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Les employés de la CNDH remontés contre une décision de la présidente

Il y a visiblement de l’électricité dans l’air à la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH). Les employés de cette organisation se sont vus suspendre leurs gratifications de fin d’année.

Chaque fin d’année, les employés de la CNDH obtiennent des gratifications, et ce depuis l’époque de Me Yaovi Madji Agboyibo, a-t-on appris. Malheureusement une décision en date du 2 décembre 2019 vient changer la donne. Les gratifications de ces employés apparemment sans statuts sont suspendues sans concertation aucune avec ces derniers.

Les employés de la CNDH disent ne pas être d’accord avec cette décision « arbitraire» qu’ils qualifient d’unilatérale. Ils promettent protester contre cette « injustice » dont ils sont victimes.

« Pourquoi c’est à la veille des fêtes de fin d’années qu’elle (nldr, Polo Nakpa) suspend nos gratifications ? Elle est comme un 13èm mois pour nous. Jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas de statut particulier. On est démoralisé », s’est lamenté un employé.

Selon les informations, pour sa défense Mme Polo Nakpa, présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) aurait justifié cette décision par le fait que l’organisation ne fait pas de recettes et par conséquent il devient utile de suspendre certaines dépenses.

Des sources ont confirmé que la CNDH aurait abandonné son ancien local pour un autre moins coûteux à cause de l’état de ses finances.

Pour certains employés, même s’il faudrait prendre des décisions allant dans le sens de réduction des dépenses, la suspension des gratifications n’est pas la solution car pour eux, c’est l’équivalent du 13ème mois comme dans certaines entreprises.

Nicolas K

 

 

Les employés de la CNDH remontés contre une décision de la présidente

 

Sabotage : Le Symposium régional sur l’intelligence artificielle à Aného tourne au fiasco

La ville d’Aneho devrait accueillir, des 16 et 17 décembre derniers, un symposium régional sur l’intelligence artificielle. Initiative conjointe de l’UNESCO, de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de la CEDEAO et de l’UEMOA, avec le soutien du gouvernement et particulièrement le ministère des Postes, de l’Economique numérique et des Innovations technologiques, ce colloque, le premier qui devait se tenir au Togo, devrait rassembler plus de 200 personnes venues d’Afrique et d’Europe.

Pour l’OIF, « Ce symposium régional s’inscrit en suivi de l’atelier de sensibilisation des acteurs du numérique sur les technologies émergentes, en particulier les données massives (big data) et l’intelligence artificielle, organisé par l’OIF du 20 au 23 mai 2019 à Woelab Prime à Lomé. Il puise également ses fondements de la stratégie 2020 de l’OIF, adoptée au sommet de Kinshasa en octobre 2012.

Celle-ci définit la vision et les axes stratégiques d’intervention de l’OIF à l’horizon 2020 pour répondre à la demande des chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet de Montreux en 2010 dans le domaine du numérique. La stratégie 2020 de l’OIF vise à contribuer à l’émergence d’une société de l’information démocratique, inclusive, ouverte et transparente qui favorise la diversité culturelle. Enfin, elle milite pour un développement durable, se fondant notamment sur l’utilisation des TIC vertes et de l’intelligence artificielle.

Comment l’intelligence artificielle va-t-elle modifier l’humain ? Quelles sont les limites juridico-éthiques à ne pas franchir ? Comment l’intelligence artificielle va-t-elle révolutionner l’éducation dans sa globalité pour favoriser l’atteinte de l’ODD4 ? Quelles en sont les applications concrètes ? Quelles modalités de la relation apprenant/éducateur peuvent-elles se présenter plus favorables pour la circulation et l’appropriation des savoirs et le développement des compétences ? Comment exploiter l’intelligence artificielle pour faire face aux défis sécuritaires dans les zones et pays en proie aux conflits et aux agressions terroristes ? La problématique se décline en toutes ces interrogations.

L’objectif consiste à donner l’opportunité aux participants d’échanger, de nouer des partenariats, d’exposer leurs innovations et de s’imprégner davantage des enjeux et opportunités de l’IA en Afrique, afin de renforcer les capacités des Etats, décideurs politiques, dirigeants du secteur privé et de la société civile, dans l’appropriation de l’IA.

Ministres, parlementaires, présidents d’institutions de la République, Cour suprême, Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, instances de protection des données personnelles, magistrats, avocats, professionnels du digital et de l’IA, professeurs et enseignants-chercheurs, innovateurs, start-up, chefs d’entreprises, représentants des collectivités territoriales, des ONG, des partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, relevant de l’UA, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’AFD, de la BAD, de l’AUF, de l’OIF, de la Banque mondiale et des institutions financières de la région CEDEAO étaient attendus à Aného pour échanger durant 2 jours sur une dizaine de thèmes.

Sur le site internet dédié au colloque, on note presqu’une vingtaine d’intervenants, notamment Cina Lawson, ministre des Postes, de l’Economie numérique et des Innovations technoligiques du Togo, Aurelie Soule Adam Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation du Bénin, Eric Adja, Directeur Régional OIF /BRAO, Ydo Yao, Directeur régional UNESCO, Jean-Martin Jaspers, Directeur du Centre des hautes études (CHEMI),Ministère de l’intérieur, France, Victor AGBEGNENOU, inventeur du PWCS France, Colonel Guelpetchin Ouattara, Directeur de l’informatique et des traces technologiques ( DITT), ministère de l’intérieur Cote d’Ivoire, Alexis Aquereburu, Maire de la Ville d’Aneho, entre autres.

Ville d’Aneho : pôle d’attraction et de discorde

La ville d’Aneho a été désignée par les organisateurs pour abriter ce colloque au Togo et devrait servir à l’avenir de pôle d’attraction pour l’intelligence artificielle. A l’issue des travaux, il devrait être procédé à la pose de la première pierre d’un centre régional de l’intelligence artificielle au Togo, faisant de la ville un futur pôle technologique. Une logistique a été déployée dans la ville côtière pour abriter cet évènement de taille, plus de 200 participants venant de l’extérieur avaient déjà rallié la capitale Lomé et été logés dans les hôtels de la place.

Des bus ont été loués par les organisateurs pour convoyer chaque jour les participants de Lomé à Aneho. Bref tout était en place pour l’ouverture de ce symposium. Pendant que tous les participants étaient à Lomé, à la veille de l’ouverture du colloque, le Maire de la Ville d’Aneho ; comme un coup de tonnerre, fait envoyer ce message à ses collaborateurs : « Bonjour Madame et Messieurs les Conseillers, Monsieur le Maire vous informe du report du Symposium sur l’intelligence artificielle sur une date ultérieure. Il vous remercie pour vos engagements et votre disponibilité et surtout pour tous les efforts que vous avez déployés ces derniers jours pour l’évènement tant souhaité. Encore une fois merci à vous tous. Toutefois il faudra que vous gardiez espoir pour l’avenir ».

Contacté, par la Rédaction, plusieurs conseillers de la Ville d’Aného parlent d’un sabotage venant de certains caciques du régime RPT-UNIR qui ne voyaient pas d’un bon œil le choix de la ville d’Aneho pour non seulement abriter ce colloque, mais aussi le futur centre technologique régional.

Il existe au Togo certains décideurs au sein du régime cinquantenaire, pour des raisons obscures souvent motivés par le régionalisme, sont prêts à tout pour saboter toute initiative qui se tient dans une autre ville à part la leur. La ville côtière vient d’être victime de cette pratique nuisible au développement du pays depuis 53 ans et la colère monte parmi les populations. Les organisateurs de ce colloque auraient choisi Pya, Kara, Pagouda, Sotouboua que leur projet aurait eu lieu sans histoire.

Le Togo serait-il dans un système d’apartheid qui ne dit pas son nom? Dieu seul sait le nombre de projets qui n’ont pas abouti au Togo parce que les initiateurs n’ont pas fait le choix de telle ou telle localité. Ce sabotage est intervenu au moment où la Secrétaire générale de l’OIF, l’une des structures organisatrices, était en séjour à Lomé. L’ensemble des participants venus de l’extérieur qui étaient tous déjà dans les hôtels de la capitale togolaise ont dû reprendre leurs avions pour rentrer dans leurs pays respectifs en gardant du Togo l’image d’un pays où tout est possible. Pendant que l’on clame sur tous les médias que le Togo est le premier pays réformateur en Afrique et qu’il est sur le chemin de l’émergence, le fiasco du symposium d’Aného, juste pour les humeurs de certains individus, montre à suffisance que ce pays est encore loin de basculer dans la modernité.

Quant aux populations d’Aného, elles pourront se faire une idée après ce sabotage de la place qu’occupe leur ville dans la politique de développement du parti RPT/UNIR et des caciques du régime qui viennent à chaque élection solliciter leurs suffrages. La présidentielle est prévue au 22 février 2020, elles pourront encore voter massivement pour ceux qui, dans leurs cercles de décision, nourrissent une aversion pour leur ville et travaillent à son retardement.

Dans le système RPT/UNIR, les moutons marchent ensemble, mais ils n’ont pas le même prix. Bonjour au passage au Maire RPT/UNIR de la ville d’Aného, Me Alexis Aquereburu et à sa nièce Cina Lawson ministre des Postes, de l’Economie Numérique (sic) et des innovations technologiques ! Dans la jungle RPT/UNIR, la vie est vraiment belle (Sic)!

 

 

Sabotage : Le Symposium régional sur l’intelligence artificielle à Aného tourne au fiasco

 

Présidentielle 2020 : Faure Gnassingbé, ira ou ira pas ?

Au parti au pouvoir, on entoure de mystère la participation du candidat du RPT/UNIR à la présidentielle de l’année prochaine. Le candidat que tout le monde connaît d’ailleurs, semble se faire prier pour s’annoncer publiquement.

Selon les informations qui viennent de nous parvenir, les cadres du parti au pouvoir sont en conclave pour préparer le congrès qui devrait voir la désignation du candidat du RPT/UNIR à la présidentielle de 2020.

Il y a quelques semaines, ce sont les militants de ce parti (selon ce qui a été servi comme information) qui étaient descendus dans les rues à Blitta pour demander à Faure Gnassingbé de se déclarer publiquement candidat à l’élection présidentielle de 2020.

Une manifestation qu’on a qualifiée dans certains milieux de folklore, puisque la majorité des Togolais ne voit d’un bon œil le quatrième mandat que veut s’offrir le « champion » d’UNIR.

Tout ce tintamarre et même le silence de Faure Gnassingbé ne semblent émouvoir des esprits avertis qui connaissent bien le système. A en croire de nombreux observateurs, Faure Gnassingbé n’a pas fait ces réformes superficielles pour déclarer le lendemain qu’il ne participera pas à l’élection présidentielle de 2020.

Et donc la question de la participation de Faure Gnassingbé ne doit pas préoccuper. Il faut plutôt s’interroger sur le processus électoral et sa crédibilité. En tout cas pour le moment, il est décrié, et nombreux sont des voix qui s’élèvent au sein des partis d’opposition et de la société civile pour demander l’arrêt de ce processus pour un dialogue pouvant aboutir à un consensus.

Et là aussi, il ne faut pas véritablement compter sur le régime qui a tout verrouillé. Dans tous les cas, Faure Gnassingbé compte bien faire partie de la course, à moins d’une surprise.


I.K

 

 

Présidentielle 2020 : Faure Gnassingbé, ira ou ira pas ?

 

Togo, Piraterie maritime : Nouvelle attaque des pirates, 20 personnes kidnappées

L'Independant Express
Le navire DUKE | Photo : Maritine Traffic

Un nouveau navire a été attaqué par des pirates dans le golfe de Guinée à proximité du 04 00N 002 05E, à 130 nm au sud-est de Lomé Togo selon Maritime Security, à 8 h 00 UTC le 15 décembre, dimanche dernier donc.

Le navire n’a pas été identifié, mais selon les informations disponibles, il s’agit du pétrolier DUKE, en route de Luanda à Lomé. Un seul équipage aurait évité les pirates, les autres auraient été enlevés.

Les gestionnaires du pétrolier (pétrolier «DUKE») signalent que le contact a été perdu avec le navire aux premières heures de la matinée (15 décembre), heure locale. Le navire battant pavillon de l’île Marshal se trouvait à quelques 110 milles au sud-est de Lomé, au Togo, où il se dirigeait vers le déchargement d’une cargaison de mazout chargée à Luanda.

Il est entendu par le centre de signalement du piratage de l’IMB et le MDAT-GOG qu’il y a eu une attaque de pirate entre 7 h 00 et 8 h 00, heure locale, impliquant l’enlèvement de l’équipage, laissant un jeune marin nigérian à bord. Il reste à confirmer que cette attaque impliquait le MV DUKE qui a à son bord un équipage de 20 ressortissants indiens et un ressortissant nigérian.

