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Prof. Nubukpo : « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante »

Réuni lundi en Conseil d’administration, le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé un « allègement immédiat » de la dette du Togo ainsi que de 24 autres pays dans le monde. Cet allègement s’inscrit dans le cadre du fonds de secours en cas de catastrophe déployé par l’institution dans sa réponse à la crise sanitaire du Covid-19 dans le monde. Dans une tribune publiée sur Lepoint.fr, l’économiste togolais Prof. Kako Nubukpo se prononce sur le sujet. Il s’interroge sur la persistance de la dette en Afrique. Pour l’universitaire, l’annulation massive de la dette africaine ressemble à s’y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde. « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, cars les mêmes causes produiront les mêmes effets », a-t-il averti. Lecture !

Les chiffres donnent le tournis : les ministres africains des Finances et l'Union africaine demandent un allègement immédiat de la dette de 44 milliards de dollars et la constitution d'un fonds supplémentaire de 50 milliards de dollars pour faire face au report du paiement des intérêts de la partie non-annulée de la dette africaine. Après le FMI et la Banque mondiale, le G20 et le président français Emmanuel Macron ont annoncé un allègement massif de la dette africaine. Même le pape François a réclamé dimanche dernier lors de sa bénédiction pascale « Urbi et Orbi » l'annulation de la dette africaine. De quoi ce bel unanimisme est-il l'expression ? Pourquoi les dettes africaines reviennent de façon récurrente dans le débat international comme l'illustration de la compassion du reste du monde à l'endroit de l'Afrique ?

Au départ, une vision de la solidarité pour le développement

Le monde de l'après-Seconde Guerre mondiale s'est construit sur l'idée que les pays riches devaient aider les pays pauvres à impulser leur processus de développement, en finançant l'écart entre les besoins d'investissement de ces derniers et leur faible épargne intérieure. Le schéma fut celui du plan Marshall qui a permis à l'Europe de financer sa reconstruction et d'enclencher la période faste dite des Trente Glorieuses, qui prit fin avec la première crise pétrolière de 1973.

Cette vision de l'aide connut d'autant plus de succès qu'elle était d'une simplicité désarmante – l'appui financier dédouanait de l'effort d'appréhension de la complexité des spécificités institutionnelles – et semblait obéir à une logique de gains mutuels dans la mesure où des pays aidés renouant avec la prospérité économique deviennent de facto des partenaires commerciaux florissants : « La marchandise suit l'aide. »

L'Afrique n'échappa pas à cette doctrine portée au pinacle par le FMI et la Banque mondiale et illustrée par une série de plans successifs d'allègements de la dette : le plan Brady, le plan Baker, le plan Kissinger, etc. du nom de secrétaires d'État américains successifs, jusqu'à l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) qui a permis au début des années 2000 d'effacer massivement la dette africaine.

L'implacable réalité pour l'Afrique

La logique derrière l'allègement de la dette est implacable : pour que l'Afrique soit un véritable partenaire commercial, c'est-à-dire pour qu'elle puisse acheter des biens et services en provenance du reste du monde, il faut qu'elle puisse disposer de marges de manœuvre budgétaires et des ressources privées suffisantes, la fameuse capacité d'absorption. Mais pour que sa capacité d'absorption fût préservée, il fallait régulièrement effacer sa dette dont le service (remboursement d'une partie du principal et des intérêts) plombe sa capacité à s'insérer harmonieusement dans le jeu commercial international. Les annonces actuelles d'annulation des dettes africaines n'échappent pas à cette logique, dans un contexte où l'après-crise de Covid-19 s'annonce difficile pour les économies du monde développé et émergent.

Pourquoi la dette persiste-t-elle ?

En revanche, relativement peu de gens se posent la question de savoir pourquoi les dettes africaines reviennent toujours, pourquoi l'Afrique n'arrive pas à se sortir de la spirale infernale du surendettement. Or, c'est dans la réponse apportée à cette question structurelle que réside une véritable émergence du continent africain :

Le premier facteur explicatif de l'endettement africain récurrent est le taux de pression fiscale (rapport entre les recettes fiscales et la richesse créée au cours d'une année) en Afrique subsaharienne qui est structurellement bas, inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), alors qu'il se situe au-delà de 40 % dans le monde développé. Or, ce sont les ressources fiscales qui constituent l'essentiel des recettes des États, leur permettant de financer les dépenses publiques. Qui dit donc taux de pression fiscale élevé, dit a priori bonne couverture des dépenses publiques par les recettes éponymes.

Le deuxième facteur explicatif du surendettement est le niveau structurellement élevé des taux d'intérêt réels en Afrique, souvent plus du double du taux de croissance économique ; or, quand vous empruntez à un taux d'intérêt supérieur au taux de croissance économique, il y a peu de chances que vous puissiez rembourser votre emprunt, vu que le rythme de création de richesses (le taux de croissance économique) est plus faible que le coût d'acquisition des moyens de création de richesses (taux d'intérêt). Ce raisonnement est aussi valable sur le plan microéconomique que macroéconomique. Résultat des courses pour les États africains, les flux de déficits s'accumulent et se transforment en stock additionnel de dettes en fin d'année budgétaire.

Le troisième et dernier facteur (le plus structurel) est l'étroitesse de la base productive africaine. L'Afrique ne se décide toujours pas à produire elle-même ce qu'elle consomme. Elle se complaît dans la place qui lui a été assignée dans la division internationale du travail, à savoir exportatrice de matières premières dont les recettes sont volatiles et moins élevées que les prix des biens et services qu'elle importe massivement pour faire face à sa forte demande sociale, conformément à la loi dite de Prebisch-Singer. Le résultat de cette insertion primaire de l'Afrique au sein du commerce international est l'accumulation de déficits dits jumeaux, à savoir le déficit budgétaire et celui du compte courant de la balance des paiements.

Une approche inadaptée parce que d'un autre temps

Au final, l'annonce de l'annulation massive de la dette africaine ressemble à s'y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde. L'Afrique d'après le Covid-19 ne peut accepter de jouer un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, car les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Des dirigeants qui détournent massivement les aides et prêts à eux consentis par la communauté internationale qui, tel le Tartuffe de Molière, détourne pudiquement les yeux de la mauvaise gouvernance chronique des économies africaines. Peut-on décemment se glorifier d'effacer une dette africaine dont les montants n'ont que très peu aidé l'Afrique ? Peut-on applaudir les mauvais élèves au détriment des bons élèves, qui péniblement tentent d'assainir leurs finances publiques année après année, mettent en place le contrôle citoyen de l'action publique et ont à cœur la poursuite de l'intérêt général ? L'allègement de la dette ne doit pas se traduire par une démobilisation générale de l'Afrique qui lutte au quotidien pour sa dignité et sa souveraineté, cette « Afrique d'après » que nous appelons de nos vœux. Il ne doit pas servir à récompenser les « passagers clandestins » de la bonne gouvernance.

L'économie politique de la compassion internationale ne peut être la voie privilégiée de l'émancipation africaine. Méditons ensemble ce proverbe qui dit : « La main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit. »

Source: Le point.fr

 

 

Prof. Nubukpo : « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante »

Armées togolaises : Voici venue l'heure…

L’armée togolaise n’est pas assez entrée dans l’histoire ! Cette formulation de forme est empruntée d’un discours de l’ancien président français Nicolas Sarkozy qui plutôt disait que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Ainsi, s’agissant du Togo, ce serait bien d’ajouter à l’idée l’adverbe positivement pour être au complet. L’armée togolaise n’est pas assez positivement entrée dans l’histoire. Car, les tragiques évènements qui tracent la vie politique de la nation togolaise ont toujours laissé au fil des années, des étiquettes malheureuses sur ce corps de métier, notamment les FAT, forces armées togolaises. Puis, les années passent sans qu’il ne soit possible de changer le cours de l’histoire et des conceptions. Or, ce n’est pas pour autant des occasions qui manquent.

Trêve de spéculations ! Il ne s’agit en aucun cas, dans l’idée, d’appeler les FAT à faire un coup d’état pour entrer dans l’histoire, non ! Ceux qui tiennent des discours contraires ont peut-être une raison qui ici, n’est pas la nôtre. Puisqu’en vérité, il s’agit d’inviter un corps de métier à marquer positivement l’histoire, impacter son pays, œuvrer à sortir de l’esprit des populations togolaises toutes ces pages noires qui font malheureusement son histoire.

Le 13 janvier 1963, c’est à travers un coup d’état que les forces armées togolaises se sont illustrées et immiscées sur la scène nationale et internationale, renvoyant l’image d’un Togo, premier pays a assassiné son premier président démocratiquement élu. Puis, l’enfer se perpétue. Le 13 janvier 1967, bis repetita, prise de pouvoir par l’armée avec Eyadema ; 05 octobre 1990, répression sanglante d’un soulèvement populaire ; 03 décembre 1991, attaque du gouvernement de la transition démocratique de Me Joseph Kokou Koffigoh ; 05 mai 1992, le carnage de Soudou ; 22-23 octobre 1992, prise d’otage des membres du HCR, Haut Conseil de la République de Mgr Kpodzro ; 23 juillet 1992, meurtre de Tavio Ayao Amorin ; 25 janvier 1993, tragédie de Fréau Jardin sans oublier les massacres de la lagune de Bè en avril 1991 et les tristes souvenirs des mois de février et avril 2005 après la surprenante disparition du général président Gnassingbé Eyadema…la liste est longue.

En effet, la litanie des faits politiques majeurs que retient l’histoire de la République du Togo n’honore pas les FAT. Sur plusieurs tableaux, elles ont toujours été citées en mal. Car, la population togolaise dans sa majorité semble garder une certaine aversion vis-à-vis des hommes en treillis à cause du comportement des « éléments incontrôlés » qui sèment la désolation. Le général Eyadema l’a su et, plusieurs initiatives ont été prises pour corriger le tir et retisser les liens. Mais, c’est sans succès. L’époque de réconciliation armée-nation initiée par le président Eyadema après des heures de heurts, n’a absolument rien donné vu que les divisions étaient incommensurables et les blessures, trop profondes. Il fallait bien plus pour recolmater les brèches. Désormais, il faut tout refaire.

Covid-19, et si c’est enfin le moment !

Dans les mesures urgentes de riposte contre la propagation du virus, le Gouvernement togolais a décidé d’un couvre-feu de 20h à 6h. Environ 5000 hommes ont été retenus pour assurer le respect de cette mesure gouvernementale. Et c’est fini ! certains de ces hommes en uniforme croient avoir reçu le permis de la violence.

Au premier jour du couvre-feu, ils se sont déchaînés sans ménagement sur de pauvres populations civiles sans défense, c’est-à-dire, sur des individus qui, à moins qu’ils ne soient des « récalcitrants » selon le terme du ministre de la sécurité Yark Damehame, se trouvent pris ou surpris dans la rue aux heures prévues pour le couvre-feu. La violence inouïe de ces treillis sur leurs compatriotes a souvent laissé l’opinion nationale, voire internationale sans voix. Espéraient-ils l’occasion pour en découdre avec une population civile de laquelle ils sont issus ? La question reste posée. Mais rien n’est encore perdu pour tout esprit épris de changement car, dans la vie, il y a toujours de réelles chances pour se reprendre et changer.

En effet, sur plusieurs cieux, en cette difficile période de coronavirus, ce sont les forces armées qui viennent prêter main forte aux médecins qui sont en première ligne de la lutte contre la pandémie. Les exemples sont légion, il faut juste énumérer quelques-uns.

En France par exemple, les forces armées ont été déployées sur tous les fronts face à un ennemi invisible, la pandémie du covid-19. Ils aident les médecins dans le transfert des patients afin d’éviter l’engorgement des urgences hospitalières. En Espagne, les militaires sont présents dans toutes les régions du pays pour transporter les morts, bâtir en temps record des hôpitaux de campagne et désinfecter des bâtiments publics et privés. En Italie, ils sont nombreux sur tous les fronts. Pas plus loin du Togo, le Ghana, les forces armées se sont mobilisées pour aider les civils à dégager les immondices qui peuvent être sources de contamination de la maladie. Pendant ce temps, au Togo, la population est en courroux contre les forces armées du fait des zélés qui peuplent ce corps et qui excellent dans des violences aveugles et barbares en cette période de crise qui commande l’union.

Alors, pour finir avec cette triste image collée aux Forces armées togolaises qui souvent, se défoulent sur les civils, M. François Boko, ancien officier de la gendarmerie togolaise propose d’« évitez d’utiliser les moyens militaires uniquement sous l’angle coercitif et de contrôle de la population. Optimisez-les plutôt sous l’angle humanitaire afin qu’ils participent à l’effort collectif de lutte contre la pandémie du Covid-19 : opportunité d’une cohésion nationale au Togo ». Il a aussi souhaité qu’on « instruise la hiérarchie militaire et celle de l'administration pénitentiaire à établir et exécuter un plan de pulvérisation et d’assainissement des casernes, des établissements pénitentiaires et autres lieux de détention de la police judiciaire au Togo ». Pourquoi ne peuvent-ils pas aider à désinfecter les marchés et autres espaces publics dans le pays, sans oublier les zones à forte concentration les jours ouvrés ? D’ailleurs cela répond bien aux dispositions de l’article 149 de la Constitution Togolaise qui donne plein droit à l’armée d’accomplir les travaux d’utilité publique. Se faisant, les éléments de la police, de la gendarmerie ou de l’armée auront du prix aux yeux des Togolais.

En somme, l’idée reste noble et peut valablement contribuer à regarder autrement que méchamment les Forces armées togolaises. Ce serait aussi l’occasion pour les treillis de se faire tant soit peu pardonner par un peuple qui se sent souvent méprisé et martyrisé pour ses envies de liberté et de démocratie. Ainsi, l’on parlera d’une armée utilitaire, d’une armée du peuple, une armée au service du peuple. Aussi ne cesserait-on de le dire, l’armée qui sait manier et le bâton et la carotte, c’est-à-dire jouer sur la pédagogie avant la sanction est plus respectée.

Au demeurant, aux FAT, les populations togolaises ne leur demandent qu’une chose : le respect des dispositions constitutionnelles qui régissent leur profession. Article 147 de la Constitution : « Les Forces armées togolaises sont une armée nationale, républicaine et apolitique… ». C’est dire que l’image des hommes en tenue qui criaient un coup K-O lors de la dernière campagne présidentielle, cette image doit en réalité faire pitié et, à partir du moment où l’on opte pour le professionnalisme, elle ne sera désormais qu’un mauvais souvenir. C’est une certitude que les Forces armées togolaises jouent un grand rôle dans la protection et la défense du territoire national, une mission ô combien difficile et compliquée qui mérite respect et encouragement de la part des populations. Cependant, il ne reste qu’à l’armée de soigner au mieux, ses relations avec les civils. En réalité, c’est de ça qu’il s’agit.

Alors, Forces armées togolaises, voici venue l’heure du changement pour tous !

Sylvestre BENI

 

 

Armées togolaises : Voici venue l'heure…

 

Togo, Solidarité : Cuba envoie des médecins, la France interdit des journaux !

Avec 77 cas confirmés, dont 44 actifs pour 29 guérisons, trois décès, la pandémie du Covid-19 continue de progresser au Togo, à un rythme moins élevé pour l’instant que celui des pays développés. Dans ce contexte, Cuba a décidé répondu favorablement à la demande des autorités togolaises et envoyé au Togo des médecins de la « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » pour lutter contre la pandémie.

La Solidarité internationale, Geste rare en ces temps de crise !

C’est par un message Twitter que l’ambassadeur de Cuba auprès de l’Union Africaine, M. Angel Villa a indiqué : « La brigade médicale cubaine arrivera au Togo pour combattre le Covid-19. La solidarité prévaut ! » Effectivement et c’est à mettre à l’honneur de ce petit pays des caraïbes dont la réputation en matière de système de santé n’est plus à faire. Et le ministre des affaires étrangères de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parilla ajoute : « C’est la première fois qu’une brigade médicale cubaine apporte son appui au Togo. C’est un engagement de Cuba envers un pays avec lequel nous avons des liens historiques d’amitié et de solidarité ». Sur son compte twitter le ministre indique que « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies. La ccopération internationale est essentielle pour freiner sa progression et en atténuer les effets. Les différences politiques doivent être écartée, pour ouvrir la voie à la recherche conjointe des réponses nécessaires. #Cubasalvavidas ». [Cuba sauve des vies, NDLR] [i] Le ministre Cubain poursuit « Les médecins cubains ont été accueillis par le premier ministre Togolais, Komi Sélom Klassou, le ministre des affaires étrangères Robert Dussey et le ministre de la santé. Le premier ministre a transmis les remerciements de son président à Cuba ».

Ce renfort de médecins cubains arrivés au Togo, prolonge la solidarité internationale de la République socialiste de cuba envers l’Afrique ou des médecins cubains de « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » sont à pied d’œuvre en Angola depuis plus d’une semaine.

Les mots du ministre cubain « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies », prennent tout leur sens, si l’on se rappelle qu’au mois de mars, lorsque l’Union européenne restait sourde et ne répondait pas aux appels urgents à l’aide de l’Italie, à ce moment pays du monde le plus durement frappé par la crise du Covid 19, une équipe de 52 médecins cubains de la « Brigade médicale Henry Reeve » a forcé l’admiration en débarquant le 21 mars en Lombardie province la plus durement affectée par la pandémie, ou ils furent accueillis comme des héros. Une seconde équipe a ultérieurement été envoyée en Italie. « Cuba est un petit pays, mais ce que nous pouvons offrir est notre capacité médicale et nous l’offrons avec le cœur », avait déclaré au journal La Stampa, José Carlos Rodriguez l’ambassadeur de Cuba en Italie. [ii]

Cuba, petit pays des caraïbes de 11 millions d’habitants, a développé sous l’impulsion de Fidel Castro, un système de santé publique qui compte 34 universités de médecine, 95.000 médecins, dont 15.000 dentistes, 89.000 infirmiers et infirmières et personnels de santé. A Cuba la santé est une priorité et l’expertise de ses équipes médicales, notamment en matière de lutte contre les pandémies s’exporte dans le monde entier. Plusieurs équipes médicales Cubaines se sont précédemment employées en Afrique, notamment pour lutter contre l’épidémie Ebola. Répondant à une demande de l’OMS, trente des médecins de cette brigade avaient été mobilisés en 2014 pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Habitués des coopérations internationales, plus de 50.000 professionnels de santé de Cuba, travaillent dans plus d’une quarantaine de pays à travers le monde. A ce jour, depuis le début de la pandémie, Cuba, fidèle à ses traditions et à sa politique de coopération internationale a répondu positivement aux 13 autres pays qui après l’Italie ont sollicité son aide dans la lutte contre le Covid-19, et envoyé plusieurs centaines de médecins en Andorre, Angola, Belize, Grenade, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Suriname, Venezuela, Togo…, et se déclare encore prêt à répondre à toutes les demandes d’aide médicale.

Il est souhaitable qu’une fois terminée la pandémie et le Covid-19 maitrisé grâce aux progrès de la recherche médicale, tous ces pays qui ont reçu l’aide concrète des médecins cubains, se souviennent de ce qu’est la solidarité internationale de Cuba, et l’appuient de manière diplomatique, dans sa demande incessante afin que soit levé le blocus criminel mené par les Etats-Unis à son égard depuis le 3 février 1962. Les Etats-Unis qui en ces temps de crise sanitaire ont fait preuve d’égoïsme, pratiquant la mondialisation à rebours par une politique forcenée du chacun pour soi, les conduisant à se rendre sur les tarmacs des aéroports de Chine, pour détourner des masques sanitaires de leur destination en rompant les contrats commerciaux et en payant trois fois le prix en cash. Ou encore lorsque Donald Trump, le « faiseur de deals », en personne a tenté d’attirer aux Etats-Unis les chercheurs allemands de la société CureVac à Tübingen et d’acheter l’exclusivité pour le sol américain d’un éventuel vaccin qu’il était prêt à payer jusqu’à un milliard de dollars pour s’assurer que le médicament en développement dans le laboratoire allemand bénéficie en priorité aux américains.[iii] Ce qui a provoqué la réaction cinglante de l’épidémiologiste allemand et député du SPD, Karl Lauterbach « Le Capitalisme a ses limites. Le gouvernement américain a fait un acte extrêmement hostile ». Pour ce qui concerne le Togo, l’aide des Etats-Unis jusqu’à présent consiste en une vidéo de l’ambassadeur Éric Stromayer appelant au confinement, diffusée le 25 mars 2020. [iv]

S’il faut saluer la solidarité concrète de Cuba pour lutter contre la pandémie du Covid-19, au vu de l’attitude des Etats-Unis, il est permis de s’interroger sur l’aide concrète apportée au Togo dans ce cadre par ses alliés « traditionnels », parmi lesquels les pays du G5 Togo.

Covid-19 : Quelle solidarité avec le Togo de la part des pays du G5 ?

La coordination du G5 Togo, composée de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, et du Système des Nations-Unies, si prompte à se pencher sur l’état de la démocratie au Togo et faire des recommandations à Faure Gnassingbé et au gouvernement, en acceptant sans broncher qu’elles ne soient jamais respectées [v], semble pour l’instant répondre aux abonnés absents. Pas une once d’aide médicale concrète au Togo depuis le début de la pandémie.

En France, depuis le début de la pandémie Macron et son gouvernement étalent aux yeux du monde, le visage de l’incurie et l’incapacité à coordonner efficacement la lutte contre la pandémie. A tel point que des députés de tous bords politiques ont écrit au premier ministre Edouard Philippe pour demander l’aide des médecins cubains pour faire face à l’épidémie. C’est dire !

Sollicitation restée jusqu’ici lettre morte, la France préférant du haut de sa fierté offrir le spectacle des querelles picrocholines au sein du milieu médical et de l’inefficacité de ses dispositifs de lutte, qui conduisent à recourir au confinement comme seul remède efficace, une solution qui remonte au Moyen-âge. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés. La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs. », résume Jean-Dominique Michel, expert en santé publique, anthropologue de la santé.

D’un côté, un Professeur, Didier Raoult, sommité mondiale en tant que spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes, bien connu des milieux médicaux africains où il intervient régulièrement. A l’IHU Méditerranée Infection qu’il a créé et dirige à Marseille, ses équipes ont massivement dépisté, puis traité plusieurs milliers de patients à la chloroquine associée à un antibiotique, obtenant des résultats remarquables (après 10 jours 91,7% des patients avaient une charge virale nulle).[vi] De l’autre une horde de confrères détracteurs, souvent liés contractuellement à des laboratoires pharmaceutiques, qui récusent la méthode semble-t-il efficace de Raoult et préconisent d’attendre des essais cliniques dont les résultats n’interviendront qu’une fois la pandémie terminée.

Ce médicament à très bas coût, 5€ environ soit 3279 FCFA, pourrait intéresser au premier chef, les pays à faibles revenus. Il est d’ailleurs officiellement retenu et préconisé par le Sénégal.

Dans la même période un décret du 28 mars 2020, premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la santé Olivier Véran, déclenchait une polémique en autorisant un médicament le Rivotril, habituellement utilisé sur des patients en détresse respiratoire. A tel point qu’un syndicat professionnel Jeunes Médecins a demandé au Conseil d’Etat de suspendre le dispositif arguant : « L’administration de cette molécule (contre-indiquée en cas d’insuffisance respiratoire) à un patient souffrant du Covid-19 aura pour effet d’atteindre une sédation terminale à domicile entrainant le décès » [vii]. Certains ont immédiatement interprété cela comme une mesure d’euthanasie quand d’autres s’en défendent. Rien que ça !

Si l’Allemagne semble, s’être mieux tirée de la situation de crise sanitaire, grâce à un dépistage massif des populations à risque, les Etats-Unis ne sont guère mieux lotis que la France, quant aux autres pays de l’Union européenne, l’Italie et l’Espagne sont les pays européens qui jusqu’à présent ont payé le plus lourd tribut, malgré un recours massif au confinement des populations.

À force d’avoir obéi aux injonctions de l’Union européenne et sacrifié la santé publique et ses hôpitaux sur l’autel des politiques néolibérales et du marché, l’impréparation notoire aux situations de pandémie se paye aujourd’hui cash, et au prix fort. Après avoir constaté la pénurie de masques et de tests réactifs de dépistage du fait des décisions des gouvernements successifs de Chirac, Sarkozy et Hollande, qui ont appliqué le crédo néolibéral a la politique nationale de santé, et choisi délibérément de supprimer les stocks de réserve au motif de faire des économies de bouts de chandelle, la France est ainsi devenue en ces temps de crise sanitaire sous la gouvernance de Macron, la république des ordres et des contre-ordres, menant une politique de la chèvre et du chou ! Le système médical français sous Covid-19 est un champ de ruines : « pour se fabriquer des sur-blouses de fortune, c’est la course aux sacs-poubelles. Des ateliers de bénévoles découpent et cousent, à leur domicile, du polyester récupéré (entre autres) chez Gamm’Vert. Les masques sont toujours délivrés au compte-gouttes, et pas les FFP2 espérés. Dans les hôpitaux on surveille les stocks de tout, de crème hydratante, de combinaisons, de médicaments. »[viii] …

Pour ce qui est du Togo, bien qu’ayant fait appel aux médecins cubains, les togolais, ne manquent heureusement pas de ressources internes. Après avoir salué l’initiative de plusieurs stylistes et créateurs de mode, tels Saint Addy et Nadiaka (Nadia Karimu-Yessoufou), qui se sont mis spontanément à fabriquer des masques dont le pays était complètement démuni, il est aussi permis de saluer l’initiative de trois jeunes spécialistes des techniques de l’information et de la communication et de l’impression 3D, qui ont dans l’urgence fabriqué un respirateur artificiel dont les tests se sont avérés probants et des visières de protection, selon les explications données par les créateurs qui ont travaillé dans le cadre du Hub de créativité NUNYA LAB, Foli-Bebe Ousia Assiongbon, Directeur Exécutif de EcoTecLab, Komlan Sylvestre Olando, Directeur exécutif de Tidd et Kossi Akapko Fab Manager Fablab ENSI UL[ix]. Il est souhaitable que le plan de soutien de 400 milliards décidé par le gouvernement vienne en aide à ces jeunes pour les aider concrètement à financer ce type de production d’intérêt public. C’est dans cette direction que devrait se tourner le Professeur Kouami Kokou, Directeur de la recherche scientifique du Togo, qui venu s’enquérir de l’avancement des travaux a déclaré « être impressionné », avoir vu du « Top, du haut niveau », a « encouragé les jeunes à aller très vite » et « qu’il verrait dans le cadre de la Commission quel soutien il pourrait apporter à cette équipe-là pour passer du stade de prototype à celui de la production ». La professeur Kokou devrait saisir d’urgence la Coordination Nationale de Gestion de Riposte au Covid-19 au Togo (CNGR Covid-19), censée harmoniser les actions et pallier rapidement aux effets collatéraux négatifs des mesures d’urgence.

