de fierté nationale et de commodité pratique, n’ont pas jugé utile de proclamer l’indépendance tout de suite. Ils se sont donné deux (02) ans. Et donc l’indépendance va être proclamée deux (02) ans plus tard à la date de ces élections du 27 avril 1958, donc le 27 avril 1960 (…).

Donnez-nous un aperçu de l’ambiance le 27 avril 1960, jour de la proclamation solennelle de l’indépendance.

Ironie du sort, je n’étais pas sur le sol togolais. J’ai quitté le sol togolais le 25 septembre 1947. J’avais fait dix (10) ans en France et j’étais parti en Tchécoslovaquie pour des études académiques et aussi politiques. Arrivé là-bas, la lutte pour l’indépendance ayant commencé sur le terrain, nous étions entrainés dans la politique (…). J’étais là-bas lorsque ces fameuses élections législatives/référendum ont eu lieu. Evidemment, je versais des larmes. J’aurais aimé être sur le terrain, mais je n’y étais pas. Nous suivions quand même tout ce qui se passait sur le terrain. Avant de partir en Tchécoslovaquie, j’avais été pendant deux (02) années, Secrétaire Général du Jeune Togo, qui était un parti politique de la diaspora à l’époque. La radio existait et aussi la télévision venait de naître, donc nous pouvions suivre de près ce qui se passait sur le terrain.

Ce jour-là, c’étaient une liesse terrible, des festivités incroyables. Un peuple qui a lutté pendant presque quarante (40) ans, avec tous les sacrifices consentis, c’était une jubilation indescriptible sur toute l’étendue du territoire, et plus particulièrement dans la capitale (…) L’hôtel Le Bénin a été construit spécialement pour recevoir les hôtes de marque. L’absence d’hôtel était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les Nationalistes n’ont pas voulu proclamer l’indépendance parce qu’ils voulaient donner un caractère spécial à cette proclamation. Le seul hôtel qu’il y avait, c’était l’hôtel du Golfe, qui était une baraque ; ça ne représentait pas grand-chose. Donc ils se sont donné deux (02) ans pour construire un hôtel, et c’était l’hôtel Le Bénin que les Togolais vont baptiser « Lébénè », c’est-à-dire prendre soin de ça. C’est un patrimoine national que pour rien au monde, on ne devrait jamais vendre, parce que ça représente quelque chose de sacré pour ce peuple, avec le monument, le drapeau (…) Le monument porte, non pas écrit à la craie, mais incrusté dans le béton : « Hommage au Peuple Togolais. Peuple Togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la Nation Togolaise est née ». Elle est née effectivement ce 27 avril 1960. Mais malheureusement, on va la rendre infirme le 13 janvier 1963.

Il y a un fait qu’il faut signaler. Le mentor de tous ces compatriotes, Augustino de Souza, surnommé Gazozo (l’argent chaud, traduction en Français), disait : ‘C’est seulement avec l’argent de la noix de coco que je vais vendre que je vais chasser les colonialistes français’, et il l’a fait, il a dépensé ses sous pour ça. Mais, ironie du sort, il meurt 48 heures avant la proclamation, c’est-à-dire le 25 avril 1960. On a caché le deuil au peuple togolais pour ne pas ternir les festivités et c’est seulement après qu’on a annoncé que le grand de Souza, le grand mentor de tout le monde venait de rendre son âme. Ses restes sont dans une de ses concessions au grand marché de Lomé.

Quel est le sens de l’indépendance du Togo aujourd’hui face à la confiscation manifeste de la démocratie et surtout de l’alternance depuis plus d’un demi-siècle par le régime en place? Au finish, on se demande si ce combat pour l’indépendance valait vraiment la peine d’être mené.

Compte tenu de l’actualité, de la réalité sociopolitique qui prévaut dans notre pays, on serait tenté de se demander si cela valait vraiment la peine de faire tous ces sacrifices. Je ne suis pas de ceux qui répondraient par la négative. Je dis, il le fallait bien. L’humanité fonctionne ainsi et la vie des peuples, c’est toujours comme ça. Il y a des hauts et des bas ; on ne peut pas dire aujourd’hui qu’on a eu tort de se battre. Non, non, et non ! De toutes les façons, la roue de l’histoire tourne et je suis de ceux qui pensent que ce combat valait la peine. D’ailleurs, c’est ce qui nous inspire aujourd’hui. Si nos ancêtres, nos aînés, nos grands-papas, nos grand-sœurs ne s’étaient pas battus, est-ce que nous serions là aujourd’hui à nous battre ? Oui, il nous faut nous battre quelles que soient les difficultés.

Je compare le Togo à un train qui a été inauguré ce 27 avril 1960, mais quelque temps plus tard, le 13 janvier 1963, des bandits de grand chemin vont l’attaquer à coups de roquettes, d’armes puissantes ; le train tombe, couché sur un flanc, il est là et ces bandits ont pillé ce qui se trouvait là-dedans. Mais il nous faut remettre ce train-là sur les rails (…) Nous Togolais, ne serait-ce que pour notre dignité, je ne dirai même pas pour notre pain quotidien, il nous faut nous battre. Il nous faut nous battre par tous les moyens légitimes pour remettre ce train-là sur les rails, procéder aux réparations indispensables parce que le train a reçu des coups, il faut le réparer et ainsi nous retrouverons la Terre de nos Aïeux et notre fierté. Le Togolais n’est pas un masochiste qui jouit de la souffrance, nous sommes des êtres humains, nous avons besoin de notre fierté, de notre dignité ; et la dignité ne vient pas sans combat.

Frantz Fanon disait : ‘Pour sortir de la domination, il faut détruire le mécanisme même, le système même de domination’. Un autre grand Africain, Thomas Sankara disait : ‘Seule la lutte libère’. Et le grand Mahatma Gandhi, l’homme qui a libéré l’Inde moderne disait : ‘A partir du moment où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent’. Le moment est venu à nous, Togolais, de décider que nous ne voulons plus être esclaves pour que nos chaînes tombent définitivement (…) Nos aînés ont eu raison de se battre et nous devons les imiter dans le bon sens.

Nous devons nous battre d’autant plus que le Togo est devenu une colonie d’origine endogène de nature ethno-militaro-clanique des Gnassingbé (…) Tous les Togolais le savent et eux-mêmes aussi le savent. Le Togo ne peut pas appartenir à un clan. C’est Antigone qui disait : ‘Il ne saurait y avoir de cité, de pays ou de nation qui soit le privilège ou le don d’un clan ou d’un individu’. Non, ça ne peut pas exister. La cité, c’est pour une communauté, et la communauté togolaise a besoin de récupérer la Terre de nos Aïeux, le Togo, pour aller de l’avant.

Un meilleur Togo, avec instauration de la démocratie, respect des droits fondamentaux et des libertés, répartition équitable des richesses…vous y croyez toujours ?

Oui, j’y crois, parce qu’un peuple ne doit jamais se décourager. Les peuples qui jouissent aujourd’hui de la démocratie, de la liberté, des droits de l’Homme ont dû se battre. Si vous allez à Paris, la place qui s’appelle La Concorde, c’est là où la guillotine a été plantée et on a coupé la tête à des milliers et des milliers de personnes, y compris les premiers révolutionnaires comme les Robespierre, Saint-Just, Danton, Desmoulins. Il ne faut jamais se décourager, il faut continuer le combat jusqu’à ce qu’on ait satisfaction.

Je crois à l’avenir meilleur du Togo et c’est pour cela qu’à plus de 92 ans, je continue le combat à mes risques et périls. Un jour, j’ai rencontre le ministre Gilbert Bawara qui me dit : ‘Je vous lis beaucoup’ et je lui ai dit : ‘Ah, vous me faites l’honneur de me lire’ (…) Oui, je sais ce que je fais, en dépit de mon âge. A mon âge, j’aurais pu me dire : ‘La politique, je m’en fous’. Non, non et non ! Tant que le train baptisé Togo ne sera pas remis sur les rails, réparé, n’aura pas redémarré, et tant que moi j’aurai encore un grain de souffle, je continuerai ce combat. C’est ce que ceux qui m’ont élevé, instruit, m’ont appris.

Un petit commentaire sur l’actualité, notamment le sort réservé à Agbéyomé Kodjo et ses collaborateurs?

C’est quelque chose que je regrette personnellement. Je suis heureux que ces frères et sœurs ne soient pas retenus en prison inutilement, qu’ils soient libérés (…) Je pense que nous tous Togolais, qui voulons réellement et sincèrement un vrai changement, on aurait pu, on aurait dû s’entendre pour mener un combat unitaire. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Je regrette encore que nous n’ayons pas pu, en amont de cette fameuse élection présidentielle, nous mettre d’accord. Parce que si Faure voulait vraiment laisser le pouvoir à qui ce soit, moi je prétends qu’il ne serait même pas présenté à ce scrutin (…) Tout ça, c’est bien dommage. Maintenant, qu’est-ce qui va être la suite, Dieu seul sait (…).

Beaucoup de pays qui se trouvaient au même niveau que nous au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, nous ont tous dépassé aujourd’hui (…). !

Un mot de fin ?

Je tiens à vous remercier du fond du cœur de l’honneur que vous me faîtes de me questionner à propos de cet anniversaire. Mes sincères gratitudes à Liberté pour tout ce qu’il fait pour conscientiser le peuple togolais. Je sais tout ce que ce journal a fait, fait et continue de faire sur la Terre de nos Aïeux à ses risques et périls. La preuve, vous venez de souffrir pendant quelques jours (…) Il n’y a que le courage qui fait avancer l’humanité.

Je profite aussi de l’occasion pour exhorter le peuple togolais à se prendre en charge, à se prendre en main lui-même, à lutter pour liquider cette colonisation endogène, cette dictature militaire et clanique dont nous souffrons depuis le 13 janvier 1963, parce que le régime de Grunitzky n’a été qu’un intermède, les vraies ficelles du vrai pouvoir se trouvaient entre les mains des militaires au camp militaire. Il est grand temps que le peuple togolais se batte pour se libérer.

Propos recueillis par Tino Kossi

Source: Liberté N°3136 du Mardi 28 avril 2020

 

 

Godwin Tété : « Le Togo est devenu une Colonie endogène de nature Ethno-Militaro-Clanique des Gnassingbé »

 

Togo : Braquage à Kpogan, 2 morts et une importante somme emportée

En dépit de la situation de crise qui prévaut, les malfrats ne cessent d’opérer. Ce petit matin, la localité de Kpogan située à quelques kilomètres au Sud-est de Lomé, a été le théâtre d’un braquage armé de trois malfrats. Au bilan, deux morts dont un comptable abattu par les brigands et un malfaiteur neutralisé par la gendarmerie.

Selon les témoins, les trois malfrats se sont introduits ce petit matin au domicile d’un comptable de COTEC.

Ainsi après lui avoir retiré une sacoche contenant une importante somme d’argent, le comptable a été abattu avant que les brigands ne prennent la fuite.

Informé de la situation, le maire de la localité fait appel à son tour à la gendarmerie dont les éléments de l’USIG (Unité Spéciale d’intervention de la Gendarmerie), devront finalement arrivés sur les lieux après une dizaine de minutes, pour entamer une course poursuite contre les malfaiteurs.

Un périple au bout duquel, les forces de l’ordre réussiront finalement à neutraliser un des criminels et à mettre la main sur un second, portant ainsi le bilan du braquage à deux morts.

Cependant, les investigations se poursuivent pour mettre la main sur le troisième malfrat toujours en fuite avec l’importante somme volé au comptable, et dont nous ignorons pour l’heure le montant.

Caleb Akponou

Source : Gakpola

 

 

Togo : Braquage à Kpogan, 2 morts et une importante somme emportée

 

L’ingérance récurrente de l’exécutif dans les affaires judiciaires

AFFAIRE DU Dr AGBEYOME KODJO

La justice Togolaise, nonobstant les dispositions constitutionnelles qui lui garantissent son indépendance, n’est jamais parvenue à s’affranchir de l’exécutif.

L’affaire récente est la plus marquante sous le règne du dictateur président FAURE EYADEMA 2.

Pour une affaire de contentieux électoral le Dr AGBEYOME MESSAN KODJO, candidat aux élections présidentielles du 22 février 2020 passées, ancien premier ministre et ancien président de l’assemblée nationale togolaise a été mis sous contrôle judiciaire avec les condition suivantes :

1 – Obligation de déférer a nos différentes convocation aussitôt qu’il en sera requis :

2 – Interdiction de quitter le territoire national sans notre autre autorisation expresse :

3 – Interdiction de faire toute déclaration tendant a la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020.

4 – Interdiction de tous propos, déclarations, ou attitudes tendant a remettre en cause et a saper l’ordre constitutionnel et institutionnel existant

On ne peut pas prôner pratiquer l’état de droit et de la vraie démocratie si l’on ne fait pas de la séparation des trois pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) un principe de bonne gouvernance et de la liberté des citoyens.

« Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir », disait Montesquieu.

Il est tant, et il convient d’éviter la concentration absolutiste des trois pouvoirs dans les mains d’une seule personne au Togo.

Le principe de la séparation des pouvoirs est très important en démocratie comme le stipule dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 en son article 16 : je cite « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ». ce qui prouve aujourd’hui qu’en république togolaise nous vivons dans la jungle ou la raison du plus fort est toujours la meilleure.

les juges d’instructions et le procureur général ne servent qu’à se couvrir du manteau de la légalité pour mettre en exécution une sentence déjà programmée.

L’histoire retiendra, que notre justice est une justice purement politique parce qu’elle est composée essentiellement que de juges et de magistrats pro-Faure Gnassingbé qui refusent de dire le droit. La justice doit être juste…..

Une institution complètement vassale dont se sert le président dictateur constitutionnel pour se débarrasser des personnalités politiques qui s’attaqueraient a son injustice et des intérêts de la France néocoloniale.
La dernière en date , la censure d’un journal qui a critiqué l’ambassadeur français accrédité au Togo est une preuve encore palpable.

Sous le régime de Gnassingbé père et du fils, la justice n’a eu comme tâche principale que de suppléer l’exécutif et d’écraser toute adversité.

la subordination du pouvoir judiciaire à l’exécutif est la méthode du régime RPT/UNIR pour détruire ses opposants et les réduire au silence..

si les magistrats dépendent du Président de République, chef du Conseil supérieur de la magistrature, y compris leurs nominations, leurs promotions, la gestion de leur carrière et leurs rémunérations comment peuvent - ils dire le droit ???.

Mais, si le chef de l’Etat, garant de l’indépendance de la magistrature, est le premier qui pourrait porter atteinte à son indépendance par les pouvoirs exorbitants dont il dispose, on ne pourrait plus en réalité parler d’indépendance de la justice.

Depuis l’avènement de ce régime RPT/UNIR au pouvoir depuis le 13 janvier 1967 au Togo, la justice n’a jamais échappé à l’emprise de l’exécutif. Pourtant, la Loi fondamentale stipule que « le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.
Mais aujourd’hui le traitement arbitraire de beaucoup d’affaires politiques a mis à nu la soumission du judiciaire à l’exécutif et démontre à chaque fois que l’occasion se présente, sa faiblesse face au jeu du gouvernement qui n’hésite même pas à instrumentaliser le droit constitutionnel et à se défausser sur les juges qui se trouvent investis de missions hautement sensibles et politiquement exposées.

La cour constitutionnelle qui est un organe chargé d'assurer la primauté effective de la constitution qui est, selon la théorie de hiérarchie des normes, la norme suprême,
est sollicitées, et plus ou moins volontairement leur consentement, pour avaliser et consacrer une procédure irrégulière, un coup d’État, ou pour arranger une sortie de crise dans un cadre juridique par définition incertain.

Aujourd’hui les interrogations sont nombreuses , et l’essentielle portent sur l’étendue du revalu ment du rôle du service de la justice dont on s’aperçoit qu’il ne parvient pas à maîtriser la globalité des missions qui lui sont épanchées.

l'exécutif est devenu le bouclier du pouvoir judiciaire et son sujet .

Aujourd’hui, respecter la séparation des pouvoirs telle que Montesquieu et John Locke l’ont théorisé au 18e siècle respectivement dans « l’Esprit des Lois » et dans « Le second traité de gouvernement », c’est tout faire pour que le président de la République et ses ministres n’empiètent pas sur les attributs des autres institutions or c’est tout a fait le contraire au Togo.

Le peuple doit faire pression sur ce pouvoir despotique et faire en sorte que les magistrats jugent en toute indépendance et en toute impartialité sans la pression du pouvoir absolu et totalitaire qui s’attelle a chaque fois à faire de cette justice son bras armé pour éliminer des adversaires politiques et protéger ses partisans.

Une justice libre, impartiale et indépendante est nécessaire pour la liberté d’un peuple.

A buen entendedor pocas palabras !!!!

Raoul k DAGBA

Analyste Politique

President de l’OPPD

 

 

L’ingérance récurrente de l’exécutif dans les affaires judiciaires

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé, un non-événement, selon la dynamique Mgr Kpodzro

La coordination internationale de la dynamique Mgr Kpodzro clame haut et fort que le président démocratiquement élu au Togo demeure Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. Elle promet au peuple togolais qu'elle récupérera la victoire...

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 29 AVRIL 2020 DE LA COORDINATION
INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (CIDMK)

TOGO : L’IMPOSSIBLE QUATRIEME MANDAT DE FAURE GNASSINGBE

Tandis que la Cour constitutionnelle fixait par communiqué de presse le 28 avril dernier, la date de prestation de serment de Faure Gnassingbé au 3 mai 2020, afin qu’il jouisse de son holdup électoral grotesque et éhonté contre la Souveraine volonté du Peuple togolais qui a porté de façon écrasante son suffrage sur Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, Président démocratiquement élu du Togo; la police espagnole annonçait l’interception d’un navire battant pavillon togolais avec quatre tonnes de cocaïne à bord.

Cette opération de démantèlement en Galice (Nord-Ouest de l’Espagne) d’un réseau qui récupérait de la cocaïne en haute mer auprès de trafiquants internationaux, s’est soldée par 28 arrestations et 4 tonnes de drogue saisies, apportant la preuve supplémentaire de la prouesse de l’inénarrable putschiste invétéré, Faure Gnassingbé, d’avoir totalement transformé le Togo en un État voyou, plaque tournante du trafic de drogues, repaire de tous les criminels et mafieux de la planète Terre en raison de la déliquescence morale de toutes les institutions, dont la Cour constitutionnelle.

Cette funeste institution dont la composition ne laisse aucun doute sur son indépendance et son impartialité, reste un cauchemar pour le Peuple togolais en raison de sa propension au déni de droit.

La Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (CIDMK) relève que la prestation de serment annoncée est un non-événement aux yeux de l’écrasante majorité des Togolais qui ne se sent guère concernée.

La CIDMK rassure toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier qu’elle restaurera par tous les moyens légaux la vérité des urnes.
Toute la communauté nationale et internationale ont été témoins de ce holdup up scabreux, digne d’une équipe de gangsters politiques, de prédateurs des valeurs démocratiques et républicaines.

 

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé, un non-événement, selon la dynamique Mgr Kpodzro

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé : Togo Debout appelle les Togolais à ne pas résigner

Après avoir relevé, dans cette déclaration, les conditions peu orthodoxes dans lesquelles s'est déroulée l'élection présidentielle du 22 février dernier, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) a indiqué que Faure Gnassingbé va prêter un serment anti-constitutionnel ce dimanche 03 mai 2020. Il appelle les Togolais à ne pas se résigner.

“L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions” Barack Obama

Par communiqué daté du 28 avril 2020, le président de la Cour Constitutionnelle, monsieur Adoudou Assouma, porte à la connaissance du peuple togolais que, conformément à l’article 64 de la Constitution du 14 octobre 1992, le président « élu » prêtera serment le dimanche 03 mai 2020 à 16 heures dans la salle des fêtes de la présidence de la République. A cet effet, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) tient à faire observer ce qui suit :

L’élection présidentielle du 22 février 2020 ne s’est jamais déroulée « conformément aux lois de la République ». D’abord, la Cour constitutionnelle qui a validé les candidatures, qui a proclamé « élu » pour un 4e mandat le président sortant et qui s’apprête à recevoir son serment est elle-même anticonstitutionnelle.

Pour rappel, dans une déclaration qu’ils ont rendue publique le 21 décembre 2019, le Front Citoyen Togo Debout et Synergie-Togo avaient déjà insisté sur le fait que « Le non-respect des dispositions constitutionnelles confirme définitivement le caractère illégal du processus électoral en cours et constitue un nouveau coup d’Etat constitutionnel et institutionnel, ouvrant la voie à la réédition du scénario de 2005 ».

Malheureusement et en dépit de tout, le pouvoir a maintenu l’organisation de l’élection présidentielle du 22 février 2020. C’est dans une atmosphère complètement délétère, caractérisée par des irrégularités réelles, notamment les bourrages d’urnes, les menaces et les intimidations dont ont été victimes les délégués des candidats de l’opposition, voire leur expulsion des bureaux de vote, les falsifications des procès-verbaux, que s’est déroulé le scrutin présidentiel du 22 février 2020.

Le reste, le peuple togolais le sait : alors que les premières tendances annonçaient une nette percée du candidat de la Dynamique Monseigneur Kpodzro, monsieur Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, Président du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), percée reconnue par les autre candidats de l’opposition dans leurs communiqués respectifs, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), contre toute attente et à la surprise générale, dans la nuit du dimanche 23 février 2020, annonce qu’ « au vu de tous les résultats centralisés sur la base des procès-verbaux obtenus, le candidat du parti Union pour la République, Unir, M. Faure Essozimna Gnassingbé est proclamé provisoirement élu président de la République togolaise », avec un score stalinien de 72,36%.

La demande de proclamation des résultats bureau de vote par bureau de vote formulée par les partis politiques de l’opposition démocratique, les organisations de la société civile, et certains partenaires (UE, USA) est balayée du revers de la main.

Le 26 février 2020, par le biais d’un communiqué de presse, les Etats-Unis demandent au gouvernement togolais de prendre des mesures afin d’accroître la transparence et la confiance de tous en les résultats finaux en procédant à la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote.

La Conférence des Evêques du Togo (CET), par un Message en date du 1er mars 2020, « exhorte les différents protagonistes et les instances du processus électoral à oeuvrer pacifiquement au rétablissement de la vérité des urnes ». Malgré le recours introduit par monsieur Agbéyomé Kodjo devant la Cour constitutionnelle, cette dernière procède à quelques réaménagements de façade et entérine presque les résultats de la CENI.

Les institutions togolaises, notamment la CENI et la Cour constitutionnelle, ont, une fois encore, démontré à la face du monde leur manque de crédibilité, leur légèreté en validant cette élection.

Aujourd’hui c’est dans un contexte de crise persistante et de déni de justice que va se faire cette prestation de serment. « Sous contrôle judiciaire » monsieur Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo et ses soutiens au sein de la dynamique sont interdits de faire des déclarations tendant à remettre en cause les résultats de l’élection présidentielle du 22 février 2020 : encore une fois au Togo, la justice se subordonne à l’exécutif. Pire encore, l’état d’urgence sanitaire et le couvre-feu décrétés par le gouvernement à titre de riposte contre la pandémie du Covid-19, sont devenus des moments de graves violations des droits de l’homme : les forces de défense pourchassent, arrêtent, passent à tabac, mutilent et frappent à mort leurs concitoyens !

Monsieur le président de la Cour constitutionnelle ; les Togolais pensent que la normalisation de l’inacceptable a trop duré dans notre pays et cette fois-ci, il faut marquer un arrêt, car les crises politiques sont mauvaises pour le développement. On ne peut pas fouler au pied sa propre Constitution, marcher allègrement sur ses propres lois et prétendre après coup prêter serment sur le fondement de cette même Constitution et de ces mêmes lois.

C’est pour cette raison que le FCTD réaffirme sa position et reprend à son compte les déclarations du président nigérian Muhammadu Buhari faites le jeudi 8 février 2018 à l’endroit de monsieur Lene Dimban, alors nouvel ambassadeur du Togo au Nigéria lors de la cérémonie de présentation de lettres de créance, et selon lesquelles « les transitions pacifiques sur le continent ne sont plus négociables compte tenu du poids que font peser les crises politiques sur l’économie et sur les citoyens ordinaires ».

Le FCTD invite par conséquent toutes les forces démocratiques, tout le peuple togolais épris de justice, de paix et de liberté, à s’inscrire dans ce schéma qui semble désormais s’imposer comme la seule et unique voie pour une sortie pacifique et durable de la crise togolaise.

Le FCTD appelle la nation togolaise à ne pas se résigner. La solution est au bout de l’effort. Les pères de l’indépendance nous ont appris la notion de sacrifice et du bien commun, avec abnégation nous devons reprendre le flambeau de la lutte pour mettre fin à cette imposture qui dure depuis des décennies et qui a d’énormes répercussions sur nos vies et le développement de la Nation.

“Togo Debout, Luttons sans défaillance”

Lomé, le 29 avril 2020

Le Front Citoyen Togo Debout,
Professeur David Ekoué DOSSEH

 

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé : Togo Debout appelle les Togolais à ne pas résigner

 

Le CAR condamne les interdictions abusives imposées à Agbéyomé Kodjo et sa suite

La libération conditionnelle d’Agbéyomé Kodjo, le candidat de la dynamique Kpodzro à la présidentielle du 22 février 2020, suscite encore des réactions. Dans un communiqué rendu public, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Agboyibo condamne les interdictions abusives imposées à l’ancien Premier ministre et ses collaborateurs.

« Le Comité d’Action pour le Renouveau a été ahuri par l’artifice procédurale utilisé par le régime pour empêcher M. Agbéyomé Kodjo et ses deux autres compagnons inculpés, Mme Brigitte Adjamagbo Johnson et M. Fulbert Sassou Attisso, de continuer à réclamer la vérité des urnes et à contester la version officielle des résultats du scrutin présidentiel du 22 février 2020 », peut-on lire dans le communiqué signé par Yendouban Kolani, 1er vice-président du CAR.

Pour le parti des déshérités, les quatre (4) conditions imposées par le doyen des juges d’instruction aux membres de la dynamique Kpodzro relèvent purement de la violation des droits fondamentaux de tout citoyen, notamment le droit à la liberté d’opinion, le droit aux désaccords.

Selon le CAR, cette « épée de Damoclès » que le pouvoir veut faire planer sur Agbéyomé et compagnie le long du procès enclenché est de nature à entraver le libre déroulement et l’aboutissement fructueux de l’initiative entreprise par les hautes autorités des Eglises catholique, méthodiste et presbytérienne en vue de trouver la solution appropriée à la crise sociopolitique que le pays traverse depuis des décennies.

Pour finir, le CAR condamne les interdictions abusives auxquelles sont soumises ces membres de la dynamique Kpodzro et demande que les dispositions soient prises pour arrêter les poursuite engagées à leur encontre.

Godfrey A

 

 

Le CAR condamne les interdictions abusives imposées à Agbéyomé Kodjo et sa suite

 

Silence imposé à Agbéyomé Kodjo : 3 partis d'opposition relèvent une "instrumentalisation de la justice"

Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo et ses collaborateurs ne doivent plus se prononcer sur les résultats de l'élection présidentielle du 22 février dernier ni contester la victoire supposée de Faure Gnassingbé. C'est l'une des conditions posées par le doyen des juges d'instruction qui les a placés sous contrôle judiciaire. Une violation des droits de ces membres de la dynamique Mgr Kpodzro, qui révolte les partis d'opposition dont le Parti des Togolais, le PSR et Les Démocrates qui ont réagi à travers ce communiqué.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le placement sous contrôle judiciaire de M. Agbeyome Gabriel Messan KODJO, Mme Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON et M. Fulbert ATTISSO dans le cadre des contestations qui ont suivi l’élection présidentielle du 22 février 2020 est subordonné à plusieurs conditions dont « l’interdiction de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020 ».

Le droit de contester la régularité des élections et même de revendiquer la victoire est l’expression d’une liberté politique garantie par la Constitution togolaise. Aucune décision de justice, aucune sentence fût-elle de la cour constitutionnelle ne peut avoir pour effet de priver un citoyen du droit d’exprimer son opinion, même contraire à ladite sentence.

Le fait que cette condition soit suivie d’une autre interdiction de « tous propos, déclarations, ou attitudes tendant à remettre en cause et à saper l’ordre constitutionnel et institutionnel existant » atteste, de toute évidence, que toute contestation des résultats n’est pas nécessairement de nature à saper l’ordre constitutionnel.

« L’interdiction de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020 » constitue, dès lors, une instrumentalisation de la justice en vue de museler des leaders politiques dont l’un est, de surcroit, candidat à l’élection présidentielle sur une question essentiellement politique et caractérise une atteinte grave et disproportionnée à un droit fondamental.

Cette instrumentalisation de la justice n’est pas nouvelle. Ce fut déjà le cas dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et Kara et dans bien d’autres.

Cette institution judiciaire, passive dans des affaires de meurtres, de violations des droits de l’homme, très tolérante face aux irrégularités procédurales flagrantes en matière pénale et qui retrouve une vigueur excessive lorsqu’il s’agit de poursuivre les acteurs politiques est un danger pour la démocratie et l’État de Droit.

Nous condamnons cette pratique récurrente et en appelons à la responsabilité de chaque acteur dans la lutte pour l’avènement d’un État de droit qui profitera à tous.

Nous exigeons la fin de toutes les poursuites judiciaires initiées dans le cadre des contestations consécutives à l’élection du 22 février 2020 et des manifestations publiques pacifiques de 2017 et 2018, ainsi que la libération de tous les détenus y afférents.