Les propriétaires et les gestionnaires du MV DUKE travaillent en étroite collaboration avec les autorités locales compétentes et l’État du pavillon pour essayer d’établir un contact avec le navire et l’équipage, leur bien-être et leur sécurité étant au centre des préoccupations et des préoccupations actuelles d’après des informations parvenues à notre rédaction.

Les managers contactent les familles des membres d’équipage pour les tenir pleinement informées de la situation.

Cette nouvelle attaque aux abords des côtes togolaises est la preuve indéniable de l’insécurité qui y règne depuis des années, et que nous rappelons à la moindre occasion.

Les causes sont connues. La Guéguerre historique entre le Colonel Takougnadi (Préfet maritime) et le Ministre conseiller à la mer, Stanislas Baba que nous exposions dans nos précédentes parutions est sans doute la cause principale de cette insécurité sur nos côtes.

En outre, comme nous le disions, d’autres problèmes non diffusés minent la préfecture maritime et sont à l’origine d’incidents récurrents.

En matière de lutte contre la piraterie, le Togo est loin d’assurer une meilleure sécurité maritime aux opérateurs. L’incompétence des autorités en charge n’est plus à démontrer.

La défaillance constatée fait planer des soupçons sur les autorités togolaises qui ne semblent pas ménager des efforts professionnels pour endiguer le mal. La sécurité maritime d’après un coopérant est en panne au Togo. Sur toute la côte, il n’ y a que le Togo qui se trouve être la cible. Ce qui revient à douter de la crédibilité et la bonne foi des autorités togolaises sur la lutte. D’aucuns vont jusqu’à établir une complicité des gardiens togolais avec les pirates. Informations qui restent à confirmer.

Pourtant, promesse a été faite depuis le sommet sur la sécurité maritime et les moyens ont été engagés avec les partenaires pour lutter contre la piraterie maritime. Contre toute attente, c’est l’effet contraire que nous observons et les attaques des pirates deviennent de plus en plus fréquentes.

Les sociétés de gardiennage et les agents chargés de la sécurité sont interpellés si le gouvernement, à travers le Haut Conseil à la Mer n’est pas informé du dysfonctionnement de la sécurité maritime au Togo.

De plus amples informations seront fournies au fur et à mesure que nos investigations se poursuivent.

Eric G.

Source : independantexpress .net

 

 

Togo, Piraterie maritime : Nouvelle attaque des pirates, 20 personnes kidnappées

 

Togo, Présidentielle 2020 : Mise à contribution prématurée des militaires pour le mandat de trop de Faure Gnassingbé ?

Le Correcteur
militaires pour faure gnassingbe
La soldatesque de Faure Gnassingbé dans les rues de Lomé, Togo | Archives : DR

Il y a un peu plus d’un mois, nous faisions écho de la manière dont des Togolais ont été ramassés de nuit par un camion militaire aux environs de 21 heures à Avédji et transportés pour une destination inconnue. Certains seront libérés trois mois après. Pendant tout ce séjour dans un camp de travaux forcés sans raison, ils ne trouveront même pas d’eau pour se laver, ne serait-ce qu’une seule fois.

Aujourd’hui, il s’agit de deux compatriotes parmi tant d’autres dont la mésaventure entre les mains de nos militaires dans la nuit du 27 au 28 novembre met largement en lumière l’arbitraire et les violations systématiques des Droits de l’Homme dans le pays à quelques mois de la présidentielle de trop à laquelle cherche à se présenter coûte que coûte Faure Gnassingbé. Suivez la narration par l’une des victimes de l’événement.

« Dans la nuit du 27 au 28 novembre 2019, l’un de mes cousins dont la femme venait d’accoucher à Davié arrive chez moi. Son objectif, bénéficier de mon assistance pour enterrer le Placenta. Il arrive chez moi après lui avoir demandé de venir me trouver au bord du goudron de Togblé. De là, je l’ai pris sur ma moto à mon domicile. La cérémonie faite, il s’est ensuite lavé et nous avons pris le dîner ensemble. Vu l’heure qu’il faisait, je lui ai demandé de passer la nuit chez moi. Il m’a dit qu’il doit partir parce qu’il a garé sa voiture au rond-point de Davié et craint qu’on n’en vole des éléments ou le véhicule carrément. Il m’a alors demandé de le déposer au bord du goudron de Togblé. Ainsi il prend un transport en commun pour aller prendre la voiture à Davié.

Je l’ai pris sur ma moto et nous sommes arrivés à Alenka dans le secteur de Togblé où nous avons été arrêtés par des militaires qui nous ont demandé là où nous allons. Je lui ai répondu que c’est un cousin dont la femme a accouché et je l’ai aidé à enterrer le placenta. Je suis en train d’aller le déposer au bord du goudron pour qu’il aille chercher sa voiture. Ils nous ont demandé nos cartes, nous les avons sorties. Ensuite ils ont demandé les pièces de la moto. Je les ai sorties aussi. Ils nous ont laissés là un instant puis nous ont demandé de disposer. Un peu plus loin, on croise un autre groupe de militaires qui nous demandent nos cartes et les pièces de la moto. Nous les avons sorties puis ils nous intiment l’ordre de les mettre en poche. Ce qui a été fait. L’autre question est de savoir là où nous avons laissé les armes que nous avons prises. Nous leur avons répondu que nous n’avons pris aucune arme. Brusquement, ils nous ont tous encerclés avec des bâtons en l’air et nous demandent de nous coucher à plat ventre. Commence alors la séance de bastonnades.

Il y avait d’autres usagers de la voie publique arrêtés comme nous. Un monsieur à bord de son véhicule avec sa femme. J’ai identifié une vieille aussi. Sans ménagement, nous avons subi la foudre de ces hommes en uniforme. Là où je me trouve présentement, mes fesses sont enflées et couvertes d’hématomes. Je ne peux pas m’asseoir, mes bras sont enflés, tout mon corps endolori. Maintenant ils me demandent de courir. Je cours et ils me demandent de m’arrêter et de revenir prendre ma moto. Je reviens et le temps d’enfourcher la moto, des coups pleuvent à nouveau. Je démarre la moto et j’arrive vers les rails au niveau de Togo Grain et un autre groupe nous arrête. Je leur explique que nous venons d’être frappés par leurs collègues plus loin et ils portent eux aussi leurs bâtons sur nous. A leur niveau ils ont aussi arrêté des passants qu’ils rouaient de coups de bâtons. Le fils de mon oncle est resté au sol sous l’effet des bâtons et ne peut se relever. J’ai pris la moto et j’ai fui pour aller me cacher dans l’obscurité »

C’est aussi ça le Togo.

Nicolas S.

Source : Le Correcteur

 

 

Togo, Présidentielle 2020 : Mise à contribution prématurée des militaires pour le mandat de trop de Faure Gnassingbé ?

De l’illusion à la réalité : Le Togo classé 204è sur 228 pays à l’IDH du PNUD

Liberté Togo
Faure Gnassingbe echec d une doctrine
Faure Gnassingbé et l’énorme poids de l’échec de sa gouvernance sur les épaules | Infog : 27avril.com

Depuis la surprise du classement du rapport Doing business sur le Togo, plus aucune autorité publique n’a le droit de prononcer de discours sans faire allusion au « bond spectaculaire ». A commencer par le candidat non encore déclaré du RPT/UNIR. Mais lorsqu’un autre rapport, considéré plus réaliste au vu des éléments qui le fondent, vient rappeler que le Togo n’est pas vraiment ce que la Représentante de la Banque Mondiale chante, on se demande ce que donnent l’intersection de ces deux rapports d’une part, et leur union avec les rapports successifs du Fonds monétaire international (FMI) en matière de croissance inclusive au Togo d’autre part.

Le classement 2019 de l’Indice de développement humain (IDH) ne doit pas faire sourire à la présidence togolaise. Parce que deux mois ne sont pas encore passés depuis la jubilation suite au classement Doing Business de la Banque Mondiale que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) vient doucher l’élan des autorités togolaises.

Le Togo vient d’être classé 204ème sur 228 pays. Lu dans l’autre sens, le Togo fait partie des 25 pays où le développement est loin des standards. Mais quels sont les critères pris en compte pour en arriver là ?

L’Indicateur de Développement Humain, ou I.D.H. a comme objectif d’essayer de mesurer le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique mesuré par le Produit intérieur brut (PIB) ou le PIB par habitant. Il intègre donc des données plus qualitatives. C’est un indicateur qui fait la synthèse (on l’appelle indicateur composite ou synthétique) de trois séries de données :

La santé / longévité (mesurées par l’espérance de vie à la naissance), qui permet de mesurer indirectement la satisfaction des besoins matériels essentiels tels que l’accès à une alimentation saine, à l’eau potable, à un logement décent, à une bonne hygiène et aux soins médicaux.

Le savoir ou niveau d’éducation. Il est mesuré par la durée moyenne de scolarisation pour les adultes de plus de 25 ans et la durée attendue de scolarisation pour les enfants d’âge scolaire. Il traduit la satisfaction des besoins immatériels tels que la capacité à participer aux prises de décision sur le lieu de travail ou dans la société.

Le niveau de vie (logarithme du revenu brut par habitant en parité de pouvoir d’achat), afin d’englober les éléments de la qualité de vie qui ne sont pas décrits par les deux premiers indices tels que la mobilité ou l’accès à la culture.

L’I.D.H. est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.). Il se présente comme un nombre sans unité compris entre 0 et 1. Plus l’I.D.H. se rapproche de 1, plus le niveau de développement du pays est élevé. Le calcul de l’I.D.H. permet l’établissement d’un classement annuel des pays.

Et Faure Gnassingbé inventa son classement !

Dans une tribune publiée dans le journal panafricain « Jeune Afrique », le « plus grand réformateur en Afrique » estime que « le Togo a compris que son potentiel réside dans la capacité à s’ouvrir et à s’adapter dans un monde en pleine mutation…Aujourd’hui, grâce à ces actions, nous avons le taux de chômage le plus bas en Afrique ». Autrement dit, le rapport de la Banque Mondiale serait incomplet ! Puisqu’en plus d’être 3ème réformateur du monde et 1er en Afrique, Faure Gnassingbé apprend aux populations togolaises que le pays compte le plus bas taux de chômage du continent ! Faut-il en rire ou pleurer ? Les probables futurs licenciés de la société privatisée Togocom apprécieront. Et pourtant, un rapport du PNUD affirme qu’entre 2011 et 2015, le taux de sous-emploi a progressé, passant de 22% à 24,9% malgré une baisse du taux de chômage ; 53,5% de la population vit sous le seuil de pauvreté ; la pauvreté endémique dans le monde des agriculteurs a atteint 72,6%.

« L’homme nouveau » a poursuivi dans l’embellie. « Beaucoup de chemin a été parcouru par le peuple togolais et nous sommes déterminés à créer les conditions d’un partage de la prospérité partagée, mais nous le faisons avec méthode, engagement et détermination…Tout est désormais à notre portée pour une prospérité de tous et pour tous », a embrayé Faure. En d’autres termes, plus besoin de croire au taux de croissance du FMI sur le Togo, à court et moyen terme ; désormais, « sous le leadership éclairé » de Faure Gnassingbé, le lait et le miel sont pour très bientôt ! Car, « tout est désormais à notre portée ». Soit dit en passant, à moins que le taux de croissance actuel qui oscille entre 5,1 et 5,4% à moyen terme ne connaisse un bond spectaculaire pour atteindre au moins 7%, le Togo végètera dans les catacombes des pays pauvres sans ressources naturelles. Puisque ses ressources naturelles n’arrivent pas à atteindre 20% des recettes d’exportation à ce jour.

Godson K.

Spurce : Liberté

 

 

De l’illusion à la réalité : Le Togo classé 204è sur 228 pays à l’IDH du PNUD

 

Togo, Pascal Bodjona, la Chronique d’une symphonie inachevée : Sortir maintenant ou Disparaître à jamais !

Kpatima News
pascal bodjona togo
Pascal Bodjona | Infog : 27avril.com

Pascal A. Bodjona ! Ce nom, jadis incontournable dans la politique togolaise est en train de rentrer peu à peu dans la triste liste des gens ordinaires. La dernière apparition de cet ogre politique remonte au mois de septembre 2019 avec le somptueux mariage avec « sa chère, tendre et bien-aimée » Zaïna.

Depuis sa mise à l’écart du système Faure Gnassingbé, dont il a été l’un des architectes si ce n’est le ciment, Pascal est toujours resté à la périphérie du jeu politique togolais. Seulement, sa tentative de retour officielle dans la politique togolais par effraction au détour des locales n’a été qu’une parenthèse. Ses anciens camarades du RPT-UNIR, habitués à prendre des libertés avec le droit et le bon sens sont passés par là. Mais ce personnage, l’un des moins clivant sur la scène politique a été vu comme une alternative à Faure Gnassingbé. Oui, et pour cela, il a deux atouts. Il a le génie de pouvoir parler à tout le monde et il a une carrure d’homme d’État, même si ce second point est discutable.

