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Afrique - CEDEAO-Buhari met en garde les pays de la Zone UEMOA sur la nouvelle monnaie ECO.

Le président Nigérian Muhammadu Buhari a exprimé son mécontentement face aux projets des pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) d'adopter la nouvelle monnaie ECO à la place du Franc CFA

« Cela me donne un sentiment de malaise que la Zone UEMOA souhaite reprendre l'Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres Etats membres de la CEDEAO. Il est inquiétant qu’un peuple avec lequel nous souhaitons adhérer à un syndicat prenne des mesures importantes sans nous faire confiance pour la discussion.» a rouspété le président Nigérian sur Twitter ce mardi 23 Juin 2020.

Buhari a ajouté que le Nigéria est attaché à une union monétaire ouest-africaine avec les «bons fondamentaux» garantissant la crédibilité, la durabilité, la prospérité et la souveraineté. Il a appelé au respect du processus.

«Nous ne pouvons pas nous ridiculiser en entrant dans un syndicat pour se désintégrer, potentiellement au plus tôt lorsque nous y entrons. Nous devons être clairs et sans équivoque sur notre position concernant ce processus.» A-t-il martelé.

Le président a appelé à une communication collective et efficace de la région vers le monde, affirmant que trop d'efforts ont été investis dans le projet «pour laisser les choses à de simples expéditions».

L'ancien militaire a exhorté la région à faire preuve de prudence et à se conformer au processus convenu d'atteindre l'objectif collectif « tout en se traitant les uns les autres avec le plus grand respect.»
Pour Buhari, sans cela, les « ambitions pour une Union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées.»

En effet le 20 mai, la France a accepté de mettre fin à son engagement à arrimer le franc CFA ouest-africain. Les pays de l'accord n'auront plus à déposer la moitié de leurs réserves de change auprès de la France et ont convenu de l'adoption d'une nouvelle monnaie «ECO». Par conséquent, le nouveau rôle de la France vis-à-vis de la monnaie ne sera que de «garants financiers».

Le mécontentement du président Buhari à l’égard de la nouvelle monnaie est dû au fait qu’elle viole les accords sur une monnaie unique pour la région.

Mensah A.

 

 

Afrique - CEDEAO-Buhari met en garde les pays de la Zone UEMOA sur la nouvelle monnaie ECO.

 

Togo - Me Jean Dégli : « On ne peut pas vivre dans un pays où on tue les gens impunément »

Des assassinats, le Togo en a beaucoup connu ces derniers temps. Le dernier en date reste ce jeune laveur de voiture, Mohamed qui a été froidement abattu le mardi 21 mai dernier à Avédji (Lomé) en plein jour, par un militaire. Ce qui fait encore mal, c’est l’impunité dont jouissent les auteurs de ces crimes crapuleux.

Pour Me Jean Dégli du Mouvement « Bâtir le Togo », il est déplorable que ces genres de crimes soient laissés impunis. Le défenseur des droits de l’homme craint le pire dans les années à venir si rien n’est fait pour stopper l’hémorragie.

« On ne peut pas vivre dans un pays où on violente les gens n’importe comment, où on tue les gens impunément. Ce n’est pas bon. Si ça continue comme ça, nous sommes en train de rentrer dans une jungle, si nous ne sommes pas déjà dedans », a souligné Me Dégli.

Et d’ajouter : « Il y a quelques années, on a pensé que le Togo est en train de changer et que ce que nous avons vécu sous le régime Eyadema était en train de changer et puis brutalement nous revenons en arrière sur le plan surtout des droits humains, sur le plan surtout de respect de la vie humaine. Nous sommes en train de revenir en arrière. Aussi bien pour la vie humaine, pour l’intégrité physique des êtres humains, pour la liberté des gens, nous devons faire attention ».

L’acteur de la société civile demande à ce que les auteurs de ces actes ignobles que le pays a dernièrement connus soient traduits en justice.

 

 

Togo - Me Jean Dégli : « On ne peut pas vivre dans un pays où on tue les gens impunément »

 

Togo - Interview/Mme Odile Medegan Affoyon, Directrice Générale NSIA Banque Togo : « Nous avons réussi à adapter et réorganiser notre mode de travail de façon exemplaire »

Réorganisation du travail en ces temps de pandémie liée au coronavirus, digitalisation des services de la banque, soutien aux initiatives des autorités pour limiter la propagation de la maladie virale, etc. la Directrice Générale de NSIA Banque Togo se confie à la Rédaction de iciLome à travers cette interview exclusive. Lisez plutôt !

iciLome : Pouvez-vous nous présenter brièvement les activités de NSIA au Togo ?

Mme Odile Medegan Affoyon : Le Groupe NSIA s’est implanté au Togo en 2005. L’ensemble des activités historiques du Groupe sont représentées au Togo, puisque trois filiales y sont implantées : NSIA Assurance Vie Togo, NSIA Assurance Non Vie Togo et enfin NSIA Banque Togo.

Depuis l’apparition du Covid-19 qui fait ravage dans le monde, les sociétés ont réorganisé leur mode de fonctionnement. Qu’est-ce qui a changé chez vous ?

Depuis le début de la crise, l’ensemble du Groupe s’est mobilisé pour la santé et la sécurité de nos clients, partenaires, dirigeants et administrateurs. Malgré ces circonstances difficiles, NSIA reste engagé à poursuivre sa mission : fournir au plus grand nombre, des produits et services financiers, contribuant ainsi au développement économique et social des pays d’implantation, dont le Togo.

Nous avons adopté une série de mesures visant à lutter contre la propagation du Covid-19 au Togo. Au sein de l’ensemble de notre réseau d’agence, nous avons procédé au renforcement des dispositifs de santé et de sécurité, pour assurer la protection de nos clients et de nos employés. C’est notre priorité. Des outils facilitant le lavage des mains à l’eau et au savon ont été mis à disposition, de même que des gels hydro-alcooliques dans tous les sites d’accueil physique. Dans toutes les agences NSIA, les entrées de visiteurs sont également régulées afin de garantir une distance d’un mètre entre chaque client. C’est une recommandation des organisations sanitaires compétentes que nous nous sommes engagés à respecter.

Par ailleurs, nous avons recommandé à nos clients de privilégier l’utilisation de guichets et distributeurs automatiques de billets pour les retraits et dépôts d’argent. Nous avons lancé un vaste plan de digitalisation au sein du Groupe. Dans ce cadre, plusieurs outils et plateformes de consultation à distance ont été créés pour les opérations courantes. En cette période ou les déplacements doivent être limités, nous avons vivement encouragé leur utilisation.

Les bouleversements provoqués par cette maladie ont sûrement eu des répercussions sur vos activités. Quelles sont les difficultés que vous rencontrées en ces périodes particulières ?

Au niveau organisationnel, toutes les mesures ont été prises pour éviter que la crise impacte nos activités et les services que nous fournissons à notre clientèle. Nous avons réussi à adapter et réorganiser notre mode de travail de façon exemplaire. Je tiens par ailleurs à saluer ici l’ensemble des collaborateurs de NSIA Togo. Leur capacité d’adaptation et leurs efforts ont été déterminants ces derniers mois. Nos collaborateurs et agents se sont rendus disponibles via divers outils de communication à distance (téléphone, mails, plateformes et applications) et ont ainsi pu assurer le suivi des opérations courantes. C’est l’ensemble de la filiale qui est resté mobilisée pour assurer la continuité du service et pour que nos missions se poursuivent.

La volonté de NSIA Togo est de fournir des services de bancassurance adaptés aux besoins des populations locales. Nous souhaitons accompagner notre clientèle dans l’évolution de leurs modes de vie. Nous avons donc été à leurs côtés pendant la crise sanitaire liée au Covid-19 et nous continuerons à l’être. Nos clients attendent de leur protection assurantielle et de leurs services bancaires qu’ils puissent leur permettre de faire face aux conséquences que l’épidémie aura pour leur santé et leurs biens. Nous l’avons compris et prenons toutes les mesures nécessaires pour répondre à leurs inquiétudes. Nous saisissons leurs besoins et en tirons les leçons pour proposer des services de qualité, innovants et adaptés au marché ainsi qu’aux circonstances.

Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour la protection d’abord de votre personnel, ensuite de vos clients ?

Au sein de tous nos lieux d’accueil du public, des dispositifs permettant le lavage des mains ont été installés et du gel hydro alcoolique a été mis à disposition. Les visiteurs ont également respecté une distance de sécurité d’un mètre, tel que recommandé par les autorités sanitaires nationales.

Nous avons par ailleurs mis à disposition plusieurs outils digitaux afin d’encourager notre clientèle à limiter les déplacements. Notre réseau de distribution automatique est resté opérationnel tout au long de la crise et le demeurera.

NSIA-Togo a introduit certaines innovations dans ses services, notamment la digitalisation des services de Banque-Assurance. Parlez-nous un peu des produits qui sont concernés

Le digital est le prochain défi de l’Afrique et plus particulièrement de la sous-région ouest-africaine. Tous les efforts seront nécessaires pour le surmonter. A la clé, se trouve un potentiel de développement énorme. Le Groupe NSIA et l’ensemble de ses filiales veulent répondre à cet appel. Accélérer la digitalisation de nos offres afin de faciliter l’accès de nos services au plus grand nombre est l’une des priorités du Groupe. Nous avons toujours promu l’inclusion financière et bancaire comme levier de développement. Nous appliquons ainsi le savoir-faire de NSIA au digital et l’optimisons grâce à la technologie.

Au Togo, nous avons lancé NOVAPLUS, un service de banque à distance permettant à nos clients de recevoir des informations relatives à des mouvements sur leurs comptes bancaires par message écrit (SMS) sur un téléphone portable quel que soit l’opérateur de l’utilisateur.


Avez-vous également bénéficié des mesures de souplesse accordées par le gouvernement togolais aux entreprises (secteur privé surtout) pour faire face à la crise sanitaire ?

Le gouvernement togolais a adopté une série de mesures, tant sur le plan économique que fiscal et social pour soutenir l’économie nationale ainsi que l’ensemble de ses acteurs. Les mesures dont NSIA Togo a pu bénéficier nous permettront de continuer d’accompagner notre clientèle, avec comme pilier, des valeurs qui nous sont chères : l’innovation et l’inclusion financière.

Nous continuerons d’élaborer des offres répondant aux besoins de nos clients et accélérant l’inclusion financière sur le territoire togolais.

Vous avez fait des dons pour accompagner la lutte contre la propagation du coronavirus dans le pays. Qu’est-ce qui a été votre motivation ? Qui a été la cible de vos dons et qu’avez-vous donné ?

NSIA Togo est engagé pour le développement socio-économique du Togo. Nous avons donc souhaité participer aux efforts des autorités, des acteurs de la santé mais également de tous ceux qui sont impliqués au quotidien dans la lutte contre la propagation du COVID-19 et pour le maintien des services essentiels dans notre pays. La solidarité fait partie des valeurs qui sont au cœur du Groupe NSIA. Il nous paraissait donc primordial de mettre nos moyens à contribution de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Togo et dans tous les pays d’implantation du Groupe. L’ensemble des filiales ont ainsi procédé à des dons d’une valeur totale de 322.000.000 FCFA. Au Togo, les dons auxquels nous avons procédé, de même que notre contribution au plan de riposte national sont encore en cours.

Comment entrevoyez-vous vos activités de l’après-coronavirus au Togo ?

Nous sommes tournés vers l’avenir et nous demeurons confiants. Tout au long de cette pandémie, nous avons su nous mobiliser et faire front avec résilience et solidarité. Au Togo, nous allons continuer de donner de l’ampleur à une offre de service déjà riche. Nous continuerons de nourrir des partenariats et de créer des offres innovantes pour nos clients.

Nous avons récemment lancé NOVAPLUS Paiement de factures, un service en ligne permettant le règlement des factures des grands facturiers. De nouveaux produits de bancassurance vont par ailleurs être lancés avant fin 2020.

Nous entendons également continuer de participer au développement du Togo, par le déploiement de nos activités, la création d’emploi et l’inclusion financière. Cela nous est primordial. La mission du Groupe NSIA est de fournir des services financiers au plus grand nombre dans tous ses pays d’implantation.

 

 

Togo - Interview/Mme Odile Medegan Affoyon, Directrice Générale NSIA Banque Togo : « Nous avons réussi à adapter et réorganiser notre mode de travail de façon exemplaire »

 

Togo - Comi Toulabor: «Jean-Pierre Fabre est un vantard, intelectuellement médiocre et poltiquement inculte. Les Gnassingbé ont fructifié une morale funeste»

Depuis son livre : Le Togo sous Eyadema aux (Editions Karthala), l’universitaire a continué à suivre l’actualité de son pays par articles et interviews interposés. Ici, il parle de l’opposition togolaise et de la classe dirigeante depuis cinquante-trois ans au Togo. Jean Pierre Fabre est : «… intellectuellement médiocre et politiquement inculte dans la mesure où ne comptent que pour lui son ventre et son compte en banque » lance t-il. Quant à Faure Gnassingbé, sa politique depuis quinze ans au pouvoir parle d’elle-même : « le Togo est devenu un Etat mafieux qui allie des caractéristiques de la voyoucratie et de la mafiacratie ». Lecture ! Entretien avec Camus Ali

Question d’ordre personnelle. Le Franco-togolais Comi Toulabor croit-il encore aux élections et à l’alternance dans son pays le Togo ?

Parce que le régime togolais est une dictature militaro-familiale soutenue par des intérêts étrangers, le vote qui dans un régime démocratique normal sert à désigner les dirigeants devient inopérant. Le Burkina Faso en 2014, la Gambie et d’autres pays africains ont montré la voie que le Togo n’a pu suivre.

Pour l’universitaire Apedoh Tagoata Amah, on ne chasse pas une dictature par des bulletins de vote. Votre avis ?

Je partage parfaitement l’avis de mon compatriote Apedoh-Amah que je salue au passage. Face à une Kalachnikovs et autres armes de guerre, un vote bulletin de vote se trouve en situation de fragilité et d’inégalité évidente. Dans un rapport de force, le bois (ici le bulletin de vote) a rarement triomphé du fer (ici la Kalanischkov). Mais aussi fragile qu’il soit, il exprime à échéance régulière le degré de culture ou de civilisation politiques d’un pays. Le vote que je compare à une féminité fragile est prise en otage par une virilité sauvage et barbare au Togo. Comme pour dire: “Nous, nous sommes kabyê. Chez nous c’est la force brute qui détermine la modalité de dévolution du pouvoir. Prend le pouvoir celui qui a renversé l’autre dans un corps à corps”. Sauf que les Togolais ne sont pas tous kabyê et tous les kabyê ne partagent pas cette idéologie paléolithique où l’homme primitif s’imposait à son environnement hostile à coups de gourdin. La BD Eyadéma : histoire du Togo (Ed. Afrique Biblio-Club, 1976) célèbre jusqu’au ridicule cette idéologie d’un autre âge.

Ministre de l’intérieur en 2005, François Akila Boko quitte le Togo laissant cette phrase : «Le Togo est un Etat voyou ». Votre lecture quinze ans après ?

Oui en 2005, le Togo était un Etat voyou. Il est plus que cela quinze ans plus tard. Il est devenu un Etat mafieux qui allie des caractéristiques de la voyoucratie et de la mafiacratie où la gâchette prime sur la loi comme dans un western spaghetti à la Sergio Leone ! Et des pans entiers de la société se sont “mafiossisés”. Lorsque l’on rentre au pays, on est frappé et écoeuré de voir comment son pays est tombé moralement si bas. La confiance, ce petit dénominateur commun qui permet le vivre ensemble s’est beaucoup étiolé. L’on vous rigole franchement au nez lorsque l’on se fait avoir. Et on a l’air bête et stupide. Alors que reproche-t-on au pouvoir dès que l’on est prêt à faire pareil soi-même? Les Gnassingbé ont fructifié une morale funeste dont les racines étaient présentes dans une société togolaise qui a, hélas, baissé ses bras.

Toujours en 2005, Jean-Pierre Fabre avait prédit : « Faure fera plus mal que son père. Lui, il est plus intelligent». Quinze ans après, quelle lecture faites-vous ?

Si Jean-Pierre Fabre a fait cette lecture dont il ne tire aucune conséquence, c’est assez grave. Je me rappelle, avec un ami, Tido Brassier, nous avions critiqué Gilchrist Olympio et lui que nous avions auparavant soutenus. Cela nous avait valu des noms d’oiseaux et des tombereaux d’insultes. L’un et l’autre ont fait et font pire que ce que nous avions écrit. En politique, il ne faut pas suivre bêtement le leader si on ne veut pas être un fanatique borné ou un taliban prêt à l’autodafé. Nous regrettons amèrement d’avoir promu et soutenu un individu vantard, intellectuellement médiocre et politiquement inculte dans la mesure où ne comptent que pour lui son ventre et son compte en banque. Qu’on vienne m’expliquer comment un individu sans grand diplôme et chômeur ait pu avoir son train de vie même si sa maman a été une revendeuse de tissus réputée soutien intime de Gnassingbé père comme toute nana-benz qui se respecte!

Faure Gnassingbé devant ses militants au soir de la proclamation des résultats : «A mes adversaires malheureux, je veux dire : c’est le jeu de la démocratie». Comment expliquez-vous le manque d’unicité des adversaires de Faure Gnassingbé à chaque élection au Togo ?

Le mal de l’opposition, c’est son morcellement extrême par mouvements de scissiparité avec comme corollaire l’absence de regroupements dynamiques. On a à l’heure actuelle plus d’une centaine de partis politiques où parfois le nombre de lettres qui composent leur sigle dépassent de loin le nombre de leurs militants et adhérents. Et le paysage politique est un immense cimetière de ce point de vue. Grosso modo quand on veut régler son problème de chômage, l’usage encourage à créer SON propre parti politique qu’on cherche à rentabiliser de préférence auprès du pouvoir. L’Etat mafieux incite à cette politique du ventre ou politique abdominale dans un pays où une jeunesse est au chômage et abandonnée à elle-même. En fait c’est une stratégie qu’affectionnent particulièrement les pouvoirs dictatoriaux et panoptiques comme George Orwell l’a bien démontré dans son ouvrage 1984. Diviser pour régner, une vieille règle que tout prince dictateur connaît par intuition par coeur. Pour bien tenir sa population dans la soumission et la docilité, toute dictature a intérêt à l’affamer et à conditionner sa pitance. Un sandwich, une canette de coca-cola et un billet de 2000 fcfa suffisent à tenir en laisse une bonne une partie d’une jeunesse affamée. Plus il y a de division et plus il y a de bouches! Et l’on est prêt à faire du coup de poing avec tous crocs dehors contre le voisin. Cette démocratie à la Faure aura le vent en poupe dans un Togo de plus en plus appauvri et affamé. Il faut ajouter une chose très importante: on parle de partis politiques. Mais très peu parmi eux existent véritablement sur le terrain. Au Togo, “on joue la comédie” pour reprendre le titre d’une pièce à succès de Nestor Agbota Zinsou.

Le Pr Aimée Gogué du parti ADDI dit lui que, l’union des partis politiques contre Faure Gnassingbé est un faux problème…

Aimé Gogué dit cela parce que très certainement profondément dépité par les médiocres performances de son parti ADDI (Alliance des démocrates pour le développement intégral)aux dernières élections où les scores sont attribués de façon arbitraire et très “évala” c’est-à-dire dans le terrassement et l’anéantissement complets de l’autre. Pour un parti dit d’alliance, si l’alliance ou l’union est “un faux problème”, c’est qu’il y a problème et un gros problème. L’implantation territoriale de ces partis est très différenciée. Pour les partis politiques qui aspirent au pouvoir, ce n’est que dans l’addition de leur implantation différenciée qu’ils peuvent espérer un jour accéder au pouvoir. Le RPT a cet avantage sur les autres dans le fait qu’il est adossé aux structures de l’Etat. En effet, ce sont les préfets qui dans les territoires font sa substance alors même qu’il n’existe pas de façon autonome de l’Etat.

En 2010 (61%), 2015 (59%), 2020 (70%). Comment expliquez-vous ces scores dans un pays où les habitants disent manquer de tout ?

Ces scores, que nous avons tous suivis de près, sont trop fantaisistes pour qu’on leur accorde une quelconque crédibilité. Si le ridicule tuait, la famille Gnassingbé serait décimée depuis belle lurette par le “fauronavirus”. Quinze ans de pouvoir sans aucune construction de routes, de centres de santé, d’enseignement et s’octroyer de tels scores, Faure et les siens prennent les Togolais pour des débiles mentaux ! Le ridicule a la vie plutôt longue que dure au Togo, c’est bien cela je crois.

Le pouvoir dit vouloir commettre par une commission que dirigent des officiers supérieurs de l’armée la vérité sur la mort du lieutenant-colonel Bitala Madjoulba…

S’il n’y avait pas mort d’homme, on rigolerait aperto naso ! Faure et les siens se moquent éperdument du monde, en incorporant dans cette commission des individus potentiellement assassins du lieutenant-colonel Bitala Madjoulba. Il faut le faire! Dans un Etat voyou et mafieux, attend-on vraiment autre chose? “Je l’ai tué, venez me chercher si vous en êtes capables”! Il y a un parallélisme de fond et de forme avec un autre propos d’un ancien ministre des Finances : “Oui, j’ai détourné des milliards de francs, que celui qui n’est pas content et est capable vienne me défier ”. C’est très évala, ça non?

Lynxtogo.info : Au Togo, on a l’impression que l’opposition aura tout essayé avec les dialogues et les négociations. Finalement, c’est le peuple qui n’est pas suffisamment motivé pour sa libération ou c’est le pouvoir qui est si fort ?

Entièrement d’accord avec vous. Cependant j’introduis un bémole: le peuple doit se dire si je me permets de parler à sa place : “Depuis 1989, on a assez donné. Chaque fois, on se fait avoir par les loups, les béliers et les hyènes : les Gilchrist Olympio, les Yawovi Agboyibor, les Edem Kodjo, etc. Marre, marre! On nous tue, alors que leurs femmes adipeuses et leurs enfants bien dodus sont sous climatiseurs engloutissant des plats de macaronis, de cuisses de dinde et sirotant des glaces au chocolat ou à la vanille devant des téléviseurs LCD et ne manifestant jamais. Nous portons la faim et la misère en bandoulière depuis le temps de nos ancêtres. Zut alors! ”

Source : Lynxtogo.info

 

 

Togo - Comi Toulabor: «Jean-Pierre Fabre est un vantard, intelectuellement médiocre et poltiquement inculte. Les Gnassingbé ont fructifié une morale funeste»

 

Extraction Minière et Droits des populations : ScanTogo réfractaire à exécuter une décision de Justice ! Une affaire de près de 300 millions

Le 26 Novembre 2019, Scan Togo a été assignée devant le tribunal par 39 propriétaires terriens (voir l’assignation en fac simili) pour des faits d’arbitraires et de rétention de procès-verbaux aux termes des comptages pour indemnisations des biens à détruire par l’entreprise sur des parcelles rentrant dans l’emprise de la carrière d’extraction de calcaire accordée à Scan par l’Etat togolais.

Pour rappel la société ScanTogo Mines a obtenu en 2010 un permis de l’Etat togolais, pour l’exploitation à grande échelle du calcaire de Sika-Kondji à Tabligbo, à côté de la société indienne West African Cement (WACEM) qui avait repris dans les années 1990 la société Ciment de l’Afrique de l’ouest (CIMAO) pour exploiter le calcaire et produire du ciment dans la même localité.

Apres des micmacs qui ont conduit à de multiples reports du procès, le juge a tranché le 03 mars dernier en « ordonnant sous astreinte » à cette structure togolaise du Groupe Allemand Heidelberg de « faire tenir aux requérants, sans délai, les procès-verbaux des comptages des biens grevant leur parcelle effectué courant mois de mars, juillet et aout 2019 et le barème des dédommagements » (voir l’ordonnance en fac simili).

Les estimations du montant à verser s’élève à près de 300 millions selon un source.

Il tient de souligner que contactée, en janvier dernier, Heidelbergcement Togo, par la voix de Jean Adolehoumé, Directeur administration, relations extérieures, Rse, Communication, a rassuré qu’ils exécuteront sans problème ce que le tribunal décidera. Il se trouve qu’à ce jour, soit plus de trois mois déjà l’exploitant du sous-sol de Sika-kondji demeure réfractaire à exécuter cette décision de justice dont elle n’a point fait appel.

Tout en faisant grâce des arguments qu’ont voulu servir les agents de cette boite lorsque nous les avons rencontrés, et ce, avec une volonté condescendante de se débiner de l’arbitraire qu’ils font dans la gestion de ce dossier , il est attendu que Scan Togo répare à temps le tort causé à ces propriétaires terriens au nom des valeurs d’intégrité et de transparence que promeut ce groupe allemand 2e mondial dans son domaine depuis plus d’un siècle.

Nous mettons également sous réserve les preuves du contraire de tout ce qui nous a été servi d’abord le 25 Janvier dernier, puis par la suite.

Toujours sous réserve les nombreux faits à l’environnement rapportés et que nous avons relevés sur le terrain, les faces cachées dans la gestion des projets sociaux trompe-œil que tambourine une clique dans la boite, les relations avec le fisc, l’attribution des marchés, etc…tout ceci au-delà de ce qu’on claironne sur tous les toits comme bienveillance de Scan Togo.

En attendant, la société a heureusement réagi à une de nos sorties, en février dernier, avec un de nos confrères pour lancer un projet de réfection de l’hôpital préfectoral de Tabligbo. Un projet sur lequel nous reviendrons également.

Source : Fraternité [ fraternitenews.info ]

 

 

Extraction Minière et Droits des populations : ScanTogo réfractaire à exécuter une décision de Justice ! Une affaire de près de 300 millions

 

Togo - Covid-19 : Le danger est toujours présent, prévient Nathaniel Olympio

Avec la levée du couvre-feu et du bouclage des villes, certains citoyens pensent que le mal reste loin derrière et s'adonnent au relâchement dans la pratique des gestes barrières. Le Président du Partis des Togolais, Nathaniel Olympio alerte et prévient les uns et les autres sur le danger qui continue de menacer la cité.

Qu’est-il réellement fait face à ce danger invisible qui demeure présent ?

Les uns après les autres, essentiellement sous la pression des intérêts économiques, les pays de la sous-région lèvent les mesures de riposte contre la pandémie du COVID-19. Les couvre-feux sont supprimés et les écoles rouvrent progressivement. Est-ce la fin de la crise sanitaire ? On peut en douter.

Déjà, on observe ça-et-là des relâchements dans l’application des mesures barrières par la population, comme si la levée de certaines restrictions était synonyme de fin de la pandémie. Le message des autorités est-il bien passé au sein de la population ?

Bien sûr la sous-région a relativement su résister jusqu’à présent à la propagation à grande échelle du virus et il faut s’en réjouir. Effectivement, le fait que sur le plan démographique la population soit majoritairement jeune est un facteur limitant cette propagation. Néanmoins, on assiste tout de même à une augmentation de nouveaux cas et nous ne sommes pas exempts d’un réel risque d’explosion des cas de contamination, bien au contraire.

En considérant la fragilité de notre système sanitaire, particulièrement au Togo, le risque encouru ne se limite pas qu’à l’impact désastreux sur les plans social et économique, c’est surtout des vies qui pourraient être arrachées en grand nombre.

La vigilance sur les mesures barrières doit impérativement être renforcée. La sensibilisation doit s’accroitre pour continuer de freiner la propagation du virus, en attendant d’atteindre l’immunité collective. Le port du masque étant devenu obligatoire dans les espaces publics, son utilisation doit davantage être expliquée à la population pour garantir l’efficacité de la mesure. Hélas, tout cela aurait dû se faire en amont de l’assouplissement des mesures, en vigueur il y a encore quelques jours. Il est encore temps d’améliorer les dispositions en cours.

Pour sa part, chaque citoyen doit avoir conscience qu’il peut être le facteur de dissémination du virus par le non-respect des recommandations ou en revanche devenir celui qui barre la route par la pratique scrupuleuse des gestes barrières.

Nathaniel Olympio

Président du Parti des Togolais

Publié le 22 Juin 2020

 

 

Togo - Covid-19 : Le danger est toujours présent, prévient Nathaniel Olympio

 

Inter - La réponse de Nathaniel Olympio au racisme

Les mutations que le monde expérimente actuellement ne sont pas uniquement celles qui découlent de la pandémie du COVID-19. Elles émanent également d’une prise de conscience planétaire concernant le déséquilibre qui s’est installé au fil du temps dans les rapports sociétaux, entre riches et pauvres, entre personnes de religions ou de philosophies différentes, entre personnes n’ayant pas la même couleur de peau… L’exacerbation des tensions qui en découlent s’exprime à travers la répétition de manifestations parfois violentes, mais aussi par l’émergence et le développement des extrémismes violents et du terrorisme.

A la surprise générale, voici que nous assistons à présent à un raz-de-marée quasi mondial de soulèvements contre le racisme anti-Noir, suite au nième meurtre d’un jeune homme Noir à Minneapolis (USA- Minnesota).

De Tokyo à Londres, de Johannesburg à Tunis, de Paris à Berlin, de Sydney aux grandes villes des Etats-Unis, les rues ont grondé parce que nous avons tous désormais à l’esprit l’agonie de Georges Floyd sous le poids de la barbarie ! L’onde de choc portée par la force des vidéos de ce drame contraint l’actualité à mettre les projecteurs sur les populations qui manifestent dans les rues, en proclamant la phrase devenue virale « Black Lives Matter », slogan issu du mouvement du même nom qui existe pourtant depuis 2013. Cette mobilisation à travers le monde entier traduit bien que le principe sous-jacent au meurtre de Georges Floyd est ressenti par chacun des manifestants comme le point culminant d’un déséquilibre des rapports raciaux. Une minorité revendique ce déséquilibre et assume son racisme anti-Noir.

Force est de constater que les grandes manifestations qui ont serpenté dans les rues à travers le monde pourfendant le racisme anti-Noir, ont eu peu d’écho en Afrique subsaharienne. Le « continent des Noirs » n’a pas bougé de manière significative. Quels sont les blocages dans nos cerveaux africains pour que nous soyons prostrés dans une absence de réaction d’ensemble ? N’est-ce pas là justement un indicateur du fait que nous portons encore des chaînes dans nos cerveaux comme l’éléphant domestiqué ? Ne sommes-nous pas d’une certaine façon, par une docilité hypnotique, en train de cautionner la pérennisation de ce que nous appelons vulgairement le racisme ?

Le mot racisme porte en lui-même sa propre négation. Il sous-entend l’existence de plusieurs races. Or les scientifiques nous enseignent que la race humaine est unique. Le rejet de l’autre basé sur la race est donc un non-sens, parce que cela revient au rejet de soi-même.

Notre histoire commune a contribué à forger, entre autres, la conscience populaire dans le déséquilibre de notre rapport à la couleur de la peau. C’est l’histoire de l’esclavage – pas uniquement le commerce triangulaire – et c’est aussi l’histoire de la colonisation. Ce déséquilibre a été porté, parfois théorisé, au fil de l’histoire par des hommes brillants et de grande notoriété de leur époque. Il s’agit de plus de cinq siècles d’histoire que rien ne pourra et ne doit effacer. Depuis cinq cents ans de pratiques inacceptables, les séquelles sont toujours là, au cœur de nos relations quotidiennes, de manière consciente ou inconsciente. Ce qui constitue aujourd’hui l’histoire – histoire rude dont les séquelles heurtent très majoritairement les consciences d’aujourd’hui – a été longuement tue, voire cachée, par les politiques contemporains.

Certains pays qui ont connu et pratiqué la conquête d’autres territoires, avec les affres qui l’accompagnent, ont franchi le pas de la reconnaissance des atrocités posées par leurs ancêtres, parfois ils ont fait acte de repentance. Ce sont des actes symboliques qui ont toute leur portée et il faut le souligner, mais qui sont très insuffisants, car ils ne mettent pas encore un terme chez certains à la perpétuation des modes de pensées ayant conduit à de telles ignominies.
Nous devons ensemble regarder avec courage notre histoire commune, de manière rationnelle, sans complaisance ni excès. La réécriture conforme à la vérité de cette histoire s’impose, afin que l’ensemble des générations futures apprennent à l’école la même histoire commune, celle de l’Humanité.

Tant que les partenaires de l’Afrique ne franchiront pas le pas de s’engager dans une démarche mémorielle conjointe avec les africains, c’est l’humanité tout entière qui prend le risque de devoir vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de voir des extrêmes en profiter pour provoquer des débordements incontrôlables. Les manifestations organisées contre ce fléau dans le monde est un signal fort. A la pointe de ce mouvement de rejet du racisme anti-Noir et de toutes les formes d’ostracisme, on retrouve la jeunesse mondiale. Elle est engagée dans les grandes causes de notre époque comme la protection de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique. Elle revendique un monde plus empreint de valeurs humanistes, de justice et de paix.

L’absence de réaction organisée de la jeunesse africaine à l’unisson avec les grandes manifestations à travers le monde trouve également ses fondements dans les conditions politiques qui prévalent encore ici et là sur le continent.

Dans ce tableau peu reluisant dont pâtissent les Noirs dans le monde, la responsabilité des dirigeants africains actuels est pleinement engagée. La présence sur le continent de régimes qui ne respectent pas la dignité des citoyens et qui continuent à pratiquer une politique qui donne peu de considération à la liberté, à l’Etat de droit et à la démocratie, est un facteur non seulement d’encouragement pour tous ceux qui choisissent de mépriser les Noirs mais également d’aggravation de la pratique du racisme anti-Noir. L’on ne peut s’ériger contre le racisme et laisser prospérer dans nos pays des vagues de violences populaires aux relents de xénophobie ciblée. L’image que nous renvoyons de nous-mêmes nourrit le regard que les autres portent sur nous.

Il est évident qu’un nouvel ordre mondial s’impose du fait des expériences planétaires que le monde vit actuellement. Ce nouvel ordre doit concomitamment s’opérer dans les pays africains avec une politique nationale qui renforce un vivre-ensemble harmonieux, particulièrement dans les pays où sévissent encore une dictature. L’inscription des pays africains dans les normes internationales en matière de respect de la dignité humaine, de floraison de l’économie, d’efficacité du système éducatif et de la recherche scientifique, de puissance militaire, de valorisation et d’exportation du patrimoine culturel par exemple, est un facteur déterminant qui contribuera à asseoir le respect dû aux Noirs, comme à tout être humain, à travers le monde.

La jeunesse africaine dans sa grande majorité ne veut plus être méprisée par qui que ce soit, ni par ses propres dirigeants ni par ceux qui expriment un racisme ou une xénophobie. Dès à présent, les dirigeants du monde entier devraient prendre cela en considération, quand on sait que d’ici à 2050, un (1) enfant sur trois (3) naîtra en Afrique et près d’un (1) enfant de moins de dix-huit (18) ans sur trois (3) sera africain, selon les études menées par l’Unicef en 2014.
Nous avons le devoir de laisser aux générations futures un monde meilleur. L’Afrique tient une part importante dans ce monde de demain. Commençons par en changer les réalités actuelles.