Fait à Lomé, le 29 avril 2020

Ont signé

LES DEMOCRATES – PSR – PARTI DES TOGOLAIS

 

 

Silence imposé à Agbéyomé Kodjo : 3 partis d'opposition relèvent une "instrumentalisation de la justice"

 

L’Homme

Je me baserai sur deux citations. Elles sont de deux théologiens, mais ce n’est pas sur un sujet de théologie que je veux disserter. Le premier est un protestant. Le second est un catholique, mieux, un ancien Chef de l’Église catholique, le Pape Jean-Paul II. Ce qui m’intéresse, c’est que les deux donnent leur définition de l’homme, les deux se complétant. Et moi, ce que je chercherai, c’est d’appliquer ces définitions à ce qui se passe au Togo dans les circonstances actuelles. Je répète que je ne me situe pas sur le plan religieux ou théologique. Je ne suis ni pasteur, ni théologien.

Le théologien protestant, plus précisément adventiste, Alfred-Félix Vaucher écrit : « Sans l’homme, l’univers serait un non-sens » i.

Le Pape Jean-Paul II dit quant à lui : « L’homme se reconnaît en tant qu’être éthique, capable d’agir selon les critères du bien et du mal, et non pas seulement ceux du profit et du plaisir ».

La première définition pourrait être interprétée comme une sorte d’exaltation de l’orgueil humain, l’homme créé, à l’image de Dieu selon la Bible, ayant une partie de Ses attributs, en particulier la capacité de réfléchir et de jouir de la liberté. Plus modestement, nous dirons que l’homme, le dernier venu dans la création à qui Dieu a accordé le privilège et la mission de nommer tous les animaux et toute chose (le don du langage donc qui lui donne la suprématie sur tout), est à une position élevée dans l’œuvre de Dieu. ii Plus modestement donc, l’homme est une valeur que ne sont ni les bêtes ni les plantes. Pour appliquer cette assertion au cas togolais, nous dirons que l’univers togolais serait un non-sens sans l’homme togolais (homme et femme, comme Dieu les a créés).

Sans l’homme togolais, sans le respect de l’intégrité physique, de la dignité, de la vie de l’homme togolais, ni la Constitution, ni l’État, ni l’administration, ni la justice, ni le système de santé ou d’éducation….ni même la géographie, le paysage togolais que nous célébrons dans le beau chant patriotique, L’Éternel bénisse le Togo n’aurait pas de sens.

Et, à l’heure où le doute, l’angoisse, les incertitudes du lendemain, au vu de tout ce qui se passe, envahissent un grand nombre d’entre nous, l’interrogation sur le sens de notre vie ne vient-elle pas nous hanter ? Et ce, d’autant plus que les gens qui sont dans une position telle qu’ils devraient nous rassurer, sont ceux-là mêmes qui, par leurs comportements quotidiens depuis des décennies, nous font douter du sens de notre existence.

Et c’est sur ce plan que j’évoquerai la tragédie planétaire que nous vivons depuis quelques mois, celle du coronavirus.

A l’heure où les responsables de plusieurs pays, sinon de tous, prennent des mesures pour lutter contre le mal et les annoncent de différentes manières, nous attendions… attendions celles arrêtées par les nôtres. Enfin, ils les annoncent. Mais quoi ? Des mots, des concepts auxquels les oreilles de certains d’entre nous étaient habituées depuis l’instauration de ce régime en 1963 : couvre-feu, ordonnances, État d’urgence. Bien sûr que certaines des mesures ne sont pas différentes de celles décrétées par d’autres pouvoirs en Afrique et même dans le monde. Mais l’histoire du Togo est telle que, ceux qui l’ont vécue, en écoutant le discours de Gnassingbé sur le coronavirus, y ont vu le retour de l’année du coup d’État marqué par l’assassinat du Président Sylvanus Olympio. Le plus grave, ce n’est pas seulement que, sur un plan simplement théorique, l’intellectuel togolais pourrait, non sans un sourire ironique, observer que ces gens ne savent rien inventer de neuf et d’original, en dehors de ce qu’ils savent pratiquer et pratiquent depuis des décennies, parfois sous des formes déguisées, mais la gravité de la situation, c’est que, dans la réalité ces mesures se traduisent dans des actes qui défigurent, meurtrissent, déshumanisent, anéantissent l’homme.

Prenons le couvre-feu, mot dont l’évocation traumatise un Togolais qui a vécu l’atmosphère instaurée par les militaires au lendemain du coup d’État de 1963. Le même traumatisme est revenu, si l’on peut s’exprimer ainsi, à la faveur du coronavirus : bastonnades, fouettages parfois à mort, sans autre forme de procès de citoyens surpris sur un sentier, dans une rue au-delà de l’heure à laquelle commence le couvre-feu, par les forces dites de l’ordre.

Représentez-vous ce qui est arrivé à un vieillard surpris dans la nuit par une patrouille. Les agents en uniforme lui ont intimé l’ordre de se mettre à genoux devant eux. Il s’est exécuté. Ils lui ont dit de tendre les mains pour recevoir des coups de matraque. Il a obéi. Les agents l’ont frappé autant qu’ils le voulaient, avec un plaisir jubilatoire, ricanant comme de beaux diables, tandis que le vieillard suppliait, pleurait, gémissait. Ce n’étaient pas seulement des douleurs physiques qui lui étaient imposées, mais aussi, celles morales d’être réduit, à cet âge, au stade de l’enfant que l’on punit. Il repartit péniblement chez lui. Ses mains étaient si enflées qu’il mourait le lendemain de ce traitement. Dans une rue populeuse, un jeune homme a osé résister aux policiers. Nos agents en uniforme ont la conviction qu’aucun civil n‘a le droit de leur tenir tête. Le civil doit avoir peur de l’homme en uniforme. Il doit obtempérer, c’est tout. Et, ne demandez surtout pas à un policier, à un douanier, à un gendarme, encore moins à un militaire de dialoguer avec un civil. Le jeune homme dont nous parlons, torse nu, portant un bermuda blanc, visiblement plus petit et plus maigre que l’agent en uniforme, osa engager une lutte corps à corps avec le militaire ou gendarme. Au premier round, ce fut le civil qui projeta à terre le militaire. Le renfort ne tarda pas à arriver et les forces dites de l’ordre se mirent en devoir de dégager le civil du corps de leur camarade et de le projeter loin, avec toute la violence que l’on peut attendre d’eux. Alors, le militaire bagarreur, se relevant, probablement animé d’une de ces colères que provoque la honte d’avoir été terrassé devant ses camardes, par un « simple civil » (l’expression est usuelle dans le vocabulaire des hommes en uniforme), prit tout son élan, fondit sur celui-ci et le frappa plusieurs fois, terriblement, de ses lourdes bottes, entre les cuisses jusqu’ à évanouissement. Sa bourse ayant éclaté, ses testicules écrasés jaillirent dehors ; il fût transporté à l’hôpital où il mourra. Une autre fois, dans un autre quartier de Lomé, Adakpamé, c’est un homme d’une quarantaine d’années, surpris dans la nuit alors qu’il était allé se soulager en dehors de son domicile ( nous sommes dans un quartier périphérique de la ville, où tous les habitants ne disposent pas de toilettes à l’intérieur de leur maison ). L’homme, appelé Dodji est retrouvé mort, étalé au sol au lever du jour, avec les stigmates de coups laissés par les forces dites de sécurité. En un autre endroit encore, c’est une vieille femme qui, elle, s’en est tirée vivante, mais avec le torse couvert de plaies, sanguinolentes, à la naissance des seins. À Kara, un couple à motocyclette a été tragiquement séparé par un violent coup de fouet administré par un homme en uniforme. La femme est tombée de la moto. Dangereusement…Combien de morts, combien de blessés, combien de handicapés à vie occasionnera le couvre-feu instauré par le régime pour combattre le coronavirus ?

À l’heure du bilan en décès, pour cause de la pandémie, comptera-t-on les citoyens morts des suites des actes de violence et de brutalité des forces dites de l’ordre, pour un supposé non-respect du couvre-feu ?

La découverte du cadavre du jeune Dodji ne pouvait pas ne pas attirer une foule nombreuse, poussant des cris horrifiés, les uns se bousculant pour le voir de très près, les autres pour lui nettoyer les excréments et autres saletés, étant donné la disposition naturelle dans laquelle il se trouvait au moment où les patrouilleurs l’avaient surpris, les autres encore, des femmes surtout, cherchant à le recouvrir de pagne. Après avoir été roué de coups de toutes sortes, ensanglanté, yeux exorbités, nez écrasé, c’est en rampant dans la brousse et en criant pour appeler à l’aide, en vain, dans l’obscurité, qu’il avait tenté de regagner son domicile.

Au milieu des cris de révolte et d’appels à la vengeance de la foule autour du cadavre de Dodji, des jeunes gens en colère, très remontés, n’hésitaient pas à clamer bien haut leur volonté d’en découdre avec les hommes en uniforme qu’ils ne veulent plus voir dans ce quartier.

On peut imaginer les désordres, les désarrois, l’ahurissement, choses susceptibles d’attirer de plus en plus de monde, provoquées par les forces dites de l’ordre à l’occasion du couvre-feu.

Or, parmi les mesures-barrières décrétées par notre « gouvernement », comme d’autres dans le monde, il y a celles de la distanciation sociale et de l’interdiction d’attroupements de personnes. Comment vouloir que ces deux mesures puissent être observées quand un évènement tragique, comme la mort de Dodji est provoqué par les agents mêmes chargés de la surveillance de l’observation du couvre-feu ?

Ceci me permet en même temps de parler de l’arrestation spectaculaire et rocambolesque de M. Agbéyomé Kodjo le 21 avril 2020 : un mouvement impressionnant de troupes, la sortie et le positionnement des chars dans le quartier d’habitation de l’ex-Premier Ministre et ex-Président de l’Assemblée Nationale, la présence et le vrombissement des hélicoptères de l’armée dans l’espace aérien autour de son domicile…Il ne fallait pas une intelligence supérieure pour prévoir qu’un tel branle-bas de combat aurait forcément pour conséquence d’attirer des foules dans la rue, surtout que la grande majorité des habitants de Lomé estime que c’est M. Agbéyomé Kodjo qui a gagné les élections présidentielles et jure d’en découdre avec l’armée si elle s’avisait de l’arrêter ou de l’enlever. Mais, ce n’est pas la déduction de l’intelligence qui a prévalu. C’est plutôt celle de la logique d’un clan qui ne peut aucunement concevoir de céder son pouvoir, soit statutairement (c’était le cas en 2005 par un acte qui s’apparente à la piraterie aérienne quand, à la mort d’Eyadema, Natchaba devait assumer la présidence par intérim), soit par voie d’élection, (c’est le cas cette année 2020, avec la surprise créée par Agbéyomé Kodjo, dans la dynamique de Monseigneur Kpodzro).

Le clan, têtu, ne cède rien, même au prix des ravages que provoquerait la propagation du coronavirus.

L’observateur de ce genre de comportement irrationnel ne peut s’empêcher de se demander si le couvre-feu, l’État d’urgence décrété, la volonté de légiférer par ordonnances….n’ont pas d’autres motivations que la lutte contre le Covid 19.

L’homme, l’homme togolais dont l’existence est menacée par la propagation du coronavirus, n’étant pas au centre des préoccupations de ce régime, on peut se demander si le pouvoir, l’armée, la police, la politique, l’administration, les discours sur le développement… tout ce que l’on peut promettre ou offrir aux Togolais ne constitue pas un non-sens. Non-sens dans lequel nous baignons.

Il y a, dans l’histoire mondiale, des tragédies humaines au cours desquelles des hommes, abusant de leur domination sur d’autres hommes, traitent ces derniers comme on traite des animaux. J’ai en ce sens deux exemples.

Le premier est celui vécu par un intellectuel juif, pendant la période hitlérienne. Ce professeur de Lettres et philologue, Victor Klemperer, était réduit à travailler comme manœuvre sous le contrôle des bourreaux nazis. Il ignorait qu’il n’était pas autorisé à lire un certain livre, ni même prendre des ouvrages à la bibliothèque de prêt. Il écrit : « Jamais, tout au long de ma vie, aucun livre ne m’a autant sonné que Le Mythe du XXe siècle de Rosenberg. Non pas que ce fût une lecture exceptionnellement profonde, difficile à comprendre ou moralement émouvante, mais parce que c’est avec ce volume que Clemens me frappa sur la tête pendant plusieurs minutes. (Clemens et Weser étaient les bourreaux spéciaux des Juifs de Dresde, on les distinguait en général l’un de l’autre comme le cogneur et le cracheur). « Comment oses-tu, cochon de Juif, avoir l’audace de lire ce livre ? » hurlait Clemens. Pour lui cela semblait être une profanation de l’hostie ».iii

Un certain nombre d’éléments appellent ici notre observation :

– commençons par l’injure « cochon » : qui n’appartient pas au clan Gnassingbé est traité en être « inférieur » au Togo des Gnassingbé, comme les non-Aryens étaient traités de sous-hommes par les Nazis sous le règne d’Hitler.

-Victor Klemperer est un savant, ce qui ne semble pas être le statut, loin s’en faut, de Clemens et de Weser, les bourreaux nazis ; ce qui n’a pas empêché Clemens de reprocher à Klemperer d’avoir lu un livre, de le frapper et de le traiter de cochon de Juif pour cette faute. N’est-il pas arrivé que, de la même façon, des intellectuels togolais subissent des traitements dégradants, une fois pris dans les filets du système ?

– les surnoms donnés aux deux bourreaux expriment bien la spécialité de l’un et de l’autre dans les tortures qu’ils faisaient subir aux Juifs : l’un les cognait, l’autre leur crachait dessus. Il est évident que dans les geôles des Gnassingbé, les mêmes types de tortures, physiques et morales sont imposés aux prisonniers.

– la profanation de « l’hostie » que constitue la lecture de certains livres par les Juifs s’apparente très bien à cette interdiction qui est faite au Togo, à quiconque n’est pas Gnassingbé d’être proclamé Président de la République.

Venons-en à la deuxième tragédie de l’histoire, pendant laquelle l’homme est traité par son semblable comme une bête.

Aimé Césaire écrit : « Il ne faut pas oublier que l’esclavage n’a rien de plus anormal que la domestication du cheval ou du bœuf. Il est donc possible qu’il reparaisse dans l’avenir sous une forme quelconque. »iv

Dans les deux situations qu’évoquent les auteurs cités, celle du supposé Aryen dominant le Juif et celle du maître face à l’esclave, les dominés sont traités d’animaux : cochon, cheval, bœuf ; l’Aryen et le maître s’octroient exclusivement le statut d’hommes.

Dans la position du clan Gnassingbé au Togo, position qu’il doit essentiellement au meurtre de Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963, ce clan ne se comporte-t-il pas comme si les autres Togolais n’étaient que des animaux que les Gnassingbé utilisent juste pour pérenniser leur règne, qu’ils veulent ( qu’ils le disent ouvertement ou non ) faire accepter comme étant de droit divin ?

Au procès d’Hissein Habré qui a eu lieu à Dakar de 2015 à 2016, après la chute de celui-ci en 1990, l’une des victimes a raconté comment, pour s’amuser et humilier l’homme qui était entièrement en son pouvoir, Habré lui avait intimé l’ordre d’imiter différents cris d’animaux : ainsi, sous les incantations prononcées par le président-magicien, l’homme se métamorphosait, tour à tour, en crapaud pour coasser, âne pour braire, singe pour hurler, mouton pour bêler, chien pour aboyer, chat pour miauler. C’était un beau cirque ! Évidemment l’idée ne serait jamais venue à personne de se transformer en lion pour rugir devant Habré, car, c’était lui-même Habré, le Lion d’UNIR, le parti politique unique du Tchad sous son règne; (polysémie aidant, voyez-vous quelque rapport, lettre pour lettre, dans ce sigle, avec celui du parti des Gnassingbé, qui, au Togo, allait succéder au RPT ?). Parlons de lion. On ne sait jamais, un lion peut bondir sur Habré et le dévorer, alors que c’est lui qui dévorait ses compatriotes. Habré était donc Lion au Tchad, comme Mobutu Léopard au Zaïre, Eyadema Éléphant au Togo…Il serait intéressant de réfléchir sur la fascination qu’exercent sur les dictateurs certains animaux, par leur caractère vorace, leur force, leur capacité à terroriser leurs citoyens…, alors même qu’ils ont tendance à vouloir réduire leurs compatriotes au rang de bêtes inférieures, méprisables…

J’ai entendu le commandant togolais en exil, Olivier Amah, parler du traitement réservé à ses prisonniers par feu Ernest Gnassingbé, le digne fils du père qui ne démentait nullement la réputation de cruauté dont le clan est capable. Ernest Gnassingbé, faut-il le rappeler, fut de son vivant, l’homme qui faisait trembler les gens à Kara. Au camp Landja, célèbre par les traitements inhumains imposés aux ennemis du régime, on entretenait une porcherie spéciale, sale et boueuse. Les tortionnaires y emmenaient les prisonniers et leur ordonnaient d’y prendre leur bain dans la mare boueuse avec les porcs.

Aussi bien dans les prisons politiques de Habré que dans celles des Gnassingbé, des asticots et autres bestioles, générés par les cadavres en décomposition et par les déchets des détenus vivants circulaient sur le corps de ces derniers et pénètraient en eux par les orifices.

Que ce soit au Tchad sous le règne d’Hissein Habré ou au Togo des Gnassingbé, la volonté de réduire l’autre, par haine, mépris, vengeance, châtiment… à l’état d’animal est évidente.

La meilleure réponse à donner à ceux qui pratiquent de telles atrocités me semble celle-ci :

« Mais quand vous ôtez sa dignité à l’homme, il reste un homme. Ce que l’homme ose faire à l’homme est inimaginable. Il fait le pire quand il lui enlève sa dignité. La perte de cette dignité par la misère, la tyrannie, l’esclavage, ne le fait pas moins homme. Au contraire : la victime est plus homme que le bourreau. L’homme qui souffre est plus humain que l’homme qui fait souffrir. La brute se rapproche de l’animal. ». v

Tout à fait objectivement, pour appliquer cette réponse de Georges Elgozy à des situations historiques connues, les hommes, comme les maîtres d’esclaves, Hissein Habré (qui, soit dit en passant, a fait quarante mille cinq-cinq cents morts au Tchad), Gnassingbé Eyadema, Ernest Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé et Faure Gnassingbé (l’heure du bilan global des morts n’est pas encore venue), seraient plus proches de l’animal que leurs malheureuses victimes.

Césaire parle de la domestication du cheval ou du bœuf, comme métaphore de l‘esclavage. N’y en a-t-il pas parmi nous, qui, pour des motifs divers, des membres sincères du RPT-UNIR aux divers opposants qui se sont laissés, en toute conscience ou sans le savoir domestiquer par le système ? Lorsque l’on est dans cette dernière situation et qu’un jour on en prend conscience, la réaction normale d’un homme doit être la révolte.

« Je me révolte, donc nous sommes », dit Albert Camus dans L’homme révolté vi. Dans la situation du Togo, un seul Togolais qui prend conscience et se révolte, englobe tous les citoyens, car accepter ce système qui nous ravale tous à un état semblable à celui des animaux, ou se comporte à notre égard comme si nous lui avions tous été vendus, est humainement insupportable pour tous. Combien de fois n’entend-on pas les Togolais se plaindre en des formules comme celles-ci : « le clan Gnassingbé nous conduit comme si nous étions des moutons » ou « les Gnassingbé ne nous ont pas achetés au titre d’esclaves ». La prise de conscience du fait que nos rapports avec le clan doivent changer est une chose déjà acquise. La preuve en a été faite tout particulièrement par la révolte du 19 Août 2017. Puis par la dernière élection présidentielle.

Ne nous occupons pas du volet métaphysique de la révolte qui était certainement celui de Camus, dans sa philosophie de l’absurde. Restons terre à terre et parlons de l’homme togolais révolté, parce qu’il ne comprend pas pourquoi le ciel le priverait de ces choses dont la recherche constitue les aspirations légitimes de tout homme créé à l’image de Dieu : une vie décente, au moins deux repas par jour, une justice équitable, l’assurance d’être pris en charge et soigné dans un hôpital bien équipé quand il tombe malade, la possibilité d’envoyer ses enfants dans les bonnes écoles dans une société où les chances sont égales pour tous les citoyens, une société d’où la hantise et la peur d’être arbitrairement arrêté, battu, emprisonné, torturé serait bannie…Alors qu’une catégorie de citoyens qui sont des hommes comme lui accaparent les biens de l’État, pillent impunément les deniers publics et sont prêts à défendre leurs privilèges par les armes, au risque de massacrer, jeter en prison, chasser loin de la terre natale ceux qui osent s’opposer à leur volonté, aussi irrationnelle que farouche de conserver un pouvoir qui leur garantit ces privilèges.

« Je me révolte, donc nous sommes ». Camus, ironise sur la fameuse citation de Descartes. Nous pouvons aussi le paraphraser. Chaque Togolais doit pouvoir dire : « Je prends conscience, donc nous sommes ». L’important est de savoir de quoi l’on prend conscience. On prend conscience que cette situation dans laquelle nous évoluons tous ne saurait perdurer. Si elle perdurait, l’État, l’avenir, la nation, les valeurs humaines n’auraient plus aucun sens au Togo. La majorité des Togolais conclura au non-sens de la vie, au non-sens de l’existence.

Il est essentiel de savoir que le « nous » englobe les tortionnaires comme les suppliciés d’aujourd’hui, les tenants du pouvoir comme ceux qui en sont, par la logique de l’arbitraire, privés, les habiles fraudeurs comme ceux qui sont frauduleusement dépouillés de leurs droits, les arrogants et les humiliés, ceux qui jouissent du superflu et ceux qui manquent de tout, ceux qui font souffrir et ceux qui souffrent, les uns et les autres demeurant hommes, même si les bourreaux sont plus proches des animaux que les victimes, ceux qui rivalisent d’ardeur dans la course au matériel et ceux qui appellent ces derniers à penser aux valeurs. Il importe surtout de savoir qu’avec l’homme qui souffre, qui est humilié, injustement battu, emprisonné sans raison, torturé, condamné par une justice inéquitable, chaque Togolais doit s’identifier.

Hors de cette prise de conscience, il n’y a pas d’espoir.

Nous parlons, depuis quelques mois, des années pour certains, de transition : c’est pour créer les conditions de cet espoir que la transition est indispensable.

Nous en parlerons la prochaine fois, sur la base de la seconde citation tirée du livre de Jean-Paul II : « Entrez dans l’Espérance ».

(Á suivre)

Sénouvo Agbota Zinsou

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i. Alfred-Félix Vaucher, L’histoire du salut, éd. Vie et santé 1987, p.95
ii. Jean-Paul II, Entrez dans l‘Espérance, éd. Plon-Mame, 1994, p.67
iii. Victor Kemperer, LTI, la langue du IIIe Reich, Carnets d’un philologue, éd. Albin Michel, traduction française 1996, p. 37.
iv. Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, éd. Présence Africaine 1955 et 2004, p.33
v. Georges Elgozy, dans Christian Chabanis, Dieu existe-t-il ? éd. Fayard, 1973, p. 110
vi. Albert Camus, cité dans le XXe siècle, Lagarde et Michard, éd. Bordas 1963, p. 626

 

 

L’Homme

 

La justice togolaise vient une fois encore confirmer son rôle d´instrument dans les mains de Faure Gnassingbé

Les épisodes du film d’horreur qui se joue au Togo depuis le 13 janvier 1963 se suivent et se ressemblent. Même après le passage du témoin du père au fils en 2005, presque les mêmes acteurs sont restés au gouvernail, faisant voir de toutes les couleurs à un peuple togolais qui ne sait plus à quel saint se vouer. Que de tentatives durant toutes ces décennies de souffrance pour que la raison, l’amour, l’humanité puissent guider les pas de ceux qui nous gouvernent! Mais que de répressions sauvages, que de violations massives des droits de l’homme; comme pour dire aux Togolais, nous sommes là, nous y restons et la fin de votre traversée du désert n´est pas pour demain.

Ce qui vient de se passer depuis le 21 avril, date du kidnapping sauvage du Président démocratiquement élu Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, jusqu’à sa libération conditionnelle vendredi 24 tard dans la nuit, prouve que ceux qui prétendent nous diriger, n’entendent aucunement abandonner le pouvoir, et que l’organisation d’élections n’est que pure hypocrisie. Le Togo n’a pas d’armée; c’est un secret de Polichinelle. Ce que nous avons comme armée présente plutôt des contours de milices privées au service d´un clan contre la majorité des Togolais. Cette armée clanique, ajoutée à la justice incarnée par le pseudo-procureur, également non loin du sérail, Essolizam Poyodi, constituent aujourd’hui les deux principales institutions qui sont au service de Faure Gnassingbé et non de la République comme leur nom l’indique.

Quand il s’agit de réprimer, de violenter l’opposant qui dérange pour l’obliger à se plier au desiderata du dictateur, l’armée est là comme le 21 avril dernier au domicile de Messan Agbéyomé Kodjo, traîté comme un bandit des grands chemins. Après quelques jours à la gendarmerie vient la suite du programme préétabli avant même le jour de l’enlèvement, et qui consiste à passer au cinéma du procureur de la dictature qui est une personnalité ayant perdu toute dignité et qui a choisi, malgré ses connaissances juridiques, de ramper, la queue entre les pattes, comme ses collègues de la Cour Constitutionnelle, devant des criminels patentés. Donc pour que Faure Gnassingbé continue à rester au pouvoir pour sa minorité, malgré son impopularité, malgré ses cuisantes défaites aux élections depuis 2005 et malgré surtout la victoire de Agbéyomé Kodjo au soir du 22 février 2020, l’armée tribalisée d’un côté et la justice instrumentalisée de l´autre jouent leur rôle d´utilisation de la terreur et de contorsion du droit.

C’est au vu de ce scénario bien connu, bien huilé et installé par la dictature pour sa survie, que le papier du soi-disant doyen des juges d’instruction, Awi ADJOLI, un autre membre du clan, contenant les quatre conditions auxquelles seraient astreints le Président Agbéyomé et ses collaborateurs après leur libération, ne surprend personne.

«Interdiction de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020.»

«Interdiction de tous propos, déclarations ou attitudes tendant à remettre en cause et à saper l´ordre constitutionnel et institutionnel existant.»

Voilà quelques-unes des conditions que notre Président démocratiquement élu devrait respecter pour qu´il puisse vivre en paix. Inacceptable!

Dans un pays normal le procureur se serait dessaisi de cette affaire politique qui ne le concerne pas. Des juges qui s’immiscent dans un contentieux électoral pour trancher en donnant le feu vert à l’imposteur de continuer à régner bien qu´il ait perdu les élections. Essolizam Poyodi et Awi ADJOLI qui volent au secours de Faure Gnassingbé, ont-ils compté les bulletins bureau de vote par bureau de vote pour être si sûrs que Dr Messan Agbéyomé Kodjo est le candidat qui est le trouble-fête et qui doit se tenir tranquille? Ce qui vient de se passer s’appelle un hold-up électoral avec une fois encore la complicité de l’armée, d´une justice qui ne mérite aucunement son nom, …. et avec le silence complice d’une certaine opposition.

En tout cas, pour tous ceux qui, au pays ou dans la diaspora, sont convaincus de la victoire de Messan Agbéyomé Kodjo, la parenthèse n’est pas fermée; la décision de ces juges de la honte, qui ont pris sur eux de trahir tout un peuple pour leurs intérêts personnels, n’engage qu’eux seuls. La lutte ne fait que commencer pour bouter hors du pouvoir les voleurs éhontés d’élections au Togo depuis plusieurs décennies. Le bilan plus que négatif d’un demi-siècle de règne, la militarisation des mesures préventives contre le COVID-19 qui donne le feu vert à leurs miliciens de soldats d´assassiner impunément, presque chaque nuit, de paisibles citoyens, et leur rejet par le peuple, sont entre autres, des éléments qui les disqualifient pour continuer à prétendre diriger aux destinées de notre pays.

Quel que soit ce que nous réservent les jours ou mois à venir, ce dernier trimestre nous aura révélé le courage, l´intelligence, la hargne de vaincre, l´expérience, et l´amour pour son peuple d’un homme: Messan Agbéyomé Kodjo, et la détermination d´un vieux prélat de 90 ans, Monseigneur Fanoko Kpodzro. Les deux personnalités nous auront appris que l´habit ne fait pas forcément le moine; en d´autres termes, des décennies dans l’opposition ne sont pas forcément une garantie qu´on a de l’amour pour son peuple. Entre le comportement de certains leaders de notre opposition pour qui l’alternance peut attendre, et celui du régime des Gnassingbé, lequel est plus nuisible à la lutte du peuple? Se demandent beaucoup de Togolais.

Samari Tchadjobo
26 avril 2020
Allemagne

 

 

La justice togolaise vient une fois encore confirmer son rôle d´instrument dans les mains de Faure Gnassingbé

 

27 Avril 2020, 60 ans d’Ablodè ? l’Indépendance des Gnassingbé vis-à-vis du Peuple togolais !

Communiqué conjoint du 27 avril 2020 adressé au peuple togolais

Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et Collectif pour la Vérité des Urnes – Togo – Diaspora (CVU-Togo-Diaspora)

Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra

Le Peuple togolais se voit priver de son droit légitime de faire le bilan des 60 années d’indépendance. En approfondissant l’examen de sa condition et le niveau de l’amélioration de son bien-être et ses libertés, il lui est difficile de faire un bilan positif des 60 années d’indépendance du Togo ? Ce 27 avril 2020 est un bien triste anniversaire dit « d’indépendance » pour le Peuple togolais épris de liberté. Devenu martyr au cours de ces 60 années, ce Peuple est bien obligé de constater qu’une oligarchie dotée d’un système de politique autocratique s’est graduellement accaparé le pouvoir au Togo. Les six décennies écoulées ont été régulièrement jalonnées par l’abus de pouvoir et le sang versé par des milliers de combattants pour la liberté et le refus de la dictature. Ils sont encore nombreux en prison pour des raisons politiques. Avec le 4e mandat, l’héritier Gnassingbé s’est-il acquis une indépendance vis-à-vis du Peuple togolais ?

