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Agbéyomé vs Gnassingbé, l’armée, la haine et la justice

Une troisième et « ultime » convocation a été adressée à Agbéyomé Kodjo par la gendarmerie depuis la présidentielle de février pour laquelle il a annoncé sa victoire. Si l’intéressé pourrait, comme pour les deux précédentes boycotter cette « invitation », ses avocats déplacent le combat sur le terrain judiciaire. Même si des révélations font cas de ce que l’obstination du président sortant à jeter son challenger en prison soit motivée essentiellement par la peur que les franges tribalo-hostiles de l’armée ne profitent de l’occasion. Qu’en est-il de tout cela? Eléments de réponse avec Afrika Stratégies France.

Un peu épuisé, Agbéyomé Kodjo se reposait encore quand, le 16 avril, des huissiers et gendarmes en civil lui notifient une convocation, ou plutôt, « invitation » comme le stipule le service spécial de la gendarmerie qui est à ses trousses. Depuis la présidentielle que tout porte croire qu’il a gagnée, c’est sa troisième invitation, avec, soulignée en marqueur la mention « ultime convocation« . Le « président élu » entame des consultations, échange avec son collège de conseillers juridiques et d’avocats. Mais jusqu’à la publication de cet article, il n’a rien laissé transparaître de ses intensions, de s’y rendre ou non. Sauf que, comme nous l’avions écrit dans un papier précédent, il était évident que « la trêve ou le répit était de courte durée » car, au-delà de la haine personnelle que lui voue Faure Gnassingbé, ce qu’il convient d’appeler Agbéyomégate crée des remous dans l’armée. Ses soutiens supposés sont taxés d’être à la manœuvre de quelque chose, ses rares détracteurs dans un corps qui aurait voté majoritairement pour lui font mine de tout zèle et pendant ce temps, le président sortant craint que cette situation ne vienne créer une crispation. D’autant que si l’armée togolaise, qui s’est illustrée à travers des massacres et féroces répressions, est son principal soutien au pouvoir, Faure Gnassingbé gère un « agacement des kabyè, (ethnie du chef de l’Etat, Ndlr) » qui sont majoritaires dans la grande muette et ne supporte plus la montée en force des losso, ethnie proche. Cette guéguerre s’est accentuée depuis que les principaux postes de commandement sont tombés aux mains de l’ethnie d’un autre influent ministre, Gilbert Bawara. Une situation qui sonne d’incandescence les tensions internes. Mais en attendant, le combat commence sur le terrain juridique.

Une guerre juridique

« Je ne me sens pas trop concerné par ces affaires d’immunité » commence, l’air convaincu, Agbéyomé Kodjo. « Je suis élu chef de l’Etat, avec une immunité pus importante, à ce niveau là » esquisse celui qui est, officiellement, arrivé en 2e. S’il est confiant, c’est aussi à cause du travail que font ses avocats de jour comme de nuit. Dans un pompeux argumentaire parvenu à notre rédaction, ils dénoncent avoir été privés d’accès « à une clé Usb » au nom du principe du contradictoire, que le Procureur de la République a envoyée à leur client et qui contiendrait les charges qui justifieraient les poursuites engagées contre leur client.

« Il peut se défendre sans cette clé car ses avocats sont au courant des charges qui pèsent sur lui » justifie-t-on au cabinet de la présidente du parlement, une belle dame dont la presse locale dit que « le charme n’a pas laissé indifférent le chef de l’Etat« . Ca c’est une autre affaire. Toujours est-il que dans le camp Kodjo, on s’étonne que l’assignation introductive d’instance signifiée à l’assemblée nationale pendant devant les tribunaux a pour effet de suspendre la résolution portant levée des immunités de Monsieur KODJO, et que malgré cela le Ministère public continue d’entretenir le ballet des huissiers au domicile de l’homme de Tokpli. Des sources concordantes fuitent, que Yawa Tsegan Djigbodi ne se présentera pas. Normalement, la procédure doit être, dans ce cas, suspendue en attendant le sort du recours le 28 avril. Si d’aventure le Tribunal donnait raison à Mr KODJO il faut attendre la prochaine session parlementaire pour remettre l’ouvrage à la tache si tant est que la haine de poursuivre Mr KODJO pour des faits de campagne et de revendication de sa victoire n’est pas enterrée. Personne ne comprend donc que, malgré le rendez-vous du 28, les convocations continuent à atterrir chez Kodjo, violant tous les principes du « préalable pourtant « élémentaire ! » dans toute procédure judiciaire s’emporte un conseiller juridique. Mais c’est sans compter avec l’impatience de Faure Gnassingbé à prendre sa revanche personnelle, résidus des intarissables haines qu’il voue à son challenger. Mais au cœur de tout ça, plane l’ombre en bérets, de l’armée togolaise.

Considéré comme l’obélisque du système de pouvoir du président sortant, il craint que l’affaire Agbéyomé ne fasse des vagues au sein de sa machine à biceps.

Une haine personnelle

« Entre Agbéyomé et Faure, c’est avant tout une question de méfiance et de complexe » analyse un ministre en fonction. Selon lui, Faure Gnassingbé sent permanemment l’ex allié de son père comme une menace. D’ailleurs, alors qu’à la mort du père, l’ex dictateur Gnassingbé Eyadema, celui qui aura été plus de deux ans son Premier ministre rentre de l’exile français, il a été arrêté, humilié puis acheminé en prison. N’eut été l’intervention de Chirac, de Omar Bongo, Alpha Konaré Président en exercice de l’Union Africaine, et du nonce apostolique, il aurait passé, à Kara, fief du régime, plus que les huit semaines de purgatoire. Il faut rappeler que Mr KODJO fut brutalement arrêté et jeté en prison pendant 40 jours dans l’affaire des incendies qui ont consumé les marchés de Kara et de Lomé et considéré comme cerveau de cette action criminelle avant d’être blanchi. Depuis, le président le tient à l’œil. Pour les uns, Faure Gnassingbé craint « qu’un excès d’expériences et de compétences » ne lui fasse ombrage, pour les autres, il n’a jamais digéré « le fait que Premier ministre, Agbéyomé ne l’ait jamais pris au sérieux » selon les anecdotes de l’une de ses maitresses. Car célibataire à 54 ans, le président enchaîne aventures et coups d’occasions, créant ainsi un truculent gynécée dont la chaine enregistre chaque jour, de nouveaux « maillonnes », pardon, maillons. Passons ! Faure Gnassingbé n’a d’ailleurs jamais manqué aucune occasion d’humilier et de mépriser l’ancien président de l’assemblée nationale. Désormais, le souffre de ce désamour embaume une justice qui est, en bonne épicerie berbère, à la solde du clan dirigeant.

Mais jusqu’où ira ce bras de fer ? L’Eglise catholique dont Faure Gnassingbé tient en aversion les dignitaires qu’il a d’ailleurs contournés pour se rendre, avec un malicieux coup de pousse du Nonce apostolique, fin avril 2019 au Vatican et les chancelleries prônent la conciliation. Mais le président dont l’égo ne se nourrit que de victoires remportées et qui jouit en jetant son frère, Kpatcha Gnassingbé, et son ex bras droit, Pascal Bodjona en prison, ne l’entend pas de cette oreille.


MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France

 

 

Agbéyomé vs Gnassingbé, l’armée, la haine et la justice

 

Ghana : Comment le Groupe de la Banque mondiale a amené le secteur pétrogazier au bord du gouffre

Avant 2010, date du début de l’exploitation des premiers gisements de pétrole et du gaz au Ghana, beaucoup d’espoirs étaient placés dans le développement de ces ressources, tant pour l’amélioration des performances économiques que pour l’augmentation de la qualité de vie. Mais 10 ans plus tard, le gaz est rapidement devenu un boulet fiscal au cœur d’un endettement massif du secteur énergétique. Dans un document publié le 7 avril dernier, l’organisation Bretton Woods Project (BWP), qui agit comme réseauteur et lanceur d’alerte, accuse le Groupe de la Banque mondiale d’avoir asphyxié le secteur énergétique ghanéen avec une dette colossale et des programmes de développement du secteur qui fragilisent l’Etat.

Des clauses de contrat particulièrement dangereuses

Le projet gazier offshore de Sankofa, un partenariat public-privé (PPP) phare soutenu par la Banque mondiale au Ghana, avec une garantie de 1,2 milliard de dollars est la preuve de ce « complot » contre le Ghana, accuse le BWP. Le projet est entré en production en juillet 2018 avec une capacité prévue de 180 millions de pieds cubes de gaz par jour, pendant au moins 15 ans.

En vertu d’une clause basée sur le mécanisme du Take or Pay, signée sous l’égide de la Banque mondiale, entre Accra et l’ensemble des parties prenantes, l’Etat ghanéen est contraint de racheter 90% de la production du site, qu’il soit capable de l’utiliser ou non. Mais entre la date du début de l’exploitation du site et fin 2019, la production a fait face à une faible demande interne et à un retard dans la réalisation des infrastructures associées, nécessaires à l’extraction du combustible. Par conséquent, au terme de l’année dernière, le Ghana a payé 250 millions de dollars pour du gaz inutilisé. Et vu le contexte actuel, le pays devrait à nouveau verser la même somme aux producteurs du site, car les installations d’extraction du gaz ne sont toujours pas livrées.

Au terme de l’année dernière, le Ghana a payé 250 millions de dollars pour du gaz inutilisé. Et vu le contexte actuel, le pays devrait à nouveau verser la même somme aux producteurs du site, car les installations d’extraction du gaz ne sont toujours pas livrées.

Déjà, en 2015, les termes du contrat de Sankofa avaient été critiqués par les organisations de la société civile ghanéenne. Elles jugeaient les clauses du contrat défavorables et avaient mené, pendant plusieurs mois, des campagnes à l’endroit de l’Etat afin que des avenants y soient apportés. Mais rien n’y fit. Selon un communiqué datant de l’époque, les responsables de la société civile déclaraient : « Nous exprimons notre inquiétude quant aux risques que la Banque mondiale promeuve les PPP dans les pays en développement ».

Selon un communiqué datant de l’époque, les responsables de la société civile déclaraient : « nous exprimons notre inquiétude quant aux risques que la Banque mondiale promeuve les PPP dans les pays en développement ».

La charge fiscale du gaz au Ghana ne se limite pas aux conditions défavorables du contrat de Sankofa, poursuit le lanceur d’alerte. Grâce à une stratégie élaborée avec l’appui de la Banque, le gouvernement ghanéen a signé des accords d’achat d’électricité à long terme avec des producteurs privés d’électricité en 2015, pour un total de 2300 MW. Selon les termes de cet accord, cette capacité sera achetée, même si la demande ne suit pas. Conclusion ? Le Trésor s’est retrouvé avec une facture annuelle d’environ 500 millions de dollars pour l’électricité non utilisée.

Conclusion ? Le Trésor s’est retrouvé avec une facture annuelle d’environ 500 millions de dollars pour l’électricité non utilisée.

Dans un document de la Banque mondiale obtenu par le BWP, on lit que : « le Groupe de la Banque mondiale a environ 2 milliards de dollars d’exposition dans le secteur énergétique du Ghana. Une dette presque exclusivement liée à l’infrastructure pétrolière et gazière du pays ». A côté de ça, le pays doit verser près de 750 millions de dollars pour du gaz et de l’électricité qu’il ne consomme pas. Ceci, sans compter les frais liés au traitement de la dette contractée par la société publique du pétrole (GNPC) pour assurer sa part d’investissements sur le projet.

Une omniprésence de la Banque mondiale dans le gaz ghanéen

Outre la garantie de 1,2 milliard de dollars de la Banque en amont sur Sankofa, il faut citer une autre garantie de 200 millions de dollars de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), filiale de la Banque mondiale sur le même projet. L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), la branche de la Banque mondiale chargée des assurances, a par ailleurs fourni aux banques commerciales qui ont aidé à financer Sankofa à hauteur de 217 millions de dollars, des garanties contre les risques politiques.

Le Groupe est également l’un des principaux investisseurs dans les centrales électriques Takoradi 2 et 3 de 550 MW. L’installation qui traite le gaz de Sankofa a également reçu un financement de 140 millions de dollars de la Société financière internationale (SFI), une autre filiale de la Banque. Celle-ci (la SFI, Ndlr) a, faut-il le rappeler, injecté 265 millions de dollars dans le développement du gisement pétrolier Jubilee. La société publique du pétrole (GNPC) est l’un des bénéficiaires de cet investissement.

Il apparait indubitablement que le Ghana ne peut honorer toutes ces dettes dans les délais impartis, vu les difficultés auxquelles fait face le marché du gaz depuis plusieurs semaines.

L’IDA a, quant à elle, fourni précédemment une garantie partielle de risque de 50 millions de dollars pour le gazoduc ouest-africain qui achemine le gaz nigérian au Ghana. Et BWP ajoute que le Private Infrastructure Development Group (PIDG), basé à Londres, qui compte la SFI parmi ses principaux donateurs, a fourni un certain nombre de prêts et de garanties pour soutenir la construction de la nouvelle génération de centrales à gaz au Ghana. Il s’agit de 45 millions de dollars de prêts pour Takoradi 2 & 3, 126 millions de dollars de garanties pour la centrale à gaz de 400 MW de Bridge Power à Tema en 2016 et 2017, et 33 millions de dollars de prêts pour la centrale de Kpone en 2005 et 2014.

Il apparait indubitablement que le Ghana ne peut honorer toutes ces dettes dans les délais impartis, vu les difficultés auxquelles fait face le marché du gaz depuis plusieurs semaines. Or, les perspectives à court terme s’annoncent catastrophiques.

Le cauchemar de la dette énergétique

« La dette du Ghana a atteint plus de 60 % du PIB en 2019 […] Le surendettement du pays est passé de moyen à élevé », a déclaré en janvier dernier la Banque, dans l’un de ses rapports sur le pays.

L’analyse du FMI sur la viabilité de la dette du Ghana a clairement identifié le secteur du gaz comme un risque fiscal, notant que « l’accord d’enlèvement du gaz sur le champ Sankofa exige du Ghana qu’il effectue des paiements équivalant à 0,7 pour cent de son PIB annuel ».

L’analyse du FMI sur la viabilité de la dette du Ghana a clairement identifié le secteur du gaz comme un risque fiscal, notant que « l’accord d’enlèvement du gaz sur le champ Sankofa exige du Ghana qu’il effectue des paiements équivalant à 0,7 pour cent de son PIB annuel ».

Pour aggraver les choses, la pandémie de coronavirus (Covid-19) devrait provoquer un déficit budgétaire au Ghana, cette année, en raison d’une diminution des recettes provenant des exportations de pétrole et du tourisme, selon une déclaration du ministre des Finances du Ghana, à la mi-mars. Face à cette situation et à la faible marge de manœuvre dont il dispose, le gouvernement ghanéen a, en 2016, baissé à 19,4%, les allocations gouvernementales pour les dépenses sociales. La part de ces allocations était de 28% en 2015, avant le début des difficultés liées au gaz.

Face à cette situation et à la faible marge de manœuvre dont il dispose, le gouvernement ghanéen a, en 2016, baissé à 19,4%, les allocations gouvernementales pour les dépenses sociales. La part de ces allocations était de 28% en 2015, avant le début des difficultés liées au gaz.

Dans un document de travail publié en janvier, la CSO Jubilee Debt Campaign, un autre lanceur d’alerte basé au Royaume-Uni, a constaté que le Ghana fait partie des pays lourdement endettés qui ont réduit leurs dépenses publiques réelles entre 2016 et 2019 par rapport à 2015. « Compte tenu de l’exposition généralisée de la Banque au verrouillage de l’infrastructure gazière du Ghana, il n’est guère surprenant que le programme d’assistance technique de 2018 se soit largement préoccupé des questions liées au secteur du gaz, notamment d’une stratégie visant à équilibrer l’offre et la demande de gaz », a regretté l’association. Et de poursuivre : les efforts déployés pour soutenir les énergies renouvelables se sont limités à une étude de faisabilité.

Olivier de Souza

Source : EcoFin Hebdo

 

 

Ghana : Comment le Groupe de la Banque mondiale a amené le secteur pétrogazier au bord du gouffre

 

« Ultime convocation » d’Agbéyomé Kodjo : Les avocats montent au créneau

Une troisième convocation était arrivée au domicile du président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) vendredi dernier. Cette convocation, à en croire le Service de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale, est « ultime », puisqu’il estime que Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo n’a pas répondu aux deux premières convocations.

Cette interprétation de la situation par le Procureur et le SCRIC est erronée, selon les avocats. Pour Me Celestin Agbogan, l’un des avocats d’Agbéyomé Kodjo, son client n’a pas refusé de se présenter. Et, a-t-il précisé, le Procureur de la République et le SCRIC le savent bien.

« La convocation ultime veut dire qu’on a reçu 2 premières convocations non honorées. Et l’ultime signifie que c’est dangereux. Pour Agbéyomé, les 2 premières convocations ne sont pas refusées. Il ne s’est pas fait représenter non plus. Il a un souci de santé, ses avocats se sont présentés devant le procureur de la République et le SCRIC pour leur expliquer avec certificat médical à l’appui que leur client invité ne peut pas se déplacer », a-t-il informé sur Victoire FM ce matin.

Les avocats, a-t-il poursuivi, n’ont pas représenté Agbéyomé Kodjo, mais étaient allés faire part de ses soucis de santé au SCRIC. « Les avocats sont allés expliquer que leur client ne peut pas répondre à la convocation compte tenu de ses soucis de santé », a-t-il souligné. Et d’ajouter qu’en matière pénale, on ne représente pas, on assiste plutôt.

D’ailleurs, les avocats du candidat de la dynamique Mgr Kpodzro ont une rencontre avec la presse tout à l’heure à Lomé. Ils comptent rendre publiques les informations sur cette affaire et la suite à donner à cette convocation.

A suivre.

 

 

« Ultime convocation » d’Agbéyomé Kodjo : Les avocats montent au créneau

 

Agbéyomé n’a jamais refusé les deux premières convocations du SCRIC, dixit Me Célestin Agbogan

Vendredi dernier, le Service de Recherche et d’Investigations Criminelles (SCRIC) la gendarmerie nationale a envoyé une troisième et « ultime » convocation à Agbéyomé Kodjo, celui qui s’autoproclame « président démocratiquement élu » à la présidentielle du 22 février 2020.

Intervenant ce matin sur les ondes de la radio Victoire FM, Me Célestin Agbogan, l’un des avocats de l’ancien Premier ministre, dit ne pas comprendre ce que signifie cette convocation que le SCRIC qualifie d’ « ultime ».

« Je ne sais pas le sens que la gendarmerie donne à cela. Ils ont dit invitation, c’est pour adoucir un peu le sens de mot ultime qu’ils ont employé. En principe, quand on dit convocation ultime, ça veut dire qu’on t’a convoqué une première et deuxième fois, tu as refusé. Mais dans ce cadre, c’est dangereux », a lâché Me Agbogan.

A en croire le responsable de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Agbéyomé Kodjo n’a jamais débouté les deux dernières convocations du SCRIC, contrairement à ce que pensent certains Togolais.

« Agbéyomé n’a pas refusé les deux convocations, il ne s’est même pas fait représenter par quelqu’un. Il a un souci de santé. Il a été souffrant. Les avocats n’ont pas représenté Agbéyomé à la gendarmerie. Ils y sont allés pour expliquer à qui de droit que leur client ne pourra pas répondre à la convocation compte tenu de son état de santé. Nous avons produit le certificat médical pour prouver ça. En matière pénale, l’avocat ne représente pas son client. Il ne fait qu’assister », a expliqué l’avocat.

Notons que c’est demain mardi 21 avril 2020 que le candidat autoproclamé va comparaître devant le SCRIC dans la gendarmerie.

Godfrey A

 

 

Agbéyomé n’a jamais refusé les deux premières convocations du SCRIC, dixit Me Célestin Agbogan

 

Des jeunes appelés à faire échec à toutes manœuvres visant l’arrestation d’Agbéyomé ce mardi

La cabale judiciaire du régime contre Agbéyomé Kodjo irrite la Synergie des jeunes pour la démocratie (SJD), une branche de la jeunesse en appui à la dynamique Mgr Kpodzro. Dans un communiqué rendu public, la synergie monte au créneau et dénonce les multiples convocations adressées par le Service Central de Recherche et d’Investigations Criminelles (SCRIC) de la gendarmerie à Dr Kodjo. Elle demande à la jeunesse de se mobiliser massivement le mardi 21 avril au domicile du « président élu » pour faire « échec » à toutes manœuvres visant l’arrestation de l’ancien Premier ministre. Lecture !

COMMUNIQUE DES JEUNES DE LA DYNAMIQUE

La Synergie des Jeunes pour la Démocratie (SJD), une branche de la jeunesse en appui à la Dynamique Monseigneur Kpodzro, n'accepte pas la cabale judiciaire planifiée et mise à exécution par le régime RPT/UNIR contre le Président démocratiquement élu par le peuple togolais lors du scrutin présidentiel du 22 février dernier au Togo.

En effet, les convocations successives adressées par le Service Central de Recherche et d'Investigation Criminelle (SCRIC) au Président Démocratiquement élu par la majorité des Togolais à travers la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro) visent essentiellement à démobiliser le peuple Togolais résolument engagé sur le chemin de l'alternance et de la démocratie pacifique.

Prenant le peuple à témoin, la Synergie des Jeunes pour la Démocratie annonce qu'une troisième convocation est adressée au Président Démocratiquement élu l'adjugeant à une comparution le mardi 21 avril 2020.

Qu'il nous souvienne que le gouvernement togolais, après avoir coupé l'internet pour cacher une sommité de fraude au monde entier, effectuer des bourrages d'urnes, des trafiques d'influences..... se targue un pourcentage de plus de 70% de l'électorat comme pour nous dire que les togolais sont satisfaits de la dictature militaire cinquantenaire. Faux, ces résultats ne reflètent en rien la volonté exprimée par le peuple togolais le 22 février 2020.

Heureusement que les Etats -Unis avec tous les moyens techniques et scientifiques dont ils disposent, rejetent les résultats tels que proclamés par la CENI et demandent un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote. Quoi de plus normal ? Et pourtant le pouvoir rejete cette méthode pourtant simple et compréhensible.

Refusant de respecter la volonté populaire, le pouvoir de Lomé est allé jusqu'à la levée de l'immunité parlementaire du Président librement désigné par le peuple Togolais et se prépare à violer son domicile privé pour l'arrêter.

Pour toutes ses raisons, nous demandons à la jeunesse de se mobiliser massivement le mardi 21 avril au domicile du Président élu pour faire échec à toutes manoeuvres visant l'arrestation du Président AGBÉYOME. Il y va dans l'ordre normal de la défense des libertés individuelles et collectives dans notre pays.

Fait à Lomé, le 19 avril 2020

Le Président

Elom Bossoh Yawovi

 

 

Des jeunes appelés à faire échec à toutes manœuvres visant l’arrestation d’Agbéyomé ce mardi

 

AFRICAINS EN CHINE : NON A L’APARTHEID SANITAIRE !