 

 

Inter - La réponse de Nathaniel Olympio au racisme

 

France - Racisme/Kofi Yamgnan : « Je ne crois pas qu'il y ait un problème noir en France »

Depuis l’assassinat de l’afro Américain Georges Floyd, le 25 mai dernier à Minneapolis aux USA, les protestations contre les violences policières à caractère raciste se multiplient. En France, certains acteurs attisent la polémique visant à accréditer l'idée que l’Hexagone serait un pays raciste. Dans une interview accordée au confrère Le Point, le franco-togolais Kofi Yamgnan livre son avis sur le sujet. Le natif de Bassar au Togo, qui a entre-temps fait un témoignage sur ce qu'il avait subi lorsqu'il était Maire, prend la défense de son pays d’accueil. « Non, non, non ! La France n’est pas un pays raciste. Pas plus en 2020 qu'auparavant. Nous n'avons aucune institution, aucun organisme, aucune loi qui prône la ségrégation raciale », a déclaré l’ancien secrétaire d'État à l'Intégration de François Mitterrand. Bonne lecture.

Le Point : La France de 2020 est-elle un pays raciste ?

Kofi Yamgnane : Non, non, non ! Pas plus en 2020 qu'auparavant. Nous n'avons aucune institution, aucun organisme, aucune loi qui prône la ségrégation raciale. Intrinsèquement, la République française est une République inclusive. Mais avoir la nationalité française, cela se mérite. Il faut être plus blanc que blanc. N'avoir rien à se reprocher. Connaître la littérature française. Ce n'est pas donné d'être français.

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Une bonne chose ! Un pays est souverain. C'est lui qui établit ses lois, qui propose un contrat à celui qui veut faire partie de cette communauté. Si vous souhaitez devenir citoyen, voter, vous devez vous conformer à ce que vous propose votre pays. Il faut se montrer digne d'avoir la nationalité. Je suis arrivé en France en 1964 en venant du Togo à 18 ans pour étudier à l'École des mines de Paris, et j'ai obtenu la nationalité en 1977. Cette carte d'identité, on me l'a donnée de façon incroyable. Après des démarches qui ont duré un an, j'ai reçu dans ma boîte aux lettres une enveloppe Kraft où il était simplement écrit : « À partir de maintenant, vous êtes français. » Quand je suis devenu secrétaire d'État à l'Intégration, j'ai institué une cérémonie au moment de l'attribution de la nationalité. Pour moi, il était important que ce moment soit solennisé.

Que pensez-vous de ces mouvements de « racialisme » et d'« indigiénisme » qui se manifestent bruyamment dans la société française ?

Tout cela n'a aucun sens. Je veux bien croire que l'accueil des travailleurs qualifiés en France n'est pas bon. Aucun Malien, aucun Togolais, aucun Tchadien ne vient pour envahir la France. Ils suivent tous des projets individuels. Mais, quand ils arrivent, la République les met dans des départements, des quartiers où ils se regroupent. Tout cela n'a aucun sens. Nous n'agissons pas bien avec eux. Il faut laisser les gens s'installer où ils veulent et, surtout, faire en sorte qu'ils se mélangent. Avoir fait des études d'ingénieur, m'être marié avec une Bretonne, être baptisé et avoir passé mon enfance à la campagne ont favorisé mon intégration. Je ne comprends pas que des ressortissants étrangers puissent décider de se regrouper entre eux en excluant les autochtones.

Le Cran, les Indigènes de la République, tous ces mouvements, je ne les comprends pas. La lutte contre le racisme est devenue une légitimation du communautarisme. Or, la République ne reconnaît pas le communautarisme mais les individus. Le racisme est une idéologie, une posture qui va à l'encontre des principes de la République. Tous les Français qui sont dignes de la République doivent combattre cela. On ne peut pas lutter contre le racisme par des combats particularistes.

Nous ne pouvons pas vivre ensemble en renonçant à la mixité sociale et raciale. Sinon, on se regarde en chiens de faïence, comme cela se passe actuellement. Il faut que les étrangers qui viennent en France entrent de plain-pied dans la société française, qu'ils en acceptent les lois, je le dis en particulier pour mes compatriotes musulmans : la loi de la République est supérieure à celle d'Allah !

Avez-vous lu la tribune d'Omar Sy dans L'Obs dénonçant les violences policières en France, liées au racisme ?

Oui, je l'ai lue et je la trouve très exagérée. Il est dommage qu'Omar Sy se soit laissé aller à une telle polémique. Il ne fait pas mieux qu'Éric Zemmour, qui souffle sur les braises et allume des incendies. Si l'on continue ainsi, on ne réussira jamais à vivre ensemble. Évidemment qu'il y a des racistes en France, mais comme au Togo ou en Algérie… Et des racistes, on en trouve dans tous les corps de métier. Au nom de quoi la corporation des policiers échapperait-elle à une telle dérive ? Les policiers et les gendarmes ne sont pas des extraterrestres.

On trouve parmi eux des racistes comme ailleurs. Comme ils sont les bras armés de l'État, ils doivent dans leur formation recevoir des cours de déontologie poussés, ils se doivent d'être des personnes d'élite. Maintenant, comment peut-on affirmer que la police française est raciste ? Il faut souligner la gravité de cette accusation.

« En France, nous ne sommes pas racistes, mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. Pourtant j'ai 50 ans, j'en ai vu, des gouvernements. »Avez-vous lu aussi cette lettre ouverte de l'écrivaine Virginie Despentes diffusée sur France Inter qui commençait par ces mots ?

(rires). Oui, je l'ai lue aussi. Il est étonnant que Virginie Despentes ait écrit cela, car elle n'est pas la première venue. Elle devrait savoir qu'avant les indépendances de leur pays respectif l'Ivoirien Félix Houphouët-Boigny et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor furent ministres français.

Elle devrait se souvenir qu'il y eut, après, au gouvernement, notamment, des hommes comme Roger Bambuck, puis moi qui venais d'Afrique, et plus récemment Laura Flessel ou Sibeth Ndiaye. Faut-il rappeler que l'actuelle porte-parole du gouvernement est née au Sénégal ?

Existe-t-il en France un problème « Noir » ?

Un problème, je ne crois pas. Même si l'on rencontre sans doute davantage de difficultés pour trouver du travail, un logement dans les mêmes conditions que nos collègues blancs. Je l'ai moi-même subi quand je cherchais un logement à Châteaulin [dont Kofi Yamgnane fut plus tard le conseiller départemental,NDLR], en Bretagne, en 1973.

Ma femme, une Bretonne pure sucre, ou plutôt pure beurre, faisait une première visite. Puis elle revenait avec moi, et alors on nous disait : « Désolé, mais depuis que vous êtes passée, l'appartement est loué. » Combien de fois l'ai-je entendu cette phrase !


Considérez-vous l'intégration plus ou moins difficile aujourd'hui qu'à votre époque ?

Plus difficile, je pense. J'ai reçu récemment un jeune Métis brestois, un gars solide de 20 ans, très baraqué. Il m'explique qu'il habite à côté de Paris, à Ivry-sur-Seine. Je lui dis alors qu'il doit bien profiter des sorties dans la capitale. Et il m'explique qu'après le travail il rentre directement chez lui. Je m'étonne. Il me rétorque que dès qu'il sort, il se fait contrôler. Il tombe sur une première brigade, doit sortir ses papiers, puis il parcourt 500 mètres, et une deuxième brigade lui demande de nouveau ses papiers. Et ainsi de suite.

Alors, il me confie : « J'ai peur à la longue de m'énerver, de soulever le flic qui me demande mes papiers, de lui fracasser la tête sur un trottoir. Son collègue, alors, me tirera dessus. Et cela fera deux morts pour rien. »

Source: LePoint.fr

 

 

France - Racisme/Kofi Yamgnan : « Je ne crois pas qu'il y ait un problème noir en France »

 

Togo - Aimé Gogué séduit par la "prise de position claire et sans ambiguïté" des Evêques du Togo

Vendredi dernier, la Conférence des Evêques du Togo (CET) a rendu public un communiqué sur la situation sociopolitique du Togo, à l'issue de sa deuxième session ordinaire de l'année. Le prélat n'est pas passé par quatre chemins pour dénoncer les irrégularités constatées lors de la présidentielle du 22 février dernier et les crimes et assassinats commis ces derniers jours dans le pays. L'Alliance des démocrates pour le développement intégrale (ADDI) s'en félicite.

COMMUNIQUE RELATIF A LA DECLARATION DE LA CONFERENCE DES EVEQUES DU TOGO

La justice est gage de paix alors que l’injustice, surtout quand elle e´mane de l’autorite´, est me`re de l’anarchie.

L’Alliance des De´mocrates pour le De´veloppement Inte´gral (ADDI) a pris connaissance avec attention et grand inte´re^t, de la de´claration de la Confe´rence des Eve^ques du Togo a` l’issue de sa deuxie`me session de l’anne´e.

La Confe´rence des Eve^ques du Togo a ainsi « observe´ a` regret, qu’a` l’image des autres e´lections qu’a connu notre pays, celle du 22 fe´vrier 2020 a e´te´ marque´e par de nombreuses irre´gularite´s qui ont plonge´ le Togo dans un mouvement pre´visible de contestations de`s la proclamation des re´sultats ». La Confe´rence des Eve^ques du Togo a ainsi rappele´ que « sans une se´rieuse re´forme du cadre e´lectoral, en vue d’e´lections libres, transparentes, cre´dibles et paisibles, la de´mocratie ne peut pas re´ellement fleurir au Togo. De me^me tant que la vie socio-politique sera domine´e par l’arme´e, que les pouvoirs le´gislatifs et judiciaires ne seront pas re´ellement inde´pendants, tant que la corruption et l’impunite´ continueront de prospe´rer sur la Terre de nos Ai¨eux, les tensions ne pourront pas re´ellement s’apaiser ».

De me^me, les pe`res Eve^ques ont tenu a` souligner que « tant que le mensonge sera utilise´ en particulier dans les me´dias et sur les re´seaux sociaux comme strate´gie de de´stabilisation des personnes et des institutions, tant que la ruse sera employe´e comme moyen de conque^te et de conservation de pouvoir, enfin, tant que la violence ne sera pas condamne´e et enraye´e, les auteurs et commanditaires sanctionne´s, les remous politiques seront ine´vitables dans notre pays ». Les e´ve^ques ne sont pas passe´s non plus sans e´voquer l’inse´curite´ et les assassinats qui n’e´pargnent aucune cate´gorie sociale.

L’ADDI joint sa voix a` celle de la Confe´rence des Eve^ques du Togo pour de´noncer et condamner avec la plus grande fermete´, les violences meurtrie`res perpe´tre´es souvent par certains e´le´ments des Forces de De´fense et de Se´curite´ a` l’encontre des citoyens, sous le curieux silence des autorite´s. La justice est gage de paix alors que l’injustice, surtout quand elle e´mane de l’autorite´, est me`re de l’anarchie.

L’ADDI, comme mentionne´ dans ses pre´ce´dents communique´s, demande au Gouvernement de sortir de sa le´thargie dommageable et rendre justice aux victimes, a` leurs familles et au peuple togolais pour restaurer la paix sociale dans notre pays. Faut-il le rappeler, la commission mise en place par le Gouvernement pour faire la lumie`re sur l’odieux assassinat du Colonel Toussaint MADJOULBA, n’a toujours pas rendu publiques ses conclusions alors qu’un de´lai avait bien e´te´ fixe´ pour cela.

L’ADDI tient a` fe´liciter la Confe´rence des Eve^ques du Togo pour sa prise de position claire et sans ambigui¨te´ aucune face a` la situation sociopolitique que traverse notre pays et qui est occasionne´ par le re´gime en place.

Dieu be´nisse le Togo !

Fait a` Lome´, le 22 juin 2020

Le Pre´sident National

Tchaboure´ Aime´ GOGUE

 

 

Togo - Aimé Gogué séduit par la "prise de position claire et sans ambiguïté" des Evêques du Togo

Togo : Les Évêques dans l’art du mimétisme.

La prochaine lettre pastorale des Évêques du Togo peut déjà être écrite par tout citoyen lambda sans risque de se tromper. Avec une bonne dose de versets bibliques, Il suffira de dénoncer tout ce qui ne va pas bien et rebelote.

Dénonciations encore et encore. Ça s’appelle service minimum. Il faut en prendre acte et circuler. Vous rêvez de plus d’engagement de leur part comme au Bénin, au Cameroun, au Congo Démocratique ou en Côte d’Ivoire ? Chacun est fixé. Par ici, l’église va rester dans son coin.

Personne ne sauvera le peuple du Togo. Ni l’église, ni les églises, ni les politiques, ni la communauté internationale surtout pas la France qui adore les dictatures.

Le pouvoir peut assassiner les enfants, les jeunes, le peuple entier.

Les Adjakly et compagnie peuvent s’asseoir sur le pétrole.

La minorité peut brader le Togo et organiser des braquages électoraux tous les ans.

Les prisons peuvent être bondées d’innocents.

Une seule famille peut diriger 100 ans le Togo qui est censé être une République.

Les Évêques diront que tout ça ce n’est pas bien et vont continuer à célébrer leurs messes et souhaiter la paix pour chaque fils et fille de ce pays. Chacun fait son petit métier.

Peuple du Togo… Ta dignité toi seul peux l’avoir. Après tu les verras tous t’aduler pour ta bravoure.

Respectueuse et spéciale pensée à Monseigneur Kpodzro qui malgré ses imperfections a pu nommer cette dictature implacable et inhumaine avec des mots dénués de toute diplomatie hypocrite. Une dictature de prédation qui dévore âmes et esprits d’un peuple qui n’aspire pourtant qu’au minimum.

La nuit est longue mais le jour se lèvera.

Force et courage au peuple.

Hommage aux martyrs.

Que la providence veille.

Fabbi Kouassi

 

 

Togo : Les Évêques dans l’art du mimétisme

 

Togo - Les artistes obtiennent une volte-face de leur ministre de tutelle

Rejeté en bloc par les artistes, toutes catégories confondues, le ministre de la Culture, du Tourisme et des Loisirs, abandonne finalement son projet les incitant à recourir au Fonds national de finance inclusive (FNFI) à titre de reconversion en cette période de crise sanitaire.

L’initiation prise par Kossivi Egbetonyo demandant aux artistes de se faire financer leur projet de reconversion par la finance inclusive a suscité un tollé général dans le pays.

Cette décision unilatérale, « sans aucune concertation préalable avec les organisations représentatives des supposés bénéficiaires, a suscité un tollé général au sein des acteurs culturels que de l’opinion toute entière », regrette Mme Laurence Montcho, la Secrétaire générale du Syndicat des artistes interprètes et auteurs compositeurs du Togo (SARIAC-Togo).

« La situation sociale dans laquelle se trouvent aujourd’hui les acteurs culturels appelle à des solutions urgentes que ne peuvent assurer les produits FNFI », rejette-t-elle dans sa correspondance.

Cette sortie du SARIAC-Togo pousse le ministre en charge de la Culture a abandonné cette idée.

Les artistes se tournent désormais vers la Présidence de la République. Ils ont lancé un SOS à Faure Gnassingbé afin qu’il trouve une formule pour les accompagner pendant la crise sanitaire due à coronavirus.

A.H.

 

 

Togo - Les artistes obtiennent une volte-face de leur ministre de tutelle

 

Togo - Transition politique : Le FCTD persiste et signe

Il y a deux (02), le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) remettait un document (proposition de sortie de crise au Togo) à la représentation de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) au Togo. Ce mouvement de la société civile, dans son document, insistait sur la transition politique qui est la seule voie pour sortie de la crise politique récurrente. Aujourd'hui, le statu quo règne toujours. Le FCTD revient sur sa proposition et interpelle.

Communiqué du Front citoyen Togo debout

Le jeudi 21 juin 2018, après le Forum des Forces vives tenu le 15 juin 2018 à Lomé en vue de réfléchir sur les voies et moyens pour une sortie pacifique de la crise togolaise, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) a remis un mémorandum à la Représentation de la CEDEAO au Togo, insistant sur la nécessité d’une transition politique qui « constitue une étape de rupture et de réconciliation » devant « marquer la fin des turbulences socio-politiques générées par la mal gouvernance et ouvrir la voie à une ère caractérisée par plus de liberté, de démocratie et de responsabilité ».

Ce document a également été transmis au gouvernement togolais, à toutes les forces politiques en présence, ainsi qu’à tous les partenaires en développement, aux missions diplomatiques et consulaires accréditées au Togo.

Aujourd’hui, deux (02) ans jour pour jour, le FCTD tient à rappeler, à réitérer l’idée et le principe qu’une transition politique pour une sortie pacifique et durable de la crise togolaise reste et demeure d’actualité.

En rappel, cette idée a été reprise par plusieurs organisations de la société civile, puis par plusieurs formations politiques, et s’impose désormais comme la seule alternative crédible, pacifique et durable pour mettre fin à la crise, aux bouleversements politiques que connaît notre pays le Togo, avec comme conséquences, entre autres, le cycle infernale de violences et de violations répétées des droits de l’homme. L’actualité togolaise, marquée par la contestation électorale, les violations graves et récurrentes des droits humains en sont une parfaite illustration.

C’est pourquoi, tout comme dans son communiqué du 29 avril 2020, le FCTD invite une fois encore toutes les forces démocratiques, tout le peuple togolais épris de liberté, de justice et de paix, à conjuguer leurs forces, à converger leurs énergies et à s’inscrire résolument, de manière ferme et irréversible dans ce schéma qui semble désormais s’imposer comme la seule et unique voie pour une sortie pacifique et durable de la crise togolaise, afin d’un vivre ensemble harmonieux entre toutes les filles et tous fils de notre chers pays le Togo.

 

 

Togo - Transition politique : Le FCTD persiste et signe

 

Togo Hommage de Efo beto basile à Agboyibor
https://www.youtube.com/watch?v=a-z87sESZLc

 

 

Togo Hommage de Efo beto basile à Agboyibor

 

La bienveillance au travail.avant tout une question de valeurs, par l'artiste de chanson togolaise
Venez découvrir les nouveautés collective sur la chaine Efo Beto Basile
Nous travaillons jour pour jour pour améliorer les sons a l'avenir
Bien a vous

 

 

La bienveillance au travail.avant tout une question de valeurs

 

Loi organique sur la présidence du CSM : Un magistrat recadre Abdou Assouma

Dans une tribune intitulée : « Togo : l’indépendance de la justice à l’épreuve du juge constitutionnel », le juge Henry Ognan Dogo s’est prononcé sur la fameuse loi organique visant à confier la présidence du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) au chef de l’Etat. Pour le magistrat du ministère public et porte-parole de l’Union Syndicale des Magistrats du Togo (USYMAT), cette proposition remet en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. « Si d’aventure par mégarde ou par inattention la loi organique sur le CSM venait à placer la justice sous le joug de l’exécutif, ce serait un véritable recul démocratique », a conclu Henry Ognan Dogo. Bonne lecture.

L’indépendance de la justice à l’épreuve du juge constitutionnel

Garant du respect de l’ordre constitutionnel et régulateur du fonctionnement des institutions de la République, la Cour constitutionnelle est appelée à se prononcer sur la constitutionnalité des lois suite à sa saisine par des autorités limitativement énumérées. Saisie, elle peut s’exprimer à travers deux types d’actes à savoir un arrêt (décision) ou un avis. Ces deux actes qui ont certes la même nature juridique, n’ont pas forcément la même force juridique.

Par avis n°av-002/20 du 18 mars 2020, la cour constitutionnelle sur demande du président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), s’est prononcé sur la présidence du CSM. En vue de déceler sa nature et son éventuelle force juridique puis les implications d’une telle interprétation sur l’indépendance de la justice, nous nous proposons une analyse de cet avis.

Bien avant tout, il est nécessaire de s’interroger sur la convenance ou l’opportunité de la démarche du Président du CSM. N’ayant pas la compétence l’initiative des lois, prérogative concurremment réservée à l’exécutif et au législatif, pourquoi s’est-il senti obligé de saisir la Cour constitutionnelle sur cette question ? Même si la légalité de cette démarche échappe à la contestation en ce qu’elle est conforme à l’article 104 de la Constitution togolaise, elle ne saurait l’être quant à son opportunité. Néanmoins faudrait-il reconnaitre que pour toute personne avisée qui a une vision claire de la justice et soucieux de son fonctionnement idéal en tant que pouvoir constitutionnel de l’État, indépendant des deux autres (exécutif et judiciaire), la suppression de l’alinéa 2 de l’article 116 devrait inspirer une certaine crainte ou inquiétude à l’heure où la plupart des institutions de la République font face à une vague de réformes.

Ainsi, le respect du sacro-saint principe de la séparation des trois pouvoirs constitutionnels de L’État posé par le « châtelain de la Brède » Montesquieu, la peur d’une éventuelle violation des dispositions constitutionnelles afférentes à l’aune d’une nouvelle loi organique portant organisation, composition, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature, pourrait justifier une telle démarche.

En effet, semble exister depuis la révision constitutionnelle de mai 2019 qui supprimé l’alinéa 2 de l’article 116, une difficulté juridique sur la personnalité compétente pour présider le CSM. Alors que dans sa rédaction antérieure la Constitution faisait expressément du Président de la Cour suprême, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (article 116 al 2), elle est restée silencieuse sur cette question dans sa mouture actuelle par la suppression pure et simple de cette disposition sans aucune autre précision.

D’où semble naître l’ambigüité juridique relative à l’autorité compétente devant présider cet organe. Aux termes des nouvelles dispositions de l’article 113 de la constitution, « Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi. Le pouvoir judiciaire est garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens ».

L’article 115 de la constitution dispose que « Le Président de la République est garant de l’indépendance de la magistrature. Il veille à l’impartialité, au professionnalisme, à l’intégrité et à la dignité de la magistrature. Il est assisté à cet effet par le Conseil Supérieur de la Magistrature ».

La Cour devrait donner son avis sur une question fondamentale : celle de savoir si le Président de la République pouvait présider le Conseil Supérieur de la Magistrature face au silence de la Constitution sur cette question.

La question posée présente tout de même un grand intérêt dans la mesure où l’avis de la Cour permettrait d’éclairer le législateur en levant l’équivoque qui est supposé exister et qui résulte du silence du pouvoir constituant sur la présidence du CSM dans le cadre de la future loi organique portant organisation, composition, attributions et fonctionnement de ce dernier.

De son avis, la haute Cour en matière constitutionnelle estime qu’eu égard à la récente modification constitutionnelle, le Président de la République devrait présider le CSM. Dans le dispositif de son avis notamment à l’article 1er elle dit être d’avis que « Le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, de l’impartialité, du professionnalisme, de la probité, de l’intégrité et de la dignité de la magistrature, préside le Conseil supérieur de la magistrature ». Cet avis peut se justifier dans une certaine mesure d’abord sous un angle de la crainte par le politique, du « gouvernement des juges » ; ensuite par la suppression de l’alinéa 2 de l’article 116 ; et enfin par l’expérimentation de cette pratique par certains pays de l’Afrique francophone.

Cependant, l’on peut légitimement s’interroger, un CSM présidé tel que la Cour l’estime, pourrait-il répondre aux exigences d’édification et de consolidation d’une justice indépendante. Cette inquiétude justifie le caractère plus ou moins discutable de cet avis qui semble contraster avec les principes de la séparation des pouvoirs de l’indépendance de la justice dans la mesure où le CSM, organe chargé de gérer la carrière et la discipline des magistrats qui détiennent le pouvoir judiciaire, constitue la figure emblématique de la justice dans l’organisation des pouvoirs de L’État et surtout la « clef de voûte de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

En rapport avec ce qui précède nous analyserons tour à tour le caractère non authentique de cette interprétation constitutionnelle (I) et la portée juridique de cet avis de la Cour constitutionnelle (II).

I- Une Interprétation Constitutionnelle Non Authentique

La saisine de la Cour constitutionnelle pour avis vise à rechercher et obtenir une interprétation authentique et sincère de la Constitution. Cependant, en raison des multiples interprétations possibles il arrive parfois que les juges constitutionnels adoptent une interprétation dénuée de toute sincérité lui ôtant ainsi son caractère juridictionnel. Le présent avis de la Cour semble résulter d’une interprétation aux allures politiques de la Constitution (A) en ce que l’avis auquel elle a abouti vient prendre le contrepied des principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice (B).

A- Une interprétation constitutionnelle aux allures politiques

L’application d’un texte de loi surtout lorsqu’il est nouvellement adopté n’est pas toujours aisée en raison d’éventuelles énigmes qu’il peut comporter. C’est une réalité connue de tous les techniciens du droit que Bernard BAUFUME formule par la phrase suivante : « les juristes savent que la première application d’un texte est une épreuve redoutable : les contradictions, les insuffisances, les lacunes apparaissent alors au grand jour et viennent ajouter à la perplexité du praticien chargé, tout à la fois de régler un cas d’espèce et de créer un précédent ». Cette affirmation vaut également, voire plus pour les textes constitutionnels qui consacrent et proclament des principes et des valeurs. Ce sont des réalités intrinsèquement liées à la formulation des textes juridiques en général. En effet, dans l’exercice de leurs missions, les autorités publiques peuvent être confrontées à des dispositions constitutionnelles équivoques, insuffisantes et imprécises surtout lorsque le pouvoir constituant se borne à établir des dispositions pratiques applicables à des situations concrètes, omet volontairement ou involontairement de régler d’autres situations concrètes. D’où la nécessité de l’interprétation qui est une « tâche naturelle du juge », en vue de cerner leur réelle signification. L’interprétation est un exercice qui consiste donc à rechercher ce que le texte ordonne ou permet c’est-à-dire « la norme qu’il exprime ».

Parlant de l’interprétation, il faut dire que plusieurs acteurs (politiques, professionnels du droit, etc.) peuvent être amenés à appliquer et à se livrer donc à une interprétation de la Constitution créant ainsi un risque d’interprétations divergentes qui certainement préjudicient à la cohérence de l’ordre constitutionnel. Face à cette dispersion d’interprétations, la solution retenue est que l’interprétation juridictionnelle l’emporte sur « l’interprétation politique » souvent « fantaisiste » . C’est dans cet ordre d’idée que Francis Delpérée conseille au juge constitutionnel que « plutôt que de recourir à des argumentation d’ordre politique sujettes à discussion, n’est-il plus simple » pour le juge constitutionnel « de trouver dans le texte constitutionnel lui-même le fondement d’une solution correcte fondée en droit ? ».

C’est dire que la mission « d’interprète authentique » de la Constitution relève la compétence exclusive du juge constitutionnel. Il n’échappera donc à personne qu’il lui revient la mission de livrer le vrai sens du contenu de la loi fondamentale à travers une interprétation conforme à l’esprit de ce texte. C’est fort de cela que le président du CSM du Togo s’est adressé à la Cour constitutionnelle le 02 mars 2020 pour obtenir la signification réelle du silence de la nouvelle Constitution issue de la récente révision, sur l’autorité devant présider le Conseil Supérieur de la Magistrature, contrairement à l’ancienne qui disposait clairement en son article 116 al 2 qu’« il est présidé par le président de la Cour suprême ».

Le juge constitutionnel va donc dans le cadre de cette mission faire appel à toutes les virtualités du raisonnement, de l’analyse et de la synthèse pour rechercher l’intention originelle des auteurs de la Constitution et dévoiler l’esprit de la règle. Pour en dégager à travers plusieurs dispositions éparses le sens originel la Constitution, l’interprète constitutionnel doit faire preuve de « vérité » et de « loyalisme » à l’égard du texte constitutionnel. Henri BATIFFOL écrit à ce propos et à juste titre qu’« au souci de la vérité » doit se joindre « celui du loyalisme :…devoir fondamental de ceux qui parlent au nom de L’État ».

Cependant les risques d’instrumentalisation à des fins politiques, partisanes voire personnelles dénuées de tout caractère d’intérêt général sont souvent de nature à dénaturer considérablement cette mission d’interprète authentique du juge constitutionnel et par voie de conséquence altérer sa fonction pacificatrice de garant des droits fondamentaux de la personne humaine, des libertés publiques et surtout, de « Tour de contrôle des pouvoirs publics ». Ce poids militantiste en Afrique comme ailleurs, fait que le juge constitutionnel peut parfois être attentif à ce que veut le pouvoir politique ou à ce que lui-même veut au détriment des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit. Ainsi, comme l’affirment Francis HAMON et Céline WIENER, « la Constitution est reproduite et revue » par le juge constitutionnel qui, dans certains cas donne « de la Constitution une interprétation si personnelle qu’elle paraît refléter autant leurs vues propres que celle des constituants ».

Cette affirmation se rapproche de celle de Christian E. TRIMUA qui estime que l’objet de la Constitution dans les États africains francophones est souvent ignoré ou volontairement écarté car taxé d’être inapproprié. Toujours affirme-t-il que sont souvent générées « de nouvelles normes constitutionnelles par une entreprise constitutionnelle ou volontaire, modifiant, contrariant, voire même vidant le texte constitutionnel …de sa substance pour la remplacer par une idée de la constitution qui refléterait les spécificités… souhaitées par ses auteurs ».

Pour Francis Delpérée, l’interprétation politique de la constitution vise à rechercher non ce qui doit se faire mais ce qui se fait ; elle se fait donc contre les sens de textes, c’est alors le sens des pratiques qui est appelé à prévaloir et « il y va donc de soi que cette interprétation vide les textes constitutionnels de leur contenu et de leur utilité ».

Pour illustrer ces interprétations aux allures partisanes et politiques, il importe de donner l’exemple le plus frappant de la Cour constitutionnelle du Bénin. En effet, saisie pour se prononcer sur la conformité à la Constitution des dispositions supprimant le droit de grève pour une catégorie de fonctionnaires, les sages de la Cour ont estimé par décision DCC 18-003 du 18 janvier 2018 que « le droit de grève est un droit fondamental auquel le législateur ordinaire ne peut porter atteinte ; mais il ne peut dans le cadre d’une loi qu’en tracer les limites. Et que par conséquence la suppression totale du droit de grève est anticonstitutionnelle ».

Curieusement, cinq mois après, par une autre décision en date du 28 juin 2018, la même Cour, cette fois ci présidée par Me Joseph DJOGBENOU par une alchimie de recours en interprétation de la décision de la Cour Theodore HOLO, se prononce d’office et déclare conformes à la Constitution les mêmes dispositions du statut général de la fonction publique et de celui de la magistrature supprimant le droit de grève.Selon cette nouvelle interprétation, « les fonctions de défense, de sécurité, de justice et de santé des personnes dévolues à l’État ne sauraient souffrir dans leur exercice d’aucune interruption » et que les agents de l’Etat opérant dans ces secteurs « ne peuvent exercer le droit de grève » et ce, au nom de « l’intérêt général » et de la « protection des citoyens ».

Face à ces deux interprétations divergentes de la même Cour autrement présidée, la première semble plus authentique que la seconde qui reste une interprétation partisane donc politique. En effet, à l’époque, le gouvernement béninois faisait face à une série de grèves intempestives dans le secteur public notamment celui de la justice auxquelles il peinait à trouver la solution.

C’est ainsi qu’il entreprît de modifier les statuts de la fonction publique et de la magistrature en vue de supprimer purement et simplement le droit de grève à certaines catégories d’agents publics. Ces projets d’amendements ont été défendus par Me Joseph DJOGBENOU lui-même ministre de la justice à l’époque. La Cour constitutionnelle ayant censuré ces dispositions en raison de leur caractère anticonstitutionnel, le gouvernement s’était retrouvé le dos au mur et comme il fallait vaille que vaille aller au bout du projet, Me Joseph DJOGBENOU sera débarqué de son poste ministériel pour être nommé président de la Cour constitutionnelle.

En mission commandée, il opéra donc le coup de force juridique pour assouvir les désirs du pouvoir politique au détriment des droits fondamentaux et des libertés publiques des citoyens. Face à cette situation, Persis Lionel Essono Ondo s’indigne profondément quand il affirme qu’« au regard de l’activisme politique des Cours constitutionnelles africaines depuis les années 1991, l’on peut être tenté de dire que certaines constitutions africaines tombent dans la catégorie des constitutions sémantiques c’est-à-dire de service, qui servirait de caution juridique » au pouvoir politique.

Dans le présent cas, pour parvenir à son avis suite à la demande du Président du CSM, et qui semble ne pas refléter l’intention réelle du constituant, les sages de la Cour constitutionnelle auraient procédé à l’interprétation du silence de celui-ci sur l’autorité qui doit présider le CSM. En effet, selon Jacques Meunier, parlant des techniques d’interprétation inventées par François Luchaire, l’une des règles d’interprétation issues de la « dogmatique complète de l’interprétation de la constitution » est que « toutes les dispositions d’un texte s’interprètent les unes par rapport aux autres, donnant à chacune le sens qui résulte du texte entier ».

Dans ce contexte chaque mot compte en vue de déceler exactement si les différentes dispositions éparses s’acceptent ou se rejettent. Ainsi, sur la base de cette technique d’interprétation des textes juridiques et pour mieux cerner le sens réel c’est-à-dire de quelle personnalité le constituant a entendu par son silence faire président du CSM, ce silence du constituant doit être confronté comme l’aurait fait la Cour aux dispositions des articles 113 et 115 de la Constitution.

Ces dispositions consacrent d’une part l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis des pouvoirs législatif et exécutif, et d’autre part le Président de la République comme le garant de l’indépendance de la magistrature tout en étant assisté dans ce rôle par le CSM. Certes, confronté avec les alinéas 1 et 2 de l’article 115 de la constitution, ce silence semble laisser penser a priori que ne devrait être président du CSM que le Président la République. Cependant, l’intervention de l’alinéa 3 qui fait du CSM « l’assistant » du Président de la République dans son rôle de garant « de l’indépendance des juges dans l’exercice de leurs fonctions, et au respect par eux, de la loi » et le principe de la séparation des pouvoirs consacré à l’article 133 vient tout changer.

En effet, le constituant ne peut consacrer une valeur ou un principe fondamental dans sa lettre et en même temps avoir le sens contraire dans son esprit. Il ne peut donc pas consacrer la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice – qui est un principe fondamental de la démocratie et de L’État de droit- et en même temps vouloir que l’organe qui est sensé gérer les détenteurs du pouvoir judiciaire soit présidé par le Président de la République qui de surcroit est titulaire du pouvoir exécutif, lequel pouvoir est qualifié d’ailleurs par Joseph DJOGBENOU comme le principal concurrent du pouvoir judiciaire. C’est pourquoi après avoir supprimé l’alinéa 2 de l’article 116, il n’a pas voulu le remplacer par un autre désignant clairement le chef de L’État comme tel.