1. La contre-vérité des urnes : vestige de la gouvernance coloniale coercitive

Au début du 20e siècle, l’Afrique est entièrement sous la domination du colonialisme européen sauf l’Ethiopie et le Libéria. L’exploitation gratuite des colonies par les métropoles européennes reposait sur deux principales formes d’implantation et d’administration territoriales, notamment les systèmes francophone et anglophone. L’objectif visé était l’exploitation économique où la colonie ne devait coûter aucun centime à la métropole, au contraire. Outre l’autofinancement de la colonie par l’impôt et les droits de douane, assorti du travail forcé ou des corvées pour les travaux publics, la colonie devait fournir à la métropole ou aux propriétaires d’esclaves, les matières premières dont ils avaient besoin pour leurs enrichissements personnels et collectifs, au détriment de l’industrialisation interdite en colonie. L’agriculture, les mines, le commerce et les voies de communication étaient fondés sur la non-transformation en Afrique des produits des Africains tirés du sol africain.

Les structures de gouvernance africaine ont été graduellement évacuées par une forme subtile de superposition et de supériorité affichée de la civilisation envahissante. La religion a permis de faire accepter de véritables annexions culturelles, territoriales et économiques. Avec l’introduction du système démocratique et électoral, il fallait trouver un subterfuge : ce fut la contre-vérité des urnes.

Le système francophone administré par la France se déclinait en trois systèmes de gouvernance coercitive pour une Afrique coloniale française découpée en trois entités fédérales sous-régionales (Afrique occidentale (AOF, 1895), Afrique équatoriale (AEF, 1910) et Madagascar, 1897) :

La colonie avait une administration directe sous tutelle du ministère des colonies en France. Sur le terrain, un gouverneur général de la fédération contrôlait des gouverneurs territoriaux, qui contrôlaient à leur tour des commandants de cercle, des chefs de subdivision, des chefs de canton et des chefs de villages. Les colonisés étaient de nationalité française-indigène, car soumis au code de l’indigénat 1.

La colonie de peuplement, partie intégrante de la France, était constituée de départements d’outre-mer, comme l’Algérie, et de territoires d’Outre-Mer (TOM). Ce type de colonie dépendait du ministère de l’intérieur qui déléguait un gouverneur et un préfet qui administrait directement le territoire. Si les colons atteignaient le nombre de 400 000 sur le territoire, des assemblées locales étaient mises en place pour eux mais les populations autochtones étaient maintenues dans le statut de l’indigénat.
Le protectorat était un territoire où les colons étaient suffisamment nombreux pour pouvoir contrôler les gouvernements locaux dans le cadre d’une association avec la France. Ce fut le cas du Maroc, de la Tunisie.
Le système anglophone principalement hérité des Britanniques se caractérisait par une administration indirecte dite « indirect rule » où les populations autochtones étaient associées à l’administration de la colonie par les colons. De type libéral et moins coercitif, on pouvait relever quatre formes de colonies :

Les colonies de la Couronne britannique dépendaient du « Colonial Office » créé en 1854. Le pouvoir était réellement exercé par les chefferies africaines locales. On peut citer Gold Coast (actuel Ghana), la Gambie ou la Sierra Leone.
Les compagnies à charte où les territoires étaient confiés à des compagnies privées et commerciales anglaises. Ces dernières gouvernaient selon leurs propres règles notamment les soldats et les douaniers. On peut citer le Nigeria et les anciennes Rhodésie du Nord et du Sud (principalement l’actuel Zimbabwe et la Zambie).
Les dominions étaient des territoires gouvernés par des colons blancs principalement d’origine néerlandaise (1652). Ces territoires bénéficiaient d’une large autonomie de gestion. Le cas emblématique est l’Afrique du Sud qui fut gouvernée par les Boers.
Les protectorats britanniques existaient aussi comme le Bechuanaland, l’actuel Botswana qui bénéficiait d’un régime similaire à celui des dominions.
Le protectorat comme entité politique est une des conclusions du partage unilatéral de l’Afrique opéré sans la présence ni l’avis des Africains, lors de la Conférence de Berlin 2 sous le Chancelier Otto von Bismarck. Le 5 juillet 1884, le Togoland (Deutsche Kolonie Togo) est devenu un protectorat allemand en Afrique de l’Ouest, ce entre 1884 et 1914. La 1ère guerre mondiale de 1914-1918 bouleverse le paysage colonial. Dès 1916 le Togo est administré de facto par la France, puis à la fin de la guerre et suite à la capitulation allemande, le traité de Versailles oblige en 1919 l’Allemagne à abandonner les 2/3 du territoire togolais de 88 500 km2. Le Togo devient un « territoire sous mandat » de la Société des Nations (SdN), administré par la France, les 1/3 restants passant « territoire sous mandat » des Britanniques, avec effet à partir de 1921. Lorsque le 24 octobre 1945 l’Organisation des Nations Unies remplace la SDN, le Togo devient un « Territoire sous tutelle », jusqu’en 1956. Le Togo français fut membre de l’Union française (1946-1958), d’abord en tant que « territoire associé » (1946-1956) puis, sous le nom de « République autonome du Togo », en tant qu’État jouissant de l’autonomie interne (1956-1958).

La partie anglophone rejoindra le Ghana et la partie francophone et française accèdera à l’indépendance le 27 avril 1960.

Le système anglophone colonial a permis rapidement de valoriser la représentation locale défendant les intérêts locaux alors que le système francophone colonial s’est caractérisé par une représentation locale devant mimer ou représenter les intérêts des colons ou des propriétaires d’esclaves.

De cet héritage découle la capacité de renouvellement de la contre-vérité des urnes au Togo. Celle-ci fut favorisée par une organisation peu optimale des élites dites de l’opposition togolaise et un clergé « obéissant » d’abord à l’ordre établi, et profitant par la même occasion pour neutraliser les velléités d’organisation de la contestation en toute indépendance.

2. 60 ans d’Indépendance, le Coronavirus nous demande de réfléchir lors du confinement

En 60 ans, le Togo n’a finalement pas véritablement pu parvenir à l’émancipation politique. Après la colonisation allemande jusqu’à la première guerre mondiale, puis sous procuration de la France (sous colonisation et mandat français par le traité de Versailles de 1919, puis sous la double tutelle successive de la Société des Nations, puis de l’ONU (1921 et 1956), le Togo a connu sa première existence autonome sous forme de République le 24 août 1956, ce qui l’a conduit, non sans luttes, vers l’indépendance du 27 avril 1960 3. Toutefois, dans le cadre de conventions franco-togolaises et d’accords de défense et monétaires secrets, la France avait conservé sa compétence sur la monnaie, la défense et la diplomatie. Autrement dit, la France a conservé ce qui fonde l’indépendance de l’Etat togolais. La polémique sur la sortie de la France de l’administration du Franc CFA n’est pas une vue de l’esprit. Il s’agit d’un leurre colonial qui « transforme les pays qui l’utilise en pays insulaire par rapport au reste du continent africain 4 ».

La seule véritable parenthèse démocratique du Togo aura duré 33 mois, sous l’égide du seul Président élu démocratiquement à ce jour, Dr. Sylvanus Olympio, premier Président d’un pays africain ayant accédé à l’indépendance et assassiné lâchement le 13 janvier 1963. Durant cette période cinq partis dominaient la vie politique du Togo, le Comité de l’unité togolaise (CUT) qui exerçait le pouvoir avec son allié la JUVENTO, le Parti togolais du progrès (PTP) et l’Union des chefs et populations du Nord (UCPN) qui fusionnèrent en 1959 pour devenir l’Union démocratique des populations togolaises (UDPT), et le Mouvement populaire togolais.

Le Togo connait ensuite une période de 4 ans marquée par une lutte entre ceux qui ont choisi de rester dans le giron de « l’influence française » et ceux qui souhaitaient s’en affranchir. Cette lutte s’est soldée par la prise de pouvoir des militaires le 13 janvier 1967 avec l’instauration du règne ésotérique, militaire et civil du système Gnassingbé. Après la dissolution de tous les partis politiques par décret du 13 mai 1967, le Togo va vivre 24 ans sous le règne du Parti unique, le Rassemblement du peuple togolais (RPT) créé à Kpalimé en novembre 1969, par Etienne Eyadéma Gnassingbé. Le parti unique sera même institutionnalisé par la Constitution du 9 janvier 1980. Il faudra attendre le 12 avril 1991, pour que le multipartisme soit légalement restauré, sous la pression Populaire qui aboutira à la Conférence nationale souveraine du 8 Juillet au 28 août 1991. Ce n’est que contraint et forcé par la vox populi que le père a endossé les habits de la démocratie pour aussitôt en usurper subtilement les attributs. Le fils Faure Gnassingbé, tout aussi subtilement, s’est érigé en fidèle continuateur du système du père. Tous deux ont subtilement choisi de ne plus contester la démocratie, mais d’en usurper les attributs.

Le bilan aurait pu être moins accablant si certains n’avaient pas préféré jouer au jeu de la démocratie de façade.

Mais, une partie importante des élites togolaises, certaines décédées, d’autres en vie, ont choisi la voie dite de la « paix », non sans l’appui des religieux de tous bords (animisme, christianisme, islam, etc.) qui ont systématiquement conservé le Peuple dans l’ignorance en neutralisant sa capacité à développer sa propre culture de combat 5. Leur responsabilité est immense.

Entre 1967 et 2020, 53 ans se sont évanouis dans les limbes d’une fausse-démocratie pour offrir un 4e mandat présidentiel 2020-2025 à Faure Gnassingbé, un citoyen rejeté par la grande majorité du Peuple togolais. En effet, le 27 avril 2020 sera marqué dans l’histoire par la célébration non pas de l’indépendance du Togo, mais bien du refus du système politique des Gnassingbé, en l’espèce Faure Gnassingbé et ses militaires, de rendre des comptes publics aux populations togolaises. En interne, le poids de la famille Gnassingbé sur les pouvoirs de plus en plus éclatés des forces militarisées soutenant le pouvoir s’est amoindri. Cette famille se trouve piégée par une sorte de diktat des différents chefs militarisés, amnésiques de tout ce qui se rapporte aux droits humains et aux droits des Peuples.

Aussi, l’arrivée du Coronavirus COVID-19 6 pourrait être comprise comme une suspension du temps pour permettre une réflexion approfondie sur les 60 ans de dépendance du Togo vis-à-vis de partenaires invisibles, mais bien présents, à l’instar du coronavirus, qui empêchent d’apporter un mieux-être au Peuple togolais. Alors, peut-être que le Coronavirus a une mission particulière au sein du système Gnassingbé. Le bilan devra être fait pour savoir si le COVID-19 a permis de faire avancer le Togo vers le retour de sa liberté de choisir ses dirigeants ou pas.

3. Une neutralité coupable 7 de la France dans le 4e mandat de Faure Gnassingbé ?

Avec l’appui des puissances extérieures de plus en plus discrètes mais toujours très actives au cours des 60 ans d’Ablodè dits d’indépendance, le Togo est passé de son indépendance juridique proclamée le 27 avril 1960 à une succession de gouvernance de la falsification de la vérité des urnes, où l’abus de pouvoir, l’abus de la violence et l’abus de droit font office de légalité.

Il suffit d’ailleurs que les dirigeants politiques des Etats africains ou internationaux se drapent dans une forme moderne de « neutralité coupable » pour qu’automatiquement, la contre-vérité des urnes s’enrichisse d’un doux duvet appelé « légitimité ». La France qui aurait officiellement enterré la Françafrique 8, ne serait pas innocente dans ce processus, au point de faciliter le musèlement par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) 9 de certains médias togolais accusés d’affirmation sans preuves dans leurs colonnes.

Le problème est que la France officielle ne change sa position en faveur des Peuples africains que lorsqu’elle est acculée face à ses contradictions suite à des contrats d’armements ou d’appui à la sécurité ou lorsque les Peuples décident de prendre leurs affaires en main sans se préoccuper de son avis. Le cas de la Tunisie est le plus emblématique. Sinon elle ne prend position qu’en fonction de ses intérêts. Le cas de la Côte d’Ivoire où le recomptage des bulletins de vote a été refusé au profit du bombardement d’une Présidence ; ou encore le cas du Gabon où le candidat de l’opposition a été lâché au profit du maintien du statu quo. Aussi, face à ces quelques exemples, le Peuple togolais devrait être très prudent quant à croire qu’un appui viendrait de l’extérieur.

Les Nations Unies, les organisations régionales européennes ou africaines sont au diapason avec les gouvernements nationaux qui les financent, sans compter les liens ésotériques. Aussi, le Peuple togolais doit apprendre que l’indépendance est une conjonction de la détermination des élites à organiser un Peuple conscient de son indépendance et souhaite le préserver. Toute compromission cachée sous des apparences de compromis finissent par mener à des impasses. Faut-il rappeler les organisations sous-régionales africaines comme la Communauté économique et de développement des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui ont systématiquement failli, en particulier au Togo, dans l’offre de solutions qui se sont révélées faussement inclusives au détriment de l’intérêt des populations togolaises ? Des aveugles ? Non ! De l’incompétence ? Sûrement pas ! Des Liens ésotériques et économiques qui pour préserver quelques intérêts particuliers empêchent que l’on puisse voir la vérité en face, comme l’absence de vérité des urnes au Togo ? Assurément !

4. L’Indépendance des Gnassingbé vis-à-vis du Peuple Togolais Victime

La victime est et demeure le Peuple togolais. Surtout lorsque l’armée clanique togolaise, ignorant des droits humains, n’a que faire de se retrouver un jour devant un tribunal pour non-respect de la Charte Africaine des Droits Humains et de Peuples (CADHP), voire pour crimes contre l’humanité. Par exemple quand elle cache ses abus de violence derrière le couvre-feu à durée indéterminée imposé du fait du Coronavirus.

Pourtant, les responsables togolais devront se préparer à venir rendre des comptes devant une juridiction indépendante, que ce soit sur le sol africain, ou ailleurs à l’international, puisqu’au Togo, toute tentative pour obtenir justice est systématiquement neutralisée et vouée à l’échec… Avec la non-séparation des pouvoir entre l’exécutif et le judiciaire, c’est le chantage, le kidnapping, la condamnation abusive, l’emprisonnement, la disparition de pièces à conviction, les avocats alimentaires, les bastonnades, les assassinats qui sont le droit commun. Et tout cela constitue l’artillerie dont use et abuse le système politique Gnassingbé, juste pour se maintenir au pouvoir ! Quel déni d’indépendance !!!

Le Peuple doit retrouver une nouvelle indépendance, cela passe par une condamnation de l’Etat togolais pour avoir empêché la souveraineté du Peuple togolais de s’exprimer et le respect de ses droits humains élémentaires.

Si l’ancienne puissance coloniale se décline de plus en plus sous forme de la loi insoutenable de certaines multinationales privées opérant au Togo, il faut de plus en plus prendre conscience d’entreprises ou d’Etats africains qui utilisent le Togo comme une « Suisse de l’Afrique ». Il faut comprendre un centre d’excellence pour le blanchiment et le recyclage de l’argent sale. Paradoxalement, il arrive que des confréries religieuses voire des congrégations ecclésiastiques ou ésotériques deviennent complices de ce genre d’opérations et osent même rendre Dieu responsable de cette forfaiture.

Non, décidément, le Togo n’est pas indépendant.

Alors, l’Etat légalisé par une Cour constitutionnelle illégale et anticonstitutionnelle au Togo a choisi de laisser toute liberté à Faure Gnassingbé de choisir sa date d’investiture malgré le confinement imposé par le COVID-19. Tout cela pour acquérir, – acheter diront certains – une légitimité auprès d’une communauté africaine et internationale qui se fout éperdument de la vérité des urnes et du droit souverain du Peuple togolais de choisir ses dirigeants. Mais de quelle légitimité s’agit-il ? Celle d’une minorité, femmes comme hommes, qui défendent leurs intérêts bien compris aux dépens du Peuple togolais ? Assurément !!!

Faure Gnassingbé a donc en digne héritier de son père, allumé ce 27 avril 2020, la flamme du feu qui devrait tôt ou tard sanctifier le sol togolais. Il a cru sanctifier l’indépendance des Gnassingbé vis-à-vis du peuple togolais victime. Une erreur ? L’avenir nous le dira. La démocratie « apaisée » d’antan, risque de devenir la « démocratie inclusive et conviviale » … Une « fake démocratie », une fausse démocratie s’entend !

Mais à quel prix ? Celui de la dépendance de tout un Peuple et de sa Diaspora, citoyens de seconde zone, qui n’est toujours pas recensée et n’a pas de droit de vote ? Le peuple togolais ne pourra pas laisser cette descente en enfer s’opérer sans réagir, avec ou sans COVID-19. Alors, attention à l’utilisation abusive de l’achat des consciences de plus en plus institutionnalisé et s’opérant à huis clos…

5. Légitimité sous Covid-19

La légitimité au Togo s’acquiert principalement par le recours abusif à l’achat des consciences. Au niveau des Etats, obtenir une légitimité revient à accepter de s’aligner sur la défense des intérêts bien compris de puissances publiques et privées extérieures. Il va de soi que ceci n’est possible que si à l’intérieur du territoire national, le système sécuritaire est détourné de sa fonction première de protection des populations et de garantie de la démocratie vers la protection prioritaire et unilatérale de ceux qui sont au pouvoir, le clan et système Gnassingbé. C’est cela que soutient le Groupe des pays occidentaux et africains présent au Togo qui après avoir envoyé des messages de félicitations se prépare à avaliser le coup de force constitutionnel que constitue le 4e mandat présidentiel qui devrait, Inch Allah, démarrer le 4 mai 2020. Le coronavirus a peut-être empêché le Peuple togolais et sa Diaspora de manifester sa désapprobation et sa condamnation de la légalité de la contre-vérité des urnes dans la rue. Mais le coronavirus pourrait, paradoxalement se retrouver être un allié de taille de ce Peuple.

Le système Gnassingbé a usurpé la démocratie au Togo. Ce système politique a profité de la candeur du Peuple togolais avec la signature reniée et les engagements non tenus du RPT/UNIR, malgré les promesses sans cesse renouvelées depuis l’accord politique global faussement inclusif du 20 août 2006.

Dès lors que la pauvreté, la peur, les menaces et en définitive l’absence de consensus intelligent entre les figures de l’opposition finissent par être éclipsés par l’achat des consciences, l’indépendance du Peuple togolais est en danger. L’affirmation selon laquelle « personne ne peut acheter la voix des électeurs indépendants » demeure vraie. Ce qui pose problème est qu’au Togo, il est difficile d’être indépendant dans des conditions de menaces permanentes, y compris celle nouvelle du COVID-19.

Malheureusement, « Les sacs de riz « FAURE » et l’argent distribué, décliné sous toutes les formes possibles de compromissions et de dialogues de légitimation du statu quo », déterminent encore trop souvent le choix de certains électeurs togolais, mais aussi de dirigeants de partis politiques… Aussi, une troisième voie devra s’imposer par la force des choses… une voie indépendante 10.

La réalité est qu’il y a eu un formidable quiproquo institutionnalisé tant par le pouvoir que l’opposition qui a accepté de participer aux élections. La confusion entretenue depuis l’avènement des Gnassingbé au pouvoir en 1967 a consisté à confondre allègrement « élection » et « accession au pouvoir ». Pour la énième fois consécutive, une partie de l’opposition togolaise vient de faire l’amère expérience de la contrevérité des urnes où celui est censé avoir gagné ne peut accéder au pouvoir, ni dans la paix, ni par la force, car l’armée non républicaine et clanique se fait assister d’une armée privée grassement payée avec l’argent des contribuables togolais.

6. Recommandations de RCDTI et CVU-Togo-Diaspora

Le système ésotérique, militaire et civil des Gnassingbé a réussi entre 1967 et 2020 à transformer le système de parti unique initial du père en une démocratie représentative de partis politiques trop souvent alimentaires, où le système politique empêche le Peuple d’exercer sa souveraineté par l’intermédiaire d’organes représentatifs indépendants. Ce système a donc organisé l’indépendance des Gnassingbé vis-à-vis du Peuple togolais, ce qui est tout le contraire d’une indépendance dite « Ablodè » et d’une démocratie véritable comme les avaient conçues les pères de l’indépendance togolaise.

Après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 22 février 2020 par une Cour constitutionnelle anticonstitutionnelle du fait de l’absence du Sénat, il n’y a pas eu d’alternance au Togo.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA rappellent que le contentieux post-électoral portant sur le 4e mandat anticonstitutionnel de Faure Gnassingbé ne peut être systématiquement et unilatéralement réglé par l’abus de force et l’abus de droit.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA réitèrent leur demande de soutien financier auprès de tous citoyens, associations, sociétés, institutions, gouvernements ou même organisations bilatérales et internationales 11, dès lors qu’ils sont indépendants du système de Faure Gnassingbé.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA demandent au Peuple togolais de reprendre courage pour s’organiser pour une lutte renouvelée dans le cadre de la troisième voie, celle de la justice, du projet société commun, de la conférence inclusive et d’une période transitoire de pacification du pays avant des élections de la vérité des urnes.

Le 27 avril 2020.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du

Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes de la mouvance présidentielle au Togo.

Comité de Rédaction : RCDTI, CVU-Togo-Diaspora, Sursaut-Togo, Rassemblement National pour la Démocratie et le Panafricanisme (RNDP), Forces du Consensus Démocratique et Partenaires :

Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.
Jean-Pierre Akoété BALIKPO
Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
Mathieu D’ALMEIDA
Koffi DEKU, Ing.
Segnon EGBEKOU
François FABREGAT
Apélété Félix KODJO
Antoine Koffi OKOUTA
Tchatikpi OURO-DJIKPA
Antoine RANDOLPH, Dr.

————-

Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org

Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet de société commun pour l’avenir du Togo en vue d’une transition.

© RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA

Notes:

1. Code de l’indigénat. Université Laval, Canada. Accédé le 27 avril 2020, voir http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/indigenat_code.htm
– Le Code de l’indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c’est en 1887 que le gouvernement français l’imposa à l’ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s’agissait d’un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le « bon ordre colonial », celui-ci étant basé sur l’institutionnalisation de l’inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse « amélioré » de façon à adapter les intérêts des colons aux « réalités du pays ».

2. La conférence de Berlin marqua l’organisation et la collaboration européenne pour le partage et la division de l’Afrique. Elle commença le 15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885. A l’initiative du Chancelier Otto von Bismarck, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Empire ottoman, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège ainsi que les États-Unis y participèrent. Une conférence antérieure fit commencer le débat sur la partition des Congo. La conférence de Berlin aboutit principalement à édicter les règles officielles de colonisation.

3. Tété-Adjalogo, G. T. (2017). Quelques pans cruciaux de l’histoire contemporaine du Togo. Editions l’Harmattan : Paris.

4. Mandilou, D. (2020). La monnaie unique africaine : En finir avec le franc CFA. 12 mars 2020. Edition VA Press : Versailles.

5. Agbobli, A. A. (2002). Le monde et le destin des Africains. Les enjeux mondiaux de puissance. Collection « interdépendance africaine : études africaines. Editions l’Harmattan : Paris.

6. Kananura, P. (2020). Gestion africaine de l’épidémie de coronavirus « COVID-19 ». Institut Mandela. Accédé le 27 avril 2020. Voir https://afrocentricity.info/positions-afrocentriques/gestion-africaine-de-lepidemie-de-coronavirus-covid-19/5805

7. Amaïzo, Y. E. (Sous la Direction) (2008). La neutralité coupable. L’autocensure des Africains, un frein aux alternatives. Avec une préface du Professeur Abel Goumba, et une postface de Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo. Editions Menaibuc : Paris.

8. Pigeaud, F. et Sylla, N. S. (2018). L’arme invisible de la Françafrique. Cahiers libres. La Découverte : Paris.

9. HAAC (2020). Décision n°15/HAAC/P/20 Portant suspension de l’hebdomadaire FRATERNITE, 31 mars 2020. Accédé le 27 avril 2020.Voir https://www.haactogo.tg/?p=5450 ; Décision n°14/HAAC/20/P portant suspension du quotidien privé LIBERTE. Accédé le 27 avril 2020. Voir https://www.haactogo.tg/?p=5437; Décision n°13/HAAC/20/P portant suspension du bihebdomadaire L’Alternative. Accédé le 27 avril 2020. Voir https://www.haactogo.tg/?p=5433

10. Amaïzo, Y. E. (2020). « Existe-t-il une troisième voie au Togo : le Peuple togolais est-il prêt ou résigné ? Interview par Radio Kanal K et Radio Avulete. Journaliste : Sylvain Amos. 22 mars 2020. Accédé le 27 avril 2020. Voir https://cvu-togo-diaspora.org/2020/03/22/existe-t-il-une-troisieme-voie-au-togo-le-peuple-togolais-est-il-pret-ou-resigne/17500

11. Demande de contributions pour financer le Recours Juridique auprès des juridictions de l’Union africaine : Voir https://cvu-togo-diaspora.org/2020/02/13/mobilisation-du-peuple-togolais-pour-des-recours-juridiques-violation-de-la-charte-africaine-des-droits-de-lhomme-et-des-peuples/17408

 

 

27 Avril 2020, 60 ans d’Ablodè ? l’Indépendance des Gnassingbé vis-à-vis du Peuple togolais !

 

Togo : Le silence, le prix à payer

Comme François Boko et Pascal Bodjona, Faure veut réduire AgbéyoméKodjo au silence. La boulimie du pouvoir devient obsessionnelle et maladive chez le prince de PYA. Une thérapie de choc est nécessaire au fils d’Etienne et de Sabine

La boulimie du pouvoir devient obsessionnelle et maladive chez le président de la République, Faure Gnassingbé. Les mots ne sont pas trop forts pour le dire. Nul besoin d’être un homme en blouson blanc chevronné pour établir ce diagnostic.

Depuis 2005, où il est arrivé au pouvoir, avec un air d’innocence, dans un bain de sang des milliers de togolais, le prince héritier de PYA s’emploie, venitenimpotest, à écarter tous ses adversaires politiques. Il ne rate aucune occasion pour démontrer, que son « trône familial » vaut mille fois plus que la vie de tous les Togolais.

Quel que soit votre appartenance politique, opposition ou de son clan politique, vous pouvez tout faire sauf lorgner le pouvoir ou essayer de le raisonner sur la nécessité de garantir la paix et l’alternance dans le pays. Beaucoup en ont fait les frais.

En 2005, pour avoir osé alerter l’opinion sur le danger qui guette le pays en cas de passage en force du régime RPT, après la mort du Général Eyadema Gnassingbé, l’ancien ministre de l’intérieur de l’époque, François Akila Esso-Boko a failli laisser sa peau. Il n’a eu la vie sauve, que parce qu’il s’était plié à la loi du silence imposée par Faure Gnassingbé et la soldatesque de son géniteur.

Plus besoin de rappeler que, deux (02) jours avant les élections d’Avril 2005, l’homme a démissionné de son poste de ministre de l’intérieur, non sans faire part de son inquiétude pour l’avenir de la nation togolaise.

« Il s’en est suivi une série de négociations. Le pouvoir n’avait pas accepté le fait que depuis plusieurs semaines, j’ai quand même tiré sur la sonnette d’alarme en expliquant aux généraux, à la classe politique au pouvoir qu’on ne peut pas continuer d’aller dans ce sens et cela risquait de se terminer en bain de sang. Comme je n’ai pas été suivi, j’ai démissionné », a déclaré en 2010, l’ancien ministre Boko, sur TV5 monde.

Et d’ajouter : « Le pouvoir a pris cela comme une trahison. J’étais donc recherché, des négociations ont eu lieu entre la France l’Allemagne, l’Union européenne et le pouvoir et finalement ils ont accepté que je puisse quitter le territoire contre une résiliation et un silence ».

L’histoire politique récente de notre pays, nous apprend donc que, face à l’entêtement du régime Rpt, maintenu pas un petit clan qui ne veut lâcher le pouvoir pour rien au monde, ce qui devrait arriver arriva en 2005. Des milliers de Togolais ont payé de leurs vies, le prix fort de la conservation du pouvoir.

L’autre victime de Faure Gnassingbé (issue de son propre camp), dans cette obsession du pouvoir, reste sans doute son ancien bras droit, Pascal AkoussoulèlouBodjona. L’ancien ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales a payé les frais de son zèle au côté du président de la République.

Trempé dans une affaire dite d’escroquerie internationale, l’ancien ministre grand format a appris à ses dépens qu’il ne faut être nullement, plus royaliste que le roi Faure Gnassingbé, et que lui seul doit être sous les feux de la rampe. Pire, il ne faut pas être bien vu par ses adversaires politiques.

Après avoir passé plus de 500 jours dans les bagnes de la prison civile de Tsévié, l’ancien porte-parole du gouvernement a été libéré sous le vocable « provisoirement ». Ce qui sous-entend que ce dossier est mis au frigo et qu’il peut être réchauffé à tout moment, au gré de l’humeur de Faure Gnassingbé ou de l’attitude du concerné. Et visiblement, le natif de Kouméa a choisi la voie de la sagesse qui est le silence, que de s’attirer encore les foudres d’une justice à la solde du prince de PYA.

Depuis sa libération provisoire, ce dinosaure politique s’est mué dans un silence sépulcral, alors que face aux derniers déroulements de l’actualité, beaucoup de Togolais auraient aimé entendre son avis. Même ses apparitions lors du dernier dialogue inter-togolais entre la C14 et le pouvoir en 2018, ont été éphémères.

« Le rêve du chien reste dans son ventre », dit l’adage populaire. En tout cas, face au rouleau compresseur que lui-même a contribué à ériger, Pascal Bodjona a préféré payer le prix de la liberté : le silence.

Quid d’Agbéyomé Kodjo et cie

Agbéyomé est le dernier fils de la maison à se « rebeller » et à lorgner le fauteuil monarchique. Mais il se verra appliquer aussi la loi du silence. Elle est d’or, cette loi dans les arcanes du pouvoir Rpt-Unir.