Cette créativité permet de mettre à l’honneur les jeunes togolais qui font fi du confinement intellectuel et au lieu de subir font preuve de capacités de réaction à une situation de crise et agissent pour l’intérêt commun.

Il est donc suggéré à l’Etat togolais de valoriser l’initiative de ces jeunes créateurs, en poursuivant sa coopération médicale avec Cuba et en l’aidant à se procurer des respirateurs. Une coopération intelligente au moment ou en raison du blocus des Etats-Unis, Cuba se trouve privé de sa source d’approvisionnement principale en respirateurs pulmonaires, les sociétés suisses IMT Medial AG et Acutronic. Sans doute par souci d’« humanisme confiné » au seul territoire des Etats-Unis, la société américaine Vyaire Medical Inc. Basée dans l’illinois vient d’acquérir au prix fort les deux fabricants suisses. Elle a aussitôt signifié à Medicuba, société importatrice du ministère cubain de la santé publique, « la ligne directrice de l’entreprise que nous avons aujourd’hui est de suspendre toute relation commerciale avec Medicuba » [x]. Si comme l’affirmait Karl Lauterbach à propos des vaccins « Le Capitalisme a ses limites », l’égoïsme des Etats-Unis lui est sans limites.

Difficile dans les conditions que nous venons de décrire, d’attendre le moindre élan de solidarité de la part des pays du G5 tous empêtrés dans une gestion de crise on ne peut plus approximative.

Quant au sens de l’intérêt commun on ne saurait donc mettre tout le monde sur le même plan au constat du rôle de certains dans cette période tourmentée.

La France n’envoie pas de médecins, sa diplomatie attaque la Liberté d’expression et fait interdire trois Journaux togolais, Liberté, L’Alternative, et Fraternité

À la différence de soixante millions de français, la diplomatie française au Togo, ne semble pas vouloir rester confinée… Ainsi avons-nous assisté en pleine épidémie de Coronavirus au déploiement de zèle de l’ambassadeur de France au Togo pour obtenir de la HAAC [xi], la suspension et l’interdiction de parution des journaux L’Alternative, Liberté, et Fraternité, qui au lendemain de l’élection présidentielle du 22 février 2020, avaient osé donner leur avis quant au soutien sans retenue de l’ambassadeur de France à Faure Gnassingbé, dénonçant des entorses à la neutralité.

Cette suspension fut perçue comme l’art de souffler le chaud et le froid, dans les relations entre la France et le Togo, l’art de manier la carotte et le bâton.

Faisant fi des querelles secondaires, une partie de la presse togolaise, la presse debout, lassée des atteintes répétées contre son indépendance, est entrée au Togo dans un affrontement direct et non plus à fleurets mouchetés avec une partie de la diplomatie internationale représentée au Togo, notamment la France. Sans faire un foin du diable, ni entrer dans la gesticulation stérile, ils ont décidé de porter leur riposte au seul niveau qui convient, à savoir le ministre de tutelle de l’ambassadeur de France au Togo, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.

Ainsi le Comité de soutien aux journaux Alternative et Liberté a adressé les 19 mars 2020 au ministre français une lettre de protestation reproduite en annexe dont l’objet affichait clairement la couleur : « Atteinte à la liberté de presse – Protestation contre Marc Vizy Ambassadeur de France au Togo »

Il est possible d’interpréter la demande formulée au ministre par le comité de soutien comme une demande de condamnation d’une forme de « diplomatie compradore », qui consiste à vouloir éradiquer la possibilité d’expression de toute forme de critique de l’action publique, voire d’instituer comme règle l’occultation de la vérité. !

Les journalistes togolais considèrent que l’ambassadeur de France, pas plus qu’il n’était qualifié, es-qualité d’expert sanitaire, pour démontrer que la brasserie BB Lomé propriété du groupe français Castel Frères[xii], respectait ou non les règles sanitaires, ne pouvait davantage démontrer que les critiques formulées à son égard quant à ses propos systématiquement laudateurs du régime Gnassingbé n’étaient pas fondées, à la lecture et à l’écoute de ses nombreuses déclarations publiques relayées par la presse togolaise.

Le quotidien Liberté qui pour la première fois en quinze ans d’existence a été obliger de baisser le rideau pendant quinze jours, avait écrit que : « Depuis son arrivée au Togo, l’ambassadeur de France au Togo, s’est toujours comporté comme si te Togo n’avait aucun déficit démocratique et que chacune des institutions jouait véritablement son rôle. »

La période actuelle caractérisée par la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19, ne semble pas plaider en faveur de la France et atteste que celle-ci parait bien mal placée pour distribuer des accessits dans la mesure ou jour après jour la gestion de la crise par le gouvernement français montre l’amateurisme et des capacités d’organisation défaillantes.

Vivement le retour de Liberté, L’alternative et Fraternité dans les kiosques et plein soutien à tous ces journalistes courageux qui mènent sans faillir le combat pour la liberté d’expression.

Le Couvre-feu fera-t-il plus de victimes au Togo que le Covid 19 ?

Nous avions déjà alerté et interrogé sur les véritables intentions du gouvernement à propos du couvre-feu instauré pour une durée indéterminée au prétexte de la lutte contre le Covid-19.

Il semblerait, que les craintes de nombreux citoyens togolais soient fondées puisque chaque jour apporte son lot d’exactions et d’atteintes à la dignité humaine, au vu des témoignages de plus en plus nombreux relatés par la presse togolaise indiquant que les soldats, gendarmes et policiers chargés de faire respecter cette disposition restent fidèles aux habitudes récurrentes de répression du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé. Ils brutalisent sans raison apparente les paisibles citoyens, enfants, jeunes adultes et même des personnes âgées. On peut ainsi voir dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux [xiii], une grand-mère molestée et blessée à Devinkinmé, à quelques kilomètres à l’est de Lomé.

Plusieurs autres cas de violences ont également été signalés, viol d’une fille dans la préfecture des lacs, un jeune qui revenait de son travail à Zanguéra et fut interpellé aux environs d’Avédji-Limousine, est décédé après avoir été roué de coups jusqu’à l’éclatement des testicules [xiv]. La famille du jeune garçon n’entend pas se taire et demande que justice soit faite.

La lutte contre le Covid-19, ne saurait servir de paravent à des violences gratuites sans aucune justification dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Cette réalité vécue par les togolais depuis que l’état d’urgence a été décrété pourrait peut-être conduire l’ambassadeur de France au Togo à aider les victimes et leurs familles à obtenir réparation. Les exactions commises ces derniers jours sous couvert du respect du couvre-feu, pourraient peut-être permettre à l’ambassadeur de réviser ses « certitudes », à travers les propos qu’il avait tenus en 2018, quelques mois après sa prise de fonctions au Togo, devant un parterre de journalistes et d’hommes d’affaires à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel entrepôt de l’entreprise française AGS : « Le Togo connait quelques turbulences politiques souvent un peu exagérées par les médias {…}Nous sommes convaincus que cet épisode de turbulences politiques, les togolais sauront le dépasser dans un cadre pacifique, dans le cadre de la démocratie. Nous avons confiance. Si certains doutent nous ne doutons pas. »

Un jeune tué, une jeune fille violée et une grand-mère molestée, actes suffisamment graves par nature, permettront-ils à l’ambassadeur de France d’infléchir sa conscience et de réviser ses certitudes, de lever les « doutes » quant à la véritable nature du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé et le conduiront-ils à réviser sa confiance à son égard ?

Pendant ce temps les médecins cubains soignent et sauvent des vies au Togo ! FF.

François Fabregat

16 avril 2020.

Notes :

[1] Ministerio de relaciones exteriores de la Republica de #Cuba, voir : https://twitter.com/cubaminrex

[2] Ministerio de relaciones exteriores de la Republica de #Cuba, voir : https://twitter.com/CubaMINREX/status/1249761894405148679

[3] DAMS J., « Donald Trump greift nach deutscher Impfstoff-Firma » (« Donald Trump s’adresse à une société allemande de vaccins »), Welt Am Sonntag, 15 mars 2020, voir : https://www.welt.de/wirtschaft/article206555143/Corona-USA-will-Zugriff-auf-deutsche-Impfstoff-Firma.html

[4] L’ambassadeur des USA au Togo, Éric Stromayer, YouTube, 25 mars 2020, voir : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=Q0C21X8Qwb8&feature=emb_logo

[5] La France au Togo, « Déclaration du G5 », Ambassade de France à Lomé, 19 mars 2018, voir : https://tg.ambafrance.org/Declaration-conjointe-du-G5

[6] Institut Hospitalier Universitaire IHU-Méditerranée Infection : « Actualité du traitement », 14 avril 2020, Voir : https://www.mediterranee-infection.com/actualite-du-traitement/

[7] GARRE C., « Soins palliatifs et Covid-19 : polémique autour de la dispensation du Rivotril en ville, les professionnels rassurent », Le Quotidien du médecin.fr, 6 avril 2020, voir : https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/sante-publique/soins-palliatifs-et-covid-19-polemique-autour-de-la-dispensation-du-rivotril-en-ville-les

[8] RUFFIN F., « Après la « prime Gilets Jaunes », la Prime « Blouses blanches » », François Ruffin.fr, 16 avril 2020, voir : https://francoisruffin.fr/prime-soignants/

[9] TADEGNON N.K., « Des respirateurs contre le Coivid-19 au Togo », Deutsche Welle, 13 avril 2020, voir https://www.dw.com/fr/des-respirateurs-contre-le-covid-19-au-togo/av-53106967 ou https://p.dw.com/p/3apXz

[10] TAUPIN M., « Cuba / Blocus / Dernière minute : Trump peut toujours faire pire ! », Cuba Si France, voir :

https://zh-cn.facebook.com/groups/CubaSiFranceInfos/?ref=pages_profile_groups_tab&source_id=153584941870158

[11] Haute autorité de l’Audiovisuel et de la Communication

[12] La brasserie BB Lomé appartient au groupe international français Castel Frères et BGI (Brasseries et Glacières internationales), qui sous la holding DF Holding, se compose d’une kyrielle d’entités, eaux : Cristalline, Thonon, Vichy Célestins, Rozana, Saint-Yorre, vins : Baron de Lestac, Barton & Guestier, Châteaux & Domaines Castel, La Villageoise, Malesan, Nicolas, Oenoalliance, Patriarche, Roche Mazet, Vieux Papes, bières : 33 Export, Brasseries du Cameroun, Brasseries Star de Madagascar, Brasserie du Bénin à Lomé, sucre : SOMDIAA, dont le PDG, le français Pierre Jesus Sebastian Castel, réside en Suisse près du Lac Leman. La plupart des acquisitions faites en Afrique (plus de 80 % des actifs) sont logés dans des paradis fiscaux.

[13]Papa Sow, « Une grand-mère violemment battue par un soldat au Togo », 27avril.com, 14 avril 2020, https://www.youtube.com/watch?time_continue=82&v=SX1kAuohiD0&feature=emb_logo

[14]Marcelle APEVI, « Togo, Couvre-feu et Bavures policières : Un jeune assassiné par la soldatesque de Faure Gnassingbé à Avédji-Limousine », 27avril.com, 15 avril 2020, voir : https://www.27avril.com/blog/culture-societe/societe/togo-couvre-feu-un-jeune-tue-par-la-soldatesque-de-faure-gnassingbe-a-avedji-limousine

 

 

Togo, Solidarité : Cuba envoie des médecins, la France interdit des journaux !

 

Couvre-feu et bavure policière : Une vieille dame battue à sang par des hommes en uniforme

Les appels à la retenue et au professionnalisme lancés aux forces de défense et de sécurité qui font partie de la force anti-pandémie, mise en place pour la lutte contre le coronavirus, semblent tomber dans des oreilles de sourds. Les exactions sur les pauvres citoyens continuent. Le numéro vert 1014 créé pour signaler ces bavures a montré suffisamment ses limites. La semaine dernière, c’était sur une vieille dame de presque 70 ans que les hommes en uniforme ont jeté leur dévolu.

Lorsque notre Rédaction a appris l’information, elle ne s’est pas jetée sur l’occasion pour pondre un article. Elle a voulu attendre, s’informer davantage, mener les enquêtes auprès des proches et même chez la victime. Ce qu’on a appris fait pitié, n'honore pas l'uniforme et amène à s’interroger sur la considération que les forces de défense et de sécurité ont pour leurs frères, les civils.

Il faut dire que malheur de cette vieille dame, c’est de n’avoir pas des toilettes dans la maison où elle vit avec ses enfants et petits-enfants. Même la nuit, elle devra sortir pour aller se soulager dehors.

Voici les témoignages de la vieille dame

« Quelque chose m’est arrivée la dernière fois. Je m’apprêtais à prendre ma douche lorsque j’ai senti le besoin d’aller me soulager. Et donc j’ai demandé à deux de mes enfants de m’accompagner, ils étaient restés devant le portail. Après m’être soulagée, mes enfants sont rentrés quand ils m’ont vu revenir. Et puis j’ai entendu des voix qui interpellaient : « Qui sont là-bas ? ». En même temps, j’ai reçu une matraque dans le dos. Le temps de me demander ce qui se passait, je me suis retrouvée à terre à l'entrée de la maison, mais l’homme en uniforme a continué par me tabasser, son collègue l'attendait devant la maison. Dans ma douleur, j’ai commencé par crier en appelant au secours. Les gens sont sortis croyant que ce sont des voleurs qui m’ont attaqué. Ils sont sortis avec des coupe-coupe et des bâtons. Mais comme ils ont remarqué que ce sont les forces de sécurité, ils ont déposé ces armes blanches. Ils demandaient aux soldats ce qui se passe et pourquoi ils me tabassent. Ils parlaient le français entre eux, mais comme je ne comprends pas, je ne savais pas ce dont ils discutaient exactement. Mais l’un des éléments disait que je mens et que c’est moi-même qui suis tombée, alors que c’était lorsqu’il me tabassait que j'ai perdu mes forces et me suis retrouvée au sol. J’ai une entorse au bras, les coups reçus au niveau de la poitrine ont créé des lésions qui ont fait couler le sang (…). Lorsque nous sommes allés à leur poste le lendemain, leur supérieur a remis de l’argent à mon enfant pour payer mes médicaments. Mais j’ai dit à mon enfant de garder l’argent, qu’on ne va pas l’utiliser. Je rappelle que le matin, les deux éléments qui m’ont battu sont revenus pour me tendre un billet de 2 000 FCFA pour prendre de la bouillie. Je leur ai dit que je ne prends pas, et que l’affaire est dans les mains des autorités compétentes… ».

Voilà donc les mésaventures d’une vielle dame dont le seul péché est de n’avoir pas des toilettes chez elle à la maison en ces temps de couvre-feu. Ne peut-on pas comprendre cela ?

Pire, ce triste événement se passe dans une localité, Devikinmé (dans la préfecture des Lacs), qui n’est pas concernée par le couvre-feu. Puisqu’en dehors du Grand Lomé et des préfectures d’Agoè-nyivé et du Golfe, c’est la préfecture de Tchaoudjo qui est aussi touchée par cette mesure. Comment se fait-il que des hommes en uniforme puissent se permettre de telle bavure en toute impunité ?

A en croire les proches de la vieille dame, lorsque le 1014 a été contacté, on a reproché à la victime d’être sorti à une heure où le couvre-feu était en vigueur. Ce qui veut dire que quelque part, on a approuvé le "travail" de ces éléments qui, au lendemain de la forfaiture, avaient commencé par avoir du remord.

Mais au-delà de tout, la victime ne compte pas s’arrêter-là. Puisque selon ses déclarations, elle est une prêtresse. Et en tant que telle, son sang ne devrait pas toucher le sol, comme les hommes en uniforme l’ont fait.

« Je veux rappeler une chose. Je suis une vodoussi (prêtresse). Mon sang est versé. Et donc, les vodou que j’adore vont demander des comptes à ceux qui ont été à l’origine de ça », a-t-elle averti. Il faut alors, selon elle, des cérémonies pour arrêter la furie des vodous.

 

 

Couvre-feu et bavure policière : Une vieille dame battue à sang par des hommes en uniforme

Temps de crise, temps de dé-voilement

Tout le monde sait ce qu’est une crise, pourtant ce phénomène reste difficile à définir, et même parfois à décrire. C’est ainsi qu’au Togo, à propos d’une personne brutalement décédée, dont on demande la cause du décès, on vous répond parfois, « Il a piqué une crise ». Et on a du mal à s’imaginer ce que c’est : quel type de crise ?

Toutefois, ce qui est sûr c’est qu’une crise correspond à un moment exceptionnel dans la vie d’une personne ou d’un groupe. Elle fait ressortir le quotidien, comme un temps plat, marqué par la routine, elle fait du reste de la vie de la personne ou du groupe, un temps sans problème, un temps calme…

Oui c’est vrai, les temps de crise recèlent souvent bien des aspects négatifs : ainsi en est-il des maladies, où les crises, soit correspondent à une manifestation brutale de la maladie, soit, annoncent une aggravation de la maladie. Au niveau des groupes humains, la crise désigne aussi un moment difficile au plan économique (Crise Economique de 1929, Crise des Subprimes en 2008) ou sociopolitique (Printemps arabe en 2010).

Dans ce sens-là, ce que nous vivons en ce moment avec le COVID-19 correspond bien à une crise avec ce qu’elle comporte de désagréments : c’est d’abord une crise sanitaire puisqu’il s’agit d’une pandémie qui a déjà tué plus de 100 000 personnes, pandémie face à laquelle les systèmes de santé ont des difficultés à trouver des réponses satisfaisantes, mais c’est rapidement devenu une crise multiforme : économique, puisque l’activité économique mondiale est bouleversée et ralentie, politique puisque les gouvernements sont sur la brèche dans la perspective de rendre compte de leur gestion de la maladie, sociale, puisqu’elle a changé le mode de vie de millions de personnes, et finalement aussi spirituelle puisqu’elle interroge chacun sur le sens de la vie. Et la question de sens, est une question fondamentale. Et selon, François VARILLON, « l’interrogation sur le sens est ce qui nous définit comme homme »

A cause de sa gravité et de ce caractère multiforme, la crise du COVID-19 a révélé bien des choses qui seraient restées cachées sans elle. Ainsi en est-il de la fragilité de l’Occident qui, nous le croyions tous, disposait du meilleur système de santé du monde, mais qui peine toujours à trouver les bonnes solutions, alors que la Chine et d’autres pays d’Asie ont pu s’en sortir. Le COVID-19 a également montré la puissance des industries pharmaceutiques, des lobbys médicaux, avec la question de la Chloroquine, alors que des centaines de milliers de vie tiennent à l’application d’un traitement efficace et pas cher. Et l’histoire du vaccin, à tester en Afrique a révélé aux Africains jusqu’à quel point, dans l’équilibre géopolitique actuel, ils ne représentent qu’une source de profits divers.

Finalement le COVID-19 a comme progressivement enlevé les voiles qui couvraient les ressorts cachés de la vie sociopolitique du monde, les mobiles profonds de beaucoup d’acteurs de ce monde : on assiste, en quelque sorte à un dé-voilement.

Le cas du Togo est très parlant à cet égard. En effet, la gestion de la pandémie a révélé les insuffisances de notre système de santé et même de toute l’administration publique. C’est ainsi qu’on a assisté depuis la mi-mars à une série de décisions dont l’improvisation est patente :
• transformation sans aucune préparation du Centre Hospitalier Régional de KEGUE en centre de traitement alors que ce centre hospitalier n’avait même pas l’eau courante dans ses locaux d’hospitalisation ;

• en même temps que les écoles primaires (au milieu des compositions) et secondaires, fermeture de l’université où quelques jours auparavant on avait pourtant laissé les étudiants composer dans des amphithéâtres où ils étaient plusieurs centaines ensemble ;

• couvre-feu du jour au lendemain sans dire aux citoyens comment faire en cas d’urgence ;

• suppression du principal moyen de déplacement et du même coup du gagne-pain de beaucoup de citoyens sans leur laisser d’alternatives, puis retour sur cette décision ;

• initiative NOVISSI qui a donné lieu à beaucoup de malversations alors que beaucoup attendent encore d’en bénéficier…

Toutes ces mesures ont dé-voilé, mis à nu, un style de gouvernance qui demeurait en partie caché grâce à la non-transparence de l’information sur la gestion gouvernementale : négligence des aspects sociaux comme la santé publique, effets d’annonce sans réalisations concrètes mais aussi, gestion calamiteuse de membres de l’administration prêts à tout, surtout à manier la langue de bois, pour protéger leurs privilèges… A cause de tout cela, jusqu’à présent, on se demande si le Gouvernement a un véritable plan d’action pour affronter une telle épidémie. Et s’il y a un plan d’action avec des stratégies précises pourquoi ne sont-ils pas rendus publics et accessibles à tous ? Pourquoi cette culture du secret dans notre mode d’être et de gouverner ?

Il se trouve qu’en face du Gouvernement, la force de la critique n’est pas grande : la classe politique est engluée dans la gestion d’une crise (le mot revient) postélectorale qui dure depuis plus de six semaines et dont on ne voit pas le bout…

Mais aussi le Gouvernement a en face de lui, une société civile qui a du mal à se faire entendre parce qu’elle ne constitue pas encore une opinion publique forte et donc une réelle force de pression : des années d’étouffement des libertés publiques (avec notamment une presse qu’on continue à tourmenter) en sont la cause, et également une classe d’intellectuels qui n’osent pas jouer pleinement son rôle d’éclaireur pour être une force incontournable dans les prises de décisions politiques, économiques, sanitaires, sociales, éducatives etc… Est-ce possible de continuer ainsi ?

Les citoyens sont donc livrés à eux-mêmes, non seulement pour la prise en charge de la maladie mais pour s’en sortir au quotidien : on découvre avec stupeur qu’à l’ordinaire déjà 14% des ménages manquent de nourriture pendant deux jours sur sept ; ce qui fait que s’il fallait adopter la mesure du confinement total, pratiquée dans les pays occidentaux, presque la moitié de la population togolaise, soit 46% des ménages, vont commencer à avoir faim dès le septième jour.

Il ne s’agit plus de pauvreté mais de misère, que le COVID-19 a ainsi totalement dé-voilé ! Et à part NOVISSI et ses difficultés, quelles sont les véritables mesures d’accompagnement prévues pour y faire face ? Pour l’heure on attend toujours…

Allons-nous en rester là ? Cela dépend de nous.

En effet, une crise n’a pas que des aspects négatifs. Si nous prenons l’exemple de la vie humaine, l’existence d’un enfant est rythmée par des crises indispensables pour sa croissance. Ainsi vers l’âge de 3 ans, l’enfant est rétif disant non à beaucoup d’injonctions des parents ; c’est pénible pour les éducateurs, mais cela lui permet de se poser en tant que personne jouissant déjà d’une certaine autonomie loin du cercle familial. Il va pouvoir quitter ce cercle familial pour être par exemple scolarisé. De la même façon à l’adolescence, le jeune s’oppose aux adultes, c’est difficile pour ces derniers, mais au sortir de cette période la personne peut choisir ses propres valeurs et y conformer sa vie, bref devenir un adulte.

La crise est donc un élément indispensable pour toute croissance. Mais pour cela il faut accepter de prendre en compte les résultats du dé-voilement pour se connaître individuellement et collectivement, prendre conscience de soi dans ses insuffisances et ses dysfonctionnements. Cet examen lucide de nous-mêmes, de nos choix, et la reconnaissance de nos erreurs et dysfonctionnements, nous permettront alors de nous projeter, de choisir, en adultes, la société dans laquelle nous voulons désormais vivre. Cela demandera certainement des renoncements, des remises en cause, des changements de vie, des bouleversements sociaux et institutionnels qui peuvent se révéler fondamentaux pour les personnes et pour tout le pays… Mais c’est cela où régresser. Mettons à profit cette période de dé-voilement pour progresser.

Il y a le COVID-19 au plan sanitaire auquel il faut trouver une solution mais depuis 2017 n’y a-t-il pas aussi, de façon analogique un COVID-17 c’est-à-dire une crise politique réelle dans notre pays qui paralyse tout, qui est plus grave et attend des décisions vraies car on aura posé les vrais problèmes sur les institutions et leur fonctionnement ?

Pour mettre le dé-voilement à profit, il y a des attitudes à abandonner : à ce propos, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire référence au Pape François qui dit que cette crise ne doit pas être l’occasion de l’indifférence, de l’égoïsme, des divisions, de l’oubli (Bénédiction Urbi et Orbi, 12 avril 2020).


Par Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE

 

 

Temps de crise, temps de dé-voilement

 

La Dynamique Kpodzro revient sur la conservation de pouvoir de 1958 à 2020

Dans la matinée de ce mardi 14 avril, la Dynamique Kpodzro a animé une conférence de presse au domicile de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, candidat que cette instance a soutenu lors de la dernière élection présidentielle dont les résultats définitifs, proclamés par la Cour constitutionnelle, donnent le chef de l'État sortant, Faure Gnassingbé, vainqueur avec plus de 70%.

Cette rencontre avec la presse a porté sur "Le rôle de la violence dans la conduite et la conservation de pouvoir de 1958 à 2020". Elle a été une occasion pour Agbéyomé Kodjo et sa suite de faire revisiter l'histoire sociopolitique du Togo. Et de relever qu'elle est marquée par des actes violents.