En plus d’ailleurs, si telle était la réelle intention du constituant, l’incise selon laquelle « il est assisté à cet effet par le Conseil Supérieur de la Magistrature » aurait été également supprimée. Car au fond, il est tout aussi incompréhensible qu’anormal, nous semble t- il que l’on puisse être « assisté » par un organe dans l’exercice d’une fonction et en même temps présider ce même organe. Il est vrai que, comme le pensent certains, dans d’autres pays où le Président de la République préside le CSM, cette phrase figure dans la Constitution ; d’où l’impérieuse nécessité ou l’intérêt de mener une véritable réflexion sur ce contraste.

On infère immédiatement de ce qui précède que le constituant n’a, à aucun moment voulu faire du Président de la République, Président du CSM mais il a juste voulu laisser à la loi organique le soin de se charger des règles relatives à l’organisation, aux attributions et au fonctionnement du CSM et dans le même cadre, désigner dans le strict respect du principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis des deux autres pouvoirs constitutionnels, la personnalité à même de le présider. Ce qui permet de dire que la teneur de l’avis de la Cour résulte d’une interprétation qui ne reflète pas l’intention originelle du constituant car elle est manifestement en déphasage avec les principes à valeur constitutionnelle de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice.

B- Une interprétation constitutionnelle violant les sacro-saints principes de la séparation des pouvoirs de l’Etat et de l’indépendance de la justice.

L’indépendance de la justice est consacrée et strictement protégée sur le fondement de la séparation des pouvoirs quand sont en cause les libertés individuelles. Pour le professeur NAHM-TCHOUGLI Mipamb Guy, il s’agit de « l’autonomie du pouvoir judiciaire comme gardien de l’Etat de droit » à l’égard des autres pouvoirs constitutionnels de l’Etat. Cette indépendance de la justice dont la protection relève du CSM est assortie des mécanismes constitutionnels qui servent de contrepoids à l’exercice de chaque pouvoir.

En effet, Montesquieu, Baron de la Brède, Président à Mortier du Parlement de Bordeaux a, par sa théorie sur la séparation des pouvoirs, distingué trois fonctions sociales essentielles dans l’Etat. Par un exercice de contraction de cette théorie de Montesquieu sans toutefois travestir son sens originel, l’on peut la résumer par la formule proposée par le Professeur Koffi Ahadzi-Nonou en ces termes : « Au sein de l’État, et afin que tout despotisme soit écarté, devraient fonctionner trois pouvoirs confiés à des personnes ou à des corps distincts : exécutif, législatif et judiciaire. Ces pouvoirs doivent être rigoureusement “séparés” afin que la même personne ou le même corps qui fait la loi ne puisse l’exécuter ou rendre la justice ».

Considéré comme un « véritable dogme du libéralisme politique », cette théorie est devenue pour les constitutionnalistes du monde le critère d’appréciation du degré de liberté dans un pays et détermine la nature de son régime. Certes, cette séparation qui n’est pas tranchée ou étanche ; elle admet une certaine atténuation qui permet une collaboration entre les pouvoirs indispensables à la vie politique harmonieuse de la nation, n’est guère synonyme de l’inféodation de l’un quelconque des pouvoirs par un autre car, « tout serait perdu si le même homme ou le même corps des principaux exerçait les trois pouvoirs ».

Ainsi, selon Montesquieu « il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. Si elle est jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire, car le juge serait législateur. Si elle est jointe à la puissance exécutrice, le juge aurait force d’un oppresseur ». S’appuyant sur ce patrimoine doctrinal, Maurice Ahanhanzo-Glèlè, dès 1982, professait sa foi en la démocratie en appelant à la rationalisation du pouvoir politique.

La démocratie, écrit-il, « étant une conquête quotidienne, et un état d’esprit, il faudrait travailler à l’avènement de son règne afin de supprimer la monocratie, pour plus de liberté, de participation et de contrôle du pouvoir. Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir et que l’homme soit le remède à l’homme ».

Mieux, une partie de la doctrine s’accorde à dire que du fait du phénomène de la majorité dans les démocraties modernes contemporaines, instaurant une certaine collaboration ou complicité entre l’exécutif et le législatif, la seule règle qui subsiste « de la séparation des pouvoirs », c’est le principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Cette position rejoint le principe de la séparation des pouvoirs « à la française » qui se circonscrit d’ailleurs selon le conseil constitutionnel aux rapports entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif qu’il faut absolument respecter car elle est indispensable à la protection des libertés et des droits fondamentaux des citoyens.

Dans ce schéma, placer le pouvoir judiciaire sous le joug du pouvoir exécutif équivaudrait à la neutralisation du principe de la séparation des pouvoirs et à une absence de constitution (article 16 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789) ouvrant la voie à tout mal. Car « la cause du mal », dit Turgot, « vient de ce que votre nation n’a point de constitution ».

L’indépendance du pouvoir judiciaire, corollaire de la séparation des trois pouvoirs constitutionnels de l’État loin d’être un privilège octroyé au bénéfice des magistrats, est un droit reconnu à chaque citoyen de bénéficier d’un pouvoir judiciaire indépendant (et considéré comme tel) des pouvoirs législatif et exécutif. Il est constitué pour sauvegarder la liberté et les droits des citoyens dans le cadre de l’État de droit. C’est d’ailleurs un droit fondamental du citoyen ; et les déclarations d’inconstitutionnalité d’actes jugés attentatoires aux droits et libertés individuelles pour motif de violation de la séparation des pouvoirs ressortent de plus en plus fréquemment dans la jurisprudence des juridictions constitutionnelles contemporaines.

Le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est l’instance chargée d’assurer la gestion de carrière et la discipline des magistrats détenteurs du pouvoir judiciaire, doit nécessairement être indépendant du point de vue aussi bien institutionnel que fonctionnel. Ainsi, les règles d’organisation et de fonctionnement de cet organe doivent répondre aux exigences de cette indépendance de sorte que les personnalités qui y siègent ne soient ni les autorités politiques appartenant aux autres pouvoirs constitutionnels de l’Etat, ni directement désignées par elles pour éviter qu’il ne prenne une allure politico-partisane.

La République Démocratique du Congo l’a si bien compris qu’à travers sa nouvelle constitution du 18 février 2006 elle a réaffirmé à son article 152 l’indépendance du pouvoir judiciaire dont les membres sont gérés par un Conseil Supérieur de la Magistrature désormais composé des seuls magistrats. Dans cette logique, envisager que la présidence du CSM soit assurée par le Président de la République alors qu’il est le chef de l’exécutif ne répond donc pas aux exigences d’indépendance de la justice. C’est en quelque sorte le dernier palier franchi dans la violation des principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Par cette éventualité en effet, C’est toute la problématique de la présence des membres de l’exécutif au sein de cet organe et son impact sur l’indépendance de l’institution judiciaire qui est posée et à laquelle aussi bien la doctrine que certaines personnalités politiques se sont toujours opposées.

Sur cette problématique l’ancien Premier Ministre Français Edouard BALLADUR estime que pour restaurer l’indépendance du CSM vis-à-vis de l’exécutif, il faut que « sa présidence soit retirée au Président de la République pour être confiée à une personnalité élue en son sein par ledit conseil ». Mieux, Pierre Lyon Caen s’interroge à juste titre que « comment celui qui dirige l’exécutif pourrait-il protéger le judiciaire des empiètements que le premier à tendance, par la nature des choses, à exercer sur le second ? ».

Cette interrogation de Pierre Lyon Caen véhicule clairement l’idée selon laquelle la véritable menace de l’indépendance de la justice c’est l’exécutif que le Professeur Joseph DJOGBENOU qualifie d’ailleurs de véritable « concurrent » du pouvoir judiciaire ; celui-ci étant toujours tenté d’affirmer son emprise sur ce dernier. Et face à une telle menace ou concurrence, le seul et véritable rempart c’est le CSM. C’est ainsi qu’à la faveur de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République, le Président de la République ne préside plus le CSM car cette situation « semblait permettre au chef de l’État d’exercer une influence excessive sur l’autorité judiciaire ». Le Conseil Supérieur de la Magistrature en France est présidé depuis cette révision par le premier président de la Cour de cassation (article 65 al 8 de la Constitution Française).

De même au Congo Brazzaville, concernant la présence des membres de l’exécutif au sein du CSM, la Cour suprême avait estimé que « l’intrusion du Garde des sceaux, ministre de la justice dans sa composition, est incompatible eu égard à son statut de membre de gouvernement en exercice, avec les principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire ». Et depuis la loi n°24 du 20 août 1992 modifiée par la loi n°29/94 du 18 octobre 1994, le ministre de la justice n’en fait plus partie. La même réforme a été opérée en République Démocratique du Congo en 2005 par l’exclusion de Garde des sceaux, ministre de la justice du CSM.

Dénonçant la situation dans les autres pays d’Afrique francophone (Congo, Burkina Fasso, Gabon etc…), dans lesquels le Président de la République est membre et préside le CSM, Telesphore KAVUNDJA NANENO citant le Togo en référence en terme d’indépendance du CSM dit : « Par contre au Togo, cet organe est présidé par le président de la Cour Suprême et, ce qui est frappant le Président de la République n’en est pas membre, d’où la consolidation de son indépendance ». Cette affirmation permet de dire que le schéma normatif actuel du Togo, institué par la loi organique n° 97-04 du 06 mars 1997 force l’admiration et les autres pays devraient s’efforcer de s’en inspirer surtout que la France dont tous les pays d’Afrique francophone ont hérité la tradition et l’expression juridique a rompu avec ce travers depuis 2008.

Il est donc clair que même si une réforme du CSM actuel paraît opportune, celle-ci doit viser à renforcer son indépendance et celle de la justice et non à l’affaiblir plus qu’elle ne l’était. L’évidence c’est qu’eu égard au risque d’instrumentalisation politique à outrance des institutions dans les États africains, l’on ne saurait admettre l’envahissement du CSM par les membres des autres pouvoirs, du fait de la grande influence qu’ils pourraient exercer sur cet organe qui verrait son indépendance voire celle des magistrats, considérablement affectée. Une telle démarche serait synonyme d’un véritable recul démocratique séculaire car, en réalité, en ce XXIème siècle la présence de personnalités politiques issues des autres pouvoirs au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature ne devrait pas se justifier dans un régime démocratique.

Dans ces conditions il est important de s’interroger sur l’incidence que cet avis de la Cour constitutionnelle pourrait avoir sur les pouvoirs publics en analysant sa portée juridique.

II- La Portée Juridique De L’Avis De La Cour Constitutionnelle

Donné par la Cour constitutionnelle suite à la saisine du président du CSM, l’avis n°av-002/20 du 18 mars 2020 qui est une sorte de contrôle de constitutionnalité préventif (A) de la loi organique à venir portant organisation, composition, attributions et fonctionnement du CSM, reste tout de même un acte à effet juridique très relatif (B).

A- Un contrôle de constitutionnalité en amont du texte en cours d’élaboration

Les cas sur lesquels le juge constitutionnel s’est toujours prononcé sont liés à l’application ou à l’interprétation de la Constitution. Très souvent les différentes positions prises par les juges constitutionnels dans leurs avis sont de nature à relativiser certaines réactions hostiles comme celles qui ont tendance à affirmer que : « ce n’est qu’un avis ». Ainsi, si au sujet de certaines demandes d’avis, le raisonnement du juge constitutionnel révèle qu’il statue essentiellement sur l’éventuelle conformité d’un acte à la Constitution, c’est qu’il fait de sa consultation un contrôle de constitutionnalité à peine déguisé.

Présenté comme l’une des prouesses en matière de la construction démocratique en Afrique francophone, le contrôle de constitutionnalité a fait l’objet de beaucoup de travaux par la doctrine constitutionnaliste de cette région d’Afrique. Pour Djibrihina OUEDRAOGO, la procédure de consultation ou d’avis permet au juge constitutionnel de « se prononcer à titre préventif sur la conformité à la Constitution d’un acte normatif en cours d’élaboration ». C’est ainsi que l’on assiste au lendemain des révisions constitutionnelles à une récurrence des sollicitations des avis des sages de la Cour constitutionnelle sur les projets d’ordonnance, les projets et propositions de lois organiques etc.

Tous ces cas de saisine vont donc permettre au juge constitutionnel d’exercer un contrôle de la conformité des actes en cause à la Constitution. Et la Cour constitutionnelle le fait très souvent « aussi bien sur le projet d’acte à titre préventif que sur certains actes juridiques déjà en vigueur, opérant, par voie de conséquence un contrôle a posteriori à peine déguisé ».

A titre illustratif, sur le projet d’ordonnance déterminant les conditions de la mise en œuvre des conditions de l’état d’urgence au Togo suite à la pandémie du COVID 19, la Cour constitutionnelle du Togo a par avis n° AV-003/20 du 08 avril 2020 notamment à son article 2 affirmé que : « Les dispositions du projet d’ordonnance déterminant les conditions de mise en œuvre de l’état d’urgence sont conformes à la Constitution ». Cette réponse donnée par la cour est révélatrice des questions successives que les juges se sont posées.

En effet, saisie par le Premier Ministre par lettre référencée le 041/PM/SGG/2020 et datée du 02 avril 2020, la Cour avant d’émettre son opinion telle qu’énoncée ci-dessus se serait posé quatre questions à savoir : est-ce qu’une loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance a été adoptée par le parlement ? Est-ce que l’habilitation a été donnée dans l’une des matières relevant du domaine de la loi ? Est-ce que le projet d’ordonnance a été pris dans la durée de validité de l’habilitation ?

Est-ce que au regard de son objet, ce projet se rapporte à l’une des matières limitativement énumérées dans la loi d’habilitation ? C’est donc en fonction de la réponse positive donnée à chaque question que la Cour a été d’avis que les dispositions du projet d’ordonnance déterminant les conditions de mise en œuvre de l’état d’urgence sont conformes à la Constitution. Elle aurait pu dire qu’elle est d’avis que ce projet d’ordonnance n’est pas conforme à la Constitution si les réponses à ces questions étaient allées dans un sens négatif.

C’est le cas de l’avis N°001-2001/CC du 08 mars 2001 par lequel le juge constitutionnel nigérien a estimé que « le projet d’ordonnance portant création d’un établissement public à caractère professionnel (…) n’est pas conforme à l’article 87 de la constitution » parce qu’il « ne relève pas des domaines prévus par la loi d’habilitation ».

Il parait donc évident à partir de ces exemples que c’est uniquement sur le terrain de la conformité à la constitution que les juges constitutionnels se placent pour examiner les différentes questions soumises à leur examen. C’est donc une manière de s’assurer de la conformité des projets de lois à la Constitution et essayer « d’étouffer dans l’œuf » toute velléité de les incorporer dans l’ordonnancement juridique s’ils sont réellement contraires à la Constitution. Dans le cas d’espèce de la saisine du président du CSM, la Cour constitutionnelle se serait d’abord livrée à un exercice similaire en se posant la question de savoir s’il ressort du sens des dispositions constitutionnelles issues de la nouvelle loi constitutionnelle du 15 mai 2019, la possibilité ou non pour le Président de la République de présider le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Les sages de la Cour disent être d’avis que « Le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, de l’impartialité, de la probité, de l’intégrité et de la magistrature, préside le conseil supérieur de la magistrature ». Selon eux, c’est ce qui ressort du sens de la loi fondamentale donc de l’esprit des dispositions constitutionnelles examinées. Bref c’est ce qui est conforme à la Constitution. Toute porte donc à croire que par cet exercice, la Cour constitutionnelle a exercé à titre préventif un contrôle de constitutionnalité de la future loi organique portant organisation, fonctionnement et attributions du CSM.

Au vu de tout ce qui précède et surtout de l’importance des demandes d’avis dans les jeunes démocraties africaines, l’on peut estimer qu’il doit être admis que l’acte (Décision/Arrêt ou Avis) par lequel la Cour constitutionnelle émet son opinion ne doit pas être l’unique critère qui détermine la force juridique de celle-ci. En plus de ce critère, et pour que ce que la Cour écrit fasse loi comme l’énonce clairement la devise de la Cour constitutionnelle togolaise « Lex est quod notamus », l’opinion émise doit nécessairement résulter d’une interprétation permettant d’avoir le sens originel ou authentique de la loi fondamentale et ce, surtout du fait du caractère très relatif de ses avis.

B- Un acte à effet juridique très relatif

Pour mieux cerner les éventuels effets juridiques de l’avis de la Cour, il importe de le passer au spectre du régime juridique des avis. Il faut noter que les avis se rencontrent dans toutes les matières du droit ; mais ils sont beaucoup plus émis, conceptualisés et utilisés en droit administratif. L’avis est entendu de façon générale comme une opinion ou une réponse donnée suite à une consultation.

L’avis qui s’apparente très souvent à un conseil ou à une recommandation est un terme juridique qui s’applique dans toutes les branches du droit, au résultat de consultations qu’elles soient facultatives ou obligatoires selon les cas, demandées à divers organes (personnes, commissions, juridictions etc.) et qui, rarement ont un caractère obligatoire. L’avis est donc en droit administratif un terme générique donné à tous les actes émis par les organes administratifs dans l’exercice de leur fonction consultative et suppose une demande préalable venant d’une autorité en vue d’éclairer celle-ci dans la prise d’une décision à venir. Ainsi, comme acte préliminaire en prélude d’une décision, « c’est un acte juridique qui n’est en principe pas normateur, mais considéré comme un acte de la procédure ».

En outre, une classification spécifique des avis permet de déceler leur valeur juridique. D’abord il y’a l’avis conforme qui fait obligation à l’administration non seulement de le prendre mais aussi de le suivre ; ensuite l’avis obligatoire correspondant à la seule obligation de consulter mais qui laisse à l’autorité demanderesse la liberté de décider ; enfin l’avis facultatif ou simple donnant la possibilité à l’autorité de s’en éclairer sans y être contrainte. Ce régime juridique est bien transposable en matière constitutionnelle et donc au cas d’espèce. En effet, si la possibilité pour la Cour constitutionnelle d’émettre des avis ne souffre d’aucune contestation (articles 104 et 105 de la Constitution), une telle certitude tant à s’éloigner dès que l’on s’intéresse à leur effet et à leur autorité.

A ce propos, il est soutenu par la doctrine que « l’avis est requis non pas pour se soumettre à la volonté de celui qui l’émet mais pour s’enrichir de sa pensée, à la rigueur pour se laisser séduire par elle ». Il s’y ajoute qu’« il y a dans l’idée de se conformer à un avis une contradiction dans les termes ». Une telle position doctrinale est similaire à celle défendue sur l’autorité de l’avis du juge constitutionnel. Selon Martin BLEOU, « le propre et le mérite de la consultation c’est d’éclairer sans imposer ». Abondant dans le même sens, Abdoulaye SOMA affirme que « dans l’exercice de sa fonction consultative, le juge constitutionnel est un conseiller technique à la fois du pouvoir législatif et surtout du pouvoir exécutif ». Logiquement, ses avis même si leur réquisition est dans certains cas obligatoire, ont dans tous les cas un caractère non-conforme, ils sont consultatifs et ne sauraient à aucune condition lier l’exécutif ou le législatif.

En l’espèce, l’avis demandé par le président du Conseil Supérieur de la Magistrature le 02 mars 2020 fait partie de la catégorie des avis facultatifs. L’article 104 al 6 de la Constitution togolaise dispose en des termes clairs que « la cour constitutionnelle peut être saisie d’une demande d’avis sur les sens des dispositions constitutionnelles… », par des autorités dont le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature.

C’est sur la base de cette disposition que suite à la suppression de l’ancien alinéa 2 de l’article 116 de la Constitution faisant du président de la Cour suprême président de droit du CSM, le Président de cette institution a sollicité l’éclairage des sages de la haute Cour en matière constitutionnelle sur la question de l’autorité qui devrait désormais la présider. Le caractère facultatif de cette demande d’avis résulte de l’utilisation du verbe « pouvoir » notamment dans l’incise « la cour constitutionnelle peut… ». Et naturellement l’avis qui en résulte n’est rien d’autre qu’un conseil que l’on est libre de suivre ou non.

Toujours dans ce sens le professeur Adama KPODAR à propos de l’avis N°AV 004/98 donné par la Cour constitutionnelle togolaise au Premier Ministre le 24 décembre 1998 dit que « … bien qu’étant un acte juridique, n’a pas de valeur juridique ». La même Cour a reconnu l’absence d’effet juridique de cet avis en considérant très clairement dans sa décision N°C 001/99 du 05 mars 1999 que « Le Premier Ministre demandeur et destinataire de l’avis du 24 décembre 1998, a, a priori obtenu l’éclairage désiré ».

Par ailleurs le style d’un juge peut être aussi révélateur d’une posture claire ou subtile de négation-admission de l’autorité de son avis. Sur la réelle portée de ses avis et suite à un avis donné au Président de la République sur la question de la révision constitutionnelle, la Cour constitutionnelle du Mali dans un arrêt rendu les 11 et 12 décembre 2001 affirme que « l’avis… de la cour constitutionnelle délivré en application de l’article 41 de la constitution est, comme tout avis non déclaré contraignant, un avis qui ne lie pas son destinataire… ». En l’espèce, sur la demande d’avis du président du CSM, la Cour constitutionnelle a bien utilisé l’expression « est d’avis » et non le terme « décide » qui par contre est nimbé d’effet juridique. Aussi, le ton employé par le juge dans le cinquième considérant de sa motivation est un indicateur pertinent pour apprécier la portée juridique de son avis.

Quand la Cour dit dans sa motivation que « …le constituant a voulu, sans le dire expressément, donner la possibilité au président de la République, de présider le Conseil Supérieur de la Magistrature », elle n’a pas voulu installer le demandeur d’avis encore moins les autres pouvoirs dans une situation de compétence liée. En gros, cet avis ne s’impose pas.

Conclusion

En tout état de cause, la fonction consultative est une réalité juridique et juridictionnelle à laquelle le juge constitutionnel togolais n’échappe pas. Celle-ci lui permet en effet, d’assurer à travers l’interprétation constitutionnelle qu’elle donne, sa fonction de « Tour de contrôle » des trois pouvoirs constitutionnels de L’État pour qu’aucun des pouvoirs ne quitte sa trajectoire pour se retrouver sur une autre destinée à un autre et ce, dans le strict respect des valeurs démocratiques consacrées par la loi fondamentale.

Cependant, l’on devrait veiller à ce que cette noble mission du juge constitutionnel soit à l’abri du poids de l’instrumentalisation et du militantisme politique, qui le détourne certainement de son but d’intérêt général au profit des dérives partisanes. Ainsi, dans le cas d’espèce même si de par sa nature juridique, l’avis rendu le 18 mars 2020 sur demande du président de CSM n’a aucun effet juridique contraignant, il n’en demeure pas moins que celui-ci risque de donner le signal d’une réforme qui marquera à coup sûr une rupture avec la loi actuelle, laquelle loi est plus protectrice et respectueuse de l’indépendance de la justice et du principe de la séparation des pouvoirs.

Car au fond, donner la possibilité au Président de la République de présider le CSM est synonyme selon Montesquieu de jonction « de la puissance de juger » à la « puissance exécutrice », et de ce fait, le juge qui, perdrait son manteau de protecteur des droits et libertés des citoyens, aurait désormais « force d’un oppresseur ». Une telle réforme en réalité ne saurait se justifier en ce 21ème siècle où certains pays ayant vécu ce travers l’ont abandonné à travers des réformes dont d’autres pourraient bien volontiers s’en inspirer pour le bien de la démocratie et de L’État de droit parce que comme l’affirme Francis DELPEREE, l’interprétation constitutionnelle, parce qu’elle est l’interprétation de la Constitution et parce qu’elle est l’interprétation selon la Constitution, est seule capable de donner à l’Etat son vrai visage.

Tout compte fait, si d’aventure par mégarde ou par inattention la loi organique sur le CSM venait à placer la justice sous le joug de l’exécutif, ce serait un véritable recul démocratique. Il faudra alors que force reste à l’indépendance du magistrat, mieux du juge dans toute sa rigueur. Car le peuple au nom duquel les magistrats décident ne saurait leur pardonner d’avoir renoncé à leur indépendance. Il faudra alors combattre l’invasion de l’institution judiciaire par l’exécutif pour une indépendance individuelle effective du magistrat. Tel est l’espoir.

Par Henry Ognan Dogo,
Magistrat du Ministère public,
Porte –parole de l’Union Syndicale des Magistrats du Togo (USYMAT)

 

 

Loi organique sur la présidence du CSM : Un magistrat recadre Abdou Assouma

 

Fulbert Attisso : « Au Togo, l'opposition est devenue l'ennemi de l'opposition »

Dans une tribune libre, Fulbert Attisso du parti « Togo Autrement » se prononce sur la crise poste électorale que traverse le pays. L’opposant estime que la dynamique Kpodzro dont il est membre est actuellement « la cible de tirs croisés » lancés d’un côté par le régime des Gnassingbé et de l’autre par les partisans de l’opposition. L’acteur politique regrette cet acharnement contre la dynamique. Pour lui, il est grand temps que l'ensemble de l'opposition retrouve la voie de la raison et comprenne que la Dynamique Mgr Kpodzro n'est pas le problème, mais la solution. Bonne lecture.

POURQUOI TANT D'ACHARNEMENT CONTRE LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO ?

La Dynamique Mgr KPODZRO est la cible de tirs croisés lancés d'un côté par le pouvoir RPT-UNIR et de l'autre par les partisans de l'opposition.

Tout a commencé le 23 février 2020 quand le regroupement initié par l'Archevêque Émérite de Lomé, Mgr KPODZRO, a contesté les résultats provisoires proclamés par la CENI et annoncé que son candidat a gagné l'élection présidentielle organisée la veille. Le raz-de-marée fait par le candidat de la Dynamique à Lomé était si spectaculaire qu'il laissait entrevoir l'évidence de sa victoire à l'issue du processus électoral.

Au regard du nombre important d'électeurs et d'électrices dont regorge Lomé et face au constat que la capitale est un échantillon représentatif des villes et des campagnes du Togo, il n'y avait l'ombre d'un doute que le candidat de la Dynamique allait remporter l'élection présidentielle du 22 février 2020. De plus, les résultats venant des préfectures de la région maritime, qui étaient tout aussi satisfaisants que ceux de Lomé, confortaient la conviction quant à la victoire du candidat Agbéyomé KODJO.

Certains partis politiques de l'opposition, dont les candidats étaient dans la course, notamment l'ANC et l'ADDI, se sont empressés de sortir des communiqués dans lesquels ils ont indiqué que les candidats de la Dynamique Mgr KPODZRO et du RPT-UNIR étaient en avance dans la compétition. Subodorant la même issue pour le processus électoral, le pouvoir RPT-UNIR s'est dépêché de faire encercler le domicile du candidat de la Dynamique par une escouade de militaires munie d'importants matériels de maintien d'ordre.

La mission de cette escouade était d'empêcher la liesse populaire qui pourrait se former devant le domicile de Agbéyomé KODJO pour commencer à crier victoire. Une telle liesse populaire pouvait rapidement entrelacer le territoire national par effet de contagion. L'armée togolaise, l'éternel instrument de la conservation du pouvoir, a été vite déployée pour circonscrire ce mouvement populaire.
L'issue du processus électoral a été, comme à l'accoutumée, la proclamation par la CENI de la victoire du candidat du parti au pouvoir, tout comme en 1993, 1998, 2003, 2005, 2010 et 2015.

L'annonce de la victoire de Faure Gnassingbé à l'élection présidentielle du 22 février 2020 n'était pas du tout une surprise, d'autant que le parti RPT-UNIR n'est pas prêt à concéder l'alternance au Togo. Tout le monde (les participationnistes y compris) le savait, et c'est le contraire qui aurait été la surprise. Seulement, le régime a de grands moyens financiers, militaires, institutionnels et diplomatiques lui permettant d'empêcher l'opposition de prendre le pouvoir, surtout par la voie des élections.

Ce n'est pas la première fois que l'opposition gagne des élections au Togo, loin s'en faut. La grande évidence s'est produite en 1998, lorsque Gilchrist Olympio a gagné sans ambages contre feu Gnassingbé Eyadema. C'était tout aussi le cas en 1993, 2003, 2005, 2010 et 2015. Dans chacun des cas, l'opposition n'est pas parvenue à prendre le pouvoir et son candidat n'était jamais annoncé vainqueur du scrutin.

La mission que Mgr KPODZRO s'est assigné en s'invitant à 90 ans dans la vie politique est d'amener l'opposition à gagner l'élection présidentielle de 2020 et à prendre le pouvoir. Serviteur de Dieu et pasteur des Hommes, exempt de toute ambition politique, le prélat a apporté la foi à la lutte de l'opposition, comme il aime à le clamer lui-même. Pour lui, la foi est le pendant spirituel qui a toujours manqué à la lutte physique que l'opposition mène depuis des lustres. C'est du reste ce qui explique que son approche du candidat unique de l'opposition contraste avec la logique politique classique. Il a milité pour le choix de Agbéyomé KODJO qui n'est pas le plus populaire de l'opposition et dont la structure politique n'est pas la mieux implantée dans le pays.

La foi en Dieu est le seul guide, disait-il ! On n'est pas obligé de le croire. Mais dès lors qu'il n'a eu de cesse de rappeler que la foi est le socle de son entreprise, il est incongru d'affirmer, comme certains, que le prélat a échoué, d'autant plus que l'œuvre de Dieu ne peut s'enfermer dans une temporalité. Ce qui peut apparaître aujourd'hui aux yeux des Hommes comme un échec peut devenir demain une victoire, parce que Dieu l'aura voulu ainsi.

Les critiques au vitriol auxquelles la Dynamique Mgr KPODZRO est l'objet de la part des cadres et militants de l'opposition sont injustes et dénuées de sens. Dans le passé, chaque fois que l'UFC ou l'ANC a déclaré avoir gagné une élection présidentielle et que le parti RPT-UNIR s'est attribué frauduleusement la victoire, la quasi-totalité des organisations politiques et associatives favorables à l'alternance ont accompagné l'une ou l'autre dans sa revendication. A aucun moment, il n'a été demandé ni à l'UFC en 1998, 2003, 2005 et 2010, ni à l'ANC en 2015 de fournir les preuves de sa victoire. Cette exigence de preuve, même si elle avait été formulée, ne provenait pas des partis politiques de l'opposition.

Pourquoi la question de la preuve apparaît subitement dans le débat postélectoral et que ce soit surtout les organisations de l'opposition qui la posent et exigent que la Dynamique Mgr KPODZRO apporte la preuve de sa victoire? Où sont les preuves des victoires précédentes ? A contrario, quelles sont les preuves provenant de procès-verbaux qui ont amené l'ANC et l'ADDI à affirmer dans leurs communiqués du 22 février 2020 que les candidats de la Dynamique et du RPT-UNIR étaient en avance dans la course électorale ? Aujourd'hui, une partie du personnel politique de l'opposition demande à la Dynamique de fournir la preuve de sa victoire comme s'il existe un seul candidat victorieux ou triché au cours d'une élection présidentielle au Togo qui a déjà produit une preuve.

Pourquoi ceux qui parlent de preuve aujourd'hui n'avaient-ils pas demandé à Agbéyomé KODJO la preuve qu'il détenait quand il affirmait au soir du scrutin présidentiel de mars 2010 que le candidat de l'UFC avait gagné au premier tour?

La vérité est que le candidat du parti au pouvoir qui a toujours été proclamé vainqueur des élections présidentielles par les institutions (CENI et Cour constitutionnelle) aux ordres n'a jamais mis dans l'espace public les procès-verbaux de son parti prouvant sa victoire. De tout temps, ce sont les procès-verbaux douteux des CELI qui servent de support à la proclamation des résultats provisoires par la CENI. Au final, on peut affirmer sans se tromper que l'opposition n'a jamais pu rassembler les moyens et les soutiens nécessaires à la sécurisation des processus électoraux au Togo.

La Dynamique Mgr KPODZRO a essayé de résoudre un problème qui apparaît désormais comme un véritable écheveau pour l'opposition. Cependant, il est indéniable que la Dynamique a abattu un travail qui s'impose comme un tremplin, à même de booster bien loin l'opposition, si elle acceptait d'y peser du poids de l'ensemble de ses composantes.

Les opinions qui cherchent à avilir la Dynamique, à dire qu'elle n'a aucune preuve pour justifier ses prétentions, et de surcroît qu'elle use de mensonges pour occuper l'espace public sont incompréhensibles, surtout quand elles viennent des cadres de l'opposition. L'opposition est devenue l'ennemi de l'opposition ! On accuse le prélat de dénoncer la corruption qui est devenue sans nul doute une gangrène pour l'opposition et l'empêche de faire aboutir sa lutte. N'est-il pas vrai que l'opposition togolaise a perdu les valeurs d'intégrité et de combativité dont certains partis politiques se vantaient à une époque ? La vie politique togolaise du moment n'a-t-elle pas besoin d'un magistère ou d'une autorité morale pour appeler tout le monde à l'ordre et rappeler surtout à l'opposition les valeurs morales qui doivent sous-tendre sa lutte politique ?

L'acharnement du régime RPT-UNIR contre la Dynamique se comprend à la lumière de son inclination à détruire toute entreprise ou force politique capable de lui disputer le pouvoir. L'utilisation de l'appareil judiciaire ainsi que des forces de défense et de sécurité pour désagréger la Dynamique Mgr KPODZRO s'inscrit dans la logique du parti RPT-UNIR de rester la seule force politique qui garde le pouvoir et régente le pays pendant de longues années encore. Pourquoi certains partis politiques de l'opposition entrent-ils dans ce jeu ? Un jeu malsain qui consiste à combattre la Dynamique au lieu de faire face à l'adversaire commun, le RPT-UNIR ? Certains ont poussé la perversion jusqu'à exprimer leurs satisfecit face aux énormités débitées, toute honte bue, par un prétendu informaticien qui a gardé par devers lui l'argent à lui versé par la Dynamique pour une prestation qu'il n'a pas fournie.

Ce soi-disant expert qui réapparaît après s'être dérobé à ses créanciers aurait été tout de suite écroué si le Togo fonctionnait comme les pays normaux. Quel est l'intérêt de cet énergumène, qui ment comme les arracheurs de dents, de raconter que la Dynamique KPODZRO n'a pas la preuve de ses revendications ? Est-il difficile de comprendre qu'il est stipendié par nos adversaires pour casser la Dynamique ?

Il est grand temps que l'ensemble de l'opposition retrouve la voie de la raison et comprenne que la Dynamique Mgr KPODZRO n'est pas le problème ; elle est la solution. Elle ne peut pas être la cible de ceux qui luttent pour l'alternance. Bien sûr qu'elle est l'ennemi de ceux qui occupent injustement le pouvoir et au demeurant celui de ceux qui craignent qu'elle est en passe de prendre leur place sur l'échiquier politique. La Dynamique KPODZRO ne dispute la place à personne, au contraire elle cherche à travailler avec tous ceux pour qui l'alternance au sommet de l'Etat togolais est la plus profonde des aspirations.