En effet, investi comme candidat de la dynamique Kpodzro pour le scrutin présidentiel du 22 février 2020, l’ancien premier ministre s’est auto-proclamé vainqueur avant les résultats provisoires de la Commission nationale électorale indépendante (CENI) et leurs confirmations par la Cour constitutionnelle.

Dans la foulée, l’homme de Tokpli, a nommé un premier ministre issu de la Diaspora en la personne d’Antoine Nadjombé. Le député a livré également des discours à la nation togolaise sous sa casquette de « président démocratiquement élu).

Le Procureur de la République avait qualifié ses actes « d’une extrême gravité et de nature à troubler indubitablement l’ordre public et à mettre en danger la sécurité publique ».

La levée de l’immunité parlementaire d’AgbéyoméKodjo, par ses collègues de l’Assemblée nationale a pavé le chemin pour la procédure judiciaire mis en branle en son encontre.

Il est arrêté le 21 avril 2020, dans une violence de rare intensité et conduit dans les locaux du Service central des recherches et d’investigations criminelles (SCRIC).

Plusieurs voix se sont élevées pour exiger sa libération et préconiser que cette crise post-électorale soit résolue sur le plan politique.

C’est ainsi qu’après avoir passé trois (03) jours dans les locaux du SCRIC, il est présenté devant le Procureur de la République, avec plusieurs de ses collègues de la dynamique Kpodzro dont son porte-parole, Brigitte Kafui-Adjamagbo et son directeur de campagne, Fulbert Attisso, puis devant le juge d’instruction, qui les a relâchés sous quatre (04) conditions.

Il s’agit notamment pour AgbéyoméKodjo et compagnies, l’obligation de déférer aux différentes convocations des juges aussitôt qu’il en sera requis, l’interdiction de quitter le territoire sans l’autorisation expresse des juges, l’interdiction de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février et l’interdiction de tous propos, déclarations ou attitudes tendant à remettre en cause et à saper l’ordre constitutionnel et institutionnel existant.

On comprend aisément qu’à travers ces conditions surtout les deux dernières que Faure Gnassingbé et ses sous-fifres de la justice, viennent une fois encore d’imposer leur loi du silence à un adversaire politique devenu trop « gênant ».

Dans la perspective de sa prestation de serment pour un mandat de trop, tout doit être au calme. Aucun chien ne doit aboyer, aucun oiseau ne doit roucouler.

Nul ne peut donc nous reprocher de pousser le Rubicon trop loin si l’on glose que « la boulimie du pouvoir de Faure Gnassingbé est à son paroxysme et que le fils du général Eyadema se soule de la rançon du silence de ses adversaires politiques ».

En somme, Faure Gnassingbé, le fils d’Etienne et de Sabine, mérite véritablement, une thérapie de choc pour comprendre que le pouvoir n’est pas une fin en soi et qu’il y a une vie après la présidence.

Source : Le Panafricain N° 033 du 28 avril 2020

 

 

Togo : Le silence, le prix à payer

 

Togo : Gangstérisme d’Etat chez Agbéyomé Kodjo, Jamais deux sans trois

A l’heure où l’humanité entière retient son souffle et se tient la tête à deux mains pour cause de Covid19, la préoccupation majeure des gouvernants togolais semble consister à solder le lourd passif de l’élection présidentielle du 22 Février dernier avec l’arrestation et l’incarcération du candidat à qui le laboratoire à fraude a attribué la deuxième position, Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. En effet, la majorité des pays ont mis leurs différends politiques en sourdine et mobilisent toutes leurs ressources et énergies à la lutte contre la grave pandémie qui menace sérieusement le monde entier. Dans des zones de conflit, des cessez-le feu sont décrétés unilatéralement ou de façon consensuelle pour faire face au Coronavirus, des événements de portée mondiale ou internationale sont annulés ou reportés.

Au Togo, le gouvernement a pris la mesure de la situation et a édicté des règles de sécurité sanitaires. Certes, on déplore des décès mais à moins d’une possible manipulation de la réalité, le nombre de décès officiellement déclarés, 05 précisément, montre que l’infection n’est pas à si grand échelle comparativement à d’autres pays du continent qui sont plus mal lotis que nous. Afin de venir en aide et de porter assistance aux plus démunis, un programme de solidarité est même mis en place afin de permettre aux Togolais de ne pas trop ployer sous les mesures de restriction qui perturbent leurs principales activités.

Ainsi, lune catégorie de Togolais devront percevoir durant trois mois une allocation du gouvernement pour les besoins de première nécessité. Paradoxalement, au moment d’avoir en ligne de mire la précarité des couches sociales les plus défavorisées de notre société, le pouvoir de Lomé prend un malsain plaisir à exacerber une situation qui prévaut depuis les lendemains du scrutin présidentiel du 22 Février. Il n’est un secret pour personne que le candidat Agbéyomé arrivé second conteste les résultats proclamés par la CENI et la Cour constitutionnelle et se déclare vainqueur de l’élection. Sur et dans les médias, il réclame sa victoire que le camp d’en face lui a volée. Il a animé des conférences de presse pour clamer haut et fort sa victoire et la machination que l’on est en train d’ourdir contre lui. Depuis son dépôt de candidature jusqu’à la tenue du scrutin en passant par la campagne, il est soutenu par l’ancien archevêque de Lomé, Philippe Fanouko Kpodzro qui, après l’avoir aperçu dans le miroir du saint esprit, n’épargne aucune énergie pour le soutenir et l’accompagner même dans l’état de siège de sa résidence. Une procédure de levée de l’immunité parlementaire, il est député en exercice à l’Assemblée nationale et ancien président de l’institution. Le fait que le candidat de la dynamique Kpodjro soit un des députés du parlement monocolore suffisait pour le discréditer si on sait le débat qui a précédé la mise ne place d’un tel parlement, mais la personnalité du prélat fait vite oublier certains pans de l’histoire de l’ancien premier ministre. Le régime de Faure Gnassingbé veut, à tout prix, clouer le bec à Agbéyomé contre la volonté populaire et le réduire définitivement au silence. Pour se faire, une première convocation émise par la gendarmerie nationale lui a été adressée à laquelle il n’a pas daigné répondre pour motif de santé.

Une deuxième lui est alors adressée pour comparution le 09 Avril dernier, même résultat. Le 17 Avril, une armada, s’est rendue au domicile d’Agbéyomé pour lui présenter une 3ème et ultime invitation selon laquelle il devra se présenter au Service central de recherches et d’investigations criminelles de la gendarmerie le mardi 21 Avril 2020 à 09h00. Pourquoi en ces temps de crise sanitaire, le régime s’acharne-t-il tant contre un adversaire ? N’a-t-il pas d’autres priorités en cette période d’incertitudes et d’angoisse ? Ce qu’on peut qualifier d’acharnement inutile et puéril du gouvernement contre l’ancien président de l’Assemblée et ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo laisse dubitatif et perplexe. Cela n’a aucun sens et aucune portée tant politique que judiciaire. Sur le plan politique, Agbéyomé Kodjo est un candidat tout comme les autres à l’élection présidentielle du 22 Février.

En s’acharnant contre Agbeyomé, le régime croit compter sur son talon d’Achille. Le Talon d’Achille du candidat élu de la dynamique Kpodjro est qu’il ne dispose pas de base populaire, il est élu sous l’ombre d’un prélat qui jouit d’une assise catholique. Il a été élu, mais ceux qui l’ont élu ne sont pas prêts à s’afficher dans la rue pour lui, encore faut-il que lui-même ait une stratégie pour mettre son électorat à profit pour arracher sa victoire. Inutile de rappeler que des que les premières menaces ont commencé par peser sur lui, il n’a pas hésité à déclarer que lui il n’a pas envoyé les jeunes dans la rue. Pour l’autorité togolaise, sont en train de fabriquer Agbéyomé politiquement, car l’ennemi de mon ennemi étant mon ami, Agbéyomé peut jouir de la sympathie des populations malgré son passé encombré de casseroles voir de cuisines. Inutile de rappeler que c’est la peur phobique du RPT face à Gilchrist qui a fait de ce dernier ce qu’il n’était en réalité pas, un grand homme politique. Sur le plan judiciaire, n’eut été le fait que la particularité des candidats du saint esprit est de se faire élire sans réelle base électorale, on aurait pu craindre que s’en prendre à Agbéyomé d’une manière ou d’une autre serait la goutte qui ferait déborder le vase ou constituerait le détonateur d’une explosion qui couve depuis la proclamation des résultats définitifs du scrutin par la Cour constitutionnelle. N’empêche, les militants et sympathisants de l’opposition qui ont une soif inextinguible de changement en font un héros que la dictature ne peut s’empêcher de réduire au silence.

Ainsi, après un long chantage judiciaire, le fils de Tokpli a frôlé la prison avant d’être libéré sous 4 conditions qui mettent fin à l’odyssée de la dynamique de Kpodjro : obligation de répondre aux éventuelles convocation des sorciers du droit, interdiction de quitter le territoire togolais, surtout, interdiction de faire toute déclaration tendant à remettre en cause les résultats du dernier scrutin présidentiel, et enfin interdiction de tout propos déclaration tendant à remettre en cause l’ordre établi. C’est sous promesse de respecter ces conditions que le président démocratiquement élu est revenu à la maison. Il est arrêté de la façon la plus rocambolesque et la dictature sait si bien le faire. De l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé au saccage du domicile de Tikpi Atchadam en son absence pour revenir à ce qui vient de se produire chez Agbéyomé lors de son arrestation musclée le 21 avril dernier, on peut vraiment dire qu’il n’a jamais deux sans trois. Après lui, toute une série de convocations sont envoyées aux proches parents de sa vision politique. L’archevêque n’a pas pu échapper à l’interrogatoire musclé sur fond de torture morale au SCRIC.

Si on sait que Faure n’écoute aucun conseiller et que le sort de l’ancien PM ne relève que de son humeur, il faut reconnaître que la destination à donner à l’homme de Tokpli a tellement divisé le cercle quand bien même tous sont d’accord que Kodjo l’héritier d’Eyadema doit trouver une formule pour clouer le bec à Kodjo le dauphin d’Eyadema. Ce qui fut fait, du coup, ceux qui ont refusé de voir la réalité en face en croyant qu’il est possible de détrôner la dictature togolaise par les urnes ont leurs yeux pour pleurer. Agbéyomé Kodjo est devenu du ‘’has been’’, le saint esprit n’a pas pu être assez saint pour produire le miracle attendu, il faut bien penser à autre chose car la dictature reste intacte.

Lakdhar

Source : Le Rendez-vous No.349 du 28 avril 2020

 

 

Togo : Gangstérisme d’Etat chez Agbéyomé Kodjo, Jamais deux sans trois

 

Agbéyomé Kodjo n’a pas négocié sa remise en liberté, dixit Me Darius Atsoo

Depuis la libération d’Agbéyomé Kodjo, des informations sur les réseaux indiquent qu'il a négocié sa remise en liberté. Selon ces rumeurs, il aurait signé une reconnaissance de la victoire de Faure Gnassingbé. Une information que son avocat principal, Me Darius Atsoo a démenti lors d’une récente intervention sur la question.

« Les conditions dont est assortie la remise en liberté de notre client n’ont pas été négociées (…) En réalité, les conditions relèvent de la seule décision du juge instructeur. Vous comprenez lesdites conditions ne peuvent pas être la contrepartie d’aucune offre de notre client », a indiqué l'avocat d'Agbéyomé Kodjo.

Même si l’avocat qualifie d’« extrêmement dures », les conditions de contrôle judiciaire de son client (Agbéyomé Kodjo), il regrette qu’il soit contraint de les respecter.

En considérant le statut d’Agbéyomé Kodjo, son principal avocat confie : « Il nous semble que la condition qui lui interdit de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel, est une grave atteinte à sa liberté d’expression et sa liberté d’exercer un engagement politique ».

Le collectif d’avocats de l'ancien Premier ministre a appelé à un procès rapide contre les conditions du contrôle judiciaire. Relativement à cet appel, Me Darius Atsoo a laissé entendre que l’article 19 de la constitution togolaise a consacré le droit de toute personne en toute matière à ce que sa cause soit entendue et tranchée équitablement dans un délai raisonnable par une juridiction indépendante et impartiale.

Pour lui, « il est évident que les conditions du contrôle judiciaire auxquelles notre client est astreint, ne lui permettent pas d’exprimer sa liberté d’engagement politique, ce qui est une atteinte grave à sa liberté fondamentale d’expression ».

Et d’ajouter : « En tout état de cause, nous serons vigilants sur l’attitude du juge en ce qui concerne son contrôle de la mise en œuvre de ces conditions ».

 

 

Agbéyomé Kodjo n’a pas négocié sa remise en liberté, dixit Me Darius Atsoo

 

Covid-19 : La CDPA relève une gestion catastrophique de la crise sanitaire

Manque de matériels de protection pour le personnel soignant, insuffisance d'information au niveau des populations dans les coins reculés, bavures policières et militaires, avec des blessés et des morts, etc., la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) dresse un bilan catastrophique de la gestion de la crise sanitaire au Togo. Le parti de Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson appelle le gouvernement à repenser la lutte.

COMMUNIQUE DE LA CDPA
relatif à la gestion de la riposte de la pandémie à Covid 19

Depuis le 5 mars 2020, le Togo a enregistré et signalé son premier cas de Covid 19 entrant ainsi dans la longue liste des pays et territoires frappés par la pandémie. Pour gérer cette situation une urgence sanitaire a été décrétée avec une panoplie de mesures qui pour certaines, sont destinées à régler des problèmes politiques. Il en est ainsi du couvre-feu instauré depuis le 2 avril 2020 pour une durée indéterminée, qui à ce jour, selon les nombreuses informations, photos et vidéos sur les réseaux sociaux, a permis aux forces de défense et de sécurité de tuer de paisibles citoyens ou pour les plus chanceux d’être gravement blessés avec possiblement de graves séquelles. Ces malheureux dont la route a croisé celle des forces de défense étaient sortis tout simplement pour satisfaire leurs besoins physiologiques car dans leurs maisons il n’y a pas de toilette à Lomé, capitale du Togo en ce 21e siècle.

Par ailleurs, nous observons en journée, des forces de défense et de sécurité munies de cordelettes qu’elles utilisent pour tabasser les personnes surtout sur les motos et qui ne portent pas de masques sans que jamais il n’ait été décrété, le port obligatoire de masque dans le pays.

Sur l’aspect sanitaire de la gestion de la riposte du Covid 19, il y a un cafouillage monstre doublé d’un manque de transparence et une communication hasardeuse alimentant des rumeurs qui font que la population ne croit pas en la parole publique, d’où la panique et la méfiance.

Le 25 avril 2020, le Gouvernement dans son rapport de situation n°39 du 18 avril 2020, a annoncé 747 cas suspects, 54 cas probables cliniques et 808 cas contacts, 96 cas confirmés, dont un bébé de 28 jours et 06 décès. Au regard des mesures prises, nous observons chaque jour sur les médias publics un défilé des autorités togolaises, qui malheureusement n’informent pas sur l’essentiel à savoir : Quelle est la progression de la pandémie ? Quel est le nombre et état réels des patients hospitalisés ? Quelle est la disponibilité des différents matériels de protection ? Quelle est l’évolution du dépistage et des soins ; quelles sont les structures sanitaires équipés pour faire les tris des patients à l’accueil aux urgences ? Comment les services sanitaires fonctionnent-ils pendant la quarantaine ou l’hospitalisation en cas de confirmation ? Comment sont formés les soignants et comment sont-ils protégés ? quelle est la situation financière, notamment l’origine des 2 678 070 375 francs cfa qui alimentent le fonds Novissi, des précisions sur les 460.059 bénéficiaires au 17 avril 2020 ?

Ainsi, le 15 avril 2020, deux patientes hospitalisées dans le service de pneumologie du CHU Sylvanus Olympio, après être passées par le service des urgences médicales cinq jours auparavant, étaient en fait porteuses du Covid 19 sans que personne ne s’en rende compte et ignorant tout de leurs parcours. 2 Cette situation a entrainé la mise en quarantaine de plus de 40 soignants (médecins en spécialisation, internes, infirmiers, garde malades) qui viennent s’ajouter aux cas confirmés. La même situation a été vécue à l’hôpital de Bè dans la même semaine où avaient été admis le bébé de 28 jours décédé depuis, et sa maman, tous Covid 19 positifs ; ici c’est environ une quinzaine de soignants qui ont été mis en quarantaine. Ce qui rend indisponible pendant 40 jours plus d’une cinquantaine de soignants, en ce moment où les togolais ont le plus besoin d’eux et dans ce pays qui souffre déjà d’un manque de personnel hospitaliser.

Cette situation nous alerte sur quelques éléments de la communication officielle sur lesquels nous nous interrogeons :

- le troisième décès signalé le 3 avril 2020 n’était pas répertorié puisque selon le site d’information officiel du Gouvernement, « il s’agit d’un homme de 41 ans … ambulant de profession … souffrant depuis le 30 mars. Face à la complication de son état de santé, un test de dépistage de la Covid 19 a été effectué et s’est révélé positif » ;

- aucune précision sur l’origine probable de la contamination n’est donnée pour deux des trois nouveaux cas confirmés du 05 avril 2020 : une femme de 28 ans et un homme de 37 ans, tous togolais et résidant à Lomé ;

- aucune précision sur l’origine probable de la contamination n’est donnée pour le seul patient testé positif le 13 avril 2020 ni même son âge et son lieu de résidence ;

- sur les six nouveaux cas identifiés le 25 avril 2020, quatre sont des cas suspects (rappel : 747 cas suspects le 18 avril 2020) ;

- Au 25 avril 2020, il est annoncé 5 584 tests de dépistage effectués : que recouvre ce chiffre ? Combien de personnes ont été testées effectivement et qui sont-elles, puisqu’une personne peut être testée 2, 3 ou 4 fois.

La situation vécue au CHU Sylvanus Olympio nous apprend également que le personnel soignant n’est pas suffisamment protégé car il manque des équipements de protection individuels (EPI). Si ces informations sont avérées, où sont alors passés tous ces matériels offerts par de généreux donateurs (OMS, Jack Ma), réceptionnés et exhibés ? Où sont passés ceux que l’Etat annonce avoir acquis ?

Au-delà, nous nous demandons comment les masques et les gants chirurgicaux qui malgré leurs prix très élevés, sont inexistants en pharmacie mais se retrouvent en vente libre dans la rue ?

Alors qu’une cinquantaine du personnel de deux formations sanitaires est en mis en quarantaine, c’est ce moment que le gouvernement choisit pour renvoyer 34 paramédicaux du CHR Lomé commune pour les remplacer par des infirmiers militaires :

- Comment ces nouvelles recrues sont formées pour qu’elles soient directement opérationnelles afin d’être efficaces pour le service pour lequel elles sont appelées et surtout ne pas se contaminer eux-mêmes devenant un danger pour leurs proches et un vecteur de propagation du Covid 19?

- Pourquoi cette militarisation à outrance du secteur de la santé (Force anti pandémie de 5.000 personnes commettant diverses exactions, les CHU Sylvanus Olympio et Campus, le CHR Lomé Commune, le Coordonnateur de la cellule nationale de riposte de la pandémie et l’adjoint au 3 responsable du centre de prise en charge des patients Covid 19 du CHR Lomé Commune sont tous des militaires !) ?

Au regard de tout ce qui précède, la CDPA dénonce et condamne avec la plus grande fermeté :

- la militarisation excessive du pays et particulièrement celle du secteur de la santé ;

- les tueries et les bastonnades des paisibles citoyens ;

- le limogeage du personnel soignant du CHR Lomé Commune.

La CDPA présente ses sincères condoléances aux familles en deuil à cause du Covid 19 et de la barbarie soldatesque. Elle souhaite prompt rétablissement aux personnes testées positives et mises en quarantaine, et aux blessés suite aux brutalités policières. Elle invite les compatriotes à respecter scrupuleusement les mesures barrières qui sauvent la vie face à cette pandémie et à se mettre à l’abris de l’arbitraire d’un couvre-feu, qui loin de nous protéger, nous enlève la vie.

La CDPA exige :

- l’ouverture d’enquêtes impartiales pour faire la lumière sur les crimes et bavures des forces de défense et de sécurité et la traduction devant des tribunaux indépendants, les auteurs et commanditaires de ces actes cruels, inhumains et dégradants ;

- un visage plus humain et plus de professionnalisme dans la gestion du couvre-feu qui se révèle aussi mortel que la maladie qu’il est censé combattre ;

- l’arrêt des exactions des forces de défense et de sécurité sur la population pendant le couvre-feu de même que leur brutalité dans la journée quand les gens sont sans masque (non encore rendu obligatoire) ;

- un compte rendu quotidien de la situation de la pandémie fait par le Secrétaire général du ministère de la santé et de l’hygiène publique et/ou le Coordonnateur de la cellule de riposte ;

- la réintégration à leurs postes des soignants limogés ;

- la mise à disposition de tout le personnel soignant dans toutes les structures sanitaires du pays, des éléments de protection individuels de qualité et en quantité suffisante car il ne sert à rien de décréter le port obligatoire de masques pour le personnel soignant sans qu’ils n’en disposent réellement ;

- l’homologation des masques artisanaux que porte majoritairement la population afin d’éviter sa contamination malgré leurs port.

Au moment où notre pays célèbre, dans la douleur, les soixante ans de notre indépendance confisquée par les forces conservatrices, la CDPA invite les togolais au courage et à l’endurance.

Nous n’avons pas le droit de baisser les bras !
La patrie en danger nous l’ordonne !
Ensemble nous vaincrons !

La secrétaire Générale

B. K. ADJAMAGBO JOHNSON

 

 

Covid-19 : La CDPA relève une gestion catastrophique de la crise sanitaire

 

Présidentielle 2020/Mgr Kpodzro persiste et signe : Agbéyomé Kodjo est le vrai vainqueur

L’archevêque Emérite de Lomé, Mgr Kpodzro, hausse à nouveau le ton. Les poursuites judiciaires en cours contre son protégé Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo et ses proches n’enchantent pas le prélat. Il exige l’abandon de ces poursuites et réclame la vérité des urnes.

Tout porte à croire que la situation malencontreuse que traverse la dynamique Kpodzro est loin de dissuader le prélat en ce qui concerne la quête de la vérité des urnes, surtout celle du scrutin présidentiel du 22 février dernier.

« Nous allons continuer à clamer notre victoire jusqu’à pleine récupération du pouvoir. UNIR n’a encore rien compris. Il ne s’agit pas de la victoire d’Agbéyomé Kodjo, mais plutôt de la victoire de Dieu sur les forces du mal », a indiqué Mgr Kpodzro ce mardi.

Et de poursuivre : « J’affirme sans ambages que les restrictions auxquelles ont été soumis les membres de la Coordination sont nulles et non avenues ».

Selon lui, les interdictions requises contre Agbéyomé Kodjo et ses collaborateurs sous contrôle judiciaire, et d'autres membres de la dynamique relèvent d’une persécution engagée par le régime en place.

L’archevêque Emérite de Lomé a par ailleurs invité les responsables de la CENI et de la Cour Constitutionnelle à faire « des aveux publics visant à restituer la vérité des urnes » dans le cadre de l’élection présidentielle du 22 février dernier.

Car, a-t-il prévenu, ces derniers courent le risque d’une malédiction.

Nicolas K

 

 

Présidentielle 2020/Mgr Kpodzro persiste et signe : Agbéyomé Kodjo est le vrai vainqueur

 

Togo Debout exige une concrétisation des prémices de la transition politique

Même en pleine crise sanitaire, TogoDebout ne perd pas de vue l’objectif de la lutte pour la libération du Togo. Dans le cadre des 60 ans d’indépendance du Togo, cette organisation de la société civile exhorte les acteurs politiques et de la société civile à une transcendance personnelle et générale afin de concrétiser l’alternance au sommet de l’Etat.

Après 60 années d’indépendance, le mouvement estime que les circonstances politiques actuelles « montrent que l’enjeu n’est pas de créer une autre opposition, mais d’empêcher qu'elle ne se dissolve », lit-on dans un communiqué de TogoDebout en date du 27 avril 2020.

Pour l’organisation, il ne s’agit pas d’imposer l’unicité d’action, mais plutôt d’éviter les réactionnaires. Selon elle, « ne pas comprendre cela, c’est ignorer la nature perfide de la dictature des Gnassingbé ou opter, en toute conscience, pour la stratégie de la collaboration ».

A l’en croire, la libération du Togo doit passer par de « nouvelles étapes basées sur des règles démocratiques ». « Nous devons rester ouverts, mais déterminés et intransigeants », a indiqué le mouvement.

Le 28 février dernier, l’organisation a suggéré aux forces démocratiques, la mise en place des organes de transition. Relativement à cette requête, elle « exhorte chacun des mouvements politiques et tous les acteurs de la société civile à une transcendance personnelle et générale ».

« TogoDebout, porteur de l’ensemble des tendances démocratiques du TOGO, exige une concrétisation dans les jours à venir, des prémices de la transition et une feuille de route exhaustive inclusive, qui engage toutes les composantes de la nation », a ajouté le communiqué.

 

 

Togo Debout exige une concrétisation des prémices de la transition politique

 

Couvre-feu et bavures policières : Yaovi Okpaoul n'est plus commandant de la Force anti-pandémie

Le Lt-Colonel Yaovi Okpaoul a été relevé du commandement de la Force Mixte Anti-pandémie Covid-19. C'est ce que renseigne en tout cas un communiqué du gouvernement.

Dans un communiqué ce lundi, le gouvernement togolais a souligné qu’il a été procédé au « changement du commandement de la force anti-pandémie » sans donné plus de détails.

Cette force, composée de 5 milles hommes et femmes de différents corps, a pour mission de veiller au respect du couvre-feu instauré dans le cadre de la crise sanitaire. Malheureusement, elle est sous le feu des critiques depuis quelques semaines.

Cette force est souvent citée dans des violences constatées sur les populations aux heures du couvre-feu. Des violences conduisant parfois à la mort.

« Depuis quelque temps, nous avons enregistré des incidents malheureux et graves », précise le gouvernement qui dit avoir ouvert « des enquêtes afin d’élucider de manière complète et indépendante les circonstances de tous les faits évoqués depuis la mise en place de la force anti-pandémie ».

Pour le moment, le nom du nouveau commandant n'est pas encore connu.

Rayan Naël

 

 

Couvre-feu et bavures policières : Yaovi Okpaoul n'est plus commandant de la Force anti-pandémie

 

Tout ce que vous devez savoir avant de choisir votre solution de e-commerce

Pour les entreprises, le commerce électronique est devenu un indispensable. Quel que soit votre secteur d’activité, c’est un élément incontournable pour vous développer et toucher le maximum de personnes. Cependant, pour créer une boutique en ligne, il existe tellement de solutions e-commerce sur le marché qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Vous devez non seulement sélectionner parmi les meilleures offres, mais aussi et surtout dénicher celle qui correspond réellement à vos besoins. Pour vous aider, voici quelques critères que vous devez obligatoirement prendre en compte avant de choisir votre plateforme e-commerce.
Votre budget

Le premier élément à considérer est votre budget, parce qu’il y a des frais pour chaque option. Prenez le temps de bien noter tous ces frais et d’identifier ensuite la somme maximale que vous serez prêt à investir dans la boutique en ligne. Il faut prévoir l’hébergement, la sécurité, le nom de domaine, les frais pour les transactions ou encore les coûts fixes d’abonnement pour l’utilisation de la solution e-commerce.

Même si les coûts peuvent parfois paraître élevés, il ne faut pas les prendre en dépenses, mais plutôt comme un investissement. Cela permet de ne pas faire l’erreur d’opter pour la solution la plus accessible au détriment de la qualité, risquant ainsi de créer un site de mauvaise qualité.

Vos produits
Les types de produits que vous vendez peuvent influencer directement le choix d’une plateforme. Si vous n’êtes pas encore fixé, il existe des outils qui vous conseillent les bons produits en dropshipping ou en e-commerce de façon générale. Vous aurez le choix entre des millions de produits à vendre sur votre boutique, incluant des catégories diverses comme la mode masculine ou féminine, la décoration, le sport, etc.

Par ailleurs certaines solutions e-commerce proposent des forfaits qui imposent une quantité limitée de produits à publier. Vous devez veiller à ces paramètres et vous assurer de posséder les fonds nécessaires pour prendre un forfait supérieur si le besoin se fait sentir. La plateforme que vous avez choisie doit aussi avoir la capacité de supporter un grand nombre de produits et permettre d’insérer éventuellement plusieurs variantes.

Les extensions dont vous avez besoin
Votre site web de vente doit être performant. C’est le centre de contrôle à partir duquel vous allez gérer vos différentes activités. Pour cela, veillez à synchroniser tous les outils et logiciels que vous utilisez pour automatiser au mieux les opérations. Si beaucoup de solutions e-commerce supportent des extensions variées, vous devez quand-même faire une liste des logiciels dont vous avez besoin par exemple pour les services d’email marketing ou de livraison, et vérifier si les extensions sont disponibles. Cela est idéal pour une meilleure optimisation et pour une gestion efficace.

Les langues sur votre site internet
Avez-vous besoin de créer un site multilingue ? Si oui, quelles langues seront accessibles sur votre boutique en ligne ? Sur certaines plateformes, l’option est disponible et assez simple d’utilisation, pendant que c’est plus compliqué ailleurs, voire impossible. Quand c’est possible, vous devez également vérifier que la façon dont le site s’affiche en fonction de la langue respecte les conditions nécessaires pour un bon référencement au niveau des moteurs de recherche.