Nous ne sommes ni vos pangolins, ni vos chauves-souris. La Chine gagnerait mieux à suspecter les animaux sauvages porteurs de virus dont raffole sa population, et non les immigrés africains qu’elle maltraite pour éviter une nouvelle vague de l’épidémie du Coronavirus. L’Apartheid sanitaire qu’elle inflige à des immigrés africains n’est-il pas un bourgeon du racisme sournois qu’entretiennent des chinois contre les africains ? Serait-il la manifestation institutionnelle d’un mépris de l’homme Noir, parfaitement illustré par les propos d’un immigré chinois en Afrique ? : « Tous les Kenyans sont comme des singes, même le président Uhuru Kanyatta ».

Par Aliou TALL

Le problème ce n’est pas la couleur de peau des africains, mais l’estomac des chinois.
Les chinois feraient peut-être mieux d’arrêter leur appétence à la consommation de viande d’animaux sauvages, réservoirs et transmetteurs de virus, tels le pangolin, la chauve-souris et la civette. Une agence étatique chinoise a démontré que les génomes d’un virus prélevés sur des pangolins sont identiques à ceux du Coronavirus dépistés chez des patients chinois. On a tous été choqués par les images de mammifères sauvages vivants, vendus dans un marché de Wuhan à des consommateurs qui vont s’en délecter, et faire des cocktails nauséabonds avec leurs organes, leurs boyaux, leurs écailles, et leurs os, pour se soigner. Et c’est à Wuhan qu’est partie cette pandémie qui décime une partie de l’humanité. C’était aussi par l’intermédiaire de la civette, un petit mammifère sauvage dont les chinois savourent la chaire, que s’est répandue l’épidémie du Sras en 2002 et 2003.

Les chinois devraient donc s’attaquer à eux-mêmes et à leurs habitudes alimentaires décriées un peu partout dans le monde, au lieu de maltraiter et de faire subir un Apartheid sanitaire aux africains. C’est à eux d’arrêter de se régaler avec des soupes de rats et de serpents ; des grillades de chauve-souris, de porcs-épics et de salamandres ; des barbecues de renards et de louveteaux. Les africains en Chine ne sont ni des adeptes, ni des acteurs de ces extravagances alimentaires propices à la propagation de virus létaux. C’est aussi à la Chine d’assumer sa responsabilité sur les dizaines de milliers de morts que déplore le monde, pour avoir dissimulé, selon les américains et une partie de la communauté internationale, l’existence et la gravité de la pandémie du Coronavirus.

Du racisme sournois en Afrique à l’Apartheid sanitaire décomplexé en Chine.
Nul besoin de faire des lapalissades sur le racisme que subissent les Noirs dans tous les pays du monde. Mais c’est choquant de voir des chinois culottés qui, de surcroit, tirent leurs moyens de subsistance en Afrique, y faire des actes de mépris et de racisme virulent envers les africains. En 2018 un immigré chinois au Kenya, dénommé Liu Jiaqi, était filmé en train de vomir sa bile sur les Noirs. Il affirmait fougueusement que tous les Kenyans sont des singes, même leur président. Qu’il n’aimait pas ce peuple de singes, pauvre et qui sent mauvais. Il a été expulsé par les autorités kenyanes, à juste titre. Quand on est raciste, on reste chez soi pour y souffrir de sa haine. Les africains ne doivent pas se laisser affecter par les vils propos de lamentables racistes qui essayent de blesser leur amour propre et de les déshumaniser. L’inhumain ce n’est pas eux, c’est le raciste. Son âme est tellement vaine qu’il a besoin d’injurier, de diffamer, et de ségréguer pour justifier son existence.

La coopération entre la Chine et l’Afrique est irrémédiablement maculée par les images des vidéos qui montrent des africains expulsés dans la rue comme des pangolins pestiférés, des ségrégations dont ils font l’objet dans la ville de Canton, et des confinements discriminatoires. Des pratiques qui rappellent les heures noires de l’Apartheid en Afrique du Sud, et de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Il faut ressusciter Rosa Parks et Nelson Mandela, et, s’il y a lieu, réinventer l’ANC, signifiant cette fois ci : l’Afrique dit Non à la Chine. L’OMS devrait dénoncer ouvertement l’Apartheid sanitaire qu’inflige la chine aux africains sur son sol. Elle aura donné raison à Donald TRUMP, si elle faisait la politique de l’autruche ou se murait dans un silence bruissant de complicité, le temps que les indignations passent.

Il faut boycotter les produits et commerces chinois et appliquer la réciprocité.
Même s’ils n’ont pas totalement confiance aux produits chinois, les africains aiment se les procurer avec l’attrait des prix bas. Mais beaucoup de produits chinois vendus en Afrique sont d’une qualité médiocre, voire dangereuse pour la santé et la sécurité. Toutefois, la pauvreté amène beaucoup d’africains à les plébisciter. Pour la dignité de nos frères et sœurs en Chine, les africains devraient boycotter les produits et commerces chinois en Afrique et ailleurs, jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ces actes odieux, et la sécurité des africains assurée en Chine.

Le respect ça ne se négocie pas, ça s’impose. Dans les relations internationales la réciprocité est la seule arme efficace pour se faire respecter. Les gouvernements africains ne doivent pas se contenter de convoquer des ambassadeurs chinois pour des explications convenues. Ils vont leur servir des déclarations diplomatiquement stéréotypées, et vides de sens, du genre : la Chine est l’amie de l’Afrique et regrette ces incidents. Elle aidera l’Afrique. Les gouvernements africains doivent refuser cette infantilisation et prendre des mesures de rétorsions : sanctionner puis expulser les chinois qui sont auteurs d’actes ou de propos racistes ; qui font de l’esclavage moderne dans nos pays ; qui font du commerce dans nos pays sans droit au séjour ni sociétés dûment enregistrées ; qui fraudent massivement à nos fiscalités. Un gouvernement qui ne se fait pas respecter met en danger ses ressortissants à l’étranger. Les chinois n’auraient pas ainsi traité des ressortissants américains, français ou anglais. Car ils savent que leurs gouvernements réagiraient illico pour les protéger. Faisons-nous respecter !

Aliou TALL,
Président du RADUCC.
Email : raducc@hotmail.fr

 

 

AFRICAINS EN CHINE : NON A L’APARTHEID SANITAIRE !

 

Diaspora Togolaise de Belgique : Un temps pour gémir, un temps pour agir

Le vol éhonté du vote populaire pour l’alternance démocratique lors de la présidentielle du 22 février 2020 confirme bien le rejet massif de la gouvernance actuelle par une écrasante majorité des populations togolaises ;

La violation patente (avec la complicité active de la CENI et des Hautes instances juridiques du Togo) des dispositions de la Loi n° 2013-013 du 7 juin 2013, relatives au financement public des partis politiques et des campagnes électorales, confirme le sadisme et l’arbitraire dont usent les gouvernants actuels pour poursuivre injustement la confiscation de la liberté et de la dignité des Togolais ;

L’étalement de la faillite du système des soins de santé au Togo et la gestion chaotique et calamiteuse de la crise sanitaire au COVID-19 (des mesures d’accompagnement insignifiantes et injustes, un rétropédalage sur la décision d’interdire le travail des engins à deux roues, etc.) confirment l’absence d’empathie et de préoccupation des gouvernants actuels pour le bien-être de leurs concitoyens ;

Le silence coupable et la complicité des dirigeants de certains pays voisins du Togo, des dirigeants de certaines institutions sous-régionales (CEDEAO, UA), des dirigeants de certains pays occidentaux (France, Allemagne) et des dirigeants de certaines organisations internationales (UE, ONU) confirment que les Togolais ne devraient compter que sur leur propre résilience et combativité pour parachever la lutte de libération nationale ;

Forts de ces confirmations, les Togolais, tant de l’intérieur comme de l’extérieur des frontières nationales, n’ont d’autre choix que de s’unir et de s’organiser, mieux que par le passé, pour entrer en résistance et mettre fin à la dictature qui cherche à se perpétuer par la fraude électorale, la violence aveugle et les violations massives des droits humains.

La DTB (Diaspora Togolaise de Belgique) invite les Togolais épris de justice et de liberté à passer à l’action.

Après les privations, les irritations et les indignations, il est temps d’agir véritablement !

Agir pour la libération du Togo, c’est doter chaque localité, canton, commune ou préfecture du Togo de Comité de Résistance Citoyen (CRC) capable d’affronter et de stopper les violences et la agressions contre les paisibles populations ;

Agir pour la libération du Togo, c’est s’engager (surtout dans la diaspora), à consacrer mensuellement 5, 10, 20, 50 Euros ou plus, pour contribuer à l’organisation et à la coordination des CRC (Comité de Résistance Citoyen) sur toute l’étendue du Togo ;

Le temps des lamentations et des gémissements est révolu !

Il faut passer maintenant aux actions concrètes et efficaces si nous tenons toujours à libérer le Togo du joug d’une dictature sanguinaire et cinquantenaire.



Pour la DTB (Diaspora Togolaise de Belgique)

K. Philippe AMEDODJI

 

 

Diaspora Togolaise de Belgique : Un temps pour gémir, un temps pour agir

 

Togo : A qui profite vraiment le bras de fer entre Faure et Agbéyomé ?

Le conflit postélectoral au Togo est loin de rendre son verdict final. Malgré la confirmation de la victoire du Président sortant, Faure Gnassingbé, par les institutions de la République, le candidat du Mouvement Patriotique pour le Développement et la Démocratique (MPDD), porté par la Dynamique Kpodzro, n’abdique pas. Acculé par sa levée d’immunité parlementaire et convocations à comparaître devant le Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SRIC), Agbéyomé réplique et porte plainte.

Prise pour passagère, la crise électorale née de la contestation par la Dynamique Kpodzro de la victoire de Faure Gnassingbé à la Présidentielle du 22 février 2020, suivie de l’auto proclamation de son candidat Gabriel Agbéyomé Kodjo, au titre de ‘’Président démocratiquement élu’’, ne finit point avec son feuilleton à différents épisodes.

La réplique d’Agbéyomé

Le nouveau feuilleton est l’assignation en justice de l’Assemblée Nationale par Gabriel Agbéyomé Kodjo. En effet, considérant la levée de son immunité parlementaire, son assignation en Justice, les voies de fait exercées sur la personne de son client, à travers bouclages répétés de son domicile et pressions diverses à travers convocations comme des violations flagrantes’’ de la Constitution, « Les conseils de l’Honorable Gabriel Kodjo ont introduit un recours en annulation de la résolution portant levée de son immunité parlementaire », lit-on dans le communiqué rendu public mardi dernier par la Dynamique Kpodzro.

Pour le Conseil du Mouvement

Patriotique pour le Développement et la Démocratie (MPDD), rapporté par le communiqué, la procédure de l’Assemblée Nationale conduisant à cette levée d’immunité parlementaire de M.Kodjo se veut une décision à la fois arbitraire et viciée. Ceci, explique-ton, car privant son client du principe de l’égalité des armes et du principe du contradictoire devant la commission spéciale mise en place par l’Assemblée Nationale pour auditionner ce dernier.

En conséquence, l’Assemblée Nationale, incarnée par Tsègan Yawa Dzigbodi, est assignée en Justice et devra donc comparaître le 28 avril 2020 en vue de permettre le rétablissement de Agbéyomé Kodjo dans ses droits.

«Il est légitime d’espérer que cette procédure se déroulera dans des conditions d’un procès équitable qui garantissent les droits de la défense, l’indépendance et l’impartialité du juge », conclut le courrier.

A qui profite le bras de fer entre Faure et Agbéyomé ?

Comme on peut le constater, le contentieux électoral est loin de s’achever. Des deux côtés, l’on semble jouer au jusqu’au-boutisme. D’une part, le Procureur de a République qui accuse le candidat ‘’malheureux’’ d’actes et faits susceptibles d’atteinte à la sûreté de l’Etat dont il doit absolument= répondre. Ce qui s’est traduit, ces derniers jours, par deux invitations, sans suite favorable, du Président du MPDD devant la Gendarmerie.

De l’autre part, la témérité de ce dernier dans la réclamation de sa ‘’victoire’’ considérée par la justice comme un acte hautement répréhensible.

Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs qui se demandent jusqu’où iront les deux parties, surtout dans un contexte marqué par une crise sanitaire qui semble mettre le pays à l’arrêt. Ce qui semble occulter la prestation de serment de Faure Gnassingbé qui devra intervenir, selon la Cour Constitutionnelle, avant le 4 avril, délai de rigueur.

Tout compte fait, Agbéyomé semble loin de dire son dernier mot vis-à-vis d’un pouvoir qui, aussi, met la Justice à sa trousse. Mais alors, à qui profitera donc ce bras de fer mué en crise politique ouverte entre Faure, l’héritier biologique et Agbéyomé, celui politique du Général Gnassingbé Eyadema ?

Sans doute à personne. Sinon, des retombées négatives en perspectives sur l’économie nationale déjà mise à mal par le COVID-19. Et plus encore, une mauvaise image du Togo au cas où M. Agbéyomé serait jeté en prison. Que le bon sens prévale donc !

Flambeau des Démocrates No 633

 

 

Togo : A qui profite vraiment le bras de fer entre Faure et Agbéyomé ?

 

Nathaniel Olympio à propos d’Edem Kodjo : « J’ai découvert un homme à l’esprit de finesse… »

Les hommages à l’ancien Premier ministre du Togo, Edouard Edem Kodjovi Kodjo ne finissent. Cette fois-ci, c’est le président du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio qui partage, à travers ces lignes, l’expérience qu’il a eue avec cette personnalité qui a quitté les siens samedi dernier. Pour Monsieur Olympio, Edem Kodjo est « un homme à l’esprit de finesse, avec un regard scrutateur, presque inquisiteur, ceci enrobé dans une posture relationnelle empreinte de courtoisie et de bonnes manières ». Lisez plutôt !

Je connaissais une personnalité publique… puis j’ai rencontré l’homme

Des hommages affluent depuis l’annonce du rappel à Dieu de l’ancien Premier ministre Monsieur Edem Kodjo. Pour ma part, je voudrais particulièrement partager mon expérience personnelle avec l'homme que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Le nom Edem Kodjo a résonné dans mes oreilles pour la première fois au tout début des années 70 alors que j’étais jeune collégien, comme ce fut le cas de beaucoup de ma génération baignés dans le monolithisme politique d’alors. Les années passant, je me suis forgé une opinion de lui, qui il était. C’est en février 2019 que je l’ai rencontré pour la première fois… S’en suivront quelques autres entretiens, me faisant découvrir alors un homme bien plus complexe qu’il n’y paraissait. Il connaissait mes parents. Mais les civilités familiales ayant permis de briser la glace ont rapidement fait place à un regard croisé que nous portions sur l’actualité politique togolaise.

J’ai découvert un homme à l’esprit de finesse, avec un regard scrutateur, presque inquisiteur, ceci enrobé dans une posture relationnelle empreinte de courtoisie et de bonnes manières. Le choix de ses mots, le timbre de la voix, la fixité du regard… tout traduisait la démarche bien huilée d’un professionnel politique à la découverte de cet Autre, que j’étais et qu’il jaugeait à présent, indépendamment du peu que les médias avaient pu lui apprendre jusque-là. Tout concourait à mettre à l’aise dans son positionnement policé. J’en avais souri quelques fois. Etait-ce pour faire baisser la garde afin de mieux sonder son interlocuteur ? J’ai compris plus tard que c’était un mélange de sa véritable personnalité et de la pratique politique. Et cela lui servait en effet.

Le premier échange comme tous ceux qui ont suivi ont essentiellement porté sur la vie politique du Togo, surtout ce que les Togolais veulent faire du Togo et comment y arriver. J’ai eu l’agréable sentiment de constater qu’il souscrivait à la vision que je continue de nourrir moi-même pour le Togo. Celle d’un pays où les citoyens vivraient ensemble dans une cohésion nationale et jouiraient des droits fondamentaux dans une démocratie qui s’enracine. J’ai perçu en lui une sincère volonté de voir son pays sortir du confinement de crise politique permanente et il se sentait encore capable d’y contribuer. Cette détermination, je l’ai ressentie, elle était forte, palpable, presque énergisante. Je me suis demandé alors comment cela pourrait-il se réaliser, se concrétiser ? Quels étaient les moyens réels qu’il avait encore d’agir ? Qu’est-ce qui animait encore l’homme qui s’était pourtant pratiquement retiré du champ politique du Togo ? Elles étaient multiples, ces interrogations, à tournoyer dans ma tête.

Avec l’ouverture d’esprit intellectuel qu’il affichait, j’ai cherché à savoir – au vu de ses grandes responsabilités politiques passées – pourquoi la situation politique n’avait-elle plus évolué depuis tant de décennies. Il avait amorcé ce qui me paraissait être une introduction à sa réponse lors de notre dernière rencontre. Nous devions revenir sur le sujet la fois suivante... Hélas ! Il m’aurait plu d’avoir le temps d’approfondir cette expérience.

J’ai entr’aperçu dans nos quelques échanges, un homme complexe, convaincu qu’en arrondissant les angles il réussirait à faire cohabiter le loup, la chèvre et le chou dans une certaine tolérance qui ferait évoluer les choses. Cela pouvait-il fonctionner ? Un exercice périlleux qu’il avait choisi de mener en connaissance de cause. Il ne semble pas aisé pour le jeune Togolais ordinaire d’aujourd’hui de lire et de comprendre son parcours. Dans la situation de misère sociale et de démocratie en souffrance que bon nombre de Togolais expérimentent, une posture comme la sienne pouvait-elle répondre, malgré tout, aux attentes du moment ? Ou bien était-il une sorte d’anachronisme : une lumière en décalage de son temps ?

Aujourd’hui, lui-même n’est plus là pour s’exprimer et s’expliquer. Les historiens pourront faire frémir leur science et éclairer, à travers leurs travaux respectifs, les Togolais sur cette personnalité insaisissable dans les frontières de son propre pays, mais de grande notoriété au-delà. Cette notoriété, loin des siens, il l’a construite des années durant dans le panafricanisme qu’il chérissait tant et dans les responsabilités qu’il a assumées au bénéfice du continent. Les acteurs politiques de sa génération, ceux qui l’ont pratiqué au quotidien dans la durée, auraient probablement des choses à partager.

Tout ceci, à mon humble avis, dépeint aussi la singularité de l’homme…

Edem Kodjo m’a fait l’honneur de me présenter son épouse et ses filles. Permettez qu’avec délicatesse, j’use de cette plume, afin de leur témoigner mes sincères et profondes condoléances.

Que la terre lui soit légère.

Nathaniel Olympio

Président du Parti des Togolais

 

 

Nathaniel Olympio à propos d’Edem Kodjo : « J’ai découvert un homme à l’esprit de finesse… »

 

Kako Nubukpo : « Pourquoi les dettes africaines reviennent toujours ? »

TRIBUNE. Les annonces d’annulation de la dette africaine se succèdent depuis le début de la pandémie du Covid-19, comme un rituel d’exorcisme de la pandémie.

Les chiffres donnent le tournis : les ministres africains des Finances et l’Union africaine demandent un allègement immédiat de la dette de 44 milliards de dollars et la constitution d’un fonds supplémentaire de 50 milliards de dollars pour faire face au report du paiement des intérêts de la partie non-annulée de la dette africaine. Après le FMI et la Banque mondiale, le G20 et le président français Emmanuel Macron ont annoncé un allègement massif de la dette africaine. Même le pape François a réclamé dimanche dernier lors de sa bénédiction pascale « Urbi et Orbi » l’annulation de la dette africaine. De quoi ce bel unanimisme est-il l’expression ? Pourquoi les dettes africaines reviennent de façon récurrente dans le débat international comme l’illustration de la compassion du reste du monde à l’endroit de l’Afrique ?

Au départ, une vision de la solidarité pour le développement

Le monde de l’après-Seconde Guerre mondiale s’est construit sur l’idée que les pays riches devaient aider les pays pauvres à impulser leur processus de développement, en finançant l’écart entre les besoins d’investissement de ces derniers et leur faible épargne intérieure. Le schéma fut celui du plan Marshall qui a permis à l’Europe de financer sa reconstruction et d’enclencher la période faste dite des Trente Glorieuses, qui prit fin avec la première crise pétrolière de 1973.

Cette vision de l’aide connut d’autant plus de succès qu’elle était d’une simplicité désarmante – l’appui financier dédouanait de l’effort d’appréhension de la complexité des spécificités institutionnelles – et semblait obéir à une logique de gains mutuels dans la mesure où des pays aidés renouant avec la prospérité économique deviennent de facto des partenaires commerciaux florissants : « La marchandise suit l’aide. »

L’Afrique n’échappa pas à cette doctrine portée au pinacle par le FMI et la Banque mondiale et illustrée par une série de plans successifs d’allègements de la dette : le plan Brady, le plan Baker, le plan Kissinger, etc. du nom de secrétaires d’État américains successifs, jusqu’à l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) qui a permis au début des années 2000 d’effacer massivement la dette africaine.

L’implacable réalité pour l’Afrique

La logique derrière l’allègement de la dette est implacable : pour que l’Afrique soit un véritable partenaire commercial, c’est-à-dire pour qu’elle puisse acheter des biens et services en provenance du reste du monde, il faut qu’elle puisse disposer de marges de manœuvre budgétaires et des ressources privées suffisantes, la fameuse capacité d’absorption. Mais pour que sa capacité d’absorption fût préservée, il fallait régulièrement effacer sa dette dont le service (remboursement d’une partie du principal et des intérêts) plombe sa capacité à s’insérer harmonieusement dans le jeu commercial international. Les annonces actuelles d’annulation des dettes africaines n’échappent pas à cette logique, dans un contexte où l’après-crise de Covid-19 s’annonce difficile pour les économies du monde développé et émergent.

Pourquoi la dette persiste-t-elle ?

En revanche, relativement peu de gens se posent la question de savoir pourquoi les dettes africaines reviennent toujours, pourquoi l’Afrique n’arrive pas à se sortir de la spirale infernale du surendettement. Or, c’est dans la réponse apportée à cette question structurelle que réside une véritable émergence du continent africain :

Le premier facteur explicatif de l’endettement africain récurrent est le taux de pression fiscale (rapport entre les recettes fiscales et la richesse créée au cours d’une année) en Afrique subsaharienne qui est structurellement bas, inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), alors qu’il se situe au-delà de 40 % dans le monde développé. Or, ce sont les ressources fiscales qui constituent l’essentiel des recettes des États, leur permettant de financer les dépenses publiques. Qui dit donc taux de pression fiscale élevé, dit a priori bonne couverture des dépenses publiques par les recettes éponymes.

Le deuxième facteur explicatif du surendettement est le niveau structurellement élevé des taux d’intérêt réels en Afrique, souvent plus du double du taux de croissance économique ; or, quand vous empruntez à un taux d’intérêt supérieur au taux de croissance économique, il y a peu de chances que vous puissiez rembourser votre emprunt, vu que le rythme de création de richesses (le taux de croissance économique) est plus faible que le coût d’acquisition des moyens de création de richesses (taux d’intérêt). Ce raisonnement est aussi valable sur le plan microéconomique que macroéconomique. Résultat des courses pour les États africains, les flux de déficits s’accumulent et se transforment en stock additionnel de dettes en fin d’année budgétaire.

Le troisième et dernier facteur (le plus structurel) est l’étroitesse de la base productive africaine. L’Afrique ne se décide toujours pas à produire elle-même ce qu’elle consomme. Elle se complaît dans la place qui lui a été assignée dans la division internationale du travail, à savoir exportatrice de matières premières dont les recettes sont volatiles et moins élevées que les prix des biens et services qu’elle importe massivement pour faire face à sa forte demande sociale, conformément à la loi dite de Prebisch-Singer. Le résultat de cette insertion primaire de l’Afrique au sein du commerce international est l’accumulation de déficits dits jumeaux, à savoir le déficit budgétaire et celui du compte courant de la balance des paiements.

Une approche inadaptée parce que d’un autre temps

Au final, l’annonce de l’annulation massive de la dette africaine ressemble à s’y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde. L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jouer un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, car les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Des dirigeants qui détournent massivement les aides et prêts à eux consentis par la communauté internationale qui, tel le Tartuffe de Molière, détourne pudiquement les yeux de la mauvaise gouvernance chronique des économies africaines. Peut-on décemment se glorifier d’effacer une dette africaine dont les montants n’ont que très peu aidé l’Afrique ? Peut-on applaudir les mauvais élèves au détriment des bons élèves, qui péniblement tentent d’assainir leurs finances publiques année après année, mettent en place le contrôle citoyen de l’action publique et ont à cœur la poursuite de l’intérêt général ? L’allègement de la dette ne doit pas se traduire par une démobilisation générale de l’Afrique qui lutte au quotidien pour sa dignité et sa souveraineté, cette « Afrique d’après » que nous appelons de nos vœux. Il ne doit pas servir à récompenser les « passagers clandestins » de la bonne gouvernance.

L’économie politique de la compassion internationale ne peut être la voie privilégiée de l’émancipation africaine. Méditons ensemble ce proverbe qui dit : « La main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit. »

Kako Nubukpo*

* Doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Lomé (Togo), co-coordinateur de l’Initiative « l’Afrique d’après »

Source : Lepoint.fr

 

 

Kako Nubukpo : « Pourquoi les dettes africaines reviennent toujours ? »

Togo, Université de Lomé : Cours en ligne, Oui, sans les moyens, Non !

Ici et ailleurs, la pandémie de Covid-19 est venue bouleverser le cours normal des choses. Toutes les structures ont senti les effets de cette pandémie dû aux mesures de riposte contre cette dernière. Dans cette situation, les structures étatiques et non étatiques cherchent à s’accommoder à cette nouvelle réalité. Au Togo, c’est l’exemple de l’Université de Lomé qui innove en annonçant l’imminence des cours en ligne pour ses étudiants dans un contexte de crise sanitaire où toutes les institutions scolaires et universitaires sont fermées. Une annonce qui laisse les étudiants de ladite institution dans une certaine perplexité.

Les responsables de l’Université de Lomé entendent sauver l’année universitaire 2019-2020 qui est jusqu’alors suspendue à cause des mesures de riposte contre Covid-19. Pour se faire, il est annoncé le début prochain des cours à l’endroit des étudiants de grade Licence et Master via le Réseau Social et Collaboratif de l’Université de Lomé (RESCOUL). Par cet outil, les cours du semestre MOUSSON seront dispensés à ces étudiants qui peuvent depuis leurs lieux de résidence respectifs continuer normalement leur formation.

Si sous d’autres cieux, les pays sont très loin dans ce système de cours en ligne, ce n’est pas le cas pour le Togo encore moins l’Université de Lomé. Mais cette fois-ci, la situation oblige. C’est le seul moyen qui est pour l’instant envisageable. En effet, en cette période de crise, les étudiants et leurs enseignants ne peuvent que se servir du numérique et de l’informatique pour, s’ils veulent réellement diminuer un tant soit peu les dégâts collatéraux de la riposte contre Covid-19 qui a déjà bouleversé le calendrier universitaire (les examens du semestre HARMATTAN suspendus au beau milieu, l’incertitude face à une éventuelle ouverture des portes de l’université…). « La mise des cours en ligne par l’Université de Lomé au profit de ses étudiants donnera l’opportunité à ces derniers de continuer à travailler à distance en toute sécurité en ce moment de restrictions de mobilité face à la pandémie » peut-on lire sur la Page officielle de l’Université de Lomé.

Le système sera donc organisé en sorte que les étudiants tout en suivant les cours auront la possibilité de poser des questions et avoir des réponses de leurs enseignants. Ce sera donc une plateforme d’échanges entre enseignant-étudiant : «Les cours en ligne seront composés d’Unités d’Enseignement théoriques dispensées par l’enseignant et d’une plateforme de questions-réponses entre les étudiants et l’enseignant », explique le communiqué. Vu le jour le 20 avril 2018, le RESCOUL, est un réseau social installé à l’UL pour faciliter les échanges entre les acteurs de ladite communauté. Il est constitué d’un espace virtuel qui renouvelle et enrichit l’expérience pédagogique des membres de la communauté universitaire. Même si durant les deux dernières années le RESCOUL n’a pas rayonné comme les acteurs l’auraient souhaité, c’est donc le moment de mettre à profit cet outil au grand bénéfice de tous les acteurs du monde universitaire.

Cependant, à l’annonce de ces cours en ligne, la satisfaction n’était pas totale au sein des étudiants. Ils ont éprouvé des sentiments mitigés sur la possibilité des cours en ligne vu leurs conditions de vie qui sont devenues encore plus dures depuis l’effectivité des mesures de riposte contre Covid-19.

Les quelques étudiants que nous avons eu à approcher n’ont pas hésité à évoquer les problèmes auxquels ils se confrontent. Pour eux, les cours en ligne sous-entendent un outil informatique en bon état, une bonne connexion internet. Aujourd’hui il y a encore un bon nombre d’étudiant dans les universités du Togo qui ne disposent pas encore d’outil informatique.

Même si ce problème peut être résolu, il faut un moyen financier conséquent pour soit s’acquérir une machine ou se déplacer dans un cyber pour pouvoir suivre les cours. « Jusqu’à présent nous ne sommes pas encore rentrés en possession de nos bourses et allocations 6 mois après la rentrée. Ceci est une parenthèse. Les autorités annoncent des cours en ligne. J’espère qu’elles sont conscientes du coût élevé de la connexion internet dans notre pays. Comment pourrons-nous nous en sortir au moment nous sommes les grands oubliés des mesures d’accompagnement du gouvernement ? » nous a confié un étudiant de l’UL.

Certes, bon nombre d’étudiants faisaient de petites activités en dehors de leurs études pour parvenir à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires car les allocations ne servent plus à grand-chose face à la cherté de la vie. D’ailleurs tous ne bénéficient pas de ces allocations. Grace à leurs activités beaucoup arrivent même à payer leurs frais d’inscription. Avec les effets de Covid-19 et les mesures de riposte, toutes ces activités sont à terre. Mais force est de constater que tout ce beau monde est oublié dans les mesures d’accompagnement mises en place par le gouvernement. A l’heure actuelle dans le monde, il serait inconcevable de soutenir que l’étudiant soit encore dépendant de ses parents qui eux-mêmes survivent difficilement.

En réalité, l’initiative des autorités universitaires est dans le fond appréciée par la majorité des étudiants. Mais ceux-ci ne demandent que les moyens soient mis à leur disposition pour les permettre de bénéficier en bonne et due forme de ces cours en ligne. Les autorités universitaires sont donc interpelées pour bien mûrir les réflexions afin que cette mesure innovante ne soit pas un cafouillage qui viendrait semer encore de la confusion au sein des étudiants.

Source : independantexpress .net

 

 

Togo, Université de Lomé : Cours en ligne, Oui, sans les moyens, Non !

 

SIAB : La vache laitière de Victor Ehe

Lorsque le patrimoine financier des investisseurs étrangers est dilapidé, les conséquences économiques pour le pays sont lourdes. Lorsqu’une seule personne en violation de texte exerce une mainmise sur toute une banque, le sort de l’institution est dangereusement menacée et lorsque un seul homme décide de gérer l’agent de tout un Etat dans la confusion l’opacité et les magouilles tous azimuts, il y a mal en la demeure ; Ceci pour attirer l’attention de l’Etat togolais et l’État libyen sur la mauvaise gestion actuelle de la société interafricaine de Banque SIAB. Détournements et malversations, bradage du patrimoine, violation des textes, bonjour les dégâts au centre desquels se trouve Victor N’souwodji EHE, un repris de justice qui s’offre du vent en poupe à la SIAB…

C’est l’histoire d’un avocat de renom, dont nous taisons pour l’instant le nom et le cabinet, qui, pas des tours de passe-passe a réussi à hériter en tant qu’administrateur provisoire, le patrimoine financier libyen au Togo. C’est donc en 2013, par arrêté N°128/MEF/SG/DE du 16 aout 2013 que le Ministre d’alors de l’économie et des finances Adji Otheth Ayassor a signé l’administration de cette banque en faveur de l’avocat. Retourné au barreau, les confrères de l’avocat ont contesté véhémentement cette posture en demandant à l’avocat de choisir entre le commerce et le barreau. Très vite, sans relever le décret, il a à son tour nommé un administrateur pour gérer la SIAB.

Il fera donc recours à un ancien loup qu’il jeta dans la bergerie. Victor N’souwodji EHE, ancien ministre du commerce et des transports, qui a fini sa course du ministère à la prison dans les malversations énormes dans une banque. Mis en berne, il se fera ressusciter donc par son associé avocat qui le propulsera à la tête de la SIAB. Venu pour effectuer 6 mois d’administration, Victor EHE est resté et demeure depuis 2013. Il vient donc de totaliser 7 ans à la tête de la banque, dans une scandaleuse gestion.

Son départ prévu pour fin mars a été encore repoussée pour des manigances qu’il sait organiser. Il est poursuivi actuellement par un audit qu’il a réussi à avorter à plusieurs occasions, traqué par les propriétaires libyens qui veulent prendre la Direction, le sieur EHE s’évertue à rester dans l’ombre de la gestion avec un futur titre de Directeur Général adjoint.

Le 31 juin, si ses incantations ne marchent plus pour une fois, il pourra libérer la banque des saignements financiers.

Un bref aperçu dans ce numéro de la méthode catastrophique de gestion de la banque par le sieur EHE donne du tournis.

Le tableau de bilan d’exercice depuis sont arrivé contient des déficits de plusieurs milliards. Le taux de prêts non recouvrés est très élevé. 7milliards environ en fin d’exercice 2019 contre un déficit de 789 millions de FCFA.

Cela suffit déjà pour exprimer la mauvaise gestion de la banque.

Ce déficit ne profite à personne d’autres qu’à Ehé Victor et ses complices du crime.

Quelques exemples : Il a réussi à débaucher une dame d’une autre structure bancaire qui a réussi à accorder un crédit à sa mère résidant en Côte-D’ivoire. Des centaines de millions de FCFA non encore recouvré qui constituent un véritable manque à gagner pour la banque.

La SIAB est une institution bancaire de la Libye. La Libyan Foreign Bank. L’administration provisoire est donc tenue de rendre compte de la gestion aux autorités libyennes. Mais, dans sa ruse de maintenir ses intérêts et avoir une véritable mainmise sur la banque, le sieur EHE a organisé une escroquerie internationale en proposant aux autorités libyenne la vente de leur part d’action à la société Wari. Rusé et vénal, Ehé a géré seul ce dossier d’achat en tournant tous les acteurs en bourrique, les responsables de Wari aussi. La commission bancaire a finalement rejeté le dossier mais cela a profité au DG de SIAB qui a gagné en temps, deux ans pour continuer à oser maintenir.

Victor EHE est le prototype de banquier carabiné. Il se donne l’habitude de monter des dossiers farfelus, histoire de profiter dans de multiples voyages et missions sur lesquels il profite pour mener ses affaires louches.

La dernière invention de l’espiègle EHE était celle d’une histoire de faussaires saoudiens qu’il a invité à venir piller la banque. Une parenthèse sur laquelle nous reviendrons.

La SIAB n’a pas aujourd’hui d’avenir. Les cadres influents, Directeur commercial, 70 ans, Directeurs des risques 65 ans manquent de performance : Ils sont à la retraite.

La confusion qui règne au sein de cette banque est énorme. La société d’avocat désigné pour gérer l’administration provisoire est en même temps conseil de la banque. Les contestations de ces manœuvres de non-droits sont punies de peines de licenciements. Plusieurs crédits en souffrances. Népotisme à la clé sont des situations qui fragilisent le patrimoine libyen géré par le sieur Victor EHE. Des magouilles dont nous réservons les détails qui surprendront les responsables du secteur bancaire. L’Etat togolais aura sa lourde responsabilité dans cette pagaille, association des banques devra aussi se pencher sur cette affaire qui ne sied pas à une institution sérieuse.

L’économie togolaise pour se stabiliser a besoin des institutions crédibles qui forcent l’admiration et encouragent des investisseurs. Ce n’est pas le cas pour la SIAB qui continue sa descente aux enfers sous les auspices de Victor EHE, un repris de justice.

Carlos Ketohou

Source : independantexpress.net

 

 

SIAB : La vache laitière de Victor Ehe

Togo, Santé publique: Faure, devant la réalité du vide.

« Les conséquences corrigent mieux que les conseils ». C’est une évidence. Seulement qu’au Togo, l’impréparation et l’improvisation qui déteignent sur l’imprécision dans les actions du gouvernement, constituent à n’en pas douter les socles de cette navigation à vue dont souffrent les populations togolaises au titre de victimes collatérales d’un sinistre d’Etat. Sans hôpital de référence, sans dispositifs sanitaires les plus performants, sans eaux ni soutiens aux médecins… voilà le triste paysage sanitaire au Togo d’où le fourvoiement régulier d’un gouvernement en mal de repères face à l’avènement d’un mal mondial : le Covid-19. Mais comment se prendre devant l’urgence ? Voilà toute la complexité d’une réalité.

« A l’impossible, nul n’est tenu ». Cette locution proverbiale devrait normalement être comprise de tous. Mais les membres de l’exécutif togolais semblent ne pas réaliser que lorsqu’on estime que vous n’avez rien et par conséquent, vous ne pouvez rien, c’est dire qu’il n’y a pas moyen à faire la magie devant l’existence du néant. Rien, c’est zéro, pour faire court. Dans ces circonstances, la seule solution qui vaille pour retourner la situation en sa faveur, est de tout faire pour avoir quelque chose avant de prétendre agir plus efficacement.

Mai 2011 : ce fut le début du commencement. Exaspérés par l’insouciance des premiers responsables du pays qui toujours, trainent les pas dans la satisfaction des revendications sociales des médecins, ces derniers, regroupés au sein du SYNPHOT, Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo, ont lancé une série de grèves afin de paralyser leur secteur et ainsi, pousser les membres du gouvernement à agir en bonus pater familias. Mais que nenni !

De cadre de réflexion en cadre de réflexion, d’une commission à une autre et des accords signés sans volontés manifestes de la partie gouvernementale à honorer ses engagements, de 2011 à 2020, neuf années se sont écoulées sans que les réels problèmes évoqués par les praticiens hospitaliers n’aient trouvé satisfaction.

Pour rappel, dans les revendications du personnel soignant, on y trouve l’amélioration des conditions de travail, entre autres, des primes de risques de contagion et primes d’usure psychologique, un audit des centres hospitaliers et des structures sanitaires et l’adoption du statut particulier du personnel de la santé. Mais, de l’ancien ministre de la santé, Komlan Mally à l’actuel, le Pr. Moustafa Mijiyawa sans oublier le passage du Pr. Charles Kondi Agba, plusieurs points de ces revendications n’ont jamais été conclus. Mais ce à quoi, l’on a souvent assisté, est le dilatoire du gouvernement en sus de l’arbitraire sur le fond de propos discourtois de certains responsables de l’exécutif vis-à-vis du personnel soignant.

En effet, en 2015, le temps s’était brusquement arrêté tant les déclarations d’un Premier ministre togolais avaient notoirement choqué. « Le secteur de la santé est pris en otage pour rien par des grèves répétitives », a déclaré l’ancien Premier ministre Arthème Ahoomey-Zunu au personnel soignant lors d’une visite inopinée au Centre hospitalier régional (CHR) de Lomé Commune. (Le centre où l’on traite aujourd’hui les malades du coronavirus). Ce jour-là, le chef du gouvernement avait même mis les pieds dans le plat en tenant un discours qui a irrité plus d’un, surtout les citoyens du « bas peuple ». « Les autorités ne pourront jamais venir se faire soigner dans les hôpitaux. Si on ferme la morgue, et que moi j’ai envie d’aller chercher un corps, j’ai les moyens de la faire. La fermeture de la morgue ne pénalise que le bas peuple », avait-il déclaré sous le regard médusé du personnel soignant. « Ceux-là nous prennent pour des demeurés », a lâché, furieux, l’un des praticiens hospitaliers. C’était le comble, ce jour-là. Mais il convient de noter qu’en ces temps du coronavirus, et les autorités et le bas peuple seront logés à la même enseigne. Nul ne peut avoir ce privilège de prendre à nouveau les airs pour aller se soigner ailleurs. Bien plus, ce sont les mêmes médecins togolais dont ils ont toujours méprisé le droit de grève pour de meilleures conditions de vie et de travail qui seront au chevet de tous, parfois au péril de leur vie. Qui l’eût cru? La roue de l’histoire tourne, elle tournera encore et toujours.

Aujourd’hui, l’histoire semble donner raison à ces valeureux hommes en blouse blanche qui avaient souhaité un audit des centres hospitaliers et des structures sanitaires en vue d’un basculement du Togo vers des hôpitaux plus modernes et donc mieux équipés. C’aurait été le cas depuis des années, soit leur cause entendue par les décideurs, que l’on n’assisterait pas aujourd’hui à ce cocktail d’improvisations observées dans la gestion de la crise sanitaire.

Sans eaux dans les urgences sanitaires au CHR Lomé Commune (CHR-LC) d’après les révélations de certains confrères, une réalité certainement connue des autorités togolaises depuis des années, et des équipements sanitaires assez vétustes…, c’est bien triste que ce soit aujourd’hui que le gouvernement togolais ait pris la mesure de la chose et senti la nécessité d’engager une course contre la montre pour entamer des travaux de rénovation de cette structure et la doter progressivement de matériels adéquats et plus performants. C’est curieux que ce soit aujourd’hui que les premiers responsables du pays se soient réveillés de leur sommeil de plomb pour enfin constater l’échec patent de leur politique nationale de santé. En face d’eux, c’est presque du vide et ils en sont conscients. Parce que la contractualisation tant vantée par le pouvoir public, cette trouvaille des autorités se révèle aux yeux de tous comme de la poudre de perlimpinpin. « La situation est telle que nous avons vraiment le sentiment que le système de santé est sinistré et qu’il faut des mesures urgentes et malheureusement, ces mesures urgentes ne seront pas prises en compte par le processus de contractualisation », déplorait le Pr. David Dosseh au début de cette histoire de contractualisation.

Aujourd’hui, comment comprendre que parmi tous ces centres hospitaliers et structures sanitaires sous contractualisation, le gouvernement togolais n’a pu trouver sur le territoire national, le meilleur endroit pour prendre en charge les malades du covid-19 et qu’il faille se démêler avec le CHR-LC, en vidant un beau matin sans préavis et sans coup férir les patients qui s’y trouvaient? La nation togolaise a indubitablement du chemin à faire.

La réalité est qu’en quinze (15) années de gouvernance sans partage, cette pandémie vient révéler au grand public, les limites du pouvoir togolais en matière de politiques de santé publique. Certes, comparaison n’est pas raison, mais l’hôpital de référence construit au Niger sous l’actuel président Issifou Mahamadou, est un véritable chef-d’œuvre qui vient couronner tous les succès et efforts consentis par ce président pour le peuple nigérien. Un bel exemple à suivre par ses pairs de la sous-région.

« Il n’est jamais trop tard pour bien faire », précise l’adage. Le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, peut encore surprendre positivement ses compatriotes. Vivement que cela arrive pour le plus grand bonheur de tous.

Sylvestre Beni

Source : La Manchette No.0103 du 15 avril 2020

 

 

Togo, Santé publique: Faure, devant la réalité du vide.

 

Chronique : Si Kpodzro mérite la croix, l’opposition mérite la guillotine.

De loin, même si nous ne semblons pas être très intéressés, nous avons tout de même suivi en début de semaine, les débats autour d’une déclaration de l’Archevêque émérite de Lomé, Mgr Kossi Philippe Fanoko Kpodzro. Mais, du fait de la fréquence des flèches qui s’abattent sur l’homme, il urge qu’on prenne quelques minutes pour évoquer le sujet. Alors, allons-y !

Dans les faits, une frange de l’opposition, portant le glaive, accuse sans discernements le nonagénaire prélat de tous les péchés d’Israël. D’après leur témoignage, Mgr Kpodzro traitait les leaders de l’opposition de corrompus, pour avoir trahi, selon lui, le peuple en échangeant sa quête pour l’alternance et plus de démocratie contre des sommes d’argent reçues du régime en place. Puis, sur le sujet, cette frange de l’opposition dit être convaincue que cet évêque ne saurait apporter de preuves, au plus, il ne peut qu’énumérer des rumeurs. Marquons l’arrêt !

Aussi bien sur le fond que sur la forme, que reproche-t-on exactement à Mgr Kpodzro ? Reprenons les termes : « Mgr traitait les leaders de l’opposition de corrompus, pour avoir trahi, selon lui, le peuple en échangeant sa quête pour l’alternance et plus de démocratie contre des sommes d’argent reçues du régime en place ». Où se trouve la contrevérité ? N’est-ce pas que dans ce pays, des gens, sans idées et sans stratégies, mus par une haine viscérale qui déchire le Ciel, se sont regroupés par un attelage indigeste appelé C14, et ont bradé sans coup férir l’œuvre de milliers de Togolais par l’acceptation de 30 millions de Francs CFA ? Un fait nié au tout début de toute leur âme avant la répugnante confession : « Oui, nous avons pris 30 millions francs du président Ouattara ». Que le Ciel ait pitié ! Comment de si grands messieurs peuvent naïvement croire que le chef de l’Etat ivoirien peut leur octroyer 30 millions de Francs CFA pour combattre et liquider le régime de son ami ? C’est vrai, qu’il est souvent difficile de réveiller quelqu’un qui fait semblant de dormir.

Bien plus, n’est-ce pas que dans ce pays, sur une chaine de télévision, un opposant a ouvertement déclaré sans être sous l’emprise d’un stupéfiant : « Nous prenons de l’argent (du régime, ndlr), et nous allons encore prendre… » ? La belle vidéo circule encore sur les réseaux sociaux. Alors, que reproche-t-on à Mgr Kpodzro ? Où se trouvent donc les allégations dans ce qu’il a déclaré ? Vous voulez des preuves ? En voilà quelques-unes. Décidément, l’homme oublie très vite. « En outre, pour moi, n’en déplaise à des saintes ni touche, compte tenu de la faible propension des Togolais à financer les activités des partis d’opposition, si un leader de l’opposition prend de l’argent chez quelqu’un du régime pour financer la lutte pour la démocratie, je ne peux pas le condamner », dixit un leader éclairé de l’opposition. Souffrez du terme ! Alors, pourquoi condamnez-vous Mgr Kpodzro ? On nous parlera peut-être de l’attitude primaire de l’homme : « Le mauvais, c’est toujours autrui ». Passons !

Plus loin, il est reproché au prélat de diviser l’opposition. Là, l’on se demande pourquoi certains ont horreur de l’esprit de vérité ? Mgr Kpodzro était-il de l’aventure de la C14 ? A-t-il participé aux réunions du CST ? Etait-il membre du FRAC ? Coordonnait-il les travaux de la Coalition Arc-en-ciel, du FAR, du COD 2, etc. la réponse est bel et bien non. Alors, pourquoi tous ces fronts, coalitions et regroupements n’ont-ils pas résisté au temps et partaient toujours en fumée ? Messieurs, l’inconséquence n’est pas une vertu. La classe politique de l’opposition togolaise porte toujours en elle-même, les germes de sa propre destruction, de sa faillite et de son échec. La raison est simple : c’est la crise de leadership qui tire sa source du mépris, de l’arrogance ou de l’égoïsme surdimensionné et rédhibitoire de quelques messieurs qui peuplent l’opposition et qui toujours, se croient plus importants que les autres, pensant détenir à eux seuls le titre honorifique d’opposants au Togo. Ce sont eux qui peuvent accorder le titre d’opposant aux autres, ce sont eux qui peuvent juger de qui est opposant et de qui est demi-opposant et de qui ne l’est pas. Mais c’est encore eux qui cherchent palabre partout et dans tout. Une bien triste réalité.

De grâce, laissez Kpodzro tranquille. Beaucoup savent aujourd’hui que celui traîne son cercueil avec lui, d’après ses propres déductions, est le vrai opposant au régime togolais. Sans agenda caché, sans courir pour 30 millions, ce vieux espère juste un jour entonner le cantique de Siméon avant de rejoindre le Père céleste : « Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples », Luc 2, 29-31. Oui, tout ce qui compte pour Mgr Kpodzro, c’est l’alternance au Togo, juste ça !

Mais attention, l’exercice en soi n’est pas de dédouaner Mgr Kpodzro, loin s’en faut ! Le vieux, par moments, commet des gaffes, il sort des énormités, il cède à sa passion. C’est humain. Rappelez-vous de la récente attitude du Pape François contre une fidèle le 31 décembre 2019 sur le parvis de la basilique Saint-Pierre à Rome en Italie. « Tant de fois nous perdons patience. Cela m’arrive à moi aussi. Je m’excuse pour le mauvais exemple donné hier ». Le Pape François, au lendemain de son geste. Alors, tout homme est faillible. Mais le mal togolais est aussi longtemps porté par des opposants carriéristes, des êtres revanchards qui ne se pardonnent et se mangent crument le nez devant le loup. En fait, ils oublient l’essentiel. « Errare humanum est, perseverare diabolicum » (l’erreur est humaine, persévérer dans son erreur, est diabolique ».

Alors, si Mgr Kpodzro mérite la croix pour ses errements, l’opposition quant à elle mérite la guillotine pour ses trahisons. D’aucuns peuvent se demander si Mgr Kpodzro mérite la croix et l’opposition, la guillotine, qu’en sera-t-il du régime togolais souvent coupable de l’épée contre le peuple ? Il mérite… à vous l’honneur !

Sylvestre Beni

Source : La Manchette

 

 

Chronique : Si Kpodzro mérite la croix, l’opposition mérite la guillotine.

 

Sacré Togo, sacrés Togolais !

Quand on était petits, à l’école primaire, en classe de CM2, début des années 70, on écoutait avec curiosité pendant la leçon de géographie les explications du maître sur ce qu’était « l’anomalie climatique du Sud-Togo ». Certes il était assez facile d’apprendre par cœur l’explication du maître et répéter celle-ci le cas échéant pendant les épreuves du fameux CEP (Certificat d’Etudes Primaires). Mais comme pour beaucoup de mes camardes qui n’avaient jamais encore voyagé au-delà des frontières de notre Sokodé natal cette expression anomalie climatique du Sud-Togo était pour moi aussi un mystère. Il a fallu attendre mes études à l’Université du Bénin, grâce auxquelles j’ai pu vivre une année entière à Lomé pour appréhender concrètement la simple réalité qui se cache derrière cette expression barbare d’anomalie climatique du Sud-Togo. Un camarade m’a dit un jour sur le campus sur le ton de l’ironie que l’expression aurait été inventée par un professeur de géographie en manque d’inspiration. En tout cas, ironie ou pas, l’anomalie climatique du Sud-Togo a fait des ravages parmi des générations d’élèves lors des examens.

En décembre 2017 dernier l’opposition togolaise regroupée au sein de la C14 a remis cette expression au-devant de l’actualité politique dans un document envoyé aux Chefs d’Etat lors du sommet de la CEDEAO en qualifiant cette fois le Togo tout entier « d’anomalie politique au sein de l’espace ouest-africain ». En dehors peut-être de notre cher Président qui présidait aussi le sommet, est-ce que les autres Chefs d’Etat présents avaient compris ce que cela voulait dire ? On peut en douter au vue des volets de bois verts que cette opposition a assénés par la suite à la CEDEAO et ses facilitateurs quand les choses n’ont pas tourné comme on l’espérait.

Anomalie, c’est ce que m’inspirent la plupart des déclarations que j’ai pu lire ou entendre ces derniers jours suite au décès de notre compatriote Edem Kodjo. Comment ne pas parler d’anomalie quand je lis toutes les charges qui sont déversées sur son cadavre encore frais ? L’anomalie ici c’est que pour une fois il y a unanimité entre les Togolais : ceux qui veulent vouer Edem Kodjo aux gémonies et ceux qui, faute de pouvoir le défendre, essayent de lui trouver des excuses, des circonstances atténuantes. Ainsi même ceux qui lui sont plutôt favorables ne peuvent s’empêcher de relever ses « défauts » pour mieux jouer la carte de l’incompréhension, histoire peut-être pour eux de se prémunir contre les réactions courroucées auxquelles s’expose ces derniers temps toute personne qui refuse de porter l’uniforme à géométrie variable du politiquement correct.

C’est sûr et certain, Edem Kodjo ne pouvait pas avoir été un Grand Homme. Il fut au mieux un Homme incompris. Si Edem Kodjo ne pouvait donc pas être un Grand Homme parce qu’il avait servi un régime, je voudrais demander quel type d’homme serait celui qui, lui, avouait en larmes « qu’il n’était qu’au service d’un homme » ? C’est vrai que celui qui sert un homme uniquement est moins responsable que celui qui a servi un système. Equation mathématique à une inconnue : qu’est-ce qui différencie un homme de son système ? Apparemment, comme l’anomalie climatique du Sud-Togo, l’anomalie politique du Togo n’est pas facile à cerner. Place Freau-Jardin, vous vous en souvenez ? C’était certainement une anomalie, intérieurement ministérielle, celle-là.

l y a quelques années, un ami m’annonçait la mort d’un baron du régime Eyadéma. Ma réaction a été spontanément « Paix à son âme ». Ce à quoi mon ami a répondu que je ne dois pas dire ça pour quelqu’un qui a été un baron d’un régime sanguinaire. Moi, surpris, je demande à mon ami, qu’est-ce je devais dire, à son avis. Et face à son silence qui me paraissait trop long, j’avais ajouté, je pouvais aussi dire qu’il aille au diable ou en enfer. Mais qu’est-ce que cela m’aurait rapporté. Rien, répondit mon ami. Puis on passa à autre chose.

Grand ou Petit, Edem Kodjo laisse derrière lui des proches pour qui sa disparition est un immense chagrin, alors laissons les faire leur deuil dans le RESPECT DÛ à toute personne décédée. Edem Kodjo, repose en paix. Condoléances les plus attristées à la famille.

Moudassirou Katakpaou-Touré

Francfort, le 14 avril 2020

 

 

Sacré Togo, sacrés Togolais !

 

Prof. Nubukpo : « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante »

Réuni lundi en Conseil d’administration, le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé un « allègement immédiat » de la dette du Togo ainsi que de 24 autres pays dans le monde. Cet allègement s’inscrit dans le cadre du fonds de secours en cas de catastrophe déployé par l’institution dans sa réponse à la crise sanitaire du Covid-19 dans le monde. Dans une tribune publiée sur Lepoint.fr, l’économiste togolais Prof. Kako Nubukpo se prononce sur le sujet. Il s’interroge sur la persistance de la dette en Afrique. Pour l’universitaire, l’annulation massive de la dette africaine ressemble à s’y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde. « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, cars les mêmes causes produiront les mêmes effets », a-t-il averti. Lecture !

Les chiffres donnent le tournis : les ministres africains des Finances et l'Union africaine demandent un allègement immédiat de la dette de 44 milliards de dollars et la constitution d'un fonds supplémentaire de 50 milliards de dollars pour faire face au report du paiement des intérêts de la partie non-annulée de la dette africaine. Après le FMI et la Banque mondiale, le G20 et le président français Emmanuel Macron ont annoncé un allègement massif de la dette africaine. Même le pape François a réclamé dimanche dernier lors de sa bénédiction pascale « Urbi et Orbi » l'annulation de la dette africaine. De quoi ce bel unanimisme est-il l'expression ? Pourquoi les dettes africaines reviennent de façon récurrente dans le débat international comme l'illustration de la compassion du reste du monde à l'endroit de l'Afrique ?

Au départ, une vision de la solidarité pour le développement

Le monde de l'après-Seconde Guerre mondiale s'est construit sur l'idée que les pays riches devaient aider les pays pauvres à impulser leur processus de développement, en finançant l'écart entre les besoins d'investissement de ces derniers et leur faible épargne intérieure. Le schéma fut celui du plan Marshall qui a permis à l'Europe de financer sa reconstruction et d'enclencher la période faste dite des Trente Glorieuses, qui prit fin avec la première crise pétrolière de 1973.

Cette vision de l'aide connut d'autant plus de succès qu'elle était d'une simplicité désarmante – l'appui financier dédouanait de l'effort d'appréhension de la complexité des spécificités institutionnelles – et semblait obéir à une logique de gains mutuels dans la mesure où des pays aidés renouant avec la prospérité économique deviennent de facto des partenaires commerciaux florissants : « La marchandise suit l'aide. »

L'Afrique n'échappa pas à cette doctrine portée au pinacle par le FMI et la Banque mondiale et illustrée par une série de plans successifs d'allègements de la dette : le plan Brady, le plan Baker, le plan Kissinger, etc. du nom de secrétaires d'État américains successifs, jusqu'à l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) qui a permis au début des années 2000 d'effacer massivement la dette africaine.

L'implacable réalité pour l'Afrique

La logique derrière l'allègement de la dette est implacable : pour que l'Afrique soit un véritable partenaire commercial, c'est-à-dire pour qu'elle puisse acheter des biens et services en provenance du reste du monde, il faut qu'elle puisse disposer de marges de manœuvre budgétaires et des ressources privées suffisantes, la fameuse capacité d'absorption. Mais pour que sa capacité d'absorption fût préservée, il fallait régulièrement effacer sa dette dont le service (remboursement d'une partie du principal et des intérêts) plombe sa capacité à s'insérer harmonieusement dans le jeu commercial international. Les annonces actuelles d'annulation des dettes africaines n'échappent pas à cette logique, dans un contexte où l'après-crise de Covid-19 s'annonce difficile pour les économies du monde développé et émergent.

Pourquoi la dette persiste-t-elle ?

En revanche, relativement peu de gens se posent la question de savoir pourquoi les dettes africaines reviennent toujours, pourquoi l'Afrique n'arrive pas à se sortir de la spirale infernale du surendettement. Or, c'est dans la réponse apportée à cette question structurelle que réside une véritable émergence du continent africain :

Le premier facteur explicatif de l'endettement africain récurrent est le taux de pression fiscale (rapport entre les recettes fiscales et la richesse créée au cours d'une année) en Afrique subsaharienne qui est structurellement bas, inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), alors qu'il se situe au-delà de 40 % dans le monde développé. Or, ce sont les ressources fiscales qui constituent l'essentiel des recettes des États, leur permettant de financer les dépenses publiques. Qui dit donc taux de pression fiscale élevé, dit a priori bonne couverture des dépenses publiques par les recettes éponymes.

Le deuxième facteur explicatif du surendettement est le niveau structurellement élevé des taux d'intérêt réels en Afrique, souvent plus du double du taux de croissance économique ; or, quand vous empruntez à un taux d'intérêt supérieur au taux de croissance économique, il y a peu de chances que vous puissiez rembourser votre emprunt, vu que le rythme de création de richesses (le taux de croissance économique) est plus faible que le coût d'acquisition des moyens de création de richesses (taux d'intérêt). Ce raisonnement est aussi valable sur le plan microéconomique que macroéconomique. Résultat des courses pour les États africains, les flux de déficits s'accumulent et se transforment en stock additionnel de dettes en fin d'année budgétaire.

Le troisième et dernier facteur (le plus structurel) est l'étroitesse de la base productive africaine. L'Afrique ne se décide toujours pas à produire elle-même ce qu'elle consomme. Elle se complaît dans la place qui lui a été assignée dans la division internationale du travail, à savoir exportatrice de matières premières dont les recettes sont volatiles et moins élevées que les prix des biens et services qu'elle importe massivement pour faire face à sa forte demande sociale, conformément à la loi dite de Prebisch-Singer. Le résultat de cette insertion primaire de l'Afrique au sein du commerce international est l'accumulation de déficits dits jumeaux, à savoir le déficit budgétaire et celui du compte courant de la balance des paiements.

Une approche inadaptée parce que d'un autre temps

Au final, l'annonce de l'annulation massive de la dette africaine ressemble à s'y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde. L'Afrique d'après le Covid-19 ne peut accepter de jouer un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, car les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Des dirigeants qui détournent massivement les aides et prêts à eux consentis par la communauté internationale qui, tel le Tartuffe de Molière, détourne pudiquement les yeux de la mauvaise gouvernance chronique des économies africaines. Peut-on décemment se glorifier d'effacer une dette africaine dont les montants n'ont que très peu aidé l'Afrique ? Peut-on applaudir les mauvais élèves au détriment des bons élèves, qui péniblement tentent d'assainir leurs finances publiques année après année, mettent en place le contrôle citoyen de l'action publique et ont à cœur la poursuite de l'intérêt général ? L'allègement de la dette ne doit pas se traduire par une démobilisation générale de l'Afrique qui lutte au quotidien pour sa dignité et sa souveraineté, cette « Afrique d'après » que nous appelons de nos vœux. Il ne doit pas servir à récompenser les « passagers clandestins » de la bonne gouvernance.

L'économie politique de la compassion internationale ne peut être la voie privilégiée de l'émancipation africaine. Méditons ensemble ce proverbe qui dit : « La main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit. »

Source: Le point.fr

 

 

Prof. Nubukpo : « L’Afrique d’après le Covid-19 ne peut accepter de jour un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante »

Armées togolaises : Voici venue l'heure…

L’armée togolaise n’est pas assez entrée dans l’histoire ! Cette formulation de forme est empruntée d’un discours de l’ancien président français Nicolas Sarkozy qui plutôt disait que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Ainsi, s’agissant du Togo, ce serait bien d’ajouter à l’idée l’adverbe positivement pour être au complet. L’armée togolaise n’est pas assez positivement entrée dans l’histoire. Car, les tragiques évènements qui tracent la vie politique de la nation togolaise ont toujours laissé au fil des années, des étiquettes malheureuses sur ce corps de métier, notamment les FAT, forces armées togolaises. Puis, les années passent sans qu’il ne soit possible de changer le cours de l’histoire et des conceptions. Or, ce n’est pas pour autant des occasions qui manquent.

Trêve de spéculations ! Il ne s’agit en aucun cas, dans l’idée, d’appeler les FAT à faire un coup d’état pour entrer dans l’histoire, non ! Ceux qui tiennent des discours contraires ont peut-être une raison qui ici, n’est pas la nôtre. Puisqu’en vérité, il s’agit d’inviter un corps de métier à marquer positivement l’histoire, impacter son pays, œuvrer à sortir de l’esprit des populations togolaises toutes ces pages noires qui font malheureusement son histoire.

Le 13 janvier 1963, c’est à travers un coup d’état que les forces armées togolaises se sont illustrées et immiscées sur la scène nationale et internationale, renvoyant l’image d’un Togo, premier pays a assassiné son premier président démocratiquement élu. Puis, l’enfer se perpétue. Le 13 janvier 1967, bis repetita, prise de pouvoir par l’armée avec Eyadema ; 05 octobre 1990, répression sanglante d’un soulèvement populaire ; 03 décembre 1991, attaque du gouvernement de la transition démocratique de Me Joseph Kokou Koffigoh ; 05 mai 1992, le carnage de Soudou ; 22-23 octobre 1992, prise d’otage des membres du HCR, Haut Conseil de la République de Mgr Kpodzro ; 23 juillet 1992, meurtre de Tavio Ayao Amorin ; 25 janvier 1993, tragédie de Fréau Jardin sans oublier les massacres de la lagune de Bè en avril 1991 et les tristes souvenirs des mois de février et avril 2005 après la surprenante disparition du général président Gnassingbé Eyadema…la liste est longue.

En effet, la litanie des faits politiques majeurs que retient l’histoire de la République du Togo n’honore pas les FAT. Sur plusieurs tableaux, elles ont toujours été citées en mal. Car, la population togolaise dans sa majorité semble garder une certaine aversion vis-à-vis des hommes en treillis à cause du comportement des « éléments incontrôlés » qui sèment la désolation. Le général Eyadema l’a su et, plusieurs initiatives ont été prises pour corriger le tir et retisser les liens. Mais, c’est sans succès. L’époque de réconciliation armée-nation initiée par le président Eyadema après des heures de heurts, n’a absolument rien donné vu que les divisions étaient incommensurables et les blessures, trop profondes. Il fallait bien plus pour recolmater les brèches. Désormais, il faut tout refaire.

Covid-19, et si c’est enfin le moment !

Dans les mesures urgentes de riposte contre la propagation du virus, le Gouvernement togolais a décidé d’un couvre-feu de 20h à 6h. Environ 5000 hommes ont été retenus pour assurer le respect de cette mesure gouvernementale. Et c’est fini ! certains de ces hommes en uniforme croient avoir reçu le permis de la violence.

Au premier jour du couvre-feu, ils se sont déchaînés sans ménagement sur de pauvres populations civiles sans défense, c’est-à-dire, sur des individus qui, à moins qu’ils ne soient des « récalcitrants » selon le terme du ministre de la sécurité Yark Damehame, se trouvent pris ou surpris dans la rue aux heures prévues pour le couvre-feu. La violence inouïe de ces treillis sur leurs compatriotes a souvent laissé l’opinion nationale, voire internationale sans voix. Espéraient-ils l’occasion pour en découdre avec une population civile de laquelle ils sont issus ? La question reste posée. Mais rien n’est encore perdu pour tout esprit épris de changement car, dans la vie, il y a toujours de réelles chances pour se reprendre et changer.

En effet, sur plusieurs cieux, en cette difficile période de coronavirus, ce sont les forces armées qui viennent prêter main forte aux médecins qui sont en première ligne de la lutte contre la pandémie. Les exemples sont légion, il faut juste énumérer quelques-uns.

En France par exemple, les forces armées ont été déployées sur tous les fronts face à un ennemi invisible, la pandémie du covid-19. Ils aident les médecins dans le transfert des patients afin d’éviter l’engorgement des urgences hospitalières. En Espagne, les militaires sont présents dans toutes les régions du pays pour transporter les morts, bâtir en temps record des hôpitaux de campagne et désinfecter des bâtiments publics et privés. En Italie, ils sont nombreux sur tous les fronts. Pas plus loin du Togo, le Ghana, les forces armées se sont mobilisées pour aider les civils à dégager les immondices qui peuvent être sources de contamination de la maladie. Pendant ce temps, au Togo, la population est en courroux contre les forces armées du fait des zélés qui peuplent ce corps et qui excellent dans des violences aveugles et barbares en cette période de crise qui commande l’union.

Alors, pour finir avec cette triste image collée aux Forces armées togolaises qui souvent, se défoulent sur les civils, M. François Boko, ancien officier de la gendarmerie togolaise propose d’« évitez d’utiliser les moyens militaires uniquement sous l’angle coercitif et de contrôle de la population. Optimisez-les plutôt sous l’angle humanitaire afin qu’ils participent à l’effort collectif de lutte contre la pandémie du Covid-19 : opportunité d’une cohésion nationale au Togo ». Il a aussi souhaité qu’on « instruise la hiérarchie militaire et celle de l'administration pénitentiaire à établir et exécuter un plan de pulvérisation et d’assainissement des casernes, des établissements pénitentiaires et autres lieux de détention de la police judiciaire au Togo ». Pourquoi ne peuvent-ils pas aider à désinfecter les marchés et autres espaces publics dans le pays, sans oublier les zones à forte concentration les jours ouvrés ? D’ailleurs cela répond bien aux dispositions de l’article 149 de la Constitution Togolaise qui donne plein droit à l’armée d’accomplir les travaux d’utilité publique. Se faisant, les éléments de la police, de la gendarmerie ou de l’armée auront du prix aux yeux des Togolais.

En somme, l’idée reste noble et peut valablement contribuer à regarder autrement que méchamment les Forces armées togolaises. Ce serait aussi l’occasion pour les treillis de se faire tant soit peu pardonner par un peuple qui se sent souvent méprisé et martyrisé pour ses envies de liberté et de démocratie. Ainsi, l’on parlera d’une armée utilitaire, d’une armée du peuple, une armée au service du peuple. Aussi ne cesserait-on de le dire, l’armée qui sait manier et le bâton et la carotte, c’est-à-dire jouer sur la pédagogie avant la sanction est plus respectée.

Au demeurant, aux FAT, les populations togolaises ne leur demandent qu’une chose : le respect des dispositions constitutionnelles qui régissent leur profession. Article 147 de la Constitution : « Les Forces armées togolaises sont une armée nationale, républicaine et apolitique… ». C’est dire que l’image des hommes en tenue qui criaient un coup K-O lors de la dernière campagne présidentielle, cette image doit en réalité faire pitié et, à partir du moment où l’on opte pour le professionnalisme, elle ne sera désormais qu’un mauvais souvenir. C’est une certitude que les Forces armées togolaises jouent un grand rôle dans la protection et la défense du territoire national, une mission ô combien difficile et compliquée qui mérite respect et encouragement de la part des populations. Cependant, il ne reste qu’à l’armée de soigner au mieux, ses relations avec les civils. En réalité, c’est de ça qu’il s’agit.

Alors, Forces armées togolaises, voici venue l’heure du changement pour tous !

Sylvestre BENI

 

 

Armées togolaises : Voici venue l'heure…

 

Togo, Solidarité : Cuba envoie des médecins, la France interdit des journaux !

Avec 77 cas confirmés, dont 44 actifs pour 29 guérisons, trois décès, la pandémie du Covid-19 continue de progresser au Togo, à un rythme moins élevé pour l’instant que celui des pays développés. Dans ce contexte, Cuba a décidé répondu favorablement à la demande des autorités togolaises et envoyé au Togo des médecins de la « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » pour lutter contre la pandémie.

La Solidarité internationale, Geste rare en ces temps de crise !

C’est par un message Twitter que l’ambassadeur de Cuba auprès de l’Union Africaine, M. Angel Villa a indiqué : « La brigade médicale cubaine arrivera au Togo pour combattre le Covid-19. La solidarité prévaut ! » Effectivement et c’est à mettre à l’honneur de ce petit pays des caraïbes dont la réputation en matière de système de santé n’est plus à faire. Et le ministre des affaires étrangères de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parilla ajoute : « C’est la première fois qu’une brigade médicale cubaine apporte son appui au Togo. C’est un engagement de Cuba envers un pays avec lequel nous avons des liens historiques d’amitié et de solidarité ». Sur son compte twitter le ministre indique que « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies. La ccopération internationale est essentielle pour freiner sa progression et en atténuer les effets. Les différences politiques doivent être écartée, pour ouvrir la voie à la recherche conjointe des réponses nécessaires. #Cubasalvavidas ». [Cuba sauve des vies, NDLR] [i] Le ministre Cubain poursuit « Les médecins cubains ont été accueillis par le premier ministre Togolais, Komi Sélom Klassou, le ministre des affaires étrangères Robert Dussey et le ministre de la santé. Le premier ministre a transmis les remerciements de son président à Cuba ».

Ce renfort de médecins cubains arrivés au Togo, prolonge la solidarité internationale de la République socialiste de cuba envers l’Afrique ou des médecins cubains de « 18ème Brigade médicale Henry Reeve » sont à pied d’œuvre en Angola depuis plus d’une semaine.

Les mots du ministre cubain « La pandémie #Covid-19 ne respecte ni frontières ni idéologies », prennent tout leur sens, si l’on se rappelle qu’au mois de mars, lorsque l’Union européenne restait sourde et ne répondait pas aux appels urgents à l’aide de l’Italie, à ce moment pays du monde le plus durement frappé par la crise du Covid 19, une équipe de 52 médecins cubains de la « Brigade médicale Henry Reeve » a forcé l’admiration en débarquant le 21 mars en Lombardie province la plus durement affectée par la pandémie, ou ils furent accueillis comme des héros. Une seconde équipe a ultérieurement été envoyée en Italie. « Cuba est un petit pays, mais ce que nous pouvons offrir est notre capacité médicale et nous l’offrons avec le cœur », avait déclaré au journal La Stampa, José Carlos Rodriguez l’ambassadeur de Cuba en Italie. [ii]

Cuba, petit pays des caraïbes de 11 millions d’habitants, a développé sous l’impulsion de Fidel Castro, un système de santé publique qui compte 34 universités de médecine, 95.000 médecins, dont 15.000 dentistes, 89.000 infirmiers et infirmières et personnels de santé. A Cuba la santé est une priorité et l’expertise de ses équipes médicales, notamment en matière de lutte contre les pandémies s’exporte dans le monde entier. Plusieurs équipes médicales Cubaines se sont précédemment employées en Afrique, notamment pour lutter contre l’épidémie Ebola. Répondant à une demande de l’OMS, trente des médecins de cette brigade avaient été mobilisés en 2014 pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Habitués des coopérations internationales, plus de 50.000 professionnels de santé de Cuba, travaillent dans plus d’une quarantaine de pays à travers le monde. A ce jour, depuis le début de la pandémie, Cuba, fidèle à ses traditions et à sa politique de coopération internationale a répondu positivement aux 13 autres pays qui après l’Italie ont sollicité son aide dans la lutte contre le Covid-19, et envoyé plusieurs centaines de médecins en Andorre, Angola, Belize, Grenade, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Suriname, Venezuela, Togo…, et se déclare encore prêt à répondre à toutes les demandes d’aide médicale.

Il est souhaitable qu’une fois terminée la pandémie et le Covid-19 maitrisé grâce aux progrès de la recherche médicale, tous ces pays qui ont reçu l’aide concrète des médecins cubains, se souviennent de ce qu’est la solidarité internationale de Cuba, et l’appuient de manière diplomatique, dans sa demande incessante afin que soit levé le blocus criminel mené par les Etats-Unis à son égard depuis le 3 février 1962. Les Etats-Unis qui en ces temps de crise sanitaire ont fait preuve d’égoïsme, pratiquant la mondialisation à rebours par une politique forcenée du chacun pour soi, les conduisant à se rendre sur les tarmacs des aéroports de Chine, pour détourner des masques sanitaires de leur destination en rompant les contrats commerciaux et en payant trois fois le prix en cash. Ou encore lorsque Donald Trump, le « faiseur de deals », en personne a tenté d’attirer aux Etats-Unis les chercheurs allemands de la société CureVac à Tübingen et d’acheter l’exclusivité pour le sol américain d’un éventuel vaccin qu’il était prêt à payer jusqu’à un milliard de dollars pour s’assurer que le médicament en développement dans le laboratoire allemand bénéficie en priorité aux américains.[iii] Ce qui a provoqué la réaction cinglante de l’épidémiologiste allemand et député du SPD, Karl Lauterbach « Le Capitalisme a ses limites. Le gouvernement américain a fait un acte extrêmement hostile ». Pour ce qui concerne le Togo, l’aide des Etats-Unis jusqu’à présent consiste en une vidéo de l’ambassadeur Éric Stromayer appelant au confinement, diffusée le 25 mars 2020. [iv]

S’il faut saluer la solidarité concrète de Cuba pour lutter contre la pandémie du Covid-19, au vu de l’attitude des Etats-Unis, il est permis de s’interroger sur l’aide concrète apportée au Togo dans ce cadre par ses alliés « traditionnels », parmi lesquels les pays du G5 Togo.

Covid-19 : Quelle solidarité avec le Togo de la part des pays du G5 ?

La coordination du G5 Togo, composée de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, et du Système des Nations-Unies, si prompte à se pencher sur l’état de la démocratie au Togo et faire des recommandations à Faure Gnassingbé et au gouvernement, en acceptant sans broncher qu’elles ne soient jamais respectées [v], semble pour l’instant répondre aux abonnés absents. Pas une once d’aide médicale concrète au Togo depuis le début de la pandémie.

En France, depuis le début de la pandémie Macron et son gouvernement étalent aux yeux du monde, le visage de l’incurie et l’incapacité à coordonner efficacement la lutte contre la pandémie. A tel point que des députés de tous bords politiques ont écrit au premier ministre Edouard Philippe pour demander l’aide des médecins cubains pour faire face à l’épidémie. C’est dire !

Sollicitation restée jusqu’ici lettre morte, la France préférant du haut de sa fierté offrir le spectacle des querelles picrocholines au sein du milieu médical et de l’inefficacité de ses dispositifs de lutte, qui conduisent à recourir au confinement comme seul remède efficace, une solution qui remonte au Moyen-âge. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés. La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs. », résume Jean-Dominique Michel, expert en santé publique, anthropologue de la santé.

D’un côté, un Professeur, Didier Raoult, sommité mondiale en tant que spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes, bien connu des milieux médicaux africains où il intervient régulièrement. A l’IHU Méditerranée Infection qu’il a créé et dirige à Marseille, ses équipes ont massivement dépisté, puis traité plusieurs milliers de patients à la chloroquine associée à un antibiotique, obtenant des résultats remarquables (après 10 jours 91,7% des patients avaient une charge virale nulle).[vi] De l’autre une horde de confrères détracteurs, souvent liés contractuellement à des laboratoires pharmaceutiques, qui récusent la méthode semble-t-il efficace de Raoult et préconisent d’attendre des essais cliniques dont les résultats n’interviendront qu’une fois la pandémie terminée.

Ce médicament à très bas coût, 5€ environ soit 3279 FCFA, pourrait intéresser au premier chef, les pays à faibles revenus. Il est d’ailleurs officiellement retenu et préconisé par le Sénégal.

Dans la même période un décret du 28 mars 2020, premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la santé Olivier Véran, déclenchait une polémique en autorisant un médicament le Rivotril, habituellement utilisé sur des patients en détresse respiratoire. A tel point qu’un syndicat professionnel Jeunes Médecins a demandé au Conseil d’Etat de suspendre le dispositif arguant : « L’administration de cette molécule (contre-indiquée en cas d’insuffisance respiratoire) à un patient souffrant du Covid-19 aura pour effet d’atteindre une sédation terminale à domicile entrainant le décès » [vii]. Certains ont immédiatement interprété cela comme une mesure d’euthanasie quand d’autres s’en défendent. Rien que ça !

Si l’Allemagne semble, s’être mieux tirée de la situation de crise sanitaire, grâce à un dépistage massif des populations à risque, les Etats-Unis ne sont guère mieux lotis que la France, quant aux autres pays de l’Union européenne, l’Italie et l’Espagne sont les pays européens qui jusqu’à présent ont payé le plus lourd tribut, malgré un recours massif au confinement des populations.

À force d’avoir obéi aux injonctions de l’Union européenne et sacrifié la santé publique et ses hôpitaux sur l’autel des politiques néolibérales et du marché, l’impréparation notoire aux situations de pandémie se paye aujourd’hui cash, et au prix fort. Après avoir constaté la pénurie de masques et de tests réactifs de dépistage du fait des décisions des gouvernements successifs de Chirac, Sarkozy et Hollande, qui ont appliqué le crédo néolibéral a la politique nationale de santé, et choisi délibérément de supprimer les stocks de réserve au motif de faire des économies de bouts de chandelle, la France est ainsi devenue en ces temps de crise sanitaire sous la gouvernance de Macron, la république des ordres et des contre-ordres, menant une politique de la chèvre et du chou ! Le système médical français sous Covid-19 est un champ de ruines : « pour se fabriquer des sur-blouses de fortune, c’est la course aux sacs-poubelles. Des ateliers de bénévoles découpent et cousent, à leur domicile, du polyester récupéré (entre autres) chez Gamm’Vert. Les masques sont toujours délivrés au compte-gouttes, et pas les FFP2 espérés. Dans les hôpitaux on surveille les stocks de tout, de crème hydratante, de combinaisons, de médicaments. »[viii] …

Pour ce qui est du Togo, bien qu’ayant fait appel aux médecins cubains, les togolais, ne manquent heureusement pas de ressources internes. Après avoir salué l’initiative de plusieurs stylistes et créateurs de mode, tels Saint Addy et Nadiaka (Nadia Karimu-Yessoufou), qui se sont mis spontanément à fabriquer des masques dont le pays était complètement démuni, il est aussi permis de saluer l’initiative de trois jeunes spécialistes des techniques de l’information et de la communication et de l’impression 3D, qui ont dans l’urgence fabriqué un respirateur artificiel dont les tests se sont avérés probants et des visières de protection, selon les explications données par les créateurs qui ont travaillé dans le cadre du Hub de créativité NUNYA LAB, Foli-Bebe Ousia Assiongbon, Directeur Exécutif de EcoTecLab, Komlan Sylvestre Olando, Directeur exécutif de Tidd et Kossi Akapko Fab Manager Fablab ENSI UL[ix]. Il est souhaitable que le plan de soutien de 400 milliards décidé par le gouvernement vienne en aide à ces jeunes pour les aider concrètement à financer ce type de production d’intérêt public. C’est dans cette direction que devrait se tourner le Professeur Kouami Kokou, Directeur de la recherche scientifique du Togo, qui venu s’enquérir de l’avancement des travaux a déclaré « être impressionné », avoir vu du « Top, du haut niveau », a « encouragé les jeunes à aller très vite » et « qu’il verrait dans le cadre de la Commission quel soutien il pourrait apporter à cette équipe-là pour passer du stade de prototype à celui de la production ». La professeur Kokou devrait saisir d’urgence la Coordination Nationale de Gestion de Riposte au Covid-19 au Togo (CNGR Covid-19), censée harmoniser les actions et pallier rapidement aux effets collatéraux négatifs des mesures d’urgence.

Cette créativité permet de mettre à l’honneur les jeunes togolais qui font fi du confinement intellectuel et au lieu de subir font preuve de capacités de réaction à une situation de crise et agissent pour l’intérêt commun.

Il est donc suggéré à l’Etat togolais de valoriser l’initiative de ces jeunes créateurs, en poursuivant sa coopération médicale avec Cuba et en l’aidant à se procurer des respirateurs. Une coopération intelligente au moment ou en raison du blocus des Etats-Unis, Cuba se trouve privé de sa source d’approvisionnement principale en respirateurs pulmonaires, les sociétés suisses IMT Medial AG et Acutronic. Sans doute par souci d’« humanisme confiné » au seul territoire des Etats-Unis, la société américaine Vyaire Medical Inc. Basée dans l’illinois vient d’acquérir au prix fort les deux fabricants suisses. Elle a aussitôt signifié à Medicuba, société importatrice du ministère cubain de la santé publique, « la ligne directrice de l’entreprise que nous avons aujourd’hui est de suspendre toute relation commerciale avec Medicuba » [x]. Si comme l’affirmait Karl Lauterbach à propos des vaccins « Le Capitalisme a ses limites », l’égoïsme des Etats-Unis lui est sans limites.

Difficile dans les conditions que nous venons de décrire, d’attendre le moindre élan de solidarité de la part des pays du G5 tous empêtrés dans une gestion de crise on ne peut plus approximative.

Quant au sens de l’intérêt commun on ne saurait donc mettre tout le monde sur le même plan au constat du rôle de certains dans cette période tourmentée.

La France n’envoie pas de médecins, sa diplomatie attaque la Liberté d’expression et fait interdire trois Journaux togolais, Liberté, L’Alternative, et Fraternité

À la différence de soixante millions de français, la diplomatie française au Togo, ne semble pas vouloir rester confinée… Ainsi avons-nous assisté en pleine épidémie de Coronavirus au déploiement de zèle de l’ambassadeur de France au Togo pour obtenir de la HAAC [xi], la suspension et l’interdiction de parution des journaux L’Alternative, Liberté, et Fraternité, qui au lendemain de l’élection présidentielle du 22 février 2020, avaient osé donner leur avis quant au soutien sans retenue de l’ambassadeur de France à Faure Gnassingbé, dénonçant des entorses à la neutralité.

Cette suspension fut perçue comme l’art de souffler le chaud et le froid, dans les relations entre la France et le Togo, l’art de manier la carotte et le bâton.

Faisant fi des querelles secondaires, une partie de la presse togolaise, la presse debout, lassée des atteintes répétées contre son indépendance, est entrée au Togo dans un affrontement direct et non plus à fleurets mouchetés avec une partie de la diplomatie internationale représentée au Togo, notamment la France. Sans faire un foin du diable, ni entrer dans la gesticulation stérile, ils ont décidé de porter leur riposte au seul niveau qui convient, à savoir le ministre de tutelle de l’ambassadeur de France au Togo, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.

Ainsi le Comité de soutien aux journaux Alternative et Liberté a adressé les 19 mars 2020 au ministre français une lettre de protestation reproduite en annexe dont l’objet affichait clairement la couleur : « Atteinte à la liberté de presse – Protestation contre Marc Vizy Ambassadeur de France au Togo »

Il est possible d’interpréter la demande formulée au ministre par le comité de soutien comme une demande de condamnation d’une forme de « diplomatie compradore », qui consiste à vouloir éradiquer la possibilité d’expression de toute forme de critique de l’action publique, voire d’instituer comme règle l’occultation de la vérité. !

Les journalistes togolais considèrent que l’ambassadeur de France, pas plus qu’il n’était qualifié, es-qualité d’expert sanitaire, pour démontrer que la brasserie BB Lomé propriété du groupe français Castel Frères[xii], respectait ou non les règles sanitaires, ne pouvait davantage démontrer que les critiques formulées à son égard quant à ses propos systématiquement laudateurs du régime Gnassingbé n’étaient pas fondées, à la lecture et à l’écoute de ses nombreuses déclarations publiques relayées par la presse togolaise.

Le quotidien Liberté qui pour la première fois en quinze ans d’existence a été obliger de baisser le rideau pendant quinze jours, avait écrit que : « Depuis son arrivée au Togo, l’ambassadeur de France au Togo, s’est toujours comporté comme si te Togo n’avait aucun déficit démocratique et que chacune des institutions jouait véritablement son rôle. »

La période actuelle caractérisée par la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19, ne semble pas plaider en faveur de la France et atteste que celle-ci parait bien mal placée pour distribuer des accessits dans la mesure ou jour après jour la gestion de la crise par le gouvernement français montre l’amateurisme et des capacités d’organisation défaillantes.

Vivement le retour de Liberté, L’alternative et Fraternité dans les kiosques et plein soutien à tous ces journalistes courageux qui mènent sans faillir le combat pour la liberté d’expression.

Le Couvre-feu fera-t-il plus de victimes au Togo que le Covid 19 ?

Nous avions déjà alerté et interrogé sur les véritables intentions du gouvernement à propos du couvre-feu instauré pour une durée indéterminée au prétexte de la lutte contre le Covid-19.

Il semblerait, que les craintes de nombreux citoyens togolais soient fondées puisque chaque jour apporte son lot d’exactions et d’atteintes à la dignité humaine, au vu des témoignages de plus en plus nombreux relatés par la presse togolaise indiquant que les soldats, gendarmes et policiers chargés de faire respecter cette disposition restent fidèles aux habitudes récurrentes de répression du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé. Ils brutalisent sans raison apparente les paisibles citoyens, enfants, jeunes adultes et même des personnes âgées. On peut ainsi voir dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux [xiii], une grand-mère molestée et blessée à Devinkinmé, à quelques kilomètres à l’est de Lomé.

Plusieurs autres cas de violences ont également été signalés, viol d’une fille dans la préfecture des lacs, un jeune qui revenait de son travail à Zanguéra et fut interpellé aux environs d’Avédji-Limousine, est décédé après avoir été roué de coups jusqu’à l’éclatement des testicules [xiv]. La famille du jeune garçon n’entend pas se taire et demande que justice soit faite.

La lutte contre le Covid-19, ne saurait servir de paravent à des violences gratuites sans aucune justification dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Cette réalité vécue par les togolais depuis que l’état d’urgence a été décrété pourrait peut-être conduire l’ambassadeur de France au Togo à aider les victimes et leurs familles à obtenir réparation. Les exactions commises ces derniers jours sous couvert du respect du couvre-feu, pourraient peut-être permettre à l’ambassadeur de réviser ses « certitudes », à travers les propos qu’il avait tenus en 2018, quelques mois après sa prise de fonctions au Togo, devant un parterre de journalistes et d’hommes d’affaires à l’occasion de l’inauguration d’un nouvel entrepôt de l’entreprise française AGS : « Le Togo connait quelques turbulences politiques souvent un peu exagérées par les médias {…}Nous sommes convaincus que cet épisode de turbulences politiques, les togolais sauront le dépasser dans un cadre pacifique, dans le cadre de la démocratie. Nous avons confiance. Si certains doutent nous ne doutons pas. »

Un jeune tué, une jeune fille violée et une grand-mère molestée, actes suffisamment graves par nature, permettront-ils à l’ambassadeur de France d’infléchir sa conscience et de réviser ses certitudes, de lever les « doutes » quant à la véritable nature du régime RPT/UNIR de Faure Gnassingbé et le conduiront-ils à réviser sa confiance à son égard ?

Pendant ce temps les médecins cubains soignent et sauvent des vies au Togo ! FF.

François Fabregat

16 avril 2020.

Notes :

[1] Ministerio de relaciones exteriores de la Republica de #Cuba, voir : https://twitter.com/cubaminrex

[2] Ministerio de relaciones exteriores de la Republica de #Cuba, voir : https://twitter.com/CubaMINREX/status/1249761894405148679

[3] DAMS J., « Donald Trump greift nach deutscher Impfstoff-Firma » (« Donald Trump s’adresse à une société allemande de vaccins »), Welt Am Sonntag, 15 mars 2020, voir : https://www.welt.de/wirtschaft/article206555143/Corona-USA-will-Zugriff-auf-deutsche-Impfstoff-Firma.html

[4] L’ambassadeur des USA au Togo, Éric Stromayer, YouTube, 25 mars 2020, voir : https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=Q0C21X8Qwb8&feature=emb_logo

[5] La France au Togo, « Déclaration du G5 », Ambassade de France à Lomé, 19 mars 2018, voir : https://tg.ambafrance.org/Declaration-conjointe-du-G5

[6] Institut Hospitalier Universitaire IHU-Méditerranée Infection : « Actualité du traitement », 14 avril 2020, Voir : https://www.mediterranee-infection.com/actualite-du-traitement/

[7] GARRE C., « Soins palliatifs et Covid-19 : polémique autour de la dispensation du Rivotril en ville, les professionnels rassurent », Le Quotidien du médecin.fr, 6 avril 2020, voir : https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/sante-publique/soins-palliatifs-et-covid-19-polemique-autour-de-la-dispensation-du-rivotril-en-ville-les

[8] RUFFIN F., « Après la « prime Gilets Jaunes », la Prime « Blouses blanches » », François Ruffin.fr, 16 avril 2020, voir : https://francoisruffin.fr/prime-soignants/

[9] TADEGNON N.K., « Des respirateurs contre le Coivid-19 au Togo », Deutsche Welle, 13 avril 2020, voir https://www.dw.com/fr/des-respirateurs-contre-le-covid-19-au-togo/av-53106967 ou https://p.dw.com/p/3apXz

[10] TAUPIN M., « Cuba / Blocus / Dernière minute : Trump peut toujours faire pire ! », Cuba Si France, voir :

https://zh-cn.facebook.com/groups/CubaSiFranceInfos/?ref=pages_profile_groups_tab&source_id=153584941870158

[11] Haute autorité de l’Audiovisuel et de la Communication

[12] La brasserie BB Lomé appartient au groupe international français Castel Frères et BGI (Brasseries et Glacières internationales), qui sous la holding DF Holding, se compose d’une kyrielle d’entités, eaux : Cristalline, Thonon, Vichy Célestins, Rozana, Saint-Yorre, vins : Baron de Lestac, Barton & Guestier, Châteaux & Domaines Castel, La Villageoise, Malesan, Nicolas, Oenoalliance, Patriarche, Roche Mazet, Vieux Papes, bières : 33 Export, Brasseries du Cameroun, Brasseries Star de Madagascar, Brasserie du Bénin à Lomé, sucre : SOMDIAA, dont le PDG, le français Pierre Jesus Sebastian Castel, réside en Suisse près du Lac Leman. La plupart des acquisitions faites en Afrique (plus de 80 % des actifs) sont logés dans des paradis fiscaux.

[13]Papa Sow, « Une grand-mère violemment battue par un soldat au Togo », 27avril.com, 14 avril 2020, https://www.youtube.com/watch?time_continue=82&v=SX1kAuohiD0&feature=emb_logo

[14]Marcelle APEVI, « Togo, Couvre-feu et Bavures policières : Un jeune assassiné par la soldatesque de Faure Gnassingbé à Avédji-Limousine », 27avril.com, 15 avril 2020, voir : https://www.27avril.com/blog/culture-societe/societe/togo-couvre-feu-un-jeune-tue-par-la-soldatesque-de-faure-gnassingbe-a-avedji-limousine

 

 

Togo, Solidarité : Cuba envoie des médecins, la France interdit des journaux !

 

Couvre-feu et bavure policière : Une vieille dame battue à sang par des hommes en uniforme

Les appels à la retenue et au professionnalisme lancés aux forces de défense et de sécurité qui font partie de la force anti-pandémie, mise en place pour la lutte contre le coronavirus, semblent tomber dans des oreilles de sourds. Les exactions sur les pauvres citoyens continuent. Le numéro vert 1014 créé pour signaler ces bavures a montré suffisamment ses limites. La semaine dernière, c’était sur une vieille dame de presque 70 ans que les hommes en uniforme ont jeté leur dévolu.

Lorsque notre Rédaction a appris l’information, elle ne s’est pas jetée sur l’occasion pour pondre un article. Elle a voulu attendre, s’informer davantage, mener les enquêtes auprès des proches et même chez la victime. Ce qu’on a appris fait pitié, n'honore pas l'uniforme et amène à s’interroger sur la considération que les forces de défense et de sécurité ont pour leurs frères, les civils.

Il faut dire que malheur de cette vieille dame, c’est de n’avoir pas des toilettes dans la maison où elle vit avec ses enfants et petits-enfants. Même la nuit, elle devra sortir pour aller se soulager dehors.

Voici les témoignages de la vieille dame

« Quelque chose m’est arrivée la dernière fois. Je m’apprêtais à prendre ma douche lorsque j’ai senti le besoin d’aller me soulager. Et donc j’ai demandé à deux de mes enfants de m’accompagner, ils étaient restés devant le portail. Après m’être soulagée, mes enfants sont rentrés quand ils m’ont vu revenir. Et puis j’ai entendu des voix qui interpellaient : « Qui sont là-bas ? ». En même temps, j’ai reçu une matraque dans le dos. Le temps de me demander ce qui se passait, je me suis retrouvée à terre à l'entrée de la maison, mais l’homme en uniforme a continué par me tabasser, son collègue l'attendait devant la maison. Dans ma douleur, j’ai commencé par crier en appelant au secours. Les gens sont sortis croyant que ce sont des voleurs qui m’ont attaqué. Ils sont sortis avec des coupe-coupe et des bâtons. Mais comme ils ont remarqué que ce sont les forces de sécurité, ils ont déposé ces armes blanches. Ils demandaient aux soldats ce qui se passe et pourquoi ils me tabassent. Ils parlaient le français entre eux, mais comme je ne comprends pas, je ne savais pas ce dont ils discutaient exactement. Mais l’un des éléments disait que je mens et que c’est moi-même qui suis tombée, alors que c’était lorsqu’il me tabassait que j'ai perdu mes forces et me suis retrouvée au sol. J’ai une entorse au bras, les coups reçus au niveau de la poitrine ont créé des lésions qui ont fait couler le sang (…). Lorsque nous sommes allés à leur poste le lendemain, leur supérieur a remis de l’argent à mon enfant pour payer mes médicaments. Mais j’ai dit à mon enfant de garder l’argent, qu’on ne va pas l’utiliser. Je rappelle que le matin, les deux éléments qui m’ont battu sont revenus pour me tendre un billet de 2 000 FCFA pour prendre de la bouillie. Je leur ai dit que je ne prends pas, et que l’affaire est dans les mains des autorités compétentes… ».

Voilà donc les mésaventures d’une vielle dame dont le seul péché est de n’avoir pas des toilettes chez elle à la maison en ces temps de couvre-feu. Ne peut-on pas comprendre cela ?

Pire, ce triste événement se passe dans une localité, Devikinmé (dans la préfecture des Lacs), qui n’est pas concernée par le couvre-feu. Puisqu’en dehors du Grand Lomé et des préfectures d’Agoè-nyivé et du Golfe, c’est la préfecture de Tchaoudjo qui est aussi touchée par cette mesure. Comment se fait-il que des hommes en uniforme puissent se permettre de telle bavure en toute impunité ?

A en croire les proches de la vieille dame, lorsque le 1014 a été contacté, on a reproché à la victime d’être sorti à une heure où le couvre-feu était en vigueur. Ce qui veut dire que quelque part, on a approuvé le "travail" de ces éléments qui, au lendemain de la forfaiture, avaient commencé par avoir du remord.

Mais au-delà de tout, la victime ne compte pas s’arrêter-là. Puisque selon ses déclarations, elle est une prêtresse. Et en tant que telle, son sang ne devrait pas toucher le sol, comme les hommes en uniforme l’ont fait.

« Je veux rappeler une chose. Je suis une vodoussi (prêtresse). Mon sang est versé. Et donc, les vodou que j’adore vont demander des comptes à ceux qui ont été à l’origine de ça », a-t-elle averti. Il faut alors, selon elle, des cérémonies pour arrêter la furie des vodous.

 

 

Couvre-feu et bavure policière : Une vieille dame battue à sang par des hommes en uniforme

Temps de crise, temps de dé-voilement

Tout le monde sait ce qu’est une crise, pourtant ce phénomène reste difficile à définir, et même parfois à décrire. C’est ainsi qu’au Togo, à propos d’une personne brutalement décédée, dont on demande la cause du décès, on vous répond parfois, « Il a piqué une crise ». Et on a du mal à s’imaginer ce que c’est : quel type de crise ?

Toutefois, ce qui est sûr c’est qu’une crise correspond à un moment exceptionnel dans la vie d’une personne ou d’un groupe. Elle fait ressortir le quotidien, comme un temps plat, marqué par la routine, elle fait du reste de la vie de la personne ou du groupe, un temps sans problème, un temps calme…

Oui c’est vrai, les temps de crise recèlent souvent bien des aspects négatifs : ainsi en est-il des maladies, où les crises, soit correspondent à une manifestation brutale de la maladie, soit, annoncent une aggravation de la maladie. Au niveau des groupes humains, la crise désigne aussi un moment difficile au plan économique (Crise Economique de 1929, Crise des Subprimes en 2008) ou sociopolitique (Printemps arabe en 2010).

Dans ce sens-là, ce que nous vivons en ce moment avec le COVID-19 correspond bien à une crise avec ce qu’elle comporte de désagréments : c’est d’abord une crise sanitaire puisqu’il s’agit d’une pandémie qui a déjà tué plus de 100 000 personnes, pandémie face à laquelle les systèmes de santé ont des difficultés à trouver des réponses satisfaisantes, mais c’est rapidement devenu une crise multiforme : économique, puisque l’activité économique mondiale est bouleversée et ralentie, politique puisque les gouvernements sont sur la brèche dans la perspective de rendre compte de leur gestion de la maladie, sociale, puisqu’elle a changé le mode de vie de millions de personnes, et finalement aussi spirituelle puisqu’elle interroge chacun sur le sens de la vie. Et la question de sens, est une question fondamentale. Et selon, François VARILLON, « l’interrogation sur le sens est ce qui nous définit comme homme »

A cause de sa gravité et de ce caractère multiforme, la crise du COVID-19 a révélé bien des choses qui seraient restées cachées sans elle. Ainsi en est-il de la fragilité de l’Occident qui, nous le croyions tous, disposait du meilleur système de santé du monde, mais qui peine toujours à trouver les bonnes solutions, alors que la Chine et d’autres pays d’Asie ont pu s’en sortir. Le COVID-19 a également montré la puissance des industries pharmaceutiques, des lobbys médicaux, avec la question de la Chloroquine, alors que des centaines de milliers de vie tiennent à l’application d’un traitement efficace et pas cher. Et l’histoire du vaccin, à tester en Afrique a révélé aux Africains jusqu’à quel point, dans l’équilibre géopolitique actuel, ils ne représentent qu’une source de profits divers.

Finalement le COVID-19 a comme progressivement enlevé les voiles qui couvraient les ressorts cachés de la vie sociopolitique du monde, les mobiles profonds de beaucoup d’acteurs de ce monde : on assiste, en quelque sorte à un dé-voilement.

Le cas du Togo est très parlant à cet égard. En effet, la gestion de la pandémie a révélé les insuffisances de notre système de santé et même de toute l’administration publique. C’est ainsi qu’on a assisté depuis la mi-mars à une série de décisions dont l’improvisation est patente :
• transformation sans aucune préparation du Centre Hospitalier Régional de KEGUE en centre de traitement alors que ce centre hospitalier n’avait même pas l’eau courante dans ses locaux d’hospitalisation ;

• en même temps que les écoles primaires (au milieu des compositions) et secondaires, fermeture de l’université où quelques jours auparavant on avait pourtant laissé les étudiants composer dans des amphithéâtres où ils étaient plusieurs centaines ensemble ;

• couvre-feu du jour au lendemain sans dire aux citoyens comment faire en cas d’urgence ;

• suppression du principal moyen de déplacement et du même coup du gagne-pain de beaucoup de citoyens sans leur laisser d’alternatives, puis retour sur cette décision ;

• initiative NOVISSI qui a donné lieu à beaucoup de malversations alors que beaucoup attendent encore d’en bénéficier…

Toutes ces mesures ont dé-voilé, mis à nu, un style de gouvernance qui demeurait en partie caché grâce à la non-transparence de l’information sur la gestion gouvernementale : négligence des aspects sociaux comme la santé publique, effets d’annonce sans réalisations concrètes mais aussi, gestion calamiteuse de membres de l’administration prêts à tout, surtout à manier la langue de bois, pour protéger leurs privilèges… A cause de tout cela, jusqu’à présent, on se demande si le Gouvernement a un véritable plan d’action pour affronter une telle épidémie. Et s’il y a un plan d’action avec des stratégies précises pourquoi ne sont-ils pas rendus publics et accessibles à tous ? Pourquoi cette culture du secret dans notre mode d’être et de gouverner ?

Il se trouve qu’en face du Gouvernement, la force de la critique n’est pas grande : la classe politique est engluée dans la gestion d’une crise (le mot revient) postélectorale qui dure depuis plus de six semaines et dont on ne voit pas le bout…

Mais aussi le Gouvernement a en face de lui, une société civile qui a du mal à se faire entendre parce qu’elle ne constitue pas encore une opinion publique forte et donc une réelle force de pression : des années d’étouffement des libertés publiques (avec notamment une presse qu’on continue à tourmenter) en sont la cause, et également une classe d’intellectuels qui n’osent pas jouer pleinement son rôle d’éclaireur pour être une force incontournable dans les prises de décisions politiques, économiques, sanitaires, sociales, éducatives etc… Est-ce possible de continuer ainsi ?

Les citoyens sont donc livrés à eux-mêmes, non seulement pour la prise en charge de la maladie mais pour s’en sortir au quotidien : on découvre avec stupeur qu’à l’ordinaire déjà 14% des ménages manquent de nourriture pendant deux jours sur sept ; ce qui fait que s’il fallait adopter la mesure du confinement total, pratiquée dans les pays occidentaux, presque la moitié de la population togolaise, soit 46% des ménages, vont commencer à avoir faim dès le septième jour.

Il ne s’agit plus de pauvreté mais de misère, que le COVID-19 a ainsi totalement dé-voilé ! Et à part NOVISSI et ses difficultés, quelles sont les véritables mesures d’accompagnement prévues pour y faire face ? Pour l’heure on attend toujours…

Allons-nous en rester là ? Cela dépend de nous.

En effet, une crise n’a pas que des aspects négatifs. Si nous prenons l’exemple de la vie humaine, l’existence d’un enfant est rythmée par des crises indispensables pour sa croissance. Ainsi vers l’âge de 3 ans, l’enfant est rétif disant non à beaucoup d’injonctions des parents ; c’est pénible pour les éducateurs, mais cela lui permet de se poser en tant que personne jouissant déjà d’une certaine autonomie loin du cercle familial. Il va pouvoir quitter ce cercle familial pour être par exemple scolarisé. De la même façon à l’adolescence, le jeune s’oppose aux adultes, c’est difficile pour ces derniers, mais au sortir de cette période la personne peut choisir ses propres valeurs et y conformer sa vie, bref devenir un adulte.

La crise est donc un élément indispensable pour toute croissance. Mais pour cela il faut accepter de prendre en compte les résultats du dé-voilement pour se connaître individuellement et collectivement, prendre conscience de soi dans ses insuffisances et ses dysfonctionnements. Cet examen lucide de nous-mêmes, de nos choix, et la reconnaissance de nos erreurs et dysfonctionnements, nous permettront alors de nous projeter, de choisir, en adultes, la société dans laquelle nous voulons désormais vivre. Cela demandera certainement des renoncements, des remises en cause, des changements de vie, des bouleversements sociaux et institutionnels qui peuvent se révéler fondamentaux pour les personnes et pour tout le pays… Mais c’est cela où régresser. Mettons à profit cette période de dé-voilement pour progresser.

Il y a le COVID-19 au plan sanitaire auquel il faut trouver une solution mais depuis 2017 n’y a-t-il pas aussi, de façon analogique un COVID-17 c’est-à-dire une crise politique réelle dans notre pays qui paralyse tout, qui est plus grave et attend des décisions vraies car on aura posé les vrais problèmes sur les institutions et leur fonctionnement ?

Pour mettre le dé-voilement à profit, il y a des attitudes à abandonner : à ce propos, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire référence au Pape François qui dit que cette crise ne doit pas être l’occasion de l’indifférence, de l’égoïsme, des divisions, de l’oubli (Bénédiction Urbi et Orbi, 12 avril 2020).


Par Maryse QUASHIE et Roger E. FOLIKOUE

 

 

Temps de crise, temps de dé-voilement

 

La Dynamique Kpodzro revient sur la conservation de pouvoir de 1958 à 2020

Dans la matinée de ce mardi 14 avril, la Dynamique Kpodzro a animé une conférence de presse au domicile de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, candidat que cette instance a soutenu lors de la dernière élection présidentielle dont les résultats définitifs, proclamés par la Cour constitutionnelle, donnent le chef de l'État sortant, Faure Gnassingbé, vainqueur avec plus de 70%.

Cette rencontre avec la presse a porté sur "Le rôle de la violence dans la conduite et la conservation de pouvoir de 1958 à 2020". Elle a été une occasion pour Agbéyomé Kodjo et sa suite de faire revisiter l'histoire sociopolitique du Togo. Et de relever qu'elle est marquée par des actes violents.

« Cette violence est à la fois symbolique et réelle. Symbolique dans les rapports sociaux et ethniques quand elle porte sur les stéréotypes, des attitudes de stigmatisations des individus et des groupes sociaux ou de groupes ethniques. Elle est réelle quand elle crée des dégâts corporels et matériels », explique la déclaration.

Ce tableau peu reluisant s'explique, entre autres, rappelle la Dynamique Kpodzro, par un passé colonial mal soldé, des interférences des intérêts étrangers dans le jeu politique national, les modifications de l'environnent géopolitique, les traumatismes psychologiques et la nature des régimes politiques.

Pour en sortir, recommandent par ailleurs l'ancien Premier ministre et ses camarades de lutte, il faut la promotion de l'État de droit et de valeurs démocratiques, la promotion et le renforcement des droits humains.

A.H

 

 

La Dynamique Kpodzro revient sur la conservation de pouvoir de 1958 à 2020

 

Covid-19 : 3 nouveaux malades guéris ce mardi

La menace continue d’être réelle au Togo. Le coronavirus n’a pas cessé sa propagation dans le pays. Toutefois, les Togolais peuvent souffler un peu eu égard aux résultats issus des derniers dépistages liés à cette maladie virale très mortelle.

Un seul cas confirmé en 72 heures au Togo. Certes, il ne faut pas crier trop tôt victoire, mais cela amène à espérer quant à la limitation de la propagation de ce virus. Les nouveaux tests effectués ce mardi n’ont pas fait état de cas confirmé sur les 67 tests de ce matin.

C’est plutôt une bonne nouvelle (c’est relatif) qui a été annoncé. En effet, on parle de trois (03) nouvelles personnes qui sont guéries. Il n’y a donc pas d’évolution de la situation en terme de contamination.

Les trois (03) nouvelles guérisons portent à 32 le nombre de cas guéris. Et donc au Togo, la situation actuelle donne 77 cas confirmés de coronavirus, 42 cas actifs, 32 guérisons et malheureusement 3 décès.

Il est important de rappeler le respect scrupuleux des mesures barrières pour limiter la propagation de la maladie à travers tout le territoire national.

 

 

Covid-19 : 3 nouveaux malades guéris ce mardi

 

Cours sur internet : Dr Christian Spieker interpelle le ministre en charge de l'Enseignement

Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause de la menace de Covid-19. En lieu et place, le ministre des Enseignement primaire, secondaire et de la Formation professionnelle, Atcha Dedji Affoh propose des cours sur internet, à la radio et à la télévision. Voici les remarques du Dr Christian Spieker.

Monsieur le Ministre de l´Enseignement primaire et secondaire, ancien Directeur général de Togocel,

je viens de lire ou d´apprendre que vous envisageriez des cours par le biais de la radio, de la télévision et même d´internet aux élèves, surtout ceux et celles des classes d´examens pour sauver l´année scolaire si c´est nécessaire au cas où la pandémie allait durer. L´idée est élogieuse et louable mais ce n´est pas faisable, donc il ne faut même pas l´envisager car la réalité des moyens dont disposent les parents d´élèves ne le permettrait pas. Les cours à la télé, radio et surtout internet Wifi n´existent pas encore partout dans les foyers au Togo. Je vous comprends, c´est de votre responsabilité de vouloir sauver l´année aux élèves en tant que Ministre de l´Enseignement. Mais Procéder ainsi c´est rompre l´égalité de chance entre les enfants de la République car tous les parents d´élèves au Togo n´ont pas ces moyens à offrir à leurs enfants pour suivre ces cours à distance et en tant que Ministre et ancien Directeur de Togocel connaissant très bien le prix d´internet au Togo, vous n´êtes pas sans savoir que ce ne sera pas faisable car impossible pour les parents qui commencent déjà par manquer de tout pendant cette crise de coronavirus. Ce qui doit prévaloir en ce moment est la santé de tous les Togolais. Peu importe ce qui pourrait advenir.

L´organisation des cours à la radio, télévision et sur internet rompraient inévitablement l´égalité de chance entre les enfants de la République si vous vous permettiez de prendre une telle décision même si théoriquement c´est bon, pour la simple raison qu´elle entacherait lourdement votre passage dans ce ministère car non seulement les résultats des examens seront catastrophiques mais surtout aussi en raison des moyens nécessaires pour pouvoir suivre ces cours dont tous les parents d´élève ne disposent pas. Vous n´aurez même pas 20% d´admis dans les classes d´examens si vous procédez ainsi. Quel parent d´élève, même à Lomé aurait la possibilité d´offrir les moyens de suivre les enseignements des cours par le biais d´internet avec ce prix des forfaits fixé par Togocel et que je connais bien et que tout le monde connaît bien, à moins que le gouvernement les prenne en charge. Dans ce cas, je vous dirais félicitation mais cela m´étonnerait aussi, connaissant très bien ce gouvernement qui prend des décisions sans mesurer au préalable l´impact sur les concernés comme c´est le cas pour les conducteurs de taxi-motos (Zemidjan). Qui va payer la connexion sur internet à domicile aux élèves confinés chez eux pour ces cours, le gouvernement ? Prendre une telle décision pour organiser les cours et sauver l´année scolaire vaille que vaille, reviendrait pour de beaucoup de nos compatriotes à dire que vous ignorez totalement la réalité de ce que vivent les gens au Togo. Ce n´est pas parce que certains pays européens procèdent ainsi en l´occurrence la France que vous allez les imiter alors que les parents togolais n´en disposent pas les moyens. En France ou en Europe en général, l´internet est quasiment gratuit c´est-à-dire qu´il est à un prix quasi inexistant et on peut être sur internet 24h/24. Mais au Togo, personne ne peut se le permettre tout simplement parce que c´est trop cher. Et d´ailleurs les élèves dont les parents n´ont pas les moyens vont chercher à aller suivre ces cours chez leurs amis en se regroupant alors que c´est ce que le gouvernement évitait. Donc ceci va engendrer encore des conséquences néfastes qui sont la contamination et la propagation de ce virus.

Ce serait une décision surprenante si elle venait d´être prise. A moins qu´il y ait une intention inavouée qui est celle de sauver à tout prix l´année scolaire aux enfants des riches, des grandes personnalités politiques ou des expatriés qui fréquentent les lycées internationaux au Togo au détriment des pauvres. Mais je n´ose pas vous prêter aussi cette intention qui n´est autre qu´une analyse car je trouve la décision hasardeuse et contre-productive. Ce qui serait aussi contraire à l´idée républicaine et au principe de l´égalité de chance des enfants de même pays face à cette pandémie. En tant que Ministre de l´éducation que vous êtes, je vous conseillerais de voir d´autres alternatives courageuses qui ne vont pas fragiliser l´égalité de chance des enfants. S´il y a une décision à prendre pour sauver l´année scolaire, il faudrait voir l´intérêt des élèves d´une façon globale sans se laisser impressionner par qui que ce soit dont les enfants fréquenteraient les lycées internationaux. En terme clair, la décision qui sera prise pour sauver l´année scolaire, sera prise en prenant en compte la garantie de l´égalité des chances de tous les élèves se situant sur tout le territoire togolais, peu importe l´école que chacune ou chacun fréquente.

Etes-vous convaincu que la télévision se trouve dans chaque foyer au Togo, moins encore un PC ( ordinateur portable) avec la connexion internet Wifi pour que chaque enfant puisse suivre ces cours à distance? Et pour combien de montant, les frais de connexion internet alors même que la société d´Etat, Togocel n´est même plus entre les mains de l´Etat togolais à 100%. L´étranger, lui, il est venu pour faire le commerce et les affaires. Voilà pourquoi vous ne pouvez plus lui imposer quoi que ce soit car il est majoritaire dans ladite société. C´est une grave erreur d´Etat et c´est maintenant de vous en rendre compte. Bien sûr c´est une décision du gouvernement à vos dépens aussi car la décision de la cession à une entreprise étrangère n´est pas prise par vous-même. Donc il faut les mettre devant leur responsabilité en tant que décideurs de cette cession de Togocel à une société étrangère et non les enfants des pauvres en tant qu´élèves qui vont payer les frais.


Monsieur le Ministre, ce n´est pas une décision correcte de procéder ainsi pour les élèves dont les parents n´ont rien pour pouvoir y faire face. Elle aura des effets très néfastes dans les foyers. Certes, vous cherchez à sauver l´année. C´est une bonne chose mais la manière dont vous envisagez de procéder pour la sauver n´est pas la bonne. Cherchez une autre voie équitable, juste et républicaine pour tous les élèves. Celle-là que vous envisagez ne l´est pas à mon avis.

À mon point de vue, cette décision d´organiser les cours par les moyens de médias, profiterait seulement aux enfants dont les parents sont aisés ou ceux dont les parents disposent de la richesse du pays. Un Togolais moyen ne pourra pas le faire. Le gros problème est non seulement l´internet mais aussi son coût pour les foyers modestes pour ne pas dire pauvres.

Si nous continuons par copier ce qui se fait en France alors que nous vivions une autre réalité au Togo, cela aggraverait inévitablement l´injustice et l´inégalité frappantes qui existent déjà dans notre pays. Tant que nous ne serons pas en mesure de revoir notre système éducatif et notre façon de penser dans notre société en prenant en compte notre réalité pour l´avenir de la jeunesse, on ne pourra jamais s´en sortir. Or, c´est ce domaine qui forme les jeunes pour la relève de demain.

Je ne vais pas aller très loin dans mon point de vue car c´est juste une simple suggestion pour dire que cette décision sera difficile à mettre en pratique. Certes, comme dit plus haut, les enfants des nantis n´auront pas de problème pour suivre ces cours mais la majorité des élèves au Togo n´a pas cette possibilité de suivre les cours par ce biais. En tant que Ministre de l´enseignement, vous pouvez envisager de prolonger l´année scolaire mais pas en sacrifiant l´intérêt des pauvres au profit des enfants des riches ou privilégiés de notre pays.

L´occasion me permet ici de soulever aussi un fait réel au Togo que j´ai constaté lors de mon long séjour au pays. C´est que le domaine de l´éducation est pratiquement abandonné par l´Etat. Les collèges et lycées poussent partout au Togo comme des champions dans le champ d´ignames. Or c´est le devoir de l´Etat. L´Etat ne remplit pas ses devoirs dans ce domaine pour l´éducation de ses enfants. Il laisse tout à la charge des parents et cela ne fait que profiter aux fondateurs d´écoles et de collèges qui font de l´argent sur le dos des pauvres parents d´élèves. C´est un sujet qui doit être un sujet de réflexion car je le trouve très injuste. C´est à l´Etat de créer des écoles. Il a complètement failli ici comme il en est aussi dans d´autres domaines. Il est à constater qu´il y a au Togo plus d´écoles et collèges privés que les écoles officielles créées par l´Etat.


En tant que citoyen que je suis et surtout ayant l´ambition politique pour le pays, il est important et même utile pour moi d´exprimer mon point de vue et faire des suggestions à caractère républicain et égalitaire pour tous les enfants de notre pays.

Veuillez considérer ceci comme une suggestion. L´Etat doit toujours être exemplaire dans tout ce qui offre l´égalité de chance entre ses enfants et surtout ne doit pas fuir ses devoirs et responsabilités vis-à-vis d´eux sinon cela entraînerait une inégalité profonde dans le pays entre les riches et les pauvres. C´est à l´Etat de veiller à cela avec un œil attentif.


Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause de la menace de Covid-19. En lieu et place, le ministre des Enseignement primaire, secondaire et de la Formation professionnelle, Atcha Dedji Affoh propose des cours sur internet, à la radio et à la télévision. Voici les remarques du Dr Christian Spieker.

Monsieur le Ministre de l´Enseignement primaire et secondaire, ancien Directeur général de Togocel,

je viens de lire ou d´apprendre que vous envisageriez des cours par le biais de la radio, de la télévision et même d´internet aux élèves, surtout ceux et celles des classes d´examens pour sauver l´année scolaire si c´est nécessaire au cas où la pandémie allait durer. L´idée est élogieuse et louable mais ce n´est pas faisable, donc il ne faut même pas l´envisager car la réalité des moyens dont disposent les parents d´élèves ne le permettrait pas. Les cours à la télé, radio et surtout internet Wifi n´existent pas encore partout dans les foyers au Togo. Je vous comprends, c´est de votre responsabilité de vouloir sauver l´année aux élèves en tant que Ministre de l´Enseignement. Mais Procéder ainsi c´est rompre l´égalité de chance entre les enfants de la République car tous les parents d´élèves au Togo n´ont pas ces moyens à offrir à leurs enfants pour suivre ces cours à distance et en tant que Ministre et ancien Directeur de Togocel connaissant très bien le prix d´internet au Togo, vous n´êtes pas sans savoir que ce ne sera pas faisable car impossible pour les parents qui commencent déjà par manquer de tout pendant cette crise de coronavirus. Ce qui doit prévaloir en ce moment est la santé de tous les Togolais. Peu importe ce qui pourrait advenir.

L´organisation des cours à la radio, télévision et sur internet rompraient inévitablement l´égalité de chance entre les enfants de la République si vous vous permettiez de prendre une telle décision même si théoriquement c´est bon, pour la simple raison qu´elle entacherait lourdement votre passage dans ce ministère car non seulement les résultats des examens seront catastrophiques mais surtout aussi en raison des moyens nécessaires pour pouvoir suivre ces cours dont tous les parents d´élève ne disposent pas. Vous n´aurez même pas 20% d´admis dans les classes d´examens si vous procédez ainsi. Quel parent d´élève, même à Lomé aurait la possibilité d´offrir les moyens de suivre les enseignements des cours par le biais d´internet avec ce prix des forfaits fixé par Togocel et que je connais bien et que tout le monde connaît bien, à moins que le gouvernement les prenne en charge. Dans ce cas, je vous dirais félicitation mais cela m´étonnerait aussi, connaissant très bien ce gouvernement qui prend des décisions sans mesurer au préalable l´impact sur les concernés comme c´est le cas pour les conducteurs de taxi-motos (Zemidjan). Qui va payer la connexion sur internet à domicile aux élèves confinés chez eux pour ces cours, le gouvernement ? Prendre une telle décision pour organiser les cours et sauver l´année scolaire vaille que vaille, reviendrait pour de beaucoup de nos compatriotes à dire que vous ignorez totalement la réalité de ce que vivent les gens au Togo. Ce n´est pas parce que certains pays européens procèdent ainsi en l´occurrence la France que vous allez les imiter alors que les parents togolais n´en disposent pas les moyens. En France ou en Europe en général, l´internet est quasiment gratuit c´est-à-dire qu´il est à un prix quasi inexistant et on peut être sur internet 24h/24. Mais au Togo, personne ne peut se le permettre tout simplement parce que c´est trop cher. Et d´ailleurs les élèves dont les parents n´ont pas les moyens vont chercher à aller suivre ces cours chez leurs amis en se regroupant alors que c´est ce que le gouvernement évitait. Donc ceci va engendrer encore des conséquences néfastes qui sont la contamination et la propagation de ce virus.

Ce serait une décision surprenante si elle venait d´être prise. A moins qu´il y ait une intention inavouée qui est celle de sauver à tout prix l´année scolaire aux enfants des riches, des grandes personnalités politiques ou des expatriés qui fréquentent les lycées internationaux au Togo au détriment des pauvres. Mais je n´ose pas vous prêter aussi cette intention qui n´est autre qu´une analyse car je trouve la décision hasardeuse et contre-productive. Ce qui serait aussi contraire à l´idée républicaine et au principe de l´égalité de chance des enfants de même pays face à cette pandémie. En tant que Ministre de l´éducation que vous êtes, je vous conseillerais de voir d´autres alternatives courageuses qui ne vont pas fragiliser l´égalité de chance des enfants. S´il y a une décision à prendre pour sauver l´année scolaire, il faudrait voir l´intérêt des élèves d´une façon globale sans se laisser impressionner par qui que ce soit dont les enfants fréquenteraient les lycées internationaux. En terme clair, la décision qui sera prise pour sauver l´année scolaire, sera prise en prenant en compte la garantie de l´égalité des chances de tous les élèves se situant sur tout le territoire togolais, peu importe l´école que chacune ou chacun fréquente.

Etes-vous convaincu que la télévision se trouve dans chaque foyer au Togo, moins encore un PC ( ordinateur portable) avec la connexion internet Wifi pour que chaque enfant puisse suivre ces cours à distance? Et pour combien de montant, les frais de connexion internet alors même que la société d´Etat, Togocel n´est même plus entre les mains de l´Etat togolais à 100%. L´étranger, lui, il est venu pour faire le commerce et les affaires. Voilà pourquoi vous ne pouvez plus lui imposer quoi que ce soit car il est majoritaire dans ladite société. C´est une grave erreur d´Etat et c´est maintenant de vous en rendre compte. Bien sûr c´est une décision du gouvernement à vos dépens aussi car la décision de la cession à une entreprise étrangère n´est pas prise par vous-même. Donc il faut les mettre devant leur responsabilité en tant que décideurs de cette cession de Togocel à une société étrangère et non les enfants des pauvres en tant qu´élèves qui vont payer les frais.


Monsieur le Ministre, ce n´est pas une décision correcte de procéder ainsi pour les élèves dont les parents n´ont rien pour pouvoir y faire face. Elle aura des effets très néfastes dans les foyers. Certes, vous cherchez à sauver l´année. C´est une bonne chose mais la manière dont vous envisagez de procéder pour la sauver n´est pas la bonne. Cherchez une autre voie équitable, juste et républicaine pour tous les élèves. Celle-là que vous envisagez ne l´est pas à mon avis.

À mon point de vue, cette décision d´organiser les cours par les moyens de médias, profiterait seulement aux enfants dont les parents sont aisés ou ceux dont les parents disposent de la richesse du pays. Un Togolais moyen ne pourra pas le faire. Le gros problème est non seulement l´internet mais aussi son coût pour les foyers modestes pour ne pas dire pauvres.

Si nous continuons par copier ce qui se fait en France alors que nous vivions une autre réalité au Togo, cela aggraverait inévitablement l´injustice et l´inégalité frappantes qui existent déjà dans notre pays. Tant que nous ne serons pas en mesure de revoir notre système éducatif et notre façon de penser dans notre société en prenant en compte notre réalité pour l´avenir de la jeunesse, on ne pourra jamais s´en sortir. Or, c´est ce domaine qui forme les jeunes pour la relève de demain.

Je ne vais pas aller très loin dans mon point de vue car c´est juste une simple suggestion pour dire que cette décision sera difficile à mettre en pratique. Certes, comme dit plus haut, les enfants des nantis n´auront pas de problème pour suivre ces cours mais la majorité des élèves au Togo n´a pas cette possibilité de suivre les cours par ce biais. En tant que Ministre de l´enseignement, vous pouvez envisager de prolonger l´année scolaire mais pas en sacrifiant l´intérêt des pauvres au profit des enfants des riches ou privilégiés de notre pays.

L´occasion me permet ici de soulever aussi un fait réel au Togo que j´ai constaté lors de mon long séjour au pays. C´est que le domaine de l´éducation est pratiquement abandonné par l´Etat. Les collèges et lycées poussent partout au Togo comme des champions dans le champ d´ignames. Or c´est le devoir de l´Etat. L´Etat ne remplit pas ses devoirs dans ce domaine pour l´éducation de ses enfants. Il laisse tout à la charge des parents et cela ne fait que profiter aux fondateurs d´écoles et de collèges qui font de l´argent sur le dos des pauvres parents d´élèves. C´est un sujet qui doit être un sujet de réflexion car je le trouve très injuste. C´est à l´Etat de créer des écoles. Il a complètement failli ici comme il en est aussi dans d´autres domaines. Il est à constater qu´il y a au Togo plus d´écoles et collèges privés que les écoles officielles créées par l´Etat.


En tant que citoyen que je suis et surtout ayant l´ambition politique pour le pays, il est important et même utile pour moi d´exprimer mon point de vue et faire des suggestions à caractère républicain et égalitaire pour tous les enfants de notre pays.

Veuillez considérer ceci comme une suggestion. L´Etat doit toujours être exemplaire dans tout ce qui offre l´égalité de chance entre ses enfants et surtout ne doit pas fuir ses devoirs et responsabilités vis-à-vis d´eux sinon cela entraînerait une inégalité profonde dans le pays entre les riches et les pauvres. C´est à l´Etat de veiller à cela avec un œil attentif.

 

 

Cours sur internet : Dr Christian Spieker interpelle le ministre en charge de l'Enseignement Les établissements scolaires n'ont pas ouvert aujourd'hui, comme prévu dans le programme officiel, à cause

 

Le maire Jean-Pierre Fabre demande au gouvernement d’instaurer le port obligatoire du cache-nez au Togo

La lutte contre la propagation de Covid-19 au Togo est une affaire de tous. Et à la Mairie du Golfe 4, l’on met les petits plats dans les grands pour pouvoir endiguer le mal.

Hier mardi, Jean-Pierre Fabre et ses conseillers municipaux du Golfe 4 ont lancé une campagne de sensibilisation dans leur commune d’Amoutiévé dans le cadre de la riposte contre la pandémie de coronavirus. Cette campagne va durer au moins 3 semaines.

« C’est un programme d’activités que nous venons d’élaborer après plusieurs séances du conseil municipal. J’ai entendu dire des gens se demander que fait le Golfe 4 de Jean-Pierre Fabre dans cette lutte contre le covid-19. Le Golfe 4 travaille toujours. Nous avons un programme qui s’étale sur 2 ou 3 semaines. Nous allons faire de la sensibilisation autour et à l’intérieur des marchés avec de la sono-mobile. Tout un programme a été mis en place. Aujourd’hui, nous lançons ce programme. Ceux qui nous ont porté à la mairie doivent savoir que nous nous préoccupons de leur bien-être, c’est un devoir vis-à-vis de ceux qui nous ont élus, c’est un devoir national, parce que nous devons être dans le programme du gouvernement », a indiqué le maire Jean-Pierre Fabre.

Pour le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), l’heure est grave et pour en finir avec cette pandémie, le gouvernement doit imposer à tous les citoyens, le port obligatoire des cache-nez comme cela se fait dans les autres pays.

« Nous voulons protéger en premier lieu nos agents, parce que ce sont nos agents qui font le plus grand boulot à la mairie. Donc il faut les protéger, protection par les masques, protection par les gels hydro alcooliques, tous nos agents sont protégés. Moi je pense que le gouvernement doit imposer le port obligatoire des masques. C’est ce qu’il faut copier chez des pays qui arrivent à limiter la propagation du virus », a indiqué le maire du Golfe 4.

Notons qu'entre vendredi et mardi, le Togo a enregistré 7 cas guéris au coronavirus portant le nombre à 32 sur 77 cas confirmés. Sur la même période, seuls 4 cas ont été dépistés positifs.

Godfrey A.

 

 

Le maire Jean-Pierre Fabre demande au gouvernement d’instaurer le port obligatoire du cache-nez au Togo

 

Covid-19 : comment Macron compte aider l’Afrique

Le président français a détaillé sa stratégie devant permettre d’aider le continent à mieux faire face à la pandémie de coronavirus. Il l’a précisée dans une interview accordée à Rfi ce mardi 14 avril.

Dans ce long entretien, réalisé au lendemain de son intervention radiotélévisée à l’attention de ses compatriotes, Emmanuel Macron rappelle tout d’abord que « Nous devons la solidarité à l’Afrique » particulièrement en cette période de crise sanitaire aux conséquences désastreuses.

Deux axes sont prioritaires dans ce qu’il compte mettre en œuvre pour soutenir les pays africains. Le premier consistera à plaider pendant les travaux de G20 finances, un moratoire sur la dette contractée par ceux-ci.

Le second n’est autre que l’annulation massive des dettes. En réalité, il se situe dans le prolongement de sa promesse faite en début de semaine. En effet, Emmanuel Macron a déjà promis, le lundi dernier dans son discours à la nation que son pays effacera massivement les dettes des pays du continent.

S’ajoute à ces options, la mobilisation des ressources afin de soutenir l’économie africaine, relancer la production, entre autres.

« Quand on regarde aujourd’hui la situation de l’Afrique, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, sur le plan climatique, il est évident que nous lui devons la solidarité », déclare-t-il.

Certes, le coronavirus ne fait pas de ravage en Afrique comme sur les autres continents, mais il est important que des mesures anticipatrices soient prises pour l’aider à supporter cette crise sanitaire d’autant qu’elle est très fragile économiquement et manque, de façon générale, les structures de santé modernes.

A.H.

 

 

Covid-19 : comment Macron compte aider l’Afrique

 

COVID-19 : L’Université de Lomé se tourne vers la médecine traditionnelle

Afin de trouver une formule efficace contre la pandémie du Coronavirus, l’Université de Lomé choisit la médecine traditionnelle et proposer un remède. Un appel à contribution est d’ailleurs lancé à l’endroit des praticiens qui officient dans ce domaine.

Selon les informations relatives à l’initiative, tout praticien intervenant dans le domaine de la médecine traditionnelle, peut envoyer sa formule contre la maladie afin qu’il soit évalué scientifiquement.

D’ailleurs, l’Université de Lomé a mis en place une commission de riposte contre la pandémie, a-t-on appris. Cette commission, à en croire les informations, a justement pour rôle de tester les formulations à base de plantes et/ou de molécules efficaces contre la pandémie.

Il est à préciser que tout produit déposé dans le cadre de cette expérience est volontaire et gratuit. Les candidats ne recevront rien en contrepartie.

Autres renseignements à prendre en compte, le nombre maximum de formulations/molécules par promoteur est de 3, pareil pour le nombre d’échantillons par formulations/Molécules.

 

 

COVID-19 : L’Université de Lomé se tourne vers la médecine traditionnelle

Togo, Couvre-feu et Violence répétée, Bavures ou Mot d’ordre? : Une grand-mère sauvagement battue par un élément des forces de l’ordre incultes de Yark Damehame !

Sous le couvert de la lutte contre le Covid-19, le régime autoritaire du mal élu et usurpateur en chef du pouvoir au Togo, Faure Gnassingbé, a instauré un couvre feu. Les soldats, gendarmes et policiers affectés à assurer le respect de ce bouclage se donnent à coeur joie dans leur sport favori : celui de brutaliser sans raison et sans discernement les citoyens, enfants, jeunes, adultes, personnes âgées, femmes, hommes, malades, etc.

La grand-mêre dans cette vidéo a été la proie de la cruauté d’une de ces rapaces sans cervelle de la soldatesque de Faure Gnassingbé à Dévikinmé à quelques kilomètres à l’Est de Lomé.

Difficile de comprendre une telle sauvagerie de la part de ceux qui sont censés protéger la population, surtout les plus vulnérables des citoyens comme cette femme. Mais eh, c’est la doctrine des hommes habillés au Togo : Abuser. Violenter. Violer. Saccager. Tuer. En toute impunité. A croire que c’est le mot d’ordre explicite donné par la hiérarchie de ces corps de métiers qui font la honte de leurs collègues dans le monde, surtout en ces temps de crise de santé planétaire.

Pauvre Togo….

Papa Sow, 27avril.com

Vidép : DR/FB

 

 

Togo, Couvre-feu et Violence répétée, Bavures ou Mot d’ordre? : Une grand-mère sauvagement battue par un élément des forces de l’ordre incultes de Yark Damehame !

 

Togo, Témoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè : « ils ont failli me tuer! »

En togolais très très spéciaux nous aimons nous émouvoir des ignominies d’ailleurs.. c’est bien…

Nos propres gouvernants font pires avec nous et c’est rentré dans la norme.

Comment la Chine, les Usa, la France et tout leur bataclan pourront nous traiter avec dignité ?

Ça se passe sous nos yeux et certains continuent d’applaudir les auteurs de ces animalités se courbant pour les saluer avec une monstrueuse vénération.

Un jour ce sera le tour de notre mère mais peut être que nous trouverons cela juste en bénissant son oppresseur, en le couvrant d’éloges et de grades et de titres. En trouvant que c’est notre maman qui a plutôt tort et qui mérite 1000 fois des bastonnades.
Au point où nous en sommes dans ce pays tout est possible.

Toutes les incongruités sont rentrées dans la norme et ça n’émeut plus personne. Plutôt on sable le champagne sur ces sauvageries et on se mire dans la glace convaincus de notre grandeur.

Que les martyrs nous pardonnent.

Que le Togo que nous ne méritons pas nous prenne en pitié.

Que la providence veille sur chacun.

* Temoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè: ils ont failli me tuer *

Sa video a fait le tour des reseaux sociaux et indignée tout le monde: une grand-mère qui matraquée horriblement par la soldatesque de Faure; en sang, elle gemissait de douleur atroce, le sein droit perforé par le gourdin des bourreaux. Ceci, pour la simple raison qu’elle voulait faire ses besoins derriere sa maison et par consequent n’aurait pas respecté le couvre-feu du corona virus alors que ce couvre-feu limité au Grand Lomé ne concerne même pas son quartier Dévikinmé, localité située à quelques km d’Agbodrafo.

Elle livre à Liberte TV, la Reference ce temoignage poignant sur ce qui s’est passé cette nuit sordide et affirme reconnaître ses bourreaux qui par la suite lui ont remis 2000 F CFA pour se soigner.

Cette grand-mère vaudoussi rappelle que son sang versé inutilement l’a désacralisée et elle réclame JUSTICE & REPARATION.

Suivez!

 

 

Togo, Témoignage émouvant de la grand-mère matraquée par les policiers à Devikinmè : « ils ont failli me tuer! »

 

Togo : Agbéyomé Kodjo, les dessous d’un martyre sans fin

Cible d’actions de forces de l’ordre chaque jour un peu plus musclées, l’ancien Premier ministre résiste dans son domicile du centre de Lomé, devenu son seul cocon de sécurité. Malgré les pressions et interventions de part et d’autres, Faure Gnassingbé veut prendre sa « revanche personnelle » sur un adversaire hostile à tout compromis. Soutenu par la diaspora et l’opinion nationale, l’économiste de 67 ans n’est pas à la fin de son calvaire. Au martyre, il semble psychologiquement plus que préparé.

« Sa victoire ne souffre d’aucun doute » murmurent quelques barons du régime, au pouvoir depuis 53 ans. Dans le camp de l’ancien président de l’Assemblée nationale, le chant de la victoire résonne, encore plus fort, « nous avons gagné, nous prendrons le pouvoir » martèle Brigitte Adjamagbo. Cheffe de la principale Alliance de l’opposition, la C14 qui a soutenu le candidat officiellement arrivé 2e, la patronne de la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa) fait partie des derniers fidèles qui ne lâchent rien. Idem pour Mgr Kpodzro. A 90 ans, l’ancien archevêque de Lomé est le « pilier » de la dynamique éponyme au sein de laquelle il porte le titre de gratitude de « Patriarche » dont il s’accommode à merveille. Soutane en soie auréolée de la bordure vermeille réservée aux archevêques, son anneau épiscopal est privé, depuis quelques semaines, des baisers des ouailles qu’il ne déteste point, coronavirus oblige. C’est dans ce cercle devenu presque confrérique à la suite de soupçons de trahisons que se construit la résistance. »On ne lâchera rien » s’époumone Gabriel Dosseh-Anyron. Chef d’un mini parti politique, le Nid, il fait partie des soutiens de premières heures, parcourant les médias ruraux les plus reculés du sud du pays pour « vendre » son candidat. Une machine que les épreuves solidifient chaque jour qui passe. « On y arrivera ! » clame Fulbert Attisso. Ecrivain et ancien journaliste, cet idéaliste taxé de radical a été le coordinateur général de la campagne, une tâche qu’il a brillamment réussi, « avec si peu de moyens » comme insiste Agbéyomé Kodjo lui-même.

Un déchaînement de guerre

« Je suis dans un régiment militaire ici » rigole Agbéyomé Kodjo. Humour débonnaire et sérénité imperturbable, ce bon vivant déjeune sous la terrasse de son domicile avec quelques proches fin février. Deux jours plus tôt, sa maison a été encerclée pour la première fois. « Il cèdera, Faure ne tiendra pas » a-t-il juré la veille à un contingent de journalistes venu à sa conférence de presse. Mais ce stratège calculateur, craint par ses détracteurs, ne pouvait pas imaginer qu’en avril, il vivra une semaine pascale plus qu’infernale. « A l’exemple du Christ » s’amuse un jeune prêtre, qui, comme une partie du clergé catholique de la ville de Lomé, défile pour soutenir Mama. L’épouse du « président élu » qui a fêté ses 62 ans début avril est catholique pratiquante. Si elle remet « tout à Dieu », son mari préfère le combat. Alors qu’il n’a pas répondu à une seconde convocation de la gendarmerie, son quartier est bouclé. « Entre 500 et 600 soldats, un centaine de chars, blindés et véhicules militaires » panique un témoin alors que dans le ciel, un hélicoptère fait la ronde, avec quelques drones. Gaz lacrymogène, bastonnades de riverains, quelques sommaires arrestations, l’assaut final semble se préparer. A l’intérieur, Agbéyomé Kodjo n’a point peur. Prières, échanges avec ses plus fidèles, des appels de compassions qui pleuvent de partout, souvent de togolais anonymes qui soutiennent le combat. A quelques dizaines de mètres de la maison, l’armée installe un appareil pour brouiller la communication. Mais l’ancien Premier ministre se taille un plan de contournement et passe des heures au téléphone. Un appel au repli sera donné, en milieu d’après midi par le ministre de la sécurité. Un « appel de l’Elysée » aurait imposé le répit. Mais tout porte à croire qu’il ne sera que de courte durée. « Faure Gnassingbé veut en finir avec lui » chucotte un ministre du camp présidentiel selon qui, « on ne se contentera pas seulement de lui voler sa victoire« . Quelques semaines plus tôt, cette même source lui avait, sans succès, proposé des postes gouvernementaux et quelques milliards en échange de sa capitulation.

L’Elysée et la justice dans le jeu

« Mes avocats travaillent à plusieurs pistes judiciaires » annonce Kodjo après un pompeux salut de foule depuis sa terrasse. Aux côtés de l’ancien archevêque de Lomé qui a aménagé au domicile du « président élu« , les deux hommes savourent, après le départ de l’armée, les applaudissements d’une foulée déchaînée. Du jamais vu après une élection au Togo. Bien qu’absorbé par la gestion de la crise sanitaire en France, Emmanuel Macron suit la situation de près. Une situation qui préoccupe le pouvoir togolais d’autant qu’une cinquième demande d’audience introduite par Lomé II (présidence togolaise) est restée sans suite. Faure Gnassingbé est obsédée par une audience avec le président français et souhaite que cette réélection n’en favorise l’opportunité. Mais à l’Elysée, le Togo est suivi comme du lait sur le feu. « Les résultats frisent le ridicule, 70% » s’étonne un avocat proche de Macron qui constate « une impopularité grandissante depuis la crise de 2017 ». Les Américains ont, quant à eux, arrêter la mise en place du Millenium challenge account (Mca), un programme sociopolitique de plus de 400 milliards de Cfa (750 millions de dollars) sur lequel Washington travaillait avec Lomé. « C’est le Togo qui a renoncé de lui-même » s’écrie un membre du gouvernement sans convaincre. Dans le camp Kodjo, on dénonce « une tentative de corruption » depuis que le Agbéyomé lui-même a fait part d’une proposition alléchante pour entrer au gouvernement. Ce à quoi la dynamique a opposé une fin de non recevoir. En attendant, le gouvernement a bloqué le paiement de la caution, des subventions de campagne ainsi que du remboursement des frais de campagne au prorata des scores. Une manière d’asphyxier financièrement un mouvement et un leader déjà essoufflés par une campagne menée sur des dettes. En attendant, Agbéyomé Kodjo qui multiplie des pieds et des mains pour faire intervenir Macron a son avantage a attaqué pour « vice de procédure » la levée de son immunité obtenue en mars dernier par le procureur de la République de Lomé. Côté justice, un argumentaire qui dénonce l’absence « du principe du contradictoire » a été envoyé à Afrika Stratégies France. Le document fait cas « d’une demande en annulation » portée à la connaissance du parquet de Lomé.

Une issue ?

Plusieurs leçons s’imposent, depuis cette élection. Pour la première fois, après l’annonce des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle dont la totalité des membres est nommée par la majorité présidentielle, le président prétendument élu gère un musclé « service après vente« . Si la pandémie de Covid-19 et des décisions du gouvernement ont empêché les Togolais de se mobiliser massivement, la tension n’aura jamais été aussi vive. Des lettres de félicitations de plusieurs capitales occidentales ne semblent pas calmer la situation. Le candidat de la Dymanique Kpodzro persiste, donnant l’insomnie à un pouvoir qui, après un demi-siècle, agonise mais tient le coup. Faure Gnassingbé a investi pas moins de « trois milliards (5 millions de dollars, Ndlr) » dans la communication et la corruption des réseaux. Il a fallu, selon plusieurs sources concordantes, « mouiller (corrompre dans le jargon) des fonctionnaires » de Paris à Bruxelles et de Berne à Berlin pour obtenir des lettres de félicitations, plutôt protocolaires après chaque élection mais ici brandies en trophées de guerre. Si Agbéyomé Kodjo est ouvert à des discussions, il les veut « inclusives, transparentes et ouvertes à toute l’opposition ». Mais il n’entend pas lâcher sa victoire. Une exigence qui irrite le président sortant. Dans cette crise, Agbéyomé Kodjo, souvent accusé de duplicité a joué parfaitement sa partition. »Il me séduit remarquablement » confesse Brigitte Adjamagbo, admirative de sa détermination.

La résistance et cette crise auront été à l’avantage du candidat de la Dynamique. Si, ses pairs de l’opposition qu’il accuse de corruption semblent ne pas le soutenir, il est prêt à aller jusqu’au bout. Et malgré son âge, entend mener cet ultime combat. Un combat qui révèle aux Togolais son vrai visage, celui d’un homme de conviction et de détermination que certains de ses actes passé ont altéré.

MAX-SAVI Carmel

Source : Afrika Stratégies France

 

 

Togo : Agbéyomé Kodjo, les dessous d’un martyre sans fin

 

Un système-totem baptisé Klatchaa : Poème satirique et tragique

Nous nous étouffons haletant le cou tassé portant sur nos têtes un système-totem obstiné qui ostensiblement de manière tonitruante s’est illustré dans les tours les plus meurtriers les plus dignes de bandes de truands qui feraient pâlir d’envie Ali Baba et les quarante gangsters

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et nous tient en otages comme une fatalité ce système-totem brutal arbitraire autant que tyrannique bestial autant que vantard
Quand sur nos routes et nos sentiers sa soldatesque attaque matraque tabasse fouette les manifestants ou simplement des piétons et motocyclistes qui ne respectent pas le couvre-feu que les uns ont le visage tuméfié les autres les entrailles dehors les testicules éclatés le torse couvert d’hématomes c’est que sa tâche est gentiment faite et qu’elle mérite sa solde

La Bête peut être satisfaite

La fracture s’étend s’étend entre le système reconnu et traité de menteur et la presque totalité des citoyens frappés d’incrédibilité et d’hébétude

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Tandis que épouvantable monstrueuse la Bête traumatisante fantomatique effrayante intérieurement tourmentée elle-même
Malgré une façade de stabilité et de sécurité tentant de tourmenter d’autres êtres mentalement faible elle-même et fortement mortelle aux actions sanglantes boiteuse qui s’acharne à distribuer des bastonnades tantôt à gauche tantôt à droite sous des prétextes inventés de toutes pièces

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Un Système-totem menteur traînant des tares depuis cinquante-quatre ans la menterie étant devenue le fétiche qui le représente immense taillé sculpté dans le tronc du géniteur-fondateur prétendument vaniteusement (c’est sa nature) auto-proclamé baobab planté tout en haut du toit qui abrite l’autel

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Un Système-totem totalitaire obtus aussi terrifiant qu’enfantin, les instincts dominant sur le rationnel, prenant les comptines enfantines pour cantiques religieux chantés à tue-tête dans le rituel à l’intérieur comme à l’extérieur de son temple

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Enfantin ? Traduisez-moi en termes terre à terre le nom le titre d’un citoyen qui oublie son statut de simple citoyen parmi un tas d’autres citoyens que l’on peut compter jusqu’à huit millions un être que tiraille agite manipule non son entourage mais cet être tyrannique que chrétiens mahométans israélites et adeptes des cultes vodouisants ou maraboutants ont baptisé Satan. Possédé ou pantin ? L’enfant tourmenté traité par certains de Tohossou (autiste) ou le pantin hystérique dit à son entourage : « Vite ! Rattrapez-moi le pouvoir-héritage de papa qui sautille et volète en ces heures et qui ne doit pas m’échapper. Attrapez-le et apportez-le par toutes les entourloupettes toutes les gymnastiques. N’hésitez devant aucun type d’acte même s’il le faut recourez à celui du bourreau envoyé par Hérode pour trancher la tronche de Jean-Baptiste sanguinolente sur un plateau comme un trophée à sa maîtresse Hérodias. Non seulement la tête de Jean-Baptiste mais de centaines d’autres tels que lui qui crient sur tout le territoire même dans leurs tanières».

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem, dragon qui dans sa cohorte attelée de laideurs entraîne des centaines de milliers de Togolais à travers les terrains variés du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest dans la misère jusqu’ à son autel pour l’horrible holocauste aux flammes crépitant des plaintes des victimes

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et certains de nos concitoyens trompés sautent frénétiques dans une hystérique ruée vers le matériel foule ignorante qui court attraper une hypothétique fortune sans possibilité de retour au point d’où elle est partie vers la perte de l’État des valeurs et de la nation
Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa
Et dans l’attelage on compte les consciences achetées le militantisme ligoté les leaders politiques garrotés l’opposition précipitée dans un tohu-bohu tétanique

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem de gloutons agglutinés qui s’agrippent au pouvoir de toutes leurs mille pattes et martèlent que pour les en détacher il faudra sortir l’artillerie lourde, plus, que s’abattent sur la terre un cataclysme un tonnerre de tous les diables le plus retentissant qui ait jamais existé

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Et ce Système-totem obtus continue de tuer tuer torturer torturer arrêter arrêter mater mater violenter violenter terroriser …
Insulte l’intelligence humaine instrumentalise qui s’y prête
Ce Système-totem Bête tentaculaire qui détruit plus que la peste plus que le coronavirus de manière intempestive ou en catimini
Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem montagne de détritus où le volume de déchets augmente au fil du temps

Et où la vertu devient de plus en plus introuvable

Engloutie dans le triste trou insatiable de l’avidité environnante trou des visions lumineuses soudain éteintes plongées dans l’obscurité

Telle s’étale la Bête vaniteuse de la tête à la queue Klatchaa

Ce Système-totem ô citoyen lorsqu’il jette son manteau sur toi il t’étouffe t’anéantit totalement si tu te tais

Imitons veux-tu tocsin retentissant de la révolte les vaillants bataillons de conducteurs de taxi-moto qui ont su tancer ce Système-totem et lui dire stop.

Et pour toujours on n’entendra plus tonner la Bête qui s’étale de la tête à la queue Klatchaa

Sénouvo Agbota Zinsou

 

 

Un système-totem baptisé Klatchaa : Poème satirique et tragique

 

Cette question du Prof Apedo-Amah à l'annonce du décès de Kodjo

Les hommages pleuvent depuis l'annonce du décès de l'ancien Premier ministre togolais, Edouard Edem Kodjovi Kodjo. Le Prof Ayayi Togoata APEDO-AMAH, lui, pose une simple question : qu'est-ce qu'un grand homme ?

QU'EST-CE QU'UN GRAND HOMME ?

Sur le réseau Facebook, Divine a posé une question cruciale restée sans réponse. C'est un excellent sujet de dissertation de français ou de philosophie au Bac.

À l'occasion du décès du politicien Edem Kodjo, au sujet du qualificatif " grand", on lit tout et son contraire au sujet du défunt.
Mais la balle est surtout dans le camp de ceux qui collent cet adjectif à ce monsieur. Nous avons peur d'être devenu amnésique.

- Est-on grand par la taille ?

- Est-on grand par la fonction ? ( On connaît beaucoup de politiciens, ministres et présidents qui sont de pauvres types et de grands minables)

- Est-on grand parce qu'on s'est enrichi au pouvoir sur le dos du peuple ?

- Est-on grand parce qu'on a rendu son pays prospère et démocratique (Suisse de l'Afrique) ?

-Est-on grand parce qu'on a soutenu une horrible dictature militaro-fasciste contre le peuple togolais, et ce, de père en fils ?

- Est-on grand parce que lors d'élections présidentielles, on a fait campagne pour le dictateur honni et vomi ?

- Est-on grand parce que les électeurs vous ont gratifié d'un pourcentage de 0% à une élection présidentielle ?

- Est-on grand parce que l'on est un pion de la France coloniale et colonialiste et des réseaux mafieux françafricains ?

Il appartient à présent à chacun d'éclairer sa propre lanterne et si possible, celle des autres.

Au boulot !

Ayayi Togoata APEDO-AMAH

 

 

Cette question du Prof Apedo-Amah à l'annonce du décès de Kodjo

 

Hommage à la fleurs d'épines

Edem Kodjo, Paix à son âme, fut tout pour lui, rien pour le Togo...

Parcours enviable : Secrétaire général de l'OUA, Premier ministre du Togo, politicien et intellectuel émérite appréciable et apprécié, il a laissé à l'Afrique le souvenir d'une personnalité égoïste imbue de sa personne au profil plutôt aristocratique, vachement démesuré.

Déconnecté d'une tradition et de réalités proprement africainanistes dont il se revendiquait avec le ronflant titre de panafricaniste, grossier contraste, Edem Kodjo de son existence n'a su naviguer que sur des intérêts personnels contre les aspirations profondes et légitimes des peuples.

En témoigne la gestion de la crise de la république arabe saharahouie face au Maroc lorsqu'il était à la tête de l'organisation de l'unité africaine.

Inventeur, parrain invétéré, pour Eyadema, et cerveau scholastique du Livre Vert qui a accouché du RPT, Rassemblement du Peuple Togolais, parti Etat, arme idéologique à laquelle il a assigné une orientation monstrueuse qui a martyrisé tout un peuple depuis 50 ans, Edem Kodjo a passé sa vie, contre récompense bien entendu, à asseoir le règne sans suite de Gnassingbe Eyadema.

Il reviendra sur les lieux du crime 38 ans après la mort de celui-ci, aider à installer son fils dans le goinfre refrain de poste de Premier ministre de Faure Gnassingbe.

Ni pour le Togo, ni pour sa démocratie, il n'a été capable de laisser des traces indélébiles de son existence. Tout pour lui et pour lui seul.

Sur le plan social, son luxueux domicile dans son village natal à Noepé côtoie allègrement sans pitié les taudis des parents voisins qui s'en sortaient à peine pour le repas quotidien.

Aux quartiers Hanoukope et Tokoin hôpital, son existence ne tient qu'à empêcher les riverains de circuler librement. Des barricades stupides qui obligeaient à des contournements ennuyeux et obligatoires.

J'ai eu l'occasion de rencontrer Edem Kodjo à plusieurs reprises.

Au siège de son parti, à son domicile et dans les réunions politiques.

Le souvenir que je garde de l'une de ces rencontres remonte à 2005, j'étais Rédacteur en Chef de la Radio Kanal FM.

Apres l'élection présidentielle émaillée de violences au lendemain de la mort de Gnassingbe Eyadema, je lui ai posé la question de savoir s'il reconnaissait la victoire de Bob Akitani, candidat unique de l'opposition.

Il m'a pratiquement rabroué, a piqué une colère de cobra, s'est levé pour revenir confié à mon micro que c'est plutôt le candidat du PFC, qui devrait reconnaître sa victoire. Ce fut sans doute une entorse à la revendication de la victoire du candidat de l'opposition Bob Akitani, une victoire qui ne se lisait pas dans les incantations et les tours de prestigitations comme celle de 2020.

Edem Kodjo, c'est aussi la fondation Pax Africana, cette ONG originellement mordue par la culture de paix au nom de l'Afrique qui s'est contentée de voler perpétuellement au secours des autres pays au détriment du Togo, le pays de son animateur.

Alors que le Togo ployait sous le poids d'un déficit démocratique avec des violations graves des droits de l'homme, Edem Kodjo préférait s'occuper du Mali et de ses djihadistes, de la Centrafrique avec ses champs de diamants ou encore de la RDC avec ses mines de cobalt.

Neutralité désinvolte nourrie d'un silence coupable ou désengagement suspect consécutif au dédain pour un peuple togolais qui a refusé de soutenir son obsession d'être Président de la République. Nul ne saurait comprendre.

Ce fut un silence coupable pour être plus simpliste.

Ces coups de gueule à l'endroit de Edem Kodjo, je les ai proférées lors du vivant de l'homme. Nous en avons discuté lui et moi à plusieurs reprises.

À sa mort, je les réitère dans la logique formelle de mes observations et de mon sens de devoir, sans avoir la prétention de le juger.

Il a vécu Edem Kodjo. Il était une éminence grise, paré d'une élégance extraordinaire qui rimait avec un art rethorique châtié qui forçait l'admiration. Un grand homme de taille physique qui prenait le temps de choisir ses mots pour s'adresser à ses adversaires. Des compétences et atouts, une notoriété qu'il aurait pu mettre au service de l'alternance et du développement du Togo.

Hélas, il est parti sans avoir réussi à le faire.

Laissant un parti débridé qui n'a plus de substance à faire valoir, une fondation peu luisante, sinon enlisante, un Togo resté miné par des apories politiques qu'il lui a infligées, une classe politique émoussée qui cherche constamment des repères de résurrection.... Bref un Togo qui attend constamment les lueurs de l'alternance.

Il est parti à une période qu'il n'aura jamais souhaité de sa vie, dans monde frappé par le COVID-19 où pour organiser ses obsèques les invités doivent se résumer à 15.

Edem Kodjovi Kodjo a bien vécu. Pour lui et sa progéniture. Pour le Togo, pas évident.

Paix à son âme.


Carlos KETOHOU.

 

 

Hommage à la fleurs d'épines

 

Officiellement, 32.000 personnes ont déjà touché les fonds «Novissi »

Destiné aux couches les plus fragiles en cette période de crise sanitaire, le programme d’aide sociale dénommé Novissi a déjà enregistré 32.000 bénéficiaires si l’on en croire les sources officielles.

Le programme de transferts monétaires Novissi lancé dans le cadre des mesures d’accompagnement des personnes les plus vulnérables pendant la période de la lutte contre la pandémie coronavirus est pris d’assaut par plusieurs dizaines de milliers de gens.

Selon les chiffres communiqués, au moins 43.000 personnes ont pu faire leur inscription. 32.000 ont touché les premières tranches des fonds, soit 185 millions de FCFA. Ceci 24 heures seulement après son lancement le mercredi dernier, a confirmé le ministre des Mines et de l’Energie, Marc Ably-Bidamon, mettant en même temps en garde les fraudeurs.

Au cours de la durée de l’état d’urgence, soit 3 mois (avril-mai-juin), les couches concernées ou ciblées toucheront une aide mensuelle de 12 250 FCFA pour les femmes et 10.500 FCFA pour le sexe masculin. Les conducteurs de taxi-moto, eux, percevront un forfait de 20.000 FCFA par mois.

Les fonds sont transférés sur les comptes Flooz ou T-Money des bénéficiaires en raison de la moitié toutes les deux semaines. Pour toutes informations, consultez *855# ou appeler le 855.

Au Togo, le bilan actualisé fait 76 cas confirmés, 29 guérisons. Et malheureusement 3 décès.

A.H.

 

 

Officiellement, 32.000 personnes ont déjà touché les fonds «Novissi »

 

Edem Kodjo sans langue de bois : «Je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo»

Dernier entretien accordé au journal l'Alternantive par Edem Kodjo, paru dans le No774 du12 février 2019.

En retrait de la scène politique togolaise depuis plusieurs années, le Président de la Fondation ‘’PAX-AFRICANA’’, Edem Kodjo, est régulièrement sollicité dans d’autres pays. Il était le facilitateur de l’Union Africaine (UA) dans la crise politique en RDC. Ce pays qui vient d’élire un nouveau Président en la personne de Félix Tshisekedi à l’issue d’une présidentielle des plus controversées. C’est justement pour comprendre ce qui s’est réellement passé dans ce pays continent au sous-sol immensément riche que nous avons réalisé cet entretien. Nous n’avons pas occulté les questions de l’heure, notamment le franc CFA, l’immigration. Et pour la première fois, l’ancien Premier ministre Edem Kodjo a accepté placer deux mots sur la crise politique togolaise. C’est un homme profondément inquiet pour l’avenir de son pays que nous avons interrogé. Lecture !

Bonjour M. Edem Kodjo, La RDC a connu il y a quelques semaines un processus électoral particulier, vous avez été facilitateur de cette crise pour le compte de l’UA. Est-ce la victoire du peuple congolais ou celle de Joseph Kabila ?

Oui, c’est indubitablement la victoire du peuple congolais. La preuve, les Congolais se sont réjouis dans la capitale Kinshasa et dans les différentes provinces. Ils apprécient le dénouement paisible du processus et la paix qui règne actuellement dans le pays.

Mais c’est également la victoire de Joseph Kabila qui a eu raison un peu contre tout le monde. On disait qu’il n’allait pas rendre son tablier, il l’a rendu ; qu’il allait imposer son candidat ; celui-ci n’est arrivé qu’en troisième position et personne n’a été inquiété; qu’il allait s’accrocher au pouvoir, il n’en fut rien. On parle d’un deal avec l’Opposition ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’il est rentré dans l’Histoire en faisant triompher l’alternance depuis 60 ans.

Et pourtant la France, les USA, la Belgique et même l’UA ont mis en doute les résultats proclamés par la CENI, dénonçant sans le dire ouvertement un deal entre Joseph Kabila et Felix Tshisekedi au détriment du vrai vainqueur Martin Fayulu.

C’est bien ce que nous avons tous constaté. C’est une élection qui n’a laissé personne indifférent. Aussi bien les grandes puissances que les petites. Tous ont défendu la démocratie sous les tropiques. Les Congolais nous ont proposé un modèle de sortie de crise. Est-ce le résultat d’un deal ? