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Une Sud-africaine couronnée Miss Univers 2019

Miss Afrique du Sud a décroché le graal à Miss Univers ce dimanche 8 décembre à Atlanta aux Etats Unis au cours d’une soirée dominée par les questions liées aux droits des femmes.

Zozibini Tunzi, 26 ans, a été couronnée Miss Univers 2019, devançant les candidates de Porto Rico et de Mexique. Le jury, composé de sept (7) femmes, a choisi la jeune femme noire.

L’élue s’est départie de ses concurrentes par son dernier discours dans lequel elle ambitionne de motiver les jeunes filles à avoir confiance en elles. « J’ai grandi dans un monde où une femme comme moi, avec mon type de peau et mon type de cheveux, n’a jamais été considérée comme étant belle », relève Zozibini Tunzi.

Et de lancer : « Je pense qu’il est temps que ça change aujourd’hui ». Elle a été applaudie longuement après ses mots touchants.

La Sud-africaine est sortie vainqueur du 68è concours de beauté auquel ont pris part 90 candidates. Elle succède à la Philippine Catriona Gray.

A.H.

 

 

Une Sud-africaine couronnée Miss Univers 2019

 

Voiture électrique à énergie solaire : Le Togo, un modèle pour ses voisins de l’Afrique de l’ouest ?

Au total trois cent véhicules électriques solaires ont été fabriqués au Togo. Aujourd’hui malheureusement, cette innovation a dû connaitre un coup d’arrêt, a indiqué Sena Alouka, Directeur exécutif des Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE). C’était à l’occasion d’un panel à la conférence de Madrid sur les changements climatiques (COP25) qui se déroule du 02 au 13 décembre 2019.

A en croire Sena Alouka, plusieurs raisons expliquent cet arrêt, notamment les problèmes techniques, financiers et politiques.

« C’est clair que cet effort pilote a ouvert la voie si bien qu'aujourd'hui on voit beaucoup de ces voitures solaires, d'ailleurs l'année prochaine se tiendra le 1er forum de voiture électrique solaire à Accra », a-t-il souligné à agridigitale.net.

Précédemment, le Directeur exécutif des Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) a souligné que ces voitures électriques solaires viennent aujourd’hui du Nigeria, du Ghana et également de Jacksonville en Côte d'Ivoire.

Convaincu par ce domaine porteur d’avenir, charles Coutères, le chargé de mission changement climatique à la Direction générale de l’environnement et des forêts de l’Union des Comores, veut engager son pays d

ans des projets innovants comme celui-ci. Et pour y arriver, il compte surtout sur les jeunes comoriens.

 

 

Voiture électrique à énergie solaire : Le Togo, un modèle pour ses voisins de l’Afrique de l’ouest ?

Tikpi ATCHADAM en 2015: « Le PNP entend œuvrer à court terme pour l’alternance…Le Peuple prendra sa responsabilité dans la légalité »

Retour sur l’Interview exclusive du Président du PNP à Plume Libre Tikpi ATCHADAM : « Le PNP entend œuvrer à court terme pour l’alternance…Le Peuple prendra sa responsabilité dans la légalité »

C’était en 2015, plus précisément le 2 mars 2015. Beaucoup de personnes ne le comptaient pas parmi les opposants qui pouvaient remuer le pays. Le Président National du Parti National Panafricain ( PNP), Salifou Tikpi ATCHADAM, avait accordé une interview exclusive à la Rédaction de Plume Libre. Dans cet entretien, il expliquait déjà le plan de son parti, sa vision sur les élections au Togo, les reformes et autres encore. A la veille de la présidentielle de 2020, la Rédaction de Plume Libre vous propose de lire une fois encore cette interview qui explique mieux les projets du Leader du PNP, Tikpi ATCHADAM.

Voici cette interview de mars 2015.

PLUME LIBRE : M.Tikpi Salifou ATCHADAM, vous êtes le Président National du PNP : le Parti National Panafricain. Est-ce que vous pouvez vous présente

r encore mieux pour ceux qui vont vous lire ou vous écouter ?

ATCHADAM: Merci de me tendre votre micro. Comme vous le savez déjà, je suis Tikpi Salifou ATCHADAM. Je suis juriste et anthropologue.

PLUME LIBRE: Dites nous, votre parti se situe dans quelle tendance ? Êtes-vous de l’opposition, de la mouvance présidentielle ou du centre ? Où vous situez vous exactement ?


ATCHADAM : Vous voulez que nous soyons de la mouvance présidentielle pour continuer la forfaiture, l’exploitation du Peuple Togolais ? Vous voulez que nous soyons de la mouvance présidentielle pour perpétuer les souffrances, les dénis de justice, l’impunité ? Pour perpétuer la descente aux enfers des populations affamées ? Pour perpétuer la violation des droits de l’Homme ? Non. Ce n’est pas le cas. Le parti est même né pour faire en sorte que l’on en finisse avec ce régime. Voila un pays ou quelqu’un a gouverné pendant longtemps et après il a positionné son fils pour gouverner à son tour. Cela fait plus d’un demi-siècle qu’une seule famille nous gouverne. Le PNP est un parti d’opposition qui entend œuvrer en tant que tel à court terme à l’alternance. Et nous sommes prêts à nous battre avec tous les moyens légaux à notre disposition. Il faut que ce régime parte pour que le Togo connaisse la démocratie et le développement.


PLUME LIBRE: L’actualité nationale est dominée par la question des reformes. Aujourd’hui, au niveau du PNP, que pensez vous de la question des reformes. Reformes avant les élections ou reformes après les élections.


ATCHADAM: Il faut faire les reformes avant toute élection. Le principe au PNP, c’est que l’on doit opérer obligatoirement les reformes. Maintenant on se rend compte que le Chef de l’Etat qui a parlé des reformes, qui a signé l’APG (ndlr : Accord Politique Global), a fabriqué un coffre qui s’appelle Awa Nana (ndlr le Médiateur) dans lequel il a bloqué les reformes. Il faut lui rappeler ses engagements. Le PNP se battra avec d’autres partis politiques et la société civile pour que Faure GNASSINGBE respecte ses engagements. C'est-à-dire qu’il entreprenne les reformes. S’il n’entreprend pas les reformes, je ne crois pas qu’il puisse avoir des élections. Nous ne pouvons pas aller aux élections s’il n’y a pas de reformes. Il faut que le Peuple se mette debout pour arrêter ça. Le peuple doit prendre ses responsabilités. Et le Parti National Panafricain va mettre tout en œuvre pour réclamer les reformes avant les élections. S’il n’y a pas de reformes, il faut utiliser tous les moyens légaux pour qu’il n’y est pas d’élections. Il n’y aura pas d’élections sans les reformes. Le Peuple prendra sa responsabilité dans la légalité. Je ne crois pas que les élections sans les reformes constituent une solution pour le pays.

PLUME LIBRE: Aujourd’hui, quelles sont vos relations avec les autres partis politiques et les autres leaders ? Pensez-vous qu’une candidature unique de l’opposition est encore possible.


ATCHADAM: Le PNP ne parle pas encore de candidature pour le moment. Nous parlons de reformes. S’il n’y a pas de reformes, il faut que le Peuple Togolais empêche les élections de se tenir.

PLUME LIBRE: Comment ?

ATCHADAM: Par des mouvements reconnus par la Constitution de notre pays. Il y a une loi qui réglemente les manifestations publiques. C’est une loi togolaise. Et j’ai toujours rappelé que ceux qui manifestent dans la rue ne sont pas des hors la loi. Tout ce qu’il faut c’est manifester pacifiquement et exiger les reformes. Et si les reformes ne sont pas faites, il faut tout simplement demander le départ de Faure GNASSINGBE du pouvoir. Le PNP est très clair là dessus. Nous demandons à Faure GNASSINGBE d’opérer les reformes. Il doit ramener le dossier des reformes sur la table et l’opérer. S’il n’opère pas les reformes, nous demanderons qu’il quitte le pouvoir. C’est très clair et les mots sont très courts.

PLUME LIBRE: Mais Me ATCHADAM de quoi disposez vous comme force pour pouvoir exiger par exemple le départ de M. Faure GNASSINGBE, élu Président.

ATCHADAM: Le Peuple est là. La demande du Peuple est très claire. Le Peuple demande l’alternance. Pour y arriver, le Peuple ne demande que l’union de l’opposition. Cette union est possible. L’union de l’opposition est possible. Il y a des initiatives en cours. Je peux vous le dire. Une mobilisation est possible pour demander les reformes. Voilà la voie.

PLUME LIBRE: Mais aujourd’hui avec les marches qui sont galvaudées, vulgarisées on a comme l’impression que l’essence est perdue. On a comme l’impression que les marches n’ont plus la puissance d’antan. Pensez-vous en toute franchise qu’aujourd’hui on peut se retrouver au Togo dans une situation comme ce fut le cas au Burkina Faso. Ne pensez vous pas que les citoyens togolais sont un peu dégoutés des marches ?

ATCHADAM: Non. Il faut simplement changer les stratégies. Le Peuple attend l’alternance. Mais le Peuple veut l’union de l’opposition, une synergie de l’opposition pour parvenir. C’est possible. Les discussions sont en cours. Aujourd’hui, il s’agit de mettre tout le monde d’accord. Toutes les forces en lutte pour l’alternance doivent se mettre d’accord et demander au Peuple de se mettre debout. Il y a des initiatives. Comme nous le disions tout récemment à une conférence de presse, il s’agit de mettre toutes les forces en lutte pour l’alternance ensemble. Et demander au Peuple de sortir, de se mettre débout. Mais en même temps, jouer la synergie en coordonnant la lutte avec la diaspora. Il s’agit de faire en sorte qu’à une date D, tout le monde manifeste. L’alternance est une demande nationale. Et la diaspora doit se joindre aux manifestations. Il faut que les Togolais sortent. Que les amis du Togo sortent. Ce qui veut dire que nous devons faire des manifestations simultanées au Togo, aux Etats Unis, au Canada, en France, en Angleterre, en Allemagne et autres. Les Togolais devront manifester partout pour faire partir ce régime. Ça ce n’est pas de la mer à boire. Ce n’est pas de la mer. Ce n’est pas de la mer à boire aux Burkinabés, au Maghreb. Je le dis et je le répète, ce n’est pas de la mer à boire. Le Peuple Togolais a déjà démontré de quoi il est capable. Il faut juste une union des forces en lutte pour l’alternance.