Vos compétences en informatique
Vos compétences en informatique sont un critère à considérer, surtout quand vous devez gérer vous-même votre boutique en ligne. Vous devez choisir des outils avec lesquels vous êtes à l’aise selon vos compétences. Si vous n’avez pas de prérequis, une interface compréhensible et facilement utilisable serait idéale pour vous.
Même si les plateformes possèdent une courbe d’apprentissage normale, il vaut mieux éviter des solutions qui vous demandent de coder régulièrement, d’autant plus si vous êtes novice dans le langage informatique et la programmation. Vous avez besoin dans ce cas d’une solution qui vous propose un fonctionnement global et ergonomique, et s’occupe du côté technique pour vous. Mais si vous êtes un spécialiste du domaine, il est tout à fait conseillé de choisir des solutions plus techniques, car vous aurez plus de liberté.

La personnalisation de votre site
Selon ce que vous proposez, vous aurez besoin de personnaliser ou non votre site internet. Si vous devez par exemple donner des cours en live, offrir un contenu spécial pour vos membres, etc., les fonctions de personnalisation doivent vous donner la possibilité d’agir comme vous le souhaitez sur l’architecture du site et sur les extensions. C’est une question que vous allez vous poser avant de choisir, car beaucoup de solutions e-commerce sur le marché sont vraiment limitées à ce niveau.

Que retenir au final ?
• Pour choisir votre solution e-commerce, vous devez privilégier vos différents besoins tout en respectant votre budget.
• Les conseils peuvent être utiles, mais ne vous basez pas uniquement sur la popularité ou les recommandations.
• La plateforme la moins chère n’est pas forcément la solution la plus rentable.
• Votre commerce en ligne ne doit pas rester longtemps au même niveau ; évaluez donc l’évolutivité que permet la solution que vous choisirez.
• A chaque étape, vous devez considérer les besoins actuels et futurs de votre entreprise.

 

 

Tout ce que vous devez savoir avant de choisir votre solution de e-commerce

 

Togo : Sylvanus Olympio, père de l’Ablodé.

Epiphanio Kwami OLYMPIO naissait le 06 septembre 1902 à Kpando, dans le Togo britannique de l’époque, région annexée au Ghana peu avant son indépendance. Son père, Epiphanio Elpidio OLYMPIO (1873-1968), était un riche commerçant en vivres – tissus et planteur de cocoteraies venu s’installer au Togo, dés l’âge de 19 ans. Ce dernier était né d’une femme yoruba, princesse nigériane d’Abéokuta et de Francisco da Silva OLYMPIO, brésilien et trafiquant d’esclaves établi à Agoué, lui-même fils d’un brésilien d’origine portugaise et d’une amérindienne. La mère de Sylvanus, Fidélia AFE (1862 environ-1967), était une femme d’origine esclave de l’ethnie mamprusi de la région de Dapaong.

1914 : Après ses études primaires à la Mission catholique allemande à…

Lomé, puis à l’école coloniale française Sylvanus OLYMPIO est inscrit à l’Ecole secondaire anglaise, la région de Kpando où il vivait avec ses parents étant située dans le Togo britannique, partie du territoire qui est le produit de la division du Togo entre la France et la Grande Bretagne après la défaite militaire subie par les troupes allemandes dans le pays en 1914, dès les débuts de la première guerre mondiale (1914 à 1918). Togo français et Togo britannique seront deux territoires dont la Société des nations (SDN) va ratifier le partage entre la France et la Grande Bretagne auxquels il confie un mandat d’administration qu’il supervise dans le cadre d’un régime de tutelle.

1920-1927 : Parti à l’âge de 18 ans, Sylvanus OLYMPIO poursuit ses études à Londres (Angleterre) où il obtint la London Matriculation (l’équivalent du baccalauréat français) avant d’entamer un cursus universitaire d’économie politique à la London School of Economics (1922 – 1926) d’où il sort diplômé pour aller poursuivre, ensuite, des études supérieures de droit international à Dijon (France) et à Vienne (Autriche).

1927 : Engagé à la fin de ses études comme employé par la Lever Brothers Company, Sylvanus OLYMPIO y entame une carrière professionnelle à Londres.

1928-1930 : Retour en Afrique où Sylvanus OLYMPIO est affecté d’abord comme adjoint à l’agent général de la compagnie Unilever à Lagos (Nigeria) puis est muté comme chef de la société à Hô (Ghana).

1930 : Il épouse Dina Grunitzky, une jeune métisse togolaise fille d’un officier allemand d’origine polonaise et d’une mère anlon de Kéta (Ghana), née de la famille royale des Amégashie. Elle est la sœur d’un certain Nicolas Grunitzky qui fera parler de lui plus tard à l’assassinat de son beau-frère Sylvanus auquel il accepta de succéder à la tête de l’Etat togolais après son assassinat. Ils eurent 5 enfants dont trois garçons et deux filles : Kwassi Bonito Herbert (décédé le 25 août 1994), Ablavi Rosita, Kwami Gilchrist Sylvanus, Ayaba Sylvana et Kodzo Elpidio Fernando.

1932 : Jusque là adjoint de l’agent général de la Compagnie Unilever pour le Togo, Sylvanus OLYMPIO est muté au Togo où il revient s’établir pour accéder au poste d’Agent général de la United Africa Company (UAC), filiale du groupe Unilever en zone française. Promotion exceptionnelle alors pour un africain autochtone, il était le plus en vue de toute l’élite africaine de Lomé et se voit désigner, de ce fait, comme Président de la Chambre de commerce de Lomé. La même année, il accepta d’être le conseiller technique d’un groupement pré-politique : le Conseil des notables créé par le pouvoir colonial français comme un instrument destiné à l’aider à administrer le Togo.

1934 : Olympio participe au comité de rédaction du journal « Le Guide du Togo » créé par Jonathan Savi de Tové, comme outil d’éducation politique.

1936 : OLYMPIO est désigné vice-président du Cercle des Amitiés Françaises qui joua le même rôle que le Conseil des notables.

13 mars 1941 : Olympio participa à la création du « Comité de l’Unité togolaise », une association initiée au départ par le gouverneur Lucien Montagné comme une amicale entre autochtones et colons français, à l’image du Conseil des notables d’avant guerre pour contrer les revendications du regroupement dénommé Deutsche Togo Bund. Créé le 1er septembre 1924 et enregistré à Accra (Ghana) en 1924, ce dernier menait campagne pour la reconstitution du territoire togolais tel que délimité sous la colonisation allemande ce qui garantirait la réunification du peuple Ewe artificiellement divisé entre deux territoires du Togo et du Togo britannique (annexé plus tard au Ghana) par les colons français et britannique.

1942 : Olympio est arrêté et emprisonné pendant trois semaines, avec six de ses collègues, à Djougou, dans le nord du Dahomey d’alors, par le gouverneur colonial qui représentait, au Togo, le régime de Vichy parce que, comme commerçants, ils travaillaient pour des entreprises britanniques. On était en effet à l’époque en pleine IIe Guerre mondiale où un pacte, conclu avec Hitler par le Maréchal Pétain qui dirigeait alors la France, partagea cette dernière en deux. La moitié nord du pays fut laissée aux nazis alors qu’un gouvernement de « collabos » des nazis dirigé par Pétain se mettait en place dans la ville thermale de Vichy. Dans toute la France y compris dans les colonies, la chasse s’engagea alors contre ceux qui, comme Sylvanus Olympio, continuaient à entretenir des relations – fussent-elles commerciales – avec des représentants de l’Angleterre, pays considéré comme « ennemi » de l’Allemagne et de Vichy dans cette guerre. A l’annonce du débarquement des troupes alliées en Afrique du nord, toute l’Afrique occidentale française se rallia à la résistance française dirigée depuis Londres par Charles De Gaulle. Olympio fut alors libéré mais se vit intimer, par l’administrateur, l’ordre de quitter immédiatement la prison, en pleine nuit, au milieu de la brousse, sans voiture, ni autre moyen de déplacement qu’à pied.

30 janvier – 8 février 1944 : Avant même la fin de la IIe Guerre mondiale, Charles de Gaulle, convoqua la Conférence de Brazzaville pour tenter de sauver les intérêts coloniaux français en Afrique qui menaçaient d’être balayés par le soulèvement des peuples africains dont les premiers soubresauts se manifestaient déjà à ce moment même où la France, sortie totalement exsangue de cette guerre, ne pouvait y résister. En effet particulièrement dure été, pour les Africains, les affres de toutes sortes qu’ils avaient subies au titre de l’effort de guerre : surexploitation organisée à travers la pratique esclavagiste du travail forcé avec son lot de brimades et exactions, envoi de troupes servant de « chair à canon » en première ligne sur les fronts de cette guerre, etc.. Il y fut décidé un train de réformes : suppression du régime discriminatoire de l’« indigénat » dès la fin de la guerre, abolition du travail forcé dans un délai de cinq ans, représentation élue de députés africains à l’Assemblée constituante française qui allait se mettre en place. Au Togo où, sous la direction de Sylvanus OLYMPIO, le combat du CUT pour l’indépendance la réunification du peuple ewé s’intensifiait, ces décisions suscitent une vive contestation comme le note ainsi Claude Gérard (cf. Les pionniers de l’indépendance) : « Au Togo, par contre, l’indépendance future de ce Territoire sous Tutelle des Nations Unies, administré par la France depuis la première guerre mondiale, est souhaitée par tous. Aussi les recommandations de la Conférence de Brazzaville, excluant toute perspective même lointaine « de self-governments dans les colonies », déclenchent-elles à Lomé des manifestations hostiles ».

27 avril 1946 : A la réunion de renouvellement du Conseil d’administration du « Comité de l’Unité togolaise », Sylvanus Olympio proposa et fit adopter qu’il change de nature pour devenir un véritable parti nationaliste. C’était dans un contexte où, le 9 avril 1946, avait été créé, par Pedro OLYMPIO (un cousin de Sylvanus) et Nicolas Grunitzky, le Parti togolais du progrès (PTP). Les membres de ce parti, inféodés à l’administration coloniale française – tout comme l’Union des chefs et des populations du nord (UCPN)–, que cette dernière créera de toutes pièces en 1951, s’illustraient par leur farouche opposition au combat des nationalistes togolais qui menaient ouvertement campagne pour la réunification du peuple Ewé arbitrairement divisé entre les deux Togo par les colonisations française et britannique.

9 juin 1946 : A l’initiative de Daniel Chapman, un professeur du collège d’Achimota en Gold Coast (le Ghana de l’époque) fut créée la « All Ewe Conference » qui s’était fixée pour objectif de combattre pour la réunification du peuple Ewe. Sylvanus OLYMPIO en devint un représentant au Togo, pays que les colons français et britanniques se sont partagés la fin de la première mondiale en le divisant en deux territoires soumis à leur domination respective et dont les peuples ont également été divisés par une frontière artificielle.

10 novembre 1946 : Aux élections des députés au Conseil de l’Union française, le parlement français de l’époque, total fut le succès du CUT dirigé par Sylvanus Olympio qui inscrivit l’unification et l’indépendance du Togo au programme qu’il proposa aux citoyens en présentant Martin AKU comme candidat : avec 4 270 voix, il obtenait 73 % des suffrages exprimés contre 1 460 voix soit 25 % des suffrages exprimés pour Nicolas Grunitzky, le candidat présenté par le Parti togolais du progrès (PTP). Martin AKU alla donc siéger à l’Assemblée nationale française.

8 décembre 1946 : Aux élections à la première Assemblée représentative du Togo, le CUT conforta ses positions en raflant presque tous les sièges. Olympio fut alors appelé à présider cette assemblée pour 5 ans. Il avait alors 44 ans.

8 octobre 1947 : Délégué de la « All Ewe Conference », OLYMPIO se rend pour la première fois à l’ONU pour plaider la cause de la réunification du peuple Ewe. Il fera par la suite ce voyage chaque année, et même deux fois par an parfois.

7 janvier 1951 : Congrès de réorientation politique générale du CUT à Kpalimé. Précédée d’une Conférence prémiliminaire tenue à Kusuntu, sur la route menant à Missahöhe et rassemblant toues les organisations pan-éwéistes et pan-togolais du BMT et du Togo sous tutelle française. Il rassembla, sous la présidence du chef Apetor II de Kpalimé, tous les cadres nationalistes favorables à l’unification et à l’indépendance du Togoland notamment les chefs traditionnels du Nord et du Sud. Le Congrès élut un Conseil d’administration avec Pa De Souza comme président et Sylvanus Olympio comme l’un de ses vice-présidents.

1951 : Muté par le groupe Unilever à Paris dans les services de la « Compagnie du Niger », sa filiale, suite aux interventions manoeuvrières du pouvoir colonial français auprès de ses patrons anglais pour l’empêcher de continuer à diriger le combat politique du CUT au Togo, OLYMPIO fut convoqué à Londres. Là ses patrons le sommèrent de choisir un des deux termes de cette alternative : ou bien partir en croisière aux frais de la société, en Grèce ou ailleurs afin de ne pas être à Paris où devait se tenir une session de l’ONU devant laquelle Sylvanus était susceptible d’intervenir au compte des nationalistes togolais ou bien démissionner ! Spectaculairement, OLYMPIO choisit de démissionner pour ne pas trahir la cause du combat pour l’indépendance du Togo ce qui lui conféra un énorme prestige.

1952 : Réélu à l’Assemblée territoriale togolaise où le CUT venait cependant de perdre la majorité des sièges grâce aux fraudes massives organisées par le pouvoir colonial français au profit de leurs suppôts du PTP, OLYMPIO doit laisser à ces derniers la présidence de cette assemblée.

1954 : Arbitrairement accusé de « trafic de devises » entre le Togo et le Ghana par le pouvoir colonial français, OLYMPIO se voit proposer par ce dernier de renoncer à la vie politique pour que cette supposée « infraction » ne soit pas retenue contre lui. Ayant refusé avec indignation cette grossière tractation, il est condamné à une amende de 5 millions de F CFA et à la déchéance de ses droits civiques, ce qui l’empêcha d’être candidat aux consultations électorales ultérieures sous le régime colonial français.

27 avril 1958 : De nouvelles élections législatives sont organisées au Togo pour la désignation d’une nouvelle assemblée, cette fois-ci, sous la supervision d’une mission l’ONU (dirigée par le Hawaïen Max Dorsinville) à la demande des nationalistes. C’était pour éviter les fraudes massives régulièrement planifiées jusque-là par le pouvoir colonial français lors des précédentes consultations électorales pour imposer frauduleusement la victoire de ses suppôts du PTP et de l’UCPN. Déchu de ses droits civiques, OLYMPIO ne pouvait y être candidat. Bien que les fraudes du pouvoir colonial eurent lieu quand même notamment au niveau de la manipulation des listes électorales, leur limitation permit au CUT de gagner ces élections. De l’avis de tous les observateurs, ce fut avec une totale surprise que la victoire des partisans de l’indépendance immédiate « Ablodé ! » regroupés autour du CUT s’imposa « avec l’ampleur d’une lame de fond ». Les nationalistes venaient de remporter une confortable majorité de 33 sièges sur les 46 à pourvoir pour la nouvelle assemblée en ce 27 avril 1958.

16 mai 1958 : Après avoir proclamé dès sa première séance une amnistie qui restitua à Sylvanus OLYMPIO ses droits civiques, l’Assemblée législative l’investit Premier ministre de la République du Togo.

Automne 1958 : Nommé Premier ministre, OLYMPIO se rend à Paris pour y rencontrer le Président de la République, Charles de Gaulle, afin de négocier avec lui un cadre politique disposant que, bien que les Togolais se soient prononcés pour l’indépendance immédiate, le 27 avril 1958, il souhaitait ne pas traduire immédiatement cette volonté dans les faits et préférait attendre encore deux ans, jusqu’en avril 1960, pour la proclamation effective de l’accession du Togo à la souveraineté internationale.

15 novembre 1959 : Aux élections municipales le CUT confirme à nouveau son triomphe en raflant 136 sièges sur les 160 à pourvoir. Sylvanus OLYMPIO est élu maire de Lomé.

27 avril 1960 : Lors de cérémonies grandioses organisées à Lomé en présence de représentants d’Etats et institutions venus du monde entier, Sylvanus OLYMPIO proclame solennellement, à minuit l’indépendance du Togo par ce discours :

« » Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?

La nuit est longue mais le jour vient ! »

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Le grand jour tant souhaité est enfin arrivé.

Notre pays, le cher Togo qui, depuis 1884, a été successivement protectorat allemand, condominium franco-britannique, territoire sous tutelle de la France retrouve, en ce jour du 27 avril 1960, sa liberté d’antan.

De ce moment et à jamais affranchi de toutes sujétions, de toutes entraves, maître de son destin, maître de ton destin, cher Togo, mon cher pays, te voilà libre enfin.

Au nom du peuple togolais, je proclame solennellement l’indépendance du Togo, notre patrie. »

9 avril 1961 : Sylvanus OLYMPIO est élu Président de la République togolaise au terme des élections remportées par le Parti de l’unité togolaise qui rafla 560 938 voix sur les 564 617 votants et 627 688 inscrits soit 89 % des votants et 97 % des suffrages exprimés (la Juvento, l’allié d’avant qui s’opposait alors au CUT, n’avait pas pu se présenter n’étant pas arrivée à déposer la caution fixée dans les délais prévus).

30 janvier 1962 : Une grave crise politique éclate au sommet de l’Etat où le gouvernement de Sylvanus OLYMPIO prend la décision de dissoudre son allié de toujours, la Juvento, après l’annonce de la découverte d’un complot faisant suite à l’apparition de divergences de ce parti avec le CUT qui a conduit au départ de ses membres du gouvernement, alors que d’autres sont arrêtés et emprisonnés à Mango.

13 janvier 1963 : Sur les téléscripteurs du monde entier tombe cette information : « Coup d’Etat au Togo. Le président de la République Sylvanus OLYMPIO assassiné ». Etienne GNASSINGBE Eyadéma a publiquement revendiqué l’avoir abattu, à bout portant, par des balles tirées en pleine poitrine et au bas-ventre avant de lui sectionner, au couteau, les veines des poignets. Puis, avec la baïonnette de l’arme, il lui taillada la cuisse gauche tout en expliquant fièrement à ses camarades : « C’est comme ça que je faisais en Algérie pour m’assurer que mes victimes étaient bien mortes ». OLYMPIO agonisa longuement ainsi au sol en se vidant de son sang, dans d’atroces souffrances. C’était le premier coup d’Etat sanglant de l’Afrique indépendante, fomenté par les réseaux du tristement célèbre Jacques FOCCART, ministre français de la coopération du gouvernement dirigé par Charles de Gaulle. Pour cet assassinat dont l’organisation fut confiée aux bons soins du commandant Maîtrier, cet officier français qui commandait la gendarmerie nationale togolaise, on eut recourt à la manipulation de demi-soldes démobilisés de l’armée française à la fin de la guerre d’Algérie. Chose tout à fait étonnante qui démasque un complot organisé du plus haut sommet de l’Etat français : à 6 H du matin, ce 13 janvier 1963, France Inter, la radio de l’Etat français annonça la nouvelle de l’assassinat d’Olympio alors qu’il n’avait même pas été retrouvé par le commando envoyé pour le tuer. Ayant réussi à lui échapper une première fois, il s’était réfugié à l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique, cachette que l’Ambassadeur des Etats-Unis, Léon Poullada, révéla à l’Ambassadeur de France, Louis Mazoyer, et d’où le commando ira le sortir en escaladant le mur d’enceinte, en violation flagrante de la règle d’extraterritorialité protégeant toutes les Ambassades. Récupéré par le révérend père Jean Gbikpi, son corps échappa ainsi à la disparition comme celui de Lumumba du Congo (qu’on fit dissoudre dans un bac d’acide), fut acheminé clandestinement par Christophe da Gloria au Bénin où il a été inhumé au carré des Afro-brésiliens du cimetière d’Agoué.

20 septembre 1964 : Décès à Cotonou (Bénin) de Dina, épouse de Sylvanus OLYMPIO qui, inconsolable et traumatisée après l’assassinat de son mari, ne put lui survivre. Elle fut enterrée à côté de son mari à Agoué.

Fabbi Kouassi

 

 

Togo : Sylvanus Olympio, père de l’Ablodé.

 

60ans des indépendances : Etat et pouvoir en Afrique

De l’Etat colonial et de la post colonie en Afrique francophone : ruptures et continuités

Il nous a été demandé de revoir, revenir sur le système d’administration et politique colonial francophone en Afrique. Nous avons planché sur le sujet en duo avec le Pr Joseph Kizerbo, auteur entre autres d’une «Histoire générale de l’Afrique» et directeur éminent de l’ouvrage «La natte des autres», une invite au développement endogéne. Mais aussi, le contexte des soixante ans d’indépendance de bon nombre d’Etats africains invite à relever des évolutions de tout ceci, aujourd’hui, à l’an 60 des indépendances.

Le continent africain a connu et connait encore de nos jours un parcours parsemé d’embuches. Hier comme aujourd’hui, l’Afrique a sa progression perturbée, entravée d’aucuns ont parlé de régression. Après les traites esclavagistes arabes et occidentales, la colonisation mis «le continent sous le joug colonial qui est une forme singulièrement primitive de la domination de race» (Achille Mbembé). La décolonisation et ou les indépendances, l’Etat postcolonial renvoie pour sa part à la «situation dans laquelle se trouve l’Etat après l’indépendance. Cette époque est synonyme de sortie de la grande nuit» (Achille Mbembé). Et alors, le continent africain fut et est toujours à la prospection issues faisant de nombreux pessimistes : «Et si l’Afrique refusait le développement» (A Kabou) ; « L’Afrique noire est mal partie » (R Dumont) ; «L’Afrique de l’ouest, un adulte mal dans son âge : de la persistance de conflits politico militaires et de la pertinence de la piste fédérale» (M Kanté, 2010).
Sommes-nous sortis du dictat colonial? L’Afrique a-t-elle les coudées franches dans la conduite et la compétition qu’exigent les progrès? Les règles du jeu ont-elles vraiment changé, évolué? Les pouvoirs sont ils reflets des peuples ? C’est sans doute l’impasse et le dérèglement qui étaient plus considérables, alors, et se manifestaient par une stagnation ou régression sociale, économique, politique, environnementale…qui firent se délier tant de langues et suscitèrent les alertes de tant de disciplines et genres littéraires ou scientifiques.
Pour traiter d’un tel sujet, nous allons d’abord étudier le système politique colonial français (avec comme principal auteur référent Kizerbo), puis jeter un regard sur l’Afrique présente, des indépendances d’où un avis sur l’état de la direction, de la conduite de notre continent.

Le système politique de l’Etat colonial

- Les colons en Afrique :
Le continent africain fut colonisé par des impérialistes européens de diverses nationalités, à travers des formulations et des procédés différents. Les anglais et les français eurent une présence plus importante, avec pour les premiers un système d’administration indirecte, pour les seconds un système d’administration surtout directe. Ces deux systèmes traduisent la culture et l’approche différentes entre ces deux peuples. Mais les colons furent aussi allemands, portugais, belges…

-Le système politique colonial français
Quoiqu’exercé avec la participation des locaux, le système d’administration directe français connait une présence coloniale considérable, le blanc dans son poste ou par ses tournées délibèrent sur les relations et sur les exploitations. La France contrôlait en Afrique de l’ouest un territoire d’un seul tenant, qui égalait neuf fois sa propre superficie, soit cinq millions de kilomètre carré.

Les territoires français furent d’abord regroupés en deux ensembles : L’AOF composée de sept puis de huit territoires, quand en 1919, le haut Sénégal Niger fut scindé pour constituer deux colonies (le soudan et la haute volta). Les autres étant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Cote d’ivoire, le Niger et le Dahomey. Les territoires de l’AEF constitués plus difficilement (Congo, Gabon, Oubangui Chari et Tchad) furent un moment confondus en une seule colonie, mais cette décision se révéla impraticable.

Héritiers de la troisième république du régime autocratique de Napoléon3, les territoires sénégalais (St louis, Dakar, Rufisque et Gorée) avait une culture brassée par la présence ancienne du colon et ses écoles (Ponty…) d’où une érection en commune de pleine exercice de certaines de ces villes avec un statut de ‘’mieux considérés pour ces citadins’’. De la, vient l’ambiguïté de la politique coloniale française qui errera entre l’utopie de l’assimilation aux mirages de l’intégration.

-Les différentes modes d’administration coloniale française :

Dans l'entre-deux-guerres, la France détient le second empire colonial, avec des possessions dans la plupart des régions du globe. À cette diversité géographique correspond également une diversité des modes d'administration coloniale : colonie, protectorat, mandat.
La colonie est la domination politique d'un territoire par un autre État. On distingue les colonies d'exploitation (où la puissance coloniale administre le territoire mais sans qu'il y ait une implantation importante de population métropolitaine) des colonies de peuplement (où il y a une implantation importante d'une population métropolitaine). La France n'avait pas de véritable colonie de peuplement, à l'exception de l'Algérie.
Le protectorat diffère de la colonie en ce que les institutions existantes sont formellement maintenues par la puissance coloniale. Celle-ci assure la gestion de la diplomatie, du commerce extérieur et bien sûr de la défense. Le protectorat est dans une certaine mesure, un mode d'administration coloniale indirecte. C'est le cas du Maroc par exemple.
Le mandat est le mode d'administration coloniale consacré par la communauté internationale. En effet, le mandat est un territoire confié à une puissance coloniale par décision de la Société des Nations. Ces mandats étaient, avant la Première Guerre mondiale, des colonies allemandes ou des possessions de l'Empire ottoman. C'est le cas, par exemple, du Togo et du Cameroun, en Afrique de l'Ouest et centrale.

-Les institutions de la colonisation française :
A la tête des colonies est le ministre des colonies, responsable de l’administration coloniale devant l’assemblée nationale. Celle-ci pouvait légiférer mais laissa surtout le ministre administrer par décret. Ce ministre fut très chargé car dirigeait aussi Madagascar et les domaines nord africains, asiatiques et américains de la France. Ainsi, le personnage clé fut donc naturellement l’homme qui, dans chaque fédération, était à la tête de l’administration : le gouverneur général, représentant et détenteur des pouvoirs du gouvernement de la république, il est ordonnateur du budget fédéral, maitre des forces armées et chef des services administratifs centraux de la fédération. Aucune loi, ni décret venu de France n’est applicable dans son secteur s’il n’en a pas fait la promulgation. Cette disposition lui donne pratiquement une sorte de droit de véto suspensif pour les mesures qui lui déplaisent. Le conseil de gouvernement qui l’assiste formé du secrétaire général de l’administration, du général en chef, du procureur général, etc…n’était qu’un organe consultatif. L’échelon inférieur est constitué par le gouverneur chef de territoire qui est la réplique du gouverneur général, avec son propre conseil consultatif. Le principe était que le gouverneur général gouverne et le gouverneur de territoire administre. Mais avec la distance, les services du chef lieu de territoire recevait des ordres de Dakar, puis de Libreville et Brazaville. Cependant, les ordres du gouverneur territorial étaient souvent les plus pressants. Le gouvernement conduisait le travail pratique par un réseau de commandants de cercle, ultérieurement secondé par des chefs de subdivision. Le commandant de cercle était réellement la cheville ouvrière de tout le système. C’est le maitre d’œuvre : juge, financier, ingénieur des travaux publics, agent de police et de sécurité, chef militaire gérant de greniers publics, inspecteur d’enseignement, agent sanitaire ou recruteur. Avec la distance c’était lui ‘’le vrai manitou de la Brousse’’.

La représentation, participation des colonisés
Il fut instauré un système de discrimination entre colonisés citoyens et colonisés indigènes. Certains noirs sortis de l’école du colon furent promus : maires, députés, représentants syndicaux…
En 1937, un décret relatif à l’admission à la citoyenneté française énumère onze conditions nécessaires et renforce encore les dispositions antérieures. En fait, en 1937, en dehors des natifs des quatre communes, deux mille cinq cents africains environ seulement étaient «entrés dans la famille» sur quinze millions d’habitants… Ainsi, la grande majorité persista dans l’indigénat, qualifié de sujets. Ces indigènes connaissent des discriminations : accès interdit aux structures de premier choix, limitation dans les grades. Les conseils de notables indigènes, autorisés par le décret de 1919 n’avait qu’un rôle consultatif. D’autant plus qu’en 1910, le gouverneur général William Ponty déclarait que les autorités locales constituent un écran à supprimer : d’où la création de la chefferie traditionnelle «seul le commandant est responsable déclara le gouverneur général Van Vollenhoven. Le chef indigène n’est qu’un instrument, un auxiliaire» d’où une avancée suivie d’un recul.

Cette limitation citoyenne s’accompagna d’arrestations et déportations de leaders surtout religieux : Alfa Yaya, Samory (Guinée), Ahmadou Bamba (Sénégal) Thierno Aliou emprisonné dans le camp des iles de Los. Malgré ce musellement, les résistances sont restées ininterrompues grâce à la religion, à l’implication dans les guerres mondiales, facteur d’éveil et réveil politique. Mais des acquis dans la lutte pour l’émancipation, notamment, en 1946: loi Houphouet Boigny (abolition du travail forcé), loi Lamine Guéye citoyenneté à tous les ressortissants de l’union française, grève à Dakar et ailleurs, notamment, des cheminots; création de l’association générale des étudiants africains de Paris, le besoin-recours aux tirailleurs africains, le panafricanisme militant furent entre autres des atouts ou arguments politiques décisifs.