Malgré tout, une partie de l’opinion croit toujours au retour au premier plan de l’ancien bras droit de Faure Gnassingbé. 2020 aiguisant les appétits, à part lui-même, qui a des ambitions aussi lourdes que son poids, beaucoup de regards se sont tournée vers. Mais le désespoir est en train de gagner les cœurs. À voir de près, Bodjona se dirige vers une retraite prématurée. Sinon c’est maintenant ou jamais

Deux retours ratés…

Pascal Bodjona a connu sa traversée du désert. Après sa sortie de prison, au-delà que quelques apparitions publiques, l’ex ministre Gros Format s’est retranché dans sa palace à Agbalépedo. Seuls quelques visiteurs du soir encore courageux et restés fidèle à lui, le visitent de temps en autre. Durant toutes ces années, l’homme de Kouméa n’aura fait aucune déclaration publique. Néanmoins il entretenait de belles et cordiales relations avec quelques leaders de l’opposition qui allaient s’entretenir régulièrement avec lui.

La crise née avec les malheureux évènements de 19 août 2017 aura le mérite de propulser à nouveau Pascal Bodjona au-devant de la scène. Et ceci grâce à son « ami » Nana Akufo-Addo. Au détour de la médiation menée dans la crise togolaise, plusieurs acteurs politiques togolais ont été consultés à plusieurs reprises aussi bien au Togo qu’à l’extérieur du pays. Parmi les personnalités qui ne sont pas directement des « crisologues » figurent l’ancien bras droit de Faure Gnassingbé. Ce dernier a été reçus au Ghana et au Togo par Nana Akuffo Ado nombre de fois.

Sa proximité avec le président ghanéen avait d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre et de salive. A un moment donné, certains ont tenté (vainement) de le vendre comme une alternative pouvant conduire une transition démocratie après un éventuel départ de Faure Gnassingbé qui trotte à la tête du Togo depuis plus de 15 ans après 38 bouclés par son géniteur.

Selon certaines indiscrétions, Faure Gnassingbé et son ancien Directeur de cabinet dans cette période se sont discrètement rencontrés. Il se murmurait que « l’homme simple » aurait même dissuadé son ancien collaborateur de continuer à entretenir les supposées relations qu’il aurait avec le Parti national panafricain de Tikpi Atchadam et l’ensemble de la Coalition de l’opposition. Mais en bon animal politique, Pascal Akoussoulèlou Bodjona su tirer son épingle du jeu et à continuer à jouer à équilibriste, espérant que son heure allait arriver. Mais c’est compter sans les maladresses de l’opposition togolaise et l’obsession du pouvoir en place à maintenir le statu quo sans oublier le jeu clair-obscur de la CEDEAO dans la gestion de cette crise. Dans une ambiance anxiogène, le pouvoir de Faure Gnassingbé a réussi à reprendre la main grâce à son nième passage en force avec les élections législative de décembre 2018 auxquelles n’ont pris part qu’UNIR et ses alliés naturels. Ainsi, peu à peu, Bodjona a vu ses chances de revenir sur la scène politique avec cette crise politique s’étioler.

L’autre tentative de retour dans le jeu politique pour Pascal Bodjona aura été les élections locales de juin 2019. Alors qu’il espérait devenir Conseiller municipal dans la commune d’Agoè 1, il finira par voir sa liste « sagement » invalidée par les tenants de l’ordre ancien.

Sa liste « Ensemble pour le Togo, E-Togo » de Pascal Bodjona. Liste qui a été invalidée par la Cour suprême après une pantalonnade judicaire. L’ancien ministre de l’administration territoriale, avait dénoncé « des méthodes peu orthodoxes … des gens tapis dans l’ombre » pour invalider sa candidature. Pour autant, M. Bodjona n’avait pas abandonné pas son désir et sa volonté d’agir pour un Togo épanoui.

Dans un communiqué rendu, Pascal Bodjona a indiqué que son équipe a été écartée de la course aux prochaines élections locales. L’ancien ministre de Faure Gnassingbé indexe des gens tapis dans l’ombre qui ont usé des méthodes peu orthodoxes pour parvenir à cette fin. « Par des méthodes peu orthodoxes, relevant des siècles antérieurs, des gens tapis dans l’ombre ont délibérément empêché ce désir de se réaliser », désapprouve Pascal Bodjona.

« Je voudrais les rassurer que je reste toujours mu par ce désir et cette volonté de servir et d’aider toute initiative visant à garantir l’épanouissement effectif de chaque togolaise et chaque togolais, même si cette possibilité de participer à ces élections m’a été arrachée de force par des artifices ubuesques et manifestement vils qui souillent l’image de notre cher pays », disait-il.

Dans sa note, M. Bodjona se dit convaincu que « c’est ensemble et par l’œuvre de chacune et de chacun des togolais que nous pourrons bâtir un Togo uni et prospère ».

C’est maintenant ou jamais…

Quoiqu’on dise, une partie de l’opinion a toujours vu en Bodjona un ticket gagnant pour prendre la succession de Faure Gnassingbé. De toute façon et à quelque exception, il fera l’unanimité au sein de l’opposition traditionnelle avec qui, il a toujours entretenu de bonnes relations.

Seulement, il est évident que l’ancien Directeur de cabinet de Faure Gnassingbé a raté d’innombrables occasions pour revenir dans le jeu. Il était attendu sur beaucoup de débats. Malheureusement les calculs politiciens auront eu raison de lui. Peut-être par peur de représailles (celui-ci ayant toujours une affaire somnolente au niveau de la justice que Faure utilise pour le chanter) ou carrément par choix personnel.

Dans l’opinion aussi et surtout au niveau des partisans de l’opposition, on voit Pascal Akoussoulèlou Bodjona désomais comme un opportuniste qui voudra à un moment donné profiter du fruit de la lutte des uns et des autres. Il lui est aussi reprocher sa position ambiguë après le rejet de sa liste lors des locales. « Quand on subit une injustice aussi flagrante comme cela, on ne se contente pas de faire de la littérature avec de bons mots pour dénoncer mais on agit en conséquence. Aussi on ne sait pas vraiment dans quel camp Pascal Bodjona se situe aujourd’hui. Si vous prenez quelqu’un comme François Boko, il ne rate pas d’accession pour prendre position sur les dérives du régime et on sait clairement sa position », évoque un analyste politique. Ce dernier prédit une retraite prématurée pour le ministre gros format avec la configuration actuelle de la classe politique et les prévisions pour l’élection présidentielle de 2020. « Je suis convaincu que c’est l’occasion en or pour le ministre Bodjona de se positionner clairement pour donner une idée claire aux gens. S’il ne le fait pas, quels que soient les résultats en 2020, il y a de forte chance pour que ce dernier disparaisse totalement du jeu. D’ailleurs personne n’évoque même plus son nom et on ne le voit pas rebondir de si-tôt. S’il s’enferme dans son mutisme, il a tout à perdre », ajoute-t-il.

Va-t-il sortir de son mutisme pour, ne serait-ce soutenir un candidat ? L’avenir nous réserve beaucoup de surprises surtout que le premier tour de la présidentielle de 2020 est annoncée sur le 22 février.

Source : Kpatimanews.com

 

 

Togo, Pascal Bodjona, la Chronique d’une symphonie inachevée : Sortir maintenant ou Disparaître à jamais !

 

Togo : Recomposition de la Cour Constitutionnelle, Qui veut tromper qui ?

Fraternité
L'éternel président de la Cour constitutionnelle du Togo, le sieur Aboudou Assouma
L’éternel président de la Cour constitutionnelle du Togo, le sieur Aboudou Assouma | Photo : DR

Au terme d’une rencontre tenue le vendredi 13 décembre dernier avec les Présidents des Institutions de la République, le Chef de l’Etat a ordonné la recomposition de la Cour Constitutionnelle, institution chargée notamment de la proclamation des résultats définitifs des élections au Togo. Une décision pour, dit-on, pour se conformer aux recommandations de la feuille de route de la CEDEAO. Cette décision loin d’être de gré de la part du chef de l’Etat aurait été plutôt activée, selon certaines sources, par les dernières évolutions diplomatiques. Et sans compter avec la loi fondamentale tissue le 08 Mai.

« A l’issue des échanges, le Président de la République a instruit le Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour le renouvellement de la Cour Constitutionnelle, conformément aux réformes constitutionnelles et institutionnelles du 15 mai 2019 en attendant la mise en place du Sénat et la désignation, par cette institution, des membres restants », renseigne un communiqué du gouvernement en date du vendredi 13 décembre dernier. Ceci, au terme d’une rencontre entre tenue Faure Gnassingbé et les présidents des institutions pour faire le point de l’avancement du processus électoral. Ainsi, à deux mois de la présidentielle prévue pour le 22 février 2020, le Chef de l’Etat a demandé au gouvernement de prendre les dispositions pour la recomposition de la Cour constitutionnelle.

De sources indiscrètes, ce pas du Président togolais aurait été précipité par la visite effectuée, la semaine dernière, par la Sous-Secrétaire américaine adjointe pour les affaires ouest-africaines ou sécuritaires. Celle qui, au terme de sa mission, a invité les autorités togolaises « à tout mettre en œuvre pour faire de la prochaine élection présidentielle, une élection libre, juste, inclusive et transparente afin de faire du Togo un pays plus stable et plus démocratique ». Un message diplomatique aux allures d’injonction avec toutes les consonances nécessaires pour ce qui doit participer à l’assainissement des règles du rendez-vous ultime annoncé pour le 22 février 2020.

En effet, il se souvient que depyuis 2017, aucun des rapports du département d’Etat ou autres instances américaines n’a point été positif sur la situation des droits de l’homme au Togo.

Recomposition, dites-vous ?

La recomposition de la Cour constitutionnelle est l’une des recommandations de la CEDEAO après la crise sociopolitique de 2017. Elle a été pris en compte dans la nouvelle réforme constitutionnelle votée le 08 mai 2019 par l’Assemblée Nationale et n’avait pas eu l’approbation d’une bonne partie de la classe politique. L’opposition démocratique reprochait aux textes de favoriser une mainmise de Faure Gnassingbé sur la Cour Constitutionnelle. En effet, dans son article 100, la nouvelle constitution dispose : « La Cour Constitutionnelle est composée de neuf (09) membres de probité reconnue désignés pour un mandat de six (06) ans renouvelable une seule fois. Deux (02) sont désignés par le Président de la République dont un (01) en raison de ses compétences et de son expérience professionnelle en matière juridique et administrative. Deux (02) sont élus par l’Assemblée nationale, en dehors des députés, à la majorité absolue de ses membres dont un (01) en raison de ses compétences et de son expérience professionnelle en matière juridique et administrative. Deux (02) sont élus par le Senat, en dehors des sénateurs, à la majorité absolue de ses membres dont un (01) en raison de ses compétences et de son expérience professionnelle en matière juridique et administrative. Un (01) magistrat ayant au moins quinze (15) ans d’ancienneté, élu par le Conseil Supérieur de la Magistrature. Un (01) avocat élu par ses pairs et ayant au moins quinze (15) ans d’ancienneté. Un (01) enseignant-chercheur en droit de rang A des universités publiques du Togo, élu par ses pairs et ayant au moins quinze (15) ans d’ancienneté ». Or jusque-là le Sénat au Togo n’est toujours pas mis en place et la révision constitutionnelle de mai dernier a abrogé la disposition autorisant l’Assemblée nationale à le faire.

A cette question du Sénat, le pouvoir seul ne peut pas prendre des décisions. Les tenants du régime de Lomé sont obligés de discuter avec les autres acteurs de la scène politique notamment les partis extraparlementaires tels que l’ANC, la C14, ou encore le CAR. Puisque, le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance indique qu’« aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques » ; et plus loin que « les organes chargés des élections doivent être indépendants et/ou neutres et avoir la confiance des acteurs et protagonistes de la vie politique ».

Pourtant, il y a quelques jours, quand les leaders de ces partis ou regroupements de formations politiques ont voulu évoquer cette question, le ministre de l’Administration territoriale n’avait rien voulu savoir. Mieux, un autre membre du gouvernement en la personne de Gilbert Bawara a annoncé explicitement que le gouvernement n’engagera aucune réforme avant l’élection présidentielle de 2020.

En outre, c’est un secret de polichinelle, le pouvoir de Lomé a étendu ses influences dans tous les secteurs du pays, notamment la justice et l’Enseignement supérieur où la majeure partie des universitaires sont des conseillers officieux du Chef l’Etat. Aussi, faut-il rappeler que l’Assemblée Nationale, comme nous l’avons souligné dans notre parution 239 se comporte plus en chambre d’enregistrement que de contrôler les actions du gouvernement.