PLUME LIBRE: Le départ précipité de l’actuel Chef de l’Etat dont vous parlez serait-il la solution ? Les textes tels qu’ils existent aujourd’hui permettent à Monsieur Faure GNASSINGBE de se présenter si le veut. Ne pensez vous pas que l’opposition devrait plutôt s’organiser pour le battre dans les urnes.

ATCHADAM: Dans quelles urnes ? Et au bout de quel processus ? Vous savez que j’ai fais la CENI. Le processus est bâclé. Je vous dis qu’on inscrit des gens en violation de la loi aujourd’hui. Que croyez-vous ? Il faut mettre fin à ce système. La Constitution de 1992 a été une constitution consensuelle. Même Eyadema a appelé la population à voter cette constitution. Un seul parti politique : le RPT révise la constitution, sans consensus en 2002 et en 2005. On affaiblit le Premier Ministre. On renforce le pouvoir du Président de la République. On saute la limitation du mandat présidentiel. En réalité le constitutionalisme c’est la limitation de pouvoir dans ses prérogatives et dans le temps. Si vous avez une constitution qui ne limite rien, cela veut dire que ce n’est pas le constitutionalisme. Comment peut-on concevoir que notre constitution actuelle ne limite rien. C’est en 1992 que le Peuple Togolais a dit : nous ne voulons plus, eu égard à ce que nous avions vécu avec Eyadema, que quelqu’un nous gouverne encore pendant plus de dix ans. Est-ce parce qu’on a révisé la constitution qu’il est possible d’effacer dans la mémoire collective des Togolais que Faure GNASSINGBE nous a gouverné déjà pendant 10 ans ? Ce n’est pas possible. Nous avons cela dans nos esprits, ce qui s’est passé il y a de cela 10 ans. Les reformes s’imposent. Au nom de la Constitution de 1992, Faure a déjà fait 10 ans, et il doit partir. Pourquoi Faure s’impose à nous ? Pourquoi Faure GNASSIGBE s’impose au Peuple Togolais ? Pourquoi ? Messieurs les journalistes, pourquoi ? Est-ce que le Togo a une dette envers le régime, envers la famille GNASSINGBE. Dites moi, mes frères et sœurs, est ce que le Togo doit payer une dette à la famille GNASSINGBE ? Mais alors pourquoi ? Que doit le Togo à la famille d’Eyadema ? Faure GNASSINGBE parle de réconciliation mais rien. Il n’a rien fait pour cela. Moi je le dis, il n’est pas capable de se réconcilier avec son frère, même père. Et qu’attendez-vous de cet homme. Au niveau d’UNIR, à part Faure GNASSINGBE, il n’y a pas d’autres candidats ? Voila un parti qui n’est pas capable d’opérer l’alternance au sein même de son vestibule c'est-à-dire, il n’est pas capable d’opérer l’alternance au sein du vestibule UNIR. C’est un candidat naturel. UNIR désigne Faure. UNIR ne peut pas désigner un autre candidat ? Il faut savoir que le combat que nous menons est aussi au profit d’UNIR. Si Faure se mettait de coté, les gens allaient déposer leur candidature. Mais moi je le dis. Il n’y a pas de liberté d’expression à UNIR. La démocratie est loin d’UNIR. Alors pour nous, c’est très clair. Ils ont modifié la constitution sans consensus. Nous ne sommes pas d’accord. Le Peuple doit exiger les reformes et le retour à la constitution de 1992. Faure GNASSINGBE a déjà fait 10 ans, il faut qu’il parte. Il ne faut pas amadouer Faure GNASSINGBE. Allons-nous sacrifier le Peuple Togolais pour les intérêts de Faure GNASSINGBE ? Je ne comprends pas. Pour le PNP, c’est très clair. Nous revendiquons les reformes et le retour à la constitution de 1992. Si Faure se met de côté, on pourra discuter de garantie. Une transition peut être conduite avec UNIR. Je l’ai dis sur d’autres médias. Mais s’il s’entête, il aura choisi. Voila la position du PNP. Elle est très claire.


PLUME LIBRE: Mais aujourd’hui est-ce que l’opposition peut parler d’une seule voix pour pouvoir contrer le parti UNIR ? Le constat est là, au niveau de l’opposition vous êtes très divisés. Même si vous, vous ne vous présenter pas aux prochaines élections, il y en a qui seront quand même candidat face à Faure.

ATCHADAM: De toute façon même si toute l’opposition ne se présentait pas comme candidat à la présidentielle, le régime va se créer d’autres candidats. Vous vous souvenez des candidats d’Eyadema. Je ne donne pas les noms. Ils vont se fabriquer même leur opposition. Ce sont des gens qui sont dans la logique de conservation du pouvoir, c’est tout. Il y a un seul objectif à UNIR, conserver le pouvoir. Même les infrastructures, les rues dont on vous parle c’est pour conserver le pouvoir. Mais, parallèlement on sait que le peuple a besoin de pains, que le peuple a besoin de pétrole, certains citoyens ont besoin de 1000F, de 5000F. C’est pour cela qu’aux élections on donne du pétrole aux citoyens pour qu’ils votent UNIR, des boites d’allumettes, parfois de la farine de maïs déjà moulu, du riz Faure. Ils savent que les gens sont affamés. Vous voyez dans la sous région un pays où la population vit comme au Togo ? Dans notre pays, ceux qui travaillent et ceux qui ne font rien ont le même problème. Avez-vous d’autres pays de ce genre dans la sous région. Celui qui bosse tous les jours a les mêmes problèmes que celui que dort tous les jours. De quelles ressources disposent le Benin, le Burkina Faso, le Ghana pour payer bien et à temps les fonctionnaires. Vous avez la meilleure qualité de phosphate au monde quand la population n’était pas aussi forte. Le Maroc s’est développé à partir du phosphate. Où sont les ressources de notre phosphate. On parle du pétrole et personne ne nous situe. C’est du pillage systématique. Les pilleurs de la République doivent partir.


PLUME LIBRE: Aujourd’hui, quelle est la solution selon vous face à tous ses problèmes ? Que proposez vous au niveau du PNP pour une sorti de crise, s’il faut l’appeler ainsi.


ATCHADAM: Il y a une initiative que nous avons entreprise avec les ODDH pour faire en sorte qu’on connaisse notre position. Et nous l’avons exprimé clairement. Il faut absolument les reformes avant toute élection. Il faut opérer les reformes avant toute élection. Nous sommes entrain de nous entendre pour un mouvement coordonné. Nous sommes entrain de nous entendre pour aller dans le sens de l’histoire. Dans le sens de l’intérêt du peuple. En fait c’est pour cela qu’on devrait les gouverner. Je n’ai pas ce sentiment que ceux qui nous gouvernent le font dans l’intérêt du peuple. Je n’ai pas ce sentiment.

PLUME LIBRE: Quel est votre message à l’endroit des Togolais de la diaspora. Qu’est-ce que vous avez à dire à tous ceux qui sont des Togolais et qui vivent à l’extérieur.

ATCHADAM: La diaspora est déjà debout. Ils nous appellent. Ils nous écrivent par facebook et autres. La diaspora est debout pour l’alternance. Elle se bat jour et nuit. Elle veut aussi l’union de l’opposition sur le terrain ici. C’est en cours. De toutes les façons, même si au niveau de l’opposition on n’est pas d’accord sur l’union, on va faire comme les Ewé le disent : "Si on est 5, on le fait. Si on est 4 ou 3, on le fera". Ce sont les Ewé qui le disent. Même à 2 on va le faire. Encore que le Peuple est très clair sur sa demande : c’est tout. La diaspora est déjà debout. Et moi je leur dis de ne pas perdre patience. Les discussions continuent et un jour ou l’autre ils auront les résultats et nous pourrions ensemble coordonner un mouvement pour libérer le Togo qui est couvert par une éclipse qui dure depuis 1963. Les Togolais du monde entier doivent manifester un seul jour pour faire partir ce régime.


PLUME LIBRE: Aujourd’hui, ne pensez vous pas que Faure GNASSINGBE a tous les feux sur lui tout simplement parce qu’il est le fils d’Eyadema qui a fait 38 ans au pouvoir ?

ATCHADAM: Si vous appréciez sa gouvernance en oubliant qu’il est le fils d’Eyadema, qu’est-ce qu’il a fait ? Evaluez la gouvernance sous Faure GNASSINGBE. Qu’est-ce qui a changé ? L’impunité ? Le pillage du pays ? Ce n’est pas une question de procès de sa filiation. Non. L’impunité continue, le pillage continue. Les citoyens Togolais ne sont pas fiers de leur justice. Le trafic d’influence continue. La gouvernance n’a pas changé. C’est la même gouvernance que nous vivons. C’est comme sous Eyadema. Rien n’a changé. Maintenant parlons de son père. Si Faure GNASSINGBE n’avait pas été le fils d’Eyadema, par où serait-il passé pour devenir Président de la République Togolaise. Faure est devenu Président parce qu’il est fils d’Eyadema. C’est ce que j’appelle la légitimité par simple filiation. C’est tout. Quel est le mérite de Faure ? Son mérite c’est d’être le fils d’Eyadema. C’est pour cela qu’il est devenu notre Chef d’Etat. Il n’y a pas autre chose. C’est tout. Sinon dites-moi. On a voulu mettre un enfant d’Eyadema et on nous a mis Faure. C’est tout. N’obliger pas les Togolais à compter à partir de Faure GNASSINGBE. Nous devons compter à partir de 1963, puisque c’est Eyadema qui tirait les ficelles depuis là, depuis que Sylvanus OLYMPIO est tombé. Nous ne pouvons pas opter pour la démocratie et obtenir en retour la monarchie. C’est inacceptable.