« Cette violence est à la fois symbolique et réelle. Symbolique dans les rapports sociaux et ethniques quand elle porte sur les stéréotypes, des attitudes de stigmatisations des individus et des groupes sociaux ou de groupes ethniques. Elle est réelle quand elle crée des dégâts corporels et matériels », explique la déclaration.

Ce tableau peu reluisant s'explique, entre autres, rappelle la Dynamique Kpodzro, par un passé colonial mal soldé, des interférences des intérêts étrangers dans le jeu politique national, les modifications de l'environnent géopolitique, les traumatismes psychologiques et la nature des régimes politiques.

Pour en sortir, recommandent par ailleurs l'ancien Premier ministre et ses camarades de lutte, il faut la promotion de l'État de droit et de valeurs démocratiques, la promotion et le renforcement des droits humains.

A.H

 

 

La Dynamique Kpodzro revient sur la conservation de pouvoir de 1958 à 2020

 

Covid-19 : 3 nouveaux malades guéris ce mardi

La menace continue d’être réelle au Togo. Le coronavirus n’a pas cessé sa propagation dans le pays. Toutefois, les Togolais peuvent souffler un peu eu égard aux résultats issus des derniers dépistages liés à cette maladie virale très mortelle.

Un seul cas confirmé en 72 heures au Togo. Certes, il ne faut pas crier trop tôt victoire, mais cela amène à espérer quant à la limitation de la propagation de ce virus. Les nouveaux tests effectués ce mardi n’ont pas fait état de cas confirmé sur les 67 tests de ce matin.

C’est plutôt une bonne nouvelle (c’est relatif) qui a été annoncé. En effet, on parle de trois (03) nouvelles personnes qui sont guéries. Il n’y a donc pas d’évolution de la situation en terme de contamination.

Les trois (03) nouvelles guérisons portent à 32 le nombre de cas guéris. Et donc au Togo, la situation actuelle donne 77 cas confirmés de coronavirus, 42 cas actifs, 32 guérisons et malheureusement 3 décès.

Il est important de rappeler le respect scrupuleux des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à travers tout le territoire national.

 

 

Covid-19 : 3 nouveaux malades guéris ce mardi

 

Cours sur internet : Dr Christian Spieker interpelle le ministre en charge de l'Enseignement

Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause de la menace de Covid-19. En lieu et place, le ministre des Enseignement primaire, secondaire et de la Formation professionnelle, Atcha Dedji Affoh propose des cours sur internet, à la radio et à la télévision. Voici les remarques du Dr Christian Spieker.

Monsieur le Ministre de l´Enseignement primaire et secondaire, ancien Directeur général de Togocel,

je viens de lire ou d´apprendre que vous envisageriez des cours par le biais de la radio, de la télévision et même d´internet aux élèves, surtout ceux et celles des classes d´examens pour sauver l´année scolaire si c´est nécessaire au cas où la pandémie allait durer. L´idée est élogieuse et louable mais ce n´est pas faisable, donc il ne faut même pas l´envisager car la réalité des moyens dont disposent les parents d´élèves ne le permettrait pas. Les cours à la télé, radio et surtout internet Wifi n´existent pas encore partout dans les foyers au Togo. Je vous comprends, c´est de votre responsabilité de vouloir sauver l´année aux élèves en tant que Ministre de l´Enseignement. Mais Procéder ainsi c´est rompre l´égalité de chance entre les enfants de la République car tous les parents d´élèves au Togo n´ont pas ces moyens à offrir à leurs enfants pour suivre ces cours à distance et en tant que Ministre et ancien Directeur de Togocel connaissant très bien le prix d´internet au Togo, vous n´êtes pas sans savoir que ce ne sera pas faisable car impossible pour les parents qui commencent déjà par manquer de tout pendant cette crise de coronavirus. Ce qui doit prévaloir en ce moment est la santé de tous les Togolais. Peu importe ce qui pourrait advenir.

L´organisation des cours à la radio, télévision et sur internet rompraient inévitablement l´égalité de chance entre les enfants de la République si vous vous permettiez de prendre une telle décision même si théoriquement c´est bon, pour la simple raison qu´elle entacherait lourdement votre passage dans ce ministère car non seulement les résultats des examens seront catastrophiques mais surtout aussi en raison des moyens nécessaires pour pouvoir suivre ces cours dont tous les parents d´élève ne disposent pas. Vous n´aurez même pas 20% d´admis dans les classes d´examens si vous procédez ainsi. Quel parent d´élève, même à Lomé aurait la possibilité d´offrir les moyens de suivre les enseignements des cours par le biais d´internet avec ce prix des forfaits fixé par Togocel et que je connais bien et que tout le monde connaît bien, à moins que le gouvernement les prenne en charge. Dans ce cas, je vous dirais félicitation mais cela m´étonnerait aussi, connaissant très bien ce gouvernement qui prend des décisions sans mesurer au préalable l´impact sur les concernés comme c´est le cas pour les conducteurs de taxi-motos (Zemidjan). Qui va payer la connexion sur internet à domicile aux élèves confinés chez eux pour ces cours, le gouvernement ? Prendre une telle décision pour organiser les cours et sauver l´année scolaire vaille que vaille, reviendrait pour de beaucoup de nos compatriotes à dire que vous ignorez totalement la réalité de ce que vivent les gens au Togo. Ce n´est pas parce que certains pays européens procèdent ainsi en l´occurrence la France que vous allez les imiter alors que les parents togolais n´en disposent pas les moyens. En France ou en Europe en général, l´internet est quasiment gratuit c´est-à-dire qu´il est à un prix quasi inexistant et on peut être sur internet 24h/24. Mais au Togo, personne ne peut se le permettre tout simplement parce que c´est trop cher. Et d´ailleurs les élèves dont les parents n´ont pas les moyens vont chercher à aller suivre ces cours chez leurs amis en se regroupant alors que c´est ce que le gouvernement évitait. Donc ceci va engendrer encore des conséquences néfastes qui sont la contamination et la propagation de ce virus.

Ce serait une décision surprenante si elle venait d´être prise. A moins qu´il y ait une intention inavouée qui est celle de sauver à tout prix l´année scolaire aux enfants des riches, des grandes personnalités politiques ou des expatriés qui fréquentent les lycées internationaux au Togo au détriment des pauvres. Mais je n´ose pas vous prêter aussi cette intention qui n´est autre qu´une analyse car je trouve la décision hasardeuse et contre-productive. Ce qui serait aussi contraire à l´idée républicaine et au principe de l´égalité de chance des enfants de même pays face à cette pandémie. En tant que Ministre de l´éducation que vous êtes, je vous conseillerais de voir d´autres alternatives courageuses qui ne vont pas fragiliser l´égalité de chance des enfants. S´il y a une décision à prendre pour sauver l´année scolaire, il faudrait voir l´intérêt des élèves d´une façon globale sans se laisser impressionner par qui que ce soit dont les enfants fréquenteraient les lycées internationaux. En terme clair, la décision qui sera prise pour sauver l´année scolaire, sera prise en prenant en compte la garantie de l´égalité des chances de tous les élèves se situant sur tout le territoire togolais, peu importe l´école que chacune ou chacun fréquente.

Etes-vous convaincu que la télévision se trouve dans chaque foyer au Togo, moins encore un PC ( ordinateur portable) avec la connexion internet Wifi pour que chaque enfant puisse suivre ces cours à distance? Et pour combien de montant, les frais de connexion internet alors même que la société d´Etat, Togocel n´est même plus entre les mains de l´Etat togolais à 100%. L´étranger, lui, il est venu pour faire le commerce et les affaires. Voilà pourquoi vous ne pouvez plus lui imposer quoi que ce soit car il est majoritaire dans ladite société. C´est une grave erreur d´Etat et c´est maintenant de vous en rendre compte. Bien sûr c´est une décision du gouvernement à vos dépens aussi car la décision de la cession à une entreprise étrangère n´est pas prise par vous-même. Donc il faut les mettre devant leur responsabilité en tant que décideurs de cette cession de Togocel à une société étrangère et non les enfants des pauvres en tant qu´élèves qui vont payer les frais.


Monsieur le Ministre, ce n´est pas une décision correcte de procéder ainsi pour les élèves dont les parents n´ont rien pour pouvoir y faire face. Elle aura des effets très néfastes dans les foyers. Certes, vous cherchez à sauver l´année. C´est une bonne chose mais la manière dont vous envisagez de procéder pour la sauver n´est pas la bonne. Cherchez une autre voie équitable, juste et républicaine pour tous les élèves. Celle-là que vous envisagez ne l´est pas à mon avis.

À mon point de vue, cette décision d´organiser les cours par les moyens de médias, profiterait seulement aux enfants dont les parents sont aisés ou ceux dont les parents disposent de la richesse du pays. Un Togolais moyen ne pourra pas le faire. Le gros problème est non seulement l´internet mais aussi son coût pour les foyers modestes pour ne pas dire pauvres.

Si nous continuons par copier ce qui se fait en France alors que nous vivions une autre réalité au Togo, cela aggraverait inévitablement l´injustice et l´inégalité frappantes qui existent déjà dans notre pays. Tant que nous ne serons pas en mesure de revoir notre système éducatif et notre façon de penser dans notre société en prenant en compte notre réalité pour l´avenir de la jeunesse, on ne pourra jamais s´en sortir. Or, c´est ce domaine qui forme les jeunes pour la relève de demain.

Je ne vais pas aller très loin dans mon point de vue car c´est juste une simple suggestion pour dire que cette décision sera difficile à mettre en pratique. Certes, comme dit plus haut, les enfants des nantis n´auront pas de problème pour suivre ces cours mais la majorité des élèves au Togo n´a pas cette possibilité de suivre les cours par ce biais. En tant que Ministre de l´enseignement, vous pouvez envisager de prolonger l´année scolaire mais pas en sacrifiant l´intérêt des pauvres au profit des enfants des riches ou privilégiés de notre pays.

L´occasion me permet ici de soulever aussi un fait réel au Togo que j´ai constaté lors de mon long séjour au pays. C´est que le domaine de l´éducation est pratiquement abandonné par l´Etat. Les collèges et lycées poussent partout au Togo comme des champions dans le champ d´ignames. Or c´est le devoir de l´Etat. L´Etat ne remplit pas ses devoirs dans ce domaine pour l´éducation de ses enfants. Il laisse tout à la charge des parents et cela ne fait que profiter aux fondateurs d´écoles et de collèges qui font de l´argent sur le dos des pauvres parents d´élèves. C´est un sujet qui doit être un sujet de réflexion car je le trouve très injuste. C´est à l´Etat de créer des écoles. Il a complètement failli ici comme il en est aussi dans d´autres domaines. Il est à constater qu´il y a au Togo plus d´écoles et collèges privés que les écoles officielles créées par l´Etat.


En tant que citoyen que je suis et surtout ayant l´ambition politique pour le pays, il est important et même utile pour moi d´exprimer mon point de vue et faire des suggestions à caractère républicain et égalitaire pour tous les enfants de notre pays.

Veuillez considérer ceci comme une suggestion. L´Etat doit toujours être exemplaire dans tout ce qui offre l´égalité de chance entre ses enfants et surtout ne doit pas fuir ses devoirs et responsabilités vis-à-vis d´eux sinon cela entraînerait une inégalité profonde dans le pays entre les riches et les pauvres. C´est à l´Etat de veiller à cela avec un œil attentif.


Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause de la menace de Covid-19. En lieu et place, le ministre des Enseignement primaire, secondaire et de la Formation professionnelle, Atcha Dedji Affoh propose des cours sur internet, à la radio et à la télévision. Voici les remarques du Dr Christian Spieker.

Monsieur le Ministre de l´Enseignement primaire et secondaire, ancien Directeur général de Togocel,

je viens de lire ou d´apprendre que vous envisageriez des cours par le biais de la radio, de la télévision et même d´internet aux élèves, surtout ceux et celles des classes d´examens pour sauver l´année scolaire si c´est nécessaire au cas où la pandémie allait durer. L´idée est élogieuse et louable mais ce n´est pas faisable, donc il ne faut même pas l´envisager car la réalité des moyens dont disposent les parents d´élèves ne le permettrait pas. Les cours à la télé, radio et surtout internet Wifi n´existent pas encore partout dans les foyers au Togo. Je vous comprends, c´est de votre responsabilité de vouloir sauver l´année aux élèves en tant que Ministre de l´Enseignement. Mais Procéder ainsi c´est rompre l´égalité de chance entre les enfants de la République car tous les parents d´élèves au Togo n´ont pas ces moyens à offrir à leurs enfants pour suivre ces cours à distance et en tant que Ministre et ancien Directeur de Togocel connaissant très bien le prix d´internet au Togo, vous n´êtes pas sans savoir que ce ne sera pas faisable car impossible pour les parents qui commencent déjà par manquer de tout pendant cette crise de coronavirus. Ce qui doit prévaloir en ce moment est la santé de tous les Togolais. Peu importe ce qui pourrait advenir.

L´organisation des cours à la radio, télévision et sur internet rompraient inévitablement l´égalité de chance entre les enfants de la République si vous vous permettiez de prendre une telle décision même si théoriquement c´est bon, pour la simple raison qu´elle entacherait lourdement votre passage dans ce ministère car non seulement les résultats des examens seront catastrophiques mais surtout aussi en raison des moyens nécessaires pour pouvoir suivre ces cours dont tous les parents d´élève ne disposent pas. Vous n´aurez même pas 20% d´admis dans les classes d´examens si vous procédez ainsi. Quel parent d´élève, même à Lomé aurait la possibilité d´offrir les moyens de suivre les enseignements des cours par le biais d´internet avec ce prix des forfaits fixé par Togocel et que je connais bien et que tout le monde connaît bien, à moins que le gouvernement les prenne en charge. Dans ce cas, je vous dirais félicitation mais cela m´étonnerait aussi, connaissant très bien ce gouvernement qui prend des décisions sans mesurer au préalable l´impact sur les concernés comme c´est le cas pour les conducteurs de taxi-motos (Zemidjan). Qui va payer la connexion sur internet à domicile aux élèves confinés chez eux pour ces cours, le gouvernement ? Prendre une telle décision pour organiser les cours et sauver l´année scolaire vaille que vaille, reviendrait pour de beaucoup de nos compatriotes à dire que vous ignorez totalement la réalité de ce que vivent les gens au Togo. Ce n´est pas parce que certains pays européens procèdent ainsi en l´occurrence la France que vous allez les imiter alors que les parents togolais n´en disposent pas les moyens. En France ou en Europe en général, l´internet est quasiment gratuit c´est-à-dire qu´il est à un prix quasi inexistant et on peut être sur internet 24h/24. Mais au Togo, personne ne peut se le permettre tout simplement parce que c´est trop cher. Et d´ailleurs les élèves dont les parents n´ont pas les moyens vont chercher à aller suivre ces cours chez leurs amis en se regroupant alors que c´est ce que le gouvernement évitait. Donc ceci va engendrer encore des conséquences néfastes qui sont la contamination et la propagation de ce virus.

Ce serait une décision surprenante si elle venait d´être prise. A moins qu´il y ait une intention inavouée qui est celle de sauver à tout prix l´année scolaire aux enfants des riches, des grandes personnalités politiques ou des expatriés qui fréquentent les lycées internationaux au Togo au détriment des pauvres. Mais je n´ose pas vous prêter aussi cette intention qui n´est autre qu´une analyse car je trouve la décision hasardeuse et contre-productive. Ce qui serait aussi contraire à l´idée républicaine et au principe de l´égalité de chance des enfants de même pays face à cette pandémie. En tant que Ministre de l´éducation que vous êtes, je vous conseillerais de voir d´autres alternatives courageuses qui ne vont pas fragiliser l´égalité de chance des enfants. S´il y a une décision à prendre pour sauver l´année scolaire, il faudrait voir l´intérêt des élèves d´une façon globale sans se laisser impressionner par qui que ce soit dont les enfants fréquenteraient les lycées internationaux. En terme clair, la décision qui sera prise pour sauver l´année scolaire, sera prise en prenant en compte la garantie de l´égalité des chances de tous les élèves se situant sur tout le territoire togolais, peu importe l´école que chacune ou chacun fréquente.

Etes-vous convaincu que la télévision se trouve dans chaque foyer au Togo, moins encore un PC ( ordinateur portable) avec la connexion internet Wifi pour que chaque enfant puisse suivre ces cours à distance? Et pour combien de montant, les frais de connexion internet alors même que la société d´Etat, Togocel n´est même plus entre les mains de l´Etat togolais à 100%. L´étranger, lui, il est venu pour faire le commerce et les affaires. Voilà pourquoi vous ne pouvez plus lui imposer quoi que ce soit car il est majoritaire dans ladite société. C´est une grave erreur d´Etat et c´est maintenant de vous en rendre compte. Bien sûr c´est une décision du gouvernement à vos dépens aussi car la décision de la cession à une entreprise étrangère n´est pas prise par vous-même. Donc il faut les mettre devant leur responsabilité en tant que décideurs de cette cession de Togocel à une société étrangère et non les enfants des pauvres en tant qu´élèves qui vont payer les frais.


Monsieur le Ministre, ce n´est pas une décision correcte de procéder ainsi pour les élèves dont les parents n´ont rien pour pouvoir y faire face. Elle aura des effets très néfastes dans les foyers. Certes, vous cherchez à sauver l´année. C´est une bonne chose mais la manière dont vous envisagez de procéder pour la sauver n´est pas la bonne. Cherchez une autre voie équitable, juste et républicaine pour tous les élèves. Celle-là que vous envisagez ne l´est pas à mon avis.

À mon point de vue, cette décision d´organiser les cours par les moyens de médias, profiterait seulement aux enfants dont les parents sont aisés ou ceux dont les parents disposent de la richesse du pays. Un Togolais moyen ne pourra pas le faire. Le gros problème est non seulement l´internet mais aussi son coût pour les foyers modestes pour ne pas dire pauvres.

Si nous continuons par copier ce qui se fait en France alors que nous vivions une autre réalité au Togo, cela aggraverait inévitablement l´injustice et l´inégalité frappantes qui existent déjà dans notre pays. Tant que nous ne serons pas en mesure de revoir notre système éducatif et notre façon de penser dans notre société en prenant en compte notre réalité pour l´avenir de la jeunesse, on ne pourra jamais s´en sortir. Or, c´est ce domaine qui forme les jeunes pour la relève de demain.

Je ne vais pas aller très loin dans mon point de vue car c´est juste une simple suggestion pour dire que cette décision sera difficile à mettre en pratique. Certes, comme dit plus haut, les enfants des nantis n´auront pas de problème pour suivre ces cours mais la majorité des élèves au Togo n´a pas cette possibilité de suivre les cours par ce biais. En tant que Ministre de l´enseignement, vous pouvez envisager de prolonger l´année scolaire mais pas en sacrifiant l´intérêt des pauvres au profit des enfants des riches ou privilégiés de notre pays.

L´occasion me permet ici de soulever aussi un fait réel au Togo que j´ai constaté lors de mon long séjour au pays. C´est que le domaine de l´éducation est pratiquement abandonné par l´Etat. Les collèges et lycées poussent partout au Togo comme des champions dans le champ d´ignames. Or c´est le devoir de l´Etat. L´Etat ne remplit pas ses devoirs dans ce domaine pour l´éducation de ses enfants. Il laisse tout à la charge des parents et cela ne fait que profiter aux fondateurs d´écoles et de collèges qui font de l´argent sur le dos des pauvres parents d´élèves. C´est un sujet qui doit être un sujet de réflexion car je le trouve très injuste. C´est à l´Etat de créer des écoles. Il a complètement failli ici comme il en est aussi dans d´autres domaines. Il est à constater qu´il y a au Togo plus d´écoles et collèges privés que les écoles officielles créées par l´Etat.


En tant que citoyen que je suis et surtout ayant l´ambition politique pour le pays, il est important et même utile pour moi d´exprimer mon point de vue et faire des suggestions à caractère républicain et égalitaire pour tous les enfants de notre pays.

Veuillez considérer ceci comme une suggestion. L´Etat doit toujours être exemplaire dans tout ce qui offre l´égalité de chance entre ses enfants et surtout ne doit pas fuir ses devoirs et responsabilités vis-à-vis d´eux sinon cela entraînerait une inégalité profonde dans le pays entre les riches et les pauvres. C´est à l´Etat de veiller à cela avec un œil attentif.

 

 

Cours sur internet : Dr Christian Spieker interpelle le ministre en charge de l'Enseignement Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause

 

Le maire Jean-Pierre Fabre demande au gouvernement d’instaurer le port obligatoire du cache-nez au Togo

La lutte contre la propagation de Covid-19 au Togo est une affaire de tous. Et à la Mairie du Golfe 4, l’on met les petits plats dans les grands pour pouvoir endiguer le mal.

Hier mardi, Jean-Pierre Fabre et ses conseillers municipaux du Golfe 4 ont lancé une campagne de sensibilisation dans leur commune d’Amoutiévé dans le cadre de la riposte contre la pandémie de coronavirus. Cette campagne va durer au moins 3 semaines.

« C’est un programme d’activités que nous venons d’élaborer après plusieurs séances du conseil municipal. J’ai entendu dire des gens se demander que fait le Golfe 4 de Jean-Pierre Fabre dans cette lutte contre le covid-19. Le Golfe 4 travaille toujours. Nous avons un programme qui s’étale sur 2 ou 3 semaines. Nous allons faire de la sensibilisation autour et à l’intérieur des marchés avec de la sono-mobile. Tout un programme a été mis en place. Aujourd’hui, nous lançons ce programme. Ceux qui nous ont porté à la mairie doivent savoir que nous nous préoccupons de leur bien-être, c’est un devoir vis-à-vis de ceux qui nous ont élus, c’est un devoir national, parce que nous devons être dans le programme du gouvernement », a indiqué le maire Jean-Pierre Fabre.

Pour le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), l’heure est grave et pour en finir avec cette pandémie, le gouvernement doit imposer à tous les citoyens, le port obligatoire des cache-nez comme cela se fait dans les autres pays.

« Nous voulons protéger en premier lieu nos agents, parce que ce sont nos agents qui font le plus grand boulot à la mairie. Donc il faut les protéger, protection par les masques, protection par les gels hydro alcooliques, tous nos agents sont protégés. Moi je pense que le gouvernement doit imposer le port obligatoire des masques. C’est ce qu’il faut copier chez des pays qui arrivent à limiter la propagation du virus », a indiqué le maire du Golfe 4.

Notons qu'entre vendredi et mardi, le Togo a enregistré 7 cas guéris au coronavirus portant le nombre à 32 sur 77 cas confirmés. Sur la même période, seuls 4 cas ont été dépistés positifs.

Godfrey A.

 

 

Le maire Jean-Pierre Fabre demande au gouvernement d’instaurer le port obligatoire du cache-nez au Togo

 

Covid-19 : comment Macron compte aider l’Afrique

Le président français a détaillé sa stratégie devant permettre d’aider le continent à mieux faire face à la pandémie de coronavirus. Il l’a précisée dans une interview accordée à Rfi ce mardi 14 avril.

Dans ce long entretien, réalisé au lendemain de son intervention radiotélévisée à l’attention de ses compatriotes, Emmanuel Macron rappelle tout d’abord que « Nous devons la solidarité à l’Afrique » particulièrement en cette période de crise sanitaire aux conséquences désastreuses.

Deux axes sont prioritaires dans ce qu’il compte mettre en œuvre pour soutenir les pays africains. Le premier consistera à plaider pendant les travaux de G20 finances, un moratoire sur la dette contractée par ceux-ci.

Le second n’est autre que l’annulation massive des dettes. En réalité, il se situe dans le prolongement de sa promesse faite en début de semaine. En effet, Emmanuel Macron a déjà promis, le lundi dernier dans son discours à la nation que son pays effacera massivement les dettes des pays du continent.

S’ajoute à ces options, la mobilisation des ressources afin de soutenir l’économie africaine, relancer la production, entre autres.

« Quand on regarde aujourd’hui la situation de l’Afrique, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, sur le plan climatique, il est évident que nous lui devons la solidarité », déclare-t-il.

Certes, le coronavirus ne fait pas de ravage en Afrique comme sur les autres continents, mais il est important que des mesures anticipatrices soient prises pour l’aider à supporter cette crise sanitaire d’autant qu’elle est très fragile économiquement et manque, de façon générale, les structures de santé modernes.

A.H.

 

 

Covid-19 : comment Macron compte aider l’Afrique

 

COVID-19 : L’Université de Lomé se tourne vers la médecine traditionnelle

Afin de trouver une formule efficace contre la pandémie du Coronavirus, l’Université de Lomé choisit la médecine traditionnelle et proposer un remède. Un appel à contribution est d’ailleurs lancé à l’endroit des praticiens qui officient dans ce domaine.

Selon les informations relatives à l’initiative, tout praticien intervenant dans le domaine de la médecine traditionnelle, peut envoyer sa formule contre la maladie afin qu’il soit évalué scientifiquement.

D’ailleurs, l’Université de Lomé a mis en place une commission de riposte contre la pandémie, a-t-on appris. Cette commission, à en croire les informations, a justement pour rôle de tester les formulations à base de plantes et/ou de molécules efficaces contre la pandémie.

Il est à préciser que tout produit déposé dans le cadre de cette expérience est volontaire et gratuit. Les candidats ne recevront rien en contrepartie.

Autres renseignements à prendre en compte, le nombre maximum de formulations/molécules par promoteur est de 3, pareil pour le nombre d’échantillons par formulations/Molécules.

 

 

COVID-19 : L’Université de Lomé se tourne vers la médecine traditionnelle

Togo, Couvre-feu et Violence répétée, Bavures ou Mot d’ordre? : Une grand-mère sauvagement battue par un élément des forces de l’ordre incultes de Yark Damehame !

Sous le couvert de la lutte contre le Covid-19, le régime autoritaire du mal élu et usurpateur en chef du pouvoir au Togo, Faure Gnassingbé, a instauré un couvre feu. Les soldats, gendarmes et policiers affectés à assurer le respect de ce bouclage se donnent à coeur joie dans leur sport favori : celui de brutaliser sans raison et sans discernement les citoyens, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées, femmes, hommes, malades, etc.