Ce n’est pas tout. La constitution dans son article 101 dispose ce qui suit : « Le Président de la Cour Constitutionnelle est nommé par le Président de la République parmi les membres de la Cour pour une durée de six (06) ans. Il a voix prépondérante en cas de partage ». Dans ce cas, et dans le contexte général africain, l’on se demande comment Faure Gnassingbé peut désigner l’arbitre d’un jeu où lui-même est un probable participant. Puisque, comme susmentionnée, l’une des prérogatives de cette cour est de « juger de la régularité des élections présidentielles » et de proclamer les résultats définitifs.

Qui plus est sur les neuf membres, le président de la République choisit deux (2) pendant que le parlement qui est sous son contrôle choisis également deux (2) autres. Les cinq sièges restant sont repartis entre les magistrats qui sont au Togo des fonctionnaires aux ordres, les avocats sur qui le peuple ne sait plus trop compter comme hier dans les années 90, les universitaires qui suscitent simplement un bluff au sein de l’opinion, puis le reste des deux sièges qui seront certainement partagés par le Senat bleu turquoise (la couleur du parti au pouvoir) entre le parti au pouvoir annoncé comme majoritaire à la chambre haute et l’opposition.

A la lumière de ce qui précède, la recomposition de la Cour Constitutionnelle est un leurre savamment orchestré, à quelques semaines de l’élection présidentielle, pour faire croire que le pouvoir adopte les mesures nécessaires pour assurer la transparence du scrutin. Certes, le premier magistrat du pays dit vouloir respecter les dispositions constitutionnelles mais, ce n’est pas là, la décision magique qui donnerait de la crédibilité à cette élection. De ce fait, cette recomposition ne trompe personne.

Source : Fraternité N°341 du 18 décembre 2019

 

 

Togo : Recomposition de la Cour Constitutionnelle, Qui veut tromper qui ?

 

Présidentielle 2020 au Togo : 13 jours… plus que déterminants !

Fraternité
presidentielle 2020 au togo
Infog : RT

Les candidats à la présidentielle de 2020 sont tenus de formaliser leurs candidatures, entre le 27 décembre de l’année finissante et le 8 Janvier 2020, auprès de la Commission Électorale Nationale Indépendante (Ceni). C’est ce qu’a annoncé, il y a quelques jours, l’institution que dirige Tchambakou Ayassor. En somme 13 jours qui se révèlent déterminants pour la suite du processus électoral.

L’heure du rassemblement

Le premier tour de la présidentielle de 2020 est prévu le 22 Février. Mais déjà, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a informé, au travers d’un communiqué en date du 13 décembre dernier, l’opinion nationale et toute personne désireuse de faire acte de candidature que les dossiers de candidature et le formulaire de déclaration de candidature dûment rempli doivent être déposés au siège de ladite institution à partir du 27 décembre 2019, tous les jours ouvrables de 07h30 à 17h30 contre récépissé. Par ailleurs, la date de clôture des dossiers, informe toujours la Ceni est fixée au 08 janvier 2020 à minuit. Ainsi, vient de sonner, l’heure du rassemblement pour le prochain scrutin présidentiel qui actera soit la continuité, soit le changement au sommet de l’Etat.

13 jours…

C’est dire donc que tous ceux qui aspirent briguer la magistrature suprême disposent donc de 13 jours pour formaliser leurs intentions. Et dans le lot des potentiels candidats, figure le président sortant, Faure Gnassingbé qui achève ainsi 15 ans à la tête du Togo. Ceci, après avoir pris les rênes du pays sur un plateau d’or maculé, en Février 2005, par le truchement de l’armée, à la faveur du décès de son géniteur, feu Gal Gnassingbé Eyadema qui aura, lui, comptabilisé 38 ans.

… Plus que déterminants

Dans treize (13) jours donc, les togolais seront situés sur les différents appels aussi bien des convoitant que d’autres vuvuzelas en faveur d’un quatrième mandat de Faure. Un appel pressant qu’ils motivent par la nécessité de donner à celui qu’ils présentent comme leur champion, la chance de poursuivre non seulement sa politique des grands travaux qui, soulignons- le, auront permis de d’endetter plus le pays, mais aussi «sa politique de développement et de paix». Une réponse favorable de l’intéressé à cet appel déterminera, à bien d’égards, l’allure que prendra le processus.

En effet, accepter briguer une nouvelle mandature sera pour Faure Gnassingbé, une manière implicite d’attester un processus vicié et corrompu. Surtout lorsqu’on sait que sous nos tropiques, il est rare pour les chefs d’Etat d’organiser et perdre les élections à l’exception de quelques exemples typiques comme la Sierra Léone pour sa dernière présidentielle, la Gambie avec Yahya Jammeh ou encore le Sénégal en 2014 avec Wade. Ceci, au péril des libertés individuelles et autres droits humains souvent bâclés en de telles circonstances, dans la seule intention de conserver le pouvoir. Ainsi donc, une candidature de Faure en 2020 donnnerait raison aux critiques qui voient en la réforme constitutionnelle de mai 2019, un outil juridique actant deux nouveaux mandats pour Faure, partant de 2020. En exemple, la retouche de l’article 101 qui donne pleine et entière latitude au Président de la République de choisir le président de la Cour Constitutionnelle. Et dans ces conditions, il est fort à parier sur l’évidence qu’il ramène les mêmes pions, sinon d’autres quidams pires que ceux déjà vus et connus.

Mais en même temps, ces 13 jours qui ramènent au chiffre 13 visiblement hautement symbolique dans l’histoire politique du Togo constituent une aubaine pour l’opposition de jouer ses dernières et ultimes cartes susceptibles de provoquer l’alternance. C’est dire donc la période de dépôt des candidatures est particulièrement déterminante pour ce processus électoral qui sera soldé, le 22 février 2020, par le premier tour de la présidentielle.

Source : Fraternité N°341 du 18 décembre 2019

 

 

Présidentielle 2020 au Togo : 13 jours… plus que déterminants !

 

Togo / Présidentielle 2020 et « Communauté internationale »: L'hypocrisie constipante dans la complicité active

Le Correcteur
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Ces pousse-papiers de la soi-disant « communauté internationale » qui soutiennent l’indéfendable régime Gnassingbé au Togo | Photo : DR

La 20ème session du Dialogue politique Togo – Union européenne s’est tenue le mardi 26 novembre 2019 à Lomé sous la présidence conjointe du Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur Robert Dussey et du Chargé d’Affaires de la Délégation de l’Union européenne Bruno Hanses. La rencontre a permis d’échanger sur les questions politiques, économiques et sociales intéressant le Togo et l’Union européenne.

Lors de cette rencontre, « les deux parties ont tiré le bilan des élections municipales de juin 2019 et abordé les préparatifs de l’élection présidentielle de 2020. Elles ont souhaité que cette élection se déroule dans les meilleures conditions de transparence, d’équité et de paix», indique-t-on dans le communiqué ayant sanctionné la rencontre. Bien plus, le dialogue politique entre le Togo et l’Union européenne, qualifié de « grand rendez-vous annuel » par le Ministre des Affaires étrangères, et de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur est devenu « un espace de dialogue privilégié afin de faire le bilan de notre coopération et de se projeter dans l’avenir dans le cadre d’une démarche commune », conclut-on.

Malgré plusieurs appels des forces démocratiques à des discussions autour de l’amélioration du cadre électoral, le pouvoir fonce droit de façon unilatérale. Aujourd’hui, la présidentielle de 2020 est très mal engagée étant donné que le code électoral, la CENI et la Cour Constitutionnelle, sont contestés par l’opposition crédible et la société civile. Si l’Union Européenne avait véritablement tiré les conséquences du fiasco autour de l’organisation des élections municipales, elle devait œuvrer pour que quelque chose soit fait pour d’abord se crédibiliser. Curieusement, dans son hypocrisie constipante habituelle, elle répète après le pouvoir pernicieux des Gnassingbé le souhait des élections dans « les meilleures conditions de transparence, d’équité et de paix ». Lorsque le fichier électoral est totalement plombé et confidentiel, on ne peut parler de meilleures conditions de transparence.

Généralement, le régime s’adosse à des institutions rétrogrades et complices comme l’UE pour foutre le bordel dans le pays.

Bawara et ses diarrhées verbales insipides

Au lendemain de la rencontre Togo-UE, on a encore vu Gilbert Badjilembayena Bawara se répandre dans une incontinence verbale accrue.

« Qu’il s’agisse du fichier électoral, du code électoral, de la CENI, de la Cour constitutionnelle, c’est un débat récurrent… C’est pratiquement une habitude et c’est entré dans les usages », dit-il. Pour le ministre de la fonction publique, la vérité est que le cadre électoral togolais est conforme aux standards internationaux en matière d’élections libres, démocratiques, fiables et transparentes. En effet, au sujet du fichier électoral, Gilbert Bawara avance que le gouvernement a, dans un souci d’apaisement, décidé de faire une « révision exceptionnelle ». Il explique que la dernière révision date d’il y a moins d’un an.

« Nous n’étions pas obligés de le faire. Si nous le faisons, c’est parce que nous nous inscrivons dans un esprit d’écoute, d’ouverture, d’apaisement et c’est aussi parce que nous sommes soucieux de renforcer la transparence et la fiabilité du fichier électoral. Il n’y a pas lieu de contester le fichier électoral togolais qui est un fichier fiable et crédible », note l’ancien ministre de l’administration territoriale.

« A partir du moment où les gens sont dans une logique de blocage, pourquoi s’intéresser à ce qu’ils disent. Ils ne sont pas intéressés à ce que les élections aient lieu aux dates prévues et notre pays ne va pas s’enliser dans des pourparlers et des dialogues permanents et interminables ni se payer le luxe d’une période de doute et d’incertitude aux conséquences économiques et sociales évidentes. Ce sont des revendications qui sont irréalistes», a déclaré Gilbert Bawara qui se félicite toutefois des appels de plusieurs partis politiques invitant les citoyens à se faire enrôler dans le cadre de la révision électorale.

Sur le cas spécifique de la Cour Constitutionnelle, il a débité sa ritournelle : « Il suffirait de lire les modifications intervenues dans la Constitution… Tout bon juriste sait que la loi ne peut pas rétroagir et s’appliquer à des mandats acquis antérieurement, sauf dispositions expresses. Certaines dispositions transitoires prévues par la réforme constitutionnelle de mai 2019 peuvent même s’appliquer par analogie, mutatis mutandis. Le débat devrait être posé différemment en termes de mesure d’ouverture et d’esprit d’apaisement et de décrispation.», soutient-il.

Si Bawara estime que depuis 2013, les revendications de l’opposition sont les mêmes, il fait semblant de ne pas ajouter que son régime n’a jamais daigné apporter les réponses suffisantes. Pour effectivement permettre à la démocratie de s’exprimer, une seule partie ne saurait imposer ses lubies et désidérata aux autres.

Et dans le cas précis d’organisation unilatérale des élections, le Togo est bien dans une dictature rampante. Ceci étant, Bawara ne peut à travers ses boursoufflures langagières, vouloir tromper qui que ce soit. Son incontinence verbale n’a d’égale que son one man show. Mais rien n’est éternel. Au demeurant, l’UE aura démontré au passage qu’elle n’est digne d’aucune confiance. Elle n’a d’yeux que pour les intérêts de ses pays membres. La vie des Togolais leur importe peu.

Kokou Agbemebio

Source : Le Correcteur

 

 

Togo / Présidentielle 2020 et « Communauté internationale »: L'hypocrisie constipante dans la complicité active

 

Togo : L'histoire de Tchaoudjo nous donne des leçons

Zakari Tchagbale
guerrier tem tchaoudjo togo
Statue d’un guerrier de Tchaoudjo, Togo | Photo : Google

Autour du 13e siècle, les premières populations desquelles va naître le peuple tem actuel s’installent sur cinq montagnes de l’Atakora : Alédjo, Koronga, Malfakassa, Bassar et Fazao. Elles y ont trouvé refuge dans la fuite des razzias des soldats des empires sahéliens. Début 17e siècle, elles sont rejointes par des réfugiés qui fuyaient le djihad de l’empereur Askia Mohamed. Eux avaient l’expérience d’une gestion centralisée du pouvoir. Sous leur instigation, le système de royauté supplante celui des classes d’âge. Il se crée ainsi sur l’espace des cinq montagnes des dizaines de royaumes autonomes et coopératifs.

La vie paisible des royaumes tem fait accroître la population et la terre cultivable devient de plus en plus rare sur les sommets. Au sud de Koronga et Malfakassa s’étendent les plaines arables des affluents de l’Anié. Mais personne n’ose s’y aventurer. Depuis le 15e siècle ces plaines sont le lieu de chasse des coupeurs de têtes (ɩraangʋʋraa, en tem) et des chasseurs d’esclaves travaillant pour les négriers de la côte maritime.