PLUME LIBRE: Mais UNIR a eu quand même 62 députés à l’Assemblée Nationale. Ce qui veut dire qu’il a une bonne partie des Togolais qui apprécie sa politique.

ATCHADAM: Mais on sortait d’un processus bancal. Comment s’organise des élections dans notre pays. Beaucoup vendent leur voix. On demande aux Togolais de prêter un serment sur la Bible ou le Coran à cause de 2000FCFA pour voter. Les chefs traditionnels sont traumatisés. Ils sont obligés de marcher. Le jour où on ira à des élections sans les fils d’Eyadema, un, vous libérez les chefs traditionnels, deux vous libérez l’armée, trois vous libérez la police, 4 vous libérez la CENI et ses démembrements, 5 vous libérez la Cour Constitutionnelle et donc vous libérez l’espoir pour la démocratie. Dans le cas contraire tous ce que je viens de citer ne fonctionnera pas normalement. Moi je vous dis que le RPT n’a jamais gagné une élection au Togo. Même le RPT le sait. Les barons et ceux qui sont dans la machine du RPT le disent. Le RPT n’a jamais remporté une élection. Jamais.


PLUME LIBRE: Alors pour finir quel est votre message à l’endroit de tous les citoyens togolais et de ceux qui vont vous lire et vous écouter ? Message d’espoir ?

ATCHADAM: Oui, il y a espoir. Moi je crois qu’il y a espoir parce que tout un peuple debout peut venir à bout de tout régime. Tout pouvoir présente des apparences de forces jusqu’à la seconde prêt. Mais ne pensez pas que le système Togolais est plus solide que le système burkinabé. C’est un système fragile. Le peuple peut venir à bout de ce système, s’il se décide. Quand le peuple se met debout personne ne peut l’arrêter. Nous sommes clairs. Tout ce qu’il faut c’est les reformes avant les élections et le retour à la constitution de 1992. Si ce n’est pas fait, il faut donc demander que Faure quitte le pouvoir. Et le Togo devra partir sur de nouvelles bases. Les citoyens doivent être prêts à manifester pacifiquement. La loi nous le permet. Toutes les forces qui veulent l’alternance doivent manifester pacifiquement. Au Togo, on oblige tout le monde à faire la politique. Il nous faut la démocratie et chacun pourra faire ce qu’il doit faire. Ceux qui veulent faire la politique pourront le faire. Vous savez nous avons beaucoup de cerveaux togolais qui évoluent à l’extérieur. Les ressources humaines togolaise de la diaspora sont incroyables et dans tous les domaines. Ils ne peuvent pas rentrer quand la situation du pays n’est pas claire. Même des hommes d’affaires fuient ce pays, puisque si on vous soupçonne de soutenir un parti de l’opposition, vous êtes foutu. C’est grave. Je voudrais dire au Peuple Togolais qu’il est fort et capable. C’est le Peuple qui s’est battu pour qu’Eyadema accepte la démocratie. Eyadema n’a pas accepté la démocratie parce qu’il le voulait. Non. Le peuple a dit nous voulons la démocratie. Le peuple est fort. Il faut que le Togo devienne un pays normal. Le Burkina Faso va se normaliser bientôt, le Ghana et le Benin, on n’en parle pas. Il faut se battre pour que le Togo devienne un pays normal. Un pays où tout le monde travaille. Un pays où les richesses profitent à tous. Si le Togo est riche, nous devons en profiter ensemble et qu’on partage cette richesse. Si le Togo est pauvre qu’on travaille pour le rendre riche. Voila tout ce que je dis à mes concitoyens. Nous devons refuser qu’on transforme ce pays en monarchie.


PLUME LIBRE: Merci Me Tikpi Salifou ATCHADAM. Je rappelle que vous êtes le Président du parti PNP.

ATCHADAM : Merci aussi à votre Rédaction.


Propos recueillis et transcrits par Emmanuel Vivien TOMI
et la Rédaction de Plume Libre

 

 

Tikpi ATCHADAM en 2015: « Le PNP entend œuvrer à court terme pour l’alternance…Le Peuple prendra sa responsabilité dans la légalité »

Braquage : La GIPN a tué un malfrat à Adidogomé

Dans la nuit de samedi à dimanche à Lomé, les éléments du Groupement d’intervention de la police nationale (GIPN) ont tiré mortellement sur un individu présumé braqueur qui venait de subtiliser un engin d’un conducteur de moto.

Après s’être emparé de la moto d’un conducteur dans les environs du lycée moderne d’Adidogomé, Komi Zognran, qui fait partie d’un groupe de trois personnes armées de machettes, tente de fuir avec l’engin.

Entre-temps, la fille que le Zemidjan transportait a réussi à alerter le Groupement d’intervention de la police nationale. Ses éléments en patrouille dans le quartier sont arrivés. S’engage alors une course-poursuite.

Le véhicule des policiers heurte une maison. On enregistre deux blessés graves. Continuant à pieds, des policiers ont tiré sur le malfrat tentant d’escalader le mur d’une maison. Il est décédé sur le champ. Ses deux autres camardes ont réussi à s’échapper.

Selon les informations, Komi Zonyran, âgé de 40 ans, domicilié à Sagbado, a pour métier la maçonnerie.

A.H.

 

 

Braquage : La GIPN a tué un malfrat à Adidogomé

 

Présidentielle de 2020 : Le candidat de Nouvelle Vision, Dr Kodjovi THON présente son Plan National d’Alternance

Le 22 février 2019, les Togolais se rendront aux urnes pour le choix de leur nouveau Président de la République. En prélude à cette compétition nationale, des leaders et formations politiques se mobilisent et se lancent dans ce qu’on peut appeler la pré-campagne. C’est surement dans cette optique que l’organisation NO.VI : Nouvelle Vision du Candidat à la Présidentielle de 2020 : Dr Kodjovi Aubin Atna THON a rencontré la presse. C’était le mercredi 04 décembre 2019 dans l’après-midi dans la salle de conférence de SYNBANK à Lomé.

‘’Plan National d’Alternance 2020 (PNA-2020)’’, c’est le nom du projet de société dévoilé à la presse et donc à la population par le mouvement Nouvelle Vision (NO.VI) du candidat déclaré à la Présidentielle Dr Kodjovi Aubin Atna THON au cours de cette rencontre. Le jeune leader et candidat veut informer le peuple Togolais sur ses diverses démarches en faveur de la construction d’un Togo soudé et émergé. C’était également une occasion pour le candidat Dr THON de réagir sur diverses questions d’actualité.

Au cours de la Conférence, le Président de NO.VI s’est présenté à la presse et a dévoilé son ambition politique pour que le Togo, avant de répondre aux diverses questions de la presse sur les élections et la Nation.

Le Secrétaire Général du mouvement NO.VI a eu à présenter le document du Plan National

d’Alternance avant de laisser de nouveau le micro au Président de NO.VI Dr THON Kodjovi pour son mot pour le mois de décembre.

Le PNA ou Plan National d’Alternance de la Nouvelle Vision : NO.VI est une feuille de route pour une alternance démocratique, pacifique et productive en 2020 au Togo.

Suivant le Président de NO.VI, Dr Kodjovi Aubin Atna THON : « La crise Togolaise est celle dont la résolution permettra à chaque Togolais d’avoir des opportunités (d’emploi, d’investissement, de divertissement,..) lui permettant d’assurer son quotidien et son lendemain et aussi de vivre sur un territoire qui lui inspire confiance et stabilité lui permettant non seulement de rêver, mais aussi de réaliser ses rêves ».

Le Plan National d’Alternance de NO.VI de Dr THON s’intéresse notamment aux fondamentaux de la Nouvelle Vision, l’Alternative pour une sortie de crise définitive au Togo. Le PNA parle de la typologie de la crise togolaise, de l’identification des acteurs de la vie socio-économique et politique et l’énumération de leurs préoccupations, les solutions résultantes, un modèle de gouvernance administrative économique, sociale et politique pour un Togo soudé et émergé de même que les acteurs et parties prenantes du Plan.

Dr Kodjovi Aubin Atna THON est un jeune leader qui affirme comprendre les préoccupations de la jeunesse et qui vient promouvoir la vertu et le mérite pour remettre le pays au travail.

Emmanuel Vivien TOMI

Plume Libre & Referencetv.tg

 

 

Présidentielle de 2020 : Le candidat de Nouvelle Vision, Dr Kodjovi THON présente son Plan National d’Alternance

 

La FIFA veut « emmener l’Afrique au plus haut niveau »

L’instance mondiale du football a pour projet de mobiliser un milliard de dollars, soit plus de 533 milliards de FCFA, destiné à la construction d’au moins un stade de qualité dans chacun des 54 pays composant le continent africain.

C’est le président de la Fédération internationale de football association (FIFA) lui-même qui a annoncé cette information au cours du 80è anniversaire du Tout Puissant Mazembe à Lubumbashi en République démocratique du Congo (RDC).

En plus de la construction des stades, l’institution sportive travaillera sur l’amélioration de l’arbitrage, des infrastructures, de l’organisation des compétitions en Afrique en concertation avec la Confédération africaine de football (CAF) à et d’autres partenaires.