Sortie des mains du colon blanc, l’exercice autonome du pouvoir s’est révélé difficile au continent africain. Le système, les hommes, les voies, les objectifs, tout fut source de tiraillements. D’abord, la décolonisation se fit de diverses façons : Au nord, en Algérie, il a fallut des guerres de libération. En Afrique subsaharienne, Deguaulle proposa un référendum pour un oui ou non à un compagnonnage, communauté française en vue d’une indépendance ou pour une rupture, beaucoup optèrent pour ce compagnonnage en vue d’une indépendance ’’totale’’. La Guinée sous Sékou Touré se singularisa par un non motivé à la continuité avec le colon français. 60 ans après, certains invoquent toujours des suppôts et ou des mains baladeuses de l’occident sur le continent. D’où A Blondy : «la démocratie bananière finira par la guerre civile, port tribal, post colonial…». Ainsi, quelque soit la modicité de ses moyens tout Etat africain devrait s’inspirer du maillage territorial colonial pour formuler une décentralisation inclusive où le centre aura des répondants, des relais partout. Et ce qui ne reste pas à dire mais demeure à dire, c’est ce que tous les prophètes et autres éclairés étaient venus dire : «Dieu lui-même ne change pas le sort d’un peuple qui ne s’y prête pas, qui ne s’estime pas». Et donc, le destin du dessein africain sera par et pour les africains, aujourd’hui, les niveaux de formation sous tous les cieux se valent : «Salut Africa Mère!» ( dernier vert de l’hymne du Sénégal écrit par Senghor)

P B Moussa KANE, doctorant aménagement-développement,
DEA sciences PO, membre du groupe de recherche «les EDIFICATIONS» (UGB)

 

 

60ans des indépendances : Etat et pouvoir en Afrique

 

Prof. Togoata Apédo-Amah: « 60 ans de dépendance, 60 ans d’échec, 60 ans de dictature »

27 avril 1960 – 27 avril 2020. Cela fait 60 ans jour pour jour que le Togo a accédé à son Indépendance. Dans une tribune signée sur iciLome, votre site d’informations, Prof. Ayayi Togoata APEDO-AMAH retrace l’histoire récente du pays. L’universitaire qui n’est plus à présenter invite les politiques à revoir leur stratégie de lutte afin d’en finir définitivement avec le régime « cinquantenaire et dictatorial des Gnassingbé ». Bonne lecture.

27 AVRIL 2020: 60 ANS DE DÉPENDANCE, 60 ANS D’ÉCHEC, 60 ANS DE DICTATURE

Ce 27 avril 2020, le Togo fête 60 ans d’une pseudo-indépendance que d’aucuns, naïvement, ont toujours célébré avec faste. Pourquoi célébrer ce qui n’existe pas ? La force du mythe, tout simplement.
Que s’est-il passé en réalité ? Lors des élections de 1958, le camp dit des nationalistes (CUT d’Olympio et Juvento de Santos et Aithson ) qui voulait une indépendance immédiate a remporté la victoire aux législatives face au camp des pro-français ( PTP, UCPN, MPT) qui voulait une indépendance progressive symbolisée par l’Autonomie interne, de 1956 à 1958. Le front des vainqueurs se fissura aussitôt la victoire acquise parce que la Juvento accusa Sylvanus Olympio de trahison.

Au lieu de proclamer l’indépendance immédiate conformément à leur promesse et à leur programme électoraux, comme en Guinée de Sékou Touré, il repoussa la proclamation de deux ans, en s’alignant sur le programme des pro-francais Grunitzky, Dermane Ayeva et Méatchi. Les militants de la Juvento se sentirent humiliés d’avoir à proclamer l’indépendance en même temps que des bénis oui-oui de la France tels que les Houphouet-Boigny, Senghor, Léon Mba, Diori Amani…

Quand les partis alliés du colon étaient au pouvoir de 1951 à 1958, ils ont infligé beaucoup de sévices, de brimades et de violences aux nationalistes. Olympio utilisa à son tour sa victoire pour se venger de ses adversaires politiques en mettant sur pied sa terrible milice des Ablode sodja. Ces délinquants pratiquèrent le viol, le pillage, les assassinats et la terreur en toute impunité. Ils devastèrent le domicile du propre beau-frère d’Olympio, Nicolas Grunitzky, en exil, battirent sa femme et ses enfants.

La répression frappa aussi ses alliés de la Juvento, les vrais nationalistes, qui voulaient l’indépendance tout de suite, en 1958. Les juventistes Anani Santos, Firmin Abalo furent jetés en prison. En 1961, à l’occasion des législatives, Olympio interdit aux services du Trésor d’accepter le cautionnement électoral des partis de l’opposition y compris la Juvento, et alla seul aux législatives qu’il remporta à 100% avec un parlement monocolore. Il venait ainsi de faire du CUT, qui prit le nom de PUT, le premier parti unique du Togo. Les prisons du pays débordaient de prisonniers politiques.

Après le lâche assassinat d’Olympio par les tirailleurs d’Eyadema manipulés par la France, le pouvoir revint à Nicolas Grunitzky. Au lieu de réunir les Togolais, il réprima et ostracisa ceux des anciens dirigeants du CUT qui ne voulurent pas coopérer avec son gouvernement d’Union et de Réconciliation nationale. Noé Kutuklui et Théophile Mally connurent la prison pour l’un et l’exil pour l’autre. Avec les syndicats, la branche radicale du CUT ( Mivedor, Boukari Djobo ), avec la complicité de l’armée d’Eyadema, souleva la population contre le régime Grunitzky qui s’était fissuré suite aux ambitions du vice-président Antoine Méatchi qui voulait devenir président à la place du président.

La France fit chasser Grunitzky du pouvoir par son homme Eyadema. Ce fut une longue nuit de trente-huit années d’une sauvage dictature et de pillage systématique. Eyadema se retourna contre ses alliés du CUT auxquels il était censé céder le pouvoir au bout de quelques mois. Plusieurs furent assassinés et les autres s’exilèrent. Je tiens cet aveu de Boukari Djobo, qui fut ministre dans le premier gouvernement d’Eyadema après le putsch, auquel j’avais rendu visite à son domicile de Kodjoviakopé, quelques mois avant son assassinat à Sokodé. A la mort du tyran, son fils Faure lui succéda à la suite d’un coup d’État sanglant qui transforma la République en monarchie, en 2005.

Le bilan de ces 60 ans d’errements politiques doit être fait pour que nous en tirions les leçons. Le Togo ne peut être laissé indéfiniment entre les pattes d’une sinistre et minable dictature. Le sort de notre peuple en dépend. Combien de générations vont être encore sacrifiées au profit d’une minorité ?

La démocratie a toujours été bafouée sous les deux dictatures civiles et la dictature militaire. Les élections ont toujours été une mascarade pour maintenir le détenteur du pouvoir sur son siège illégitime.
La dernière élection présidentielle du 22 février 2020, en est la parfaite illustration, car son vrai vainqueur, Agbeyome Kodjo, est sur le point d’être jeté en prison. L’électoralisme est un échec sur tous les fronts mais l’opposition ne veut pas le comprendre et préfère le rôle d’alibi ou de béquilles.

La conception de la politique qui prévaut au Togo depuis 60 ans est celle de l’accaparement du pouvoir comme instrument de vengeance pour mater l’opposition. Soit elle collabore soit elle connaît la prison, l’exil et toutes les violations des droits humains. Ayons le courage de la vérité pour ne nous en tenir qu’aux faits, rien qu’aux faits. Il faut pour cela posséder la lucidité, refuser la manipulation et aimer la justice, toutes choses qui échappent aux fanatiques. Je plains les fanatiques des partis d’avant et de l’indépendance qui n’ont pas vécu cette époque, comme moi-même, et qui pourtant étalent un zèle étonnant alors que leur militantisme n’est que purement mimétique par simple alignement sur les choix partisans de leurs parents. Aucun bilan biaisé et mensonger ne peut aider à tirer des leçons. Cela équivaut à se mentir à soi-même.

POSER LES BONNES QUESTIONS

Avons-nous connu un seul régime qui ne soit pas celui de la chasse à l’homme, de l’insécurité pour les opposants et de l’impunité pour les bourreaux ?

A quoi ont servi toutes nos Constitutions puisque aucun régime n’a respecté la Constitution qu’il s’est lui-même donné ? Faut-il continuer à se battre pour ces lois fondamentales, véritables chiffons de papier, qui font de la démocratie un leurre ?

Les élections doivent-elles continuer à être un jeu de massacre au cours duquel le vaincu sort toujours vainqueur ? Les changements de régime doivent-ils continuer à s’opérer dans le sang des assassinats et des coups d’État comme ça a toujours été le cas au Togo ? Doit-on attendre ce scénario, les mains sur les hanches, en attendant d’assister à la chute du régime Gnassingbé ? Avons-nous la date de sa chute ? Même si le peuple debout chassait Faure Gnassingbé, est-on sûr que la vengeance ne se substituera pas à la justice, et que le nouveau président ne se comportera pas en despote ? Les exemples sont légion en Afrique : Alfa Condé en Guinée, Wade au Sénégal…

QUE FAIRE POUR LE VRAI CHANGEMENT AU TOGO ?

Il est hors de question de suivre la voie de la compromission tortueuse de ceux qui croient amener le camp dictatorial à changer en lui baisant les pieds, attitude stérile qui ne fait que le rendre plus arrogant. Ces opposants et oppositions ” charnières” ont toujours lamentablement échoué, soit par la récupération soit par l’humiliation. L’on ne peut pas combattre la dictature et lui trouver des circonstances atténuantes. L’on ne peut pas être et ne pas être. Ce comportement s’appelle trahison.

Il faut, en tirant toutes les leçons du passé électoral de notre pays, renoncer à toute élection. Se prêter encore à ce jeu stupide équivaut à une trahison du peuple togolais.
C’est pourquoi, au lieu de perdre leur temps et leurs moyens en participant aux mascarades électorales, les vrais partis de l’opposition à la dictature et la société civile doivent réfléchir aux méthodes qui recourent à la rue et aux négociations en position de force pour obliger le tyran à quitter le pouvoir.

Mais des responsables, plus intelligents et courageux que les autres, du régime Gnassingbé, peuvent anticiper, en véritables hommes politiques, et faire pression sur leur chef, en prenant langue ouvertement avec les vrais opposants, non pas pour signer des accords bidon comme par le passé, mais en poussant le despote à poser des actes, véritables gages, pour son départ du pouvoir. Ce faisant, il pourra négocier son départ et ceux des siens dans les meilleures conditions.

Nous sommes une force de propositions et en tant que telle, nous avons le devoir de réfléchir pour favoriser le changement. Il ne s’agit pas d’un programme ou d’une démagogie mais d’idées pour sortir du piège de l’électoralisme béat et de la résignation qui s’en remet aux caprices d’un Dieu sourd comme un pot.

Une transition très encadrée devra succéder au régime militaire. Elle mènera une réflexion sur la démocratie que nous voulons pour le Togo, à partir de nos réalités et cultures, avec tous les verrous institutionnels et constitutionnels visant à éviter les abus du passé.
La politique politicienne destinée à anéantir l’adversité politique a trop accaparé l’énergie des pouvoirs de faits au détriment des projets de développement. C’est pourquoi la transition devra dégager une politique de développement sur une vingtaine d’années que les pouvoirs élus seront tenus d’appliquer.

L’échec des voleurs de la République, la minorité accapareuse, est patent. Les régimes civils ont aussi échoué. L’héritage que les pouvoirs de fait ont légué au peuple togolais est une immense misère, le chômage, la migration suicidaire de notre jeunesse qui a transformé la Méditerranée en cimetière marin. Chaque année cinquante mille chômeurs viennent grossir l’immense armée de chômeurs dont beaucoup sont très diplômés. C’est terrible et intolérable. Il faut que cela change. Il faut que cesse le régime militaro-fasciste. S’il perdure, c’est le Togo qui risque de disparaître dans quelques décennies.

Nota bene: Les Togolais ignorent tout de leur histoire récente que beaucoup de politiciens de tous les bords ont intérêt à leur cacher. Que les lecteurs fassent l’effort de consulter les ouvrages d’histoire, les Archives nationales, les parutions du Journal Officiel de la République togolaise, les journaux d’époque… Plus on en sait, moins on est manipulé. Il faut briser l’omerta politique qui jette le voile de l’oubli sur la période de notre histoire allant de 1946 à 1967.

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

 

 

Prof. Togoata Apédo-Amah: « 60 ans de dépendance, 60 ans d’échec, 60 ans de dictature »

 

Communiqué de SURSAUT TOGO à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du Togo

« 27 avril: 1960/2020. 60 ans d’indépendance. Plus que toutes les autres colonies françaises d’Afrique, le Togo s’est inexorablement enfoncé dans la misère, progressivement éloigné de sa majorité civile: économique, financière, politique, de défense . Premier pays à avoir exécuté le premier coup d’Etat d’Afrique, notre pays est devenu aujourd’hui le dernier bastion de la Francafrique. Premier pays à avoir installé une véritable mafia à laquelle il a confié le pouvoir interdit au peuple, il est aussi encore aujourd’hui le dernier où règnent puissamment la concussion, la corruption, la violence d’Etat, le crime, l’impunité.

Dans cette désastreuse situation, le peuple togolais est dans une totale détresse. Tout ou presque, a été tenté: révoltes matées sans pitié, leaders politiques exilés, arrêtés, jetés en prison, assassinés.

Dans ces conditions, que souhaiter au peuple togolais pour ce 60e anniversaire de son « indépendance »? Une seule chose: que cet anniversaire soit le dernier sous la férule des mafieux. Que le 61e anniversaire soit le premier de la renaissance de la « Suisse africaine » où tout un peuple aura retrouvé son honneur bafoué, sa dignité perdue, sa joie de vivre confisquée, la paix, la vie, la solidarité .

Pour SURSAUT TOGO

Le Président

Kofi YAMGNANE »

 

 

Communiqué de SURSAUT TOGO à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du Togo

 

60 ans d’indépendance : Le message de François Boko à Faure Gnassingbé

Ce 27 avril, la nation togolaise commémore ses 60 ans de libération du joug colonial. Un long parcours tumultueux marqué par 53 ans de gestion approximative des Gnassingbé, du père au fils. Occasion pour François Akila-Esso Boko de poser un certain nombre de questions.

L’ancien ministre de l’Intérieur a interpellé Faure Gnassingbé via Twitter. « Soixante (60) ans d’indépendance : mais monsieur Faure Gnassingbé, Chef de l’État du Togo, y a-t-il de quoi pavoiser comme vous l’avez fait ? » A-t-il lancé à Faure Gnassingbé.

En effet, à travers des tweets, Francçois Boko pointe du doigt les 15 ans de gestion du Togo sous le règne de Faure Gnassingbé. Il attire l’attention du chef de l’État sur le manque notamment d’un hôpital moderne de référence, l’inexistence d’une politique de santé publique à l’échelle nationale et régionale, l’absence d’un État de droit, d’alternance politique au sommet de l’État.

Il a également relevé, entre autres, la question de la justice et de l’armée « instrumentalisées à des fins de conservation de pouvoir en occasionnant régulièrement des pertes en vies humaines et des atteintes graves et massives aux droits de l’homme ».

Pour François Boko, la détermination des Togolais à ne pas laisser Faure Gnassingbé ad vit aeternam au pouvoir « reste le ferment de la célébration du 60ème anniversaire de notre indépendance ».

Rayan Naël

 

 

60 ans d’indépendance : Le message de François Boko à Faure Gnassingbé

 

Communiqué des Démocrates socialistes africains (DSA) relatif à la libération conditionnelle du président Agbéyomé Kodjo, de leur Secrétaire général et à la fête de l’indépendance

La communauté nationale et internationale a été témoin, le 21 avril 2020, du déploiement de la force brute par le gouvernement sortant pour arrêter le président démocratiquement élu de la République togolaise, Dr Agbéyomé Messan Kodjo, et les autres responsables de la Dynamique Mgr Kpodzro dont M. N’wakin Sambiri TARGONE, secrétaire général de notre parti. Après trois jours passés au Service central d’investigations et de recherches criminelles et leur présentation au Procureur de la République et au doyen des juges d’instruction, ces leaders politiques ont été libérés, mais placés sous contrôle judiciaire, assorti de conditions dont les deux dernières sont hautement contestables parce que foncièrement liberticides et antidémocratiques.

Les DSA voudraient dénoncer, avec la dernière vigueur, les conditions particulières qui ont été réservées à son Secrétaire général qui non seulement n’a recouvré sa liberté conditionnelle que le lendemain, mais a été soumis encore à des sévices dignes de ceux du KGB. En effet, ce dernier a été isolé des autres leaders pour être soumis à des tortures dont nous faisons l’économie, pour ne pas remuer le couteau dans la plaie de la victime. En outre, il a dû passer les trois nuits dans des sanitaires empestés. Nous nous interrogeons, avec raison, sur les motifs qui ont pu conduire au traitement différencié réservé à notre Secrétaire général. A ce propos, le parti DSA voudrait inviter les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à se pencher sur ce cas au moment où la torture est devenue un crime imprescriptible. Il exige également que les auteurs ou leurs commanditaires de ces actes soient traduits devant les juridictions nationales ou internationales.

La procédure enclenchée contre le président démocratiquement élu et ses co-accusés est en cours, certes. Mais il convient de relever que celle-ci souffre d’ores et déjà de beaucoup de défaillances qui sont les marqueurs indubitables d’une justice sous ordre. Nous nous demandons si un juge ordinaire, dans l’armature judiciaire de notre pays, a compétence à connaître des faits liés au contentieux électoral. S’il était vraiment indépendant, il devrait savoir la suite à réserver à ce chef d’accusation porté contre le président démocratiquement élu. Cette attitude du doyen des juges d’instruction, violation flagrante du serment qu’il a prêté au début de sa carrière, ne saurait prospérer.

Par ailleurs, depuis que notre pays s’est engagé dans le processus de démocratisation, toutes les élections, à l’exception des législatives des 6 et 20 février 1994, ont été sujettes à des contestations, violences et crises postélectorales. Notre pays n’est pas voué à ce sort et il est plus urgent de sortir de ce tryptique élections, violences, dialogue. C’est pour cette raison que le parti DSA réitère, à l’instar des autres formations politiques et des organisations de la société civile, que le règlement de la présente crise doit passer, inévitablement, par le recomptage des voies bureau de vote par bureau de vote. Ce recomptage permettra non seulement de rétablir la vérité des urnes, mais surtout de conforter la légitimité au candidat qui sera reconnu vainqueur au terme de ce processus. Le Togo, notre pays, a besoin d’être gouverné par un président légitime, celui qui a effectivement reçu mandat du peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale, pour réaliser ses aspirations pendant une période déterminée.

Pour la traduction dans les faits de cette exigence impérative, les DSA proposent l’institution d’une commission impartiale pour trancher le contentieux électoral né de la présidentielle du 22 février 2020. Elle pourrait être composée des autorités de principales églises qui, dans une lettre en date du 22 avril 2020, ont proposé leurs bons offices pour le règlement de la crise postélectorale. A celles-ci pourraient être associés le G5, un représentant de l’Union africaine, un représentant de l’ONU venu du siège, qui pourraient avoir une voix consultative, l’essentiel du travail devant être du ressort des Togolais eux-mêmes. Ce faisant, nous aurons prouvé à la face du monde que nous sommes un peuple mature, à même de trouver les solutions à ses problèmes.

Cette commission fera le travail auquel se livrerait un enseignant dont l’un des forts en thème dans sa matière contesterait la note obtenue et revendiquerait la première place. En pareilles circonstances, que ferait-il ? Il s’agirait, tout simplement, de demander à l’élève contestataire et à l’élève dont la note est contestée de lui apporter leurs copies afin qu’il refasse le calcul des points obtenus. Après avoir recompté les points, il saurait lequel des deux élèves aurait eu la meilleure note de la classe et mérité donc la première place. Cet enseignant ne devrait pas accepter la copie du contestataire sans procéder au recomptage des points, parce qu’il aurait obtenu son poste grâce à l’intervention du parent de l’élève dont la note et la position sont remises en cause. S’il se comportait ainsi, il aurait fait preuve de partialité et de malhonnêteté. Cette dernière attitude est toujours celle des institutions en charge de l’organisation des élections et de proclamation de leurs résultats dans notre pays.

Nonobstant les preuves évidentes de fraudes à grande échelle et d’achats de conscience massifs, qui sont pourtant des actes répréhensibles aux termes de certaines dispositions du code électoral parce que déteignant sur la transparence et la crédibilité des scrutins, ces institutions n’en tiennent pas compte et proclament les résultats au profit du camp au pouvoir. La suite, on la connaît : ces résultats suscitent de véhémentes contestations qui sont toujours réglées par des méthodes fortes. Le Togo et les Togolais ont suffisamment pâti de cette caporalisation des institutions et de cette volonté avérée du régime en place à s’éterniser au pouvoir. L’état de décrépitude du pays, la misère de ses habitants, l’exode massif des jeunes vers les pays voisins, la prolifération des métiers de subsistances ne sont pas des réalités étrangères à cette situation. Allons-nous continuer sur cette voix sans issue qui hypothèque gravement le présent et l’avenir de notre pays ? Même les pontes du régime sont suffisamment conscients de cette situation de notre pays. Il leur faut un supplément d’humilité et de sursaut patriotique pour reconnaître que les recettes qu’ils ont proposées, pour le développement de notre pays, ont montré leurs limites. Elles ont été d’ailleurs l’objet de plusieurs contestations à travers de gigantesques manifestations politiques et de mouvements sociaux.

Il est clair, dans ces conditions, que l’offre politique du parti au pouvoir ne requiert plus l’assentiment des populations qui ont décidé, cette année-ci, de porter leur choix sur le candidat de la dynamique Mgr Kpodzro. Souffrez que nous vous rappelons que les élections constituent un mécanisme de régulation de la vie politique qui permet aux partis politiques de gouverner, alternativement, selon le choix des citoyens, l’Etat, sur la base des projets de société. Pourquoi cette régulation est si difficile au Togo alors qu’elle est devenue une culture politique dans les pays voisins ? Certainement du fait de la peur de l’inconnu et de l’incertain pour les perdants. C’est le lieu de les rassurer que l’alternance, tant souhaitée par les populations togolaises depuis le 5 octobre 1990, ne se fera pas contre certains Togolais. Elle sera bénéfique aussi bien au pays qu’au parti battu aux élections, l’amenant ainsi à faire son aggiornamento en vue de la reconquête du pouvoir. L’exemple du Bénin est une pièce à conviction avec le retour de Mathieu Kérékou aux affaires en 1996, après sa traversée du désert qui n’aura duré que 5 ans. D’ailleurs, d’éminents juristes et politistes conviennent que l’alternance, c’est-à-dire la succession de différents partis politiques à la tête de l’Etat, constitue le pilier et le gage de la santé démocratique dans un pays. C’est dire que certains de nos compatriotes, en l’occurrence ceux du gouvernement sortant, n’ont pas de raisons valables pour s’opposer à l’alternance voulue par la majorité des Togolais lors de la présidentielle du 22 février 2020.

Le 27 avril 1960- le 27 avril 2020, il y a de cela 60 ans que les Togolais, après leur lutte acharnée qui a commencé dès la soumission de leur pays au pouvoir colonial, ont recouvré leur indépendance. L’espoir suscité par cette accession était immense et se trouve matérialisé par le désir de faire de ce territoire « l’or de l’humanité ». Soixante après cet événement qui constitue, pour le président Sylvanus Olympio, le père de l’indépendance, la naissance de la nation togolaise, il est clair que cette aspiration légitime est restée un vœu pieu. Il en est ainsi parce que l’indépendance conquise a été aussitôt confisquée pendant 53 ans par une oligarchie militaro-civile. De même, sur les 60 ans d’indépendance, 30 ans ont été marqués par des affrontements politiques stériles qui ont enfoncé le pays dans une profonde léthargie, du fait de la volonté obstinée d’un camp à s’éterniser au pouvoir contre la volonté populaire.

A l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de l’accession de notre pays à sa souveraineté nationale et internationale, les DSA voudraient souhaiter une bonne fête de l’indépendance aux Togolais de l’intérieur et de la diaspora. Ils voudraient convier toute la classe politique, dans son ensemble, à se saisir de cette occurrence pour créer les conditions d’un nouveau départ dans notre vie commune. Il s’agit, de manière triviale, pour le gouvernement sortant d’accepter la transmission pacifique du pouvoir et pour la Dynamique victorieuse de la présidentielle de promettre la réconciliation et la mise à contribution de toutes les formations politiques, y compris la vaincue, aux efforts de refondation de notre pays, pour en faire un Etat dispensateur de soins et d’éducation de qualité, d’emplois décents et d’infrastructures adéquates à sa population.

Nous saisissons l’opportunité pour remercier les partis politiques frères, les organisations de la société civile, les acteurs de défense des droits humains, les autorités religieuses et les chancelleries occidentales dont l’action conjuguée a permis la libération conditionnelle du président Agbéyomé Kodjo et de ses co-accusés. Nous voudrions également compter sur le soutien et l’accompagnement de tous ces acteurs pour une issue heureuse de la crise postélectorale et, par ricochet, de la crise politique de notre pays.

Que l’Eternel bénisse le Togo, ses leaders politiques et les inspire davantage afin qu’ils acceptent de travailler, de concert, à offrir aux Togolais la paix, la concorde et la prospérité partagée.


Fait à Lomé, le 27 avril 2020

Pour le bureau exécutif,

Le Secrétaire administratif,

Gbare NABINE

 

 

Communiqué des Démocrates socialistes africains (DSA) relatif à la libération conditionnelle du président Agbéyomé Kodjo, de leur Secrétaire général et à la fête de l’indépendance

 

Ce 27 avril, le Togo commémore les 60 ans de son indépendance

27 avril 1960-27 avril 2020, 60 ans exactement le Togo a eu son indépendance. Un jubilé de diamant qui sera célébré, en raison de la pandémie du coronavirus, dans des conditions particulières.

Bien que quelques décorations soient visibles dans les principaux artères de Lomé, cette commémoration, contrairement au traditionnel défilé militaire et civil, sera marquée par une seule cérémonie.

Une prise d’arme qui sera présidée par le chef de l’État Faure Gnassingbé est prévue ce lundi matin, au palais de la nouvelle présidence. Et, dans le strict respect des mesures barrières.

Un parterre de personnalités réduites (les présidents des Institutions de la Républiques. Les membres du gouvernement, le bureau de l’Assemblée nationale, les chefs d’État-major des différentes armées ainsi que les chefs corps des FAT) y est invité.

Ce dimanche, rappelons-le, Faure Gnassingbé a procédé à la ranimation de la flamme de l'indépendance.

Rayan Naël

 

 

Ce 27 avril, le Togo commémore les 60 ans de son indépendance

 

Fête de l'indépendance : La dynamique Mgr Kpodzro s'adresse aux Togolais

"Le changement est bien là. Il est arrivé depuis le 22 février 2020 et ne peut que prendre forme les jours à venir", voici l'assurance que donne la Coordination internationale de la dynamique Mgr Kpodzro au peuple togolais qui aspire depuis des décennies à l'alternance et au changement. C'est à travers ce message à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du Togo.

ADRESSE À LA NATION DU LUNDI 27 AVRIL 2020 DE LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (CIDMK)

Cher(e)s Compatriotes,
Togolaises, Togolais,

Il y a soixante (60) ans, soit deux générations de cela, que notre Beau pays, le Togo, accédait à la souveraineté internationale.

Nos précieuses pensées et notre profonde reconnaissance à toutes et à tous les Patriotes qui par leurs sacrifices variés ont rendu possible cette ère de l’histoire de notre Nation. Hommage à vous tous, Vaillantes filles et Vaillants fils du Togo. La Nation vous sera éternellement reconnaissante.

Une pensée particulière à Sylvanus Olympio, Père de l’Indépendance et premier Président de la République Togolaise, première victime d’une série de crimes sans précédent et de violations de droits et libertés fondamentales.

Un survol historique s’impose à chacun d’entre nous pour apprécier le chemin douloureux parcouru par le Peuple togolais, et définir en toute objectivité la riposte citoyenne et patriotique pour la reconquête de notre souveraineté.

L’analyse par décennie de l’évolution politique et socio-économique de notre pays n’offre pas un tableau reluisant.

Au cours de la décennie 1960-1969, le président Sylvanus Olympio, fut lâchement assassiné le 13 janvier 1963, par un groupe de soldats mené par le sergent Étienne Gnassingbé Eyadéma, aidé par de nombreux vétérans issus de l’armée française.

C’est au cours de la même période (1963-1967), que les militaires cèdent le pouvoir à M. Nicolas Grunitzky en tant que Président de la République, avec M. Antoine Méatchi, leader politique du Nord, comme vice-président du Togo. Ce bicéphalisme issu de la constitution de la 2ème République, ne résistera pas à l’appétit du pouvoir des militaires.

Finalement, cette décennie fut conclue par la reprise du pouvoir par les militaires plus précisément le 13 Janvier 1967. La constitution fut suspendue, l’assemblée nationale dissoute, les partis politiques interdits. Un Gouvernement composé de militaires et de civils va régenter la vie politique et et socio-économique du pays avec des violations massives des droits de l’Homme, d’acculturation des citoyens, masquées par la création du parti unique le Rassemblement du peuple togolais (RPT) en 1969.

Durant la décennie 1970-1979, le Président Eyadéma Gnassingbé dirigea le pays d’une main de fer, et renforça son pouvoir par une autocratie ayant pour socle une armée familiale, tribale et clanique. Cette situation durera le long des années 1980-1989.

La décennie 1990 marque le réveil du Peuple togolais avec le soulèvement populaire du 05 octobre 1990. Ce qui a permis d’obtenir la tenue de la conférence nationale, la mise en place des institutions de la 4eme République censées permettre le retour de la confiance au Togo, la paix et la prospérité partagée pour tous. La page du changement reste ouverte sur l’avenir mais que de rendez-vous manqués!

Le 25 janvier 1993 reste une page noire dans notre douloureuse marche vers la Libération nationale avec le massacre de la Place Fréau Jardin.

Le 21 juin 1998 va ouvrir le bal des présidentielles gagnées par l'opposition et confisquées par la dictature militaro-clanique.

La décennie 2000-2009 est marquée par la succession chaotique sur fond de coup d'état militaire et constitutionnel le 05 février 2005 du dictateur, le Général Eyadéma Gnassingbé par son fils Faure Gnassingbé. S'en est suivi un hold-up électoral dans un bain de sang avec plus de 1.000 morts comptabilisés par les organisations des droits de l'Homme au lendemain du scrutin présidentiel du 24 avril 2005 remporté par l'opposition. C'est ainsi que va s'ouvrir devant la Nation tout entière l'ère la plus cynique de notre histoire politique récente.