Prêts à affronter le danger, sept jeunes gens décident de descendre de Malfakassa pour s’installer dans la vallée de la Na, un affluent de l’Anié. Ils y créent sept cités. Au début chaque cité organise sa défense individuellement. S’étant rendues compte qu’il est plus efficace de se défendre en commun, les sept cités, entre temps devenues royaumes, créent une armée commune. Pour une armée commune il faut un chef unique. D’un commun accord, les sept royaumes décident de confier la direction de l’armée à l’un des sept rois, et d’en faire une direction tournante. Ainsi naît, à la fin du 18e siècle une Confédération paisible de sept royaumes sous le nom de Tchaoudjo.

Ce que le Tchaoudjo a fait il y a quatre siècles aurait pu servir de leçon à l’opposition togolaise quand elle a engagé une nouvelle phase de lutte contre la dictature militaire le 19 août 2017.

Ce que le Tchaoudjo a réalisé pour donner une vie paisible aux populations, les pays sahéliens et leurs voisins auraient pu, dans l’unité, le faire pour bouter hors de leurs territoires les nouveaux agents de l’impérialisme qui se camouflent sous le manteau du djihadisme.

Il se trouve qu’aujourd’hui, au Togo comme au Sahel, l’ennemi a compris ce qu’il faut faire pour empêcher l’union : la désinformation. Au Togo c’est le pouvoir qui organise les rumeurs autour des valises d’argent offertes à tel parti d’opposition, des soi-disant rencontres nocturnes pouvoir-opposition, ou des mensonges sur le caractère soi-disant ethnique ou religieux de tel autre parti. Au Sahel, c’est l’Occident-OTAN qui fait croire que le Mali et ses voisins ont affaire à des religieux enragés et dans le même temps encourage la corruption des hommes qu’il a lui-même placés à la tête des États.

A chaque époque l’impérialisme fabrique une méthode de mise en esclavage des peuples africains. Aujourd’hui, pour faire de l’Afrique une simple source des matières premières dont il a besoin, c’est la pratique de la désinformation et la manipulation. Pour sortir de l’esclavage, les Togolais, les Africains, n’ont pas d’autre solution que de s’unir comme l’ont fait les royaumes de Tchaoudjo au 18e siècle.
Zakari Tchagbélé
Zakari Tchagbélé

Zakari Tchagbalé
17 décembre 2019

 

 

Togo : L'histoire de Tchaoudjo nous donne des leçons

 

Togo : Alcootest, Quelle garantie pour la traçabilité des amendes?

Fraternité
alcootest au Togo
Caricature : Donisen Donald / Liberté

Depuis le 16 décembre dernier, le contrôle d’alcoolémie est effectif sur les principales routes nationales. Une mesure prise par le ministre de la sécurité et de la protection civile, Yark Damehame afin de réduire le nombre d’accidents sur les routes togolaises. Mais certaines implications de cette mesure n’ont pas été clairement définies. Et cela suscite des interrogations dans l’opinion.

Comme annoncé par le ministre, les tests d’alcoolémie sont effectués par la gendarmerie et la police lors des contrôles inopinés sur les usagers de la route soupçonnés d’être sous l’influence de l’alcool. Le lancement de cette mesure à l’approche des fêtes de fin d’année devrait permettre de réduire considérablement les accidents liés à l’alcool sur les routes, fréquents à cette période. « Il n’est pas interdit de boire de l’alcool mais il ne faudra pas dépasser le seuil autorisé qui est en l’occurrence de 0,5 grammes dans le sang », a précisé le patron de la protection civile. L’objectif du gouvernement selon le ministre de la sécurité, c’est « d’arriver à zéro mort sur les routes ».

En effet, l’excès de vitesse, les conduites en état d’ébriété ou sous l’influence de substances psychotropes sont les premières causes d’accident au Togo selon les services du Ministère de la Sécurité et de la protection. Ces deux causes conduit inévitablement au non-respect des dispositions de sécurité (casques, ceinture de sécurité, siège-auto pour enfants), la distraction au volant en raison de l’usage du téléphone portable, et le non-respect du code de la route.

Si la mesure en elle-même est appréciable, reste que certaines questions substantielles surgissent. En effet, certains togolais se demandent, en cas de contrôle positif à l’alcool et donc de contraventions, où, comment sera payé l’amende. Mais ce n’est pas tout. « Où ira l’amende que les usagers vont payer ? », s’interroge Koami, conducteur de taxi-moto.

Quelle garantie pour les amendes ?

Les amendes payées en sommes liquide, après les contraventions dressées par les policiers, sont en principe encadrer par des garde-fous pour prévenir les fraudes et les détournements. « Les contraventions au code de la route sont constatées en premier lieu sur le terrain par des officiers ou agents de police judiciaire qui établissent un procès-verbal. D’habitude dans les autres pays, il y a toujours un gradé qui s’occupe de contrôler les procès-verbaux dressés et l’argent collecté. Ensuite, un rapport est dressé », explique un ancien Commissaire de Police.

De même, la gestion des fonds collectés doit suivre une procédure bien établie. « Chaque année, le ministère de la sécurité et de la protection civile doit établir un bilan détaillé des amendes perçues par les policiers », ajoute notre interlocuteur. Et pour cause, dans les pays où les amendes sont instaurées, les recettes sont notamment allouées notamment à la prévention et à la sécurité routière, et même une partie sert au désendettement de l’Etat.

Mais au Togo, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile n’a annoncé aucune procédure dans ce sens d’où les interrogations de certains concitoyens.

En effet, c’est un secret de polichinelle : la police togolaise est gangrénée par la corruption. Et pour preuve, selon le rapport annuel de Transparency International sur le niveau de perception de la corruption dans le secteur public en 2018, 55% des Togolais pensent que la police togolaise est corrompue.

Partant de ce constat amer, « l’Etat gagnerait à éviter une gestion opaque de ces amendes de circulation », indique le Commissaire retraité.

A ce jour, aucune garantie sur la traçabilité des amendes de circulations n’a été annoncée. De tout évidence, il impératif que des décisions soit prises dans ce sens avant que des millions de FCFA atterrissent à des destinations inconnues.

Source : Fraternité No.341 du 18 décembre 2019

 

 

Togo : Alcootest, Quelle garantie pour la traçabilité des amendes?

 

Togo : Tchambakou Ayassor et Aboudou Assouma annoncent des élections réduites aux kermesses. Pourquoi Faure Gnassingbé n'aime que ça?

Le Correcteur
Tchambakou Ayassor et Aboudou Assouma
Deux des comploteurs contre l’Alternance politique au Togo : Le président de la CENI Tchambakou Ayassor (g) et le président de la Cour constitutionnelle Aboudou Assouma (d) | Infog : 27avril.com

A travers un courrier du Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) adressé au ministre des Enseignements Primaire et Secondaire en date du 25 octobre dernier demandant la disponibilité des salles de classe pour la révision des listes électorales entre le 29 novembre et le 1er décembre, on découvre les dates de la révision des listes électorales annoncées. Pour l’élection présidentielle de 2020, le président de la CENI Tchambakou Ayassor ne retient que trois jours sur toute l’étendue du territoire.

Dans la foulée, la Cour Constitutionnelle avance les dates du scrutin. Selon la Cour, aux termes de l’article 61 de la Constitution du 14 octobre 1992, le scrutin relatif à l’élection présidentielle est ouvert 75 jours au plus tôt avant la fin du mandat présidentiel et 60 jours avant la fin du mandat présidentiel en cours.

« Le mandat du président en exercice qui a débuté le 04 mai 2015, date de prestation de serment, prend fin le 03 mai 2020. Par conséquent, le prochain scrutin doit être ouvert sur convocation du corps électoral au plus tôt le 19 février 2020 et au plus tard le 05 mars 2020 », précise Aboudou Assouma, le Président de la Cour Constitutionnelle.

De ce fait, la haute cour en matière constitutionnelle demande au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que le prochain scrutin soit ouvert sur convocation du corps électoral au plus tôt le 19 février 2020 et au plus tard 05 mars 2020.

« La Cour invite le gouvernement et les personnes concernés par ce scrutin à se conformer auxdites dispositions et à l’ensemble des textes en vigueur régissant le scrutin », conclut la note.

Des élections réduites aux kermesses au Togo

Des deux sorties de la CENI et de la Cour Constitutionnelle, on constate simplement que la chienlit et la pagaille ont atteint le comble au Togo de sorte que l’élection présidentielle est devenue un jouet entre les mains de certains individus. Unanimement, tous les acteurs ont relevé les carences insoupçonnables de la CENI dirigée par Tchambakou Ayassor lors des élections municipales du 30 juin dernier.

Sur toute la ligne, c’est la CENI la plus médiocre. Pour un minimum de respect au peuple togolais, la mise en place d’une CENI plus inclusive et compétente s’impose. Malheureusement, on prend les mêmes et on recommence.

Plus grave, lors de la révision des listes électorales pour les élections municipales, on a vu plusieurs Togolais laisser sur le quai. Les machines étant défaillantes en plus d’autres anomalies ont empêché d’honnêtes citoyens de se faire enregistrer. Pour l’élection du Président de la République, en lieu et place d’un recensement intégral, on parle d’une révision de trois jours en même temps sur l’ensemble du territoire un peu comme lors des municipales. Comment peut-on s’amuser à ce point ?

Rien que cette provocation de la CENI, plusieurs Togolais seront privés de cartes d’électeurs. Le pouvoir ayant déjà à disposition un fichier corrompu à même d’assurer son maintien, les citoyens honnêtes par ce délai déraisonnable de trois jours, pourraient ne pas avoir leur carte d’électeur. Des germes de frustrations avant même le scrutin.

D’autre part, c’est la Cour Constitutionnelle dirigée par Aboudou Assouma qui indique la voie à suivre. Pourtant, il est demandé sa recomposition dans la feuille de route de la CEDEAO.

Cette feuille de route que le pouvoir de Gnassingbé dit respecter jusque-là. Cette cour a déjà fait ses preuves de partialité et ne suscite aucune confiance entre les acteurs politiques. Même les modifications constitutionnelles du 8 mai par l’Assemblée Nationale unicolore ont décidé de sa recomposition. Curieusement, on fait semblant d’avancer avec cette Cour.

Pourquoi Faure n’aime pas le Togo ?

A quand une élection sensée, crédible et démocratique au Togo ? Tout ce qui se passe actuellement en dépit des appels des forces démocratiques démontre bruyamment que Faure Gnassingbé n’aime pas le Togo.

Pour lui, seul le fauteuil qui lui confère les privilèges compte. Il sait que des élections frauduleuses débouchent sur les violences. Mais depuis 15 ans qu’il gère le Togo, il ne fait que ça et feint des réactions contraires.

Lors de la présentation du Rapport-pays du Doing Business le jeudi 31 octobre dernier, il déclarait « Nous devons savoir que nous sommes en compétition avec les autres. Ce que nous avons réussi aujourd’hui, si nous ne maintenons pas le cap, demain nous pouvons reculer. Et si nous reculons, je crois que l’impact sera encore plus négatif. Les mauvaises langues nous diront que c’est par hasard, mais non. Cela fait 2 ans que nous avons entamé cela, il faut que l’année prochaine, nous puissions maintenir le cap, même si les périodes de campagne électorale ne sont pas propices aux réformes. Il faut que dès maintenant, c’est l’instruction que j’ai donné à l’administration, nous prenions de l’avance sur les réformes que nous devons réaliser pour l’année prochaine. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je ne veux pas avoir honte l’année prochaine.

Il faut que l’année prochaine, le rythme des réformes puisse s’accélérer. C’est vrai que quand on dit élection présidentielle en Afrique, il y a toujours une période d’incertitudes, les gens sont attentistes, mais nous nos élections, je l’espère, auront lieu tôt pour que nous puissions nous consacrer à ce que nous voulons de plus. La croissance inclusive, le développement et la prospérité pour notre pays. C’est possible!».

Ce n’est pas dans tous les pays que les élections riment avec les incertitudes. Tout dépend de la meilleure organisation. Des pays comme le Ghana, la Namibie, le Cap-Vert… font de leurs élections des moments de fête pour la simple raison que les jeux sont clairs. C’est triste que Faure Gnassingbé finit par tout banaliser dans le pays au point de transformer l’élection présidentielle à un jeu d’enfants.

Kokou Agbemebio

Source : Le Correcteur

 

 

Togo : Tchambakou Ayassor et Aboudou Assouma annoncent des élections réduites aux kermesses. Pourquoi Faure Gnassingbé n'aime que ça?