« Nous voulons mener une politique comprenant trois axes, l'arbitrage, l'infrastructure et les compétitions, en étroite collaboration avec la CAF et ses 54 fédérations membres », souligne Gianni Infantino.

Le patron de la FIFA a déclaré que « nous voulons emmener l'Afrique au plus haut niveau et montrer a

u monde entier le talent exceptionnel et les talents de votre continent ».

Une autre proposition : la création d’une ligue africaine au profit des meilleurs clubs africains sans plus de précision.

Depuis quelques mois, la CAF est sous la tutelle de la FIFA. Fatma Soumoura, la Secrétaire générale de l’instance mondiale, est en train de diriger « un audit général » de la Confédération.

A.H.

 

 

La FIFA veut « emmener l’Afrique au plus haut niveau »

Affaire d’insurrection armée : Le PNP dénonce « un montage grotesque » du régime et alerte le peuple togolais

Ce n’est un mystère pour personne. Depuis les évènements malheureux du 19 août 2017, les militants et les responsables du Parti National Panafricain (PNP) sont devenus des cibles potentielles du régime de Faure Gnassingbé. Les manœuvres pour décapiter voire dissoudre ce parti ne manquent pas. La dernière en date, selon les responsables de ce parti, est celle de l'affaire d’insurrection armée avec des gourdins et des machettes, des lance-pierres, des gris-gris… Une "pièce de théâtre" mal ficelée du régime dans laquelle le PNP de Tikpi Atchadam occupe le premier rôle. Dans un communiqué rendu public ce weekend, le Secrétaire Général dudit parti, Dr Kossi Sama informe l’opinion nationale et internationale que la PNP n’est ni de près ni de loin impliqué dans cette fameuse affaire. Pour lui, il s’agit tout simplement d'un montage, d’une « tragi-comédie qui ne trompe personne, même pas un enfant n’ayant pas encore atteint l’âge dit de la raison ». Il demande au régime de Faure Gnassingbé de suspendre l’opération de « chasse à l’homme » engagée depuis quelques mois déjà contre les militants et sympathisants du PNP. Lecture !

Déclaration

Depuis quelques jours, l’opinion nationale et internationale que nous avons toujours prise à témoin, assiste, amusé, mais médusé et terrifié, par ce qui se passe, encore une fois, dans ce pays atypique qu’est le Togo, notre pays. Une véritable tragi comédie qui ne trompe personne, même pas un enfant n’ayant pas encore atteint l’âge dit de la raison.

Malgré leur gravité, les montages de ce genre jalonnent, malheureusement, l’histoire politique de notre pays, depuis le 13 janvier 1963. Rien que les noms et prénoms des victimes de ces montages grotesques depuis cette date, suffiraient à écrire un livre entier.

Depuis le 19 août 2017, date à partir de laquelle, être membre ou sympathisant du Parti National Panafricain (PNP), est devenu un crime, le parti n’a de cesse dénoncé toutes les for

mes de harcèlement dont il est l’objet de la part du pouvoir. Si le parti devait dénoncer, depuis sa création en 2014, chaque acte de harcèlement, ses activités se seraient réduites aux communiqués quotidiens.


Du 19 août 2017 à ce jour, le parti, à lui seul, a enregistré plusieurs centaines de détenus arbitraires, parmi lesquels les premiers responsables dont le Secrétaire Général, Dr. Kossi Sama. Au moment où nous publions ce communiqué, trente-trois militants et sympathisants, les premiers responsables y compris, croupissent encore en prison. Tout le monde comprend que la nouvelle méthode consiste à anéantir le PNP, sans le viser directement.

En fait, derrière le Parti National Panafricain (PNP), les montages du pouvoir visent, toujours, à anéantir la lutte du peuple togolais en quête de liberté, de démocratie et de prospérité pour tous. A travers le PNP, c’est toute la dynamique enclenchée par le peuple en vue de la première alternance dans notre pays, que le pouvoir compte atteindre, afin de s’ouvrir un nouveau cycle de cinquante (50) ans de régime dictatorial à partir de 2020.

Le peuple togolais n’est pas dupe ; il comprend parfaitement que ‘’Tiger’’ n’est rien, et personne d’autre, que le pouvoir lui-même. C’est juste le nom donné à une opération anti-alternance en 2020.
La chasse à l’homme engagée par le biais de cette opération sur l’ensemble du territoire national, notamment à Lomé, Kaplimé, Anié, Badou, dans la Région Centrale et dans le Nord du pays, s’effectue à partir des images obtenues par la police lors des manifestations pacifiques de l’opposition, et des réunions hebdomadaires de formation et d’information du PNP.

Les villes, les quartiers et les localités ciblés par l’opération ont en commun deux caractéristiques : ils abritent les réunions hebdomadaires du PNP ; ils sont grands pourvoyeurs de manifestants lors des manifestations de l’opposition.

Attention ! Les phrases du genre : « nous avons arrêté dix-huit (18), mais ils sont nombreux », sont d’une dangerosité redoutable, et font froid dans le dos. Cette phrase apparemment anodine ouvre, à l’infini, la possibilité pour le régime d’arrêter qui il veut, quand il veut et comme il veut. C’est une véritable inquisition en plein 21ème siècle.

Nous vivons actuellement au Togo une situation d’Etat d’urgence qui ne dit pas son nom. Cette situation où tout le monde est suspect, est créée à dessein en vue de pousser la jeunesse à l’exil. Il s’agit de provoquer un exil massif des jeunes. Pendant ce temps, le pouvoir pourra, face à l’opinion internationale, soutenir : « Nous n’arrêtons personne ; nous n’emprisonnons personne ; ils quittent volontairement le pays ; on ne sait pourquoi ; chacun est libre de quitter le pays ; c’est dans notre Constitution ».

Ce qui se passe en ce moment est le prélude du type de gouvernance qui sera en vigueur au cours du nouveau cycle de cinquante (50) ans que Faure veut à tous prix ouvrir à partir de 2020, si nous laissons faire. Nous sommes à la veille d’un second 13 janvier 1963. Et le pouvoir cherche à paralyser définitivement le peuple debout pour l’alternance et la prospérité pour tous.

Le Parti National Panafricain (PNP) maintient : un nouveau Président de la République, connu d’avance, élu par un pour-cent de la population, juste à la fin du mandat actuel de Faure Gnassingbé, ce n’est pas une urgence. L’urgence c’est plutôt une transition pour des reformes avant toute élection.

Au nom de cette transition salutaire pour le Togo tout entier, et face au risque que nous courrons en tant que peuple, le PNP en appelle à l’union sacrée de tous les Togolais afin de sauver la mère patrie en danger. La voie d’un tel sauvetage reste, sans nul doute, des manifestations gigantesques pacifiques sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora. Ne le perdez jamais de vue, notre force réside dans le nombre.

Tout en prenant, encore une fois, à témoin l’opinion internationale, les institutions nationales et internationales des droits de l’homme, et en appelant à l’action décisive des représentations diplomatiques accréditées au Togo, sur la gravité atteinte par le pouvoir en place dans l’ordre de banalisation de la vie et de la propriété, la violation du domaine privé des citoyens, l’absence des libertés individuelles et collective dans notre pays, le PNP exige l’arrêt immédiat de la chasse à l’homme, cette véritable persécution des populations civiles, en cours sur le territoire national.

Fait à Lomé le 06 décembre 2019

Le Secrétaire Général

Dr. Kossi SAMA

 

 

Affaire d’insurrection armée : Le PNP dénonce « un montage grotesque » du régime et alerte le peuple togolais

 

Interview/Kako Nubukpo : « L’essentiel de la classe politique africaine ne rend compte qu’à ses maîtres occidentaux »


Le discours sur l’émergence africaine serait-il la dernière trouvaille de dirigeants en perte de légitimité ? Certes, sur les 54 pays que compte le continent, une trentaine a enregistré des taux de croissance d’au moins 3 % en 2018. Les investissements directs étrangers y ont augmenté de 11 %, contre 4 % en Asie pendant qu’ils baissaient de 13 % au niveau mondial. Malgré ces chiffres, l’émergence de l’Afrique apparaît à bien des égards une arlésienne. C’est du moins l’avis de Kako Nubukpo qui a été ministre chargé de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques du Togo (2013-2015) et chef du pôle « analyse économique et de recherche » de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine à Ouagadougou. Dans son dernier ouvrage, « l’Urgence africaine. Changeons le modèle de croissance », cet économiste défend la thèse d’une instrumentalisation de l’Afrique comme laboratoire du néolibéralisme avec la complicité de ses propres élites. Pour lui, l’Afrique est instrumentalisée en tant que laboratoire du néolibéralisme, notamment par les instances internationales comme le FMI ou la Banque mondiale, qui imposent depuis des décennies des programmes économiques destructeurs. Dans une interview accordée à nos confrères de Libération.fr, l’intellectuel togolais tire la sonnette d’alarme sur la réalité d’une Afrique qu’il juge à la dérive, subissant des prédations de toutes sortes, des sorties de capitaux licites et illicites… Il appelle à la mobilisation autour des projets de société collectifs et inclusifs, et à la reconquête des instruments de la souveraineté agricole. Bonne lecture !

Vous soutenez la thèse selon laquelle l’Afrique est toujours «le laboratoire du néolibéralisme», n’est-ce pas un peu exagéré ?

On pourrait ajouter l’Amérique latine. La spécificité de l’Afrique, c’est de coupler ce statut de laboratoire avec une démographie très dynamique et une absence de classe moyenne. L’Afrique a un terreau fragile qui accentue ses difficultés. La proximité des côtes libyennes avec celles de l’Europe rend encore plus urgente la nécessité de regarder ce qui se passe en Afrique.