Fulbert Attisso

 

 

Fulbert Attisso : « Au Togo, l'opposition est devenue l'ennemi de l'opposition »

 

Togo : Un violent tract circule au sein des FAT et accuse «Faurtement» les officiers Yétrofei Massina et Sogoyou pour la mort de Madjoulba

Deux «nouveaux suspects», une même ethnie, un crime. D’abord, on a voulu mettre la mort du lieutenant-colonel sur les combines dangereuses du général Félix Abalo Katanga. En effet, le chef d’Etat-major des Forces Armées Togolaises (FAT) a un passé qui ne parle pas à son avantage. Tous les crimes au Togo lui sont parfois impunément attribués.

Dans un de nos articles, nous avions parlé d’une nébuleuse « kabyè » qui veut redessiner au sein des FAT les lieux stratégiques à prendre et garder le pouvoir s’il le faut, et à vie. Désormais, tout semble aller vite. Un tract circule actuellement dans les téléphones cellulaires des officiers et sous-officiers avec les noms des colonels Yétrofei Massina et Sogoyou [Kpatcha] comme étant les meurtriers du lieutenant-colonel Bitala Toussaint Madjoulba. Dans le langage judiciaire, on parle de remettre l’enquête à plat et repositionner les nouveaux suspects. Comble du ridicule dans l’enquête version togolaise, Massina Yetroféi est dans la commission qui doit identifier les présumés coupables. Ambiance ! Le ou les « corbeaux » auteurs du tract sont encore inconnus.

Au sein de la grande muette, personne ne semble être surpris quand nous exigeons qu’on délie les langues. « Les mêmes qui ont toujours rectifié les autres, n’ont jamais changé leur manière de s’asseoir » avertit un officier. De l’autre côté, on balance aux journalistes de LynxTogo.info que, c’est Félix Kadanga qui a mis ses éléments pour la divulgation de ce tract mensonger. Les interrogations peuvent se faire dans tous les sens, votre journal préféré crache difficilement le mensonge. Nous demandons au procureur de la république « kabyè » lui aussi, de déshabillez tous les officiers « kabyè » connus comme étant dangereux pour la république. Le mensonge et la vérité sur la mort du natif de Siou se trouvent sous leurs képis, sous leurs bérets…

Pâ Tamba

Source : Lynx Togo

 

 

Togo : Un violent tract circule au sein des FAT et accuse «Faurtement» les officiers Yétrofei Massina et Sogoyou pour la mort de Madjoulba

Togo : Quand le treillis et une arme sont au dessus de toutes normes et valeurs.

Fauché ce jour par l’un des petits dieux du Togo, Mohamed s’en est allé de façon foudroyante et imprévisible.

Eux, uniquement eux sont les seuls dotés de droit de vie et de mort sur tout ce qui bouge et respire. Même sur tout ce qui ne bouge. Ainsi en a décidé la classe dirigeante, opulente, condescendante, deshumanisante, depuis 15 ans au moins.

Tuer, réprimer, emprisonner, kidnapper. Le véritable programme de société qui vaut des plébiscites à l’infini, des mandant éternels et le pouvoir jusque dans l’abîme. Plus rien ne compte.

Il s’appelait Mohamed… Son enfant a vu ce que les « forts » du Togo ont fait à son père et de son père qui gagnait sa vie au jour le jour.

Laver des véhicules. c’est de ça il vivait et faisait vivre ses proches.

Une vie de pauvre, comme pour la majorité sans aucune certitude en un avenir pourtant d’une certitude ténébreuse pour tout togolais sous la coupole de l’oligarchie dictatoriale.

Un traumatisme à vie pour cet enfant qui a vu son père se vider de son sang et perdre la vie.

Quelle politique de réconciliation va faire aimer les corps habillés à cet enfant ?

Et les dieux du Togo adorent semblent ils leurs progénitures par dessus tout. Nul ne peut oser les égratigner sans risquer la mort.

Pour eux des vols spéciaux peuvent passer outre toute interdiction de fermeture de frontières.

Pour eux toutes les commandes sont passées à l’autre bout du monde,

Pour eux toutes les bourses pour accéder aux universités les plus huppées et aux stages les plus dorés sont garanties,

Pour eux l’avenir est tracé au nom du Togo. Un Togo propriété privée de quelques individus.

Pour tous les autres, c’est la mort assurée, une mort qui leur ouvre les bras de la manière la plus banale qu’inimaginable.

Vigilance, prudence, les fauves sont habillés en humains.

Que la providence veille.

Rest in peace Mohammed.

Fabbi Kouassi

 

 

Togo : Quand le treillis et une arme sont au dessus de toutes normes et valeurs.

 

Refus d’alternance dans l’espace ouest africain : La fin des systèmes dictatoriaux, un casse-tête chinois pour l’ancrage de la démocratie

Face à l’exigence des nouveaux rapports de force, de l’évolution de la géopolitique, et surtout, en ce qui concerne l’instauration de la démocratie en Afrique notamment dans l’espace ouest africain, les choses bougent dans certains pays. Par contre, dans d’autres pays, des chefs d’état sont toujours réticents voire hostiles à ce nouveau joyau politique pour sevrer à dessein leur peuple, nourrir leur appétence immodérée du pouvoir et y « mourir ». Or, dans la sous-région ouest africaine, les mandats à vie ne sont plus des principes auxquels l’on doit s’accrocher vu que le protocole additionnel de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique (CEDEAO) sur la démocratie et la bonne gouvernance est formel sur la question. Dans la mesure où la réticence de certains Chefs d’Etat met en péril cette idéologie, de gros calibres de l’institution veulent alors s’imposer des mesures drastiques pour que la souveraineté des peuples soit respectée au profit de la démocratie dans tous les pays de l’espace communautaire.

L’idée est certes louable, toutefois, sachant comment les choses évoluent en Afrique, l’on peut se permettre de douter de sa faisabilité En effet, dans l’espace communautaire ouest africain, nombre de pays ont connu l’alternance sans coup férir. Ceci est dû à la volonté manifeste des dirigeants de ces pays de se conformer à la donne universelle dans un monde où la démocratie devient le système politique prisé par les peuples. Pour cette instance sous régionale, la longévité au pouvoir n’a plus sa raison d’être, il faut restituer aux peuples leurs propres moyens de subsistance et s’en tenir à leur volonté. Malheureusement, le refus d’alternance politique à la tête de certains pays membres de la sous-région demeure encore pour l’institution, un casse-tête chinois.

Comment parvenir à obliger chaque Chef d’Etat à s’intégrer à la volonté de son peuple pour que la démocratie soit effective ? Voilà la grande équation à laquelle les premiers et actuels responsables de la CEDEAO sont confrontés. Face à cette situation qui prévaut dans certains pays de l’instance, le Président nigérian, MuhammaduBuhari, la semaine dernière à Accra, n’écarte pas l’option militaire pour imposer à ces boulimiques du pouvoir, la volonté de leur peuple : « L’option militaire face au refus de l’alternance ne serait plus une idée, mais une règle qui s’imposera à nous tous… Un peuple ne peut se plier aux caprices d’une minorité d’hommes qui foulent aux pieds les bases de la démocratie. Et les regarder faire serait une complicité de notre part… » L’intention du Nigérian est fort louable et les épris de la démocratie doivent trouver un grand réconfort et retrouver leur souffle. Et, à s’en tenir à cette sortie de Buhari, l’envoi des forces militaires de la CEDEAO dans certains pays membres où l’alternance politique semble être renvoyée aux calendes grecques, devrait rentrer dans sa phase d’application. Autrement, certains cancres qui s’agrippent contre vents et marées au pouvoir et ne veulent sous aucun prétexte se plier à la volonté de leur peuple, se feraient déloger de leur palais. Mais comment cela pourra-t-il être possible dans la mesure où entre les pays, il existe des relations de partenariat de tous ordres et chaque pays est appelé à défendre les intérêts qui sont les siens ?

Voilà la grande interrogation qui s’impose de droit. En effet, au regard des relations qui existent entre les pays de la sousrégion, il serait difficile à un pays dont les intérêts économiques se trouvent dans le pays menacé de s’associer aux autres pays pour envoyer ses forces militaires et compromettre ses avantages. Surtout qu’il s’agit de l’Afrique où très souvent, certains Chefs d’Etat se soudent dans des incongruités sociables pour demeurer dans le faux. L’option militaire est certes la dernière chose à laquelle il faut penser pour aider à faire réaliser l’alternance dans ces pays de la CEDEAO où l’hostilité à la volonté populaire demeure une évidence étant donné que pour la plupart du temps, des négociations pour dénouer des crises liées aux élections pour y parvenir sont soldées par des échecs. Le coup en vaut la peine. Malheureusement, cette option ne pourrait aboutir à grand-chose et cela ne serait qu’un effet d’annonce en ce sens que, toutes les institutions en Afrique tant sous régionales que continentales ne sont ni plus ni moins que des syndicats des Chefs d’Etat contre le panafricanisme.

Une ou deux volontés pour faire plier ces enivrés du pouvoir ne sauraient avoir raison sur l’ensemble de ces Chefs d’Etat impénitents et lugubres. Par ailleurs, avec la démocratie en vogue dans ce monde devenu un village planétaire, en principe, le tripatouillage des constitutions, des holdups électoraux, le pouvoir pérenne, ne devront plus être acceptés et défendus. Vouloir passer outre cette volonté des peuples africains est un risque majeur pour les dictateurs mal élus qui refusent d’écouter les cris de leurs populations. Et depuis, ils ont détourné les processus électoraux et se sont renforcés au travers d’une démocratie factice.

Au Togo, il y a 53 ans, la famille Gnassingbé est au pouvoir. Le père ayant exercé le pouvoir pendant 38 ans ; le fils, Faure Gnassingbé, ayant succédé au père à la suite de la mort de ce dernier le 05 février 2005, a entamé dès le 03 mai 2020 son quatrième mandat (un mandat de trop). Plus loin, lorsque l’on élargit le cercle à l’ensemble des huit pays membres de l’UEMOA, il ne reste le Togo qui cause problème par rapport à cette épineuse question de l’alternance à la tête du pays.

Dans l’ensemble des pays membres de la CEDEAO c’est encore et toujours le Togo qui demeure la seule curiosité en termes d’alternance. Une telle analyse permet alors de voir clairement combien le Togo ne peut plus faire l’exception dans la sous-région ouest africaine en ce qui concerne l’alternance au pouvoir. Cela s’impose avec une telle acuité que Faure Gnassingbé se doit de comprendre la nécessité de l’alternance au Togo et que seule, celle-ci pourra permettre au pays de s’inscrire dans le concert des nations civilisées et démocratiques pour un nouveau départ. Il n’a en réalité pas d’autres choix que d’aller dans ce sens surtout que le cas du Togo est plus que jamais intolérable. 53 ans de règne du père et du fils sur une République.

C’en est de trop et cela frise un vrai scandale et choque l’éthique et la philosophie républicaines! C’est en réalité la voix du salut que nous sommes en train de lui tracer s’il veut un jour rentrer dans le panthéon de l’histoire de notre pays avec tous les honneurs car il reste le seul qui constitue ce mal qui persiste encore dans cette sous-région ouest africaine à être hostile à l’alternance politique contre vents et marrées. Outre le Togo de Faure Gnassingbé, d’autres pays du continent comme le Congo Brazzaville de Denis Sassou N’guesso, le Cameroun de Palu Bya, le Gabon d’Ali Bongo, … se trouvent dans le cas, où leur Chef d’Etat, s’agrippent au pouvoir et ne veulent pas le lâcher sous aucun prétexte. Et c’est ce phénomène qui retarde l’Afrique. Or, le processus de démocratisation en Afrique en général, était considéré au départ comme une ère nouvelle où les peuples devraient entrer dans une nouvelle phase de leur vie avec l’espoir de disposer d’eux-mêmes et de choisir librement leurs dirigeants dans une cité de justice, d’équité et de respect des droits de l’homme. Malheureusement, dans nombre de pays africains, le constat est plutôt amer. Les élections censées soutenir la démocratie, organisées par des supposés dirigeants sans foi ni loi dans une opacité sans mesure, prédisposent le continent à des situations d’instabilité.

Alors que la profonde aspiration des peuples africains résulte de la bonne gouvernance qui ne peut être possible que si leurs dirigeants s’appliquent vraiment et avec efficacité dans l’évolution de la géopolitique qui sous-tend l’avènement d’un Etat de droit, donc de la démocratie pour le bonheur et l’émancipation de leur peuple respectif, certains Chefs d’Etat africains savent bien s’inscrire dans la dynamique inverse pour végéter au pouvoir. Il est alors temps que la CEDEAO fasse en amont un travail de fond pour démontrer le bien-fondé de l’alternance dans son espace et montrer à toute la communauté internationale qu’elle est capable de résoudre les problèmes relatifs à l’alternance dans son espace en essayant de persuader les dictateurs encore endurcis que le pouvoir appartient au peuple et qu’aucun chef d’Etat n’a plus le droit de briguer plusieurs mandats de suite. On se rappelle d’ailleurs que du 18 au 20 mai 2011, s’était tenue à Praia, au Cap Vert, la conférence régionale sur le thème « Elections et stabilité en Afrique de l’Ouest ».

Cette conférence avait pour objectif d’analyser l’impact des processus électoraux sur la stabilité et la démocratie dans la sousrégion ainsi que leurs implications en termes de prévention des conflits et de consolidation de la paix. La CEDEAO doit donc poursuivre le travail dans ce sens pour finir avec les mandats à vie en son sein.

A l’échelle du continent, le respect d’une limitation à deux mandats de 5 ans, constitue l’un des rares leviers qui facilitera les alternances, le renouvellement des classes politiques, la fin des dictatures, une véritable démocratie et, indirectement, la prévention des crises. Et c’est ce à quoi l’Union africaine (UA), vu l’évolution du monde, est désormais conviée pour stabiliser le continent. Sinon, en laissant le continent dans la configuration de pouvoir à vie, l’UA se fait une mauvaise publicité qui consiste à cautionner des Chefs d’Etat africains qui refusent de s’inscrire dans l’évolution de la géopolitique où la démocratie qui est en vogue, exige la fin des dictatures. Et cela n’est pas à l’honneur de l’institution. Surtout pas dans un contexte où l’Afrique a plus que jamais besoin d’affirmer des valeurs universelles fortes. Aucun Etat ne peut être viable et fiable sans un minimum d’adhésion à des principes qui demandent le respect de la volonté des peuples et la fin des dérives dictatoriales.

L’Afrique ne devrait pas être du reste car avec un peu de volonté, elle pourra se métamorphoser de l’intérieur, y changer les choses et réécrire son histoire pour se valoriser à l’échelle internationale. Et, c’est de cette façon que le continent pourrait se faire prendre au sérieux par ses partenaires européens et américains. La cause profonde des problèmes d’immigration clandestine vient de la caution indécente que les organisations africaines ont toujours donnée aux systèmes dictatoriaux dont la toile de fond est la mal gouvernance.

Peter Sossou

Source : Le Triangle des Enjeux n°413 du Mercredi 20 Mai 2020

 

 

Refus d’alternance dans l’espace ouest africain : La fin des systèmes dictatoriaux, un casse-tête chinois pour l’ancrage de la démocratie

Togo : Militaires et Policiers, les meilleurs Ennemis du Peuple !

Chaque jour que Dieu fait, nous ne cessons de répéter que notre malheur, c’est l’armée, la gendarmerie et la police. Sans elles, le régime qui dure et perdure au pouvoir ne peut réprimer, blesser et tuer les citoyens dès que ceux-ci manifestent le moindre mécontentement. Et pourtant! Et pourtant, quand vous voyez dans nos maisons, dans nos quartiers, dans nos villes et partout dans le pays, les corps habillés cohabitent pacifiquement avec leurs frères civils. Ils causent ensemble, se partagent un verre, regardent des matchs de foot etc.

Loin d’être des tueurs de civils, nos sôdja sont plutôt des gens bien. Et quand ils sont en mission en pays étrangers, ils sont souvent félicités pour leur exemplarité, leur comportement sans reproche.

Nos militaires sont comme un chien errant: au même moment où les passants ont peur qu’il les morde, au même moment ce chien aussi a peur que les passants lui jettent un caillou ou le frappent avec un bâton. Pendant que le civil a peur du sôdja, le sôdja aussi a peur des civils, même si cela semble paradoxal. Il a peur d’être dénoncé, d’être stigmatisé, d’être agressé…

Non seulement il a peur des civils, mais le sôdja togolais a très peur de l’armée et de la police. Cela peut paraitre curieux, mais il a plus peur de l’armée que nous les civils. Nous autres civils, nous pouvons critiquer. Nous pouvons même dire à haute voix que nous sommes contre ceci ou cela. Mais le sôdja peut-il même oser dire par exemple qu’il n’y a pas assez d’écoles ou de dispensaires dans ce pays? Le civil peut dire qu’il n’a pas voté pour le parti UNIR, mais le sôdja oserait-il broncher dans ce sens? Il subirait la foudre s’il parle d’élections, à moins qu’il ne clame qu’il a voté pour le pouvoir! Mais un militaire français peut dire qu’il n’apprécie pas Macron, un militaire britannique peut déclarer ne pas aimer Boris Johnson, un GI américain peut hurler que Donald Trump ne gère pas bien la crise du coronavirus. Mais qu’un sôdja togolais dise que Faure n’est pas bon, il nous semble qu’il ne tarderait pas à passer à la casserole.

Si nous revisitons l’histoire des forces de défenses, force est de constater que plusieurs hommes ont perdu la vie, pas dans une guerre, mais assassinés. Certains disent que les FAT et la police sont sûrement les corps de métier les plus bourrés d’espions, les corps de métier où la méfiance entre collègues règne le plus.

Si nos sôdja sont souvent amenés à tuer, c’est en général parce qu’on le leur ordonne. Et leurs chefs savent très bien comment donner les ordres, comment organiser les troupes et dans quelles conditions envoyer les éléments sur le terrain pour que des vies humaines tombent.

Alors pitié pour les soldats, ils n’y sont pas pour grand-chose quand le sang des civils coule! Autant vous avez peur qu’ils vous tuent, autant ils ont également peur qu’on les tue. Ça a toujours été comme cela dans les dictatures et partout où on barre la route à la démocratie. Le colonel Madjoulba peut vous en dire plus. Ah non, j’oubliais, il vient d’être assassiné d’une balle dans le cou, dans son bureau au camp militaire! Une enquête est ouverte. Elle ne tardera pas à se fermer d’elle-même, parce que l’affaire sera bientôt oubliée.

SAhé Sahéa

Le journal Sika’a
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Togo : Militaires et Policiers, les meilleurs Ennemis du Peuple !

 

Togo, Brutes Épaisses et Tragédies Nationales : Qui dit que Faure Gnassingbé est pris en otage?

Depuis un moment circule sur les réseaux sociaux l’interview, ou plutôt le monologue d’une personne sur Tempo Africa TV. La personne en question se présente comme un militaire disposant d’informations sur les supposées relations tendues entre Faure et certains officiers qui auraient menacé de le liquider s’il renonçait au pouvoir. Il n’en fallait pas moins pour que la passion politique des Togolais monte d’un cran, pour dédouaner Faure dans une grande mesure: il est l’innocent otage de brutes épaisses. Innocent comme tous les autres Togolais.

C’est exactement ce que recherche le régime désespérément. C’est la marque déposée de chaque dictateur qui se respecte. Et ce n’est rien d’autre qu’une continuité. Entre 2005 et 2010, il n’y avait pas WhatsApp. Mais les mêmes bruits ont été répandus de bouche à oreilles par des individus payés, ainsi que dans les médias pour faire croire aux Togolais que Faure était l’otage de l’armée et qu’il voulait renoncer après 2 mandats mais que l’armée refusait. Les Togolais sont tombés dans le piège et nombreux sont ceux qui se sont rangés derrière Faure, y compris les opposants d’Eyadema (ZarifouAyeva, Gnininvi, Agboyibo et consorts). Aujourd’hui on sait où cela nous a mené. Il faut sortir le Togolais de cette émotion vis-à-vis de ce régime dictatorial sinon rien n’empêchera de transformer le Togo en royaume.

La communication est une arme redoutable partout, mais au Togo le régime est passé maître dans l’art de la manier pour s’acheter du temps. Car il sait que les Togolais tombent toujours dans ce qu’il prévoit. Personne n’a force ni personne ne forcera la main à Faure Gnassingbé de rester ou d quitter le pouvoir avant qu’il ne se décide.

C’est une question de conscience et de volonté. Or Faure Gnassingbé semble animer d’un gout caractériel du pouvoir à vie. Ceux qui pensent que l’armée l’a pris en otage se trompent. Car il a le pouvoir de démettre n’importe qui de ses fonctions, de jeter n’importe qui en prison, de faire disparaître n’importe qui s’il veut. La preuve est qu’il l’avait lui-même dit que personne ne l’obligera à faire quoi que ce soit Il n’est donc l’otage de personne. ue les Togolais, apprennent à sortir de l’émotion. Sous le règne du général Eyadéma on nous avait dit qu’il était l’otage de son fils Ernest et que ce dernier a menacé de tuer son père si jamais il renonçait au pouvoir. Il faut bien être un Togolais vraiment désabusé pour croire en ce scénario de parricide comique. Aujourd’hui on nous parle du trio Katanga-Massena-Bawara? Vous ne voyez pas que ce régime se moque de nous tout le temps? Qu’est-ce que ces personnages pourront vraiment décider contre un chef d’Etat qui est le chef d’une armée aussi disciplinée fabriquée à l’image du géniteur de Faure? Comment cela peut être aussi possible que trois personnes décident au nom de tout un peuple?

N’est-ce pas que l’armée est constituée de plusieurs entités? A comprendre donc le raisonnement de certains Togolais qui veulent nous faire avaler la couleuvre, que si Faure voyage aujourd’hui et décide de ne plus revenir au pays parce que pris en otage, ces personnages précités vont aller le ramener et par quelle alchimie. Que les Togolais sont trop pathétiques. Les homes passeront mais la Nation restera toujours. Qu’on cesse de nous divertir Qui alors vous dit que Faure Gnassingbé est pris en otage des brutes épaisses et des tragédies nationales?

Source : Le Triangle des Enjeux n°413 du Mercredi 20 Mai 2020

 

 

Togo, Brutes Épaisses et Tragédies Nationales : Qui dit que Faure Gnassingbé est pris en otage?

 

Togo : L’indépendance de la justice à l’épreuve du juge constitutionnel

« Le principe de la séparation des pouvoirs est inséparable de la protection des droits et libertés …La distribution organique du pouvoir entre plusieurs institutions et le contrôle que celles-ci s’exercent mutuellement a pour finalité de sauvegarder l’individu des atteintes à ses droits et libertés naturels et imprescriptibles » Abdoulaye SOMA, Agrégé des facultés de droit, Université Ouaga II.

Introduction

Garant du respect de l’ordre constitutionnel et régulateur du fonctionnement des institutions de la République, la Cour constitutionnelle est appelée à se prononcer sur la constitutionnalité des lois suite à sa saisine par des autorités limitativement énumérées. Saisie, elle peut s’exprimer à travers deux types d’actes à savoir un arrêt (décision) ou un avis. Ces deux actes qui ont certes la même nature juridique, n’ont pas forcément la même force juridique.

Par avis n°av-002/20 du 18 mars 2020, la cour constitutionnelle sur demande du président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), s’est prononcé sur la présidence du CSM. En vue de déceler sa nature et son éventuelle force juridique puis les implications d’une telle interprétation sur l’indépendance de la justice, nous nous proposons une analyse de cet avis.

Bien avant tout, il est nécessaire de s’interroger sur la convenance ou l’opportunité de la démarche du Président du CSM. N’ayant pas la compétence l’initiative des lois, prérogative concurremment réservée à l’exécutif et au législatif, pourquoi s’est-il senti obligé de saisir la Cour constitutionnelle sur cette question ? Même si la légalité de cette démarche échappe à la contestation en ce qu’elle est conforme à l’article 104 de la Constitution togolaise, elle ne saurait l’être quant à son opportunité. Néanmoins faudrait-il reconnaitre que pour toute personne avisée qui a une vision claire de la justice et soucieux de son fonctionnement idéal en tant que pouvoir constitutionnel de L’État, indépendant des deux autres (exécutif et judiciaire), la suppression de l’alinéa 2 de l’article 116 devrait inspirer une certaine crainte ou inquiétude à l’heure où la plupart des institutions de la République font face à une vague de réformes. Ainsi, le respect du sacro-saint principe de la séparation des trois pouvoirs constitutionnels de L’État posé par le « châtelain de la Brède » Montesquieu, la peur d’une éventuelle violation des dispositions constitutionnelles afférentes à l’aune d’une nouvelle loi organique portant organisation, composition, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature, pourrait justifier une telle démarche.

En effet, semble exister depuis la révision constitutionnelle de mai 2019 qui supprimé l’alinéa 2 de l’article 116, une difficulté juridique sur la personnalité compétente pour présider le CSM. Alors que dans sa rédaction antérieure la Constitution faisait expressément du Président de la Cour suprême, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (article 116 al 2), elle est restée silencieuse sur cette question dans sa mouture actuelle par la suppression pure et simple de cette disposition sans aucune autre précision. D’où semble naître l’ambigüité juridique relative à l’autorité compétente devant présider cet organe. Aux termes des nouvelles dispositions de l’article 113 de la constitution, « Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi. Le pouvoir judiciaire est garant des libertés individuelles et des droits fondamentaux des citoyens ».

L’article 115 de la constitution dispose que « Le Président de la République est garant de l’indépendance de la magistrature. Il veille à l’impartialité, au professionnalisme, à l’intégrité et à la dignité de la magistrature. Il est assisté à cet effet par le Conseil Supérieur de la Magistrature ».

La Cour devrait donner son avis sur une question fondamentale : celle de savoir si le Président de la République pouvait présider le Conseil Supérieur de la Magistrature face au silence de la Constitution sur cette question.

La question posée présente tout de même un grand intérêt dans la mesure où l’avis de la Cour permettrait d’éclairer le législateur en levant l’équivoque qui est supposé exister et qui résulte du silence du pouvoir constituant sur la présidence du CSM dans le cadre de la future loi organique portant organisation, composition, attributions et fonctionnement de ce dernier.

De son avis, la haute Cour en matière constitutionnelle estime qu’eu égard à la récente modification constitutionnelle, le Président de la République devrait présider le CSM. Dans le dispositif de son avis notamment à l’article 1er elle dit être d’avis que « Le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, de l’impartialité, du professionnalisme, de la probité, de l’intégrité et de la dignité de la magistrature, préside le Conseil supérieur de la magistrature ». Cet avis peut se justifier dans une certaine mesure d’abord sous un angle de la crainte par le politique, du « gouvernement des juges » ; ensuite par la suppression de l’alinéa 2 de l’article 116 ; et enfin par l’expérimentation de cette pratique par certains pays de l’Afrique francophone. Cependant, l’on peut légitimement s’interroger, un CSM présidé tel que la Cour l’estime, pourrait-il répondre aux exigences d’édification et de consolidation d’une justice indépendante. Cette inquiétude justifie le caractère plus ou moins discutable de cet avis qui semble contraster avec les principes de la séparation des pouvoirs de l’indépendance de la justice dans la mesure où le CSM, organe chargé de gérer la carrière et la discipline des magistrats qui détiennent le pouvoir judiciaire, constitue la figure emblématique de la justice dans l’organisation des pouvoirs de L’État et surtout la « clef de voûte de l’indépendance de l’autorité judiciaire ».

En rapport avec ce qui précède nous analyserons tour à tour le caractère non authentique de cette interprétation constitutionnelle (I) et la portée juridique de cet avis de la Cour constitutionnelle (II).

I- Une Interprétation Constitutionnelle Non Authentique

La saisine de la Cour constitutionnelle pour avis vise à rechercher et obtenir une interprétation authentique et sincère de la Constitution. Cependant, en raison des multiples interprétations possibles il arrive parfois que les juges constitutionnels adoptent une interprétation dénuée de toute sincérité lui ôtant ainsi son caractère juridictionnel. Le présent avis de la Cour semble résulter d’une interprétation aux allures politiques de la Constitution (A) en ce que l’avis auquel elle a abouti vient prendre le contrepied des principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice (B).

A- Une interprétation constitutionnelle aux allures politiques

L’application d’un texte de loi surtout lorsqu’il est nouvellement adopté n’est pas toujours aisée en raison d’éventuelles énigmes qu’il peut comporter. C’est une réalité connue de tous les techniciens du droit que Bernard BAUFUME formule par la phrase suivante : « les juristes savent que la première application d’un texte est une épreuve redoutable : les contradictions, les insuffisances, les lacunes apparaissent alors au grand jour et viennent ajouter à la perplexité du praticien chargé, tout à la fois de régler un cas d’espèce et de créer un précédent ». Cette affirmation vaut également, voire plus pour les textes constitutionnels qui consacrent et proclament des principes et des valeurs. Ce sont des réalités intrinsèquement liées à la formulation des textes juridiques en général. En effet, dans l’exercice de leurs missions, les autorités publiques peuvent être confrontées à des dispositions constitutionnelles équivoques, insuffisantes et imprécises surtout lorsque le pouvoir constituant se borne à établir des dispositions pratiques applicables à des situations concrètes, omet volontairement ou involontairement de régler d’autres situations concrètes. D’où la nécessité de l’interprétation qui est une « tâche naturelle du juge », en vue de cerner leur réelle signification. L’interprétation est un exercice qui consiste donc à rechercher ce que le texte ordonne ou permet c’est-à-dire « la norme qu’il exprime ».

Parlant de l’interprétation, il faut dire que plusieurs acteurs (politiques, professionnels du droit, etc.) peuvent être amenés à appliquer et à se livrer donc à une interprétation de la Constitution créant ainsi un risque d’interprétations divergentes qui certainement préjudicient à la cohérence de l’ordre constitutionnel. Face à cette dispersion d’interprétations, la solution retenue est que l’interprétation juridictionnelle l’emporte sur « l’interprétation politique » souvent « fantaisiste » . C’est dans cet ordre d’idée que Francis Delpérée conseille au juge constitutionnel que « plutôt que de recourir à des argumentation d’ordre politique sujettes à discussion, n’est-il plus simple » pour le juge constitutionnel « de trouver dans le texte constitutionnel lui-même le fondement d’une solution correcte fondée en droit ? ». C’est dire que la mission « d’interprète authentique » de la Constitution relève la compétence exclusive du juge constitutionnel. Il n’échappera donc à personne qu’il lui revient la mission de livrer le vrai sens du contenu de la loi fondamentale à travers une interprétation conforme à l’esprit de ce texte. C’est fort de cela que le président du CSM du Togo s’est adressé à la Cour constitutionnelle le 02 mars 2020 pour obtenir la signification réelle du silence de la nouvelle Constitution issue de la récente révision, sur l’autorité devant présider le Conseil Supérieur de la Magistrature, contrairement à l’ancienne qui disposait clairement en son article 116 al 2 qu’« il est présidé par le président de la Cour suprême ».

Le juge constitutionnel va donc dans le cadre de cette mission faire appel à toutes les virtualités du raisonnement, de l’analyse et de la synthèse pour rechercher l’intention originelle des auteurs de la Constitution et dévoiler l’esprit de la règle. Pour en dégager à travers plusieurs dispositions éparses le sens originel la Constitution, l’interprète constitutionnel doit faire preuve de « vérité » et de « loyalisme » à l’égard du texte constitutionnel. Henri BATIFFOL écrit à ce propos et à juste titre qu’« au souci de la vérité » doit se joindre « celui du loyalisme :…devoir fondamental de ceux qui parlent au nom de L’État ».

Cependant les risques d’instrumentalisation à des fins politiques, partisanes voire personnelles dénuées de tout caractère d’intérêt général sont souvent de nature à dénaturer considérablement cette mission d’interprète authentique du juge constitutionnel et par voie de conséquence altérer sa fonction pacificatrice de garant des droits fondamentaux de la personne humaine, des libertés publiques et surtout, de « Tour de contrôle des pouvoirs publics ». Ce poids militantiste en Afrique comme ailleurs, fait que le juge constitutionnel peut parfois être attentif à ce que veut le pouvoir politique ou à ce que lui-même veut au détriment des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit. Ainsi, comme l’affirment Francis HAMON et Céline WIENER, « la Constitution est reproduite et revue » par le juge constitutionnel qui, dans certains cas donne « de la Constitution une interprétation si personnelle qu’elle paraît refléter autant leurs vues propres que celle des constituants ». Cette affirmation se rapproche de celle de Christian E. TRIMUA qui estime que l’objet de la Constitution dans les États africains francophones est souvent ignoré ou volontairement écarté car taxé d’être inapproprié. Toujours affirme-t-il que sont souvent générées « de nouvelles normes constitutionnelles par une entreprise constitutionnelle ou volontaire, modifiant, contrariant, voire même vidant le texte constitutionnel …de sa substance pour la remplacer par une idée de la constitution qui refléterait les spécificités… souhaitées par ses auteurs ».

Pour Francis Delpérée, l’interprétation politique de la constitution vise à rechercher non ce qui doit se faire mais ce qui se fait ; elle se fait donc contre les sens de textes, c’est alors le sens des pratiques qui est appelé à prévaloir et « il y va donc de soi que cette interprétation vide les textes constitutionnels de leur contenu et de leur utilité ».

Pour illustrer ces interprétations aux allures partisanes et politiques, il importe de donner l’exemple le plus frappant de la Cour constitutionnelle du Bénin. En effet, saisie pour se prononcer sur la conformité à la Constitution des dispositions supprimant le droit de grève pour une catégorie de fonctionnaires, les sages de la Cour ont estimé par décision DCC 18-003 du 18 janvier 2018 que « le droit de grève est un droit fondamental auquel le législateur ordinaire ne peut porter atteinte ; mais il ne peut dans le cadre d’une loi qu’en tracer les limites. Et que par conséquence la suppression totale du droit de grève est anticonstitutionnelle ». Curieusement, cinq mois après, par une autre décision en date du 28 juin 2018, la même Cour, cette fois ci présidée par Me Joseph DJOGBENOU par une alchimie de recours en interprétation de la décision de la Cour Theodore HOLO, se prononce d’office et déclare conformes à la Constitution les mêmes dispositions du statut général de la fonction publique et de celui de la magistrature supprimant le droit de grève.Selon cette nouvelle interprétation, « les fonctions de défense, de sécurité, de justice et de santé des personnes dévolues à l’État ne sauraient souffrir dans leur exercice d’aucune interruption » et que les agents de l’Etat opérant dans ces secteurs « ne peuvent exercer le droit de grève » et ce, au nom de « l’intérêt général » et de la « protection des citoyens ». Face à ces deux interprétations divergentes de la même Cour autrement présidée, la première semble plus authentique que la seconde qui reste une interprétation partisane donc politique. En effet, à l’époque, le gouvernement béninois faisait face à une série de grèves intempestives dans le secteur public notamment celui de la justice auxquelles il peinait à trouver la solution.