Attaques de Christian Trimua contre le PNP motivées plus par l'arrogance que la raison

Samari Tchadjobo
christian trimua
Christian Trimua | Archives : DR

Christian Trimua, c’est ce monsieur qui, dans un pays normal, serait aujourd’hui en prison pour quelques dizaines d’années, pour avoir été cité comme cerveau dans l’affaire d’assassinats à des fins rituelles de jeunes filles, il y a quelques années à Agoue, au nord de Lomé. « C’est un véritable contraste et une insulte à la mémoire des jeunes filles assassinées à Agoue au Togo, que de voir la personnalité de Christian Trimua conduire une délégation gouvernementale pour défendre le Togo sur le Chapitre de la torture.» Pouvait-on lire dans L’Indépendant Express -, dans sa parution du 29 juillet 2019

Christian Trimua, c´est le même personnage dangereux, comme on en trouve beaucoup dans le sérail du pouvoir Gnassingbé, qui, dans une interview sur une chaîne de télévision internationale, demandait à l´opposition de prendre les armes, si elle n´était pas d´accord avec leurs méthodes antidémocratiques.

Aujourd’hui c’est le même figurant de Ministre, tuant le temps à ne rien faire, voyant s’égréner chaque jour de flagrantes violations des droits de l´homme sur ses concitoyens, ne trouve mieux à faire, que de s´attaquer sans raison à une formation politique légalement constituée. Le Parti National Panafricain (PNP), pour avoir décidé de rester digne, refusé la compromission et le rasage des murs dans les couloirs du pouvoir, est devenu la bête noire du règime Gnassingbé. Et ceci est connu de tous, sauf hypocrisie. Et Christian Trimua sait que ce qu´il dit sur ou contre le PNP est faux.

Voici quelques extraits des déclarations de notre grand Ministre des Droits de l´homme

«…quand le PNP a choisi de ne jamais aller à une élection démocratique, parce que leur mode d´accession au pouvoir n´est pas basée sur l´élection. Comment un parti politique peut-il décider de faire de l´alternance, de combattre un parti qui est au pouvoir sans utiliser les armes de la démocratie?»

Je voudrais poliment que M. Trimua nous montre des extraits d´un discours d´un responsable du Parti National Panafricain (PNP) où il a été dit que cette formation n´ira jamais à une élection démocratique. Le régime Gnassingbé est pourri de la tête aux pieds, ceux qui l´animent aujourd’hui avec en tête Faure Gnassingbé et vous M. Trimua compris, sont disqualifiés pour prétendre continuer à présider aux destinées du Togo. Les nombreux crimes humains et économiques qu´ils ont commis et continuent de commettre les mettent hors-jeu. C´est pourquoi beaucoup de Togolais estiment qu´il faut que l´opposition vraie les organise pour chasser ce régime qui fait la honte de la sous-région ouest-africaine, et de toute l´Afrique. Faure Gnassingbé, ayant été toléré comme Président pendant trois mandats, ça suffit. Il faut qu´il comprenne que le Togo n´est pas une monarchie et qu´il dégage à la fin de son troisième mandat pour faire place à une transition qui ferait les réformes nécessaires pour pouvoir aller à des élections démocratiques, libres et transparentes. Élections auxquelles toutes les formations politiques, y compris le RPT/UNIR, pourraient participer.

Monsieur Trimua, comme vous le voyez, les conditions ne sont pas réunies pour une élection démocratique. Et vous le savez mieux que moi. Le PNP fait partie des partis politiques qui ne sont pas prêts à toujours aller à des élections pour faire de la figuration, accompagner et légitimer l´usurpateur Faure Gnassingbé. Et si toutes les formations politiques qui se disent de l´opposition, veulent vraiment libérer le Togo, c´est la position que j´ai décrite plus haut qui devrait être celle de toute l´opposition démocratique. Donc le PNP est prêt à participer aux élections, mais pas à n´importe quel prix. Ceux qui sont prêts à vous accompagner pour légitimer de nouveau votre champion, sont seuls à savoir pourquoi ils le font. Tenir de tels propos comme vous le faites s´appelle faire de la diversion.

«...Un exemple que je vous donne: lorsque le PNP décide aujourd´hui de faire des manifestations par exemple dans les carrefours ou de délocaliser des manifestations hebdomadaires dans des lieux qui nous sont connus vers des lieux en disant domicile. Attention, comment le domicile se précise….? Il appartient à la gendarmerie, à la police nationale et à toutes les forces de securité qui concourent à l´application des lois de les rappeler à l´ordre….

«…Le PNP a choisi de se mettre en marge de la loi..»

Ici Christian Trimua oublie de nous préciser ce qu´on appelle domicile. En tant que Ministre des Droits de l´Homme, M. Trimua ne s´émeut pas quand une formation légalement constituée est empêchée manu militari de tenir ses réunions sur toute l´étendue du territoire. La réunion hebdomadaire du PNP se tient depuis la création du parti au même lieu à Lomé, mais c´est à partir de 2019 que ça commence à devenir un problème pour l´ordre public. Curieux, non?!

Quand des militaires d´une armée dite nationale assiègent des préfectures entières depuis deux ans et y commettent des exactions contre des populations civiles qu´ils sont sensés protéger en temps de guerre, notre Ministre qui est sensé s´occuper du respect des droits de l´homme, regarde ailleurs. Quand des militaires envahissent, comme il y a quelques semaines, Sokodé et Kparatao, et ensuite le nord de Lomé, et se mettent à frapper sur tout ce qui bouge, sans raison aucune, notre Ministre appelle ça les armes de la démocratie avec lesquelles le PNP devrait aller aux élections. Le président du Parti politique PNP est obligé de se faire discret pour sa sécurité, son village natal est régulièrement pris d´assaut par des militaires lourdement armés qui torturent les habitants et les obligent à se réfugier en brousse. Ceci est-il inscrit dans la constitution togolaise? Entre le PNP et le pouvoir incarné par Faure Gnassingbé, qui est hors-la-loi?

Pourquoi un parti sur 114 aurait à se plaindre pour cela?

Sincèrement entre nous, Monsieur Trimua, sur 114 partis politiques, combien de partis animent des réunions régulières pour informer, sensibiliser et éduquer leurs militants sur la chose politique depuis leur création? Combíen de partis ont-ils pris une position claire et sans ambiguité quant à la façon de nous libérer? Combien ont une stratégie claire contre votre envie de vous éterniser au pouvoir?

Monsieur le Ministre, vous savez mieux que moi, pourquoi vous et la branche armée de votre parti UNIR, l´armée, persécutez le Parti National Panafricain, ses militants et ses responsables. C´est aujourd´hui le seul parti qui vous fait peur, mais vous n´avez pas besoin d´avoir peur. Rappelez-vous de cet extrait du discours de Salifou Tikpi Atchadam dimanche 02 juillet 2017 au stade d’Agoeyivé:

« Nous ne nous battons pas pour un Togo contre X, Y ou Z. Il s’agit de tourner la page et gouverner autrement le Togo. Reconnecter le Togo, voilà l’enjeu principal.Pour rebâtir le Togo, il urge de déconstruire et de reconstruire le Togolais. Pour cela, il faut arracher le Togo à la minorité au profit de la majorité et de la minorité….Il ne s’agit pas de libérer le Togo contre des Togolais. Ainsi, ni rancœur, ni vengeance, nous avons aussi pour devoir de libérer cette minorité prise dans son propre piège…»
Samari Tchadjobo

Samari Tchadjobo
Hanovre, Allemagne
17 décembre 2019

 

 

Attaques de Christian Trimua contre le PNP motivées plus par l'arrogance que la raison

 

Le Candidat à la Présidentielle de 2020 Dr GNAGNON parle de ses perspectives et de son parcours dans un livre

Dr Jean Emmanuel GNAGNON, candidat à l'élection présidentielle de 2020 au Togo, raconte, dans un livre intitulé ‘’demain sera meilleur’’, son parcours (entre apprentissage et idéal), son analyse du Togo de la longue nuit, ses perspectives pour le Togo du nouveau jour.

La Rédaction de Plume Libre et de Referencetv.tg vous propose de lire un extrait de ce livre inédit de l’un des plus jeunes candidat au scrutin présidentiel de 2020 au Togo.

Extrait du livre ...

‘’Car nous sommes des étrangers devant Vous, et des voyageurs, comme tous nos pères.’’ 1 Chroniques 29 : 15



Les années d’études : un long chemin vers la liberté

Le début de la marche…

Les années 90 marqueront à jamais le peuple togolais … Elles s’ouvrirent sur l’ère des luttes pour l’avènement de la démocratie !

Elles marqueront peut-être plus ma famille, mes parents, mon frère cadet et moi. C’est paradoxalement un repère pour moi dans mes méditations sur la libération des peuples… Mais aussi sur le lien entre l’éducation et la liberté !

En septembre 1988, j’ai été inscrit au Cours Élémentaire Première Année (CP1) à l’École Primaire Publique d’Anfamé. J’avais alors à peine six ans. C’est aussi le cas de plusieurs enfants de ma génération. Nous devrions nous engager sur le long et harassant chemin de l’instruction, cette forme de clé qui nous permettra plus tard d’ouvrir les portes de la promotion sociale.

Il est important que les dirigeants, que nous sommes appelés aujourd’hui à être, puissent garder précisément à l’esprit l’importance du lien nécessaire entre l’éducation, l’instruction et la liberté. Tout ou tout au moins la capacité à disposer de soi-même ou de son propre destin passe obligatoirement par notre acceptation de nous initier à la lumière de l’instruction qui a pour vocation de conférer un pouvoir d’exister et d’agir à l’être humain. Il n’y a en effet pas de doute que pour construire une nation forte et prospère, l’on puisse mettre l’éducation et tous ses corollaires sur la liste des priorités politiques.

Je ne peux jamais oublier les conditions souvent difficiles dans lesquelles, mon frère et moi, nous étions obligés de faire nos études.

Je me souviens que mon père avait loué une chambre dans une maison vers Ahadji-Kpota. C’était à presque trente minutes de marche du lieu où se situe encore l’école. Toutes ces dernières années, je suis repassé dans ce quartier qui semble resté le même, ainsi que l’école elle aussi, près de 30 ans après.

En fait, les quartiers Anfamé, Ahadji-Kpota, Akodessewa, Attiégou, Adakpamé, etc., ont gardé presque les mêmes visages sur les trois dernières décennies… Ces quartiers m’ont vu naître et grandir… Ils n’ont pas tellement changé après toute une génération !

Aujourd’hui encore, je suis frappé d’une grande tristesse, chaque fois que je repasse par ces endroits. Aucun plan de construction montrant un quelconque engagement de la part de l’État ! Des quartiers laissés pour compte, obligeant les populations à se débrouiller. Ce n’est donc pas surprenant de voir l’état de délabrement qui caractérise ces quartiers de Lomé, fortement populeux et symptomatiques des conséquences désastreuses de la démission coupable des gouvernements successifs encastrés dans le monolithisme du régime en place depuis plusieurs décennies.

Le logement est et reste un problème crucial dans les sociétés togolaises, surtout dans les milieux urbains. Et pour être clair, l’État semble n’avoir malheureusement jamais pensé à garantir un logement digne aux populations !

J’ai vécu ce qu’a vécu et continue de vivre l’immense majorité des enfants du Togo au cours de leurs études, des situations de vie commune avec les parents dans des conditions intolérables, dans une petite pièce aux commodités rébarbatives, dans des maisons remplies de colocataires dont certains n’étaient pas toujours une source de sécurité pour les autres.

Je ne suis jamais parvenu à oublier un de ces jours où l’huissier qui devait passer pour collecter les frais de loyer eut une longue discussion avec mon père … Il était question de frais de loyer impayés. Le monsieur nous obligea pendant au moins trois heures de rester dehors sans pouvoir aller chercher nos effets pour faire la toilette et aller à l’école. Il insista pour retirer les clés des mains de mon père et exigea que la somme lui soit versée avant que nous ne puissions réintégrer la chambre. Je vécus cette scène avec beaucoup d’amertume et je sais que beaucoup de familles togolaises ont connu un tel drame, et que plusieurs sont en train de subir actuellement le même sort tandis que certaines sont pratiquement des sans-abri. Même si on ne saurait venir totalement à bout d’un tel drame social, on aurait pu au moins montrer la volonté à travers un certain nombre d’actions qui auraient pu donner une lueur d’espoir aux familles.

Aucun autre choix ne nous était possible de toute façon. Je commençai donc l’école primaire et eus aussi le temps de faire parfois l’école buissonnière. En effet, l’école était bien une fascination et un mystère, lorsque nous voyions d’abord les aînés partir les matins à la file indienne et revenir les midis avant de repartir l’après-midi. Ma mère témoigne encore aujourd’hui que j’étais souvent inconsolable quand les élèves de la maison, où nous vivions, s’affairaient pour l’école.

Et lorsque vint le jour de mon inscription, c’était une grande joie… Je me souviens encore nettement de ce jour-là, un jour de septembre 1988, ma mère me traîna par la main et nous arrivâmes dans l’enceinte de l’établissement scolaire. Je n’avais pas encore exactement les six ans révolus comme il était requis alors. J’étais à presque mois de cela… Selon le témoignage de ma mère, le directeur ne voulait pas me recevoir et proposait de revenir l’année suivante. Sur ce, j’éclatai en sanglots et criai au monsieur : « Maître, moi-même je désirais venir à l’école depuis ! ». Le directeur, surpris, se rendit compte que l’enfant qui était en face de lui pouvait s’exprimer assez clairement. C’était sur ces entrefaites que je fus reçu.

Mais très vite, le petit enfant que j’étais déchanta devant les nouvelles exigences qu’impose l’instruction.

Je faisais alors quelquefois l’école buissonnière jusqu’au jour où l’information, de fil en aiguille, tomba dans les oreilles de ma mère. Ce fut pour moi un désastre ! Le jour suivant, ma mère en personne m’accompagna à l’école avec des coups de bâton dans le derrière… Désormais, j’étais l’élève qu’il fallait surveiller de très près, et dont on devait interdire les sorties intempestives. Je pris alors conscience de l’enjeu de l’école et me résolus fermement à me mettre au travail. Je réalisai alors que je n’avais plus d’autres choix que d’être assidu à l’école. C’était ainsi le début d’un long et difficile parcours…

Le 05 octobre 1990, nous étions à l’école, quand des gaillards firent subitement irruption au grand dam de tous et commencèrent par déloger les élèves. J’étais en ce moment-là en classe de CE1. La débandade était réelle : nous courrions dans tous les sens. C’était des cris d’affolement de tous côtés et des pleurs fusaient de partout. Je me faufilai entre les gens devenus fous, à la recherche de mon frère cadet qui faisait alors le CP1. Je le cherchai sans succès pendant un bon bout de temps avant de m’éclater en sanglots. « Oh, je vais devenir seul ! », m’écriai-je. Je n’ai que ce seul frère… Nous sommes deux pour les parents.

Ce jour-là, je compris déjà ce que peut être la douleur quand on perd un être cher presque soudainement et gratuitement dans des troubles socio-politiques. Il est vrai que je n’y appréhendais pas grand-chose en ce moment-là, mais je pouvais réaliser la présence du danger, de l’angoisse, de l’absence et surtout de l’incapacité à agir pour obliger les choses à être autrement.

Je mesure avec une grande sympathie la peine et la tristesse de tous ceux qui perdent des enfants, des frères ou des sœurs, des maris ou des épouses, bref des parents dans les manifestations qui sont violemment réprimées, ou encore ces derniers qui trouvent la mort dans des circonstances créées par les actes de vandalisme. Ce n’est une envie, ce me semble évident, pour personne de s’adonner volontiers à de telles situations de grandes incertitudes… Car nul n’est dans ces cas à l’abri du danger ! Le malheur peut frapper aveuglément ici ou ailleurs…Enfant, je tentais déjà de comprendre la portée de la tragédie humaine !

Des pneus étaient brûlés à tous les carrefours et on pouvait entendre les toits en tôle craquer aux jets de pierres. C’était la première fois que j’assistais à un tel tohu bohu… Je ne trouvai toujours pas mon petit-frère et, pour moi, c’était mauvais présage. Je continuai tout de même à crier son prénom et à pleurer comme un forcené. Je voyais des parents venir chercher leurs enfants, soit sur des motos, soit dans des voitures, et même au dos. Sans avoir une idée claire de ce qui se passait, je pouvais du moins constater que les choses n’étaient plus à leurs places, que rien n’était plus normal… La désolation semblait s’emparer de tous !

Beaucoup de peuples sont passés par des soulèvements populaires pour en découdre avec les systèmes dictatoriaux et antipopulaires. Les exemples sont légion !

J’appris bien plus tard que c’était ce jour-là que notre peuple a manifesté, au plus haut niveau de son désir de liberté, son mécontentement et sa volonté inextinguible de rompre avec le règne tyrannique.

Quand je rencontrai, près de vingt ans plus tard, Hilaire Logo Dossouvi, une des figure de proue du 05 octobre 1990, je compris mieux que la liberté appartient aux audacieux et que seuls les courageux sont faits pour oser.

Peut-être avais-je déjà en moi dès l’enfance la force qui affermit les audacieux et la puissance qui ragaillardit les courageux.

De toute façon, en ce jour-là d’octobre 1990, je ne pouvais faire aucune preuve de courage ni de d’audace. C’était plutôt la peur, l’angoisse et la désolation. L’adage dit vrai : la liberté a un prix !

Je continuai finalement et désespérément ma recherche en m’engageant dans la direction vers la maison. On transportait en toute urgence un élève dont la tenue était éclaboussée de sang vers un dispensaire situé non loin de l’école : je n’ai pu savoir jusqu’à aujourd’hui comment il a pu être blessé à la tête. C’est vrai que je verrais plus grave des années plus tard même d’autres étaient carrément tués à balles réelles, mais je reste inconsolable devant un tel épisode de mes souvenirs d’enfance.

Je puis comprendre à présent, que la longue marche de notre nation vers la liberté encore à conquérir est jonchée de profondes douleurs et de peines immenses. Mais devons-nous continuer indéfiniment à nous battre contre nous-mêmes ? Notre salut commun viendra certainement de l’acceptation de tous de vivre ensemble et de savoir que l’ennemi réel n’est pas endogène.

Comment un enfant peut-il comprendre le fait que les frères et sœurs d’une même nation se battent jusqu’à ouvrir une porte béante à l’animosité, la haine et la discorde au point où ils soient quasiment irréconciliables ?

Il faut dire que je ne suis pas resté indifférent devant cette situation où j’ai eu le même sentiment que ceux qui perdent les êtres chers au nom des luttes politiques.

Il est vrai que je retrouvai plus tard mon frère cadet qui avait pu courageusement pris la route de la maison après m’avoir aussi vainement cherché, mais la seule peur et l’idée de l’avoir peut-être perdu m’ont marqué pour toujours.

Je vécus tous ces moments de grande insécurité avec beaucoup de sensibilité au point que je me souviens encore dans les moindres détails de cet épisode macabre de l’histoire de notre pays, marquant la douloureuse et calamiteuse époque de la grève illimitée qui permit à beaucoup d’enfants de ma génération, nés dans la capitale, de faire l’expérience de la vie dans les zones rurales.

Après le sombre avènement de la grève illimitée, beaucoup familles regagnèrent Lomé, une ville devenue plus que jamais fantomatique et délabrée. Le drame était vaste et la désolation presque générale ! Des gens ont perdu des biens inestimables et la renaissance de l’espoir était un processus plus lent et très incertain.

Quant à ma famille, mes parents sont revenus à Lomé divisés. C’était la séparation… le divorce. Il s’agit d’une autre dure réalité à laquelle je dus faire face, avec courage et obstination. La vie n’a jamais été une ligne sainement droite comme chacun l’aurait naïvement souhaité. Dieu a toujours eu un plan qui prime sur nos desiderata. Il organise les événements de telle sorte que l’enchaînement des circonstances s’appréhende mieux à partir d’une optique plus globale et extérieure. J’ai dû voir mes parents désunis et devenus presque irréconciliables… Mon frère et moi étions condamnés à vivre désormais avec notre père et à nous prendre en charge. Je devins obligé de prendre des responsabilités énormes à si bas âge.

Je ne puis dire aujourd’hui à qui d’entre les deux parents incomber la faute. Il est plutôt certain que ces durs moments ont contribué à éveiller en moi le sens de la responsabilité et l’esprit de leadership. Je devais alors prendre soin de mon frère cadet qui faisait alors la classe de CE1. C’était une expérience à la fois douloureuse et extraordinaire ! J’acquis dès ce temps-là des capacités d’organisation, de planification, de prévisions, d’analyse et surtout de prise de décisions. J’étais devenu celui qui était la maitresse de maison et qui s’occupait de tout pour que tout soit dans l’ordre. Cela n’est pas fait sans peine, car j’ai eu aussi le temps de pleurer quelquefois dans le calme et le silence, quand je voyais les amis qui semblaient plus choyés que nous…

L’histoire des grands hommes, comme le disent beaucoup de personnes, montre à bien des égards que la vie prend le temps de les former dans le secret, durement peut-être même âprement, jusqu’à maturation avant de les propulser devant les événements.

Du CEG de Bè-Kpota au lycée de Lomé-Port : des années de grande prise de conscience

Après le CEPD, j’entrai au Collège d’Enseignement Général de Bè-Kpota. C’était pour nous comme un nouveau monde avec d’autres réalités que j’ai pris du temps pour analyser et comprendre bien plus tard. Je me rappelle la fameuse salle de 6e C dans laquelle nous étions plus de cent élèves entassés comme dans un four et dans des conditions insoutenables. Mais nous y trouvions en ce moment-là un moyen de nous amuser dans une sorte d’insouciance. Très peu pouvaient sortir véritablement du lot et c’était justement le cas. Il n’était pas évident que la réussite des élèves soit garantie dans de telles conditions qui ne pouvaient en aucun cas faciliter une transmission efficace du savoir.

Il faut absolument saluer le courage de nos enseignants qui devaient stoïquement prendre en charge de tels effectifs pléthoriques et braver la monotonie et l’ « ingratitude » du métier d’enseignant… pour donner le meilleur d’eux-mêmes comme de dignes patriotes. Je me suis souvent surpris de remarquer que de tels combattants ne sont guère honorés de voir certains parmi eux qui soient décorés en signe de reconnaissance par l’État. Je pense que c’est vraiment injuste d’occulter les efforts de tous les citoyens, mais il me semble encore plus injuste que la témérité, le dévouement et le sacrifice de ces hommes et femmes puissent être tout simplement ignorés ou méconnus. Je garde en mémoire leur noble rôle dans l’édification des citoyennes et des citoyens capables que nous sommes aujourd’hui.

Il n’était pas évident, au prime abord, que nous puissions acquérir de bonnes aptitudes dans les conditions-là qui sont d’ailleurs actuellement les mêmes aujourd’hui, où les besoins individuels des élèves ne sont jamais pris en charge ; ce qui noie malheureusement le talent de beaucoup et leur impose des limitations factuelles. Nombreux étaient les camarades qui s’étaient vu convaincre qu’ils étaient médiocres alors que leurs situations étaient juste dues, pour la grande partie, aux contingences défavorables liées notamment au manque d’infrastructures adéquates.

C’est avec beaucoup de peine qu’on constate que même à l’heure actuelle, dans plusieurs localités du pays, les salles de classe sont plutôt des hangars de claie en paille livrés piteusement aux affres et aux supplices des intempéries. Cela est une infamie nationale ! Il s’agit bel et bien d’un drame humain tout simplement, parce que, après près de soixante ans d’indépendance, l’État togolais s’est trop souvent trompé d’objectifs et de priorités. Il est tout à fait inadmissible de parler constamment de développement pendant toutes ces trois dernières décennies et que le système éducatif dans tout son ensemble soit comme relégué paradoxalement au dernier plan. Et quand je parle de système éducatif, je fais allusion au programme scolaire, aux infrastructures et au personnel enseignant dont les conditions de vie et de travail restent une préoccupation évidente aux yeux de toute personne véritablement engagée pour une véritable indépendance de son peuple vis-à-vis du néocolonialisme sous toutes ses formes. Le défi reste presqu’entier et il nous incombe de le relever avec dignité et honneur…

Les années passées au CEG de Bè-Kpota m’ont permis de prendre conscience de l’enjeu des études. Auparavant, on donnait vraiment l’impression d’aller à l’école parce que les parents le voulaient et tout le plaisir paraissait leur être destiné. Je suis resté dans les enfantillages parallèlement aux cours ; le football et les parties de vidéoclub remplissaient mes heures libres comme c’était le cas de beaucoup de camarades également. Il n’existait pas, et comme de même pour aujourd’hui d’ailleurs, des centres ou des maisons de jeunes avec des équipements adéquats ayant pour objectif de contenir les besoins socio-éducatifs et d’assurer l’épanouissement intégral de la jeunesse.

Nous étions malheureusement laissés à nous-mêmes et beaucoup se sont engouffrés dans des expériences de non-retour.

Je crois qu’il appartient à l’État de jouer ce rôle de canalisation de la jeunesse en mettant à sa disposition des infrastructures de base appropriées à ses besoins d’épanouissement. L’inexistence de telles infrastructures ainsi que d’un programme idoine à cet effet, expose inéluctablement les jeunes aux dangers de la déperdition qui aboutit généralement à la délinquance juvénile et à ses corollaires.

Nos quartiers tels qu’ils étaient et fonctionnaient ne nous prédisposaient à rien de bon ! C’est pourquoi rares sont les camarades qui ont pu sortir la tête du lot. Nos chances de devenir des hommes et des femmes utiles pour notre pays n’étaient pas optimales et il nous était plutôt plus facile de sombrer dans la déperdition scolaire ou carrément dans le banditisme et même dans la criminalité. Tout y prédisposait en tout cas chacun d’entre nous.

Mais je crois qu’en l’absence de l’État qui devait prendre des mesures pour nous, Dieu a organisé savamment les événements et les circonstances pour nous préserver du mal. Cependant, de mon côté personnellement, j’y ai laissé quelques plumes… je redoublai au grand dam de tous la classe de 4e. C’est à partir de cet échec, le premier et le seul dans mon parcours scolaire, que ma prise de conscience véritable de l’importance des études est née.

Je me rendis compte en ce moment-là que je n’étais pas fait pour traîner les pas. Nous étions dans l’année scolaire 1998-1999. Notre génération venait également de vivre consciemment pour la première fois des élections présidentielles de 1998 qui renforcèrent une fois de plus le pouvoir du Général Gnassingbé Éyadéma au détriment des forces incarnées par Gilchrist Olympio.

Nous avons vu passer les liesses populaires, les grandes mobilisations portant le flambeau d’un espoir vainement attendu face à l’enracinement décisif d’un système tyrannique et aux pratiques dégradantes et rétrogrades.

Il est vrai qu’on entendait parler du RPT et de son « invincible » chef, des autres partis politiques incarnés par des noms comme Edem Kodjo, Me Yaovi Agboyibo, Léopold Gnininvi, Zarifou Ayéva, Me Joseph Kokou Koffigoh, etc., mais il ne nous venait pas encore clairement à l’esprit que le débat politique pouvait devenir aussi une affaire de génération, de devoir de liberté et de vérité.

Comme bon nombre de ma génération, les événements politiques de l’année 98 sont vécus comme un éveil de conscience et un appel ainsi qu’une fascination.

Il nous arrivait même en ce temps-là de nous attribuer des noms d’hommes politiques et nous nous amusions à nous dire que nous pouvions venir à bout du régime en place.

Beaucoup de mes anciens camarades peuvent aujourd’hui témoigner que, personnellement, je révélais déjà mon goût prononcé pour la politique et surtout pour apporter des solutions à nos problèmes depuis cette année-là. Je me souviens ici de tous mes anciens camarades très proches comme Amouzou Nélou, Kpotor Afantchao, Quenum Kodjo, Binkagni Abdoul Ganiou, Togné Messan, Dam Pligou, Kpotoli Kodjo, etc., avec qui ces premiers moments d’éveil de conscience se sont opérés. Je n’oublie pas nos débats politiques sous les arbres pendant les récréations, qu’il s’agisse de l’actualité politique togolaise ou internationale. Les radios Africa N°1 et RFI étaient pour nous des références et nos idées du débat politique se forgeaient ainsi.

C’était alors le temps des premiers rêves et l’époque des premières révélations… J’avais compris que seul le travail bien fait, l’assiduité et l’abnégation pouvaient permettre d’ouvrir devant nous de grandes portes, celles d’un avenir meilleur rempli de grandes responsabilités…

Quand je montai en classe de 3e, c’était désormais en jeune homme averti et déterminé ! J’étais bel et bien l’un des meilleurs élèves et réussis brillamment au BEPC avec une moyenne de près de 16 sur 20. C’était vraiment le réveil et je pouvais croire à partir de ce moment-là en mon étoile patronale.

Cette étape franchie, je voulus d’abord, au regard des moyens très limités, m’orienter vers les séries techniques en vue trouver tôt quelque chose à faire. Je pensai à la série F4 après les conseils de la part de certains aînés de quartier. Je crois que c’est cela aussi un autre problème de notre système éducatif : la question d’orientation scolaire. Il existe là également un réel vide, un vrai trou noir dans lequel s’engouffrent quelquefois de façon irrécupérable beaucoup d’élèves et d’étudiants. Ceux-ci sont toujours pour la plupart des cas abandonnés à eux-mêmes sans conseils ni accompagnements réels et adéquats. J’ai aussi pratiquement été avalé par ce même monstre, tueur de destin et briseur d’avenir.

Après être allé au lycée technique d’Adidogomé pour les renseignements possibles, en vue d’une inscription, j’eus un entretien avec mon père qui voyait plutôt en moi des prédispositions pour réussir dans le domaine des lettres. Mais moi j’étais déjà confus et me trouvais capable de réussir finalement dans tous les domaines, ce qui était apparemment vrai.

Je me résolus alors à m’inscrire en Seconde série A4 au lycée de Lomé-Port, mais, pour défaut de place disponible, je fus obligé d’aller en série CD, puisque, de toute façon j’avais bien sûr obtenu de très excellentes notes dans les matières scientifiques au BEPC. Je ne puis donc plus aller à Adidogomé. Il faut dire qu’en un moment donné, j’y étais de toute façon obligé par faute de moyens pour les frais de loyer au cas où je devais aller au lycée technique. Le choix était donc dicté par les circonstances et peut-être le plan de Dieu était-il comme cela en marche.

Je m’inscrivis et commençai cette rentrée scolaire 2000-2001 avec enthousiasme et optimisme. C’était un nouveau monde qui s’ouvrait à moi et certainement à plusieurs autres camarades. Nous étions désormais conscients et savions bien ce que nous cherchions et là où nous voulions aller. J’étais devenu lycéen !

Au lycée de Lomé-Port, je ne fis que le premier semestre en série CD… Je réalisai que mes talents de littéraire prenaient le pas sur les autres. Après les compositions du premier semestre, je demandai dans une lettre adressée au censeur, M. Eyessi, une réorientation pour revenir en série A4. L’option n’était pas évidente, parce que nous ne faisions pas l’allemand en série CD alors que ce cours avait déjà été dispensé pendant tout un semestre en série A4.

Je me rappelle encore ce moment-là comme si c’était hier… En effet, je dus avoir la caution morale que l’un de mes enseignants apporta. Il s’agissait de Monsieur Jules Kokouvi Logo, le frère cadet d’Hilaire Dossouvi Logo, l’un des hommes-symboles de l’avènement de la démocratie dans notre pays. En fait, les Logo sont originaires de la même localité que moi, ils sont d’ailleurs des oncles, à la fois paternels que maternels. C’est ainsi que Monsieur Jules Logo, enseignant de français de son état et en poste alors au lycée de Lomé-Port, me prit en charge et marqua pour toujours et très grandement l’homme que je suis devenu. Cet homme-là m’a fait !

Quand j’obtins de revenir en seconde A4, il était l’enseignant chargé du cours de français… Avec lui, c’était une alchimie ! Les séances de cours avec lui étaient pour moi les plus enthousiastes, car il avait l’art d’enseigner et le savoir à transmettre. Grâce à ses cours sur la littérature française, notamment le siècle des lumières et ses auteurs à l’instar de Montesquieu, Rousseau, d’Alembert, Voltaire, je commençai par découvrir et à être fasciné par les idées de liberté, de justice, de loi, de démocratie, de gouvernement, de droits de l’homme, de révolution et de changement, de régime et de peuple, etc. De même, des noms prestigieux et des idées nobles me fascinèrent dans la littérature africaine : Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, David Diop, Franz Fanon, Wolé Soyinka, bref le fameux mouvement de la Négritude et ses valeurs ainsi que les idées d’indépendance, de dignité des Africains, d’égalité entre les races, etc. C’était fait : j’avais trouvé mon chemin de Damas !

Très vite, je me fis remarquer à l’occasion des séances de déclamation de poèmes, instituées par Monsieur Logo, généralement dix minutes avant la fin de ses heures. Je passai comme la figure marquante lors de ces moments de partage, d’apprentissage et de fierté. Beaucoup de poèmes que j’ai publiés en 2002 dans Offenses sont nés au cours de ces séances. Je me rappelle que ce recueil ne fut jamais divulgué pour la simple raison que le proviseur d’alors, Monsieur Karim Barboza, y vit des écrits tendancieux contre le régime en place et plus gravement contre le Général Éyadéma. J’étais alors en classe de Première. Monsieur Logo fut accusé d’avoir aidé à écrire de tels textes. Je fus sommé de ramener tous les exemplaires encore auprès de l’imprimeur, et le proviseur garda tout le lot. C’était ce que je devais faire avant de retirer ma carte d’élève pour aller cette année-là à l’Examen du Probatoire.

Déjà élève, je venais de faire l’incompréhensible et redoutable expérience de la censure. Je n’avais jamais imaginé que des poèmes dans lesquels je parlais de liberté du peuple, de démocratie, de la nécessité de mettre fin à la dictature ou encore d’oser nommer naïvement l’alternance au pouvoir, pouvaient représenter un danger pour l’enfant, le jeune lycéen que j’étais. Je ne compris pas grand-chose, mais Monsieur Karim Barboza était clair et sans ambages dans ses avertissements le jour où il fit irruption dans notre salle de classe et vociféra : « Est-ce que l’élève Gnagnon Kossi est présent ? Tu veux bien m’apporter tous les exemplaires de ce fameux bouquin ? Tu te crois où toi là ? Tu veux nous créer des ennuis ici ? Mais dis donc, ils vont t’écraser comme une mouche ! Apporte-moi tous les exemplaires demain à la première heure ! Compris ? » Il régna à ces paroles un silence de cimetière dans la salle. Des bourdonnements absurdes s’arborèrent après qu’il fut parti, et je vis sa haute silhouette défiler derrière les claustras comme Colosse lui-même. Je compris que je venais de commettre une bourde ! Mon cœur battait la chamade… et je commençai par douter de moi-même, de cette liberté d’écrire, et d’écrire sur la liberté ; je remis mes rêves en cause, plus de possibilité d’écrire des poèmes pour s’amuser ou pour rire entre camarades. Et s’il fallait continuer à écrire forcément, il fallait le faire à la manière de Pierre de Ronsard et non comme David Diop, ni comme Léon-Gontran Damas ou encore comme l’Incarcéré de Yves-Emmanuel Dogbé, un roman que je savourais aussi en ce moment-là.

De ces événements très révélateurs, je commençais à réaliser que je vivais dans un pays qui avait sûrement des difficultés à résoudre. Pour moi désormais, il y avait des choses à restaurer ! Ce que je lisais dans les livres étaient différents de ce que je vivais dans la réalité : cela allait vraiment de soi.

Des idées de liberté et de démocratie, même si elles n’avaient pas encore pris clairement forme en moi, commencèrent à germer. Mon militantisme était né !

Avec des amis et des camarades, nous fondâmes le Journal Senghor, une première dans la vie de ce jeune lycée, consacré fondamentalement à la promotion de la poésie et à la diffusion de l’actualité sur la vie au sein du lycée. Je devins le directeur de publication, ce qui était une grande fierté.

Je commençai également à militer au sein des associations comme Amnesty International Togo, Association Togolaise pour le Bien-être Familial, pour ne citer que ceux-là. Je devins un « homme public » au sein du lycée ! Nous étions alors ceux-là qui passaient de salle en salle pour passer les communiqués de réunion, pour rappeler les dates et les programmes des évènements. C’était bien évidemment l’entrainement à l’action publique qui était ainsi inauguré, et cela s’est poursuivi sur plusieurs années.

Des enseignants aussi engagés pour la chose sociale étaient sur notre chemin.

Basile Agboh, enseignant et journaliste, directeur de publication du Journal Akéklé (Scorpion) me découvrit quand j’étais en classe de Terminale et m’initia au journalisme professionnel sur le tas. Je devins plus tard membre du comité de rédaction puis secrétaire de rédaction de son journal dans les années suivantes.

Je me souviens de Joël Messan Gavo, enseignant de mathématiques mais aussi très engagé pour la promotion de l’éducation. Il fonda le magazine Lumière de l’Éducation dont je fus chef reporter et fis plusieurs expériences en parcourant les établissements scolaires de Lomé pour faire la promotion des différents numéros ou pour aller couvrir des événements culturels.

Quant à mon engagement dans Amnesty International, il faut dire que mon désir de voir la justice s’appliquer, en fut le moteur. Monsieur Léonard Attoh, enseignant d’histoire, facilita notre adhésion à cette grande organisation. Les participations aux sessions et aux multiples activités ont contribué à bâtir le socle de notre engagement pour le respect des droits de l’Homme et de la justice.

Je crois que c’est véritablement au cours de ces années d’intense apprentissage que mon goût pour l’action politique s’est aiguisé et que mon sens du devoir citoyen s’est éclairci.

En 2004, je réussis brillamment au baccalauréat série A4, philosophie et lettres. Ma fierté et celle des parents étaient grandes. Une longue étape venait d’être bouclée. Tout était désormais possible, comme nous le pensions alors. Un autre monde s’ouvrait alors au lycéen plein de rêves que j’étais.

Dr Jean Emmanuel Gnagnon, ‘’Demain Sera Meilleur’’ (Livre Inédit)

Emmanuel Vivien TOMI

Plume Libre et Referencetv.tg

 

 

Le Candidat à la Présidentielle de 2020 Dr GNAGNON parle de ses perspectives et de son parcours dans un livre

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