C’est un continent cobaye, un laboratoire de postulats qui ne se vérifient pas, d’idéologies économiques en provenance du reste du monde… Erigée en horizon indépassable de la science économique, la pensée néolibérale n’a eu de cesse de tester sa toute-puissance en Afrique. On peut reprendre les propos

de la philosophe Hannah Arendt lorsqu’elle affirmait que «l’Occident a pour habitude d’infliger aux populations périphériques les maux qu’il s’apprête à s’infliger à lui-même».

Mais en quoi l’Afrique est-elle un «laboratoire» ?

Historiquement, les dirigeants africains ont été formés pour être le relais du colonisateur, voire de le remplacer. La première école, créée par Louis Faidherbe en 1855 au Sénégal, s’appelait «l’Ecole des otages». L’expression était tellement forte qu’on l’a ensuite remplacée par «l’Ecole des fils de chefs». Il fallait qu’ils deviennent les relais de l’administration coloniale et qu’ils puissent à terme remplacer le colonisateur. Il y avait donc une extraversion originelle par rapport à l’élite.

Pendant toute cette période, les syndicats africains ont gagné en puissance. Et ce sont souvent leurs chefs de file qui ont pris le pouvoir. Or les qualités pour prendre le pouvoir ne sont pas forcément celles qu’il faut pour gérer l’après. Ensuite, les responsables politiques africains ont été pris en étau dans la guerre froide. Ce qu’il y a de commun dans ces deux expériences, africaine et sud-américaine, c’est que vingt ans après les indépendances, nous nous sommes retrouvés dans une grave crise de la dette.

Est-ce pour cette raison que vous affirmez que la tragédie grecque fut d’abord africaine ?

Oui. A partir des années 80, le FMI et la Banque mondiale utilisent l’Afrique pour tester le consensus de Washington, faisant de ce continent leur laboratoire où seront appliqués, contre une aide financière, des programmes d’ajustement structurel. Il s’agissait de faire de la désinflation compétitive, en clair faire baisser tous les coûts y compris ceux des salaires pour s’insérer dans la globalisation économique, le tout avec des réformes dites «structurelles» au premier rang desquelles il convient de mentionner la libéralisation du marché du travail et les privatisations des entreprises publiques.

Bref, ces plans ont conduit les Etats à réduire drastiquement leurs dépenses sociales, leurs investissements en infrastructures et la taille des fonctions et services publics. Au lieu d’assumer que ces jeunes nations avaient besoin de dépenser beaucoup pour construire les bases du développement, les bailleurs de fonds, comme le FMI, se sont arc-boutés sur la réalisation d’équilibres macroéconomiques de court terme. Les résultats se passent de commentaires : des sociétés africaines exsangues, des économies faiblement productives dépendantes du reste du monde, un chômage de masse dont le pendant est une vague sans précédent de migrations de populations jeunes.

Le FMI et la Banque mondiale ont agi comme si les conditions institutionnelles nécessaires à la réalisation des réformes étaient réunies. Or toutes les études démontrent le contraire, et on voit que le remède est pire que le mal. Les apôtres des politiques d’ajustement structurel expliquent, en cas de résultats insuffisants, que leurs réformes n’ont pas été totalement mises en œuvre et que si leur théorie ne cadre pas avec la réalité, cette dernière a forcément tort.

A vous écouter on est loin des discours de ceux qui expliquent que l’Afrique est désormais émergente.

Ce sont là des discours de tables rondes de bailleurs de fonds et autres cabinets de conseil. Derrière ces discours performatifs, les faits sont têtus : l’Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la population extrêmement pauvre, vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, a doublé en cinquante ans. C’est aussi la région du monde où la croissance du revenu par habitant est la plus faible depuis 1960. Ses Etats pointent depuis vingt ans dans le bas du classement de l’Indice de développement humain (IDH).

Alors rien n’encourage à l’optimisme ?

Pas sur cette question de l’émergence… D’ailleurs, la plupart des dirigeants africains ont des discours à géométrie variable. Au FMI, ils réaffirment de se conformer au néolibéralisme, à l’équilibre des finances publiques coûte que coûte ; à l’OMC à l’ouverture des frontières commerciales ; et dans les sommets avec les pays émergents, les voilà qui deviennent très volontaristes, vantant les mérites du néomercantilisme asiatique qui combine protection face aux importations et politiques agressives à l’export. Et quand ils se retrouvent à New York, au siège de l’ONU, ils n’ont plus qu’un seul credo : atteindre les objectifs du développement durable.

N’importe qui peut comprendre que tous ces discours forment un amas de contradictions. Et je ne parle pas ici de ces gouvernements qui souffrent de statistiques peu fiables. On ne dira jamais assez que dans la plupart des pays africains, pour avoir des données nationales fiables, on extrapole les statistiques urbaines à l’ensemble du pays. De telles pratiques ne peuvent pas rendre compte de la forte hétérogénéité des situations régionales pour un même pays.

L’Afrique rurale représente les deux tiers de la population africaine, et vous dites que c’est surtout elle qui souffre de la pauvreté. Comment la connecter au reste du monde ?

Elle est, en effet, déconnectée du monde. Nous savons bien que c’est grâce au travail des paysans, qui nous procurent des devises via les exportations, que les urbains peuvent jouir d’un niveau de vie beaucoup plus haut. Or l’agriculture africaine est prise en étau entre les prédations massives de terres auxquelles se livrent des pays émergents, comme la Chine, et l’importation récurrente de surplus agricoles étrangers au continent, qui baissent drastiquement les incitations pour les Africains à produire eux-mêmes ce qu’ils consomment. L’urgence africaine est celle de la voie de la reconquête des instruments de la souveraineté agricole.

Comment faire ?

Il s’agit d’opérer une transformation agricole en augmentant la productivité du secteur. Il s’agit aussi de faire en sorte de développer l’accès aux services de banques, d’assurances, de transports… Il faut surtout la mise en place de politiques agricoles dignes de ce nom. Il faut donc clarifier le rôle exact des pouvoirs publics dans la gestion, la régulation et le soutien aux prix et donc aux revenus des agriculteurs. Il faut aussi des institutions capables de cibler des aides. C’est ainsi qu’on pourra renforcer des chaînes de valeur agricoles. Il faut changer ce modèle de croissance extravertie qui conduit l’Afrique à exporter des produits sans les transformer et à importer en retour des produits finis et l’alimentation. C’est là le gage à terme d’une prospérité partagée et d’une réduction de l’immigration subie.

Vous dites d’ailleurs que certaines perspectives d’immigration sont gratuites et non fondées.

Migrants économiques, climatiques, réfugiés de guerre, ruées vers l’Europe… L’invasion semble aux portes de l’Europe. Sauf que les chiffres sont inexacts. Certains spécialistes de la question démographique, comme François Héran et Pierre Jacquemot que je cite dans mon ouvrage, contestent trois affirmations récurrentes sur le phénomène migratoire.

L’Europe du Nord ne sera pas peuplée de 25 % d’immigrés subsahariens, même si l’Afrique subsaharienne passe de 970 millions à 2,2 milliards de personnes en 2050. La pauvreté serait source de migration : cette affirmation est elle aussi fausse car on sait qu’en raison même de sa pauvreté, l’Afrique subsaharienne émigre peu. Plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de chances de migrer loin. L’aide au développement permettra de réduire les migrations : cette dernière affirmation est également fausse car plus un pays se développe, plus ses ressortissants ont les moyens financiers pour migrer…

Comment éviter de reproduire les erreurs du passé ?

Il faut cesser de croire que ce qui permet à un pays de s’en sortir, ce sont les matières premières. Je crois que la clé du développement réside dans la capacité à mobiliser les populations autour d’un projet objectif collectif. Mais pour que la population accepte de faire des sacrifices pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, il faut des gouvernements crédibles et légitimes.

Encore faudrait-il que le temps court du politique corresponde à celui qu’exigent les enjeux du développement. De ce point de vue, je suis relativement pessimiste. D’autant que l’Afrique ne produit pas encore elle-même ses dirigeants.

Mais affirmer, comme vous l’écrivez, que «l’Afrique montre au reste du monde les dirigeants que le reste du monde veut voir», là encore, ça paraît exagéré.

Mais il est évident que la plupart des dirigeants ont le discours de la doxa internationale. L’essentiel de la classe politique africaine est offshore, elle est adoubée de l’extérieur, elle ne rend compte qu’à ses maîtres occidentaux. Certes, l’industrialisation, dont tout le monde parle, peut constituer une voie nécessaire à l’émergence. Mais elle ne saurait se substituer à l’impératif de définir un projet de société inclusif, ouvert. Une société qui tournerait résolument le dos à la prédation ayant cours dans des économies qui sont le plus souvent des économies rentières. Mais pour cela, il nous faut des dirigeants qui ont le sens de l’intérêt général.



Source: Libération.fr

 

 

Interview/Kako Nubukpo : « L’essentiel de la classe politique africaine ne rend compte qu’à ses maîtres occidentaux »

 

Présidentielle 2020 : 46 juges nommés pour régler le contentieux préélectoral

Le processus électoral pour le compte de la présidentielle de 2020 se poursuit, et ce, malgré les vives contestations de la classe politique de l’opposition. Cette dernière appelle à l'arrêt du processus et un dialogue avec le pouvoir en vue d'un préparatif consensuel de cette élection présidentielle.

Ce week-end, le Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a rendu public la liste des juges en charge du contentieux préélectoral auprès des Commissions Électorales Locales Indépendantes (CELI). Ils étaient au total 46.

Selon la CENI, ces 46 juges nommés auront pour mission de régler dans les CELI, les contestations relatives à l'élection, sur la période comprise entre la publication de la liste des candidatures et le jour du scrutin.