La décennie 2010-2019 consacrera l'usurpation des victoires de l'opposition aux présidentielles de 2010 et 2015 sans que Faure Gnassingbé ne soit inquiété de quoi que ce soit, le peuple pacifique, impuissant et désabusé par la forfaiture politique permanente au Togo.

Toutes ces dérives ont finalement fait du Togo l'orphelinat de l'Humanité, un État de non droit où tous les crimes sont permis et les droits de l'Homme totalement bafoués.

Concitoyennes et Concitoyens!

Notre contexte politique depuis le 21 avril 2020 rappelle tristement celui de l'assassinat le 13 janvier 1963 de Sylvanus Olympio par une soldatesque au service d'intérêts étrangers hostiles au développement et à la prospérité des peuples du Togo et d'Afrique. Depuis lors, la double crise éthique et spirituelle fondatrice de la République du Togo s'est grevée d'une crise identitaire et managériale qui va complètement désaxer à tous égards notre pays.

Maintes initiatives pour sortir la République de l'ornière n'ont pas été concluantes jusqu'à l'avènement récent en octobre 2019 de la Dynamique Monseigneur Kpodzro portée par le Patriarche de la Nation, l'Archevêque émérite de Lomé, Monseigneur Philippe Fanoko Kossi Kpodzro. Ce qui a débouché sur l'élection présidentielle du 22 février 2020 qui a porté à la magistrature suprême du Togo, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo.

Contrairement à la volonté populaire, la vérité des urnes a été violée et le 21 avril 2020, l'histoire s'est donc répétée avec le coup d'état juridico-militaire d'une violence inouïe qui a conduit à l'enlèvement dans un contexte d'humiliation et de traumatismes du Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, trois de ses enfants, les proches de la famille, des collaborateurs, et des Patriotes venus de tous horizons, soit 52 honnêtes citoyens arbitrairement arrêtés, menottés de dos, bastonnés et plaqués au sol face contre terre. Cette expédition punitive a été filmée par les forces de sécurité qui, avant leur retrait après avoir saccagé le domicile du Président démocratiquement élu, se sont emparées de tous les procès-verbaux des bureaux de vote recueillis par la Dynamique Monseigneur Kpodzro.

Il est à noter que la mobilisation citoyenne n'a pas été au rendez-vous comme lors du coup d'état militaire du 13 janvier 1963, vu le poids de la peur dans le pays conjugué au vœu du Président élu lui-même de ne voir verser une seule goutte de sang de ses compatriotes.

Devant la vacuité de l’intrusion au domicile du Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo dix-sept détenus ont été libérés, 35 sont restés en détention y compris le Président démocratiquement élu, jusque tard dans la soirée du 24 avril 2020 où 18 d'entre eux ont été libérés.

La libération assortie de mesures de contrôle judiciaire du Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo signe le coup de force juridique venant parachever le coup de force constitutionnel du 03 mars 2020 et le coup de force militaire du 21 avril 2020. Un triple coup de force qui rappelle le crime imprescriptible de 2005 dont Faure Gnassingbé et ses affidés sont comptables.

Concitoyennes et Concitoyens!

Les filles et les fils du Togo tout entier, l’opinion nationale et internationale ont eu accès aux conditions de mise en liberté. C’est une véritable insulte à l’intelligence! Ces conditions consacrent un coup de force militaro-politico-judiciaire de plus. C’est l’achèvement de la mise sous contrôle de toutes les institutions de la République. Cette imposture caractérisée n’est rien d’autre que le prolongement du coup d’État permanent de Faure Gnassingbé arrivé par effraction à la tête de l’État à la suite du décès de son défunt père, le Général Eyadéma Gnassingbé.

Les contours des mesures préventives édictées par le doyen des juges d’instruction, M. Awi ADJOLI, frisent le ridicule et sont attentatoires à la liberté d’opinion et d’expression et détourne un contentieux purement électoral en contentieux criminel.

Avec cet énième coup de force judiciaire, la déliquescence des institutions et la faillite morale du régime sur tous les plans est consommée.

En somme, en refusant au Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo de faire toute déclaration tendant à la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020, le pouvoir fait l’aveu de sa cinglante défaite. La Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro relève que les mesures de contrôle judiciaire imposées au Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo butent à plusieurs principes relevant des droits des libertés fondamentales notamment les libertés de manifestation et d’expression, faisant la preuve de la volonté manifeste du pouvoir sortant de le réduire au silence afin de jouir aisément du grotesque hold-up électoral du 23 février 2020. Seulement cela ne passera qu'importe une éventuelle prestation de serment du putschiste invétéré et inénarrable Faure Gnassingbé qui sera combattu fermement sur tous les fronts jusqu'à la libération nationale cette année 2020.

La Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro tient de tout cœur à exprimer ses remerciements au Vaillant Peuple togolais, aux forces de sécurité, à certains membres du parti au pouvoir togolais qui au plus profond de leur silence ont convergé la puissance de leur désir pour obtenir cette libération. Nos remerciements vont également aux partis politiques, aux mouvements et associations de la société civile, aux forces vive de la Nation, qui se sont indignés de l’acte barbare des forces du non Amour, partisans de l’immobilisme et de l’obscurantisme.

Nous voulons également adresser nos plus vifs remerciements aux diplomates et aux partenaires extérieurs qui ont pris le parti de la vérité.

Enfin, nous voulons en toute humilité nous incliner devant l’engagement authentique et immaculé du Patriarche de la Nation, l'Archevêque émérite de Lomé, Monseigneur Philippe Fanoko Kossi Kpodzro, à qui nous exprimons notre profonde gratitude et la Tendresse filiale de toutes les filles et de tous les fils du Togo tout entier.

Cher(e)s Compatriotes,
Togolaises, Togolais,

Les événements de ces derniers jours ont révélé à la face de la Nation tout entière et du monde combien le Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo est un Grand Homme d’État, un Grand Serviteur de la République, Homme de Paix et Visionnaire qui aime profondément son pays. Incontestablement les faits démontrent à suffisance qu'il est l'Homme de la situation à même de rassembler toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier et relever la Terre de nos Aïeux des abîmes.

Deux générations se sont écoulées et le Togo a régressé sur tous les plans comme en témoigne actuellement l'état de la Nation. Le pire est l'absence criarde d'humanité des tenants de la dictature militaro-clanique agonisante en cette période de pandémie mondiale au COVID-19 où le Peuple togolais est quasi abandonné à son propre sort; révélant ainsi au monde son irresponsabilité et sa cruauté.

Le changement est la seule constante de l'Univers et nous devons tous ensemble le graver profondément en nous. Nous devons nous faire solennellement le serment que cette année 2020 est celle de l'Alternance politique au Togo quoiqu'il advienne.

L’année 2020 se décline comme l'année des grands bouleversements mondiaux et de changement et la Terre de nos Aïeux ne sera pas du reste.

C'est pourquoi la Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro tient à rassurer chaque fille et chaque fils du Togo que le changement est bien là. Il est arrivé depuis le 22 février 2020 et ne peut que prendre forme les jours à venir.

Qu'importe les manœuvres du pouvoir sortant! La Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro est déterminée, portée par tous les Patriotes de tous horizons, à libérer par tous les moyens légaux la Terre de nos Aïeux cette année 2020 sur le fondement de la Souveraineté populaire conférée le 22 février 2020 à Son Excellence, le Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo. Nul n'est au-dessus du Peuple et la violence ne saurait guère faire loi au Togo!

Cher(e)s Compatriotes,
Togolaises, Togolais,

L'objectif de la Libération nationale est l'implémentation sans délai du triptyque Transition-Constituante-Refondation du Togo afin d'ouvrir le chemin de la 5ème République.

L'action citoyenne doit plus que jamais venir en appoint à l'action politique tant le Togo regorge de multiples expertises dans le champ citoyen. A ce titre, une réflexion sérieuse sur un Plan d'action citoyen pour un Togo éthique (PACTE) devra être conduite par un groupe d'experts nationaux et de la diaspora en vue d'enrichir l'action politique pour le Togo Nouveau appelé de tous nos vœux.

La Coordination internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro estime que le Togo auquel aspire la Nation tout entière se doit dorénavant de sacraliser les valeurs à même de promouvoir l'éveil des consciences, l'Amour, l’Équilibre, la démocratie, l’État de droit, la bonne gouvernance éthique, une transformation structurelle de l'économie, la réappropriation de notre histoire et héritage culturel. C'est la seule et unique voie pour nous de permettre à la Terre de nos Aïeux de jouer un rôle pionnier dans la mise en place d'un nouveau paradigme de gouvernance sociopolitique et économique en Afrique et dans le monde à la hauteur de sa tâche-mission : Togo « Or de l'Humanité ».

Telle est la vision qui structure l'action de la Coordination internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro dans son combat pour la Libération nationale et l'investiture du Président démocratiquement élu, Son Excellence Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo.

Désormais le Soleil doit véritablement briller au-dessus du toît de chaque Togolais appelé à vivre au quotidien dans la Sécurité, la Paix, la Justice et la Prospérité. L'Amour et rien que l'Amour doit être plus que jamais au cœur de notre quotidien pour un Togo réconcilié, fraternel et prospère.

Joyeuse fête de l'indépendance à tous et que Dieu bénisse le Togo, chacun de ses enfants.

 

 

Fête de l'indépendance : La dynamique Mgr Kpodzro s'adresse aux Togolais

 

Fabre exhorte les jeunes à « s’approprier l’histoire des pères de l’indépendance »

Le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), à l’occasion du soixantième anniversaire de l'accession du Togo à la souveraineté internationale, appelle la jeunesse togolaise à suivre l’exemple des « pères de l’indépendance ».

Jean-Pierre Fabre, dans son message en ce jour anniversaire de l’indépendance du Togo, invite ses compatriotes, surtout les jeunes à s’investir dans les affaires publiques de la cité. « L’heure est venue pour la jeunesse de notre pays de s’approprier l’histoire des pères de l’indépendance, en s’engageant résolument sur la voie conduisant à la transformation de notre pays en une nation libre, prospère, débarrassée du tribalisme ».

En clair, il est temps pour elle de prendre le flambeau, de faire davantage sa part dans la lutte, se sacrifier pour la cause publique, pour l’alternance. C’est depuis les années 90 que cette lutte a commencé sans donner des résultats concrets jusqu’aujourd’hui. Un seul parti règne sur le pays depuis plus d’un demi-siècle. Toutes les élections qui y sont organisées sont toujours truquées, critiquent toujours l’opposition la plus représentative.

Le président de l’ANC donne l’impression à travers ce message que la situation peut basculer à tout moment, pour déboucher sur le changement si la jeunesse prend conscience de son rôle, de son importance parce que « qu’il n’y a pas de meilleur endroit que son pays pour vivre et s’épanouir ».

A la dernière élection présidentielle du samedi 22 février, Jean-Pierre Fabre a été classé troisième avec un peu plus de 4%, selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle. Le chef de l’Etat sortant a été crédité de plus de 70%, un score lui ouvrant la voie d’un quatrième mandat.

A.H.

 

 

Fabre exhorte les jeunes à « s’approprier l’histoire des pères de l’indépendance »

 

Drame à Adakpamé : Jean-Pierre Fabre réclame justice pour la famille

D’entame, il faut préciser que la victime était militante dans la sous-section de l’ANC à Adakpamé. Ce qui explique la démarche du président de cette formation politique accompagné de son vice-président et d’autres responsables du parti.

Au cours de cette visite, la famille de la victime est revenue sur les faits tels qu’ils se sont déroulés et regrette le décès de leur fils. A son tour, Jean-Pierre Fabre a présenté ses vives condoléances à la famille éplorée et a promis réclamer justice pour cet ancien militant de son parti.

« Le Président Jean-Pierre Fabre a exprimé son indignation, sa peine, sa compassion et la solidarité de son parti à la famille endeuillée. Il lui a présenté ses condoléances et celles de l'ANC », écrit Francis Pédro AMUZUN, Conseiller chargé des relations avec les médias au sein du parti.

Le président de l’ANC, a-t-il poursuivi, a promis d'écrire aux autorités pour « exiger l’ouverture d’une enquête, afin que les responsabilités soient situées et que les auteurs de cet assassinat soient punis ».

Nicolas K

 

 

Drame à Adakpamé : Jean-Pierre Fabre réclame justice pour la famille

 

Jean-Pierre Fabre : « Il est inadmissible que nos compatriotes perdent la vie dans de simples opérations de sécurité sanitaire »

Dans son message à la nation à l’occasion du 60em anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre Fabre est revenu sur les grands faits ayant marqué, ces derniers jours, l’actualité sociopolitique et sanitaire du pays. Monsieur le maire de la commune Golfe 4, dénonce, déplore, fustige et critique la façon dont le régime de Faure Gnassingbé gère la situation en cette période de crise sanitaire liée au Covid-19.

D’entrée de jeu, le leader politique « dénonce » les graves irrégularités ayant émaillé l’élection présidentielle du 22 février 2020 et rejette, une fois encore, les résultats « fantaisistes » proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour Constitutionnelle. L’opposant estime que le Prince de la Marina, depuis son accession sanglante au trône, ne fait que perpétuer le mode de gouvernance instauré par son père.

« L’illusion de changement proclamé par Monsieur Faure Gnassingbé n’a pas résisté à l’épreuve des faits. Comme pour confirmer que son pouvoir n’est que le continuateur du système instauré par son père, les mêmes méthodes inquisitoriales d'enquête, les procédures judiciaires arbitraires demeurent, mettant ainsi les hommes et les femmes de notre pays en état d’insécurité juridique et judiciaire permanente. C'est pour moi l'occasion d'insister une fois encore sur le respect des principes de l'État de droit, protecteur de tous », a souligné Jean-Pierre Fabre.

Sur le dossier d’Agbéyomé Kodjo, le président de l’ANC « fustige » le fait que le pouvoir instrumentalise la justice pour régler une affaire d’ordre politique. Il juge « infondée », la procédure judiciaire engagée contre l’ancien Premier ministre et ses camarades de la Dynamique Kpodzro. « Je demande qu’il soit mis fin à la procédure mal fondée, engagée contre Monsieur Agbéyomé Messan Kodjo et toutes les autres personnes citées dans la crise postélectorale actuelle. Il faut que cessent tous ces abus : déni de droit et abus de pouvoir auxquels nous assistons tous les jours dans notre pays », a indiqué l’homme politique.

Revenant sur la gestion de la crise sanitaire que traverse actuellement le pays, le maire du Golfe 4 « condamne » les actes de violences exercés par la force mixte anti-pandémie sur les citoyens lors des patrouilles dans le cadre du couvre-feu. Jean-Pierre Fabre trouve inadmissible que des « compatriotes » perdent la vie de simples opérations de sécurité sanitaire. Il demande à ce que les auteurs des bavures soient punis conformément à la loi.

« J’exprime ma sympathie aux blessés et mes condoléances aux familles affligées. Nous devons être unanimes à exiger que les auteurs soient effectivement recherchés, arrêtés et mis à la disposition de la justice pour être jugés et punis à la hauteur de leurs actes. Il est insupportable et inadmissible que nos compatriotes perdent la vie dans de simples opérations de sécurité sanitaire », a-t-il déploré.

Pour finir, l’ex-leader de la C14 invite les populations à observer les mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires. « Protégeons-nous pour préserver notre pays », a-t-il conclu.

Godfrey A

 

 

Jean-Pierre Fabre : « Il est inadmissible que nos compatriotes perdent la vie dans de simples opérations de sécurité sanitaire »

 

TOGO-GRAND DOSSIER/ 60 ans déjà , 27 avril 1960 - 27avril 2020 : Une indépendance hypothéquée !

Le Togo célèbre ce 27 avril 2020, le 60ème anniversaire de son accession à la souveraineté International. Et la question que nous devons nous posez est : Est-ce que nous sommes réellement indépendant ? Peut-on oublié le jour où l’on nait ? Il s’agit d’une date que l’on ignore jamais mais une date à laquelle un bilan est fait du parcourt de vie après moult analyse. Ici, il s’agit d’une date où la terre de nos aïeux a vu le jour au prix du sang innocent comme pour parler d’agneaux immolés. Ce fut un grand boom et le peuple avait tellement cru. Ce n’était qu’un conte de fée… fut la réponse d’un octogénaire à son petit-fils après avoir observé les déboires de ces personnes avides d’esprits et d’idées qui ne cessent de faire entorse à l’histoire.

Abasourdi, le vieillard inclina subitement sa tête accompagné d’un grand soupire, signe de souvenirs atroces, accablants, tristes…beaucoup de choses passant par l’esprit, affaiblissant le rythme du pool humain. « L’histoire tant vers la perdition’ » a-t-il déclaré ; chose réelle, cette perdition est due aux multiples déboires, usurpations, perfidies, mensonges que pouvons-nous dire encore de ces personnes physiques ou morales qui la revendiquent et qui se battent pour la paternité de la chose nationale, cette liberté… Cette indépendance-là, assise sur la braise que le Togo est loin, très loin de s’offrir réellement.

Le Togo a été un gâteau juteux longtemps partagé par les puissances européennes ; il fut privé de ses fils et filles valides, de ses biens et richesses naturels. La division que nous vivons aujourd’hui reste ce grand cadeau que ces exploitations nous ont laissé, exploitations injustes qui ont interpellé un homme qui lutta fort pour lui offrir (Togo) une place dans le concert des nations. Le 27 avril 1960 mérite donc d’être célébrée par tous les togolais sans distinction. La joie fut très immense et la veille c’est-à-dire le 26 avril 1960, le financier du mouvement de l’indépendance s’en est allé ; Augustino Pa de SOUZA fut ce souffle qui a nourri les ambitions de Sylvanus OLYMPIO à atteindre l’objectif fixé. « Vous ne pouvez même pas produire une aiguille, comment voulez-vous être indépendants ? » Mais justement pourquoi nos pays ne pouvaient-ils pas produire une aiguille ? Parce que, pendant cent ans de colonisation, on nous avait affecté à ce rôle précis : ne pas produire même une aiguille, mais des matières premières, c’est-à-dire dépouiller tout un continent (Joseph Ki-Zerbo disait)» Le Togo qui, depuis 1884, a été successivement protectorat allemand, condominium Franco- britannique, territoire sous-tutelle de la France, retrouve en ce jour du 27 Avril 1960 sa liberté d'antan. La proclamation de l'indépendance était faite. Les nationalistes aussi érigeaient leur nouveau drapeau pour la république : bandes jaunes et vertes superposées horizontalement, une étoile blanche dans un carré rouge dans l'angle supérieur gauche, symbolisant la victoire sur le sang de nos aïeux.

En 1967, Etienne Eyadema Gnassingbé, celui-là qui a fait la guerre d'Indochine revenu au pays, prit le pouvoir pour le plonger dans un abîme indescriptible ; ceci en complicité avec certains de nos parents qui lisaient des motions pour gagner leur vie en vendant même leurs frères. Dans les années 90, avec le multipartisme, au moment même où le régime était à terre, c'est au sein de l'opposition que le pouvoir a trouvé des échappatoires pour revenir en force. Ce sont majoritairement les mêmes qui sont là encore actuellement. Le régime a sa responsabilité, les vis-à-vis du pouvoir en ont la leur et le peuple en a la sienne. L'assassinat de Sylvanus Olympio est intervenu dans un contexte politique et social hostile à sa gouvernance. Les citoyens de la jeune nation togolaise ne comprenaient pas du tout la politique économique de Sylvanus Olympio, la scission de la coalition Cut-Juvento avec de nombreux réfugiés politiques togolais au Bénin et au Ghana lui rendaient difficile sa tâche. Il avait une vision, une très belle vision pour son pays, sauf qu'il l'imposait. Mais en rien, cela ne justifiait son assassinat. Ce qui est beaucoup plus triste, c'est qu'aucun groupe organisé ne s'est levé contre ce crime et certaines personnes ont festoyé à l'annonce de sa mort. Eyadema accueilli en héros fait rentrer tous les réfugiés politiques quelques années plus tard et annonça un programme de réconciliation nationale. Nul ne peut effacer une page de l’histoire d’un pays nous dit-on. Mais là, l’histoire du Togo la terre de nos aïeux semble façonnée au rythme politique, triste réalité qui nous interpelle. Nul n’a besoin de réécrire l’histoire mais plutôt de la marquer d’encres indélébiles dans toute sa réalité afin que les générations futures en prennent connaissance et conscience.

Proclamation de l'indépendance du Togo sous tutelle de la France le 27 Avril 1960 par le Premier Ministre Sylvanus E.K. OLYMPIO.
Sentinelle, que dis-tu de la nuit? La nuit est longue, mais le jour vient, répond la sentinelle.

Le 27 avril 1960 à zéro heure, Sylvanus proclamait le discours de l'indépendance dont voici un extrait : « De ce moment et à jamais, affranchi de toute sujétion, de toute entrave, maître de ton destin, TOGO, mon pays, te voilà libre enfin ». Togo, mon pays, te voici libre enfin. Libre d'être toi-même, de suivre tes idées et tes inclinaisons… de choisir selon ta raison et tes sentiments, de décider d'après ta propre volonté, libre enfin, dans la dignité retrouvée, de prouver et d'affirmer ta personnalité. Notre joie est profonde, immense. Si profonde qu'elle ne peut s'empêcher d'être grande aussi. Le jour est venu, mais la nuit a été longue. Tant d'années avant d'avoir pu être compris, tant d'espoirs pour rester ferme tout au long de cette lutte semée de déceptions, tant de volonté pour connaître enfin cette heure que nous ne saurions vivre avec légèreté. Mais le jeune Togo est là, fier de sa force, impatient d'entrer dans l'arène. Il porte sur le front l'orgueil d'un peuple libre et son cœur ardent s'emplit d'enthousiasme devant la tâche, certes rude mais combien exaltante, qui lui est offerte. Que sa joie éclate ! Que dans tout le pays, nul autre sentiment ne partage les cœurs afin que cet instant, unique dans la vie d'une nation, reste pur dans le souvenir de ceux qui l'auront vécu. Instant historique aussi. A ce lieu, en ce jour, à cette heure, au nom du peuple Togolais, je proclame solennellement l'indépendance du TOGO, notre patrie. Et maintenant, Togolais et Togolaises, allons, comme l'hymne national nous le convie, allons tous ensemble bâtir la cité. Libre enfin dans ta dignité de retrouver, de prouver et d'affirmer ta personnalité. Que la joie du jeune Togo éclate (…)» Cette nuit-là, c'était l'écarlate tout entière ! 21 coups de canon avaient immédiatement suivi la fin du discours du Premier Ministre Olympio comme pour dire : « Togolais c'est la fin de l'ère coloniale, réjouis-toi à partir de ce moment d'être toi-même » La joie éclata dans tous les coins et recoins du pays. Tout cria de joie. Certaines personnes âgées, avaient exprimé leur émotion par les pleurs. Oui les pleurs, car pour eux, ils ne croyaient pas voir de leurs propres yeux le drapeau du jeune Togo indépendant monté, avant de mordre le trépas. Ils avaient touché du doigt leur plus grande espérance ! Certains allaient jusqu'à dire après la proclamation, qu'ils pouvaient en ce moment d'alors mourir paisiblement sans regret. C'était le cas d'Augustino de Souza l'ancien Président et financier du CUT qui en était mort la veille de la proclamation officielle Nous étions au 27 avril 1960, jour mémorable et inoubliable pour tous les Togolais. Le grand défilé a été l'apothéose suivie dans la soirée des réjouissances populaires. Le 27 avril 1960 appartient désormais à l'histoire. Différents régimes se sont succédés depuis 1956, c'est-à-dire de Nicolas Grunitzky, de 1956 à 1958 en passant par Sylvanus Olympio, de 1958 à 1963, Grunitzky bis, de 1963 à 1966, Kleber Dadjo de 1966-1967, Eyadema Etienne Gnassingbé de 1967 à 2005, Abass Bonfoh en 2005, puis Faure Essozimna Gnassingbé de 2005 à nos jours C'était par exemple le régime Grunitzky de 1956 à 1958 qui avait versé le sang sur la terre de nos aïeux pour la première fois en 1951 et 1957 le 2l juin. Lama Kara (21 personnes avaient trouvé la mort). Le régime de Sylvanus Olympio de 1958 à 1963 avait orchestré des arrestations sauvages très massives en 1961 et 1962. De 1961 en novembre 1962 plus de 2700 citoyens croupissaient en prison dans des conditions les plus ignobles et inhumaines sous le régime de Olympio.

Notre indépendance si chèrement acquise est à ce jour déficitaire

Aujourd’hui nous sommes incapables de gérer nos affaires politiques avec compétence et voir nos filles et fils vivre dans l’harmonie, dans l’unité nationale sur la terre de nos aïeux où tout le monde respectera les droits et libertés d’autrui. L’expérience nous enseigne que dans notre Togo, l’opposition que certains éléments créent au nom de la démocratie, n’est pas souvent inspirée par le souci du bien général ; la recherche de la gloriole et des intérêts personnels en est le principal, sinon l’unique mobile. L’existence d’une opposition intelligente, dynamique et constructive est indispensable afin d’équilibrer la vie politique et administrative du gouvernement au pouvoir. Nous vivons dans un pays presque en état de siège. Les Togolais vivent dans une situation de psychose permanente et s'affrontent dans des formations politiques qui s'opposent. Notre indépendance si chèrement acquise est à ce jour déficitaire ; c'est un Togo en faillite que nous risquons de laisser à la postérité si nous ne nous mettons pas maintenant, sans plus tarder à cultiver vertu et vaillance. Nous sommes « seuls artisans du bonheur de notre pays ainsi que de son avenir. Brisons les chaines de la traitrise et redevenons fidèles à notre serment de lui toujours rester fidèles, de faire encore de notre patrie chérie, L'OR de l'HUMANITE. Oui, c'est encore possible si nous unissons nos efforts sur l'immense chantier d'où naitra toute nouvelle, la grande humanité. Partout, au lieu de la misère apportons la félicité, Chassons du monde la haine rebelle. Finis l'esclavage et la captivité. A l'étoile de la liberté, renouons avec la solidarité des nations dans la fraternité. « Faire encore de toi sans nous lasser, TOGO CHERI L'OR DE HUMANITE (3èm couplet de notre hymne national)» Oui, c'est possible. Le peuple a faim, le peuple est malade, le peuple à peur. Les Togolais, qui le peuvent, s'exilent et vont construire des maisons dans les pays voisins pour fuir l'insécurité. Le peuple à peur des forces chargées d’assurer sa sécurité. Le peuple a peur, tout le monde se méfie de tout le monde. C’est notre devoir de faire du Togo, une terre de la justice, du droit, de la liberté et de la paix. Tout ceci ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations.

Plusieurs activités sont inscrites au programme du 59e anniversaire de notre accession à la souveraineté International.

Les activités démarrent ce mardi 23 avril avec l'inauguration de l'usine de production de fer à béton dans la zone franche à Kara. Au mercredi 24 avril, sera effectuée l'inauguration du nouveau centre administratif à Lomé, à côté de la nouvelle présidence. L'inauguration du nouveau port de pêche aura lieu ce même mardi dans la zone industrielle Golfe. Dans la matinée du jeudi 25 avril, l'inauguration de l'usine de fabrication de produits plastiques Africa Plastic Technology, à Tsévié dans le Zio. Une autre inauguration suivra, celle de l'usine de production de jus d'ananas, jus délice à Gbatopé, dans le Zio. La pose de la première pierre de l'usine de production d'habillement militaire à Adétikopé et le lancement du projet «Olé» bouclent la journée. La veille de la commémoration du 59e anniversaire de l'indépendance du Togo sera marquée par la cérémonie de décoration à la place de l'Indépendance. Elle sera suivie à 18h par la ranimation de la flamme de l'indépendance et de la retraite aux flambeaux. Au petit matin du samedi 27 avril, résonneront les traditionnels 21 Coups de Salve. À partir de 8h40 le grand défilé militaire et civile. Les réjouissances dans les quartiers démarreront sous le coup de 14h. À 20h, auront lieu des méga concerts à Lomé et dans les chefs-lieux de régions. Le dimanche 28 avril à 15h, sera disputée la finale de la Coupe de l'indépendance. Cette activité sportive refermera les rideaux sur le 59e anniversaire de l'indépendance du Togo.

La célébration

Peut-on parler de célébration ? De quelle célébration s’agit-il ? Et qui mérite d’être célébrant ? La réponse à chacun selon son appartenance politique mais elle reste commune et unique pour tous les togolais qui sont restés attachés à l’histoire de la TERRE DE NOS AÏEUX. ‘‘La vérité existe, on invente que le mensonge’’. Le mensonge, OUI le mensonge, on l’a tellement inventé qu’il finit par s’installer à la place de la vérité. Mais comme la vérité a toujours triomphé quel qu’en soit les cas et la durée, l’histoire réelle du Togo reste indélébile dans les cœurs. Pour pouvoir célébrer une cause, il faut au prime abord l’accepter dans sa réalité. Si nous avons aujourd’hui une double voir triple célébration, c’est parce que tout simplement, les uns reconnaissent l’histoire mais éprouvent du mal à l’accepter ; les autres ne la reconnaissent nullement tandis que certains la reconnaissent, l’acceptent et lui restent fidèlement attacher. Faut-il jubiler, pleurer la mémoire des combattants pour l’indépendance du Togo ? Entre l'assassin déclaré et l’orphelin, qui doit se recueillir ? Ou peuvent-ils le faire ensemble ? Comme ce jeu d’échec où l’on bouge les pions sans se soucier de l’aboutissement de la partie comme le font si bien les professionnels de la chose, nous conduit dans l’impasse ! Comme le dit si bien l’observateur, il serait très difficile à un homme affamé de célébrer, de jubiler comme les autres mais s’il le fait, cela prouve son attachement à la cause. Et c’est lui qui célèbre plus car sa joie très immense se mêle à sa tristesse et suscite l’admiration de ceux qui l’entourent. Le bilan est plus que négatif pour ces 59 ans passés. Le poussin a été étouffée dans l’œuf ; La vie a changé de sens pour la poule et le coq, lui, a pris son chemin. Ainsi va la vie. Famine, mort, chômage, haine, traitrise, insécurité, chasses à l’homme, non-respect des droits de l’homme, impunité, pillage accrue des biens du peuple, blanchiment de toute sorte, usurpation, dettes extérieures très élevées, immoralité, infamie bref instabilité socio-économico-politico-sanitaire restent le bilan de ces 59 années de gestion de la terre de nos aïeux.

Mon pays va mal, très mal. Son indépendance est ainsi hypothéquée par ces maux déjà cités, ceci dû à la mauvaise gestion de la chose publique. Toutes les forces politiques que ce soient celles de l’opposition ou le parti au pouvoir se convergent dans la dynamique de bâtir un « Togo nouveau » en terme de respect de la constitution, de bonne gestion de la Cité, et d’équité pour le bonheur de tous. La terre de nos aïeux est prise en étau entre, d’un côté, les voleurs de la République qui dirigent et qui ont envie d’acheter le silence de tout le monde pour piller à vie et, de l’autre côté, ces leaders de l’opposition qui marchandent leur silence contre quelque billet de nos francs ou des postes juteux. Triste réalité. Déjà au Togo, le chômage des jeunes et la précarité des emplois informels représentent une menace sérieuse pour la paix, le développement et la stabilité du pays. Nous devons tous taire nos querelles, nous remettre au travail et reconstruire notre Togo et que Dieu et nos ancêtres bénisse la terre de nos aïeux.

Le TOGO, es-tu réellement indépendant ? La réponse de l’octogénaire revient et c’est réelle ; Oui mais hélas ! D’où le NON en réponse nette qui ne sera peut-être pas partagé… En tout cas, ce qui est humainement impossible et divinement possible.

José Eric GAGLI / Céline N'DANIKOU

 

 

TOGO-GRAND DOSSIER/ 60 ans déjà , 27 avril 1960 - 27avril 2020 : Une indépendance hypothéquée !

 

Chronique politique/Covid-19 : une crise mondiale préméditée… !.

Ça devient persistant... Plusieurs langues se délient...et parlent déjà de crise sanitaire préméditée frisant le complot... Acteurs, médecins, simples citoyens du monde évoquent déjà un plan malthusien bien ficelé pour décimer une partie de la population mondiale... La position formelle, publique et documentée de certains acteurs internationaux, à l’image de Nicolas Sarkozy, d’Emmanuel Macron, de Bill Gates ou encore de Georges Soros renforcerait cette lecture de la situation mondiale actuelle...

Du drame ou de la manipulation!

Alors que l’on n’est seulement à moins de 200 000 morts au plan mondial pour plus de 200 pays contaminés, l’on assiste déjà à un deuil mondial dû finalement au choix diarrhéique de confinement fait en cascade par les gouvernements. N’est-il pas légitime de se demander pourquoi les gouvernements n’ont jamais confiné au paravent leurs populations lorsqu’on sait que presque chaque année la grippe saisonnière fait des ravages à des dimensions bien plus incomparables : 400 000 morts en Chine chaque hiver à cause de la grippe saisonnière, 13 000 en Italie, plus de 10 000 en France, ainsi de suite…. !!!Pourquoi le monde n’avait-il pas été largement informé et alerté par les médias pour ces données pourtant bien connues du monde médical et des gouvernements ? Par ailleurs, comment se fait-il qu’au début de l’année aucun de ces pays n’a parlé des morts « hivernaux » habituels ? Ou n’y a-t-il plus eu de morts par cause de la grippe saisonnière en 2019/2020 ? Voilà pourtant que pour un corona virus dont les symptômes sont étrangement similaires à ceux de la grippe, un corona virus qui n’a fait pour l’instant qu’un dégât humain bien inférieur, tous les gouvernements s’amusent à limiter l’exercice des libertés publiques de leurs populations. Et le monde se retrouve en deuil...

Aujourd’hui les chiffres commencent à baisser. Beaucoup de pays enregistrent des guéris sans aucune intervention médicale. Certains gouvernements ont même décidé de déconfiner, Allemagne, Danemark, France, etc. Dans une telle situation de régression de la pandémie, certains spécialistes prédisent que la situation serait beaucoup plus préoccupante à l'avenir. Et l'on parle de dizaines de millions de morts pour le continent noir...Comment une épidémie qui n’a jusqu’ici touché que très marginalement l’Afrique peut-elle entrainer à l’avenir tous ces morts sur le continent ? Les vaccins sont alors doigtés. En effet plusieurs autorités politiques et médicales en Occident ont parlé d’un vaccin contre le Corona virus qui serait bientôt proposé aux gouvernements africains.Ce que dénoncent les Africains avec véhémence. Doit-on citer Kemi Seba, Aminata Traore, Didier Drogba, Samuel Eto’o, etc… qui se sont tout de suite exprimé contre une telle tentative des industries pharmaceutiques ?!!

Tout cela fait réfléchir… Les opinions nationales n’ont eu droit à aucune explication sérieuse. Des tapages sur les mesures barrières… oui ! Des émissions pour justifier le confinement, pour justifier les décisions prises par les exécutifs pour restreindre les libertés fondamentales des citoyens…oui !! Mais rien…rien sur l’origine de cette épidémie…rien sur les responsabilités internationales… rien sur ce qui peut être derrière tout ce cirque très suspect… rien sur ce qui pourrait suivre…Comme si cela ne suffisait pas, on assiste à des abus de la part des forces de l’ordre contre les populations… Tout ceci doit faire réfléchir…Oui la presse nationale doit mieux interroger les faits… elle doit sortir des sentiers battus…elle doit cesser d’etre une caisse de résonance locale aux médias étrangers… les médecins locaux doivent cesser de répéter ce que disent les médecins européens … et les politiques doivent se poser les bonnes questions afin d’éclairer les populations…L’État est un bien commun. Il ne peut être un instrument au service de logiques exogènes que les gens ne comprennent ni n’épousent. .

On se demande tout d'abord commentun virus si artificiel peut-il avoir subitement son origine dans un régime alimentaire chinois pourtant ancien et traditionnel. Très vite cette thèse de la chauve-souris ou du pangolin a été abandonnée, tellement elle ne répondait pas à toutes les questions de certains esprits trop curieux. Ensuite on indexe un laboratoire P4 en Chine. Et là on se demande comment une simple négligence dans un laboratoire chinois pourrait faire autant de dégats… On pourrait se demander ensuite au cas cette négligence soit avérée, si elle n'était pas voulue, manipulée pour produire des conséquences bien calculées et minutieusement planifiées… On pourrait se demander enfin comment les médias ont pu inculquer autant de peur aux populations pour ce " simple virus" qui n’est que de la grippe, et de la grippe la plus facile à traiter si l’on se réfère aux déclarations du Medecin Professeur Français Didier Raoult… !?

Nicolas Sarkozy-Antonio Guterres..

2019. L'ancien Président français Nicolas Sarkozy invité sur un panel de la REF, Rencontre des Entrepreneurs Français, prend une position bien troublante face à un sujet pas des moindres..il dit " Je suis né en 1955, j'ai 64 ans... A ma naissance, nous étions à 2 milliards et demi d'habitants.. Dans 30 ans , nous serons à 9 milliards. Et à la fin du siècle, nous serons à 11 milliards d'habitants. Quoique nous décidions, c'est fait!". Sarkozy dénonce lors de cette rencontre l'absence de débat sur la surpopulation mondiale et précise plus loin :" Dans 30 ans, le Nigeria aura plus d'habitants que les États-Unis d'Amérique. Lagos(Nigeria) actuellement est à 22 millions. L'Afrique sera à 2 milliards et demi. Le choc n'est pas climatique mais démographique. La crise migratoire, nous l'avons pas encore connue." Sarkozy dit simplement qu'une grande crise migratoire est à venir. Et que faire devant cette situation du moment où l'Afrique est au moins à 5 enfants par famille et que les Chinois ont révisé leur politique natale? Meme son de cloche pour Emmanuel Macron aux Nations-Unies en 2018 et quelques mois plus tard à Ouagadougou.

Sarkozy appelle à créer un organisme pour gérer cette surpopulation. Et du coup, des voix s'élèvent et prédisent des dizaines de millions de morts en Afrique avec Covid-19... Le Coronavirus vient résoudre le problème de Nicolas Sarkozy surtout lorsqu'on entend aussi le Secrétaire Général des Nations-Unies dans la logique de cette prédiction..

Les Occidentaux se voient menacés. Autant les autres peuples seront nombreux, autant ils seront forts et ils décideront à la place des Occidentaux, ce qui n'en est pas le cas aujourd'hui. Aujourd'hui, l'Asie seule est à 4 milliards 800 millions d'habitants.. ça leur fait peur et "il faudrait trouver peut-être des moyens pour décimer une partie, ce qui rendrait la multiplication plus difficile"..peut-être Covid-19 serait leur solution.. C’est de la géopolitique.

Dans les propos de Sarkozy, ça sent la peur, il a peur que les Orientaux occupent la première place mondiale.. Le message serait bien passé et la réponse immédiate..

Autre Thèse: Luc Montagnier..

La Thèse du Prix Nobel de Médecine 2008 Luc Montagnier bouleverse. Montagnier affirme que Covid-19 serait une création chinoise à partir de molécules du VIH, notamment.. Pourquoi ?? il estime que le but de l’exercice était de créer un vaccin contre le VIH SIDA à partir d’une souche du covid-2 bien connu, et que malheureusement quelque chose n’a pas marché et le virus nouveau sorti de cet attelage étrange se serait échappé en se mutant dans les organismes humains hôtes. Sa version conforte les affirmations de ceux qui ont conjecturé très tôt une manœuvre médicale bine connue de l’OMS et de quelques puissances occidentales et des Chinois eux-mêmes, contre l’Afrique noire. Même s'il est critiqué, cela nourrit pleinement la réflexion et tendrait à conforter la thèse du complot... Covid-19 serait donc là pour décimer, réduire considérablement la population mondiale..

Le Plan ne serait-il pas bien contre la population noire en général, les Asiatiques et une partie de l'Europe.!?.

Des études montrent déjà qu'il y aurait plus de Noirs morts du Covid-19 aux USA.. Le Taux de procréation de la Population Noire américaine est beaucoup
plus élevé..

Que doivent faire les gouvernements africains face à tous ces faisceaux d’information ? Confiner indéfiniment les populations au risque de se voir renverser par des crises sociales et politiques qui s’’y grefferont….

Covid-19 ne serait-il pas un plan bien ficelé pour renverser des Régimes francophones d’Afrique ? Des documents n’existeraient-ils pas pour conforter cette thèse ?

En tout cas, en Afrique, les Africains pourront réciter et chanter quotidiennement ce poème ‘’Les Vautours’’ de David Diop «Malgré les villages désolés, l’Afrique écartelée, l’espoir vivait en nous comme une citadelle.. Et le Printemps paraîtra sous nos pas de clarté.. »



Firmin Teko-Agbo, journaliste-chroniqueur politique

 

 

Chronique politique/Covid-19 : une crise mondiale préméditée… !.

 

« L’Afrique d’après est déjà là : Créative, Solidaire, Résiliente »
LE RENDEZ-VOUS DES IDÉES. L’intellectuel ivoirien Franck Hermann Ekra livre un point de vue africain sur la crise sanitaire mondiale du coronavirus.

L’Afrique est, pour l’instant, moins touchée que le reste du monde par la pandémie de nouveau coronavirus. La grande majorité des Etats a réagi avec rapidité et fermeté pour tenter d’empêcher le « pire » : une propagation incontrôlée du virus dans les immenses centres urbains du continent, où les systèmes de santé publique sont souvent défaillants. Si la crise sanitaire mondiale a révélé les fragilités des Etats du continent, il a dans le même temps fait jaillir une sorte d’effervescence intellectuelle.

A la mi-avril, cinquante penseurs, activistes, artistes et décideurs africains, réunis par l’économiste togolais, Kako Nubukpo, et le sociologue sénégalais, Alioune Sall, ont signé un texte appelant à la mobilisation des « forces vives » contre la pandémie. Un appel à mettre en commun leurs réflexions pour repenser l’Afrique et contrer les récits prédisant la « fatalité » d’une catastrophe. « Ce qui pouvait ressembler jusqu’ici à une utopie est entré dans l’espace des possibles », affirment-ils.

Cocoordinateur de cette initiative, l’intellectuel ivoirien Franck Hermann Ekra livre un point de vue africain sur cette crise globale. Pour cet analyste politique et critique d’art, le Covid-19 peut être l’opportunité de penser « l’Afrique d’après ».

Que peuvent ou doivent faire les intellectuels d’Afrique en cette période de crise sanitaire globale ?

Franck Hermann Ekra : L’emballement médiatique provoqué simultanément par la réception de projections catastrophistes sur les conséquences de la pandémie pour l’Afrique, émanant du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et la fuite d’une note prospective de la diplomatie française à la tonalité de prophétie autoréalisatrice, nous ont poussés à dépasser nos contradictions pour parler d’une seule voix.

Des grandes figures de la pensée se sont positionnés publiquement, tel que l’écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986, les philosophes sénégalais Souleymane Bachir Diagne et ghanéen Kwame Anthony Appiah. Ils prennent part à ce mouvement qui se veut d’insurrection intellectuelle, de réveil africain.

En situation de double contrainte entre le risque de dénonciation d’une posture d’affichage et d’indexation par les contempteurs de la trahison des clercs, les intellectuels africains ont décidé d’assumer ensemble leur fonction d’éclairage. Agir, militer, travailler pour défendre la société face au péril épidémique suppose une mobilisation générale sans distinction de sensibilité idéologique, du spectre du post-marxisme à celui du libéralisme.

Cet appel est un point de départ, l’expression d’une foi et d’une espérance dans l’esprit de solidarité qui a donné naissance en 1963 à l’Organisation de l’Unité africaine, devenue Union africaine. Nous espérons d’ailleurs aller plus loin en engageant un dialogue et des actions avec nos instances continentales pour dessiner ensemble, pour nous et par nous-mêmes, l’Afrique d’après.

Comment analysez-vous l’impact de cette crise sanitaire mondiale sur le continent africain et que révèle-t-elle ?

Pour la première fois, nous sommes confrontés à la mondialisation autrement que virtuellement. Ce virus « manuporté » est une métaphore biologique et physique du village global qu’il matérialise en le vampirisant. Le flux d’images à haut débit, d’un Occident désorienté, cantonné à la gestion de la pénurie et la mise à nue des failles de ses systèmes médicaux en incapacité d’absorber le choc de l’épidémie, a achevé de nous convaincre d’un état d’impuissance mondiale, d’un renivèlement de l’ordre international.

L’idée qu’une meilleure réponse pourrait provenir d’une Afrique coutumière de l’épreuve, des arts de faire et de résistance, d’une économie de l’inventivité et de la débrouille, s’est progressivement imposée sous la forme d’un fol espoir : celui d’une exception africaine face aux dangers qui menacent la biosphère.

Cette pandémie est un événement « sursignifiant », comme disait le philosophe Paul Ricœur, dont l’impact transforme notre rapport au monde et à sa compréhension, puisque chacun reconnaît désormais les limites de ses certitudes. Les Africains sont confrontés aux mêmes difficultés que le reste du monde avec toutefois un paradoxe temporel : nos Etats subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise avant ses effets sanitaires. Cette situation illustre une interdépendance trop souvent réduite à la dépendance à une économie d’empire.

On peut craindre en outre des défaillances au niveau des infrastructures de santé publique. C’est le résultat conjugué de mauvais choix de gouvernance et de politiques d’ajustement structurel des années 1990, imposées par les institutions de Bretton Woods qui ont déstructuré le projet d’Etat postcolonial. Cette crise pourrait favoriser une nouvelle prise de conscience des acteurs continentaux sur la nécessité de répondre en premier lieu aux minima sociaux, aux attentes vitales des populations plutôt qu’aux artifices de l’imaginaire de progrès.

Quel regard portez-vous sur les mesures de confinement difficilement mises en place par certains Etats ?

L’Etat providence n’existe plus, ni en Afrique ni ailleurs. L’idée même de fermer des villes, d’inventer des frontières intérieures ad hoc pour contenir l’expansion de la pandémie métamorphose la territorialité. Ce que le confinement met au jour, ce sont d’abord les inégalités sociales renforcées, l’accès limitatif à l’approvisionnement de vivres et de biens de première nécessité, mais aussi la place cruciale de l’économie populaire.

Ces inégalités se traduisent par des recrudescences d’incivilité, de violence urbaine ou domestique. Lorsqu’un Etat impose des mesures de confinement dont il n’est pas en mesure de garantir le respect, les populations imaginent des voies de contournement dans le dos du pouvoir. Les émeutes résiduelles s’expliquent par des réflexes de survie plutôt que par la contestation en bloc des systèmes. Ce sont des réactions ordinaires dans les situations de restriction des libertés de mouvement et d’asphyxie économique.
Comment les pouvoirs et les oppositions réagissent-ils ?

Cette crise favorise pour l’instant une séquence de trêve politique : les pouvoirs et ceux qui les contestent, habitués à la polarisation, se trouvent parfois forcés de coopérer. Au Cameroun, les sécessionnistes anglophones respectent un cessez-le-feu préconisé par les Nations unies auquel restent sourds les groupes armés extrémistes. Les pouvoirs autoritaires et « sécurocrates » s’en trouvent renforcés.

Au Tchad par exemple, le président Idriss Déby a scénarisé une spectaculaire offensive contre Boko Haram en pleine crise du Covid-19. Au Rwanda, le président Paul Kagamé a usé de fermeté sur le plan de la « redevabilité » en limogeant, pour l’exemple, une ministre pour défaut d’honnêteté sur l’état de préparation du dépistage et de la riposte sanitaire.

Dans des cités africaines sous couvre-feu, on a systématiquement recours dans le maintien d’ordre à l’arsenal autoritaire de la chicote, du châtiment corporel. Cela révèle la faiblesse des ressources de négociation de certains pouvoirs avec leurs populations.

La fréquence des adresses présidentielles à la nation dans la gestion de la pandémie est aussi un indicateur de proximité et de respiration démocratique. Au Ghana, le président Nana Akufo-Addo s’est exprimé régulièrement, tandis qu’au Nigeria, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, on constate un mutisme qui accroît l’anxiété sociale.

Quid du rôle des sociétés civiles ?

Cette crise sanitaire stimule un regain d’énergie chez les militants francophones soutenus par des philanthropes anglophones, qui peuvent profiter de ce moment de renégociation du contrat social avec les pouvoirs publics. Le président sénégalais, Macky Sall, a reçu récemment des membres du mouvement citoyen Y’en a marre.

Ces derniers lui ont suggéré les mesures sociales sur la baisse tarifaire de l’électricité. Le chef de l’Etat a accepté de prendre en compte leur proposition en anticipant sur leur réaction une fois la crise passée. Il leur a signifié qu’il se doute qu’ils seront les premiers à lui reprocher de faire revenir le prix à son niveau initial.

Pour nombre d’acteurs de la société civile, ce moment est un point de retour à l’idéal initial de protection des plus fragiles. On est sorti d’un schéma réducteur assignant aux militants un rôle de trublions, de contestation de rue. Ils sont pleinement proactifs et suppléent les défaillances de l’Etat en se dévouant au service des communautés.

Comment les artistes contribuent-ils à cet effort dans la lutte contre le Covid-19 ?

Ils sont en première ligne de la riposte. Toujours au Sénégal, une vingtaine d’artistes de cultures urbaines se sont réunis au sein d’un collectif constitué par Youssou N’Dour et Didier Awadi pour venir en aide à l’Etat. Habituellement, les stars du mbalax et du hip-hop, plus proche de l’univers de la lutte, ne collaborent pas.

Une même stratégie de communication relie tous les courants autour de cette lutte contre le Covid-19, avec un parti pris d’agir à deux niveaux : la sensibilisation, puis la lutte contre la désinformation, la propagation virale de fausses informations à l’heure de la post-vérité. Par exemple, les graffeurs de street art se déploient dans la ville et utilisent les médias permanents que sont les murs pour relayer les gestes barrières.

Les artistes contemporains ne sont pas en reste. Le plasticien bissau-guinéen Nu Barreto a introduit dans une œuvre en plans séquences journaliers « Traços Diario », des compositions inspirées par le confinement. Ils représentent cette restriction de liberté par une mise en bouteille de personnages ou d’objets du quotidien. Le peintre sénégalais Soly Cissé a quant à lui commencé une série intitulée « Corona ».

Du côté des dessinateurs de presse, dans des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Algérie ou l’Afrique du Sud, où Zohoré, Dilem et Zapiro sont des institutions au même titre que leur ami Plantu en France, le sujet inspire, que ce soit dans la veine du témoin de la société ou de la dérision politique.

Plasticiens, musiciens, caricaturistes portent le rêve d’un héroïsme ordinaire, d’une transfiguration du banal. « Nos héros nous ressemblent », chante le rappeur camerounais, Valsero qui vient d’être libéré des geôles du président Paul Biya. Ces héros du quotidien sont les blouses blanches et non pas les stars du ballon rond ou de l’afro-pop, les vedettes de la télévision ou les icônes défuntes du panafricanisme.

Comment regardez-vous la France particulièrement critiquée par une partie grandissante de la population en Afrique francophone, malgré l’aide apportée par Emmanuel Macron qui plaide pour une annulation de la dette ?

Il lui faut tenir compte d’un nouvel écosystème. L’Afrique n’a pas changé, mais nous avons changé d’Afrique, ne serait-ce que par la démographie et la dynamique ascendante de sa pyramide des âges. Les économistes parlent de dividendes en la matière ! Cela devrait amener Paris à chausser les lunettes du temps.

Vu d’Afrique il y a des Frances. L’une progressiste portée par le discours de renouveau de l’Elysée et d’une partie de l’administration du Quai d’Orsay, soucieuses comme nous de voir changer les modalités de la relation, de casser les codes rétrogrades de la domination. L’autre, plus conservatrice et récessive, s’accroche aux chimères de pré carré, au paradis perdu de l’époque impériale et soutient toujours les autocrates. A moins qu’il ne s’agisse là d’un double jeu ?

Quelle que soit la sympathie qu’on peut avoir pour la rhétorique de la réconciliation des images entre l’Afrique et la France postcoloniales inspirée par Emmanuel Macron, son attitude expose parfois la France à une crispation dans sa relation avec l’opinion continentale.

C’est une chose d’assumer le passé, ce qui signifie dans son entendement comme dans le nôtre qu’il est bien passé. C’en est une autre d’adopter une position de surplomb ou de reconduire des recettes de diplomatie de connivence perçues de l’autre côté de la Méditerranée comme relevant de l’imagerie d’Epinal, de la politique de « grand-papa ». Les gestes de solidarité sont toujours les bienvenus, mais la manière dont on donne vaut mieux que ce que l’on donne. Il faut se garder de se rêver en médecin au chevet d’un perpétuel patient africain.

A quoi ressemblera ce que vous appelez « l’Afrique d’après » ?

L’Afrique d’après est déjà là : je me l’imagine créative, solidaire, résiliente, c’est-à-dire par essence africaine. L’Afrique, nous le savons, est une totalité plurielle, c’est des Afriques dont il s’agit ! Elles sont si riches de leur diversité, de leur historicité, de leurs identités narratives. Poreuses aux vents du monde, elles se situent aujourd’hui du côté du tournant de l’innovation, de la digitalisation des sociétés urbaines 3.0, mais conservent un fort attachement à la ruralité qui constitue toujours un pan essentiel de leurs cultures et de leur production de chaîne de valeurs.

La terre y est encore une donnée fondamentale d’inscription sociale. Ces Afriques où l’individu s’affirme de plus en plus au-delà de pesanteurs communautaires aspirent au renouvellement des formes d’incarnation du leadership et à la construction d’un écosystème plus écologiquement responsable. Ce qui illustre ce moment africain, c’est l’un des symboles Akan (peuples d’Afrique de l’Ouest) les plus puissants, le Sankofa : un oiseau mythologique qui se nourrit de son passé et de lui-même pour se projeter vers l’avenir.

Joan Tilouine

Source : Le monde / Afrique

 

 

« L’Afrique d’après est déjà là : Créative, Solidaire, Résiliente »

 

Togo, Violences gratuites en période de couvre-feu : Yark Damehame et Yaovi Okpaoul, même combat

On sait que la force spéciale mixte anti-pandémie instaurée sévit aussi drastiquement que le nouveau coronavirus. Installée pour assurer le bouclage et la sécurisation des préfectures et du respect du couvre-feu à Lomé et à Sokodé, cette unité n’y regarde pas à deux fois pour extrapoler la mission républicaine qui est la sienne. Curieusement, et Yark Damehame (le ministre de la sécurité et de la protection civile) et le Lieutenant-Colonel Yaovi Okpaoul (commandant de la force spéciale mixte anti-pandémie) donnent dans un déni qui risque de compliquer le climat déjà bien tendu entre citoyens et forces de l’ordre.

Si le premier a récemment tenu à mettre les choses au clair, c’est avec regret que l’on peut constater que sa montagne d’intervention sur la télévision nationale n’a accouché que d’une piteuse souris qui aura le don de faire se pousser le col aux éléments de l’unité en question. Le Général dédouane, à mots à peine couverts, les éléments qui se livrent à d’ignobles actes sur les populations en période de couvre-feu. Des exactions attribuées aux soldats ne sont selon lui que des allégations. Il va plus loin : le jeune décédé à Avédji a été victime d’une épilepsie. Pourtant, les coups et blessures sont des pièces à conviction qui ne sauraient donner raison à Yark, à moins que celui-ci ne tienne pour vérité que l’éclatement des testicules et des coups sont aussi des conséquences d’épilepsie. Le Lieutenant-Colonel Yaovi Okpaoul y est allé aussi de sa sulfureuse musique. Le communiqué rendu public dans la nuit du jeudi à vendredi16 avril, dans le cadre des engins saisis pour non-respect du couvre-feu ou du bouclage de zone, a fait état de 27 motos, et 34 voitures interpelés.

De sa litanie, on n’aura retenu que l’arrestation de quatre agents indélicats soupçonnés de racket au barrage d’Akata dans la préfecture de Kpélé ont été également relevés et mis aux arrêts pour une sanction disciplinaire. Okpaoul semble s’écarter sciemment de son sujet. On aurait pu savoir où il en est des sanctions de ses éléments qui ont été convaincus de voies de fait depuis la mise en place des mesures. On ne le saura jamais. En tout cas pas pour le moment. L’intervention les deux hommes aura eu le mérite de nous montrer sur quel piédestal ils mettent la vie du commun des Togolais. Regrettable.

Source : Le Correcteur

 

 

Togo, Violences gratuites en période de couvre-feu : Yark Damehame et Yaovi Okpaoul, même combat

Togo : Les étudiants, les grands oubliés dans la lutte contre le coronavirus

En prenant la parole le 1er avril dernier, le chef de l’Etat Faure Gnassingbé a annoncé nombre de mesures devant être mises en place pour lutter contre le nouveau coronavirus. De l’état d’urgence à la mise en place de la force spéciale anti-pandémie composée de 5000 hommes en passant par le programme universel de solidarité dénommé »Novissi ». Conscient que la situation « est de toute évidence inquiétante face à un virus particulièrement dangereux », le fils de Gnassingbé Eyadema s’est voulu bon prince et s’est engagé à « aider les plus démunis d’entre nous, les plus faibles, les plus défavorisés ».Et d’ajouter dans la foulée qu’aucun Togolais « ne sera laissé pour compte dans cette bataille que nous engageons ensemble ».

On peut penser qu’avec cette annonce, beaucoup de citoyens se sont sentis quelque peu soulagés, surtout ceux qui font dans l’informel.Ceux-ci ont depuis un moment commencer par percevoir, mais à quel prix, les 5000 et 1000 francs à eux versés.Curieusement, ce n’est pas tout le monde qui est dans l’informel qui en est bénéficiaire, car les bénéficiaires sont ceux qui possèdent une carte d’électeur, rien de plus.On ne sait vraiment pas le sens qu’accorde le chef de l’Etat à son « aucun Togolais ne sera laissé ».

Mais passons.Les autres grands oubliés de ce programme qui sent son escroquerie gouvernementale, ce sont les étudiants à qui l’on refuse l’accès au programme universel de solidarité, sous prétexte qu’ils ont des allocations qu’on leur versera. Sauf que ces pauvres et maigrichonnes allocations, des milliers d’étudiants continuent, horresco referens, de l’attendre. N’est-ce pas trop abuser que de maintenir de pauvres apprenants dans cette misère à une époque aussi critique ? Non contentes de les avoir déjà fait suffisamment végéter, voilà que nos chères autorités deviennent regardantes, décidant de qui sera ou non éligible desdites allocations. De nos sources, l’on apprend que c’est une minorité, une centaine qui à ce jour aurait perçu ces presque-rien.

Si la Direction des bourses et stages (DBS) a mis en place une plateforme de consultation de statut de l’étudiant devant donner lieu à la vérification des dossiers, des étudiants se plaignent par centaines du fait que les résultats ne débouchent sur rien. Beaucoup sont ceux qui, bien qu’étudiants, sont littéralement éconduits. Jusqu’à quand ce mépris pour les étudiants, mystère.Le plus désespérant, c’est quand les autorités disent privilégier pour les étudiants l’enseignement à distance via Internet, mais qu’elles sont capables de leur fournir de quoi s’acheter des forfaits pour s’y mettre. C’est d’un grotesque intolérable.

Source : Le Correcteur

 

 

Togo : Les étudiants, les grands oubliés dans la lutte contre le coronavirus

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