C’est ainsi qu’il entreprît de modifier les statuts de la fonction publique et de la magistrature en vue de supprimer purement et simplement le droit de grève à certaines catégories d’agents publics. Ces projets d’amendements ont été défendus par Me Joseph DJOGBENOU lui-même ministre de la justice à l’époque. La Cour constitutionnelle ayant censuré ces dispositions en raison de leur caractère anticonstitutionnel, le gouvernement s’était retrouvé le dos au mur et comme il fallait vaille que vaille aller au bout du projet, Me Joseph DJOGBENOU sera débarqué de son poste ministériel pour être nommé président de la Cour constitutionnelle. En mission commandée, il opéra donc le coup de force juridique pour assouvir les désirs du pouvoir politique au détriment des droits fondamentaux et des libertés publiques des citoyens. Face à cette situation, Persis Lionel Essono Ondo s’indigne profondément quand il affirme qu’« au regard de l’activisme politique des Cours constitutionnelles africaines depuis les années 1991, l’on peut être tenté de dire que certaines constitutions africaines tombent dans la catégorie des constitutions sémantiques c’est-à-dire de service, qui servirait de caution juridique » au pouvoir politique.

Dans le présent cas, pour parvenir à son avis suite à la demande du Président du CSM, et qui semble ne pas refléter l’intention réelle du constituant, les sages de la Cour constitutionnelle auraient procédé à l’interprétation du silence de celui-ci sur l’autorité qui doit présider le CSM. En effet, selon Jacques Meunier, parlant des techniques d’interprétation inventées par François Luchaire, l’une des règles d’interprétation issues de la « dogmatique complète de l’interprétation de la constitution » est que « toutes les dispositions d’un texte s’interprètent les unes par rapport aux autres, donnant à chacune le sens qui résulte du texte entier ».

Dans ce contexte chaque mot compte en vue de déceler exactement si les différentes dispositions éparses s’acceptent ou se rejettent. Ainsi, sur la base de cette technique d’interprétation des textes juridiques et pour mieux cerner le sens réel c’est-à-dire de quelle personnalité le constituant a entendu par son silence faire président du CSM, ce silence du constituant doit être confronté comme l’aurait fait la Cour aux dispositions des articles 113 et 115 de la Constitution.

Ces dispositions consacrent d’une part l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis des pouvoirs législatif et exécutif, et d’autre part le Président de la République comme le garant de l’indépendance de la magistrature tout en étant assisté dans ce rôle par le CSM. Certes, confronté avec les alinéas 1 et 2 de l’article 115 de la constitution, ce silence semble laisser penser a priori que ne devrait être président du CSM que le Président la République. Cependant, l’intervention de l’alinéa 3 qui fait du CSM « l’assistant » du Président de la République dans son rôle de garant « de l’indépendance des juges dans l’exercice de leurs fonctions, et au respect par eux, de la loi » et le principe de la séparation des pouvoirs consacré à l’article 133 vient tout changer.

En effet, le constituant ne peut consacrer une valeur ou un principe fondamental dans sa lettre et en même temps avoir le sens contraire dans son esprit. Il ne peut donc pas consacrer la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice – qui est un principe fondamental de la démocratie et de L’État de droit- et en même temps vouloir que l’organe qui est sensé gérer les détenteurs du pouvoir judiciaire soit présidé par le Président de la République qui de surcroit est titulaire du pouvoir exécutif, lequel pouvoir est qualifié d’ailleurs par Joseph DJOGBENOU comme le principal concurrent du pouvoir judiciaire. C’est pourquoi après avoir supprimé l’alinéa 2 de l’article 116, il n’a pas voulu le remplacer par un autre désignant clairement le chef de L’État comme tel. En plus d’ailleurs, si telle était la réelle intention du constituant, l’incise selon laquelle « il est assisté à cet effet par le Conseil Supérieur de la Magistrature » aurait été également supprimée. Car au fond, il est tout aussi incompréhensible qu’anormal, nous semble t- il que l’on puisse être « assisté » par un organe dans l’exercice d’une fonction et en même temps présider ce même organe. Il est vrai que, comme le pensent certains, dans d’autres pays où le Président de la République préside le CSM, cette phrase figure dans la Constitution ; d’où l’impérieuse nécessité ou l’intérêt de mener une véritable réflexion sur ce contraste.

On infère immédiatement de ce qui précède que le constituant n’a, à aucun moment voulu faire du Président de la République, Président du CSM mais il a juste voulu laisser à la loi organique le soin de se charger des règles relatives à l’organisation, aux attributions et au fonctionnement du CSM et dans le même cadre, désigner dans le strict respect du principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis des deux autres pouvoirs constitutionnels, la personnalité à même de le présider. Ce qui permet de dire que la teneur de l’avis de la Cour résulte d’une interprétation qui ne reflète pas l’intention originelle du constituant car elle est manifestement en déphasage avec les principes à valeur constitutionnelle de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance de la justice.

B- Une interprétation constitutionnelle violant les sacro-saints principes de la séparation des pouvoirs de l’Etat et de l’indépendance de la justice.

L’indépendance de la justice est consacrée et strictement protégée sur le fondement de la séparation des pouvoirs quand sont en cause les libertés individuelles. Pour le professeur NAHM-TCHOUGLI Mipamb Guy, il s’agit de « l’autonomie du pouvoir judiciaire comme gardien de l’Etat de droit » à l’égard des autres pouvoirs constitutionnels de l’Etat. Cette indépendance de la justice dont la protection relève du CSM est assortie des mécanismes constitutionnels qui servent de contrepoids à l’exercice de chaque pouvoir.

En effet, Montesquieu, Baron de la Brède, Président à Mortier du Parlement de Bordeaux a, par sa théorie sur la séparation des pouvoirs, distingué trois fonctions sociales essentielles dans l’Etat. Par un exercice de contraction de cette théorie de Montesquieu sans toutefois travestir son sens originel, l’on peut la résumer par la formule proposée par le Professeur Koffi Ahadzi-Nonou en ces termes : « Au sein de l’État, et afin que tout despotisme soit écarté, devraient fonctionner trois pouvoirs confiés à des personnes ou à des corps distincts : exécutif, législatif et judiciaire. Ces pouvoirs doivent être rigoureusement “séparés” afin que la même personne ou le même corps qui fait la loi ne puisse l’exécuter ou rendre la justice ». Considéré comme un « véritable dogme du libéralisme politique », cette théorie est devenue pour les constitutionnalistes du monde le critère d’appréciation du degré de liberté dans un pays et détermine la nature de son régime. Certes, cette séparation qui n’est pas tranchée ou étanche ; elle admet une certaine atténuation qui permet une collaboration entre les pouvoirs indispensables à la vie politique harmonieuse de la nation, n’est guère synonyme de l’inféodation de l’un quelconque des pouvoirs par un autre car, « tout serait perdu si le même homme ou le même corps des principaux exerçait les trois pouvoirs ». Ainsi, selon Montesquieu « il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. Si elle est jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire, car le juge serait législateur. Si elle est jointe à la puissance exécutrice, le juge aurait force d’un oppresseur ». S’appuyant sur ce patrimoine doctrinal, Maurice Ahanhanzo-Glèlè, dès 1982, professait sa foi en la démocratie en appelant à la rationalisation du pouvoir politique.

La démocratie, écrit-il, « étant une conquête quotidienne, et un état d’esprit, il faudrait travailler à l’avènement de son règne afin de supprimer la monocratie, pour plus de liberté, de participation et de contrôle du pouvoir. Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir et que l’homme soit le remède à l’homme ».

Mieux, une partie de la doctrine s’accorde à dire que du fait du phénomène de la majorité dans les démocraties modernes contemporaines, instaurant une certaine collaboration ou complicité entre l’exécutif et le législatif, la seule règle qui subsiste « de la séparation des pouvoirs », c’est le principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Cette position rejoint le principe de la séparation des pouvoirs « à la française » qui se circonscrit d’ailleurs selon le conseil constitutionnel aux rapports entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif qu’il faut absolument respecter car elle est indispensable à la protection des libertés et des droits fondamentaux des citoyens. Dans ce schéma, placer le pouvoir judiciaire sous le joug du pouvoir exécutif équivaudrait à la neutralisation du principe de la séparation des pouvoirs et à une absence de constitution (article 16 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789) ouvrant la voie à tout mal. Car « la cause du mal », dit Turgot, « vient de ce que votre nation n’a point de constitution ».

L’indépendance du pouvoir judiciaire, corollaire de la séparation des trois pouvoirs constitutionnels de l’État loin d’être un privilège octroyé au bénéfice des magistrats, est un droit reconnu à chaque citoyen de bénéficier d’un pouvoir judiciaire indépendant (et considéré comme tel) des pouvoirs législatif et exécutif. Il est constitué pour sauvegarder la liberté et les droits des citoyens dans le cadre de l’État de droit. C’est d’ailleurs un droit fondamental du citoyen ; et les déclarations d’inconstitutionnalité d’actes jugés attentatoires aux droits et libertés individuelles pour motif de violation de la séparation des pouvoirs ressortent de plus en plus fréquemment dans la jurisprudence des juridictions constitutionnelles contemporaines. Le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est l’instance chargée d’assurer la gestion de carrière et la discipline des magistrats détenteurs du pouvoir judiciaire, doit nécessairement être indépendant du point de vue aussi bien institutionnel que fonctionnel. Ainsi, les règles d’organisation et de fonctionnement de cet organe doivent répondre aux exigences de cette indépendance de sorte que les personnalités qui y siègent ne soient ni les autorités politiques appartenant aux autres pouvoirs constitutionnels de l’Etat, ni directement désignées par elles pour éviter qu’il ne prenne une allure politico-partisane.

La République Démocratique du Congo l’a si bien compris qu’à travers sa nouvelle constitution du 18 février 2006 elle a réaffirmé à son article 152 l’indépendance du pouvoir judiciaire dont les membres sont gérés par un Conseil Supérieur de la Magistrature désormais composé des seuls magistrats. Dans cette logique, envisager que la présidence du CSM soit assurée par le Président de la République alors qu’il est le chef de l’exécutif ne répond donc pas aux exigences d’indépendance de la justice. C’est en quelque sorte le dernier palier franchi dans la violation des principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Par cette éventualité en effet, C’est toute la problématique de la présence des membres de l’exécutif au sein de cet organe et son impact sur l’indépendance de l’institution judiciaire qui est posée et à laquelle aussi bien la doctrine que certaines personnalités politiques se sont toujours opposées.

Sur cette problématique l’ancien Premier Ministre Français Edouard BALLADUR estime que pour restaurer l’indépendance du CSM vis-à-vis de l’exécutif, il faut que « sa présidence soit retirée au Président de la République pour être confiée à une personnalité élue en son sein par ledit conseil ». Mieux, Pierre Lyon Caen s’interroge à juste titre que « comment celui qui dirige l’exécutif pourrait-il protéger le judiciaire des empiètements que le premier à tendance, par la nature des choses, à exercer sur le second ? ». Cette interrogation de Pierre Lyon Caen véhicule clairement l’idée selon laquelle la véritable menace de l’indépendance de la justice c’est l’exécutif que le Professeur Joseph DJOGBENOU qualifie d’ailleurs de véritable « concurrent » du pouvoir judiciaire ; celui-ci étant toujours tenté d’affirmer son emprise sur ce dernier. Et face à une telle menace ou concurrence, le seul et véritable rempart c’est le CSM. C’est ainsi qu’à la faveur de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République, le Président de la République ne préside plus le CSM car cette situation « semblait permettre au chef de l’État d’exercer une influence excessive sur l’autorité judiciaire ». Le Conseil Supérieur de la Magistrature en France est présidé depuis cette révision par le premier président de la Cour de cassation (article 65 al 8 de la Constitution Française).

De même au Congo Brazzaville, concernant la présence des membres de l’exécutif au sein du CSM, la Cour suprême avait estimé que « l’intrusion du Garde des sceaux, ministre de la justice dans sa composition, est incompatible eu égard à son statut de membre de gouvernement en exercice, avec les principes de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire ». Et depuis la loi n°24 du 20 août 1992 modifiée par la loi n°29/94 du 18 octobre 1994, le ministre de la justice n’en fait plus partie. La même réforme a été opérée en République Démocratique du Congo en 2005 par l’exclusion de Garde des sceaux, ministre de la justice du CSM.

Dénonçant la situation dans les autres pays d’Afrique francophone (Congo, Burkina Fasso, Gabon etc…), dans lesquels le Président de la République est membre et préside le CSM, Telesphore KAVUNDJA NANENO citant le Togo en référence en terme d’indépendance du CSM dit : « Par contre au Togo, cet organe est présidé par le président de la Cour Suprême et, ce qui est frappant le Président de la République n’en est pas membre, d’où la consolidation de son indépendance ». Cette affirmation permet de dire que le schéma normatif actuel du Togo, institué par la loi organique n° 97-04 du 06 mars 1997 force l’admiration et les autres pays devraient s’efforcer de s’en inspirer surtout que la France dont tous les pays d’Afrique francophone ont hérité la tradition et l’expression juridique a rompu avec ce travers depuis 2008.

Il est donc clair que même si une réforme du CSM actuel paraît opportune, celle-ci doit viser à renforcer son indépendance et celle de la justice et non à l’affaiblir plus qu’elle ne l’était. L’évidence c’est qu’eu égard au risque d’instrumentalisation politique à outrance des institutions dans les États africains, l’on ne saurait admettre l’envahissement du CSM par les membres des autres pouvoirs, du fait de la grande influence qu’ils pourraient exercer sur cet organe qui verrait son indépendance voire celle des magistrats, considérablement affectée. Une telle démarche serait synonyme d’un véritable recul démocratique séculaire car, en réalité, en ce XXIème siècle la présence de personnalités politiques issues des autres pouvoirs au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature ne devrait pas se justifier dans un régime démocratique.
Dans ces conditions il est important de s’interroger sur l’incidence que cet avis de la Cour constitutionnelle pourrait avoir sur les pouvoirs publics en analysant sa portée juridique.

II- La Portée Juridique De L’Avis De La Cour Constitutionnelle

Donné par la Cour constitutionnelle suite à la saisine du président du CSM, l’avis n°av-002/20 du 18 mars 2020 qui est une sorte de contrôle de constitutionnalité préventif (A) de la loi organique à venir portant organisation, composition, attributions et fonctionnement du CSM, reste tout de même un acte à effet juridique très relatif (B).

A- Un contrôle de constitutionnalité en amont du texte en cours d’élaboration

Les cas sur lesquels le juge constitutionnel s’est toujours prononcé sont liés à l’application ou à l’interprétation de la Constitution. Très souvent les différentes positions prises par les juges constitutionnels dans leurs avis sont de nature à relativiser certaines réactions hostiles comme celles qui ont tendance à affirmer que : « ce n’est qu’un avis ». Ainsi, si au sujet de certaines demandes d’avis, le raisonnement du juge constitutionnel révèle qu’il statue essentiellement sur l’éventuelle conformité d’un acte à la Constitution, c’est qu’il fait de sa consultation un contrôle de constitutionnalité à peine déguisé.

Présenté comme l’une des prouesses en matière de la construction démocratique en Afrique francophone, le contrôle de constitutionnalité a fait l’objet de beaucoup de travaux par la doctrine constitutionnaliste de cette région d’Afrique. Pour Djibrihina OUEDRAOGO, la procédure de consultation ou d’avis permet au juge constitutionnel de « se prononcer à titre préventif sur la conformité à la Constitution d’un acte normatif en cours d’élaboration ». C’est ainsi que l’on assiste au lendemain des révisions constitutionnelles à une récurrence des sollicitations des avis des sages de la Cour constitutionnelle sur les projets d’ordonnance, les projets et propositions de lois organiques etc. Tous ces cas de saisine vont donc permettre au juge constitutionnel d’exercer un contrôle de la conformité des actes en cause à la Constitution. Et la Cour constitutionnelle le fait très souvent « aussi bien sur le projet d’acte à titre préventif que sur certains actes juridiques déjà en vigueur, opérant, par voie de conséquence un contrôle a posteriori à peine déguisé ».

A titre illustratif, sur le projet d’ordonnance déterminant les conditions de la mise en œuvre des conditions de l’état d’urgence au Togo suite à la pandémie du COVID 19, la Cour constitutionnelle du Togo a par avis n° AV-003/20 du 08 avril 2020 notamment à son article 2 affirmé que : « Les dispositions du projet d’ordonnance déterminant les conditions de mise en œuvre de l’état d’urgence sont conformes à la Constitution ». Cette réponse donnée par la cour est révélatrice des questions successives que les juges se sont posées. En effet, saisie par le Premier Ministre par lettre référencée le 041/PM/SGG/2020 et datée du 02 avril 2020, la Cour avant d’émettre son opinion telle qu’énoncée ci-dessus se serait posé quatre questions à savoir : est-ce qu’une loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnance a été adoptée par le parlement ? Est-ce que l’habilitation a été donnée dans l’une des matières relevant du domaine de la loi ? Est-ce que le projet d’ordonnance a été pris dans la durée de validité de l’habilitation ? Est-ce que au regard de son objet, ce projet se rapporte à l’une des matières limitativement énumérées dans la loi d’habilitation ? C’est donc en fonction de la réponse positive donnée à chaque question que la Cour a été d’avis que les dispositions du projet d’ordonnance déterminant les conditions de mise en œuvre de l’état d’urgence sont conformes à la Constitution. Elle aurait pu dire qu’elle est d’avis que ce projet d’ordonnance n’est pas conforme à la Constitution si les réponses à ces questions étaient allées dans un sens négatif. C’est le cas de l’avis N°001-2001/CC du 08 mars 2001 par lequel le juge constitutionnel nigérien a estimé que « le projet d’ordonnance portant création d’un établissement public à caractère professionnel (…) n’est pas conforme à l’article 87 de la constitution » parce qu’il « ne relève pas des domaines prévus par la loi d’habilitation ».

Il parait donc évident à partir de ces exemples que c’est uniquement sur le terrain de la conformité à la constitution que les juges constitutionnels se placent pour examiner les différentes questions soumises à leur examen. C’est donc une manière de s’assurer de la conformité des projets de lois à la Constitution et essayer « d’étouffer dans l’œuf » toute velléité de les incorporer dans l’ordonnancement juridique s’ils sont réellement contraires à la Constitution. Dans le cas d’espèce de la saisine du président du CSM, la Cour constitutionnelle se serait d’abord livrée à un exercice similaire en se posant la question de savoir s’il ressort du sens des dispositions constitutionnelles issues de la nouvelle loi constitutionnelle du 15 mai 2019, la possibilité ou non pour le Président de la République de présider le Conseil Supérieur de la Magistrature. Les sages de la Cour disent être d’avis que « Le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, de l’impartialité, de la probité, de l’intégrité et de la magistrature, préside le conseil supérieur de la magistrature ». Selon eux, c’est ce qui ressort du sens de la loi fondamentale donc de l’esprit des dispositions constitutionnelles examinées. Bref c’est ce qui est conforme à la Constitution. Toute porte donc à croire que par cet exercice, la Cour constitutionnelle a exercé à titre préventif un contrôle de constitutionnalité de la future loi organique portant organisation, fonctionnement et attributions du CSM.

Au vu de tout ce qui précède et surtout de l’importance des demandes d’avis dans les jeunes démocraties africaines, l’on peut estimer qu’il doit être admis que l’acte (Décision/Arrêt ou Avis) par lequel la Cour constitutionnelle émet son opinion ne doit pas être l’unique critère qui détermine la force juridique de celle-ci. En plus de ce critère, et pour que ce que la Cour écrit fasse loi comme l’énonce clairement la devise de la Cour constitutionnelle togolaise « Lex est quod notamus », l’opinion émise doit nécessairement résulter d’une interprétation permettant d’avoir le sens originel ou authentique de la loi fondamentale et ce, surtout du fait du caractère très relatif de ses avis.

B- Un acte à effet juridique très relatif

Pour mieux cerner les éventuels effets juridiques de l’avis de la Cour, il importe de le passer au spectre du régime juridique des avis. Il faut noter que les avis se rencontrent dans toutes les matières du droit ; mais ils sont beaucoup plus émis, conceptualisés et utilisés en droit administratif. L’avis est entendu de façon générale comme une opinion ou une réponse donnée suite à une consultation. L’avis qui s’apparente très souvent à un conseil ou à une recommandation est un terme juridique qui s’applique dans toutes les branches du droit, au résultat de consultations qu’elles soient facultatives ou obligatoires selon les cas, demandées à divers organes (personnes, commissions, juridictions etc.) et qui, rarement ont un caractère obligatoire. L’avis est donc en droit administratif un terme générique donné à tous les actes émis par les organes administratifs dans l’exercice de leur fonction consultative et suppose une demande préalable venant d’une autorité en vue d’éclairer celle-ci dans la prise d’une décision à venir. Ainsi, comme acte préliminaire en prélude d’une décision, « c’est un acte juridique qui n’est en principe pas normateur, mais considéré comme un acte de la procédure ».

En outre, une classification spécifique des avis permet de déceler leur valeur juridique. D’abord il y’a l’avis conforme qui fait obligation à l’administration non seulement de le prendre mais aussi de le suivre ; ensuite l’avis obligatoire correspondant à la seule obligation de consulter mais qui laisse à l’autorité demanderesse la liberté de décider ; enfin l’avis facultatif ou simple donnant la possibilité à l’autorité de s’en éclairer sans y être contrainte. Ce régime juridique est bien transposable en matière constitutionnelle et donc au cas d’espèce. En effet, si la possibilité pour la Cour constitutionnelle d’émettre des avis ne souffre d’aucune contestation (articles 104 et 105 de la Constitution), une telle certitude tant à s’éloigner dès que l’on s’intéresse à leur effet et à leur autorité.

A ce propos, il est soutenu par la doctrine que « l’avis est requis non pas pour se soumettre à la volonté de celui qui l’émet mais pour s’enrichir de sa pensée, à la rigueur pour se laisser séduire par elle ». Il s’y ajoute qu’« il y a dans l’idée de se conformer à un avis une contradiction dans les termes ». Une telle position doctrinale est similaire à celle défendue sur l’autorité de l’avis du juge constitutionnel. Selon Martin BLEOU, « le propre et le mérite de la consultation c’est d’éclairer sans imposer ». Abondant dans le même sens, Abdoulaye SOMA affirme que « dans l’exercice de sa fonction consultative, le juge constitutionnel est un conseiller technique à la fois du pouvoir législatif et surtout du pouvoir exécutif ». Logiquement, ses avis même si leur réquisition est dans certains cas obligatoire, ont dans tous les cas un caractère non-conforme, ils sont consultatifs et ne sauraient à aucune condition lier l’exécutif ou le législatif.

En l’espèce, l’avis demandé par le président du Conseil Supérieur de la Magistrature le 02 mars 2020 fait partie de la catégorie des avis facultatifs. L’article 104 al 6 de la Constitution togolaise dispose en des termes clairs que « la cour constitutionnelle peut être saisie d’une demande d’avis sur les sens des dispositions constitutionnelles… », par des autorités dont le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. C’est sur la base de cette disposition que suite à la suppression de l’ancien alinéa 2 de l’article 116 de la Constitution faisant du président de la Cour suprême président de droit du CSM, le Président de cette institution a sollicité l’éclairage des sages de la haute Cour en matière constitutionnelle sur la question de l’autorité qui devrait désormais la présider. Le caractère facultatif de cette demande d’avis résulte de l’utilisation du verbe « pouvoir » notamment dans l’incise « la cour constitutionnelle peut… ». Et naturellement l’avis qui en résulte n’est rien d’autre qu’un conseil que l’on est libre de suivre ou non. Toujours dans ce sens le professeur Adama KPODAR à propos de l’avis N°AV 004/98 donné par la Cour constitutionnelle togolaise au Premier Ministre le 24 décembre 1998 dit que « … bien qu’étant un acte juridique, n’a pas de valeur juridique ». La même Cour a reconnu l’absence d’effet juridique de cet avis en considérant très clairement dans sa décision N°C 001/99 du 05 mars 1999 que « Le Premier Ministre demandeur et destinataire de l’avis du 24 décembre 1998, a, a priori obtenu l’éclairage désiré ».

Par ailleurs le style d’un juge peut être aussi révélateur d’une posture claire ou subtile de négation-admission de l’autorité de son avis. Sur la réelle portée de ses avis et suite à un avis donné au Président de la République sur la question de la révision constitutionnelle, la Cour constitutionnelle du Mali dans un arrêt rendu les 11 et 12 décembre 2001 affirme que « l’avis… de la cour constitutionnelle délivré en application de l’article 41 de la constitution est, comme tout avis non déclaré contraignant, un avis qui ne lie pas son destinataire… ». En l’espèce, sur la demande d’avis du président du CSM, la Cour constitutionnelle a bien utilisé l’expression « est d’avis » et non le terme « décide » qui par contre est nimbé d’effet juridique. Aussi, le ton employé par le juge dans le cinquième considérant de sa motivation est un indicateur pertinent pour apprécier la portée juridique de son avis. Quand la Cour dit dans sa motivation que « …le constituant a voulu, sans le dire expressément, donner la possibilité au président de la République, de présider le Conseil Supérieur de la Magistrature », elle n’a pas voulu installer le demandeur d’avis encore moins les autres pouvoirs dans une situation de compétence liée. En gros, cet avis ne s’impose pas.

Conclusion

En tout état de cause, la fonction consultative est une réalité juridique et juridictionnelle à laquelle le juge constitutionnel togolais n’échappe pas. Celle-ci lui permet en effet, d’assurer à travers l’interprétation constitutionnelle qu’elle donne, sa fonction de « Tour de contrôle » des trois pouvoirs constitutionnels de L’État pour qu’aucun des pouvoirs ne quitte sa trajectoire pour se retrouver sur une autre destinée à un autre et ce, dans le strict respect des valeurs démocratiques consacrées par la loi fondamentale. Cependant, l’on devrait veiller à ce que cette noble mission du juge constitutionnel soit à l’abri du poids de l’instrumentalisation et du militantisme politique, qui le détourne certainement de son but d’intérêt général au profit des dérives partisanes.Ainsi, dans le cas d’espèce même si de par sa nature juridique, l’avis rendu le 18 mars 2020 sur demande du président de CSM n’a aucun effet juridique contraignant, il n’en demeure pas moins que celui-ci risque de donner le signal d’une réforme qui marquera à coup sûr une rupture avec la loi actuelle, laquelle loi est plus protectrice et respectueuse de l’indépendance de la justice et du principe de la séparation des pouvoirs. Car au fond, donner la possibilité au Président de la République de présider le CSM est synonyme selon Montesquieu de jonction « de la puissance de juger » à la « puissance exécutrice », et de ce fait, le juge qui, perdrait son manteau de protecteur des droits et libertés des citoyens, aurait désormais « force d’un oppresseur ». Une telle réforme en réalité ne saurait se justifier en ce 21ème siècle où certains pays ayant vécu ce travers l’ont abandonné à travers des réformes dont d’autres pourraient bien volontiers s’en inspirer pour le bien de la démocratie et de L’État de droit parce que comme l’affirme Francis DELPEREE, l’interprétation constitutionnelle, parce qu’elle est l’interprétation de la Constitution et parce qu’elle est l’interprétation selon la Constitution, est seule capable de donner à l’Etat son vrai visage.

Tout compte fait, si d’aventure par mégarde ou par inattention la loi organique sur le CSM venait à placer la justice sous le joug de l’exécutif, ce serait un véritable recul démocratique. Il faudra alors que force reste à l’indépendance du magistrat, mieux du juge dans toute sa rigueur. Car le peuple au nom duquel les magistrats décident ne saurait leur pardonner d’avoir renoncé à leur indépendance. Il faudra alors combattre l’invasion de l’institution judiciaire par l’exécutif pour une indépendance individuelle effective du magistrat. Tel est l’espoir.

Par Henry Ognan Dogo,
Magistrat du Ministère public,
Porte –parole de l’Union Syndicale des Magistrats du Togo (USYMAT)

 

 

Togo : L’indépendance de la justice à l’épreuve du juge constitutionnel

 

Interview/Kofi Yamgnane : « Les Gnassingbé ont toujours acheté leur pouvoir avec l’argent du Togo »

Dans une interview accordée au confrère LynxTogo.info, Kofi Yamgnane qui n’est plus à présenter se prononce sur la situation sociopolitique du pays. Le président de « Sursaut-Togo » aborde l’épineuse question de l’opposition togolaise et son éternel combat pour l’alternance politique au sommet de l’Etat. L’ancien secrétaire d'État chargé de l'Intégration auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Intégration en France revient également sur l’assassinat du Col. Madjoulba. Pour lui, c’est un crime de trop. Bonne lecture.

Lynxtogo.info : On a d’abord pris « acte » de la réélection de Faure Gnassingbé et ensuite on lui a adressé un message de félicitations. Comment avez-vous interprétez cette hésitation de la France?

Kofi Yamgnane: La France s’honore d’une longue expérience dans la coopération internationale et dans les relations bilatérales, notamment avec ses anciennes colonies. Elle juge souverainement de l’opportunité d’intervenir dans les débats au sein de pays étrangers, en observant scrupuleusement les règles de leurs souverainetés. De plus, aujourd’hui la France fait partie de l’Union européenne qui est un projet politico-économique du « vieux continent » las de vivre des guerres meurtrières entre les nations européennes et qui a décidé de conjurer ces dernières. Et au sein de cette Union, la France n’est pas un pays lambda: elle fait partie de la poignée des pays européens qui ont imaginé, construit et façonné l’Union. Elle ne s’autorise donc plus à faire cavalier seul, singulièrement en Afrique.

Vous comprenez donc que cette France-là prenne le temps de consultations bilatérales avec ses pairs avant de décider. Ces consultations sont toujours stratégiques puisque la décision finale engage l’Union. C’est donc au bout de ces consultations (et cela prend toujours un peu de temps), qu’elle a décidé d’envoyer un message de félicitations à Faure Essozimna Gnassingbé et en même temps reconnaître les résultats du scrutin du 22 février 2020. Vous avez sans doute remarqué que cette décision de la France a entraîné la reconnaissance en cascade des pays de l’Union. Quant au contenu du message de félicitations à proprement parler, c’est un “minimum syndical” dans le choix du vocabulaire utilisé, règle élémentaire dans la courtoisie diplomatique…

Pourtant dans une sortie Emmanuel Macron parlait de la réalité de certains pouvoirs africains sourds aux alternances démocratiques…

Le Président Macron s’est en effet exprimé sur la réalité de certains pouvoirs africains sourds aux alternances démocratiques, donc à la démocratie. Il s’agit manifestement pour lui d’un constat évident d’échec des pouvoirs politiques africains. Depuis 1964, date de mon arrivée en France, huit locataires se sont succédé au Palais de l’Elysée. Pendant la même période, combien d’alternances démocratiques notre pays le Togo a-t-il connu? Cela signifie très concrètement que les Togolaises et les Togolais nés depuis 1964 n’ont connu qu’un seul et même régime: la dictature des Gnassingbé! Et le Togo n’est pas le seul dans ce cas: Le Cameroun, le Congo, le Gabon…etc, sont des références en ce domaine.

Au regard de ces éléments, comment voulez-vous que le Président Macron ne s’interroge pas? Pourtant, il a fait de réels efforts pour aider les Africains à se prendre en mains et se concentrer sur le développement du continent. C’est ainsi qu’il y a trois ans, en Algérie, lorsqu’il n’était encore que candidat, Emmanuel Macron avait pris ses responsabilités en qualifiant de “vraie barbarie” et de « crime contre l’humanité » la colonisation. Quel Chef d’Etat africain a-t-il pris la balle au bond pour dire: « …oui ça suffit, nous sommes souverains et nous devons penser à nos pays et à nos peuples pour conjurer définitivement la tentation de volonté de domination des uns sur les autres… »?

Aucun! Et surtout n’allez pas croire que la colonisation a définitivement disparu de la surface du globe. Que nenni: le néocolonialisme a remplacé la colonisation mais attention: la France n’est-elle toujours pas au Mali, la Russie en Syrie, les Etats-Unis en Irak? Oui, nous avons avec la France une histoire commune que personne ne peut nier. Les jeunes abordent cette histoire sous un autre angle. Faure est aussi jeune que Macron ils doivent mieux conjuguer le vivre ensemble. Malheureusement l’un est moderne et l’autre aurait juré à son père qu’il n’abandonnera jamais le pouvoir.

Vous n’avez pas été content de l’ambassadeur de France dans un communiqué. Comment expliquez-vous ce soutien d’un diplomate français au pouvoir de Lomé et la pression de ce dernier sur une institution comme la HAAC ?

Non! Il est vrai que je suis particulièrement en colère contre notre Ambassadeur accrédité au Togo. Heureusement son séjour va sur sa fin et ce n’est pas trop tôt… Je lui reproche d’avoir instruit la HAAC, organe politique de censure, pour “punir” des journaux togolais qui l’auraient diffamé. Mais comment peut-il ignorer que la diffamation se juge devant les tribunaux? Quel Ambassadeur étranger accrédité à Paris aurait-t-il l’idée saugrenue d’aller saisir le CSA pour laver un affront journalistique? Je lui conseille de le faire quand il sera rentré à Paris à son Administration centrale au Quai d’Orsay… Oui M. Vizy a manifesté un soutien clair au régime de Lomé, ce qui dépasse son rôle! Ce soutien n’est pas admissible car c’est juste de l’ingérence! Monsieur l’Ambassadeur ne peut pourtant pas ignorer le prix que les Français ont payé pour les libertés, notamment la liberté de la presse!

Le combat pour CHARLIE HEBDO en est la dernière illustration! Il s’agit plutôt d’un acte qui vient objectivement nourrir le sentiment anti-Français en Afrique, que nous déplorons tous, mais que je peux comprendre. Quant à la presse togolaise, elle est encore jeune et pourtant elle a déjà une longue histoire de combats pour sa liberté. La France contribue à sa maturation dans le secteur de la formation et de l’appui au secteur de l’audiovisuel et des médias (PROFAMED) destiné aux professionnels des médias et de l’audiovisuel. Nous l’en remercions.

Au micro de notre confrère Christophe Boisbouvier de RFI, vous dites que le pouvoir, les Gnassingbé l’achètent. Vous ne montez pas la barre trop haute avec la capacité des Gnassingbé à corrompre des chefs d’Etat africains parfois élus démocratiquement ?