Dans cette perspective, la constitution prévoit que les citoyens formulent des recours à toutes les phases de la confection des listes électorales.

Pour rappel, le premier tour de la prochaine présidentielle aura lieu le 22 février 2020.

 

 

Présidentielle 2020 : 46 juges nommés pour régler le contentieux préélectoral

La Mairie d’Agoé-Nyivé 3 rend propre le CMS d’Elavagnon

Le samedi 07 décembre 2019, dans la matinée, le personnel de la Mairie et les habitants des quartiers de la commune d’Agoé-Nyivé 3 ont procédé à l’opération ville propre comme l’exige la nouvelle tradition tous les premiers samedis du mois.

C’est à l’appel du Conseil Municipal d’Agoé-Nyivé 3 avec à sa tête, le Maire ADONKANU Yawo Jean Marie que la population a eu à accomplir cet acte de civisme et de citoyenneté.

Et justement, le Maire en personne, M ADONKANU Yawo Jean Marie, son Adjoint, le député KOUDAOBGO Kodjo Kadevi Denis, les Conseillers municipaux, le Chef traditionnel du Canton de Vakposito et d’autres personnalités et citoyens n’ont pas hésité à tenir les balais, la houe, les râteaux et les brouettes pour rendre le Centre Medico Social d’Elavagnon.

‘’C’est un devoir pour tous les citoyens et en premier les responsables municipaux de rendre propre la ville, surtout les lieux publics. Même au-delà de cette journée instituée par l’Etat, tous les citoyens doivent veiller a la propriété de toute la ville’’, a laissé entendre le Mair

e d’Agoé-Nyivé 3 Pasteur ADONKANU Yawo Jean Marie.

Le choix du Centre Médico Social (CMS) d Elavagnon n’est pas un hasard.

‘’C’est un lieu de la santé et nous devons toujours le maintenir propre et sain. Les centres de santé doivent être des modèles de l’hygiène et de la propriété’’ a encore ajouté le Maire ADONKANU Yawo Jean Marie dans une interview en français et en langue locale (Ewé).

La commune d’Agoé-Nyivé 3 regroupe les quartiers. Elavagnon Kleve, Elavagnon Atsanvé, Dossou Kope, Awoudja Kope, Dassa kope, Logogome.

L’opération ville propre du 07 décembre 2019 a donc mobilisé des citoyens de tous les quartiers de la commune d’Agoé-Nyivé 3 au CMS d’Elavagnon.

Déjà le rendez-vous est pris pour d’autres opérations ville propre à d’autres endroits notamment à la Mairie d’Agoé-Nyivé 3.

Reportage à Elavagnon-Lomé

Emmanuel Vivien TOMI et la Rédaction de Plume Libre et de Referencetv.tg

 

 

La Mairie d’Agoé-Nyivé 3 rend propre le CMS d’Elavagnon

 

Togo, Présidentielle 2020 : Révision des listes électorales, la Pagaille du régime Faure/RPT-UNIR Continue...

L'Alternative
pagaille rpt-unir liste electorale
Extrait de la Une de L’Alternative No.848 du 3 décembre 2019

Le clan au pouvoir n’est visiblement pas près de lâcher. C’est un secret de Polichinelle. Les institutions qui interviennent dans l’organisation des élections au Togo sont toutes verrouillées. Malgré les appels à une organisation consensuelle du processus électoral, le système cinquantenaire, accroché à son projet de conservation à tout prix du pouvoir, continue seul le processus, faisant fi des textes que lui-même a modelés à sa façon et qui demandent la recomposition de la Cour constitutionnelle.

Au lieu d’un recensement électoral voulu par les formations politiques de l’opposition et des organisations de la société civile, le régime RPT/UNIR a organisé trois jours de révision des listes électorales. Une opération qui laisse à désirer.

Dimanche, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a prorogé de 24 heures cette révision des listes électorales. Ce qui participe à la propagande du régime qui tente de montrer aux yeux de l’opinion nationale et internationale qu’il veut bien faire les choses. Mais la comédie est assez connue des Togolais, surtout ceux qui sont en âge de voter et qui ont eu toutes les difficultés à se faire enrôler pendant ces quatre (04) jours.

En effet, l’opération de révision des listes électorales organisée les 29, 30 novembre et 1er et 2 décembre 2019 n’a rien à envier à celle organisée en mai dernier. Une fois encore, tout est préparé de sorte que les populations, surtout celles qui n’ont pas pu se faire enregistrer, ne puissent le faire. Retard dans l’acheminement des kits, matériels en panne, lenteur dans l’enregistrement des électeurs sont les anomalies observées lors de cette opération. Nombreux sont ceux qui ont passé toute une journée dans les CRV sans se faire enregistrer. Dans certains centres, le groupe électrogène qui devrait faire fonctionner les machines, n’a pu être mis en marche durant les trois jours. Ce qui fait que les populations ont fait des va-et-vient entre leur maison et les CRV.

Dans certaines localités, pour décourager les populations à aller se faire enrôler, on a éloigné les CRV. Ainsi, les gens (ceux qui sont téméraires) font des kilomètres avant de rallier ces centres. Ne pouvant pas faire cette distance, nombreux sont ceux qui abandonnent.

« Le choix opéré par le gouvernement et la CENI a pour conséquence l’éloignement des CRV des populations à l’instar de Botokou dans Wawa 1 où le candidat à la révision doit parcourir 14km pour atteindre le CRV le plus proche. Dans le CRV de l’EPP Dikamé dans Agoé 4, sur environs 500 candidats à la révision, seule une centaine ont pu faire l’opération du fait qu’il n’y ait qu’un seul kit dans ce centre. Dans le CRV EPP Bè-Kpota Atchantimé, le groupe électrogène n’a jamais fonctionné pendant les 3 jours, obligeant les populations à retourner à la maison. D’autres exemples sont légion dans tout le pays », a constaté le Centre de promotion de l’Etat de droit et de la gouvernance équitable (CEPREDGE).

Dans plusieurs localités, la révision n’a commencé que samedi ou dimanche. Et donc, ces localités n’ont fait que deux ou trois jours d’opération. Beaucoup n’ont pas pu se faire enregistrer. D’ailleurs, cette révision des listes électorales, peu importe la manière dans laquelle elle s’est déroulée, ne résout pas le problème de fichier électoral corrompu avec lequel la CENI persiste à organiser cette présidentielle.

Quoi que disent les « perroquets du régime », le fichier électoral togolais est corrompu et n’augure pas d’une élection transparente, équitable et acceptée par tous. En fait, le RPT/UNIR n’a pas renoncé à la pagaille qu’il a entreprise depuis décembre 2018. La présidentielle en sera encore victime.

Source : L’Alternative N°848 du 03 ddécembre 2019

 

 

Togo, Présidentielle 2020 : Révision des listes électorales, la Pagaille du régime Faure/RPT-UNIR Continue...

 

Togo, Présidentielle de 2020 : Le CAR dans la tourmente

Fraternité
Jean Kissi et Yawovi Agboyibo du Car
Jean Kissi (g) et son mentor Yawovi Agboyibo | Photo : DR/TBN

Dans la perspective de l’élection présidentielle, les candidatures se font de plus en plus nombreuses. Mais le Comité d’action pour le renouveau (CAR) n’a pas toujours pas encore annoncé le nom de son candidat. Selon nos informations, l’état-major du parti de Me Yawovi Agboyibo n’arrive pas à s’attendre sur le bon candidat.

L’élection présidentielle de 2020, c’est dans deux mois. A cet effet, certains partis politiques, mouvements citoyens ou des personnalités indépendantes ont déjà annoncé leurs candidatures. Ce sont celles de Dr Kodjovi Aubin Thon, responsable de l’ONG NOVI qui mène des actions sur le terrain depuis quelque temps, Pierre Ekué Kpodar, ancien fonctionnaire du Fonds Monétaire International (FMI) qui veut faire profiter son expérience au peuple togolais si, bien sûr, ce dernier lui accorde sa confiance, de Dr Christian Spieker, un Togolais vivant en Allemagne qui est revenu au bercail dans le cadre de cette présidentielle.

Parmi les leaders politiques, on a la candidature du président du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry Taama, de celui de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, de Kodjo Agbéyomé du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et de Innocent Kagbara du Parti démocratique panafricain (PDP).

Ce sont là les challengers du parti au pouvoir qui prend du temps pour annoncer le nom de son candidat. C’est aussi le cas du Comité d’action pour le renouveau (CAR). Mais pas pour les même raisons.

Brouille entre Jean Kissi et Me Yawovi Agboyibo

« Le CAR présentera un candidat pour la présidentielle de 2020 », c’est qu’a laissé entendre, il y a quelques semaines, l’un des responsables de ce parti politique. Mais depuis, plus rien. Pendant ce temps, le parti de l’ancien Premier Ministre, Me Agboyibo multiplie les communiqués pour exiger de meilleures conditions de transparences du scrutin.

Selon les indiscrétions, il y aurait « de profondes divergences au sein du parti » sur le profil du candidat pour l’élection présidentielle. Tout serait parti d’une déclaration du Président du parti des déshérités, Me Agboyibo qui a indiqué en substance que le CAR n’a pas de candidat naturel. Laissant, ainsi, le choix au bureau exécutif du parti de dénicher le bon candidat. Une sortie qui n’aurai vraisemblablement pas plu au Secrétaire Général et numéro2 du parti, Jean Kissi.

Selon certaines sources, l’ex-député « a très mal pris cette sortie du président. Tout simplement parce qu’il se considère comme son successeur. Donc, si le CAR doit présenter un candidat, il n’y a pas mieux que lui ». Et selon nos informations en guise de protestation, le Secrétaire Général se fait rare aux réunions du parti. « Pour lui, c’est un affront », a ajouté notre source.