La grand-mêre dans cette vidéo a été la proie de la cruauté d’une de ces rapaces sans cervelle de la soldatesque de Faure Gnassingbé à Dévikinmé à quelques kilomètres à l’Est de Lomé.

Difficile de comprendre une telle sauvagerie de la part de ceux qui sont censés protéger la population, surtout les plus vulnérables des citoyens comme cette femme. Mais eh, c’est la doctrine des hommes habillés au Togo : Abuser. Violenter. Violer. Saccager. Tuer. En toute impunité. A croire que c’est le mot d’ordre explicite donné par la hiérarchie de ces corps de métiers qui font la honte de leurs collègues dans le monde, surtout en ces temps de crise de santé planétaire.

Pauvre Togo….

Papa Sow, 27avril.com

Vidép : DR/FB

 

 

Togo, Couvre-feu et Violence répétée, Bavures ou Mot d’ordre? : Une grand-mère sauvagement battue par un élément des forces de l’ordre incultes de Yark Damehame !

 

Togo, Témoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè : « ils ont failli me tuer! »

En togolais très très spéciaux nous aimons nous émouvoir des ignominies d’ailleurs.. c’est bien…

Nos propres gouvernants font pires avec nous et c’est rentré dans la norme.

Comment la Chine, les Usa, la France et tout leur bataclan pourront nous traiter avec dignité ?

Ça se passe sous nos yeux et certains continuent d’applaudir les auteurs de ces animalités se courbant pour les saluer avec une monstrueuse vénération.

Un jour ce sera le tour de notre mère mais peut être que nous trouverons cela juste en bénissant son oppresseur, en le couvrant d’éloges et de grades et de titres. En trouvant que c’est notre maman qui a plutôt tort et qui mérite 1000 fois des bastonnades.
Au point où nous en sommes dans ce pays tout est possible.

Toutes les incongruités sont rentrées dans la norme et ça n’émeut plus personne. Plutôt on sable le champagne sur ces sauvageries et on se mire dans la glace convaincus de notre grandeur.

Que les martyrs nous pardonnent.

Que le Togo que nous ne méritons pas nous prenne en pitié.

Que la providence veille sur chacun.

* Temoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè: ils ont failli me tuer *

Sa video a fait le tour des reseaux sociaux et indignée tout le monde: une grand-mère qui matraquée horriblement par la soldatesque de Faure; en sang, elle gemissait de douleur atroce, le sein droit perforé par le gourdin des bourreaux. Ceci, pour la simple raison qu’elle voulait faire ses besoins derriere sa maison et par consequent n’aurait pas respecté le couvre-feu du corona virus alors que ce couvre-feu limité au Grand Lomé ne concerne même pas son quartier Dévikinmé, localité située à quelques km d’Agbodrafo.

Elle livre à Liberte TV, la Reference ce temoignage poignant sur ce qui s’est passé cette nuit sordide et affirme reconnaître ses bourreaux qui par la suite lui ont remis 2000 F CFA pour se soigner.

Cette grand-mère vaudoussi rappelle que son sang versé inutilement l’a désacralisée et elle réclame JUSTICE & REPARATION.

Suivez!

 

 

Togo, Témoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè : « ils ont failli me tuer! »

 

Togo : Agbéyomé Kodjo, les dessous d’un martyre sans fin

Cible d’actions de forces de l’ordre chaque jour un peu plus musclées, l’ancien Premier ministre résiste dans son domicile du centre de Lomé, devenu son seul cocon de sécurité. Malgré les pressions et interventions de part et d’autres, Faure Gnassingbé veut prendre sa « revanche personnelle » sur un adversaire hostile à tout compromis. Soutenu par la diaspora et l’opinion nationale, l’économiste de 67 ans n’est pas à la fin de son calvaire. Au martyre, il semble psychologiquement plus que préparé.

« Sa victoire ne souffre d’aucun doute » murmurent quelques barons du régime, au pouvoir depuis 53 ans. Dans le camp de l’ancien président de l’Assemblée nationale, le chant de la victoire résonne, encore plus fort, « nous avons gagné, nous prendrons le pouvoir » martèle Brigitte Adjamagbo. Cheffe de la principale Alliance de l’opposition, la C14 qui a soutenu le candidat officiellement arrivé 2e, la patronne de la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa) fait partie des derniers fidèles qui ne lâchent rien. Idem pour Mgr Kpodzro. A 90 ans, l’ancien archevêque de Lomé est le « pilier » de la dynamique éponyme au sein de laquelle il porte le titre de gratitude de « Patriarche » dont il s’accommode à merveille. Soutane en soie auréolée de la bordure vermeille réservée aux archevêques, son anneau épiscopal est privé, depuis quelques semaines, des baisers des ouailles qu’il ne déteste point, coronavirus oblige. C’est dans ce cercle devenu presque confrérique à la suite de soupçons de trahisons que se construit la résistance. »On ne lâchera rien » s’époumone Gabriel Dosseh-Anyron. Chef d’un mini parti politique, le Nid, il fait partie des soutiens de premières heures, parcourant les médias ruraux les plus reculés du sud du pays pour « vendre » son candidat. Une machine que les épreuves solidifient chaque jour qui passe. « On y arrivera ! » clame Fulbert Attisso. Ecrivain et ancien journaliste, cet idéaliste taxé de radical a été le coordinateur général de la campagne, une tâche qu’il a brillamment réussi, « avec si peu de moyens » comme insiste Agbéyomé Kodjo lui-même.

Un déchaînement de guerre

« Je suis dans un régiment militaire ici » rigole Agbéyomé Kodjo. Humour débonnaire et sérénité imperturbable, ce bon vivant déjeune sous la terrasse de son domicile avec quelques proches fin février. Deux jours plus tôt, sa maison a été encerclée pour la première fois. « Il cèdera, Faure ne tiendra pas » a-t-il juré la veille à un contingent de journalistes venu à sa conférence de presse. Mais ce stratège calculateur, craint par ses détracteurs, ne pouvait pas imaginer qu’en avril, il vivra une semaine pascale plus qu’infernale. « A l’exemple du Christ » s’amuse un jeune prêtre, qui, comme une partie du clergé catholique de la ville de Lomé, défile pour soutenir Mama. L’épouse du « président élu » qui a fêté ses 62 ans début avril est catholique pratiquante. Si elle remet « tout à Dieu », son mari préfère le combat. Alors qu’il n’a pas répondu à une seconde convocation de la gendarmerie, son quartier est bouclé. « Entre 500 et 600 soldats, un centaine de chars, blindés et véhicules militaires » panique un témoin alors que dans le ciel, un hélicoptère fait la ronde, avec quelques drones. Gaz lacrymogène, bastonnades de riverains, quelques sommaires arrestations, l’assaut final semble se préparer. A l’intérieur, Agbéyomé Kodjo n’a point peur. Prières, échanges avec ses plus fidèles, des appels de compassions qui pleuvent de partout, souvent de togolais anonymes qui soutiennent le combat. A quelques dizaines de mètres de la maison, l’armée installe un appareil pour brouiller la communication. Mais l’ancien Premier ministre se taille un plan de contournement et passe des heures au téléphone. Un appel au repli sera donné, en milieu d’après midi par le ministre de la sécurité. Un « appel de l’Elysée » aurait imposé le répit. Mais tout porte à croire qu’il ne sera que de courte durée. « Faure Gnassingbé veut en finir avec lui » chucotte un ministre du camp présidentiel selon qui, « on ne se contentera pas seulement de lui voler sa victoire« . Quelques semaines plus tôt, cette même source lui avait, sans succès, proposé des postes gouvernementaux et quelques milliards en échange de sa capitulation.

L’Elysée et la justice dans le jeu

« Mes avocats travaillent à plusieurs pistes judiciaires » annonce Kodjo après un pompeux salut de foule depuis sa terrasse. Aux côtés de l’ancien archevêque de Lomé qui a aménagé au domicile du « président élu« , les deux hommes savourent, après le départ de l’armée, les applaudissements d’une foulée déchaînée. Du jamais vu après une élection au Togo. Bien qu’absorbé par la gestion de la crise sanitaire en France, Emmanuel Macron suit la situation de près. Une situation qui préoccupe le pouvoir togolais d’autant qu’une cinquième demande d’audience introduite par Lomé II (présidence togolaise) est restée sans suite. Faure Gnassingbé est obsédée par une audience avec le président français et souhaite que cette réélection n’en favorise l’opportunité. Mais à l’Elysée, le Togo est suivi comme du lait sur le feu. « Les résultats frisent le ridicule, 70% » s’étonne un avocat proche de Macron qui constate « une impopularité grandissante depuis la crise de 2017 ». Les Américains ont, quant à eux, arrêter la mise en place du Millenium challenge account (Mca), un programme sociopolitique de plus de 400 milliards de Cfa (750 millions de dollars) sur lequel Washington travaillait avec Lomé. « C’est le Togo qui a renoncé de lui-même » s’écrie un membre du gouvernement sans convaincre. Dans le camp Kodjo, on dénonce « une tentative de corruption » depuis que le Agbéyomé lui-même a fait part d’une proposition alléchante pour entrer au gouvernement. Ce à quoi la dynamique a opposé une fin de non recevoir. En attendant, le gouvernement a bloqué le paiement de la caution, des subventions de campagne ainsi que du remboursement des frais de campagne au prorata des scores. Une manière d’asphyxier financièrement un mouvement et un leader déjà essoufflés par une campagne menée sur des dettes. En attendant, Agbéyomé Kodjo qui multiplie des pieds et des mains pour faire intervenir Macron a son avantage a attaqué pour « vice de procédure » la levée de son immunité obtenue en mars dernier par le procureur de la République de Lomé. Côté justice, un argumentaire qui dénonce l’absence « du principe du contradictoire » a été envoyé à Afrika Stratégies France. Le document fait cas « d’une demande en annulation » portée à la connaissance du parquet de Lomé.

Une issue ?

Plusieurs leçons s’imposent, depuis cette élection. Pour la première fois, après l’annonce des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle dont la totalité des membres est nommée par la majorité présidentielle, le président prétendument élu gère un musclé « service après vente« . Si la pandémie de Covid-19 et des décisions du gouvernement ont empêché les Togolais de se mobiliser massivement, la tension n’aura jamais été aussi vive. Des lettres de félicitations de plusieurs capitales occidentales ne semblent pas calmer la situation. Le candidat de la Dymanique Kpodzro persiste, donnant l’insomnie à un pouvoir qui, après un demi-siècle, agonise mais tient le coup. Faure Gnassingbé a investi pas moins de « trois milliards (5 millions de dollars, Ndlr) » dans la communication et la corruption des réseaux. Il a fallu, selon plusieurs sources concordantes, « mouiller (corrompre dans le jargon) des fonctionnaires » de Paris à Bruxelles et de Berne à Berlin pour obtenir des lettres de félicitations, plutôt protocolaires après chaque élection mais ici brandies en trophées de guerre. Si Agbéyomé Kodjo est ouvert à des discussions, il les veut « inclusives, transparentes et ouvertes à toute l’opposition ». Mais il n’entend pas lâcher sa victoire. Une exigence qui irrite le président sortant. Dans cette crise, Agbéyomé Kodjo, souvent accusé de duplicité a joué parfaitement sa partition. »Il me séduit remarquablement » confesse Brigitte Adjamagbo, admirative de sa détermination.

La résistance et cette crise auront été à l’avantage du candidat de la Dynamique. Si, ses pairs de l’opposition qu’il accuse de corruption semblent ne pas le soutenir, il est prêt à aller jusqu’au bout. Et malgré son âge, entend mener cet ultime combat. Un combat qui révèle aux Togolais son vrai visage, celui d’un homme de conviction et de détermination que certains de ses actes passé ont altéré.

MAX-SAVI Carmel

Source : Afrika Stratégies France

 

 

Togo : Agbéyomé Kodjo, les dessous d’un martyre sans fin

 

Un système-totem baptisé Klatchaa : Poème satirique et tragique

Nous nous étouffons haletant le cou tassé portant sur nos têtes un système-totem obstiné qui ostensiblement de manière tonitruante s’est illustré dans les tours les plus meurtriers les plus dignes de bandes de truands qui feraient pâlir d’envie Ali Baba et les quarante gangsters

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et nous tient en otages comme une fatalité ce système-totem brutal arbitraire autant que tyrannique bestial autant que vantard
Quand sur nos routes et nos sentiers sa soldatesque attaque matraque tabasse fouette les manifestants ou simplement des piétons et motocyclistes qui ne respectent pas le couvre-feu que les uns ont le visage tuméfié les autres les entrailles dehors les testicules éclatés le torse couvert d’hématomes c’est que sa tâche est gentiment faite et qu’elle mérite sa solde

La Bête peut être satisfaite

La fracture s’étend s’étend entre le système reconnu et traité de menteur et la presque totalité des citoyens frappés d’incrédibilité et d’hébétude

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Tandis que épouvantable monstrueuse la Bête traumatisante fantomatique effrayante intérieurement tourmentée elle-même
Malgré une façade de stabilité et de sécurité tentant de tourmenter d’autres êtres mentalement faible elle-même et fortement mortelle aux actions sanglantes boiteuse qui s’acharne à distribuer des bastonnades tantôt à gauche tantôt à droite sous des prétextes inventés de toutes pièces

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Un Système-totem menteur traînant des tares depuis cinquante-quatre ans la menterie étant devenue le fétiche qui le représente immense taillé sculpté dans le tronc du géniteur-fondateur prétendument vaniteusement (c’est sa nature) auto-proclamé baobab planté tout en haut du toit qui abrite l’autel

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Un Système-totem totalitaire obtus aussi terrifiant qu’enfantin, les instincts dominant sur le rationnel, prenant les comptines enfantines pour cantiques religieux chantés à tue-tête dans le rituel à l’intérieur comme à l’extérieur de son temple

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Enfantin ? Traduisez-moi en termes terre à terre le nom le titre d’un citoyen qui oublie son statut de simple citoyen parmi un tas d’autres citoyens que l’on peut compter jusqu’à huit millions un être que tiraille agite manipule non son entourage mais cet être tyrannique que chrétiens mahométans israélites et adeptes des cultes vodouisants ou maraboutants ont baptisé Satan. Possédé ou pantin ? L’enfant tourmenté traité par certains de Tohossou (autiste) ou le pantin hystérique dit à son entourage : « Vite ! Rattrapez-moi le pouvoir-héritage de papa qui sautille et volète en ces heures et qui ne doit pas m’échapper. Attrapez-le et apportez-le par toutes les entourloupettes toutes les gymnastiques. N’hésitez devant aucun type d’acte même s’il le faut recourez à celui du bourreau envoyé par Hérode pour trancher la tronche de Jean-Baptiste sanguinolente sur un plateau comme un trophée à sa maîtresse Hérodias. Non seulement la tête de Jean-Baptiste mais de centaines d’autres tels que lui qui crient sur tout le territoire même dans leurs tanières».

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem, dragon qui dans sa cohorte attelée de laideurs entraîne des centaines de milliers de Togolais à travers les terrains variés du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest dans la misère jusqu’ à son autel pour l’horrible holocauste aux flammes crépitant des plaintes des victimes

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et certains de nos concitoyens trompés sautent frénétiques dans une hystérique ruée vers le matériel foule ignorante qui court attraper une hypothétique fortune sans possibilité de retour au point d’où elle est partie vers la perte de l’État des valeurs et de la nation
Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa
Et dans l’attelage on compte les consciences achetées le militantisme ligoté les leaders politiques garrotés l’opposition précipitée dans un tohu-bohu tétanique

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem de gloutons agglutinés qui s’agrippent au pouvoir de toutes leurs mille pattes et martèlent que pour les en détacher il faudra sortir l’artillerie lourde, plus, que s’abattent sur la terre un cataclysme un tonnerre de tous les diables le plus retentissant qui ait jamais existé

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et ce Système-totem obtus continue de tuer tuer torturer torturer arrêter arrêter mater mater violenter violenter terroriser …
Insulte l’intelligence humaine instrumentalise qui s’y prête
Ce Système-totem Bête tentaculaire qui détruit plus que la peste plus que le coronavirus de manière intempestive ou en catimini
Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem montagne de détritus où le volume de déchets augmente au fil du temps

Et où la vertu devient de plus en plus introuvable

Engloutie dans le triste trou insatiable de l’avidité environnante trou des visions lumineuses soudain éteintes plongées dans l’obscurité

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem ô citoyen lorsqu’il jette son manteau sur toi il t’étouffe t’anéantit totalement si tu te tais

Imitons veux-tu tocsin retentissant de la révolte les vaillants bataillons de conducteurs de taxi-moto qui ont su tancer ce Système-totem et lui dire stop.

Et pour toujours on n’entendra plus tonner la Bête qui s’étale de la tête à la queue Klatchaa

Sénouvo Agbota Zinsou

 

 

Un système-totem baptisé Klatchaa : Poème satirique et tragique

 

Cette question du Prof Apedo-Amah à l'annonce du décès de Kodjo

Les hommages pleuvent depuis l'annonce du décès de l'ancien Premier ministre togolais, Edouard Edem Kodjovi Kodjo. Le Prof Ayayi Togoata APEDO-AMAH, lui, pose une simple question : qu'est-ce qu'un grand homme ?

QU'EST-CE QU'UN GRAND HOMME ?

Sur le réseau Facebook, Divine a posé une question cruciale restée sans réponse. C'est un excellent sujet de dissertation de français ou de philosophie au Bac.

À l'occasion du décès du politicien Edem Kodjo, au sujet du qualificatif " grand", on lit tout et son contraire au sujet du défunt.
Mais la balle est surtout dans le camp de ceux qui collent cet adjectif à ce monsieur. Nous avons peur d'être devenu amnésique.

- Est-on grand par la taille ?

- Est-on grand par la fonction ? ( On connaît beaucoup de politiciens, ministres et présidents qui sont de pauvres types et de grands minables)

- Est-on grand parce qu'on s'est enrichi au pouvoir sur le dos du peuple ?

- Est-on grand parce qu'on a rendu son pays prospère et démocratique (Suisse de l'Afrique) ?

-Est-on grand parce qu'on a soutenu une horrible dictature militaro-fasciste contre le peuple togolais, et ce, de père en fils ?

- Est-on grand parce que lors d'élections présidentielles, on a fait campagne pour le dictateur honni et vomi ?

- Est-on grand parce que les électeurs vous ont gratifié d'un pourcentage de 0% à une élection présidentielle ?

- Est-on grand parce que l'on est un pion de la France coloniale et colonialiste et des réseaux mafieux françafricains ?

Il appartient à présent à chacun d'éclairer sa propre lanterne et si possible, celle des autres.

Au boulot !

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

 

 

Cette question du Prof Apedo-Amah à l'annonce du décès de Kodjo

 

Hommage à la fleurs d'épines

Edem Kodjo, Paix à son âme, fut tout pour lui, rien pour le Togo...

Parcours enviable : Secrétaire général de l'OUA, Premier ministre du Togo, politicien et intellectuel émérite appréciable et apprécié, il a laissé à l'Afrique le souvenir d'une personnalité égoïste imbue de sa personne au profil plutôt aristocratique, vachement démesuré.

Déconnecté d'une tradition et de réalités proprement africainanistes dont il se revendiquait avec le ronflant titre de panafricaniste, grossier contraste, Edem Kodjo de son existence n'a su naviguer que sur des intérêts personnels contre les aspirations profondes et légitimes des peuples.

En témoigne la gestion de la crise de la république arabe saharahouie face au Maroc lorsqu'il était à la tête de l'organisation de l'unité africaine.

Inventeur, parrain invétéré, pour Eyadema, et cerveau scholastique du Livre Vert qui a accouché du RPT, Rassemblement du Peuple Togolais, parti Etat, arme idéologique à laquelle il a assigné une orientation monstrueuse qui a martyrisé tout un peuple depuis 50 ans, Edem Kodjo a passé sa vie, contre récompense bien entendu, à asseoir le règne sans suite de Gnassingbe Eyadema.

Il reviendra sur les lieux du crime 38 ans après la mort de celui-ci, aider à installer son fils dans le goinfre refrain de poste de Premier ministre de Faure Gnassingbe.

Ni pour le Togo, ni pour sa démocratie, il n'a été capable de laisser des traces indélébiles de son existence. Tout pour lui et pour lui seul.

Sur le plan social, son luxueux domicile dans son village natal à Noepé côtoie allègrement sans pitié les taudis des parents voisins qui s'en sortaient à peine pour le repas quotidien.

Aux quartiers Hanoukope et Tokoin hôpital, son existence ne tient qu'à empêcher les riverains de circuler librement. Des barricades stupides qui obligeaient à des contournements ennuyeux et obligatoires.

J'ai eu l'occasion de rencontrer Edem Kodjo à plusieurs reprises.

Au siège de son parti, à son domicile et dans les réunions politiques.

Le souvenir que je garde de l'une de ces rencontres remonte à 2005, j'étais Rédacteur en Chef de la Radio Kanal FM.

Apres l'élection présidentielle émaillée de violences au lendemain de la mort de Gnassingbe Eyadema, je lui ai posé la question de savoir s'il reconnaissait la victoire de Bob Akitani, candidat unique de l'opposition.

Il m'a pratiquement rabroué, a piqué une colère de cobra, s'est levé pour revenir confié à mon micro que c'est plutôt le candidat du PFC, qui devrait reconnaître sa victoire. Ce fut sans doute une entorse à la revendication de la victoire du candidat de l'opposition Bob Akitani, une victoire qui ne se lisait pas dans les incantations et les tours de prestigitations comme celle de 2020.

Edem Kodjo, c'est aussi la fondation Pax Africana, cette ONG originellement mordue par la culture de paix au nom de l'Afrique qui s'est contentée de voler perpétuellement au secours des autres pays au détriment du Togo, le pays de son animateur.

Alors que le Togo ployait sous le poids d'un déficit démocratique avec des violations graves des droits de l'homme, Edem Kodjo préférait s'occuper du Mali et de ses djihadistes, de la Centrafrique avec ses champs de diamants ou encore de la RDC avec ses mines de cobalt.

Neutralité désinvolte nourrie d'un silence coupable ou désengagement suspect consécutif au dédain pour un peuple togolais qui a refusé de soutenir son obsession d'être Président de la République. Nul ne saurait comprendre.

Ce fut un silence coupable pour être plus simpliste.

Ces coups de gueule à l'endroit de Edem Kodjo, je les ai proférées lors du vivant de l'homme. Nous en avons discuté lui et moi à plusieurs reprises.

À sa mort, je les réitère dans la logique formelle de mes observations et de mon sens de devoir, sans avoir la prétention de le juger.

Il a vécu Edem Kodjo. Il était une éminence grise, paré d'une élégance extraordinaire qui rimait avec un art rethorique châtié qui forçait l'admiration. Un grand homme de taille physique qui prenait le temps de choisir ses mots pour s'adresser à ses adversaires. Des compétences et atouts, une notoriété qu'il aurait pu mettre au service de l'alternance et du développement du Togo.

Hélas, il est parti sans avoir réussi à le faire.

Laissant un parti débridé qui n'a plus de substance à faire valoir, une fondation peu luisante, sinon enlisante, un Togo resté miné par des apories politiques qu'il lui a infligées, une classe politique émoussée qui cherche constamment des repères de résurrection.... Bref un Togo qui attend constamment les lueurs de l'alternance.

Il est parti à une période qu'il n'aura jamais souhaité de sa vie, dans monde frappé par le COVID-19 où pour organiser ses obsèques les invités doivent se résumer à 15.

Edem Kodjovi Kodjo a bien vécu. Pour lui et sa progéniture. Pour le Togo, pas évident.

Paix à son âme.


Carlos KETOHOU.

 

 

Hommage à la fleurs d'épines

 

Officiellement, 32.000 personnes ont déjà touché les fonds «Novissi »

Destiné aux couches les plus fragiles en cette période de crise sanitaire, le programme d’aide sociale dénommé Novissi a déjà enregistré 32.000 bénéficiaires si l’on en croire les sources officielles.

Le programme de transferts monétaires Novissi lancé dans le cadre des mesures d’accompagnement des personnes les plus vulnérables pendant la période de la lutte contre la pandémie coronavirus est pris d’assaut par plusieurs dizaines de milliers de gens.

Selon les chiffres communiqués, au moins 43.000 personnes ont pu faire leur inscription. 32.000 ont touché les premières tranches des fonds, soit 185 millions de FCFA. Ceci 24 heures seulement après son lancement le mercredi dernier, a confirmé le ministre des Mines et de l’Energie, Marc Ably-Bidamon, mettant en même temps en garde les fraudeurs.

Au cours de la durée de l’état d’urgence, soit 3 mois (avril-mai-juin), les couches concernées ou ciblées toucheront une aide mensuelle de 12 250 FCFA pour les femmes et 10.500 FCFA pour le sexe masculin. Les conducteurs de taxi-moto, eux, percevront un forfait de 20.000 FCFA par mois.

Les fonds sont transférés sur les comptes Flooz ou T-Money des bénéficiaires en raison de la moitié toutes les deux semaines. Pour toutes informations, consultez *855# ou appeler le 855.

Au Togo, le bilan actualisé fait 76 cas confirmés, 29 guérisons. Et malheureusement 3 décès.

A.H.

 

 

Officiellement, 32.000 personnes ont déjà touché les fonds «Novissi »

 

Edem Kodjo sans langue de bois : «Je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo»

Dernier entretien accordé au journal l'Alternantive par Edem Kodjo, paru dans le No774 du12 février 2019.

En retrait de la scène politique togolaise depuis plusieurs années, le Président de la Fondation ‘’PAX-AFRICANA’’, Edem Kodjo, est régulièrement sollicité dans d’autres pays. Il était le facilitateur de l’Union Africaine (UA) dans la crise politique en RDC. Ce pays qui vient d’élire un nouveau Président en la personne de Félix Tshisekedi à l’issue d’une présidentielle des plus controversées. C’est justement pour comprendre ce qui s’est réellement passé dans ce pays continent au sous-sol immensément riche que nous avons réalisé cet entretien. Nous n’avons pas occulté les questions de l’heure, notamment le franc CFA, l’immigration. Et pour la première fois, l’ancien Premier ministre Edem Kodjo a accepté placer deux mots sur la crise politique togolaise. C’est un homme profondément inquiet pour l’avenir de son pays que nous avons interrogé. Lecture !

Bonjour M. Edem Kodjo, La RDC a connu il y a quelques semaines un processus électoral particulier, vous avez été facilitateur de cette crise pour le compte de l’UA. Est-ce la victoire du peuple congolais ou celle de Joseph Kabila ?

Oui, c’est indubitablement la victoire du peuple congolais. La preuve, les Congolais se sont réjouis dans la capitale Kinshasa et dans les différentes provinces. Ils apprécient le dénouement paisible du processus et la paix qui règne actuellement dans le pays.

Mais c’est également la victoire de Joseph Kabila qui a eu raison un peu contre tout le monde. On disait qu’il n’allait pas rendre son tablier, il l’a rendu ; qu’il allait imposer son candidat ; celui-ci n’est arrivé qu’en troisième position et personne n’a été inquiété; qu’il allait s’accrocher au pouvoir, il n’en fut rien. On parle d’un deal avec l’Opposition ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’il est rentré dans l’Histoire en faisant triompher l’alternance depuis 60 ans.

Et pourtant la France, les USA, la Belgique et même l’UA ont mis en doute les résultats proclamés par la CENI, dénonçant sans le dire ouvertement un deal entre Joseph Kabila et Felix Tshisekedi au détriment du vrai vainqueur Martin Fayulu.

C’est bien ce que nous avons tous constaté. C’est une élection qui n’a laissé personne indifférent. Aussi bien les grandes puissances que les petites. Tous ont défendu la démocratie sous les tropiques. Les Congolais nous ont proposé un modèle de sortie de crise. Est-ce le résultat d’un deal ? Seule l’Histoire nous le dira. On peut au moins se réjouir que l’apocalypse n’ait pas eu lieu comme on le prévoyait de toutes parts.

En dehors des élections et des relents que cela suscite, il faut aussi, en tant qu’Africain, garder à l’esprit que nous sommes face à un pays-continent, de 2.300.000km avec deux fuseaux horaires et un sous-sol gorgé de métaux et de minerais aussi précieux les uns que les autres et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Autant de spécificités qui suscitent naturellement appétit et convoitise, ce qui ne met pas ce géant d’Afrique hors de portée de surprises diverses. Les prédateurs sont à l’affût.

Comment peut-on comprendre le raz-de-marée du parti de Kabila aux législatives alors que le candidat du pouvoir pour la présidentielle est arrivé troisième ?

Les législatives demandent une attention individuelle de chaque candidat sur son sort personnel. Les deux campagnes ayant été menées simultanément avec toutes les incertitudes annoncées, les candidats se sont-ils plutôt concentrés sur leur propre élection ? Allez savoir. J’ai aussi remarqué que la majorité avait commencé sa campagne dans les provinces déjà pendant le dialogue.

La CENCO que vous connaissez bien a déployé environ 40 000 observateurs, et selon elle, Félix Tshisekedi n’est pas le vrai vainqueur de ce scrutin.

Comme le dit le Président Tshisekedi lui-même, il attend toujours les preuves de ces allégations. La CENCO s’était mise dans une situation de concurrence avec la CENI (ce qui n’est pas admissible) et avait pris les devants pour annoncer un vainqueur. Elle a finalement reculé sur la question. Il faut disposer de beaucoup de moyens pour envoyer 40.000 observateurs sur le terrain. Cette position, plus les interventions intempestives venues de l’extérieur, ont failli faire exploser le Congo; mais heureusement que les Congolais ont su raison garder.

Lors d’un sommet extraordinaire sur la RDC tenu le 17 janvier à Addis- Abeba réunissant une dizaine de chefs d’Etat, l’UA par la voix de son président Paul Kagamé, a émis de sérieux doutes sur les résultats et invité la Cour constitutionnelle à s’abstenir de les proclamer ; une injonction vite rejetée par Kinshasa. Paul Kagamé est-il allé trop loin, selon vous ?

Le Secrétaire Général des Nations-Unies, M Antonio Gutierrez déclarait à juste titre qu’il ne s’agissait ni d’un organe ni d’un département de l’Union Africaine. C’était une réunion de Chefs d’Etat membres de l’organisation choisis par le Président en exercice, ce qui ne lui conférait pas une autorité réglementaire automatique pour soutenir légalement une telle décision. La preuve, non seulement la RDC ne s’y est pas reconnue, même l’ONU où la question fut portée devant le Conseil de Sécurité n’y a pas adhéré non plus.

Dans une Tribune publiée le 1er février dans le journal ‘’Le Monde’’, Mo Ibrahim et Alan Doss Président de la Fondation Koffi Annan, parlent de la défaite de la démocratie, réclament toujours la vérité des urnes et en appellent à l’émergence d’une transition crédible et respectueuse de la volonté démocratique. Avez-vous pris connaissance de cette Tribune et que pensez-vous de cette démarche ?

C’est à l’honneur de ces deux personnalités de défendre la démocratie jusqu’au bout. Et il y a du travail à cet effet sur le continent. Mo Ibrahim apporte une contribution appréciable à la question de la gouvernance sur le continent et il y met beaucoup d’efforts et de moyens. Le défi est d’arriver à mettre sur pieds une Commission électorale supranationale capable d’être un véritable recours dans une situation comme celle-ci.

Finalement lorsqu’on analyse le processus électoral en RDC, les doutes sérieux qui planent sur les résultats, à quoi servent les élections en Afrique si l’expression populaire doit être travestie par des fameuses Commissions électorales dites souvent indépendantes ?

S’il n’y avait pas d’élections, qu’y aurait-il à la place ? Des régimes centenaires et univoques ? Nous devons à chaque fois remettre l’ouvrage sur le métier jusqu’à ce que nous soyons un jour satisfaits. Avons-nous sauté trop vite à pieds joints sur des modèles de structures gouvernementales en déphasage avec notre culture ? Force est de constater qu’après soixante ans d’indépendance, la greffe n’a pas encore pris et qu’il faut faire d’avantage, notamment dans la partie francophone du continent. Nos intellectuels ont-ils suffisamment réfléchi ? Nos juristes ont-ils vraiment fait leur part du travail ? Avons-nous pris la mesure des enjeux ? Les élections seules suffisent-elles pour obtenir un atterrissage en douceur dans des pays où un régime est installé depuis de longues décennies ? Ne faut-il pas devant certains cas, un peu plus de lucidité et d’humilité ?

Il me semble qu’il nous reste encore beaucoup de réflexions à mener dans ces domaines.

Lors d’un grand meeting de la coalition Lamuka le 2 février à Kinshassa, Martin Fayulu a rejeté la main tendue de Felix Tshisekedi et appelle ses partisans à la résistance pacifique. La RDC n’est pas au bout de ses peines ?

Le Congo semble cependant en paix et la capitale Kinshasa semble être déjà passé à autre chose. Les Congolais apprécient que l’Opposition ait gagné les élections et c’est bien qu’il y ait une main tendue. Mon conseil est que cette main reste tendue jusqu’à la fin du mandat. Cela peut être utile.

Vous aviez eu le privilège d’assister à l’investiture du nouveau Président Felix Tshisekedi et ce dernier vous a ensuite accordé une audience. Felix Tshisekedi a-t-il les moyens de réussir sa mission dans un contexte où le clan de Joseph Kabila détient encore tous les leviers du pouvoir ?

Nous avons entendu le nouveau Président exprimer sa volonté de gouverner pour tous les Congolais, mais a aussi dit fermement où se trouvent ses priorités. Donnons-lui le temps de ‘’s’exprimer’’ et de déployer sa vision de la RDC. Nous avons aussi longtemps conféré avec le Président sortant. Nous l’avons félicité et exhorté à continuer son soutien à l’alternance. Le comportement de Joseph Kabila dans cette affaire est une leçon pour bien de dirigeants africains.

Votre mission de facilitateur en RDC a suscité des critiques d’une frange de l’opposition et de la société civile. Quel sentiment avez-vous aujourd’hui après la tenue de ces élections ?

J’ai plutôt l’impression que l’Histoire prend sa revanche. Tous ceux qui ont prétendu détricoter l’Accord du 18 Octobre 2016 pour lui substituer des arrangements particuliers se rendent bien compte aujourd’hui de la profondeur de notre travail et sa capacité à voir loin. Du reste, le peuple congolais ne s’y est pas trompé qui nous a réservé un accueil délirant à la cérémonie d’investiture.

Parlons du franc CFA. Vous êtes un panafricaniste qu’on ne présente plus. La question de cette monnaie est revenue encore au-devant de l’actualité ces jours-ci avec les dirigeants italiens de l’extrême droite (Mouvement 5 étoiles) qui accusent ouvertement la France de piller l’Afrique francophone. Ne faut-il pas régler définitivement cette question du francs CFA?

Je suis intervenu longuement dans vos colonnes sur ce sujet. Il serait utile de renvoyer vos lecteurs à cet article de fond, mais ma position n’a pas changé. Créons comme convenu l’Eco, c’est-à-dire la monnaie de la CEDEAO et le CFA cessera d’exister. Ce débat est certes utiles mais attention, il peut aussi cacher ou empêcher un autre plus important, celui du manque de volonté politique de la part de nos leaders pour créer une monnaie commune qui dépasserait le cadre étroit des 8 pays de l’Union Economique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) qui a en partage le Franc CFA. Nous sommes au moins à quatre rendez-vous manqués. Le prochain rendez-vous est pris pour 2020. Il faut veiller à ce que cela tienne et la mobilisation pour cette échéance me paraît plus importante. Les experts disent qu’il y a peu de chance que l’échéance de 2020 soit respectée. Alors on en fixe encor une autre, 2022. Et puis quoi après ? Il faut bouger sur ce dossier.

Le 28 novembre 2017 lors de son passage à Ouagadougou répondant à une question d’un étudiant, Emmanuel Macron le Président français a déclaré que les Africains sont libres de quitter la zone CFA. Visiblement depuis deux ans, aucun chef d’Etat africain ne veut franchir le Rubicon. Finalement, c’est l’Afrique qui maintient cette monnaie ou la France ?

Ma réponse à la question ci-dessus répond parfaitement à celle qui suit. Les pays membres de la CEDEAO ont décidé en toute souveraineté de créer une monnaie unique et ont installé des institutions communautaires qui travaillent sur le sujet et donnent souvent des échéances qui ne sont pas respectées. Le jour où ils agiront de façon concrète, cette question ne se posera plus.

Selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), plus de 2260 personnes sont mortes en tentant de traverser la méditerranée en 2018, plus de 3140 l’année précédente, sans compter ceux qui meurent dans le désert. On entend moins l’UA et les autres organisations régionales sur ce drame permanent.

Il est vrai que devant ce drame, on aurait souhaité avoir plus d’échos de nos Etats et de nos organisations régionales et continentales. Au minimum, une tentative d’empêchement de ces candidats à la mort sur chaque territoire national aurait été un signal, montrant que la vie de nos concitoyens a un prix à nos yeux. On me dit que les Etats ne réagissent pas parce qu’ils n’ont pas de travail à leur proposer. Je pense qu’entre la mort et le travail, le choix ne doit pas être si difficile à faire. Il faudra bien une jeunesse bien portante et en vie pour conduire et soutenir la volonté de développement de nos pays.

Vous êtes un afro optimiste. Face aux conflits qui dévastent encore plusieurs pays, le terrorisme qui fragilise les Etats, l’immigration et ses conséquences, les élections contestées débouchant sur des conflits, peut-on continuer à croire à ce continent convoité par toutes les puissances extérieures ?

Si le continent est convoité, c’est bien parce qu’il inspire de l’optimisme aux autres. C’est bien parce qu’ils voient tout ce qu’il a à offrir et ne sous-estiment pas son avenir. Malgré les conflits et le terrorisme, l’Afrique est une force qui va et rien ne pourra l’arrêter.

Vous ne vous exprimez pas souvent sur les affaires de notre pays; et pourtant la situation est difficile, voire dramatique. Depuis les dernières élections, un voile d’incertitudes et d’obscurité semble planer au-dessus de nos têtes. Consentirez-vous à nous livrer votre évaluation de la situation ?

Oui ! C’est avec une profonde tristesse que je suis l’évolution politique de notre pays. On a beau se tenir en marge et choisir de ne plus se mêler de politique politicienne mais on se rend compte que le pays est là ! On n’en a pas trente-six, il n’y en a qu’un. Et son destin nous poursuivra et nous accompagnera toujours. En réalité, je ne me suis jamais désintéressé du sort de la Nation. Me connaissant, vous savez que c’est impossible. Des échos me parviennent de ci, de là que « PAX AFRICANA », ma Fondation ne s’intéresse qu’aux autres pays du continent et ne dit jamais rien sur le Togo. C’est un peu normal, elle a été essentiellement créée pour cela. Ce qui ne veut pas dire qu’elle se désintéresse du Togo.

Mais pour revenir à l’essentiel, je dois vous avouer que je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo. Le combat pour la démocratie et l’alternance mené depuis 1990 ne semble pas aboutir jusqu’à ce jour. Il faut consacrer une réflexion approfondie aux causes de cette étrange situation. Vous savez, la situation actuelle de notre pays a été aggravée par les événements du 19 Août 2017. Devant ces événements, une analyse sans complaisance s’imposait. Au lieu de cela, une réaction inappropriée prévalut. L’option sécuritaire l’emporta. On a pensé qu’il suffisait de maintenir l’ordre par la répression.

Une attitude plus ouverte, je dirai plus politique, c’est-à-dire plus tournée vers le dialogue aurait permis de désamorcer la crise mais ce ne fut pas le cas.

On se souviendra que dans une déclaration du 20 Octobre de cette année-là, j’avais proposé qu’une sorte de médiation initiée par des Togolais, prévale pour prendre à bras-le-corps, la problématique du mal togolais. Je proposais d’en être partie car après tout, nous sommes mieux placés que quiconque pour penser, poser et résoudre nos problèmes avec ce privilège de connaître tous les acteurs. Je connaissais et je connais toujours, au moins une douzaine de compatriotes de tous bords, capables de s’asseoir et de faire avancer notre cause commune.

On préféra la facilitation de la CEDEAO qui s’est révélée désastreuse et je pèse bien mes mots. Désastreuse, j’ai bien dit. L’impression prévaut que cette institution n’a pas fait grand cas du sort et des attentes du Peuple Togolais. Elle n’a proposé que des solutions boiteuses, inappropriées et iniques. Comment peut-on fixer une date pour des élections alors que la feuille de route acceptée de tous, indiquait comme préalable à toute consultation électorale, l’adoption de réformes… j’y perds mon latin.

Aujourd’hui, le mal est fait.

Que devons-nous faire face à cette situation ?

Nous devons être réalistes. Ce qui manque à nos concitoyens, c’est le sens du réalisme. Il convient d’aborder nos problèmes avec beaucoup de courage et de sens pratique. Foin de rodomontades, de vociférations, de proclamations, d’injonctions, de ratiocinations…

Je suis persuadé qu’aujourd’hui, l’alternance est une chose partagée par la très grande majorité des Togolais. Il y a ceux qui l’avouent, il y a ceux qui le pensent intimement. Mais si l’alternance devait signifier la victoire d’un camp sur l’autre, elle ne se réalisera pas. N’ayons pas peur de nous dire crûment la vérité. Une preuve ? Les élections législatives unilatérales ont donné la victoire au camp présidentiel, mais cette victoire à la Pyrrhus ne sert à rien, ne résout rien. Il en est de même lorsqu’on considère le mal togolais dans sa globalité.

L’espérance d’une victoire totale d’un camp sur l’autre est une chimère. Il faut trouver le moyen d’aboutir à un consensus voire un ‘’pacte national’’ que des élections transparentes et équitables viendraient consolider.

N’est-ce pas la leçon que les Congolais de la RDC viennent de nous donner en acceptant une coopération entre anciens et nouveaux pour le seul bien du pays ?

Je connais personnellement au mois une douzaine de Togolais de tous bords, des patriotes, qui peuvent en dehors de toutes considérations partisanes, s’asseoir, parler, réfléchir et proposer des solutions à nos problèmes. Il faut qu’on les y encourage.

Nous devons chercher la vérité entre nous, nous donner des garanties mutuelles, avoir le courage sinon d’oublier, du moins d’oblitérer le passé, d’aborder les rivages du ‘’Grand Pardon’’ qui a été si mal compris et méprisé dans le passé mais qui remonte, remonte, remonte à la surface.

Il y aurait bien d’autres choses à dire. Le cadre de cette interview ne suffit pas.

Votre mot de fin

Que Vive l’Afrique, Messieurs !

Je vous remercie

 

 

Edem Kodjo sans langue de bois : «Je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo»

 

Togo, Covid-19 : ANSAT, Attention au gaspillage des stocks !

La pandémie du COVID-19 impose l’autarcie des ressources à tous les pays. Ne maitrisant ni la mesure du temps, ni la mesure de l’espace ni les dégâts de la pandémie, chaque pays fait au mieux pour sauvegarder les ressources pour sauver sa population en cas d’aggravation de la crise alimentaire qui pourrait découler de la pandémie.

Coup de théâtre, c’est le moment choisi par le Colonel Ouro-Koura AGADAZI, le Directeur Général de l’Agence Nationale pour la sécurité alimentaire ANSAT pour proclamer fièrement l’excédent alimentaire du Togo et se proposer de voler au secours des pays voisins : « Au-delà de la satisfaction des besoins de consommation des togolais, il n’est pas exclu que le Togo puisse encore une fois venir en aide aux pays de la sous-région sérieusement affectés.. » a confié au site Arcanews l’ancien ministre de l’agriculture.

C’est donc un véritable scandale de distribuer les précieux produits stockés, soit 70 milles tonnes pour le compte de cette années à des pays qui dit-on sont sérieusement affectés.

Le Togo commence d’ores et déjà à vivre la cherté des produits alimentaires, surtout des céréales qui constituent la base de l’alimentation. Le maïs, le mil , le sorgho, le haricot et le riz connaissent une flambée de prix sur le marché.

La bonne politique pour des dirigeants soucieux du bien-être des populations serait de conserver jalousement ces stocks et les mettre d’une façon ou d’une autre à la disposition d’une population affamée.

Ailleurs, au Gabon, au Ghana, au Niger, le gouvernement a pris l’initiative de distribuer gratuitement les produits aux populations pour amortir le confinement consécutif à la pandémie du coronavirus.

S’il n’est pas possible de distribuer gratuitement ces produits, l’ANSAT aurait mieux fait de le vendre à un prix relativement abordable aux populations.

C’est le moment crucial qui choisit le colonel ministre d’annoncer l’exportation à titre d’aide aux autres pays dits sérieusement affectés comme si le Togo n’était pas affecté par la menace d la famine.

Cette sortie de Ouro Koura AGADAZI illustre assez clairement le mal qui gangrène le ministère de tutelle, de l’Agriculture qui brille plutôt par du bling-bling au lieu d’actions concrètes.

Un citoyen nous a interpellé sur la question, surpris en confiant tout simplement que cette annonce du Colonel Agadazi n’a d’autre explications : Tomber sur la tête.

Carlos Ketohou

Source : L’Independant Express (independantexpress.net)

 

 

Togo, Covid-19 : ANSAT, Attention au gaspillage des stocks !

 

Afrique, Covid-19, Corruption Massive : Derrière les achats de masques et gels, des détournements massifs de fonds

L’épidémie de Covid-19 n’est plus une menace pour l’Afrique, c’est maintenant une réalité car de plus en plus de pays du continent ont confirmé des cas. Mais loin des mesures prises, c’est beaucoup plus une « belle opportunité » de détournements massifs de fonds qui s’offre aux dirigeants africains.

La crise du coronavirus a tôt fait de révéler au monde entier le système sanitaire largement défaillant des pays africains, surtout en Afrique subsaharienne. Elle est le révélateur des limites de capacité des états, incapables de protéger leur population mais aptes à organiser des scrutins municipaux, législatifs et présidentiels à plusieurs milliards de francs CFA. Depuis le début de la pandémie, plusieurs chefs d’États africains qui ne prenaient la parole face à leurs concitoyens qu’une fois l’an, ont tous été subitement piqués par le virus des discours télévisés, souvent creux et sans mesures pragmatiques. Le Nigeria par exemple, première puissance économique d’Afrique, ne consacre qu’à peine plus de 4 % de son budget à la santé.

Corruption : « silence ça vole »

Derrière les grandes annonces de mobilisation de fonds, des achats de masques, gels hydroalcooliques et gants, se jouent de grosses luttes pour s’arracher les marchés juteux. Selon une note de plusieurs associations luttant contre la corruption en Afrique subsaharienne, plus de 400 milliards ont été déjà détournés en Afrique de l’Ouest et du centre. Les États incriminés passent commande pour la plupart auprès de fournisseurs amis, en gré à gré, au « nom du Covid-19 ».

« Ce sont des milliards sans contrôle », assène un haut responsable de la BCEAO qui a souhaité garder l’anonymat, avant de poursuivre : nous voyons de plus en plus de mouvements financiers douteux, entre les États membres, cela s’apparente clairement à des détournements et du blanchiment de capitaux. Comment expliquer que des revendeurs de produits GSM avec des revenus modestes, se retrouvent avec 4 ou 5 milliards sur un compte en banque dont le plafond depuis dix ans tournait autour de 350.000 CFA ? Très souvent ces montants proviennent de Trésors publics ». Fin de citation.

Plus loin encore, Alexandre Legendre, expert en stratégie Politique explique ces détournements massifs de milliards dans cette période de crise sanitaire, par les échéances qui approchent : « si vous observez bien la situation dans le pays où les détournements sont importants, soit il y a une élection majeure cette année ou soit l’an prochain. Le Covid-19 sonne comme du pain béni pour ces hommes politiques qui doivent mobiliser des ressources importantes pour faire campagne. On détourne, et dans le même temps on fait appel à l’aide internationale pour faire passer la pilule de la récession qui s’annonce. Le malheur ne frappe pas forcément tout le monde, ce sont les populations qui seront évidemment perdantes », insiste-t-il, visiblement désabusé par le contexte.

Toujours plus riches, toujours plus pauvres…

Le coronavirus n’épargne pas la classe dirigeante africaine, habituée aux hôpitaux d’Europe et des pays du Golfe, certes, mais il va contribuer à accentuer le clivage entre riches et pauvres. D’un côté les dirigeants qui profitent de la situation sanitaire pour détourner des fonds, communiquer sur des chiffres inexacts, et s’enrichir, et de l’autre, les populations abandonnées à elles-mêmes dans un contexte socio-économique critique. De source digne de foi, les achats de dizaines de millions de masques annoncés par les différents États à grands coups de communication ne sont en réalité que des vues de l’esprit. Dans un pays ouest-africain qui doit connaître une nouvelle élection présidentielle en 2021, si le gouvernement annonce avoir commandé plusieurs dizaines de millions de masques, la réalité abyssale est qu’elle n’en a en réalité commandé que 800 000.

L’Afrique et ses dirigeants ne consacrent que 1 % aux dépenses mondiales de santé. Avec deux médecins pour 10 000 habitants, les hôpitaux publics d’Afrique continuent d’être de véritables mouroirs et ne disposent en moyenne que de 1,8 lit pour 1 000 personnes. En République démocratique du Congo, il n’y a qu’une cinquantaine d’appareils d’assistance respiratoire pour plus de 80 millions d’habitants vivant sur un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale. Et pourtant les entreprises de BTP, avec le soutien des dirigeants, facturent 1km de route à plus de 2 millions de dollars. Ubuesque !

Casimir Letissier

Source : LSI Africa

 

 

Afrique, Covid-19, Corruption Massive : Derrière les achats de masques et gels, des détournements massifs de fonds

 

Disparition d’Edem Kodjo: Que faut-il retenir du grand intellectuel qu’il fut? Fut-il un soutien ou une victime de la dictature?

Avec Edem Kodjo disparaît l’un des meilleurs intellectuels de l’Afrique comtemporaine.Tout intellectuel honnête qui pourrait avoir des réserves sur le parcours de l’homme, peut au moins être d’accord avec cette affirmation. Si Kodjo était né dans un autre pays plus libre et démocratique que le Togo, nous n’en serions pas aujourd’hui là à nous disputer sur le bilan que nous pourrions tirer de son passage dans les sphères politiques de notre pays et de l’Afrique.

Puisque Edem Kodjo a vu le jour le 23 mai 1938 à Sokodé, donc au Togo; puisque le hasard veut qu’il soit revenu au pays après ses études en France en plein début de la dictature d’Éyadéma, l’Énarque de la promotion Blaise Pascal était désormais pris entre l’étau d’un système politique autoritaire. Il avait bien sûr le choix entre rester en France, comme beaucoup d’intellectuels togolais et africains, où inévitablement, il aurait fait une brillante carrière, et revenir servir au Togo sous Éyadéma. Mais il avait fait le choix de revenir. Choix que nous devons respecter même et surtout après sa mort.

Il fut l’une des têtes pensantes, sinon la tête pensante qui suggéra au dictateur de Pya la création du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). On lui prête également la paternité de la rédaction du livre vert, la bible du parti unique. Il fut gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) de 1967 à 1973 et Secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) entre le 21 juillet 1978 et le 12 juin 1983. Éyadéma, en bon dictateur et craingnant que Edem Kodjo ne lui fît ombrage avec sa popularité de plus en plus grandissante à la tête de l’Organisation Panafricaine, s’opposa énergiquement, à travers son Ministre des Affaires Ètrangères, à sa réélection pour un deuxième mandat. Craingnant pour sa sécurité au Togo, Edem Kodjo s’exila en France.

Il revint au pays avec l’avènement du multipartisme et créa l’UTD (L’union Togolaise pour la Démocratie). Il participa à la Conférence Nationale Souveraine en juillet -août 1991 et devint membre du Haut Conseil de la République (HCR), parlement de la transition dirigée alors par Joseph Kokou Koffigoh. Il était également là quand quand le HCR, avec à sa tête Monseigneur Fanoko Kpodzro, tenta de dissoudre le RPT. Edem Kodjo était l’un de ceux qui furent humiliés par les soudards envoyés par Éyadéma pour prendre en otage les Hauts Conseillers de la République en octobre 1992.

«L’UTD est un parti-charnière...», cette phrase restée légendaire servit d’alibi à Edem Kodjo pour se faire nommer Premier Ministre par Gnassingbé Éyadéma au lendemain des élections législatives de 1994 avec seulement 7 députés, alors que le CAR s’en sortait avec 36 élus. Ce qui montre que les intrigues de certains leaders de l’opposition togolaise pour plomber la lutte ne datent pas d’aujourd’hui, hélas! Après avoir servi le père, il se mit au service de Faure Gnassingbé dont il devient Premier Ministre en 2005. Pendant la dernière décennie de sa vie, Edem Kodjo aurait travaillé auprès du fils d’Èyadéma comme conseiller. En 2009, Edem Kodjo quitte la politique et crée la Fondation Pax Africana.

Ce petit survol, pas forcément exhaustif de la carrière de Monsieur Edem Kodjo, qui nous montre que notre valeureux compatriote et aîné avait beaucoup de qualités pour servir partout où il était appelé. Que ce fut au Togo, sa terre natale, ou sur le plan panafricain. Mais avait-il pu, avait-il su utiliser toutes ses potentialités intellectuelles pour servir son pays, pour aider ses concitoyens comme il l’aurait voulu? Edem Kodjo, vu son gros bagage intellectuel qui débordait des frontières togolaises et qui fit de lui cet oiseau rare en Afrique et pourquoi pas ailleurs, ne méritait-il pas mieux que ce qu’il fut au Togo toute sa vie? Kodjo aurait pu être un brillant Sécretaire Général de l’ONU, un bon Président de la République, qui avait toutes les qualités pour conduire le Togo vers des horizons de prospérité.

À mon avis, au moment de nous incliner sur la mémoire de l’illustre disparu en méditant sur ce que fut vraiment Edem Kodjo, je sais que les uns et les autres ont des positions mitigées. Je sais que beaucoup de Togolais ne pardonnèrent pas à Edem Kodjo qui accepta de devenir le Premier Ministre de Faure Gnassingbé après le massacre de presqu’un millier de ses concitoyens, sans pouvoir rien changer aux méthodes de la tyrannie. Mais n’oublions pas que sans la dictature, il aurait pu faire une autre carrière plus profitable à son peuple. Que ce serait-il passé si Éyadéma n’avait pas mis tout son poids dans la balance pour torpiller le renouveau démocratique au lendemain de la Conférence Nationale? Notre défunt grand-frère fut-il victime ou soutien de la dictature des Gnassingbé? En tout cas c’est à chacun d’en juger.

Edem Kodjo s’en va a 82 ans presque. Que la terre lui soit légère! Nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis et tous ceux qui l’ont connu de près.

Samari Tchadjobo
11 avril 2020
Allemagne

 

 

Disparition d’Edem Kodjo: Que faut-il retenir du grand intellectuel qu’il fut? Fut-il un soutien ou une victime de la dictature?

 

Togo, Covid 19 : Cafouillage dans la prise en charge des personnes rentrées de voyages.

Quelques témoignages glanés méritent d’être relayés afin que des mesures idoines soient prises dans les plus brefs délais, pour que la quarantaine ne soit plutôt une source de propagation de la pandémie du Coronavirus.

Le premier cri de cœur émane d’un togolais revenu de France la seconde quinzaine de mars 2020.

« Une fois arrivé au Togo, nous avons été bloqués pour être confinés pour deux semaines dans un hôtel de la capitale. Ça fait 18 jours que nous sommes en confinés.

Dans cet état de confinement, certains sont venus chercher leurs enfants ou proches sous prétexte qu’ils sont des barons du régime en place. Visiblement nous n’avons pas les mêmes droits. Du moment où tu es un enfant d’un togolais ordinaire ta voix ne peut porter, mieux tu n’as pas droit à la parole. J’élève une vive protestation contre ce traitement de deux poids deux mesures ».

Le deuxième coup de gueule émane du fils d’une maman de plus de 70 ans, diabétique et hyper tendue de son état.

‘’En provenance d’Europe, la deuxième quinzaine du mois de mars 2020 elle atterrie à Lomé où elle est mise en quarantaine depuis lors dans un hôtel de la place. Deux fois dans la journée, un médecin vient lui prendre la température le matin et le soir. Au prime abord la quarantaine devrait durer quatorze (14) jours. Mais à sa grande surprise, il lui a été annoncé qu’elle va rester plus de temps sans lui préciser de combien de jours ou semaines la quarantaine est prolongée. Au moment où nous transcrivons ce témoignage elle n’a pas été dépistée pour savoir si elle est positive ou négative au Covid 19’’.

Le troisième récit nous vient d’un proche, d’un togolais en provenance d’Europe, qui a vu sa quarantaine prolongée sans aucun préavis ni raison. Il a fallu qu’une source hospitalière l’informe que l’idéal c’est vingt et un jour (21) jours d’isolement. Pour ce proche visiblement dépité,

‘’Il faut savoir ce que vous faites dès le départ. Des pères et mères de familles que vous retenez à leur retour de voyage sans aucune assurance sur ce que vous faites ‘’.

De sources médicales, en réalité les autorités n’ont pas les moyens d’évaluer les personnes retenues à leur retour, au lieu de le dire clairement ils les gardent alors que pour certains se sont eux-mêmes qui payent leur quarantaine.

De l‘avis de tous, les conditions d’hygiènes sont déplorables. Les draps ne sont pas changés depuis des semaines, pas de serviettes, pas de savons ; le nécessaire manque et les cris de protestation ne font pas bouger les lignes.

A ce jour 73 cas sont confirmés au Covid 19 ; dont 46 actifs, 24 guéris et 3 décès.

Fabbi Kouassi

 

 

Togo, Covid 19 : Cafouillage dans la prise en charge des personnes rentrées de voyages.

 

Togolais réjouissez-vous, le bonheur est enfin là !

Il va être 20h. Je n’aime pas trop regarder la télévision nationale, elle m’ennuie. Mais avec le confinement, mes habitudes ont changé. Je tourne donc le bouton de mon poste, le jingle qui annonce le journal passe, passe et passe. Les premières images apparaissent et qu’est-ce que je vois ? Je n’en crois pas mes yeux ! Le président Faure Gnassingbé debout devant les caméras. A ses côtés, il y a le candidat du Saint-Esprit Agbéyomé, l’opposant le plus charismatique Jean-Pierre Fabre et un vieil homme en soutane, portant une calotte sur la tête ; c’est bien Monseigneur Kpodzro. Ah, il y a Nathaniel Olympio aussi, le monsieur très catégorique du Parti des Togolais. C’est à n’y rien comprendre. Pêle-mêle, je vois également madame Adjamagbo, Agboyibo, Apévon, Gerry Taama et d’autres leaders politiques.

Faure prend la parole, salue les Togolaises et Togolais. Il entame un long discours sur la crise du coronavirus. Il explique comment nous pouvons vaincre la maladie en restant à la maison, en nous lavant plusieurs fois les mains, en ne se serrant plus, en portant un cache-nez, en restant à au moins un mètre de l’autre, etc. Le journal télévisé est long, mais très intéressant. Les autres hommes politiques prennent aussi tour à tour la parole et chacun dit quelques mots sur ce que nous devons faire pour éviter de propager le Covid-19. Je n’en crois pas mes oreilles !

Dès que le journal est fini, je sors en courant pour demander à mes voisins, si quelqu’un aussi a vu ce que je viens de voir, mais je ne trouve personne dehors ! Je m’aventure plus loin, il n’y a pas un seul oiseau. Tout le monde respecte le couvre-feu. Oui mais pourquoi je ne vois même pas les sôdja ? Le couvre-feu serait-il bien suivi à ce point ? Ne trouvant pas de réponse à ces questions, je n’ai d’autre choix que de rentrer chez moi et essayer de dormir, malgré ma grande émotion.

Il est 6h du matin, le jour s’est levé, et moi aussi. Je sors de la maison. Dans la rue, je vois que tout le monde porte un cache-nez. Mes voisins se tiennent tous à 3 mètres les uns des autres. Personne ne veut me serrer la main et tous éternuent dans le creux du coude. Ils sont devenus fous ou quoi ? Je vais dans le quartier voisin pour comparer. C’est la même scène qui m’accueille. C’est incroyable. Surréaliste ! Depuis quand le Togolais est si respectueux des consignes ?

Je cours jusqu’à Bè pour aller chez une dame qui a toujours refusé de faire ce que le gouvernement dit, juste parce qu’elle n’aime pas Faure. Je suis très surpris, car même elle a mis un masque et me prie de me tenir à deux mètres d’elle. Pour la pousser à parler, je lui dis quelques mots sur le président. Elle me répond en souriant que le jeune n’est pas si mal que cela, même s’il est en train de faire des mandats qu’il ne devrait faire en aucun cas. Est-ce possible ? On dirait que le Togo a subitement changé. Les gens sont solidaires des autorités et les autorités sont solidaires des gens. En ce moment précis, j’ai pensé à l’épidémie de coronavirus et je ne peux pas me retenir de crier à tue-tête : « WOW, nous sommes sauvéééééés !!! Avec cette discipline et cette cohésion, la maladie est vaincue chez nous !!! ».

Mais mes os craquent et une grande douleur traverse mon corps. Qu’est-ce qu’il y a ? Seigneur, je viens de tomber de mon lit! Nonnnnn !!! Tout cela n’était qu’un rêve ? Faure n’a pas rassemblé ses opposants autour de lui ? Les opposants ne se sont pas rassemblés autour de Faure ? Le coronavirus qui veut nous décimer n’a-t-il pas été assez grand ou assez fort pour pousser les acteurs politiques à s’unir et sauver nos vies ? Je me relève et me frotte les yeux. Mes idées deviennent plus claires et je me rends compte que l’arrestation d’Agbéyomé est toujours d’actualité, le frère de Nathaniel Olympio, Alberto Olympio est toujours recherché par le procureur, l’immense opposant Fabre Jean-Pierre est toujours crédité d’un maigre 4% invraisemblable à l’élection présidentielle…

Rien n’a changé, je n’ai fait que rêver. Je n’ai fait que rêver, mais Dieu merci de m’avoir au moins permis de rêver… un si beau rêve.

Gérard

Article issu du partenariat entre iciLome et le journal SIKA'A

 

 

Togolais réjouissez-vous, le bonheur est enfin là !

 

Charles Lieber n’a pas créé le coronavirus

Depuis quelques semaines, une information faisant état de l’interpellation de Charles Lieber (chercheur américain), le prétendu concepteur du COVID-19, agitait la toile. Selon Togocheck, il s’agit d’une fausse information. L’homme a, en réalité, été arrêté pour avoir omis de divulguer aux autorités américaines qu’il avait une liaison avec la république populaire de chine.

« Voici l’homme qui a fabriqué et vendu le Virus du Corona à la Chine », pouvait-on lire sur les rseaux sociaux, avec la photo du chercheur. M. Lieber, interpellé le 28 janvier dernier, serait plutôt accusé d’avoir fait une fausse, fictive et frauduleuse déclaration, à en croire le département américain de la Justice.

En effet, le chimiste était impliqué dans un programme intitulé « Thousand Talents », par le biais duquel, il recevait des fonds du gouvernement chinois. Un programme visant des experts étrangers et des récompenses pour le vol d’informations protégées, a-t-on appris.

En plus d’être financé par la Chine, Charles Lieber bénéficiait également des fonds de l’Etat américain pour ses travaux à l’Université de Havard. L’intérêt financier n’étant pas divulgué par ce dernier, l’a rendu coupable d’un crime contre sa nation.

Pour ce qui est de la conception du coronavirus, ce n’est nullement pas le cas. Le chercheur américain dirigeait plutôt un centre de recherche spécialisé en nanotechnologie. Ce dernier interpellé avec deux autres citoyens chinois, risque 5 ans de prison selon les informations.
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Vaccin contre le Covid-19/Kodjo Adédzé : « Nous ne livrerons pas nos populations comme des cobayes »

Lors d’une émission en début du mois d’avril sur la chaîne française LCI, deux médecins chercheurs évoquaient l’idée de tester un vaccin contre le coronavirus sur les Africains. Cette sortie des deux médecins chercheurs a indigné plus d’un. Et certains Togolais, connaissant bien le pouvoir de Lomé, vont jusqu’à demander si le gouvernement de Faure Gnassingbé accepterait qu’un tel test soit effectué sur les Togolais.

Mais intervenant ce matin sur les ondes de la radio Victoire Fm, le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adédzé rassure. Il note que le gouvernement togolais ne permettra jamais que ses citoyens soient des cobayes.

« Le pays est un pays souverain. On est indépendant. Il y a certaines choses qui ne passent mêmes pas à l’esprit. Nous avons toujours des relations avec nos partenaires, notamment le FMI. Il n’y a jamais eu en notre connaissance, en tout cas, en tant que membre du gouvernement, de lien entre les appuis du fonds et un quelconque projet de vaccin. Il n’y a jamais eu.

Sur cette question, je voudrais qu’on fasse confiance au gouvernement, qu’on fasse confiance à nos médecins qui travaillent en collaboration avec le gouvernement. Nous ne livrerons pas nos populations comme des cobayes, ça ne se fera pas », a souligné le ministre.

Notons qu’à ce jour, 73 cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés au Togo sur 1877 patients dépistés. Sur ces 73 cas, 46 cas sont actifs, 24 cas guéris et 3 décès.

Godfrey A.

 

 

Charles Lieber n’a pas créé le coronavirus

 

Carte d'électeur pour bénéficier de "NOVISSI" : Le Parti des Togolais dénonce une "instrumentalisation" de la crise sanitaire

Le gouvernement a lancé le Programme universel de solidarité dénommé "NOVISSI" pour soulager ceux qui sont touchés par les mesures prises pour arrêter la propagation de Covid-19 dans le pays. Mais seule la carte d'électeur est exigée pour bénéficier de ce programme. Ce qui est inadmissible, selon le Parti des Togolais.

COMMUNIQUE DE PRESSE N°04/2020-005

Le Parti des Togolais suit avec attention la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement togolais et note avec intérêt les dispositions qu’il prend à cet effet.

Le Parti des Togolais constate avec inquiétude que le gouvernement prend des décisions précipitées qui souffrent d’impact parcellaire et d’instrumentalisation politique.

Dans l’ambiance déjà anxiogène créée par la crise sanitaire, le gouvernement provoque davantage la confusion en prenant un décret instaurant des dispositions pour les annuler dès le lendemain pratiquement. Force est de constater que le gouvernement semble faire preuve d’un manque de planification, de rigueur et de méthodologie dans la manière de prendre en main la problématique de cette crise.

D’autre part, le gouvernement met en place un programme de transferts monétaires pour accompagner les personnes et les familles tout au long de l'État d'urgence sanitaire. S’il est vrai que l’initiative en elle-même peut revêtir un intérêt pour une partie de la population souffrant à longueur d’année de l’extrême pauvreté, il est très regrettable de lui noter de grandes limites :

• Le Parti des Togolais proteste vigoureusement contre l’instauration de la carte d’électeur comme unique document d’identification exigible pour bénéficier des transferts monétaires. Cela ressemble à une instrumentalisation de la crise sanitaire à des fins de rétorsion politique. Le cas échéant, cela est abject et n’est pas digne d’un gouvernement qui est supposé se préoccuper avant tout de la protection et de la santé des citoyens. La suite serait-elle que le gouvernement refuse l’accès aux hôpitaux à des patients ne disposant pas de carte d’électeur ? Le Parti des Togolais appelle le gouvernement à ne considérer que l’âge, par exemple sur la base de l’une des pièces suivantes, carte d’identité, passeport, permis de conduire, carte d’électeur et la situation économique des Togolaises et des Togolais.

• Par ailleurs, non seulement le niveau de l’allocation est bien insuffisant au regard des pertes subies mensuellement par la population, mais la définition du profil des bénéficiaires par le terme « travailleur » est d’une imprécision inquiétante quant au risque de rejet arbitraire des dossiers.

• Enfin, il faut noter que plusieurs prétendants à ce transfert monétaire n’arrivent pas à accéder à la plate-forme d’inscription, malgré de nombreuses tentatives. Le Parti des Togolais demande au gouvernement togolais d’accroître les capacités techniques de la plate-forme afin de rendre l’accès plus fluide aux soumissionnaires.

Au-delà des mesures générales, le gouvernement doit prendre en compte des spécificités directement liées aux mesures prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie. C’est le cas de tous les acteurs économiques opérant la nuit et qui n’ont plus de revenu du fait du couvre-feu. Le forfait général alloué est très loin de couvrir leurs besoins basiques.

Dans son communiqué de presse N°04/2020-004 du 2 avril dernier, le Parti des Togolais invitait le gouvernement à sortir impérativement de l'à-peu-près et à aller bien au-delà dans son dispositif de protection et d'accompagnement économique en faveur des citoyens et des entreprises.

Depuis déjà trois semaines, tous les étudiants et élèves du pays sont confinés chez eux sans aucun programme d'accompagnement et de suivi pour la continuité pédagogique. Jusqu'à ce jour, aucune mesure pour les élèves des classes à examen (BAC II, BAC I, BEPC, CEPD) n'a fait l'objet d'annonce par les autorités en charge de l'enseignement scolaire et universitaire. N’est-il pas au minimum envisageable que des supports de révision soient mis à disposition dans les établissements scolaires afin que les parents les récupèrent pour leurs enfants ? Ne pourrait-on pas parallèlement rendre ces supports de révision accessibles via Internet et les réseaux sociaux pour ceux qui y ont accès ?

Ce communiqué soulignait également que des dispositions claires devaient être prises afin d’éviter l’exercice inutile de violence physiques et psychologiques sur les citoyens par les agents des forces de sécurité et de défense, dans l'éventualité des cas de non-respect du couvre-feu. La violence excessive et inutile n’a effectivement pas manqué dès le premier jour de la mise en place du couvre-feu.

Le Parti des Togolais exhorte une fois de plus le gouvernement à faire respecter les droits de l’homme et la dignité des citoyens togolais. Il est temps de sortir des solutions basées uniquement sur la répression. Il rappelle qu’il est de la responsabilité de l’Etat togolais de prendre en charge les frais de traitement qui découlent des exactions des forces de sécurité et de défense. Le Parti des Togolais adresse sa compassion aux blessés.

Dans la sous-région et au-delà, des gouvernements ont associé à la recherche de solutions, des acteurs de la société civile, des universitaires, des scientifiques, des leaders de partis politiques et des leaders d’opinion, afin que toutes les forces vives de la Nation bâtissent en commun la riposte contre ce fléau. Le gouvernement togolais peut-il en faire l’économie sans perdre en efficacité ?

Le Parti des Togolais réitère sa gratitude à l'ensemble du corps médical et aux personnels d'entretien des centres de santé pour leur dévouement incontestable et rappelle qu'il est du devoir de l'État de leur assurer la protection nécessaire par des équipements appropriés. Certes, des équipements commencent à arriver, mais il reste encore beaucoup à faire.

Le Parti des Togolais rappelle la nécessité pour chaque Togolaise et chaque Togolais de demeurer le maillon qui casse la chaine de propagation du virus et à continuer d’observer les consignes en vigueur, notamment :

• se laver les mains au savon et à l’eau claire ;
• tousser dans le creux du coude ou en utilisant des mouchoirs jetables ;
• éviter de se serrer les mains et de faire des embrassades ;
• éviter les regroupements et les déplacements.

Il est temps ! Gamesu

Fait à Lomé le 9 Avril 2020

Gnimdéwa Atakpama

Délégué National aux Affaires Intérieures

 

 

Carte d'électeur pour bénéficier de "NOVISSI" : Le Parti des Togolais dénonce une "instrumentalisation" de la crise sanitaire

 

« Élection » Présidentielle De 2020 Au Togo : Ce que nous aurions dû Faire !

« Quand on refuse on dit non ! » Ahmadou Kourouma

« Pour sortir de la domination, il faut détruire le système de domination lui – même » Frantz Fanon

Certes, la pandémie mondiale actuelle de coronavirus est en train, ces jours – ci, d’éclipser l’effet dévastateur de l’ « élection » présidentielle du 22 février 2020 au Togo. Cependant, il m’apparaît nécessaire que nous revenions – nous tous qui appelons, de nos vœux les plus ardents, le changement et l’alternance tant attendus par la Terre de nos Aïeux le Togo – sur cette soi – disant « élection ». Je dis bien (!!!) nous tous : authentiques combattants togolais de la liberté… Car la Vie ne s’arrêtera point avec ladite pandémie.

Oui ! À partir de l’instant où nous rejetons catégoriquement (!!!) le système politique ethno – militaro – clanique plus que cinquantenaire (!!!) des Gnassingbé, et à une époque où les mandats présidentiels pléthoriques, sans fin, ne sont plus guère de mise, [Référence : la récente rencontre d’anciens Chefs d’État africains à Niamey (Niger)], ce que nous aurions dû faire, à mon humble (!!!) avis, c’est de refuser sans appel (!!!) un quatrième mandat de Faure Essozimna Gnassingbé. En refusant énergiquement (!!!) et définitivement (!!!) la quatrième candidature elle –même du roitelet.

Par quelle voie ?! S’il est vrai que la souveraineté politique n’appartient qu’au Peuple, alors un peuple qui refuse un système politique qu’il a décrié et vomi se doit de se soulever globalement (!!!), simultanément (!!!), radicalement (!!!) jusqu’à s’en débarrasser !!! Et ce, quel que soit (!!!) le prix que sa Révolte lui coûterait…

Oui ! Notre truculent compatriote Georges Togoata Apédo – Amah a raison de dire qu’ « On ne supprime pas une dictature militaire avec des bulletins de vote ».

Peuple togolais ! Le père – fondateur de la fameuse (!) JUVENTO [J = Justice. U = Union. V = Vigilance. E = Education. N = Nationalisme. T = Ténacité. O = Optimisme], notre illustre feu aîné Otto Reginald Hector Mensan Aithson n’avait nullement de cesse de nous enseigner qu’aucun peuple asservi ne se libère sans une certaine dose incontournable de sacrifices…

Donc (!), Encore une fois (!), Du Courage !!!

Lomé, le 05 avril 2020

Godwin Tété

 

 

« Élection » Présidentielle De 2020 Au Togo : Ce que nous aurions dû Faire !

 

Covid-19, Togo : C’est grave, Monsieur le ministre !

Une boîte de gants (100 paires), cent (100) masques chirurgicaux, treize (13) surblouses, quelques flacons de gel hydroalcoolique pour lutter contre le COVID-19. C’est la composition des matériels de protection du personnel soignant du CHR Atakpamé et du CHP Kpalimé arrivés cette semaine.

Cas suspects en quarantaine, médecins inquiets, matériels de protection insuffisants…Malgré la situation, les hôpitaux publics du pays se débrouillent pour tenir la dragée haute à la pandémie. Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en terre togolaise, le personnel soignant est à l’avant-garde.

Partout sur le territoire, les Togolais ont salué et accueilli favorablement les mesures exceptionnelles de riposte à la crise prises par le chef de l’Etat dans son discours à la Nation le 1er avril dernier. « (…) Nous ne lésinerons sur aucun moyen. (…) Le gouvernement a pris par ailleurs toutes les dispositions pour doter les personnels soignants qui sont au front de matériel de protection, afin d’éviter qu’ils soient contaminés. (…) Je comprends qu’il y ait eu des moments de doute et de frustration au début de cette crise. Mais je voudrais les rassurer que toutes les dispositions sont prises pour les accompagner dans leur délicate mission », a déclaré le président Faure Gnassingbé.

En dépit des efforts qui sont consentis au plus haut niveau pour soulager les personnels soignants, grande est la déception au Centre Hospitalier Régional d’Atakpamé et au Centre Hospitalier Préfectoral de Kpalimé à la réception des matériels de protection.

Selon les informations recoupées et vérifiées à différents niveaux par la rédaction de Togo Bulletin, et comme le prouve la photo, le CHR Atakpamé a reçu comme matériels de protection du personnel soignant 25 flacons de gel hydroalcoolique de 500 ml, 1 boîte de gants (100 paires), trois (03) thermomètres électriques pour la prise de température, cent (100) masques et 13 surblouses (ce qu’il convient d’appeler Equipements de protection individuelle, sauf que là encore, ils sont incomplets pour protéger le personnel soignant qui est au contact des cas suspects au quotidien). Il faut noter que deux cas suspects sont actuellement en observation au CHR Atakpamé.

Au Centre Hospitalier Préfectoral de Kpalimé, la direction n’a réceptionné que 150 masques, 13 flacons de gel hydroalcoolique, et 13 surblouses. A en croire des médecins, ces matériels de protection dont il leur a été demandé d’en faire bon usage, sont largement insuffisants par rapport aux réalités dans ces deux grandes structures hospitalières de la région des Plateaux.

Plus de 70 cas confirmés de coronavirus sont recensés au Togo dont 46 cas actifs, 24 cas guéris et 3 décès.

Béatrice Agbodjinou

Source : Togo Bulletin

 

 

Covid-19, Togo : C’est grave, Monsieur le ministre !

 

Malawi : 8 présumés « vampires » lynchés à mort

Au moins huit personnes soupçonnées d’avoir bu le sang de leurs victimes ont été lynchées à mort par des groupes d’autodéfense ces dernières semaines dans le nord du Malawi, a-t-on appris jeudi auprès de la police locale.
La présence de « vampires » fait l’objet de rumeurs et d’incidents réguliers dans ce pays d’Afrique australe, où les croyances traditionnelles restent très ancrées dans la population.

En 2017, neuf personnes avaient été tuées et 250 arrêtées pendant une série de violences similaires.

Cette nouvelle vague a débuté à la mi-mars 2020. « Depuis que les premières rumeurs ont couru, des gens ont commencé à rendre leur justice et à arrêter toutes les personnes qu’ils jugeaient suspectes », a expliqué à l’AFP le porte-parole de la police de la province du nord, Peter Kalaya.

À ce jour, huit personnes ont déjà été tuées par les populations locales, a-t-il précisé. Parmi ces victimes figurent deux ressortissants du Mozambique voisin, tués lundi.

Les services de police ont arrêté un total de 117 personnes en lien avec ces affaires.

Les Nations unies ont appelé les autorités à mettre rapidement un terme à cette vague de violences.

« Ces épisodes de justice populaire se nourrissent de mythes et de désinformation qui mettent en péril l’État de droit et le respect des droits humains », a souligné dans un communiqué Maria Torres, la responsable de l’ONU pour le pays.

Le président Peter Mutharika a pour sa part accusé l’opposition d’être à l’origine de ces rumeurs de « vampires ».

« Des Malawites innocents ont brutalement été tués par la foule car soupçonnés d’être des suceurs de sang. Ces rumeurs sans fondement ont été délibérément fabriquées », a-t-il dénoncé lors d’un discours télévisé mardi soir.

« Nous savons que cela relève d’une stratégie politique visant à créer la peur et la panique pour empêcher les gens de s’inscrire sur les listes électorales », a-t-il poursuivi, « et tout ceci alors que nous menons la guerre contre le coronavirus ».

Selon le dernier bilan, huit cas de contaminations par le Covid-19, dont un mortel, ont été officiellement recensés au Malawi.

Le pays est appelé aux urnes pour élire son président en juillet prochain, après l’annulation de la réélection en mai 2019 de M. Mutharika en raison de fraudes.

Source : AFP

 

 

Malawi : 8 présumés « vampires » lynchés à mort

 

Agbéyomé, l’intouchable ?

Le député Agbéyomé Kodjo n’a pas répondu hier à sa convocation. Il a encore boudé le Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la gendarmerie nationale.

Agbéyomé Kodjo est-il intouchable ? En tout cas, c’est la question qui brûle les lèvres surtout que cela fait la deuxième fois que l’homme file entre les doigts de la gendarmerie nationale. Hier jeudi, il a encore boudé la convocation de SCRIC.

Dans un message audio publié sur les réseaux sociaux, dans la nuit d’hier à aujourd’hui vendredi 10 avril 2020, l’ancien Premier ministre se montre « serein » à son domicile. Il est toujours entouré de son équipe, surtout son ange gardien, Mgr Philippe Kpodzro.

Le président du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) est toujours calé dans sa position. Le candidat à la présidentielle du 22 février dernier estime qu’il est le président élu. « Je ne comprends pas pourquoi cet acharnement judiciaire contre ma personne. Pourquoi on veut à tout prix nuire à un président démocratiquement élu ? », s’est-il interrogé.

L’ancien président de l’Assemblée nationale dit qu’il compte sur tous ces Togolais qui ont voté pour lui lors du dernier scrutin présidentiel. Il demande par ailleurs à toute la population de prier pour la dynamique, de prier pour lui, et surtout de prier pour Mgr Kpodzro.

« Priez pour moi, priez pour la dynamique, et surtout pour Monseigneur Kpodzro », a-t-il conclu.

Godfrey A.

 

 

Agbéyomé, l’intouchable ?

 

Agbéyomé Kodjo s'est fait représenter hier par ses avocats

Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, "président démocratiquement élu de la République togolaise", comme l'indique la dynamique Mgr Kpodzro, ne s'est pas présenté lui-même au Service central de recherches et d'investigations criminels (SCRIC) de la Gendarmerie nationale ce jeudi. Il s'est fait représenter par ses avocats. Cest ce que renseigne ce communiqué.

COMMUNIQUÉ DE LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO

Ce jeudi saint du 09 avril 2020 qui aurait dû être une journée de prière et de recueillement au Togo a plutôt donné l'occasion d'un spectacle avilissant entretenu par le pouvoir RPT-UNIR.

Dès 8h 30 le matin, le pouvoir RPT-UNIR a fait encercler le domicile du Président Agbéyomé KODJO par des militaires qui ont déployé sur les lieux tout un arsenal de guerre (drone, char d'assaut, pick up, armes etc.).

Or, comme la première fois, le Président s'est fait représenter à la convocation de ce jour par ses avocats, compte tenu de son état de santé qui ne s'est pas amélioré.

Grâce à Dieu le pire a été évité et les forces de défense et de sécurité se sont retirées des alentours du domicile vers 14h.

La Dynamique Mgr KPODZRO tient à remercier les populations togolaises pour leur mobilisation sur l'ensemble du territoire. Elle leur réitère son appel à garder la mobilisation et à rester vigilantes.

Fait à Lomé le 09 avril 2020
La Dynamique Mgr KPODZRO

 

 

Agbéyomé Kodjo s'est fait représenter hier par ses avocats

 

Gestion de la crise sanitaire : Les propositions du Pasteur Bavon au gouvernement

Devant la propagation de la maladie virale, coronavirus, il est clair que le Togo court vers une crise socioéconomique. Sentant le mal venir, le Pasteur Johannes Bavon, Secrétaire général du Front des architectes pour la République (FAR) fait des propositions au gouvernement, pour mettre le pays et le peuple à l'abris de ce phénomène.

LETTRE OUVERTE



Au
Gouvernement de la République Togolaise

Objet : proposition de mesures contre un chaos socioéconomique latent


Excellences,

Compte tenu de la crise sanitaire mondiale qui expose notre pays le Togo soit à une contamination générale soit à une crise économique pouvant engendrer un chaos socioéconomique, le mouvement Front des Architectes de la République (FAR) vient par la présente vous exposer des propositions de mesures visant à maîtriser la situation et ainsi, protéger la nation toute entière contre le coronavirus. Nous estimons que les mesures actuelles prises par le gouvernement pourront difficilement permettre à la fois de limiter la propagation du Covid-19 au sein de la population et d'éviter les ravages de la faim sur les couches les plus vulnérables de ladite population.

Signalons d’abord que la sensibilisation de la population sur les précautions sanitaires reste assez faible. Ensuite les mesures de couvre-feu entraînent la paupérisation des opérateurs économiques dont les activités ne peuvent être entreprises qu'à la nuit tombée, sans pour autant freiner la propagation du Covid-19.

Enfin, il est indéniable que le budget mis en place par le gouvernement étant très limité, il ne pourra pas couvrir les besoins de la population vulnérable pendant la période de confinement qui s'annonce. Bien au contraire, le mode de répartition de l'aide publique aux populations vulnérables ainsi que les critères d'éligibilité risquent de conduire à une grogne populaire voire une désobéissance civile. Tout soulèvement ou manifestation de masse serait alors indéniablement un terreau favorable à une contamination générale, tant des manifestants que des forces de l'ordre envoyées pour disperser les foules en colère.

Dans le souci, sans parti pris politique, de garantir la survie de notre peuple, le FAR se permet de vous présenter ici des suggestions de mesures à prendre afin d'éviter le péril qui pointe à l'horizon.

1- Mesures de précautions sanitaires

- Maintenir l’interdiction des regroupements de masse (lieux de cultes, boites de nuit, bars, concerts, etc.) jusqu’à nouvel ordre

- Encourager et promouvoir la fabrication locale des cache-nez

- Doter les personnels soignants des équipements de protection adéquats (combinaisons, masques, gants, désinfectants, etc.)

- Port obligatoire de cache-nez par toute personne en circulation hors de sa résidence sous peine de sanctions pécuniaires (à l'exclusion de toute atteinte physique aux personnes)

- Port obligatoire de cache-nez et de gants pour les forces de l’ordre en service

- Mise en place des dispositifs de lavage des mains tout le long des grandes rues (à gérer par les mairies et les comités de quartier)

- Lavage des mains obligatoire pour toute personne désirant accéder à tout bâtiment relevant de l'administration publique ou d'une entreprise privée

- Mise en place des mêmes dispositifs de lavage des mains à toutes les frontières officielles et officieuses du territoire togolais permettant un déplacement protégé des citoyens vivants de l’autre côté de la frontière

- Prise en charge des personnes sans-abris circulant dans les villes

2- Mesures de soins médicaux aux personnes contaminées

- Faire livrer des repas aux personnels soignants affectés aux soins des malades du Covid-19

- Confinement dans des conditions non discriminatoires de toute personne testée positive au covid-19

- Traitement des personnes contaminées par les moyens pharmaceutiques et phytothérapeutiques disponibles

- Réduire la durée de la mesure de couvre-feu à deux (2) semaines tout en mettant à profit ce délai pour désinfecter les villes


3- Précautions contre une crise alimentaire

- Permettre la libre circulation des personnes, dans le respect des mesures de protection, pendant au moins un (1) mois permettant aux uns et aux autres de s’approvisionner avant tout confinement éventuel

- Ouvrir uniquement les lieux publics d’approvisionnement alimentaire et les services publics et privés indispensables

- Sensibiliser la population sur la nécessité de s'approvisionner en vue d'un confinement éventuel

- Définir la durée probable d'un éventuel confinement général de la population

- Recensement par les comités de quartier des personnes les plus vulnérables (vieillards seuls, handicapés, enfants de rue)

4- Précautions en cas de confinement réel

- Gratuité de l’eau et de l’électricité pour toute la population

- Distribution hebdomadaire de vivres aux personnes vulnérables pré-recensées

- Réduction de 50% des frais de communication téléphonique et d'accès à Internet

- Sensibiliser la population sur la nécessité d'un élan général de solidarité et d'entraide entre voisins pour surmonter ensemble la difficile période à laquelle le pays se trouve confronté


Nous croyons que ces mesures pourront, d’une part, permettre au gouvernement de gérer au mieux le budget dédié à la riposte contre le Covid-19 et d’autre part, à la population de supporter sans psychose, les contraintes et sacrifices imposés par la crise sanitaire.

Dans la certitude que l’une ou l’autre de ces mesures proposées profitera aussi bien au gouvernement qu’au peuple, nous vous prions de recevoir nos salutations les plus distinguées.


Fait à Lomé le 09 avril 2020

Le Secrétaire Général

Johannes Bavon

 

 

Gestion de la crise sanitaire : Les propositions du Pasteur Bavon au gouvernement

 

Faure Gnassingbé l’imposteur contre Agbéyomé Kodjo l’élu du peuple

«…Et quand vous vous opposez, les invitant à un combat d´idées, ils disent: Appelons-le et donnons-lui quelque chose de ce que nous mangeons; certainement qu´il a faim. Quand vous refusez, ils cherchent à vous faire peur. Et quand vous résistez, ils cherchent à vous éliminer. Voilà le jeu démocratique au Togo » Salifou Tikpi Atchadam

Service Central des Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale. Une dénomination pompeuse qui n´est qu´une coquille vide ou plutôt un centre renfermant des cachots de torture pour tout Togolais ou Togolaise qui a la malchance de ressembler à un opposant au régime de dictature des Gnassingbé. Voilà le lieu où Agbéyomé Kodjo fut convoqué comme un vulgaire bandit. La première fois, il ne s´est pas rendu à ce rendez-vous plus que bizarre; bizarre parce qu´il ne comprend pas que lui, l´élu du peuple, soit convoqué pour s´expliquer sur des sujets qu´on lui reprocherait. Au lieu de préparer leur départ du pouvoir, Faure Gnassingbé et ses complices cherchent à faire peur. Des avocats furent envoyés pour représenter celui qui n´est plus un citoyen ordinaire, mais le nouveau Président démocratiquement élu de la République togolaise.

Deuxième convocation pour aujourd´hui jeudi, 09 avril 2020. Naturellement le Président élu ne peut pas se rabaisser ainsi devant ceux qui ont toujours perdu les élections présidentielles au Togo, et surtout celles du 22 février où leur champion fut battu à plate couture. Mais pour rester dans la légalité, il se fait représenter par des avocats. Mais bien avant l´heure du rendez-vous Faure Gnassingbé fait envoyer toute une armada militaire chez lui pour d´abord terroriser le voisinage, et faire peur au Président Agbéyomé et au prélat Monseigneur Kpodzro; car il a oublié que les deux personnalités, assurées de la justesse de la cause pour laquelle elles se battent, respirent la sérénité. Cherche-t-il à faire arrêter l´élu du peuple pour continuer à règner sur le Togo par la force? En tout cas ce n´est pas la première fois que des éléments des forces de l´ordre et de défense se déploient devant le domicile de Dr Messan Agbéyomé Kodjo. Mais cette fois-ci ils étaient arrivés avec de gros engins de guerre.

Tout ce déploiement, tous ces soldats ou policiers, tout ce carburant pour les gros engins militaires, c´est beaucoup d´argent du contribuable togolais qui s´en va inutilement, parce que tout simplement il y a quelqu´un à la présidence de la République qui se croit le Dieu du Togo, qui se croit assis sur un héritage familial et qui est prêt à marcher sur beaucoup de cadavres de ses concitoyens pour monarchiser notre pays. Serait-il d´ailleurs à son premier essai? Non. hélas! Qui a oublié 2005? Que c´est stupide de chercher à compliquer ce qui ne l´est pas. À côté chez nos voisins, l´alternance est entrée dans les habitudes et les anciens présidents dans ces pays-là font la fierté de leurs peuples. Pourquoi pas au Togo? Le fait que des barons soient envoyés par Faure Gnassingbé chez Agbéyomé Kodjo pour négocier ou pour le corrompre prouve à suffisance qu´ils savent pertinemment qu´ils ont largement perdu les élections du 22 février 2020. Mais c´est une grande insulte à l´intelligence du Togolais, si malgré leur impopularité, ils ne pensent qu ´à corrompre par l´argent pour ne pas devoir quitter le pouvoir.

La foule de Togolais et de Togolaises qui ont pris d´assaut les alentours du domicile du Président élu ont réussi faire déguerpir ce lourd déploiement militaire. Ces Togolais ont montré que Agbéyomé n´est pas seul, et que les populations ne laisseront plus ce régime continuer à compter sur la force pour forcer la main au droit. Faure Gnassingbé doit comprendre qu´il serait plus sage pour lui d´organiser tranquillement une passation de pouvoir au Président élu.

Décidément, cette fois-ci les éternels voleurs d´élections au Togo ont trouvé garçons!

Samari Tchadjobo
Allemagne

 

 

Faure Gnassingbé l’imposteur contre Agbéyomé Kodjo l’élu du peuple

 

Domicile d’Agbéyomé Kodjo encerclé, les jeunes barricadent la voie

Agbéyomé Kodjo est convoqué ce matin au Service Central des Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale. Mais la dynamique Mgr Kpodzro dénonce un acharnement contre le « président démocratiquement élu » et renvoie le régime à s’occuper de la pandémie.

Ce matin, des hommes en uniforme, lourdement armés, ont encerclé le domicile du président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD). Vont-ils l’emmener de force ? Difficile de le dire pour le moment. Mais les mouvements qui se font autour du domicile de Dr Kodjo semblent l’affirmer.

Plusieurs camions militaires, 4 jeeps, un auto-mitrailleur, un hélicoptère qui se promène dans le ciel au-dessus du quartier où réside Agbéyomé Kodjo, voilà donc le dispositif en place actuellement.

Face à cela, les jeunes ne veulent pas se laisser faire. Déjà, certains parmi eux ont commencé par bloquer des voies dans le quartier et brûlé les pneus.

Nous y reviendrons.

 

 

Domicile d’Agbéyomé Kodjo encerclé, les jeunes barricadent la voie

 

Le CHR Lomé-Commune ou la politique de courte vue d’un système semi-séculaire à bout de souffle

Le Centre hospitalier régional Lomé-Commune est le centre d’accueil par excellence par ce temps de coronavirus qui roule les mécaniques au Togo. Non content de sévir dans les autres pays du globe, ce virus à couronne continue de se propager en terre togolaise.

Prises au dépourvu, les autorités togolaises, elles, ont été bien obligées de se rabattre sur cette clinique construite dans les années 1920, mais qui est délaissée au fil du temps par les mêmes autorités. Aujourd’hui, elles jettent leurs dernières forces dans la bataille qui les oppose à cette pandémie, en dotant du mieux qu’elles peuvent un établissement sanitaire qui n’est jusqu’ici que l’ombre de lui-même. Résultat d’une gouvernance chaotique sur fond de mépris populaire.

Inconséquence politique

Depuis l’arrivée du coronavirus au Togo, le gouvernement est à pied d’œuvre pour faire traiter ce mal dans ledit centre. Jusque-là, personne n’aurait miser un kopeck sur ce centre laissé pour compte, mais il a fallu l’irruption de cette maladie dont les puissants en sont encore à chercher par quel bout le prendre, pour faire sortir les dirigeants de leur hibernation quant à l’équipement du centre hôte.

La triste réalité est que le centre qui a accueilli ses premiers patients avait tout d’un taudis : zéro dispositif de sécurité à l’entrée du bâtiment, aucune désinfection avant installation des malades, pas d’eau, l’état des toilettes et douches sont à vomir, des chambres, non climatisées, rares visites du personnel soignant, pas de glucomètre, pas de radio… S’il faut égrener les tares de ce centre rattaché en 1963 au Centre hospitalier universitaire de Tokoin (CHU-Tokoin), devenant ainsi son annexe, nous n’en finirions pas. Une levée de boucliers a suffi pour que les autorités commencent enfin à se grouiller. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir bénéficié d’un cadre digne de ce nom dans le temps, car pour être à la fois accueillant et confortable, le centre hospitalier régional de Lomé-Commune l’est. Avant que les choses n’empirassent, ses missions consistaient en l’accueil et traitement des malades, l’enseignement et la recherche en science de la santé.

Avec un plateau technique d’une capacité théorique de 150 lits, il disposait de soins préventifs, curatifs et promotionnels, et des divers services y sont effectués, de la médecine générale à la chirurgie, de la pédiatrie au service de rééducation fonctionnelle, pour ne citer qu’eux. C’est dire si cette structure a été plus ou moins opérationnelle sur au moins dix années. Beaucoup estiment que des analyses s’y font normalement et le traitement est des plus souples, soulageant en fait de dépense les citoyens qui peuvent au moins s’offrir ses services. Mais de tous ces acquis, il n’est resté qu’une épave. Ce virus aura eu au moins le mérite d’étaler la mauvaise foi et la mal gouvernance de nos autorités qui ont laissé pourrir cet établissement, alors même que les patients s’y font traiter. Aujourd’hui, on assiste à la rénovation du centre, mais que faisait l’Etat durant tout ce temps lorsque l’état de l’hôpital était sens dessus dessous, et où, fait surprenant, des citoyens s’y font traiter malgré la défectuosité du centré due à l’indifférence chronique des dirigeants ? Ces derniers seraient donc des moins que rien qui ne méritent pas qu’on en prenne soin ? Cet état de chose témoigne de l’inconséquence politique, marque de fabrique des Gnassingbé qui n’entrent pas en lice avant d’avoir vu le pire.

Logés à la même enseigne

Il va sans dire que la perspective d’un voyage à l’étranger ne sera guère plus possible pour nos chers dirigeants du moment qu’aucun voyage n’est plus permis. Pour un bobo, nos dirigeants n’hésitaient pas à se mettre à bord d’un avion pour aller se faire traiter à l’étranger, et encore aux frais du contribuable. Et pendant qu’ils s’adonnent à cette vadrouille malodorante, les hôpitaux souffrent d’un manque criard de matériel adéquat, corollaire de mort gratuite des pauvres citoyens qui paient le lourd tribut. Aujourd’hui, les donnes ont changé, et on se demande, à Dieu ne plaise, ce qu’il en serait si jamais les membres du gouvernement eux-mêmes sont atteints d’un mal grave. N’ayant rien fait en amont, où iront-ils se faire soigner, si ce n’est au pays qu’ils ont eux-mêmes si bien snobé ? Beaucoup se sont vantés de ne jamais se soigner au pays.

Ironie du sort, ils seront obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Dire que citoyens et dirigeants sont tous logés à la même enseigne est plus qu’une évidence. Et tel Claude Frollo suspendu sur l’abîme (Notre-Dama de Paris, Victor Hugo), les voilà qui se cramponnent à ce qui reste d’hôpital dans un pays où le système sanitaire n’a de santé que la coquille. C’est fort pitoyable que les autorités aient laissé les choses en arriver là. On ne peut trouver pire gouvernance en ce vingt-et-unième siècle

Source : Le Correcteur

 

 

Le CHR Lomé-Commune ou la politique de courte vue d’un système semi-séculaire à bout de souffle

 

Togo : Faure, des mots loin des maux. Le silence d’un discours…

Très attendu par l’opinion nationale et après de multiples appels dans ce sens, le président de la République Togolaise, Faure Gnassingbé a enfin parlé aux populations togolaises qui sont, faut-il le rappeler, sous une peur panique, se sentant désorientées et abandonnées par ceux qui sont censés les rassurer en cette période de crise sanitaire, la pandémie du COVOD-19. Mais de l’analyse de cette adresse à la Nation le 1er avril dernier, toute appréciation de cette sortie médiatique se résumera au « silence des mots » vu que ce discours manque crument de précisions et consistances sur des sujets qui demandent à être plus évoqués et mieux élucidés.

Après son discours à la Nation du 17 avril 2009 au cours duquel il a dénoncé une « tentative de coup d’état » impliquant son demi-frère, Kpatcha Gnassingbé, le Chef de l’Etat togolais qui ne parle en réalité que deux fois l’an (26 avril, veille de célébration de l’indépendance du Togo et 31 décembre, discours-vœu de nouvel an), s’est presque vu contraint de s’adresser ce 1er avril 2020 à son peuple qui d’ailleurs réclamait cela à cor et à cri en cette difficile période de lutte commune contre la pandémie du COVOD-19. Peut-être que ledit discours a été conçu dans une précipitation inouïe ce qui par moments, lui enlève son degré de consistances et de précisions, l’on ne saurait le dire, mais ce qui est constant, c’est que le discours du Président Faure est enfin effectif. Dès lors, l’on peut le scruter à volonté.

Ainsi, si sur la forme, il n’y a véritablement rien n’a signalé puisqu’on a tous suivi sur nos écrans un président au visage fermé dont les termes choisis du discours expriment peut-être ses sincères ressentiments face à une situation qui embarrasse tout type de régime politique sur tout l’Univers, sur le fond, l’on a au moins des choses qui méritent l’attention, mais attention, pas du fait de leur magnificence, mais de l’aspect très particulier de leur absence ou du silence des mots.

Les promesses du Président !

« La bataille pour venir à bout de la pandémie ne fait que commencer ». Cet extrait du discours peut vouloir traduire une certaine décision, un solide engagement de Mister Faure à œuvrer pour l’éradication de cette pandémie. D’ailleurs, il en a fait une promesse à la fin de son discours : « Je voudrais vous rassurer que cette bataille nous la mènerons et nous la gagnerons … ».

Dans la foulée, le président togolais a annoncé une foultitude de mesures : « Face à la pandémie, notre stratégie est d’intensifier la surveillance et les tests en laboratoire de sorte que les porteurs du virus puissent être rapidement identifiés et pris en charge de manière adéquate afin de rompre la chaîne de transmission. Pour démultiplier les dépistages, nous renforcerons le dispositif d’une part avec l’acquisition de tests rapides, et d’autre part avec des laboratoires mobiles à l’intérieur du pays. Le gouvernement a pris par ailleurs toutes les dispositions pour doter les personnels soignants qui sont au front de matériel de protection afin d’éviter qu’ils soient contaminés ». Or, pendant qu’il parlait, 04 praticiens hospitaliers ont été déjà contaminés.

Face à l’immensité de l’épreuve, le Chef de l’Etat a aussi annoncé une solidarité nationale pour aider les plus démunis, les plus faibles, les plus défavorisés. Il dit avoir instruit le Gouvernement d’étudier toutes les possibilités pouvant permettre de préserver au mieux l’activité économique des conséquences de la crise. Nous prendrons, dit-il, en relation avec les institutions de

l’Union économique et monétaire ouest africaine, des mesures pour soutenir les entreprises en particulier les PMI/PME affectées par les conséquences de la pandémie. Une attention particulière sera accordée à la situation de nos aux jeunes entrepreneurs qui viennent de lancer leurs activités, et ce, de manière courageuse.

Tout ceci est bien beau, c’est ce qu’on peut appeler les promesses du Président. Or, dans cette situation, les plus avertis sauront que les promesses du président de la République Togolaise sont des prophéties. Même si elles tardent, l’on doit toujours espérer sa réalisation. C’est une question de foi pour les croyants. Nous n’en voulons pour preuve la litanie de promesses éditée depuis son ascension à la magistrature suprême, entre autres, le Forum Présidentiel de la Jeunesse annoncé tambour battant en 2017 pour 2018, mais qui n’a jamais eu lieu ; la construction annoncée mais jamais réalisée des fermes avicoles dans la préfecture de l’Avé, à Badja notamment. Il y a cinq ans que la pose de la première pierre de ce projet a été faite en présence du Chef de l’Etat. La cerise sur le gâteau, c’est la construction de l’Hôpital Saint-Pérégrin dans de la préfecture d’Agoè. Un an après la pose de la première pierre, l’édifice peine à sortir de terre.

En conclusion, en ce qui concerne les promesses du président togolais, nul ne saurait quoi en faire en réalité. Car, la plupart des engagements de Faure Gnassingbé ne sont souvent pas honorés. C’est d’ailleurs pourquoi beaucoup ne croient plus en rien.

L’enfumage…

« Nous allons lancer dans les tout prochains jours un programme de transferts monétaires pour aider nos concitoyens qui seront les plus affectés par la crise et les mesures annoncées. Nous allons également rendre gratuits pour trois mois, l’eau et l’électricité pour les tranches sociales ».

Ces extraits du discours restent trop beaux. Beaucoup ont même applaudi le Chef de l’Etat. Plus tard, de manière plus posée, lorsqu’on leur explique les contours de ces deux mesures, dépités, ils s’adonnent à des jurons. « Le gars nous a bien eus ». C’était leur seule conclusion.

En effet, en aucun cas, le président togolais n’a annoncé que le gouvernement prendra en charge les factures d’eau et d’électricité contrairement à ce que beaucoup ont véhiculé à chaud au sein de la masse profane. Faure Gnassingbé a bel et bien précisé que la gratuité pour trois mois de l’eau et de l’électricité est juste pour les tranches sociales. En clair, cette mesure n’est qu’un effet d’annonce, point barre. La tranche sociale pour l’eau s’arrête à 10m3 et le prix du m3 à 190f, soit 1900 par compteur et pour trois mois, 5700f. Pour l’électricité, la tranche sociale est à 40kw pour 63f le kw, soit 2520 le mois, ou 7620 les trois mois. Et, explique M. Gerry Taama, il ne faut pas oublier que très peu de personnes ont des factures qui se limitent aux tranches sociales car les personnes en précarité habitent des maisons en location où les factures sont cumulées.

En résumé, cette annonce du Président n’a été qu’une pure communication, où il a tenté de faire miroiter à l’opinion un bonheur qui en réalité n’existait nulle part. Puis, par quelle alchimie ou par quelle formule de calcul mathématique, les concitoyens les plus affectés par la crise sanitaire seront-ils identifiés pour bénéficier dans les tous prochains jours un programme de transferts monétaires ? Aussi quel crédit doit-on accorder à cette annonce au moment où le Gouvernement maintient le prix du carburant à la pompe alors que le prix du baril de pétrole a considérablement chuté à l’international ? Voilà autant d’éléments qui font croire à de l’enfumage ou à un poisson d’avril encore que le discours a été tenu le 1er avril dernier.

Le silence d’un discours

De l’analyse du discours de Faure Gnassingbé, l’on ne peut qu’aujourd’hui croire à l’expression, « être ou mettre à côté de la plaque », car l’essentiel ici, est oublié. Car, l’opportunité de sa sortie médiatique devrait non seulement rassurer les populations togolaises sur les dispositions prises par le Gouvernement pour juguler les conséquences économiques de la crise sanitaire, mais aussi et surtout soulager le peuple quant aux « armes » données aux praticiens hospitaliers qui sont au front de la lutte pour gagner la bataille. Là, c’est la déception totale.

Tout au long de ce discours de 25 minutes du Président, seul un paragraphe est essentiellement consacré aux médecins : « Le gouvernement a pris par ailleurs toutes les dispositions pour doter les personnels soignants qui sont au front de matériel de protection afin d’éviter qu’ils soient contaminés. Et ceci se fera de manière continue tout au long de la bataille que nous menons ensemble contre le virus. Je voudrais ici rendre hommage aux personnels soignants pour les sacrifices et le dévouement dont ils font preuve en ces moments difficiles. Je comprends qu’il y ait eu des moments de doute et de frustration au début de cette crise. Mais je voudrais les rassurer que toutes les dispositions sont prises pour les accompagner dans leur délicate mission ». Encore des promesses du Président, n’est-ce pas ? Mais au-delà, les médecins avaient pour principale doléance, souhaiter que le centre hospitalier qui traite les patients atteints du virus, soit équipé de respirateurs artificiels, reconnus aujourd’hui dans le monde comme clés de voûte de la riposte contre la pandémie. Mais un seul mot n’a été dit par le président à ce sujet. Et c’est le ministre du commerce et non celui de la santé qui, plus tard, a déclaré sur une chaine de radio que 250 respirateurs ont été commandés et seront livrés dans les tout prochains jours. C’est une constance du Gouvernement togolais qui n’a jamais été précis sur des choses urgentes et qui toujours, remet tout dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire dans les tout prochains jours, or il y a urgence. C’est vrai que le Togo n’est ni la France ni les États-Unis. Mais quand les dirigeants de ces pays parlent à leur peuple, ils sont précis et concis. Dans deux semaines ou trois, on fera ci, on fera ça.

Aussi, pour inciter les médecins à se dépasser en ces temps difficiles, l’État devrait leur octroyer une prime particulière vu qu’au-delà des heures supplémentaires, ils soignent au péril de leur vie.

Sur d’autres sujets, voici ce que dit Gerry Taama : « Je regrette que le Gouvernement n’ait pas pris des mesures pour rendre plus disponibles les masques. Aujourd’hui, il est établi qu’ils sont une étape importante dans la lutte contre la pandémie. Je déplore aussi qu’on n’opte pas dès à présent sur les tests de masse. Il ne faut pas attendre de présenter les symptômes avant de se faire tester. A ce moment, vous avez déjà contaminé plusieurs personnes… je constate que la communication (téléphonie et internet) n’a pas été prise en compte. Or, plus les gens restent à la maison, plus ils communiquent. Mais les opérateurs peuvent aussi participer à l’effort de guerre en proposant des tarifs attrayant. Curieux ».

Pour renchérir, M. Binafame, cadre des FDR se pose une série de questions. Que prévoit le Chef de l’Etat pour les Togolais qui sont contraints au chômage. Je pense notamment aux milliers de personnes qui servent dans les restaurants et les bars qui ont été fermés. Que prévoit le Président Faure pour les milliers de femmes revendeuses de nourriture dans les écoles et universités et qui ont vu leurs activités génératrices de revenus brusquement arrêtées ? Rien. Concernant l’électricité, qu’est ce qui est prévu pour les millions de Togolais qui ont des compteurs prépayés (cash power)? Ici aussi, rien, déplore M. Binafame.

Pour tout conclure, certes, le Chef de l’Etat a parlé, mais il a oublié de dire. Il n’est jamais tard pour mieux faire. Faure Gnassingbé peut encore corriger le tir. Car pour l’heure, ce ne sont que des mots, rien que des mots, loin de réels maux qui agacent et assomment les Togolais dans leur quotidien rendu encore plus difficile par la crise sanitaire. Voilà tout le mal-être intérieur des populations togolaises en face d’un discours muet, un discours du silence de leur cher Président.

Sylvestre Beni

Source : La Manchette

 

 

Togo : Faure, des mots loin des maux. Le silence d’un discours…

 

La dynamique Kpodzro dénonce un acharnement du régime contre Dr Kodjo

La deuxième convocation d’Agbéyomé Kodjo, ce jeudi matin à la gendarmerie, fait grincer des dents à la dynamique Kpodzro. Hier en conférence de presse, l’Archevêque émérite de Lomé et ses collaborateurs ont dénoncé un « acharnement » du régime contre le « président démocratiquement élu ».

Le député Agbéyomé Kodjo accusé par l’Etat de troubles aggravés à l’ordre public, de diffusions de fausses nouvelles, de dénonciation calomnieuse et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, n’est pas encore sorti de l’auberge.

Le député qui n’a plus son immunité parlementaire est actuellement dans le viseur du régime. Et ceci, pour avoir contesté les résultats définitifs de la présidentielle du 22 février dernier. L’ancien Premier ministre s’est même autoproclamé « président démocratiquement élu de la République togolaise », bien avant la proclamation provisoire et définitive des résultats dudit scrutin.

Après la convocation du 1er avril, il est de nouveau convoqué ce jeudi matin au Service Central des Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) pour être écouté. Seulement, cette nouvelle convocation n’est pas du goût de la dynamique Kpodzro.

Hier mercredi devant la presse à Lomé, l’archevêque émérite de Lomé, Mgr Kpodzro et ses collaborateurs ont dénoncé un harcèlement du régime vis-à-vis de leur champion, Dr Kodjo.

« Pourquoi une seconde convocation alors que la première fois, les avocats du président Agbéyomé Kodjo ont bien signifié au SCRIC et au Procureur de la République, preuve à l’appui, que leur client est en mauvais état de santé et ne pouvait pas se présenter personnellement. Au lieu de reprendre contact avec les avocats, si suite devrait être donnée au dossier, le SCRIC envoie une nouvelle convocation », a dénoncé la dynamique.

Mgr Kpodzro et sa dynamique s’insurgent contre cet acharnement judiciaire et conseillent au régime de s’occuper plutôt de la crise sanitaire qui secoue actuellement le pays. Ils demandent également au peuple de faire échec à ce projet machiavélique visant à éliminer l’adversaire politique.

Rappelons que Dr Kodjo devrait se présenter ce jeudi à 9h au SCRIC à Lomé.

Godfrey A.

 

 

La dynamique Kpodzro dénonce un acharnement du régime contre Dr Kodjo

 

Covid-19, Togo : État d’urgence ou l’amorce d’une Crise foudroyante

La nouvelle épidémie de coronavirus (COVID-19) continue ses ravages de par le monde. Environ un million (1 000 000) de personnes sont contaminées par le virus et l’on compte à ce jour plus de soixante et cinq mille (65 000) décès. La menace pèse de plus en plus sur les pays africains qui se doivent de prendre des mesures conséquentes pour éviter une crise sanitaire de grande envergure.

Dans l’optique de la riposte contre la pandémie, de nombreux gouvernements en Afrique ont pris des mesures drastiques et des dispositions hors du commun. Certains Etats (Nigeria, Afrique du Sud, Zimbabwe,…) ont jugé bon de mettre en œuvre une mesure de confinement obligatoire comme celle appliquée en Europe. Cette disposition est incontestablement la meilleure mesure préventive. Mais pour les analystes, le confinement absolu ne peut être appliqué en Afrique en raison du modèle économique dominant. L’économiste togolais Thomas Koumou a confié récemment que l’Afrique n’a pas les moyens de se soumettre à un confinement total. Le Président béninois Patrice Talon a été également clair sur l’impossibilité matérielle de confiner sa population.

Au Togo, de nombreuses mesures ont été prises pour limiter la propagation du virus. Les mesures récentes concernent l’instauration d’un couvre-feu et la prise de certaines dispositions pour éviter aux PME de crouler sous l’effet de la crise sanitaire. Dans le domaine du transport, l’on note également des mesures restreignant le nombre de passagers à bord des engins.

Toutefois, cette mesure comme d’autres d’ailleurs, crée plus de frustration et de mécontentement dans la population. Dans un communiqué récent, le Ministre des Infrastructures et des Transport ainsi que le Ministre de la sécurité et de la protection civile annonçaient l’interdiction formelle aux conducteurs des engins à deux roues et aux tricycles de transporter des personnes. Cette mesure, censée lutter contre la pandémie fait de nombreux togolais des chômeurs. La tension couvait dans les rangs des conducteurs de taxis moto quand la décision a été retirée in extremis.

Les taxis-moto qui pullulent çà et là à travers le pays risquent de se retrouver dans une situation critique si cette mesure était maintenue. Nourrir leur famille deviendrait alors un parcours de combattant pour ces valeureux chefs de famille qui déjà s’en sortaient difficilement.

Pis, la mesure du couvre-feu empêche de nombreuses revendeuses d’exposer leurs produits le soir venu comme d’habitude. En clair, pour une famille où le père travaille comme taxi-moto et la mère revendeuse, avec ces mesures, c’est un désastre qui s’annonce.

Il leur est alors quasi impossible de subvenir aux besoins de leurs familles. Les mesures du gouvernement togolais que certains jugent de complètement irréfléchi sont donc, selon les observateurs à revoir.

Le fond de 400 milliards de FCFA annoncé par le chef de l’Etat semble être la solution à cette crise économique qui s’annonce ; mais cela semble illusoire. Peu importe le pourcentage qui sera alloué aux ménages, il faut être dupe pour croire qu’il est possible de mettre en place un mécanisme permettant de venir en aide à tous ménages en situation précaire durant les trois mois à venir. Ceci relève de l’utopie. Surtout que dans l’entendement du togolais lambda la distribution de ces fonds se ferai dans une opération de calcul où chaque ménage ou chaque togolais ira toucher sa quote-part.

A défaut de pouvoir vaquer à leurs occupations et poursuivre leurs activités, des emplois précaires à l’origine, le peuple gémit.

Respecter les consignes annoncées par le gouvernement et mourir de faim ou poursuivre normalement ses activités au risque de contracter le virus ; le dilemme est de taille. L’étau se resserre sur le peuple.

La crise sanitaire actuelle est sans précédent et ces conséquences sont énormes.

Si en Afrique la gravité du fléau ne se ressent pas encore, la crise économique qu’il engendre a déjà ses effets. Il urge donc pour les gouvernants de mettre en œuvre un programme réaliste incluant toutes les couches sociales et surtout les plus démunis qui représentent la majorité de la population. Une telle disposition est nécessaire pour éviter la crise sanitaire et la crise économique qui l’accompagne.

Source : Independantexpress.net

 

 

Covid-19, Togo : État d’urgence ou l’amorce d’une Crise foudroyante

 

Togo : Les crisogènes veulent encore « tuer » Faure

Les jours passent et les années trépassent, mais le régime togolais n’a cure de changer ses attitudes de prédation des libertés individuelles et collectives pour la conservation du pouvoir. De 2005 à 2020, soit 15 années de surplace, il faut plutôt convenir que tout n’a été que du déjà-vu dans une cité où les metteurs en scène du déluge et de la crise sont plus que jaloux de leur rôle. Ils en savourent tellement et aiment continuellement remettre l’ouvrage sur le métier. Mais le hic, est que se faisant, ils font autant mal à eux-mêmes et à leur patron qu’au reste de la population.

Dans une précédente parution, le journal La Manchette rappelait que dans l’histoire de la gouvernance du père au fils, tout choix du Président par la voie des urnes, a toujours été source de contestations, souvent empreinte à de violences et autres violations des droits de l’homme, sans oublier des personnes exilées et des morts, (une tendance en baisse). Cependant, à la fin, qu’il soit Gnassingbé Eyadema ou Faure Gnassingbé, ils arrivent toujours à occuper le fauteuil présidentiel au travers d’une victoire huée et dénoncée par leurs adversaires. Ainsi, ils ont certes la légalité, mais se sont toujours battus pour leur légitimité, parce qu’ils ne font pas l’unanimité. Pis, la succession de certains évènements connus lors de leur gouvernance déteint toujours sur leurs mandats. « Un bien mal acquis, ne profite jamais ». L’humoriste français André Pierre Dac ne croyait pas si bien dire.

Genèse de la misère présidentielle

Dans les saintes écritures, tant qu’il est temps d’enfiler le costume des hommes de bien, l’on pourra volontiers rappeler qu’il est déconseillé à l’humanité de recourir au mal pour s’offrir une existence. « Fuyez le mal, pour ne pas participez à votre autodestruction dit-on souvent. Le Togo de 2005 en est une illustration parfaite. Ne demandez surtout pas où se trouvent Kpatcha Gnassingbé, le général Tidjani ou encore le capitaine Dontéma car, l’histoire pourra se moquer de vous. Ce que tu fais, te fais. C’est ça qui est la vérité.

En effet, dans le déroulé des faits saisissants qui tracent l’histoire politique de la nation togolaise, l’on pourra bien retenir que bien d’évènements ont toujours fait ombrage à une réelle jouissance du pouvoir pour tous ceux qui s’estiment toujours gagnants de toutes les compétitions électorales.

En 2005, Faure Gnassingbé est contesté pour usurpation d’un pouvoir qu’il a du mal à exercer tant les douloureux évènements qui ont pavoisé sa montée à la magistrature suprême lui sont à chaque fois rappelés à la moindre incartade. D’ailleurs, jusqu’aux élections législatives de 2007 qui ont marqué un temps d’accalmie après les douleurs et autres frustrations de 2005, parler de la gouvernance ou du mandat de Faure Gnassingbé revient à ne parler que des morts de 2005. Une présidence qui n’est identifiée que dans l’évocation des personnes décédées et de la prise du pouvoir à la hussarde en 2005. Quel plaisir peut en tirer un président au pouvoir si sa victoire aux élections et sa gouvernance ne peuvent être appréciées qu’en fonction du sang versé de ses concitoyens ? Car à chaque fois, le parallèle est fait entre sa victoire et les personnes disparues.

Bis repetita…

Passée la période de 2005, un autre fait politique fit longtemps ombrage à la gouvernance de Faure. Il s’agit de l’arrestation en 2009 de son demi-frère, Luc Kpatcha Gnassingbé, faiseur de roi en 2005 qui plus tard, est accusé de fomenter un coup d’état contre le même « roi » qu’il a contribué à introniser : « J’ai demandé aux officiers à l’époque de faire allégeance à mon frère le président. Ça, je le reconnais », avait-il déclaré.

Avant la présidentielle de 2010, l’arrestation du député Kpatcha, a été le sujet politique qui a marqué les dernières heures du premier quinquennat de Faure Gnassingbé. Même lors des campagnes électorales de 2010, le sujet revenait, quasiment sur toutes les lèvres.

En 2011, le procès contre Kpatcha et ses co-accusés dont le tout-puissant général Tidjani condamnés jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle avec déchéance civique et confiscation générale des biens, a tellement eu d’impacts négatifs sur la gouvernance de M. Faure. Mais l’ancrage même de la division au sein du régime a été scellé dans la rocambolesque affaire de montre Rolex orchestrée par un émirati Abass Yousef. Une histoire qui coûta la déchéance de Pascal Bodjona, le numéro 2 du régime.

D’une simple affaire de droits communs, ce dossier est devenu une affaire politique, une affaire d’État, Pascal Bodjona et un autre ponte du régime, Agba Bertin firent la prison. Un dossier qui a rajouté une couche noire sur la présidence de Faure qui n’existait qu’à travers le rappel de ces évènements.

En 2013, avant que Pascal Bodjona ne connaisse sa seconde incarcération en 2014, des incendies de grande ampleur ont ravagé les deux grands marchés de Lomé et de Kara. Des jours plus tard, une trentaine de personnes, dont des opposants au régime, Agbéyomé Kodjo, Gérard Adja, etc. ont été inculpés et écroués. Étienne Yakanou, président d’une section locale de l’ANC, est même décédé lors de sa détention. L’opposition, quant à elle, se défendait en citant des membres du régime comme étant les principaux pyromanes.

C’est dans cette ambiance assez surchauffée que s’est organisée la présidentielle de 2015. Un scrutin qui, tout comme les précédents, a souffert de transparence et de crédibilité d’après plusieurs Togolais. Mais comme en 2007, la relative accalmie observée en 2015 n’a été que de courte durée plus que 2 années plus tard, soit en 2017, la surprise révolte populaire impulsée par Tikpi Atchadam, le président du PNP a failli emporter le régime. Le pouvoir de Faure Gnassingbé a sérieusement vacillé faisant une de ses peurs à tous les barons de la dynastie. Du semblant de dialogue politique en 2018 au cafouillage lors des élections législatives et des locales en 2019, il a fallu attendre la présidentielle de 2020 avant que le régime ne retrouve ses sensations d’antan : « Un coup K-O » dira-ton. Mais depuis la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles de 2020, ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler « l’affaire Agbeyomé Kodjo»risque de faire à nouveau ombrage à la gouvernance du Président Faure.

En effet, vu l’évolution de la situation politique actuelle, il ne serait pas du tout exagéré de considérer que tous les mandats de Faure Gnassingbé risquent d’être sous tutelle des faits qui enlèvent au président de la République, une réelle jouissance de son quinquennat en tant que celui à qui, le peuple togolais aurait confié la mission d’agir en son nom. 2005, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2020, l’histoire risque de se répéter à cause des agitations des crisogènes qui gravitent autour du Président Faure et qui comme toujours, tuent les mandats de leur maître de par leur imprudence et surtout leurs attitudes belliqueuses.

Quel plaisir peut en tirer un Chef d’État au pouvoir si sa gouvernance doit toujours heurter des faits politiques qui lui enlèvent toute posture de rester zen ? La question demeure…

Xavier Agbeve

Source : La Manchette

 

 

Togo : Les crisogènes veulent encore « tuer » Faure

 

Covid-19 au Togo, les limites de la riposte : ILS ONT DISPARU DES RADARS !

La gestion de pandémie de Covid-19 est un impérative de l’heure pour les autorités togolaises. Des mesures annoncées çà et là par le gouvernement togolais et le Chef de l’Etat en particulier ne sont jusqu’à présent à la hauteur d’une riposte efficace de cette crise sanitaire. Cependant, il est à remarquer que la quasi-totalité des initiatives visant à enrayer cette pandémie viennent seulement du sommet de l’Etat. Force est de constater que les structures étatiques sont curieusement sombrées dans un mutisme, une inaction totale. Des structures étatiques, des ministères clés liés à la population qui avant la pandémie du siècle, vantaient leurs actions, en cette crise c’est l’heure de prouver l’efficacité des leurs différentes actions au service de la population togolaise.

C’est désormais une bataille ouverte de tous les pays du monde entier contre le Covid-19 et le Togo n’est pas du reste. De part les pays touchés par ce virus, la riposte est une affaire nationale qui engage tout citoyen mais surtout toutes les structures étatiques qui ne cessent de prendre des initiatives et mesures à l’endroit de leur population dans l’unique but de venir au secours celle-ci en cette période difficile. Mais au Togo, toutes les mesures sont concentrées au sommet de l’Etat ; les ministères qui sont directement interpellés pour voler au secours de la population touchée par les effets économiques de la gestion de cette crise sanitaire aux lourdes conséquences économiques, sont tous portés disparus. Ils ne font que se greffer à ces quelques mesures prises par le chef de l’Etat. Pourtant les ministres de tutelle n’ont jamais cessé de clamer leurs actions qu’ils jugent au profit de la population togolaise, sinon des couches les plus défavorisées.

C’est à des périodes de crise comme celle-ci que l’on jauge en réalité de la compétente de ceux qui ont en main la gestion de l’appareil d’Etat. Et sur ce coup, les autorités togolaises brillent pour le moment par des mesures rendues inefficaces par des accompagnements qui jusqu’alors ne sont pas à la hauteur des dégâts que causent cette pandémie à la population sur le plan économique.

Par exemple on semble semer dans l’opinion que l’électricité et l’eau seront gratuites durant cette période d’urgence sanitaire. Même si plusieurs pays l’ont fait, il n’en est rien de tout cela au Togo, c’est juste une partie de ces frais qui sera prise en charge par l’Etat.

Bref, aucune des mesures sociales annoncées par le Chef de l’Etat lors de son discours du 1er avril dernier n’est encore effective. Si l’on note un réel engagement à la tête du pays, des ministères clés qui doivent en réalité s’investir dans ce combat sont inexistants sur le front. Cependant le Togo est un pays disposant des structures étatiques y compris les ministères. C’est l’heure où la population a le plus besoin de ces structures.

L’un des ministères directement interpellés dans la lutte contre Covid-19 est celui de l’Action sociale, de la promotion de la femme et de l’alphabétisation. Et justement c’est l’heure plus que jamais du volet social. Ce ministère dirigé par Mme Léa Tchabinandi Kolani a pour prérogative de veiller à la protection des personnes âgées, la protection et la promotion des personnes handicapées et la prise en charge des réfugiés et des personnes déplacées internes. En ces temps-ci où toutes les activités économiques sont à terre, ces personnes nécessitent une aide conséquente de la part du gouvernement. Et c’est en cela la ministre est interpellée pour montrer ses compétences ou mieux encore poser des actes concrets au bénéfice de la population en particulier les femmes, les orphelins, les vieillards, les sans-abris, bref les couches vulnérables. C’est en cela que l’on pourrait mesurer l’importance de son ministère. Mais la ministre a disparu depuis que le pays est parti en guerre contre, selon les mots du locataire de la Maison Blanche, le Virus chinois. C’est l’heure de se réveiller de son profond sommeil.

L’autre ministère qui a tant fait du bling bling il y a de cela quelques mois avant que Covid-19 ne dicte sa loi, est le ministère de l’agriculture. Avec son Ministre Koutéra Noël BATAKA, pas mal d’initiatives ont été entreprises et vantées ; TELEFOOD et tant d’autres. A l’heure actuelle de crise sanitaire avec grande répercussion sur la population, ce ministère devrait s’activer sur le terrain en coordination avec l’ANSAT pour mettre à la disposition de la population des vivres, des produits alimentaires de première nécessité.

Ailleurs cela a été fait et beaucoup de pays africains se préparent encore pour mettre gratuitement des vivres à la disposition de leurs populations. Ce n’est pas de mer à boire, le Togo peut également le faire. Et c’est à ce ministère de porter cette initiative. Paradoxe, l’ANSAT a plutôt mis sur le marché des produits à prix normal comme si de rien n’était. Le ministère dont on a clamé tant les compétentes, c’est le moment de faire ses preuves.

De l’autre côté le Ministère du développement à la base, de l’artisanat et de la jeunesse n’est non plus épargné par cette crise sanitaire. En réalité, ce ministère devrait être au chevet de la population de base. C’est lieu de jauger de l’efficacité de ses multiples programmes aux multiples dénominations présentés comme pour servir le développement à la base. Mais hélas, la réalité sur le terrain montre que ce projet est inefficace et en ces temps de crise ce ministère doit en réalité porter des projets innovants dans le but de soulager la population. Ce qui n’est pas fait. Victoire Dogbé a aussi disparu des radars avec ses fameux restaurants communautaires.

Enfin, priorité oblige, c’est le moment pour le secrétariat d’Etat auprès de la présidence de la république chargé de l’inclusion financière et du secteur informel de mettre en exécution le fameux transfert monétaire avec l’histoire de finance inclusive FNFI. A ce jour, aucun chiffre ne permet d’accompagner le secteur informel dont elle à la charge, aucun algorithme cohérent, ce qui rend très complexe la tâche d’accompagnement.

Depuis le discours du Chef d l’Etat parlant du transfert monétaire aux plus vulnérables, elle reste aussi absente sur le terrain. Cela démontre le niveau d’improvisation dans lequel les structures d’état, notamment les ministères végètent : incapables de servir quand il faut et où il faut. Assih Mazamaesso est introuvable en cette période de riposte contre la pandémie.

Comme on peut le constater, tous ces ministères sont restés sans action dans la lutte contre cette pandémie. Au moment où le peuple a le plus besoin de ces ministres, ils se sont portés disparus. C’est le silence radio. Cet état de fait prête le flanc à ceux qui pensent que ces ministres ne sont pas aussi compétents comme on le clame souvent.

Source : independantexpress.net

 

 

Covid-19 au Togo, les limites de la riposte : ILS ONT DISPARU DES RADARS !

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