Je ne crois pas pousser les enchères. J’affirme qu’en effet les Gnassingbé ont toujours acheté leur pouvoir avec l’argent du Togo. Comment pouvez-vous expliquer que des règles démocratiques édictées par la CEDEAO, par exemple, qui ont été appliquées avec vigueur au Président gambien et qui sont en cours d’application contre le Président guinéen, n’aient pas pu l’être au Togo? C’est incompréhensible et inexplicable par le bon sens commun. Le « flou » qui entoure et a toujours entouré l’absence de sanction contre le Togo cache un « loup », comme dirait mon amie Martine Aubry.

Un jour dans mon bureau, un ami me dit « …tu sais Kofi, tout s’achète avec l’argent! ». Oui je le crois volontiers. Nous avons tous une estimation en argent que les corrupteurs savent repérer. Pendant ma campagne présidentielle au Togo en 2009, j’apprends que le régime commence à trembler à cause de ma pénétration dans le pays profond et que l’idée de m’éliminer physiquement trottait dans certaines têtes pensantes du RPT. Alors un soir après le dîner, j’ai réuni la vingtaine de compagnons toujours présents à mes côtés pour leur dire: “… il paraîtrait que le RPT pourrait attenter à ma vie. Il ne peut le faire qu’à travers vous qui me connaissez et qui me suivez. Moi ma tête n’a pas de prix tandis que vous autres, vous avez tous une limite: ce n’est pas 1 million, peut-être pas 100 millions, peut-être même pas 500 millions, mais, quand on commencera à vous parler de milliards….

Donc je prie ceux d’entre vous qui savent qu’ils ne pourront pas résister à toutes les propositions de s’en aller sans regret”. Tous mes compagnons de route sont restés à leur poste. J’ai apprécié. Étrange nouvelle, alors qu’à mon arrivée, les plus hauts responsables du RPT m’avaient affirmé non sans un certain orgueil: « Kofi tu peux faire ta campagne. Le Togo aujourd’hui est une démocratie apaisée… »! Et même Faure à qui j’ai rendu une visite protocolaire de politesse ou de courtoisie, m’avait encouragé et attribué une garde rapprochée de 3 gendarmes. Tout en sachant que ces envoyés de la maréchaussée étaient là pour rendre compte quotidiennement à leur hiérarchie et non pas vraiment pour me protéger (de qui ou de quoi d’ailleurs?), j’ai toujours utilisé un verbe clair pour m’adresser à mes compatriotes. Je n’avais à avoir peur de personne: j’étais chez moi.

Monsieur Charles Kondi Agba, Président des Sages du parti UNIR explique que, leur victoire est due au fait que, les partis de l’opposition n’avaient pas laissé leurs militants aller s’inscrire sur les listes…

C’est une vraie parole de Sage et Kondi Agba est un expert en la matière. J’espère seulement que lorsqu’il aura décidé d’écrire ses mémoires, le grand frère Charles Kondi Agba gratifiera les jeunes générations d’un manuel d’Histoire où seront relatées les conditions éminemment démocratiques, hautement consensuelles et indubitablement pacifiques qui balisèrent les parcours essentiellement moraux de ses mentors ainsi que son propre parcours tant aux côtés du père que du fils.

Pourtant tout le monde et surtout Charles, connaît la vérité: ni Étienne Eyadéma Gnassingbé, ni Faure Essozimna Gnassingbé n’ont jamais gagné une seule élection au Togo! Charles le sait d’autant plus qu’il a volontairement accepté de se faire corrompre et de corrompre lui-même à son tour pour traficoter les élections toujours perdues par son parti. Un grand Sage devant l’Eternel, Charles Agba Kondi…

Le parti au pouvoir UNIR a gagné les élections de février 2020 avec 70%. En 2017, plus d’un million de Togolais était dans les rues de Lomé pour exiger le départ de Faure Gnassingbé. Comment expliquez-vous ce score ?

Non! Le parti au pouvoir UNIR n’a gagné aucune élection! Ni en 2005, ni en 2010 quand le pouvoir était RPT pur et dur, ni en 2015, ni 2020 quand le RPT est devenu UNIR! Par ailleurs, il n’y avait pas qu’à Lomé que les Togolais manifestaient: Mango et Bafilo étaient en état de siège; Bassar et Dankpen étaient “chaud-bouillant”; tous les habitants de la région de Sokodé étaient du gibier tirés par la soldatesque; Atakpamé, Kpalimé, Tsévié, Aného…tout le Togo était debout contre le tyran. Alors ces 70% de voix attribués à Faure dès le premier tour, c’est juste une ineptie, une insulte et une provocation!

Qui peut-il croire de telles invraisemblances? Il ne m’était jamais arrivé de penser qu’un esprit sain puisse imaginer tel crime: seuls les « penseurs » du RPT/UNIR en sont capables! Dont acte! Faure Essozimna Gnassingbé n’a jamais gagné aucun scrutin! Lui-même en est conscient. Toutes les chancelleries dans le monde, tous les habitants du Togo RPT/UNIR y compris, savent que Faure Essozimna Gnassingbé a été éliminé dès le premier tour. A mon avis, car moi non plus je n’ai pas les vrais chiffres sortis des urnes, mais le scénario le plus vraisemblable est le suivant: dès le premier tour, Fabre et Agbéyomé ont largement distancé Faure, ce qui l’éliminait du deuxième tour. Alors il ne lui restait plus que l’hypothèse d’un coup d’Etat électoral, ce qui a été fait.

A la London Chatham House en 2019, Faure Gnassingbé avait montré les progrès économiques et la réalité du jeu démocratique de son pays, le Togo. C’est ce qui explique les allers-retours de l’ancien premier ministre anglais Tony Blair et de l’ex patron du FMI, Dominique Strauss -Kahn dans les couloirs de la présidence togolaise ?

Non, les événements de 2019 à la London Chatham House ne sont pour rien dans l’explication de la présence de Blair ou celle de Strauss-Kahn au Palais de Lomé où ils sont réputés être des Conseillers de Faure: l’un pour faire du lobbying auprès de l’UE, l’autre pour faire de même auprès du FMI. Plus prosaïquement et sans vouloir en aucune façon vous décevoir ou les vexer, tous les deux sont au Togo pour l’argent qu’ils y gagnent et pour le train de vie que le Togo leur assure. Rappelez-vous: « …comme son père l’a fait avant lui, Faure achète son pouvoir » et il existera des mercenaires sans foi, sans loi, sans morale, sans éthique…pour répondre « présents ».

Il serait bon de demander et d’obtenir le coût de cette intervention de Faure Essozimna Gnassingbé à London Chatham House. De plus vous pouvez connaître les conditions dans lesquelles cette conférence a été organisée et surtout par qui elle a été financée. En outre, pensez-vous sérieusement qu’à Londres, Faure Essozimna Gnassingbé était capable de plaider pour un Togo de paix et de sécurité. Comment pouvait-il convaincre un auditoire informé du fait qu’il avait posé son fauteuil sur une montagne d’un millier de cadavres encore fumant de ses compatriotes? Comment Faure pouvait-il parler sur la scène internationale de la paix et de la sécurité alors qu’il est incapable d’instaurer l’une et l’autre dans sa propre famille et a fortiori dans son pays?

Alors à force de lobbying et d’argent jeté par les fenêtres, les règles élémentaires de bonne éducation aidant, nos amis anglais l’ont poliment écouté. En un mot comme en mille, à la London Chatham House, Faure Essozimna Gnassingbé, le Chef de l’Etat togolais était une pure curiosité que certains Anglais sont venus découvrir.

Les partis d’opposition semblent n’avoir plus des idées pour continuer la lutte. Que propose l’homme politique Kofi Yamgnane pour la suite du combat ? Une société civile forte ou purement un militaire comme Thomas Sankara ou Jerry Rawlings au-devant de la scène ?

Les partis politiques d’opposition sont régulièrement bafoués, muselés, violentés mais ils continuent à se battre courageusement avec les moyens qui sont les leurs. Ils se battent avec les moyens dont ils disposent. Dire qu’ils semblent n’avoir plus d’idées serait les sous-estimer. Ce n’est pas ma posture. L’opposition togolaise souffre d’une chose, une seule: son incapacité historique de se rassembler autour de quelques idées, un projet de société et puis seulement trouver un porte-parole pour diffuser ces idées et ce projet de société. Le secret du CHANGEMENT est là! Tous les responsables doivent d’abord taire leurs ambitions, calmer leurs egos…Là où il y a la volonté, il y a un chemin! Que tout le monde accepte de travailler avec tout le monde: voilà le slogan pouvant mener à la victoire pour le peuple togolais.

Notre faiblesse, celle de l’opposition togolaise, trouve ses racines dans cette inaptitude à se regrouper, mutualiser nos forces, face à l’adversaire RPT/UNIR. Ainsi, qu’avons-nous fait de concret, qu’est-ce que l’opposition a construit lors de la chasse à l’homme concernant le leader du PNP Tikpi Atchadam ? Le jour où l’ANC et le PNP se parleront les premiers et face à face sans arrière-pensée, le CHANGEMENT sera à notre portée. C’est ce qui permettra aux autres formations de venir renforcer ce « noyau dur » de la naissance de la Révolution togolaise. Quant à l’arrivée d’un sauveur providentiel, je n’y crois pas un seul instant. Vous pouvez constater que le candidat de Mgr Kpodzro dont le nom, pourtant selon lui, soufflé par le “Saint-Esprit”, en a fait une éclatante démonstration.

On a tué un haut gradé au sein des Forces Armées Togolaises. Comment expliquez-vous le silence de son unité et le remplacement rapide de ce dernier par un fils originaire de l’ethnie de Faure Gnassingbé ?

Cet assassinat est une abomination supplémentaire du régime fasciste instauré par le RPT/UNIR. Le silence du gouvernement de Faure Essozimna Gnassingbé et sa décision de remplacer immédiatement un Chef de Corps issu de l’ethnie Nawdba par un officier de sa propre ethnie, nous démontre que ce régime qui a toujours tenté d’instrumentaliser la division ethnique est un régime qui joue sciemment avec le feu. Ainsi Faure Gnassingbé, pas plus que ses militaires, ses centaines de conseillers, n’a tiré aucune leçon du drame que le Rwanda a connu, et avant lui l’Afrique du Sud. Les 27 ans de prison de Madiba Mandela ne serviront-ils donc jamais d’exemple? Ce silence de Faure et sa précipitation à « caser » un des siens pour garder la maison montrent que c’est vraiment un petit esprit.

Personne ne semble voir venir le danger, pourtant il est imminent: le jour où toutes les autres ethnies s’uniront contre Faure et la sienne, le monde se réveillera avec un goût de sang à la bouche. Une guerre ethnique au Togo, comme semble le souhaiter Faure, sera une catastrophe immense, non seulement pour le petit Togo, mais elle enflammera le continent tout entier. Que personne ne vienne alors dire: « on ne savait pas! ». Ce crime odieux d’une part, ce silence assourdissant de Faure, d’autre part, doit ouvrir dès aujourd’hui les yeux de la jeunesse togolaise, d’abord celle de Siou, celle de Niamtougou, celle Kanté, de Lama, de Kara… etc et toutes de toutes les autres ethnies : Jeunesse togolaise, réveille-toi, le feu couve à la maison! Il faut mettre fin à tous les codes ethniques utilisés dans le pays par les Kabyè dans tous les domaines de la société: concours administratifs truqué, justice instrumentalisée, police et gendarmerie accaparée, armée noyautée, économie gangrenée…etc. Les Soldats de la BIR ne sont si lâches.

Le jour viendra où eux aussi chercherons à savoir pourquoi un des leurs s’est fait sauvagement assassiné dans son bureau. Soldats togolais, qu’attendez-vous pour vous révolter? Vous attendez peut-être que cela vous arrive à vous aussi? Armée togolaise, Jeunesse togolaise je vous invite à dire non à l’arbitraire. Armée togolaise, jeunesse togolaise, peuple togolais, dressons-nous tous contre l’impunité et réclamons justice pour Bitala Madjoulba. Dites tous et chacun avec moi: « JE SUIS MADJOULBA! ».

Question d’ordre personnelle Monsieur Yamgnane. On vous a dénié de votre certificat de naissance douteux au Togo. Alassane Ouattara dans votre situation avait mis toute la communauté internationale derrière lui. Pourquoi Monsieur Yamgnane a-t-il jeté lui l’éponge ?

De grâce, laissez-moi rester le Kofi Yamgnane que je suis, que j’ai toujours été. La roue de la vérité tourne. Elle finit toujours par se rétablir avec le temps. Il y a eu trop de morts au Rwanda. Il y a eu trop de morts en Côte d’Ivoire. Je ne peux souhaiter aucune de ces situations à mon pays le Togo. Par contre, je continue de croire en cette jeunesse et en ces populations togolaises qui, à travers le temps, commence par s’approprier leur propre destin. Conscientes du vol du pouvoir, les populations togolaises demandent à l’unisson le départ de celui qui s’est octroyé de 70% des voix de ceux qu’il pourchasse toutes les nuits que Dieu fait.

Kofi Yamgnane n’a jamais jeté et ne jettera jamais aucune éponge. Je me suis retrouvé tout seul lorsque Faure Essozimna Gnassingbé et ses affidés ont intentionnellement cherché à me ridiculiser, à m’humilier en me faisant passer pour ce que je ne suis pas. Je suis né Togolais bien avant lui. A mon retour au Togo en 1989, après mon élection comme Maire d’une commune française, Eyadema me reçoit en son palais et me pose la question.

Lui: Kofi, fils de Bassar, je connais les Blancs avant toi. Explique-moi comment tu as fait pour qu’ils votent pour toi?

Moi: rien, Monsieur le Président; je me suis juste conduit comme les vieux Bassar me l’ont enseigné: travail, courage, ouverture d’esprit.

L’année de la naissance de Faure, je partais à Paris le bac en poche pour mes études supérieures. Qu’est-ce qui lui donne le droit de me dénier de ma nationalité togolaise que j’avais déjà bien avant sa naissance? Et pour autant, comment pourrais-je jeter l’éponge ? Comment pourrais-je accepter d’abandonner le peuple togolais à son triste sort entre les mains si malveillantes d’ignares qui s’ignorent? Je suis un Bassar et un Bassar meurt face au guerrier ennemi, la flèche dans la poitrine ; jamais en fuyant, la flèche dans le dos.

Un guerrier Bassar trouvé mort, une flèche dans le dos sur le champ de bataille n’a pas droit aux obsèques: il est laissé sur place à la merci des rapaces et des vautours. Tenez-vous-le pour dit. Je me dois aussi d’apporter une réponse conséquente aux multiples sollicitations de cette jeunesse togolaise. Je travaille avec elle et avec bien d’autres composantes de la nation togolaise qui me sollicitent quotidiennement.

Interview réalisée par Camus Ali

Source: LynxTogo.info

 

 

Interview/Kofi Yamgnane : « Les Gnassingbé ont toujours acheté leur pouvoir avec l’argent du Togo »

 

A la découverte d'une star togolaise - Kapricia – Lion Girl

QUI EST KAPRICIA

Née le 03 Janvier 1993 à Dapaong, grande ville au Nord du Togo, Kanmatibe GOUNTANTE alias KAPRICIA a grandi au TOGO, plus précisément dans la région des savanes, dans un environnement où la musique faisait partie du quotidien de tous. Très tôt dès son bas âge, elle découvre sa passion pour la musique. Le rêve de devenir une grande Star et son amour pour la culture de son pays, le dévorait. Bercé depuis son enfance par les œuvres des célébrités nationales et internationales, KAPRICIA met le cap sur le BURKINA FASO en 2014 où elle devint actrice d’un film.

Travailleuse et douée d’un sens d’humilité, elle rentra en studio en Octobre 2016 juste après son retour du BURKINA FASO. Après de dures et pénibles travaux, Elle sortit un mois plus tard, son premier single, titré MON PIMENT. Kapricia a déjà huit (08) chansons disponibles sur le marché dont un feat. avec Capitaine Maruis. Toues ses vidéos sont disponibles sur son compte Youtube @KapriciaOfficiel.

Kapricia rayonne à travers son Art, diversifiant son activité.

La reine de l'R&B africaine a lancé il y a 5 semaines sont nouveau single Femme d'Afrique, qui fait le tour du monde; en un (01) mois, il y a eu plus de 31.000 vues de ce dernier single.
KAPRICIA désire vivement se faire connaître par le public togolais. Elle aime chanter pour mettre la joie dans le cœur de tous ceux qui l’entourent. Elle chante l’amour, l’espoir d’une vie meilleure, les vécus quotidiens. L’artiste, dans ses projets à long terme, envisage percer dans sa carrière et aller loin. Elle rêve de devenir une grande star, ambassadrice de la chanson togolaise, qui représentera son pays à l’extérieur de sa terre natale.

KAPRICIA est une femme de talents, sachant transmettre et partager sa passion musicale dans une ambiance chaleureuse et fédératrice.
Son sourire, sa bonne humeur et sa voix nous invitent à l’écouter, car elle sait nous transporter et nous faire voyager à travers son identité.

Pour plus d’informations, visitez: www.kapricialiongirl.com

Le Staff

 

 

A la découverte d'une star togolaise - Kapricia – Lion Girl

 

Du désert à la terre promise : Le Togo nouveau à la croisée de l'option ultime

Depuis 1990 à ce jour, tous les efforts visant à sortir le Togo de l'indépendance des livres, ont été sommés par des échecs . Toutes les tentatives pour faire renaître un Togo meilleur ont été confrontées à des querelles fratricides qui ont davantage plongé sur tous les plans, le pays dans la pire des situations.

Que l'on soit de l'opposition ou du parti au pouvoir, nous avons tous contribué au nom de l'égocentrisme, de la cupidité et du manque manifeste de patriotisme, à détruire ce merveilleux joyau qui était destiné à être l'or de l'humanité.

Cependant, il paraît clair que nous avons épuisé toutes les cartouches à notre disposition. Oui, nous avons fait tout ce qui est logiquement à la portée de la capacité humaine dans le but de crier haut cette victoire nationale qui, malheureusement reste bloquée dans nos gorges attendant cette énergie ultime qui devrait l'extérioriser.

Quelle pourrait être la source de cette énergie si déjà, les seuls acteurs collectifs sans lesquels rien n'aurait pu être, ont déjà tout essayé même au prix de leur vie?

La réponse à cette question nous renvoie à la problématique de l'ultime option.

Avons-nous encore besoin d'envisager faire usage de la violence pour sacrifier des vies humaines pour lesquelles le changement tant crié devrait rendre service?

Avons-nous besoin d'espérer un vingt-huitième dialogue pour encombrer le tiroir de nos archives ?

Avons-nous encore besoin de nous tourner vers une communauté dite internationale guidée par la préservation de ses intérêts et dont le fonctionnement est au service des plus forts au détriment des faibles ?

N'avons-nous pas déjà tout essayé selon l'intelligence humaine?

Si oui, pourquoi n'envisageons-nous pas manifester cette folie mentale qui consisterait à mener des actions pacifiques, collectives et nationales impliquant nos croyances, à des moments annoncés d'avance et pendant lesquels la communication serait prioritairement accentuée pour permettre à tous les fils et filles de notre pays , à tous ceux qui aspirent à un Togo nouveau, d'exprimer leur adhésion ?

Pour avoir le résultat que nous n'avons jamais obtenu, il nous faut avec détermination et foi, agir dans une logique extraordinaire.

Peu importe l'obédience religieuse de laquelle l'on se réclame, toutes les croyances convergent vers la reconnaissance d'une autorité suprême désignée sous le nom de Dieu dont la puissance d'opérer est unanimement reconnue et acceptée par tous.

Osons croire que , le temps de faire recours de manière explicite à la puissance divine en guise d'ultime option ,a réellement sonné pour le Togo.

Oui, cela peut paraître incohérent pour nos brillants intellectuels, adeptes de la logique qui, malheureusement, n'ont pu rien faire avec leur intelligence;
Cela peut sembler porter un coup au leadership des politiques qui, ont visiblement montré leurs limites.

Mais il est du devoir impératif du peuple de réaliser, que c'est l'une des manières les plus sûres de tourner la page sombre de son histoire, une autre façon plus responsable de mettre en pratique l'article 150 de notre constitution sans courir le risque de provoquer une répression soldatesque, sanglante de nature .

La paix est le seul acquis, qu'il faut préserver. La vie humaine est vraiment sacrée, tel que soutenu par l'article 21 de la constitution togolaise et les articles 3 et 5 de la DUDH. Nous devons la mettre au centre de nos actions et la défendre en tout. Soyons légalistes dans nos démarches pour obtenir des résultats qui ne laisseront pas des séquelles susceptibles de nous replonger dans les situations de départ.

Faire recours à Dieu , l'Autorité Suprême comme une option ultime, relève de la légalité absolue et ne peut être confrontée à aucune opposition que ce soit, car au préambule de la constitution togolaise nous lisons ceci : "Nous , peuples togolais, nous plaçant sous la protection divine..." Par ailleurs, l'article 11 de la même constitution reconnaît la liberté de religion pour tous.

"Peuple togolais par ta foi, la nation est née"
Je convie chacun de nous à scruter cette allocution inscrite sur le monument de l'indépendance pour se convaincre de la portée de l'intervention divine dans l'avènement du Togo nouveau auquel nous aspirons tous.

Togolais de toutes les contrées du monde, viens ,bâtissons la cité!

DJODJI KLUTSE,

Défenseur des droits de l'homme.

 

 

Du désert à la terre promise : Le Togo nouveau à la croisée de l'option ultime

Aimé Gogué : "Nous ne devons pas accepter l’élection présidentielle du 22 février comme un fait accompli"

La prestation de serment de Faure Gnassingbé ce dimanche 03 mai 2020 ne doit pas siffler la fin de l'engagement des Togolais pour une alternance au sommet de l'Etat. C'est en substance ce à quoi appelle le président de l'Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), Prof Aimé Gogué dans cette tribune.

NOUS NE DEVONS PAS ACCEPTER L’ELECTION DU 22 FEVRIER 2020 COMME UN FAIT ACCOMPLI

Il y a soixante ans que la nation togolaise naissait grâce au courage et aux sacrifices parfois suprêmes de ses filles et fils, promettant ainsi un lendemain meilleur sur la terre de nos aïeux. L’espoir né de la victoire héroïque du 27 avril 1958 a progressivement laissé place au désenchantement, à la panique et la confusion, à la recherche des coupables, pour aboutir à la punition des innocents et innocentes. Les coups d’Etat militaires, les coups de force électoraux, ainsi que les violations massives des droits de l’homme ont fait le lit des crises socio-politiques récurrentes au Togo.

Ils sont nombreux ces Togolais qui ont cru que l’élection présidentielle du 22 février 2020 allait favoriser le début de la résolution de la crise. Ils étaient nombreux ces Togolais qui sont allés voter, en dépit d’un cadre électoral qui ne garantissait ni la transparence, ni l’équité de cette consultation électorale. Par cet acte civique, ces citoyens pensaient participer ainsi à une résolution pacifique de la crise jamais résolue. Malheureusement cet acte citoyen s’est soldé par une déception immense et un désarroi de la population togolaise qui n’aura plus du tout confiance aux élections comme processus permettant un libre choix de ses gouvernants. La fixation par la Cour constitutionnelle du 3 mai 2020 comme date de prestation de serment du supposé vainqueur du simulacre d’élection du 22 février 2020, au lieu de clore le processus électoral ouvre plutôt la porte à une nouvelle crise politique.

Cette crise tire ses origines immédiates et lointaines de l’histoire atypique et singulière du pays, du fait que l’administration publique et les forces de défense et de sécurité (FDS) restent inféodées au régime en place au mépris des principes élémentaires de neutralité des services publics. Elle tire aussi ses racines du refus des groupes organisés (associations patronales, syndicales et professionnelles) à prendre explicitement position face aux multiples abus du régime. Elle tire également son fondement du comportement de Togolais insatisfaits acculés à l’exil « silencieux » intérieur et au réfugiés extérieurs qui, soit par leur indifférence constituent aux yeux de plusieurs personnes un soutien à l’arbitraire, ou soit par des invectives et des discours discourtois enveniment toutes les tentatives endogènes de faire parler les deux camps politiques aux logiques diamétralement opposées. Elle tire enfin et surtout ses fondements de l’insatisfaction du citoyen face à la gestion patrimoniale et chaotique de la chose publique.

En effet, contrairement au fait qu’il soit généralement énoncé que de par leur mission, les forces de défense et de sécurité doivent être neutres et apolitiques, car, « en tant qu’émanation du peuple, elles ne peuvent s’accaparer du pouvoir par la force pour renverser les dirigeants démocratiquement élus », les FDS sont loin d’être neutres dans la vie politique et le processus électoral au Togo.

Le déploiement massif des FDS avant, pendant et après les élections, ainsi que les violences qui ont souvent occasionné des morts d’hommes exacerbent les rapports entre le peuple et les FDS. Une majorité de Togolais (56%) ne font que "juste un peu" ou pas du tout confiance à l’armée togolaise ; 28% seulement pensent que l’armée travaillent "souvent" ou "toujours" avec professionnalisme et respectent les droits de tous les citoyens ; une majorité (58%) de togolais affirment craindre au moins "un peu" d’être victimes des actes d’intimidation ou de violence politique pendant les campagnes électorales.

Soixante ans après l’indépendance, notre pays souffre toujours de l’instrumentalisation de la justice. La justice togolaise, très passive dans des affaires de meurtres, de violations des droits de l’homme et de crimes économiques se trouve une vigueur excessive lorsqu’il s’agit de poursuivre les acteurs politiques de l’opposition, d’écarter un concurrent politique ou aider le régime en place à réduire au silence tout adversaire. L’illustration nous est encore faite le 22 avril dernier. C’est dans un contexte de contestation post-électorale qu’un des candidats, monsieur Messan Agbéyomé Kodjo et ses soutiens au sein de la Dynamique Kpodzro sont placés sous contrôle judiciaire et interdits de faire des déclarations tendant à remettre en cause les résultats de l’élection présidentielle du 22 février 2020, démontrant à suffisance que la justice togolaise se subordonne à l’exécutif. Les Togolais auraient bien voulu savoir ce que fait la justice des affaires des incendies des marchés de Lomé et de Kara, des détournements des fonds, de l’assassinat des élèves à Dapaong en 2013 et de bien d’autres personnes.

Soixante ans après l’indépendance, les crises socio-politiques sont récurrentes au Togo, la paix sociale est toujours menacée. En 2019, le Togo se situait à la 108ème place de l’Indice Global de Paix sur 163 pays évalués. Ramené au niveau sous-régional, le Togo n’est mieux classé que quatre pays seulement : le Niger, le Nigeria, le Mali et la Guinée Bissau confrontés à l’extrémisme violent, à l’activité de groupes djihadistes et au nacro-trafic.

Tirant leçon de cette vie commune depuis l’indépendance, une constante se dégage : le pays ne peut pas continuer à être géré comme il l’a été jusqu’à présent. Aujourd’hui, il est plus qu’une obligation de sortir le Togo des conjonctures critiques et éviter que le pays sombre dans une situation que les inconscients sont loin d’imaginer. Le pays vie dans un contexte particulièrement difficile marqué par : la crise liée au COVID 19, l’approfondissement de la pauvreté, la vulnérabilité d’un nombre important de ménages, avec une généralisation parmi la jeunesse de la volonté du gain facile, résultat de plusieurs décennies de l’impunité des actes de corruption notamment, une crise morale profonde révélée au grand jour le 22 février. En outre, les tensions politiques, l’inquiétude, le désespoir, les frustrations et la souffrance sociale sont immenses. Il est donc urgent que les Togolaises et les Togolais prennent la mesure de ces différents maux.

C’est pourquoi nous ne devons pas accepter l’élection présidentielle du 22 février comme un fait accompli.

Joignant notre voix à l’appel patriotique du Front citoyen Togo-Debout, nous appelons solennellement le peuple togolais à œuvre pour trouver une solution politique à la présente énième crise post-électorale. Cette solution devrait favoriser la refondation de la Nation Togolaise, préoccupée par un meilleur vivre ensemble, la tolérance et l’acceptation mutuelle de ses citoyens. Nous exprimons ce vœu car convaincu que la quasi-totalité des Togolais veulent vivre dans un Togo réconcilié avec lui-même, uni démocratique et prospère.

En cette journée du 3 mai, nous souhaitons à toute la corporation des médias au Togo, une bonne commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse. Nous leur souhaitons du courage et de l'abnégation dans cette quête permanente de la liberté de la presse face à des dirigeants qui ne manquent pas d'occasion pour restreindre encore le peu de liberté qui existe, ne facilitant pas du tout son aboutissement.

Tchabouré Aimé GOGUE

 

 

Aimé Gogué : "Nous ne devons pas accepter l’élection présidentielle du 22 février comme un fait accompli"

Prestation de serment de Faure Gnassingbé : Aboudou Assouma a été très inspiré

Bien d’événements ont marqué la cérémonie de prestation de serment de Faure Gnassingbé qui s’offre, à partir de ce dimanche 03 mai 2020, un quatrième mandat à la tête du Togo. Outre la présence très remarquée de l’ancien ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, ancien porte-parole du gouvernement, Pascal Bodjona, on note une sorte de diatribe du président de la Cour constitutionnelle, Aboudou Assouma envers les membres de la dynamique Mgr Kpodzro.

Une institution de la République se doit, à en croire de nombreux observateurs et selon les textes fondamentaux qui régissent le pays, d’être impartiale. De même que ceux qui la dirigent. Visiblement, ce n’est pas ce à quoi les Togolais ont assisté ce dimanche lors de la prestation de serment de Faure Gnassingbé. Tout porte à croire que la Cour constitutionnelle est devenue une aile marchante du parti au pouvoir, tellement son président s’est acharné sur la dynamique Mgr Kpodzro et son candidat qui continuent de contester l’élection de Faure Gnassingbé.

Dans son mot introductif, Aboudou Assouma a situé l’assistance très réduite (à cause de la maladie virale qui nécessité des mesures particulières décidées par le gouvernement) sur la tenue de cette cérémonie au palais de la présidence. Pour lui, cette salle est « transformée en temple de droit » pour la circonstance. « C’est ce qui explique notre symbole, ce logo type ici accroché au mur, derrière nous », a-t-il indiqué.

Et de verser dans une critique empreinte de moquerie. « Ce n’est pas une église, c’est la Cour constitutionnelle. Ce n’est pas l’église de Kpodzro où il intronise le président gondwanais, d’une république gondwanaise, c’est-à-dire qui n’existe pas. Elle n’existe que dans leur imaginaire », a pesté Aboudou Assouma, avant de remercier l’assistance pour sa présence et son accompagnement.

Pour lui, c’est « le suffrage universel qui a décidé, et la Cour constitutionnelle a déclaré élu Faure Gnassingbé dans sa décision du 2 mars 2020 ». Et donc « il n’y a plus personne pour s’y opposer ». Aboudou Assouma demande alors au « fameux gagnant d’apporter un adminicule de preuve ». « Ce fameux gagnant et ses ouailles devraient apporter un adminicule, c’est-à-dire un commencement de preuve, mais rien. Il faut vociférer seulement et ça marche, Non! Non! », a-t-il lancé.

Le président de la Cour constitutionnelle n'a pas manqué de proférer des menaces à l’endroit de la dynamique Mgr Kpodzro. « Si d’aventure, par mégarde ou étourderie, quelqu’un s’y oppose, la force doit rester à la loi, dans sa rigueur, quel que soit l’âge de son auteur (…). La loi est égale à tous, on ne peut pas se cacher derrière son âge pour défier l’autorité de la loi, son auteur doit répondre de son acte devant la justice », a prévenu Aboudou Assouma qui ajoute que le « fameux gagnant ne dispose d’aucune preuve » pour aider le juge dans le contentieux électoral.

Cette réaction du président de la Cour constitutionnelle, à en croire de nombreux observateurs, dénote de la partialité de cette institution de la République qui devrait se mettre au service de tous les Togolais et non d’un seul individu. On comprend une fois encore pourquoi les décisions de cette haute juridiction ont toujours été sujettes à des critiques, notamment lors des rendez-vous électoraux. Beaucoup ont regretté ces propos d’Aboudou Assouma, même si on sait qu’il a toujours affiché son appartenance au parti au pouvoir.

 

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé : Aboudou Assouma a été très inspiré

 

Un sage de la dynamique Mgr Kpdzro saisit Faure Gnassingbé

La dynamique Mgr Kpodzro poursuit sa conquête de la victoire du peuple. Dans une adresse solennelle à Faure Gnassingbé, un sage de cette dynamique revient sur ses 15 ans au pouvoir.

ADRESSE SOLENNENLLE A MONSIEUR FAURE GNASSINGBE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TOGOLAISE

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Nous comprenons aujourd’hui la détresse dans laquelle vous a plongé l’élection présidentielle du 22 février 2020. Quitter le pouvoir, sublimer une défaite pour mieux se construire soi-même n’est pas chose aisée. Nous qui sommes de la génération de vos ascendants, nous pouvons vous dire combien il est difficile d’échouer à un examen, à un recrutement professionnel ou de se faire éconduire par une belle femme. Mais ce sont les expériences de la vie que l’on ne comprend que tardivement et que résume de façon admirable une phrase célèbre d’un philosophe arabe qui a vécu du XIème au XIIème siècle, OMAR KAYYAM (1050-1123): je cite,

« L’expérience est un soleil qui se lève quand l’homme va se coucher ».

Mais ces paroles n’expriment pas une vérité éternelle. En écho à OMAR KAYYAM, Pierre Corneille, auteur du CID (1682), l’âme intellectuelle de la ville de Rouen qui m’a adopté depuis 1986 et qui m’a beaucoup donné, écrivait au XVIIème siècle cette phrase non moins célèbre :

Je cite : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

MONSIEUR LE PRESIDENT, Vous êtes une âme bien née puisque vous êtes né sous les ors et les lambris dorés de la République, d’un père, chef militaire et Président de la République qui vous a fait connaitre la politique, les hommes avec leurs qualités et leurs défauts, le monde extérieur avec les forces visibles et invisibles qui le gouvernent. Dans ce monde, il y a de la rectitude mais aussi du mensonge, de la vilénie et que sais- je encore ?

Mais quels que soient nos origines familiales, nos trajectoires intellectuelles et professionnelles et nos mérites, nous devons en toute circonstance savoir raison garder, surtout lorsqu’il est question de la vie en communauté, que les hommes ont toujours des dettes les uns vis-à-vis des autres.

A cet égard je me rappelle une phrase de Jean- Marie DOMENACH, professeur de philosophie à l’Ecole Polytechnique de Paris et à L’institut d’Etudes Politiques de Grenoble que j’ai eu l’immense honneur de côtoyer au début des années 60 et qui dans sa critique du structuralisme écrivait ceci : je cite,

« Ce n’est pas moi qui, à chaque instant, invente la vie. L’impersonnel est un élément structurant du réel ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Toutes ces pensées nous invitent à prendre la mesure de la complexité de la vie et du monde et à construire notre existence et celle de notre entourage avec lucidité et modestie. Sinon comment comprendre que dans certaines associations philosophiques on peut passer du statut de Vénérable Maître à celui de Couvreur sans aucun déshonneur ?

Vous n’êtes pas déshonoré pour avoir perdu les élections. Non, vous devenez une sentinelle dans la cité. Vous devenez plus grand qu’un Président c’est à dire un homme. Dans Antigone de Sophocle, un des pères de la tragédie grecque du Vème siècle avant J.C., il nous est servi cette phrase admirable ; je cite :

« C’est lorsque je ne suis plus rien que je deviens un homme ».

Mais vous, vous serez un ancien Président, ce n’est pas rien, et en même temps, vous serez un homme car dans notre tradition politique de ces 50 dernières années, être un ancien Président, le premier de notre histoire, c’est être un homme couvert de l’épaisseur de l’histoire. Rappelez-vous les conditions calamiteuses dans lesquelles vous avez CONQUIS le pouvoir en 2005 et que vous-même avez regrettées en privé pour avoir été le jouet d’une histoire dont la dimension tragique a été très tôt perçue par un de vos frères GNASSINGBE lorsqu’il déclara à nos généraux putschistes :

« Pourquoi cherchez-vous à mettre une pâte chaude dans les mains de mon frère ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,

En quinze ans de pouvoir vous n’avez pas totalement démérité : des acquis certains en matière d’infrastructure économique sur fond de prévarication, de prise d’intérêt illégal et de corruption, d’accroissement de la dette publique. Sous vos trois mandats la croissance moyenne du PIB réel par tête d’habitant a été de 0, 76% de 2006 à 2010, 2,66 % de 2011 à 2015 et 2,15 % de 2016 à 2020, compte non tenu des effets de la pandémie sur la création des richesses dans notre pays.

Vous avez du mal à vous arracher à une gouvernance globale médiocre. Appliqué au Togo, l’indice POLITY 2 sur la bonne gouvernance octroie à notre pays 37 points loin derrière le Bénin et le Ghana avec respectivement 84 et 89 points.

Quant à la promotion des investissements directs étrangers, elle se heurte à la faiblesse de la confiance que votre régime inspire aux hommes d’affaires : 2,5% du PIB en 2006, 5,2% des investissements bruts (FBCF) en 2015 et 1% du PIB en 2017.

Dans ce domaine, ces trois dernières années n’augurent rien de bon avec la crise politique qui secoue notre pays depuis 2017 et que vous traitez par-dessus la jambe au grand dam d’ADEBAYOR.

Et que dire du règne de la violence depuis 2005 ? Les Togolais ont-ils une dette de sang envers vous ? D’où vous vient cet esprit sacrificiel qui n’épargne même pas les enfants bien que vous soyez père de famille nombreuse ? Pourquoi tant d’excès dans l’acharnement contre notre humanité, contre notre dignité ? Quand on brûle nos marchés, quand on tire à balles réelles sur des manifestants aux mains nues, quand on abat des Togolais comme du gibier sous votre responsabilité de premier magistrat de la République, le Togo n’est plus un Etat moderne mais un Etat de nature où nous vivons tous dans l’incertitude.

Notre vie est rythmée par les crises politiques et la violence. Dans de telles conditions vous ne pouvez plus continuer à rester à la tête de notre pays. Beaucoup de sang versé depuis longtemps, des vies brisées, des rêves de jeunesse évanouis, des exils involontaires et douloureux, une violence ethnique symbolique qui corrompt les rapports humains.

Il est donc temps de vous interroger sur le sens de votre présence à la tête de notre pays. Les Togolais vous aiment et vous demandent de leur montrer ce que vous savez faire. C’est pourquoi ils votent contre vous à chaque élection présidentielle à savoir : en 2005, 2010 et 2015. Le 22 février 2020, ils ont plébiscité Agbéyomé KODJO pour marquer de façon irréversible la fin de votre aventure personnelle à la tête de notre pays.

La précipitation de la proclamation des résultats par la CENI en 2020, contrairement aux années précédentes où il a fallu en moyenne deux ou trois jours, montre à suffisance que celle-ci ne disposait pas de tous les procès-verbaux des bureaux de vote et que les résultats ont été fabriqués en toute hâte pour conjurer une défaite annoncée.

Voici donc venu le temps du passage du Togo à une ère nouvelle, celle d’une République plus fraternelle, plus solidaire et plus humaine. Pour ce faire, nous devons veiller d’abord sur l’avenir de la jeunesse et contribuer à la prospérité de nos concitoyens dans le respect des lois de la République et des valeurs morales que requièrent la gestion du pouvoir et la vie en communauté.

La loi, c’est le plus petit dénominateur commun qui nous rassemble par-delà nos origines ethniques, sociales, religieuses et familiales. C’est pourquoi, nous devons bannir la violence et les fraudes électorales de nos rapports politiques.

Je voudrais vous inviter, toute violence et tout parjure cessants, à réparer d’abord moralement les dégâts des violences qui ont secoué notre pays ces dernières semaines par une reconnaissance officielle de la victoire de Messan Agbéyomé KODJO et à lui transmettre le pouvoir dans l’intérêt supérieur du Peuple Togolais.

Vous connaissez bien votre successeur élu, Messan Agbéyomé KODJO à qui vous lient des relations de parenté et d’alliance. Vous êtes mariés dans la même maison. Vos enfants ont le même sang dans les veines. Les humeurs du corps ont des effets cosmiques insoupçonnés. Il est temps de faire triompher la raison. Rien n’est perdu pour personne. Bien au contraire, nous gagnons tous à faire triompher la Raison et à bâtir une société nouvelle.

Puisse Dieu vous accorder la paix intérieure et vous montrer le chemin de l’amour des Togolais, de tous les Togolais. « Si Dieu nous a donné son fils que ne nous donnerait-il encore ? ».

Richard ABOKI,

auctoritas vetustatis, membre du Conseil des Sages de la Dynamique Monseigneur KPODZRO

 

 

Un sage de la dynamique Mgr Kpdzro saisit Faure Gnassingbé

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : La Charogne et les Vautours

« Là ou est la charogne, là se rassemblent les vautours »
Matthieu 24-28

Le Togo traverse une crise post-électorale devenue proverbiale. L’habituel triptyque : élection-contestation-répression est bien en place ainsi que les acteurs d’un drame qui se clôt par des « accommodements raisonnables » au profit de la dictature.

Il s’agit d’un rituel électoral quinquennal, paravent à la dictature pour qui le refus obstiné de la vérité des urnes est vital. Cela ne surprend guère. Plus choquant est le soutien objectif qu’elle trouve au sein de l’opposition notamment à travers l’action de l’alliance nationale pour le changement (anc) que la détermination de la dynamique Kpodjro et du président élu, le Dr Agbéyomé Kodjo, met au jour. En réalité, il n’y a rien de nouveau pour les observateurs de la scène politique togolaise qui connaissent le rôle trouble joué par l’anc sur l’échiquier politique togolais. Avatar schismatique de l’ufc, ce parti s’illustre comme un soutien objectif de Lomé 2 .

Dès le 22 février 2020, reconnaissant l’avance tendancielle du candidat de la dynamique et celui d’unir, ce parti se garda bien de se prononcer sur la claire victoire du premier. Le procédé est bas. Il sera confirmé par le refus de se joindre au recours électoral formé par le Président Agbéyomé, tout en clamant le caractère fantaisiste des résultats prononcés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (ceni). Contestant le choix du peuple, l’anc n’a pas cru bon de réclamer la preuve de « la victoire » à l’usurpateur Faure Gnassingbé en s’associant à la demande de recomptage des bulletins bureau de vote par bureau de vote mais exige du président démocratiquement élu « des preuves de sa victoire » comme gage de son soutien. Enfin, ce parti réclame la reprise pure et simple des élections en sachant bien que cette demande ne saurait prospérer. Elle permet juste de se désolidariser du vrai vainqueur, qu’on continue ainsi de torpiller.

La troïka unir-anc-autres partis satellites de l’opposition a ourdi une conspiration du silence complice de l’infernale violence d’État qui va s’abattre sur le président démocratiquement élu. L’anc a pris une part active au processus de décapitation et de musellement de la dynamique. Un véritable partage des rôles. Ce parti assure le harcèlement du prélat nonagénaire en lui adressant la veille de l’assaut du domicile de M. Kodjo une « fatwa » tandis que la milice procède à l’enlèvement violent du président élu. La collusion avec le pouvoir est manifeste. L’anc n’en a cure. Jean-pierre Fabre n’a daigné sortir de son silence complice qu’une fois le forfait du violent enlèvement du président Agbéyomé et son musellement accomplis. Tartuffe, M. Fabre condamnera non pas l’arrestation de M. Agbéyomé et de ses alliés qu’il avalise, mais la violence déployée à cet effet. Il peut à présent proposer « tranquillement » la normalisation du hold-up électoral. C’est fait depuis le discours du 26 avril : « Toutes les filles et tous les fils du pays, dans un sursaut national, doivent se mettre autour d’une table pour parvenir à un compromis historique ». Quid de l’éclatante victoire de M. Agbéyomé ? La survie politique de l’anc et de certains partis et associations de la société civile de son orbite est désormais liée à celle de la dictature.

Le peuple, instruit par des décennies de duplicité, de violence déni de droits et de liberté, est convaincu de la nécessité de combattre, au même titre que la dictature, tous ses alliés incestueux. Il s’est donné les outils d’une déconstruction qui envoie au dépotoir de l’histoire ses fils qui prennent le parti de le trahir. Il sait déconstruire l’infâme propagande qui déjà, distille la nécessité d’avaliser le vol électoral en décrétant l’échec de la dynamique Kpodjro. L’impossible union de l’opposition est de nouveau prônée par les tenants du statu quo. La vertueuse constance de la dynamique Kpodjro dans la recherche de la vérité des urnes met à mal ce mythe de l’union tendant à faire accroire qu’un parti ne peut seul conduire le peuple à la victoire. Depuis le séisme du 19 août 2017 et sa réplique du 22 février 2020, le peuple sait que ce mantra favorise l’entrisme et le noyautage de toute coalition contre Lomé 2. On sait qu’un seul parti, en phase avec le peuple, peut renverser une dictature. Tout aussi faux est la propagande d’État, relayée par ses alliés « oppositionnels », qui décrète l’impossibilité d’une lutte armée au Togo pour mieux imposer sa paix armée. Des guerres de libération ont été conduites victorieusement sur des territoires plus exigus. À la vérité, le régime sait qu’il ne gagnera pas une guerre contre le peuple. Si la lutte armée n’est pas une fatalité, le peuple veut néanmoins disposer, pour son salut, de toutes les options. Le citoyen distingue à présent très précisément les fils blancs dont est cousu le corset de son esclavage. Toute victoire repose sur cette claire conscience des armes de l’ennemi pour mieux adapter la riposte. Le peuple est debout. Sa volonté est intacte. Nul doute que la victoire viendra couronner ses efforts si souvent dévoyés, pour l’édification d’un Togo nouveau, or de l’humanité.

Jean-Baptiste K.

 

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : La Charogne et les Vautours

 

Un match pas comme les autres

Aujourd’hui il y a un match de foot. Le jeu est si important que s’il est perdu, ce serait une catastrophe, un désastre pour notre pays. Le stade est bondé de spectateurs. Les journalistes, les délégués de la FTF, de la Fifa et de la Caf…tout le monde était là. Notre équipe nationale est au complet. Les onze joueurs sont sur le terrain, bien habillés, bien soignés et sûrs d’eux-mêmes, face à l’adversaire venu de l’étranger, déterminé à jouer et nous battre. Mais nous avons l’espoir que la victoire sera togolaise.

L’arbitre donne le coup d’envoi et le jeu démarre. Pas de temps à perdre, les nôtres se jettent dans la bagarre sans tarder. Mais que se passe-t-il ?! Ils foncent tête baissée, ils plongent, ils cognent et plaquent l’adversaire par terre, ils attrapent la balle avec les mains, ils filent vers les buts et marquent. C’est à n’y rien comprendre ! Ce que notre équipe joue, ce n’est pas du foot. Le football se joue autrement, avec les pieds et non avec les mains et tout !

L’arbitre n’a naturellement pas hésité à siffler de nombreuses fautes contre nous. Les cartons jaunes et rouges aussi pleuvent et nous pénalisent. Mais cela n’a rien changé : dès que la balle est remise en jeu, notre onze nationale sort les mêmes incroyables brutalités, les mêmes bousculades, les mêmes irrégularités, les mêmes bêtises.
C’est peut-être le capitaine Kodjo qui n’arrive pas à discipliner ses coéquipiers ? Alors le sélectionneur le change et met un autre capitaine du nom de Koffi sur le terrain. Mais rien à faire, rien ne s’améliore. Notre équipe risque d’être sévèrement sanctionnée par l’arbitre, et même par les instances internationales du foot.

L’heure est grave. On prie que la mi-temps arrive vite pour voir ce qui ne va pas. Ah la voilà enfin, cette mi-temps ! Les joueurs rejoignent les vestiaires. Le président de la Fédération s’empresse de les interroger. Sa toute première question était de savoir dans quel club chacun joue avant d’être sélectionné pour l’équipe nationale. Et là, c’est la grande surprise. Le premier joueur joue dans un club de rugby, le deuxième également, et le troisième aussi. Le quatrième joueur joue dans un club de handball, le cinquième, le sixième, le septième, le huitième et le neuvième sont dans une équipe de football américain, ce football où on est obligé de porter un casque et des protections en métal pour éviter de se blesser, tant le jeu est brutal. Le dixième joueur est handballeur dans le club de la ville où il vit.

Force est donc de constater que seul le capitaine de l’équipe est footballeur. Les autres sont rugbymen, handballeurs ou joueurs de football américain. Finalement, il fallait se rendre à l’évidence : le jeu est en passe d’être lamentablement perdu.

Cette équipe nationale brutale et qui joue de façon totalement insolite, c’est la ‘‘Force mixte Anticovid-19’’ qui a été mise sur pied pour combattre la propagation du coronavirus. En fait, elle n’est autre chose que la bonne vieille FOSEP. Cette unité rebaptisée est constituée de militaires, de gendarmes, de policiers et apparemment même de paramilitaires. Ils sont généralement choisis parmi les plus durs pour rabattre sans pitié le caquet aux citoyens qui seraient insatisfaits des élections et voudraient manifester leur mécontentement.

Plusieurs sôdja de cette force sont donc entrainés pour mater l’ennemi. Alors pourquoi s’étonner qu’ils exercent une violence presque bestiale sur les civils qu’ils croisent dans la nuit ? Les ennemis du sôdja, ce sont ceux qui refusent de se soumettre à la loi et à l’ordre établi, que cet ordre établi soit bon ou mauvais. Quand il voit quelqu’un après 20h, l’heure du couvre-feu, celui-là est un insoumis, il faut l’éliminer. Ah oui, un ennemi, ça s’élimine, ça se tue ! C’est la règle. Et c’est ce que la Force Anticovid fait, elle qui est la sœur jumelle monozygote de la FOSEP.

On aura beau changer un colonel Okpaoul par un autre colonel Amana, le résultat restera toujours le même : la Force Anticovid opprime et opprimera. On aura beau changé Kodjo par Koffi pour être capitaine, cela n’empêchera pas l’équipe de foot formée de rugbymen, de handballeurs et de joueurs de football américain d’attraper le ballon avec les mains, cogner et plaquer l’adversaire par terre, jouer comme une équipe folle et perdre.

Quand on veut réparer sa voiture, on la remet à un mécanicien, pas à un menuisier. Quand on veut remporter un match de foot, on le joue avec des footballeurs, pas avec des handballeurs ! Quand on veut une force pour gagner le combat contre le coronavirus, on met sur pied une unité capable de sensibiliser, d’expliquer et de conscientiser ; une équipe qui peut parler aux gens et les amener à la raison ; une équipe qui sait punir sans terroriser. Pour vaincre le coronavirus, on ne déverse pas dans la rue pour patrouiller, des gens incapables de comprendre la civilisation.

Ramenez donc dans les casernes votre FOSEP réchauffée et mettez sur le terrain, les agents qui maintiennent l’ordre en temps de paix. Ils sont plus proches des citoyens, ils comprennent mieux les problèmes quotidiens des Togolais. Ils sont différents des sôdja sortis des camps militaires, ces hommes qui disjonctent facilement avec les réalités du pays et se métamorphosent en machines à tuer.

N’oubliez pas que les sôdja n’ont eu aucune occasion de tuer au cours de l’élection présidentielle 2020. Il y en a parmi eux que les doigts démangent. Ça les gratte et ils ont envie de…

Sahé Sahéa

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Un match pas comme les autres

 

Mgr Kpodzro annonce la fin du calvaire des Togolais pour bientôt

L’archevêque Emérite de Lomé, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, n’entend pas renoncer à la revendication de la vérité des urnes. Dans une récente sortie médiatique, le nonagénaire s’est encore attaqué aux instituions (CENI, Cour Constitutionnelle), qui ont favorisé un 4ème mandat à Faure Gnassingbé. Au nom de la dynamique qui porte son nom, il invite les responsables de ces institutions à déclarer la vérité au peuple togolais.

« Elle ne reconnaîtra jamais quelqu'un qui prête serment sur la base de ces résultats autoproclamés. Aujourd’hui, le vainqueur sort de prison et le vaincu s’apprête à prêter serment ! Comme au Carnaval où le Roi est à la place du Fou et le Fou à la place du Roi », a écrit le prélat ce 30 avril.

Mgr Kpodzro indique qu’il est temps de rassurer le peuple togolais. Pour lui, la cérémonie de prestation de serment de Faure Gnassingbé qui est prévue le 03 mai, est « un non-événement ».

Toujours dans la quête de la vérité des urnes, l’archevêque Emérite lance un « ultime » appel aux responsables des institutions de la République, notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle qui ont proclamé la victoire du chef d’Etat sortant. Il leur demande de dire la vérité au peuple.

« S'ils ne se soumettent pas à cet ultime appel, ils seront individuellement maudits ainsi que les membres de leurs familles jusqu'à leurs 7e générations », a-t-il prévenu.

Le doyen des Evêques invite par ailleurs, les fils et filles du pays à bâtir un « avenir Nouveau ». Une seule vision basée sur trois principes à savoir un Transition Pacifique, une Constituante Participative et une Refondation Nationale, a proposé le prélat.

Pour finir, la dynamique a déploré des actes de torture et de traitements inhumains et dégradants infligés à l’Honorable Targone Président du Parti Démocrates Socialistes Africains (DSA) et son Collègue Kolani pendant leur arrestation et leur garde à vue. Elle exige la « libération immédiate » des jeunes patriotes incarcérés.

« Bientôt votre calvaire prendra fin. Nous sommes au côté de Chacun de vous dans vos détresses et vos souffrances ! », a lancé la dynamique.

 

 

Mgr Kpodzro annonce la fin du calvaire des Togolais pour bientôt

 

Désert financier autour des journalistes togolais jugés « trop critiques »

Dans les médias privés du Togo, il est difficile de trouver un journaliste payé à 100.000 CFA le mois. Ces rares privilégiés sont généralement dans la catégorie des rédacteurs en chef sur une station radio ou sur une chaine de télévision.

Dans la presse écrite les professionnels dits du 4e pouvoir ne reçoivent qu’une prime de bouclage qui est de 5.000 francs CFA par parution, pour les plus chanceux.

Dans la majorité des cas, ils se contentent de quelques paiements qu’ils perçoivent en prime de déplacement sur les lieux de reportage.

Selon Isidore Kouwonou, Secrétaire générale du Syndicat nationale des journalistes indépendant du Togo, la précarité dans laquelle évoluent les journalistes constitue une menace pour la liberté de la presse.

« C’est difficilement que les journalistes ont un salaire. Ils ne sont pas déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale », explique-t-il. « Nous sommes dans une corporation où les journalistes n’ont pas d’assurance. Les journalistes vivent au jour le jour. Donc tout cela constitue une prédation pour la liberté de la presse ».

Une convention collective sectorielle pourrait résoudre le problème de ce qui est qualifié sur le terrain de « mendicité« , souligne amèrement le journaliste Albert Agbéko.

« L’absence de la convention collective fait que le journaliste a recours aux chantages et à des manipulations pour survivre. Cette absence fait également le lit au phénomène du ‘G20’ qui consiste pour le journaliste à sillonner les lieux de reportage pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Je pense que seule une convention collective peut assainir le paysage et rendre la presse plus professionnelle », souligne-t-il.

La liberté de la presse, c’est aussi une liberté économique des organes de presse. Ferdinand Ayité, directeur de publication du bihebdomadaire Alternative, indique que l’une des entraves auxquelles il fait face est la tentative d’asphyxie financière.

« Il y a des sociétés publiques ou parapubliques qui font des publicités et à chaque fois que nous nous présentons, on nous dit que notre journal n’est pas sur la liste. El lorsque nous avons cherché à comprendre, il s’est avéré que c’est parce que nous sommes trop critiques », témoigne-t-il​. « Il en est de même pour certains opérateurs économiques privés, qui ont peur de faire passer la publicité dans des journaux trop critiques. Parce qu’ils risquent de se retrouver dans le viseur du fisc ou des contrôleurs publics », précise M. Ayité.

Selon le classement 2020 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse dans le monde, le Togo se niche à la 71e place. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a gagné 5 places par rapport à 2019.

Source : VOA

 

 

Désert financier autour des journalistes togolais jugés « trop critiques »

 

Adresse solennelle à Monsieur Faure Gnassingbé président de la république togolaise

Par Richard ABOKI,
membre du Conseil des Sages de la Dynamique Monseigneur KPODZRO

ADRESSE SOLENNENLLE A MONSIEUR FAURE GNASSINGBE
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TOGOLAISE

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Nous comprenons aujourd’hui la détresse dans laquelle vous a plongé l’élection présidentielle du 22 février 2020. Quitter le pouvoir, sublimer une défaite pour mieux se construire soi-même n’est pas chose aisée. Nous qui sommes de la génération de vos ascendants, nous pouvons vous dire combien il est difficile d’échouer à un examen, à un recrutement professionnel ou de se faire éconduire par une belle femme. Mais ce sont les expériences de la vie que l’on ne comprend que tardivement et que résume de façon admirable une phrase célèbre d’un philosophe arabe qui a vécu du XIème au XIIème siècle, OMAR KAYYAM (1050-1123): je cite, « L’expérience est un soleil qui se lève quand l’homme va se coucher ».

Mais ces paroles n’expriment pas une vérité éternelle. En écho à OMAR KAYYAM, Pierre Corneille, auteur du CID (1682), l’âme intellectuelle de la ville de Rouen qui m’a adopté depuis 1986 et qui m’a beaucoup donné, écrivait au XVIIème siècle cette phrase non moins célèbre :
Je cite : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
Vous êtes une âme bien née puisque vous êtes né sous les ors et les lambris dorés de la République, d’un père, chef militaire et Président de la République qui vous a fait connaitre la politique, les hommes
avec leurs qualités et leurs défauts, le monde extérieur avec les forces visibles et invisibles qui le gouvernent. Dans ce monde, il y a de la rectitude mais aussi du mensonge, de la vilénie et que sais- je
encore ?

Mais quels que soient nos origines familiales, nos trajectoires intellectuelles et professionnelles et nos mérites, nous devons en toute circonstance savoir raison garder, surtout lorsqu’il est question de la vie en communauté, que les hommes ont toujours des dettes les uns vis-à-vis des autres.

A cet égard je me rappelle une phrase de Jean- Marie DOMENACH, professeur de philosophie à l’Ecole Polytechnique de Paris et à L’institut d’Etudes Politiques de Grenoble que j’ai eu l’immense honneur de côtoyer au début des années 60 et qui dans sa critique du structuralisme écrivait ceci : je cite, « Ce n’est pas moi qui, à chaque instant, invente la vie. L’impersonnel est un élément structurant du réel ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
Toutes ces pensées nous invitent à prendre la mesure de la complexité de la vie et du monde et à construire notre existence et celle de notre entourage avec lucidité et modestie. Sinon comment
comprendre que dans certaines associations philosophiques on peut passer du statut de Vénérable Maître à celui de Couvreur sans aucun déshonneur ?

Vous n’êtes pas déshonoré pour avoir perdu les élections. Non, vous devenez une sentinelle dans la cité.
Vous devenez plus grand qu’un Président c’est à dire un homme. Dans Antigone de Sophocle, un des pères de la tragédie grecque du Vème siècle avant J.C., il nous est servi cette phrase admirable ; je cite :
« C’est lorsque je ne suis plus rien que je deviens un homme ».
Mais vous, vous serez un ancien Président, ce n’est pas rien, et en même temps, vous serez un homme car dans notre tradition politique de ces 50 dernières années, être un ancien Président, le premier de notre histoire, c’est être un homme couvert de l’épaisseur de l’histoire. Rappelez-vous les conditions calamiteuses dans lesquelles vous avez CONQUIS le pouvoir en 2005 et que vous-même avez regrettées en privé pour avoir été le jouet d’une histoire dont la dimension tragique a été très tôt perçue par un de vos frères GNASSINGBE lorsqu’il déclara à nos généraux putschistes :
« Pourquoi cherchez-vous à mettre une pâte chaude dans les mains de mon frère ».

MONSIEUR LE PRESIDENT,
En quinze ans de pouvoir vous n’avez pas totalement démérité : des acquis certains en matière d’infrastructure économique sur fond de prévarication, de prise d’intérêt illégal et de corruption, d’accroissement de la dette publique. Sous vos trois mandats la croissance moyenne du PIB réel par tête d’habitant a été de 0, 76% de 2006 à 2010, 2,66 % de 2011 à 2015 et 2,15 % de 2016 à 2020, compte non tenu des effets de la pandémie sur la création des richesses dans notre pays.

Vous avez du mal à vous arracher à une gouvernance globale médiocre. Appliqué au Togo, l’indice POLITY 2 sur la bonne gouvernance octroie à notre pays 37 points loin derrière le Bénin et le Ghana avec respectivement 84 et 89 points.

Quant à la promotion des investissements directs étrangers, elle se heurte à la faiblesse de la confiance que votre régime inspire aux hommes d’affaires : 2,5% du PIB en 2006, 5,2% des investissements bruts (FBCF) en 2015 et 1% du PIB en 2017.

Dans ce domaine, ces trois dernières années n’augurent rien de bon avec la crise politique qui secoue notre pays depuis 2017 et que vous traitez par-dessus la jambe au grand dam d’ADEBAYOR.

Et que dire du règne de la violence depuis 2005 ? Les Togolais ont-ils une dette de sang envers vous ?

D’où vous vient cet esprit sacrificiel qui n’épargne même pas les enfants bien que vous soyez père de famille nombreuse ? Pourquoi tant d’excès dans l’acharnement contre notre humanité, contre notre
dignité ? Quand on brûle nos marchés, quand on tire à balles réelles sur des manifestants aux mains nues, quand on abat des Togolais comme du gibier sous votre responsabilité de premier magistrat de la République, le Togo n’est plus un Etat moderne mais un Etat de nature où nous vivons tous dans l’incertitude.

Notre vie est rythmée par les crises politiques et la violence. Dans de telles conditions vous ne pouvez plus continuer à rester à la tête de notre pays. Beaucoup de sang versé depuis longtemps, des vies
brisées, des rêves de jeunesse évanouis, des exils involontaires et douloureux, une violence ethnique symbolique qui corrompt les rapports humains.

Il est donc temps de vous interroger sur le sens de votre présence à la tête de notre pays. Les Togolais vous aiment et vous demandent de leur montrer ce que vous savez faire. C’est pourquoi ils votent contre vous à chaque élection présidentielle à savoir : en 2005, 2010 et 2015. Le 22 février 2020, ils ont plébiscité Agbéyomé KODJO pour marquer de façon irréversible la fin de votre aventure personnelle à la tête de notre pays.

La précipitation de la proclamation des résultats par la CENI en 2020, contrairement aux années précédentes où il a fallu en moyenne deux ou trois jours, montre à suffisance que celle-ci ne disposait pas de tous les procès-verbaux des bureaux de vote et que les résultats ont été fabriqués en toute hâte pour conjurer une défaite annoncée.

Voici donc venu le temps du passage du Togo à une ère nouvelle, celle d’une République plus fraternelle, plus solidaire et plus humaine. Pour ce faire, nous devons veiller d’abord sur l’avenir de la jeunesse et contribuer à la prospérité de nos concitoyens dans le respect des lois de la République et des valeurs morales que requièrent la gestion du pouvoir et la vie en communauté.

La loi, c’est le plus petit dénominateur commun qui nous rassemble par-delà nos origines ethniques, sociales, religieuses et familiales. C’est pourquoi, nous devons bannir la violence et les fraudes
électorales de nos rapports politiques.

Je voudrais vous inviter, toute violence et tout parjure cessants, à réparer d’abord moralement les dégâts des violences qui ont secoué notre pays ces dernières semaines par une reconnaissance officielle
de la victoire de Messan Agbéyomé KODJO et à lui transmettre le pouvoir dans l’intérêt supérieur du Peuple Togolais.

Vous connaissez bien votre successeur élu, Messan Agbéyomé KODJO à qui vous lient des relations de parenté et d’alliance. Vous êtes mariés dans la même maison. Vos enfants ont le même sang dans les veines. Les humeurs du corps ont des effets cosmiques insoupçonnés. Il est temps de faire triompher la raison. Rien n’est perdu pour personne. Bien au contraire, nous gagnons tous à faire triompher la Raison et à bâtir une société nouvelle.

Puisse Dieu vous accorder la paix intérieure et vous montrer le chemin de l’amour des Togolais, de tous les Togolais. « Si Dieu nous a donné son fils que ne nous donnerait-il encore ? ».

Richard ABOKI,
auctoritas vetustatis, membre du Conseil des Sages de la Dynamique Monseigneur KPODZRO

 

 

Adresse solennelle à Monsieur Faure Gnassingbé président de la république togolaise

 

Togo : La fête du 27 avril n’a « décidément » pas de chance

60 ans d’indépendance passés sous silence

Brève célébration, pas d’engouement particulier, la tension politique est électrique, l’atmosphère sociale est morose, les couleurs de la célébration de la fête nationale au Togo sont ternes. Ce n’est pas nouveau. L’Indépendance au Togo n’a jamais connu une célébration digne de ce nom sauf dans les deux premières années contrairement aux autres pays ou la liesse populaire ébranle les populations dans diverses localités. Ceci fait dire simplement aux observateurs de la scène togolaise que le 27 avril au Togo semble frappé d’une malchance. Cette année au moins que les esprits devraient s’accorder pour offrir à cette journée ses lettres de créances, la pandémie sanitaire vient encore une fois tout remettre en cause.

Lundi a été un jour férié, ordinaire. Pas de cachet particulier. Il faut suivre la télévision nationale au journal de 20 heures dimanche dernier pour voir la timide solennité. Le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé a allumé la flamme de l’indépendance avec un groupe sélectionné d’invités. Le COVID-19 oblige, la distanciation s’est imposée. Ils étaient éparpillés devant le monument de l’Indépendance à suivre la prestation de Faure Gnassingbé, en quelques minutes. Après il est rentré dans sa voiture pour se réfugier dans ses conforts, évitant comme tout citoyen du monde actuel de se faire approcher pour choper le coronavirus.

Lundi à la nouvelle présidence, même scénario, même décor clairsemé. Ministres, bureau de l’assemblée nationale, responsables d’institutions de la République étaient les seuls à avoir été conviés à cette cérémonie de célébration symbolique de la fête de l’indépendance.

Cette année donc, le Togo totalise 60 ans de sa souveraineté internationale. 60 ans de célébration devraient faire l’objet d’un cachet particulier. 60 ans dans la vie d’une nation méritent d’être célébrés de façon grandiose.

COVID-19 a choisi encore ce moment pour empêcher la célébration. Un facteur exogène d’une journée qui a toujours souffert au Togo de par les dissensions qui l’animent.

C’est Sylvanus Olympio qui est le père de l’Indépendance du Togo. C’est lui qui a lutté contre les colons pour obtenir au Togo la souveraineté internationale. C’est lui qui a hissé le drapeau togolais devant un peuple en liesse et une communauté internationale en refondation.

C’est le premier président de la république du Togo dont le destin a été écourté par Gnassingbé Eyadéma. C’est dans ses manœuvres le 13 janvier 1963 que le tout premier président de la République a été assassiné. Quatre ans plus tard, il prendra le pouvoir pour régner d’une main de fer pendant 38 ans. C’est en 2005 que dame nature a décidé de l’arracher pour permettre au Togo de tourner la page d’une dictature nuisible pour les citoyens et le développement.

Pour consacrer la victoire de l’assassinat qui était brandi comme un exploit, Gnassingbé Eyadéma a fait du 13 janvier une fête nationale. Fête de « libération nationale » a-t-on clamé.

Pendant 38 ans, le peuple togolais a eu droit à cette célébration en bombance qui tenait lieu et place pour la fête de l’indépendance.

Le 27 avril qui a consacré la vraie libération du Togo a été mis sous éteignoir. Timidement célébré, parfois sans cachet particulier.

Même après la mort du général Eyadema, le Togo a eu du mal à se débarrasser de cette célébration budgétivore qui était la fête de tous les fantasmes et de toutes les provocations.

En 2006, après la signature de l’accord politique global entre les acteurs politiques après le folklore électoral d’après la mort d’Eyadéma, le pouvoir de Faure Gnassingbé a décidé de remettre en selle la fête de l’indépendance en diversifiant la célébration par région. Le projet fera effet de feu de paille. Une seule célébrée à Dapaong dans un grand cafouillage a résumé le projet.

Depuis, malgré la mise entre parenthèse du 13 janvier, la fête de l’indépendance a toujours souffert de difficultés à être célébrée.

Souvent, elle est émaillée de violences consécutives à la double célébration, celle du pouvoir sur les tribunes avec les défilés, et celle de l’opposition dans les rues qui soufflent les gaz lacrymogènes jetés par les forces de sécurité.

Alors que le pouvoir met ce jour sous le signe de la festivité et de la cohésion, l’opposition le met sous le signe de la contestation et des manifestations.

Les pères de l’indépendance ne se seront sans doute pas réjouis de cette cacophonie de la célébration de la fête nationale du Togo.

Trop de polémiques, trop de mésententes et de malentendus, trop de quiproquo émaillent le 27 avril au Togo.

Beaucoup se posent la question de savoir comment s’en sortir un jour.

2020, année électorale devrait profiter à une célébration spéciale de 60 ans de l’indépendance du Togo.

Alors que l’atmosphère politique est viciée par une contestation électorale mal léchée, la pandémie sanitaire s’invite.

Depuis le 2 avril 2020, l’état d’urgence a été décrété au Togo et les mesures de distanciation sont prises. Coronavirus oblige, il est quasiment impossible de se rassembler à plus de 100 personnes et de s’agglutiner. Or, une fête, surtout nationale se célèbre dans une liesse populaire ou les joies et les réjouissances se partagent et s’expriment. Les conditions de distanciation ne le permettent pas. Ne permettent au 27 avril 2020 d’avoir droit de cité.

La journée est fériée, naturellement, alors que tout le monde devrait rentrer chez lui à partir de 20 heures pour respecter le couvre-feu.

Le 27 avril 2020, fête de l’Indépendance du Togo a été encore une fois victime de modestie à ne pas se faire célébrer. Cette fois-ci sous l’effet naturel de la pandémie mondiale.

Décidément, la fête de l’indépendance du Togo n’a pas de chance et refuse de se faire plaisir.

Les autorités togolaises devraient remettre sur piédestal cette célébration qui devrait réunir et réconcilier tous les togolais.

Les états généraux de l’indépendance du Togo devraient permettre de penser la façon de célébrer la fête. Quels sont les facteurs encombrants la célébration, quels sont les pesanteurs négatives, quelles dispositions faut-il prendre pour conjurer la malchance qui empêche la célébration festive de l’indépendance du Togo.

Une évaluation impliquant, chercheurs, personnalités politiques, historiens, garants des us et coutumes, hommes et femmes épris du patriotisme qui devraient donc s’asseoir et réfléchir sur le 27 avril, la date de l’Indépendance du Togo.

Sinon, c’est une malédiction que la date de l’indépendance d’un pays, 60 ans après continue de subir le spectre de la malchance qui compromet sa célébration.

Carlos Ketohou

Source : independantexpress .net

 

 

Togo : La fête du 27 avril n’a « décidément » pas de chance

 

Togo : Face à l’échec de l’épiphénomène Agbéyomé, Reconstruire une opposition crédible

Manuel pour dégager la dictature

En dépit de la crise sanitaire qui bouleverse le quotidien de nombreux togolais, les querelles politiques nées de la récente présidentielle ressurgissent et alimentent la scène politique. Depuis quelques jours, les membres de la dynamique Kpodzro sont poursuivis par la justice. Ce regroupement de plusieurs leaders de l’opposition sur l’initiative de Mgr Kpodzro se trouve dans une situation critique après leur contestation des résultats de la présidentielle du 22 février 2020. Après l’interpellation et la libération de son leader, la dynamique Kpodzro a montré ses limites. L’heure est au bilan pour la quête de l’alternance au Togo.

« Initiative salutaire divinement inspirée » pour certains, « errements d’un vieillard déboussolé … » pour d’autres, l’avenir de la dynamique Kpodzro semble désormais incertain.

La crise du covid-19 ne freinera vraisemblablement pas les poursuites contre les membres de cette dynamique. Le mardi 21 avril dernier, le leader de cette initiative Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle est arrêté avec certains de ses compagnons par les agents du Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) pour avoir à trois reprises refusé de se présenter à la convocation de la gendarmerie nationale. Cette arrestation était évidente. Agbéyomé Kodjo avait contesté les résultats de la présidentielle et s’était proclamé « président élu ».

Depuis lors, il avait mené de multiples actions jugées illégales qui ont conduit aux poursuites contre lui et toute son équipe. Les charges retenues contre lui sont : troubles aggravés à l’ordre public, diffusion de fausses nouvelles, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Il est surtout reproché à l’ancien premier ministre de s’être autoproclamé Président élu. Les déboires judiciaires du candidat ne sont qu’à leur début.

A la suite de son arrestation, des piliers de la dynamique, Kafui Brigitte Adjamagbo, Fulbert Sassou Attisso, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro et d’autres sont placés sous contrôle judiciaire et obligé de se soumettre à plusieurs restrictions alors que de nombreux autres membres de cette dynamique ont été déférés à la prison civile de Lomé en attendant leur jugement.

Agbéyomé Kodjo est actuellement en liberté mais sous contrôle judiciaire. La menace plane toujours. La plus grande crainte est que l’opposant se retrouve en prison dans les prochains jours, fort probable si l’homme fidèle à son attitude de subversion viole les restrictions judiciaires à lui imposées.

L’union née d’“une vision“ de l’archevêque Fanoko Kpodzro et de son désir ardent de voir enfin l’alternance dans son pays, semble s’effriter.

Cette union s’est construite sur une base qui s’avère fragile et éphémère. Le soutien au candidat Agbéyomé Kodjo était le seul leitmotiv de cette coalition. Aujourd’hui que la majorité de ses membres sont poursuivis, l’on se demande quel sera l’avenir de cette dynamique.

Pour beaucoup, c’est la fin de l’initiative du prélat car rien ne présage une sortie de crise. Au contraire, la situation semble jouer en défaveur de la dynamique. La pandémie du covid-19 oblige la communauté internationale à s’intéresser plus aux dispositions à prendre pour mettre fin à la crise sanitaire.

Le règlement des différends politiques n’est donc pas une priorité. Les autorités ont semble-t-il trouvé le moment idéal pour un coup de grâce.

Cela fait deux mois déjà que l’élection présidentielle a eu lieu. Les contestations, il y en a toujours eu et l’histoire du pays montre qu’elles n’ont jamais abouti à des résultats appréciables. Pour bon nombre d’observateurs, l’heure n’est plus à la contestation, mais à la restructuration des partis d’opposition.

L’avenir politique du Togo s’annonce sombre. Il urge donc de reconstituer l’opposition pour une lutte plus efficace. Les différentes coalitions et unions de partis politique que l’on a eues jusque-là ont été éphémères. La coalition des quatorze partis d’opposition (C14) incarnait pour bon nombre de citoyen, la solution, la posture idéale à adopter face au régime en place. L’idée était bonne, la mission, noble ; mais l’égoïsme et les grandes ambitions de certains ont très vite noyé cette coalition. Toutefois, l’espoir est-il permis ?

Certains partis d’opposition n’avaient pas hésité à dénoncer les conditions dans lesquelles était organisé le scrutin présidentiel.

Au nombre de ces partis, se compte le Parti national panafricain PNP de Tikpi Atchadam, l’instigateur d’une révolte populaire en 2017.

La stratégie politique de ces partis pour les prochaines années n’est pas connue.

De plus, l’implosion de la C14 et la fin probable de la dynamique Kpodzro feront sans doute naître de nouvelles idées.

Il est fort probable qu’une nouvelle coalition se crée sur les ruines des deux précédentes ; cette hypothèse est réaliste car les partis de l’opposition pris séparément n’ont jamais abouti à grand-chose.

Critiqué la présidentielle du 22 février ne servira plus à rien, c’est certain.

La communauté internationale et les grands Etats, dont la France, l’Allemagne, mais aussi l’Union Européenne ont apporté leur bénédiction à Faure Gnassingbé, malgré les contestations internes. Le candidat du parti au pouvoir avance inexorablement vers son quatrième mandat dans l’annonce de la prestation de serment prévue dans les jours à venir.

Face à ce boulevard, aucune manifestation d’envergure, aucun lobbying de couloir, aucune pression imminente, rien que des discours et des annonces fracassantes sur les réseaux sociaux. Combattre la dictature, c’est avoir les moyens à la hauteur. Ce n’est pas manipuler l’opinion en tirant des plans sur la comète comme l’a fait Agbéyomé Kodjo et la dynamique Kpodzro dont nous connaissons aujourd’hui les limites. C’est un épiphénomène qui vient de prendre fin.

La scène politique actuelle nécessite une restructuration. Ceci est un impératif pour un aboutissement des efforts commun de l’opposition pour une alternance.

Ce n’est que par cette reconstitution de l’opposition crédible et légitime qu’on arrivera à bout de la dictature des Gnassingbé.

Eric G.

Source : independantexpress .net

 

 

Togo : Face à l’échec de l’épiphénomène Agbéyomé, Reconstruire une opposition crédible

 

Togo : 60 ans d’indépendance, un bilan d’échec.

Le Togo commémore les 60 ans de son accession à la souveraineté internationale.

« Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient », c’est par cette formule d’espoir devenue légendaire et populaire que le père de l’indépendance Sylvanus Olympio proclama l’indépendance du Togo, petit pays côtier d‘Afrique de l’ouest coincé entre le Bénin, le Burkina et le Ghana, tour à tour condominium franco-britannique puis protectorat français.

Trois ans après, le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio fut assassiné dans un putsh commandité par la France. Son crime, vouloir doter le Togo de sa monnaie.

60 ans après, le Togo reste plonger dans l’obscurité avec une même famille au pouvoir depuis 54 ans.

1960, reste l’année des indépendances pour la majorité des pays d’Afrique. Au plan de développement social, économique, culturel, politique certains pays s’en sortent mieux que d’autres. Le Togo semble être à la traine et le combat pour la conquête des espaces de liberté reste entier, les politiques de développement sur tous les plans sont à repenser.

Ne serait-ce que dans l’espace Cedeao auquel le Togo est parti, aucune comparaison n’est possible d’avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria, trio qui constitue la locomotive dans l’espace communautaire. Même les pays moyennement avancés comme le Bénin, le Burkina-Faso sont bien en avance sur ce qui était censé devenir la Suisse de l’Afrique ou l’or de l’humanité comme l’ont rêvé et planifié les pères fondateurs.

L’objet de ces quelques lignes n’est pas de faire un procès au régime en place mais d’établir cet amer constat. On peut vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens et aimer son pays ; nourrir des rêves et des projets pour le bien-être des citoyens.

Dans le cas du Togo de ces 54 dernières années, il n‘en est rien.

Violences d’états inouïes contre les citoyens avec son cortège de morts et de mutilés.

La dilapidation des ressources du pays pour le plaisir de la minorité au pouvoir. Faure Gnassingbé en remplacement de son père à la tête du Togo reconnait lui-même qu’une minorité s’est accaparée des richesses du pays sans prendre de dispositions pour une quelconque redistribution équitable entre les filles et fils du pays et ce durant trois mandats consommés et consumés pour un bilan de désolation.

Pays pourtant riche entre autres, de son port en eau profonde, de son phosphate dont il est 3em producteur mondial, de son clinker, de son marbre, de son fer, de son or et de son pétrole à en croire certaines indiscrétions. Mais après 60 ans d‘indépendance pas un seul hôpital digne de nom, les infrastructures routières rafistolées, l’éducation délaissée, la culture oubliée, le tissu social en lambeaux.

Un pays aux commandes de dirigeants pour la plupart plus riches que l’Etat et qui se sont érigés en ennemi public numéro 1 de leurs propres concitoyens.

60 ans après, tout est à faire. La liberté, la justice. La réelle indépendance à reconquérir. Celle du Togo n’est que de façade. La France est toujours l’architecte du statuquo depuis plus d’un demi-siècle.

Fabbi Kouassi

Source : https://fabbikouassi.wordpress.com

 

 

Togo : 60 ans d’indépendance, un bilan d’échec.

 

Godwin Tété : « Le Togo est devenu une Colonie endogène de nature Ethno-Militaro-Clanique des Gnassingbé »

A l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté nationale et internationale, Têtêvi Godwin Tété Adjalogo, plus connu sous Godwin Tété, a bien accepté aborder le sujet dans un entretien à nous accordé. Ancien fonctionnaire international, membre d’honneur de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), témoin vivant du combat pour l’avènement de l’indépendance et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du Togo, il nous en fait parcourir quelques moments exaltants, mais aussi exprime ses regrets face à la confiscation manifeste de l’alternance et la situation politique actuelle du Togo. A 92 ans, Godwin Tété n’abdique pas et se dit prêt à poursuivre le combat pour la libération de la Terre de nos Aïeux des mains de la dictature militaire et clanique dont il conçoit le règne comme de la « colonisation endogène ». Il y exhorte d’ailleurs le peuple togolais aussi.

Le Togo célèbre ce lundi 27 avril 2020 ses 60 ans d’accession à la souveraineté nationale et internationale. Qu’est-ce que cela vous dit ?

En cet instant, j’éprouve une émotion extra-ordinaire (sic). Soixante (60) ans, pas six (06), pas douze (12) ! Demain (hier lundi, Ndlr) devrait être une fête terrible ici. Il est vrai, il y a cette fameuse pandémie aussi qui nous tombe sur la tête. Mais là, il n’y a rien du tout, le drapeau togolais ne flotte même pas dans les rues. Vous vous rendez compte, 60 ans après, nous en sommes encore dans le bourbier, avec les événements qui ont suivi la soi-disant élection présidentielle du 22 février 2020 ! (…).

Vous êtes un des rares témoins et certainement acteurs de la lutte pour cette indépendance encore vivants. Racontez-nous en quelques mots les grands moments de ce combat.

Tout le combat de but en blanc, de son origine jusqu’à la proclamation de l’indépendance a été un moment exaltant. C’est ce qui m’a permis d’écrire ce gros bouquin que vous avez ici (il le montre) que j’ai intitulé « Histoire du Togo, La palpitante quête de l’Ablodé », c’est-à-dire un combat, une quête, une recherche, une aspiration, une marche exaltante.

S’agissant de quelques moments spécifiques, je me référerais au combat des jeunes de la Juvento (Ndlr, parti politique de l’époque se définissant ainsi : Justice, Union, Vigilance, Education, Nationalisme, Ténacité, Optimisme) lorsque le ministre français des territoires d’outre-mer Gaston Defferre est arrivé à l’aéroport de Lomé pour venir bénir le régime de l’autonomie interne que les Togolais avaient baptisée la « Zautonomie Zinterne ». Les Juventistes avaient caché une banderole qu’ils vont déployer lorsque Gaston Defferre sort de l’avion et dit : « Nous ne voulons pas une indépendance tronquée, une indépendance ‘yombo’, nous voulons une indépendance totale, ‘blibo’, ‘gbadza’, ‘ablodé gbadza’ !!!». Eh bien, ça a provoqué un véritable tollé et ceci va permettre aux Nations Unies de revenir – nous étions en 1956 – en 1958 pour réaliser des élections législatives référendum qui vont nous conduire à l’indépendance.

Dans le même ordre d’idées, lors d’une mission des Nations Unies dirigée par un Libérien du nom de Charles King, c’était déjà sous la « Zautonomie Zinterne » au stade municipal dit à l’époque stade Georges Clémenceau, parce qu’il y avait une monumentale statue de Georges Clémenceau là-bas, au moment de la montée du drapeau de la « Zautonomie Zinterne », les Juventistes se sont organisés, ils se sont jetés sur le drapeau, l’ont lacéré avec un couteau. J’ai l’image dans ce bouquin que j’ai intitulé « La palpitante quête de l’Ablodé ».

Durant la visite de cette même mission des Nations Unies, en 1957, elle va à Mango, il va y avoir des tueries. A Kara, paradoxalement, il va y avoir aussi des tueries. D’ailleurs à Kara, il y a une statue qui porte les noms de ceux qui ont perdu leur vie ce jour-là, une vingtaine. Je crois que dans la même période à Vogan, il y a eu aussi des tueries.

Voilà quelques-uns des moments vraiment cruciaux de cette lutte. Et tout ça là va motiver les Nations Unies à prendre une résolution disant : ‘Nous allons nous-mêmes organiser un référendum. Les Français en avaient organisé, en octobre 56 pour asseoir la « Zautonomie Zinterne ». Et donc cette résolution disait que l’Assemblée qui sortirait de ces élections sous l’égide des Nations Unies serait habilitée à dire : ‘Nous sortons du giron de la France ou nous y restons éternellement’. Et donc cette mission va être décidée, dirigée par un Haïtien du nom de Max H. Dorsenville. La résolution parlait de supervision des élections. Dorsenville va s’ingénier intelligemment et habillement, non seulement à superviser, mais de facto à organiser et même à proclamer les résultats. Les chiffres du référendum français ont été tout simplement inversés. C’est comme si une instance externe vraiment neutre venait refaire l’élection présidentielle du 22 février 2020, eh bien Faure Gnassingbé qui dit qu’il a gagné avec 70,78 % verrait plutôt le peuple togolais l’emporter avec ce score. Nos aînés, les Nationalistes, les vrais, pour des raisons juridiques, de fierté nationale et de commodité pratique, n’ont pas jugé utile de proclamer l’indépendance tout de suite. Ils se sont donné deux (02) ans. Et donc l’indépendance va être proclamée deux (02) ans plus tard à la date de ces élections du 27 avril 1958, donc le 27 avril 1960 (…).

Donnez-nous un aperçu de l’ambiance le 27 avril 1960, jour de la proclamation solennelle de l’indépendance.

Ironie du sort, je n’étais pas sur le sol togolais. J’ai quitté le sol togolais le 25 septembre 1947. J’avais fait dix (10) ans en France et j’étais parti en Tchécoslovaquie pour des études académiques et aussi politiques. Arrivé là-bas, la lutte pour l’indépendance ayant commencé sur le terrain, nous étions entrainés dans la politique (…). J’étais là-bas lorsque ces fameuses élections législatives/référendum ont eu lieu. Evidemment, je versais des larmes. J’aurais aimé être sur le terrain, mais je n’y étais pas. Nous suivions quand même tout ce qui se passait sur le terrain. Avant de partir en Tchécoslovaquie, j’avais été pendant deux (02) années, Secrétaire Général du Jeune Togo, qui était un parti politique de la diaspora à l’époque. La radio existait et aussi la télévision venait de naître, donc nous pouvions suivre de près ce qui se passait sur le terrain.

Ce jour-là, c’étaient une liesse terrible, des festivités incroyables. Un peuple qui a lutté pendant presque quarante (40) ans, avec tous les sacrifices consentis, c’était une jubilation indescriptible sur toute l’étendue du territoire, et plus particulièrement dans la capitale (…) L’hôtel Le Bénin a été construit spécialement pour recevoir les hôtes de marque. L’absence d’hôtel était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les Nationalistes n’ont pas voulu proclamer l’indépendance parce qu’ils voulaient donner un caractère spécial à cette proclamation. Le seul hôtel qu’il y avait, c’était l’hôtel du Golfe, qui était une baraque ; ça ne représentait pas grand-chose. Donc ils se sont donné deux (02) ans pour construire un hôtel, et c’était l’hôtel Le Bénin que les Togolais vont baptiser « Lébénè », c’est-à-dire prendre soin de ça. C’est un patrimoine national que pour rien au monde, on ne devrait jamais vendre, parce que ça représente quelque chose de sacré pour ce peuple, avec le monument, le drapeau (…) Le monument porte, non pas écrit à la craie, mais incrusté dans le béton : « Hommage au Peuple Togolais. Peuple Togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la Nation Togolaise est née ». Elle est née effectivement ce 27 avril 1960. Mais malheureusement, on va la rendre infirme le 13 janvier 1963.

Il y a un fait qu’il faut signaler. Le mentor de tous ces compatriotes, Augustino de Souza, surnommé Gazozo (l’argent chaud, traduction en Français), disait : ‘C’est seulement avec l’argent de la noix de coco que je vais vendre que je vais chasser les colonialistes français’, et il l’a fait, il a dépensé ses sous pour ça. Mais, ironie du sort, il meurt 48 heures avant la proclamation, c’est-à-dire le 25 avril 1960. On a caché le deuil au peuple togolais pour ne pas ternir les festivités et c’est seulement après qu’on a annoncé que le grand de Souza, le grand mentor de tout le monde venait de rendre son âme. Ses restes sont dans une de ses concessions au grand marché de Lomé.

Quel est le sens de l’indépendance du Togo aujourd’hui face à la confiscation manifeste de la démocratie et surtout de l’alternance depuis plus d’un demi-siècle par le régime en place? Au finish, on se demande si ce combat pour l’indépendance valait vraiment la peine d’être mené.

Compte tenu de l’actualité, de la réalité sociopolitique qui prévaut dans notre pays, on serait tenté de se demander si cela valait vraiment la peine de faire tous ces sacrifices. Je ne suis pas de ceux qui répondraient par la négative. Je dis, il le fallait bien. L’humanité fonctionne ainsi et la vie des peuples, c’est toujours comme ça. Il y a des hauts et des bas ; on ne peut pas dire aujourd’hui qu’on a eu tort de se battre. Non, non, et non ! De toutes les façons, la roue de l’histoire tourne et je suis de ceux qui pensent que ce combat valait la peine. D’ailleurs, c’est ce qui nous inspire aujourd’hui. Si nos ancêtres, nos aînés, nos grands-papas, nos grand-sœurs ne s’étaient pas battus, est-ce que nous serions là aujourd’hui à nous battre ? Oui, il nous faut nous battre quelles que soient les difficultés.

Je compare le Togo à un train qui a été inauguré ce 27 avril 1960, mais quelque temps plus tard, le 13 janvier 1963, des bandits de grand chemin vont l’attaquer à coups de roquettes, d’armes puissantes ; le train tombe, couché sur un flanc, il est là et ces bandits ont pillé ce qui se trouvait là-dedans. Mais il nous faut remettre ce train-là sur les rails (…) Nous Togolais, ne serait-ce que pour notre dignité, je ne dirai même pas pour notre pain quotidien, il nous faut nous battre. Il nous faut nous battre par tous les moyens légitimes pour remettre ce train-là sur les rails, procéder aux réparations indispensables parce que le train a reçu des coups, il faut le réparer et ainsi nous retrouverons la Terre de nos Aïeux et notre fierté. Le Togolais n’est pas un masochiste qui jouit de la souffrance, nous sommes des êtres humains, nous avons besoin de notre fierté, de notre dignité ; et la dignité ne vient pas sans combat.

Frantz Fanon disait : ‘Pour sortir de la domination, il faut détruire le mécanisme même, le système même de domination’. Un autre grand Africain, Thomas Sankara disait : ‘Seule la lutte libère’. Et le grand Mahatma Gandhi, l’homme qui a libéré l’Inde moderne disait : ‘A partir du moment où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent’. Le moment est venu à nous, Togolais, de décider que nous ne voulons plus être esclaves pour que nos chaînes tombent définitivement (…) Nos aînés ont eu raison de se battre et nous devons les imiter dans le bon sens.

Nous devons nous battre d’autant plus que le Togo est devenu une colonie d’origine endogène de nature ethno-militaro-clanique des Gnassingbé (…) Tous les Togolais le savent et eux-mêmes aussi le savent. Le Togo ne peut pas appartenir à un clan. C’est Antigone qui disait : ‘Il ne saurait y avoir de cité, de pays ou de nation qui soit le privilège ou le don d’un clan ou d’un individu’. Non, ça ne peut pas exister. La cité, c’est pour une communauté, et la communauté togolaise a besoin de récupérer la Terre de nos Aïeux, le Togo, pour aller de l’avant.

Un meilleur Togo, avec instauration de la démocratie, respect des droits fondamentaux et des libertés, répartition équitable des richesses…vous y croyez toujours ?

Oui, j’y crois, parce qu’un peuple ne doit jamais se décourager. Les peuples qui jouissent aujourd’hui de la démocratie, de la liberté, des droits de l’Homme ont dû se battre. Si vous allez à Paris, la place qui s’appelle La Concorde, c’est là où la guillotine a été plantée et on a coupé la tête à des milliers et des milliers de personnes, y compris les premiers révolutionnaires comme les Robespierre, Saint-Just, Danton, Desmoulins. Il ne faut jamais se décourager, il faut continuer le combat jusqu’à ce qu’on ait satisfaction.

Je crois à l’avenir meilleur du Togo et c’est pour cela qu’à plus de 92 ans, je continue le combat à mes risques et périls. Un jour, j’ai rencontre le ministre Gilbert Bawara qui me dit : ‘Je vous lis beaucoup’ et je lui ai dit : ‘Ah, vous me faites l’honneur de me lire’ (…) Oui, je sais ce que je fais, en dépit de mon âge. A mon âge, j’aurais pu me dire : ‘La politique, je m’en fous’. Non, non et non ! Tant que le train baptisé Togo ne sera pas remis sur les rails, réparé, n’aura pas redémarré, et tant que moi j’aurai encore un grain de souffle, je continuerai ce combat. C’est ce que ceux qui m’ont élevé, instruit, m’ont appris.

Un petit commentaire sur l’actualité, notamment le sort réservé à Agbéyomé Kodjo et ses collaborateurs?

C’est quelque chose que je regrette personnellement. Je suis heureux que ces frères et sœurs ne soient pas retenus en prison inutilement, qu’ils soient libérés (…) Je pense que nous tous Togolais, qui voulons réellement et sincèrement un vrai changement, on aurait pu, on aurait dû s’entendre pour mener un combat unitaire. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Je regrette encore que nous n’ayons pas pu, en amont de cette fameuse élection présidentielle, nous mettre d’accord. Parce que si Faure voulait vraiment laisser le pouvoir à qui ce soit, moi je prétends qu’il ne serait même pas présenté à ce scrutin (…) Tout ça, c’est bien dommage. Maintenant, qu’est-ce qui va être la suite, Dieu seul sait (…).

Beaucoup de pays qui se trouvaient au même niveau que nous au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, nous ont tous dépassé aujourd’hui (…). !

Un mot de fin ?

Je tiens à vous remercier du fond du cœur de l’honneur que vous me faîtes de me questionner à propos de cet anniversaire. Mes sincères gratitudes à Liberté pour tout ce qu’il fait pour conscientiser le peuple togolais. Je sais tout ce que ce journal a fait, fait et continue de faire sur la Terre de nos Aïeux à ses risques et périls. La preuve, vous venez de souffrir pendant quelques jours (…) Il n’y a que le courage qui fait avancer l’humanité.

Je profite aussi de l’occasion pour exhorter le peuple togolais à se prendre en charge, à se prendre en main lui-même, à lutter pour liquider cette colonisation endogène, cette dictature militaire et clanique dont nous souffrons depuis le 13 janvier 1963, parce que le régime de Grunitzky n’a été qu’un intermède, les vraies ficelles du vrai pouvoir se trouvaient entre les mains des militaires au camp militaire. Il est grand temps que le peuple togolais se batte pour se libérer.

Propos recueillis par Tino Kossi

Source: Liberté N°3136 du Mardi 28 avril 2020

 

 

Godwin Tété : « Le Togo est devenu une Colonie endogène de nature Ethno-Militaro-Clanique des Gnassingbé »

 

Togo : Braquage à Kpogan, 2 morts et une importante somme emportée

En dépit de la situation de crise qui prévaut, les malfrats ne cessent d’opérer. Ce petit matin, la localité de Kpogan située à quelques kilomètres au Sud-est de Lomé, a été le théâtre d’un braquage armé de trois malfrats. Au bilan, deux morts dont un comptable abattu par les brigands et un malfaiteur neutralisé par la gendarmerie.

Selon les témoins, les trois malfrats se sont introduits ce petit matin au domicile d’un comptable de COTEC.

Ainsi après lui avoir retiré une sacoche contenant une importante somme d’argent, le comptable a été abattu avant que les brigands ne prennent la fuite.

Informé de la situation, le maire de la localité fait appel à son tour à la gendarmerie dont les éléments de l’USIG (Unité Spéciale d’intervention de la Gendarmerie), devront finalement arrivés sur les lieux après une dizaine de minutes, pour entamer une course poursuite contre les malfaiteurs.

Un périple au bout duquel, les forces de l’ordre réussiront finalement à neutraliser un des criminels et à mettre la main sur un second, portant ainsi le bilan du braquage à deux morts.

Cependant, les investigations se poursuivent pour mettre la main sur le troisième malfrat toujours en fuite avec l’importante somme volé au comptable, et dont nous ignorons pour l’heure le montant.

Caleb Akponou

Source : Gakpola

 

 

Togo : Braquage à Kpogan, 2 morts et une importante somme emportée

 

L’ingérance récurrente de l’exécutif dans les affaires judiciaires

AFFAIRE DU Dr AGBEYOME KODJO

La justice Togolaise, nonobstant les dispositions constitutionnelles qui lui garantissent son indépendance, n’est jamais parvenue à s’affranchir de l’exécutif.

L’affaire récente est la plus marquante sous le règne du dictateur président FAURE EYADEMA 2.

Pour une affaire de contentieux électoral le Dr AGBEYOME MESSAN KODJO, candidat aux élections présidentielles du 22 février 2020 passées, ancien premier ministre et ancien président de l’assemblée nationale togolaise a été mis sous contrôle judiciaire avec les condition suivantes :

1 – Obligation de déférer a nos différentes convocation aussitôt qu’il en sera requis :

2 – Interdiction de quitter le territoire national sans notre autre autorisation expresse :

3 – Interdiction de faire toute déclaration tendant a la remise en cause des résultats du dernier scrutin présidentiel du 22 février 2020.

4 – Interdiction de tous propos, déclarations, ou attitudes tendant a remettre en cause et a saper l’ordre constitutionnel et institutionnel existant

On ne peut pas prôner pratiquer l’état de droit et de la vraie démocratie si l’on ne fait pas de la séparation des trois pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire) un principe de bonne gouvernance et de la liberté des citoyens.

« Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir », disait Montesquieu.

Il est tant, et il convient d’éviter la concentration absolutiste des trois pouvoirs dans les mains d’une seule personne au Togo.

Le principe de la séparation des pouvoirs est très important en démocratie comme le stipule dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 en son article 16 : je cite « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ». ce qui prouve aujourd’hui qu’en république togolaise nous vivons dans la jungle ou la raison du plus fort est toujours la meilleure.

les juges d’instructions et le procureur général ne servent qu’à se couvrir du manteau de la légalité pour mettre en exécution une sentence déjà programmée.

L’histoire retiendra, que notre justice est une justice purement politique parce qu’elle est composée essentiellement que de juges et de magistrats pro-Faure Gnassingbé qui refusent de dire le droit. La justice doit être juste…..

Une institution complètement vassale dont se sert le président dictateur constitutionnel pour se débarrasser des personnalités politiques qui s’attaqueraient a son injustice et des intérêts de la France néocoloniale.
La dernière en date , la censure d’un journal qui a critiqué l’ambassadeur français accrédité au Togo est une preuve encore palpable.

Sous le régime de Gnassingbé père et du fils, la justice n’a eu comme tâche principale que de suppléer l’exécutif et d’écraser toute adversité.

la subordination du pouvoir judiciaire à l’exécutif est la méthode du régime RPT/UNIR pour détruire ses opposants et les réduire au silence..

si les magistrats dépendent du Président de République, chef du Conseil supérieur de la magistrature, y compris leurs nominations, leurs promotions, la gestion de leur carrière et leurs rémunérations comment peuvent - ils dire le droit ???.

Mais, si le chef de l’Etat, garant de l’indépendance de la magistrature, est le premier qui pourrait porter atteinte à son indépendance par les pouvoirs exorbitants dont il dispose, on ne pourrait plus en réalité parler d’indépendance de la justice.

Depuis l’avènement de ce régime RPT/UNIR au pouvoir depuis le 13 janvier 1967 au Togo, la justice n’a jamais échappé à l’emprise de l’exécutif. Pourtant, la Loi fondamentale stipule que « le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.
Mais aujourd’hui le traitement arbitraire de beaucoup d’affaires politiques a mis à nu la soumission du judiciaire à l’exécutif et démontre à chaque fois que l’occasion se présente, sa faiblesse face au jeu du gouvernement qui n’hésite même pas à instrumentaliser le droit constitutionnel et à se défausser sur les juges qui se trouvent investis de missions hautement sensibles et politiquement exposées.

La cour constitutionnelle qui est un organe chargé d'assurer la primauté effective de la constitution qui est, selon la théorie de hiérarchie des normes, la norme suprême,
est sollicitées, et plus ou moins volontairement leur consentement, pour avaliser et consacrer une procédure irrégulière, un coup d’État, ou pour arranger une sortie de crise dans un cadre juridique par définition incertain.

Aujourd’hui les interrogations sont nombreuses , et l’essentielle portent sur l’étendue du revalu ment du rôle du service de la justice dont on s’aperçoit qu’il ne parvient pas à maîtriser la globalité des missions qui lui sont épanchées.

l'exécutif est devenu le bouclier du pouvoir judiciaire et son sujet .

Aujourd’hui, respecter la séparation des pouvoirs telle que Montesquieu et John Locke l’ont théorisé au 18e siècle respectivement dans « l’Esprit des Lois » et dans « Le second traité de gouvernement », c’est tout faire pour que le président de la République et ses ministres n’empiètent pas sur les attributs des autres institutions or c’est tout a fait le contraire au Togo.

Le peuple doit faire pression sur ce pouvoir despotique et faire en sorte que les magistrats jugent en toute indépendance et en toute impartialité sans la pression du pouvoir absolu et totalitaire qui s’attelle a chaque fois à faire de cette justice son bras armé pour éliminer des adversaires politiques et protéger ses partisans.

Une justice libre, impartiale et indépendante est nécessaire pour la liberté d’un peuple.

A buen entendedor pocas palabras !!!!

Raoul k DAGBA

Analyste Politique

President de l’OPPD

 

 

L’ingérance récurrente de l’exécutif dans les affaires judiciaires

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé, un non-événement, selon la dynamique Mgr Kpodzro

La coordination internationale de la dynamique Mgr Kpodzro clame haut et fort que le président démocratiquement élu au Togo demeure Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo. Elle promet au peuple togolais qu'elle récupérera la victoire...

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 29 AVRIL 2020 DE LA COORDINATION
INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (CIDMK)

TOGO : L’IMPOSSIBLE QUATRIEME MANDAT DE FAURE GNASSINGBE

Tandis que la Cour constitutionnelle fixait par communiqué de presse le 28 avril dernier, la date de prestation de serment de Faure Gnassingbé au 3 mai 2020, afin qu’il jouisse de son holdup électoral grotesque et éhonté contre la Souveraine volonté du Peuple togolais qui a porté de façon écrasante son suffrage sur Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo, Président démocratiquement élu du Togo; la police espagnole annonçait l’interception d’un navire battant pavillon togolais avec quatre tonnes de cocaïne à bord.

Cette opération de démantèlement en Galice (Nord-Ouest de l’Espagne) d’un réseau qui récupérait de la cocaïne en haute mer auprès de trafiquants internationaux, s’est soldée par 28 arrestations et 4 tonnes de drogue saisies, apportant la preuve supplémentaire de la prouesse de l’inénarrable putschiste invétéré, Faure Gnassingbé, d’avoir totalement transformé le Togo en un État voyou, plaque tournante du trafic de drogues, repaire de tous les criminels et mafieux de la planète Terre en raison de la déliquescence morale de toutes les institutions, dont la Cour constitutionnelle.

Cette funeste institution dont la composition ne laisse aucun doute sur son indépendance et son impartialité, reste un cauchemar pour le Peuple togolais en raison de sa propension au déni de droit.

La Coordination Internationale de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (CIDMK) relève que la prestation de serment annoncée est un non-événement aux yeux de l’écrasante majorité des Togolais qui ne se sent guère concernée.

La CIDMK rassure toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier qu’elle restaurera par tous les moyens légaux la vérité des urnes.
Toute la communauté nationale et internationale ont été témoins de ce holdup up scabreux, digne d’une équipe de gangsters politiques, de prédateurs des valeurs démocratiques et républicaines.

 

 

Prestation de serment de Faure Gnassingbé, un non-événement, selon la dynamique Mgr Kpodzro

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