Dans une tribune publiée dans plusieurs médias fin novembre, Jean Kissi n’a mentionné qu’une seule fois le nom de son parti. Mieux, il a signé sa tribune en tant qu’ancien député et Conseiller municipal de Golfe 5. Alors, pourquoi n’a-t-il pas fait mention de son poste de Secrétaire Général du CAR ? Selon un observateur avisé de la scène politique togolaise, Jean Kissi qui « se voyait légitimement successeur de Me Agboyibo, 75 ans, revenu de « sa retraite politique » en 2016, est dans l’impasse ». « Ses camarades de lutte comme Brigitte Adjamagbo-Johnson qui a pris la tête de la CDPA en étant longtemps numéro de Léopold Gnininvi, lui a certainement donné des raisons de croire à une passation complicité du témoin entre lui et le bélier noir qui a été son mentor depuis le campus universitaire. Normal ! dira l’autre puisque les secrétaires généraux sont toujours les vrais porteurs de l’âme d’un parti politique. Un peu comme Jean-Pierre Fabre qui a succédé indirectement à Gilchrist Olympio chez les revanchards. 2020, c’est le moment idéal.

Sur les traces de Apévon ?…

Ça doit cogiter en ce moment dans l’esprit du protégé de Me Agboyibo qui doit se poser des questions sur les réelles intentions de son mentor. En effet, on se souvient de ce come-back évoqué plus haut par l’ancien Premier Ministre en 2016, pour reprendre «sa chose» après avoir cédé la place à Me Dodji Apévon en 2008. Après la longue crise qui a opposé les deux hommes, Apévon a créé son parti, les Forces démocratiques pour la République (FDR) rejoint par plus de la moitié des cadres du CAR.

Quelques semaines plus tard, Me Yawovi Agboyibo a signé son retour à la tête du CAR en grande pompe. Il est évident que le bélier noir de Kouvé a du mal à passer la main. Et connaissant, l’avocat de Kouvé, il peut se trouver candidat à cette élection.

A contrario, au-delà des intentions de successions qu’on lui prête à la tête du CAR, l’ex-député a appelé dans sa tribune publiée à la semaine dernière à une unicité de candidature. Une solution légitime et réaliste selon lui pour donner la chance à l’alternance en 2020. Une position qui s’oppose de façon surprenante à celle dictée par le gourou de son parti et mentor personnel Yawovi Agboyibo.

Kissi, dans sa sortie se retrouve aujourd’hui qu’il le veuille ou pas dans la même posture que Apevon en 2016. Approché, l’ex-député de Vo confie que sa proposition va au-delà de sa personne et il ne veut point passer par-là pour prêter flanc à quelque polémique que ce soit qui le mettrait en front avec le bélier noir.

Tout compte fait, il se révèle aujourd’hui qu’entre les valeurs enseignées au CAR et la philosophie profonde d’Agboyibo, il y a un abysse.

Source : Fraternité N°339 du 04 décembre 2019

 

 

Togo, Présidentielle de 2020 : Le CAR dans la tourmente

 

Togo, Processus électoral : Y a-t-il eu vraiment révision des listes électorales ?

Fraternité
revision de liste electorale
Photo : DR

Initialement prévue se tenir du 29 novembre au 1er décembre, sur toute l’étendue du territoire, l’opération de révision électorale a été prolongée au lundi 02 Décembre dernier. Soit, quatre vingt seize (96) heures d’opération d’enrôlement qui restent malheureusement bien loin du temps à impartir en faveur d’un fichier complètement actualisé.

Tel qu’annoncé par le gouvernement, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dans la droite ligne de sa course effrénée, amorcée depuis peu, pour un scrutin présidentiel au processus bâclé, est passée à l’acte. L’institution que préside Tchambakou Ayassor a effectivement déployé sur le terrain, dans le temps imparti, opérateurs de saisie (Ops) et matériels.

La révision vue par les Ops

Entre volonté et dévouement d’être au service de la nation et les réalités du terrain, les agents recenseurs n’ont pu satisfaire entièrement l’audience mobilisée à différents niveaux pour la circonstance. En effet, si la Ceni s’est employée à déployer, dans le temps, les agents dans leur centre de recensement respectif, les difficultés techniques ont été constatées ici et là. «La difficulté majeure que nous avons tous rencontré, puis que nous avons pu contacter aussi nos collègues, c’est celle liée à la lenteur des machines», nous a confié Sika, agent recenseur affectée au centre de recensement du CEG Boka, à Nyekonakpoe, à Lomé. Cette dernière, bien que relativisant les difficultés rencontrées, a reconnu l’impact négatif de cette lenteur sur l’ensemble de leur prestation. «Les machines ont trop traîné. Et à cause de cette lenteur, bien que nous avons réussi à enrôler entre 115 et 120 par jour, il y a malheureusement eu un grand nombre de gens que nous n’avons pas pu servir. Plus de 100 personnes sont restés sur le carreau», indique t-elle.

Pour Israël, affecté au centre d’enrôlement de l’Epp Zomayi, à Kpalime, les difficultés ont été beaucoup plus d’ordre organisationnel . «Normalement, le travail devrait démarrer le vendredi. Mais nous, jusqu’à midi, on était encore en attente à la Celi de Kloto, installant les kits et dans l’espoir de redéploiement», a-t-il constaté. « Notre équipe est arrivée en poste à 14h et les installations finissaient autour de15h. Ce qui fait qu’au premier jour, nous n’avons pu enrôler que 7 personnes», a-t-il précisé, avant de révéler que «la deuxième journée a essentiellement marquée par un problème d’imprimante. Mais nous avons pu enregistrer 23 personnes . C’est au dimanche qu’il y a eu un début d’affluence et nous avons pu enrôler 78 personnes. Dans l’ensemble, nous avons recensé 227 personnes », a-t-il précisé. Cependant, il n’a pas hésité à émettre son avis sur l’ensemble de l’opération. «Les précédentes opérations sont largement mieux que celle-ci », a estimé Israël.

«A notre niveau, le souci majeur a été un problème d’alimentation. Au premier jour, l’autonomie que les Pc ont n’a pas pu permettre d’enrôler plus de 4 personnes avant qu’ils ne s’éteignent. Ce souci n’a été réparé qu’au lendemain, deuxième jour de l’opération vers 10h. Donc on n’a pu travailler convenablement. Il y a donc eu une affluence impressionnante au dernier jour mais que notre retard accusé en début n’a pu permettre de régler. Nous étions dans l’obligation de dire à toutes ces personnes pourtant venues se faire enrôler de retourner chez elles », nous explique, pour sa part, Roland qui a opéré à l’Epc Immaculée Conception, toujours à Nyekonakpoe.

Révision, dites-vous ?

À la lumière de ces témoignages, l’on est en droit de légitimer la position de l’opposition et celle de la société civile qui réclament toutes, en lieu et place d’une simple révision électorale, un recensement électoral en bonne et due forme, garantie d’un scrutin crédible dont les résultats pourraient s’imposer à tous. Mais dans le cas d’espèce, les réalités du terrain viennent conforter ces acteurs lorsqu’on sait que la révision, par essence n’est pas de nature à garantir un fichier fiable. Déjà même que l’opération de recensement qui a conduit à la mise en place de fait du fichier actuel a été tout sauf crédible. Au point que les USA n’ont pu trouver de notes favorables pour le comptabiliser dans les critères d’éligibilité au programme MCC.

C’est à croire donc que la méthode de restriction volontairement imposée par le pouvoir de Lomé pour empêcher la majorité d’électeurs à se mettre dans les conditions, puisque se reposant sur le fichier actuel renfermant en majorité un électorat acquis à la cause du pouvoir, a été mis à nu par Dame nature.

Et dans la posture actuelle, l’on tend encore à avaliser cette forfaiture qui n’a de sens que pour légitimer l’illégalité, par la force de la force, de l’arbitraire et de la roublardise.

De ce fait, la révision telle qu’a été menée, malgré la prolongation jouée, ne s’apparente à rien, si ce n’est une mise en scène pour renforcer une dictature qui n’a que trop duré.

Fraternité N°339 du 04 décembre 2019

 

 

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Stanislas Baba, coordonnateur MCC Togo
Stanislas Baba, coordonnateur MCC Togo | Photo : DR

Le processus électoral devant aboutir à l’élection présidentielle de 2020 au Togo est conduit d’une main de fer. Une posture dénoncée par l’opposition et certaines organisations de la société civile qui réclament de meilleures conditions d’organisations. Des critiques profondes qui pourraient plomber le sésame du Togo pour le Programme « Compact » du Millennium Challenge Account en 2021. Explications !

Le Millennium Challenge Corporation (Mcc) qui conduit Millennium Challenge Account, un fonds de développement bilatéral des Etats Unis, tiendra sa traditionnelle réunion de fin d’année en ce mois de Décembre pour approuver l’éligibilité de certains pays aux différents programmes dont le Compact Program. Un programme accompagné d’une enveloppe financière d’environ 500 millions de dollars (environ 250 milliards de FCFA), désiré ardemment par le gouvernement togolais après avoir obtenu des financements du « Threshold Program » (Programme de Seuil). Surtout que pour l’année 2020, le Togo n’a pas réuni les conditions d’éligibilité à ce programme prisé par les pays en voie de développement, faute à l’organisation unilatérale des élections législatives de décembre 2019.

Programme Compact en 2020, c’est raté…

En effet, selon la carte des scores publiée début novembre par le Millenium Challenge Corporation (MCC), le Togo a validé 14 indicateurs sur les 20. Ainsi, le Conseil d’administration du MCC a indiqué que le Togo a montré une certaine amélioration dans des domaines tels que l’égalité des sexes et la gouvernance. Le pays a progressé dans l’intégration des femmes dans tous les aspects de l’économie et a donné la priorité à l’éducation des filles. Le Togo a poursuivi sa performance relative sur les indicateurs clés de la santé, tels que les dépenses relatives à la santé et au relèvement des taux de vaccination. Mais, il n’a pas validé l’indicateur critique et important qui concerne le droit politique. Sur cet indicateur le pays de Faure Gnassingbé est accrédité d’une note lamentable de 15 sur 100.

Ce qui suscite des remous au sein de la Cellule nationale du MCC. « Le Togo a en réalité validé 15 critères, y compris les droits politiques qui n’ont pas été pris en compte. Nous avons manifesté notre désaccord au MCC. Il n’est pas possible qu’une institution de cette importance ne sache pas que les élections législatives ont eu lieu conformément à la feuille de route de la CEDEAO et que c’est en toute liberté que l’opposition a choisi de ne pas y participer. Il n’est pas normal que le MCC ne sache pas que le Togo a organisé avec succès des élections législatives », a protesté Stanislas Baba, coordonnateur de MCA/MCC-Togo, le 13 novembre dernier, après la publication de la carte des scores.

Sans les principaux partis d’opposition qui avaient dénoncé des « irrégularités » et demandé des réformes avant la tenue du scrutin, UNIR, le parti au pouvoir a conservé à l’Assemblée Nationale sa majorité avec 59 sièges sur 91. Le parlement connaît par ailleurs une forte hausse du nombre de députés indépendants (18) dont la plupart ont des affinités avec le pouvoir. L’Union des forces de changement (UFC), alliés du parti au pouvoir et quatre autres formations se partagent les quelques sièges restants.

Cependant, le 08 mai 2019, le gouvernement parvient à faire voter à la quasi-unanimité une révision constitutionnelle permettant à Faure Gnassingbé de se maintenir au moins jusqu’en 2030. Ce dernier, en réinstaurant la limite du nombre de mandats présidentiels tout en la « remettant à zéro », peut se maintenir au pouvoir au-delà de son troisième mandat en cours, devant s’achever en 2020. « Une réforme taillée sur mesure » pour le fils du Feu Gal Gnassingbé Eyadéma a dénoncé l’opposition.

Les chances de voir le Millennium Challenge Corporation MCC validé l’indicateur droit politique sont quasi nulles. Cette institution américaine est réputée pour sa rigueur et son indépendance vis-à-vis des politiques. Et malheureusement, la Togo pourrait vivre la même désillusion en 2021.

C’est déjà mal parti pour 2021 …

Depuis l’enclenchement du processus électoral pour la présidentielle de 2020, les partis politiques de l’opposition et la société civile réclament toujours de meilleures conditions de transparences. Spécifiquement, ils demandent un fichier électoral fiable, la recomposition de la CENI et ses démembrements et la Cour constitutionnelle. Pour ce scrutin qui recèle plusieurs enjeux, l’opposition refuse d’être « cantonnée dans un rôle d’accompagnateur ». Le Mercredi 27 novembre dernier, le Front citoyen Togo debout qui regroupe d’autres organisations de la société civile a battu le pavé à cet effet.

Ainsi, les remarques pertinentes du MCC qui l’on obligé, à ne pas accorder le programme Impact au Togo sont en train d’être réunies pour la présidentielle 2020. Avec un rejet généralisé du processus électoral. L’organisation consensuelle de cette élection est donc une obligation si le Togo veut obtenir les 500 millions de dollars du programme. Mais, à en croire Gilbert Bawara, ministre de la fonction publique, le processus ne peut plus faire marche arrière.

En outre, le gouvernement n’a toujours pas procédé à la révision de la loi sur les manifestations comme indiquée par les rapporteurs des Nations Unies. Pour s’y soustraire, les sécurocrates du pouvoir inventent des stratagèmes qui n’ont rien à envier aux scénarii des films hollywoodiens.

En somme, le Togo est déjà mal parti pour espérer être éligible au programme Compact en 2021. De toutes les façons, cette manne financière destinée principalement à la réduction de la pauvreté, face à la corruption érigée au sommet de l’Etat, risque de ne pas profiter aux populations. Toutefois, pour revenir dans la course au compact, les autorités du pays savent quoi faire.

Source : Fraternité N°339 du 04 décembre 2019

 

 

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Elections au Togo

La présidentielle de 2020 devra se tenir dans la période du 19 Février au 05 mars. Sous peu donc, les togolais se donneront rendez-vous dans les urnes pour l’élection de leur Président de la République. À quelques semaines de cette échéance cruciale dans l’agenda politique du pays, les candidatures affluent de tout part. A ce jour, elles sont au total douze (12). Une belle brochette de candidats et courtisans aux ambitions tant diverses que démesurées.

Ça se précise !

Plus les jours passent, plus les choses se précisent. De trois jours annoncés par le gouvernement, la révision des listes électorales a été prolongée de vingt quatre (24) heures supplémentaires. A la rigueur, que de problèmes, de Lomé à Dapaong en passant par Aného, Kpalimé, Sokodé ou encore Kara. Panne de l’imprimante, souci d’énergie électrique, lenteur des opérateurs de saisie (Ops)… les conditions étaient donc réunies pour ne pas satisfaire les électeurs. Qu’à cela ne tienne, les cris de détresse aussi bien des agents techniques de la Ceni que des potentiels électeurs n’auraient pas suffit à contraindre le gouvernement à revoir sa copie. Au contraire, l’exécutif national continue de dérouler son agenda, mettant donc le cap sur la prochaine étape, celle de publication des listes électorales qui se seraient actualisées au gré, en attendant la convocation du corps électoral. Pendant ce temps, dans sa dernière sortie médiatique, Gilbert Bawara a sifflé la fin de tout espoir de la moindre réforme espérée avant 2020.

Toutefois, les dissensions restent énormes au sujet du processus devant mener au scrutin de 2020. Ceci, au point que des organisations de la société civile et partis de l’opposition montent au créneau pour dénoncer, à travers des marches de protestation, un processus biaisé, de nature à hypothéquer la crédibilité, la transparence et la sérénité du scrutin.

2020… les candidatures s’empilent

Pendant que les courtisans, des politiciens affairistes, des militants vuvuzelas du pouvoir et autres associations fantoches appellent, à tout cri, à la candidature de Faure, sujet au coeur des débats, tout semble dire que le prochain scrutin présidentiel sera, à ne point douter, le plus pléthorique en termes de candidatures enregistrées. Et pour cause, l’on a déjà enregistré une bonne douzaine de postulants.

«Après analyse des enjeux inhérents à la situation politique de notre pays, le bureau politique de notre parti décide que Agbéyomé Messan KODJO est désigné comme candidat du MPDD à la prochaine élection présidentielle de 2020 », lit-on dans la note du bureau Directeur du parti Mpdd. Mais avant, l’opinion nationale a déjà compté les candidatures d’autres acteurs dont celle de Jean-Pierre Fabre de l’Anc. «J’accepte la mission que vous me confiez. J’accepte de poursuivre avec vous, sans relâche, la lutte commune de libération du Togo et du peuple togolais. J’accepte d’être le porte-étendard de l’ANC et de l’ensemble des populations togolaises qui ont toujours soutenu notre combat », a déclaré le Président du parti orange, à la clôture des travaux du deuxième congrès ordinaire de l’Anc, tenu mi octobre dernier. Outre M. Kodjo et Fabre, Ekoué Gamessou Kpodar, un ex fonctionnaire du FMI qui prône «l’idéal d’un Togo nouveau», le député Gerry Taama, président du parti Nouvel Engagement Togolais et Aubin Thon, Président de Nouvelle Vision (Novi), rentré des Etats-Unis sont également sur la ligne de départ. Complétant ainsi la liste des acteurs politiques, en attendant celui sur qui portera le choix du parti l’Unir pour être le porte-étendard du régime cinquantenaire de Lomé.

La foire des plaisantins

La suite des candidatures déclarées n’aura donc été qu’un conglomérat d’acteurs jusque-là méconnus du grand public qui veulent solliciter le suffrage du peuple pour la réalisation de leur rêve. Dans l’ensemble, cela ressemble d’ores et déjà à une foire de plaisantins. Mieux, une représentatinon comique qu’orchestrent des aventuriers, conteurs de fée et amuseurs de galeries. En quelque sorte, une sorte de gesticulations bien motivées par le business politique pour n’importe quel animal de la forêt, en mal de sensation et qui veut se donner des airs en s’invitant à la table des fauves. Sans doute une ruée sans précédent bien motivée par les 75 millions Cfa de butin en attente d’être servis, à encore nombre d’observateurs.

Nécessité de restaurer l’image du pays

En plus d’être une bonne blague, une analyse objective de cette panoplie de candidatures enregistrées exprime bien l’inquiétude et la peur du lendemain, des sentiments toujours exprimées par les togolais tout au long de ces dernières années. Autrement, la soif de l’alternance des togolais qui, pris entre la politique dogmatique d’un pouvoir avide et insaisissable et une opposition en manque de stratégie, se jettent à l’eau, corps défendant, dans l’espoir d’incarner, avec l’aide d’un coup de baguette magique, l’espoir tant nourri mais toujours dissipé.

Aussi, cela exprime combien le Togo est à la merci de la nature au point où tout quidam, soit par utopie, soit victime de l’injustice sociale et la prospérité non partagée, sort de son carcan pour prétendre le diriger. Et l’un mis dans l’autre, il ressort que le Togo a besoin de faire redorer son image. Et cela passera par une politique de transparence qui garantira l’équité et l’alternance. Et non la manipulation des chiffres aux fins de se faire passer pour un des pays réformateurs en vue dans le monde, sans Grand impact sur le quotidien du togolais.

Source : Fraternité N°339 du 04 décembre 2019

 

 

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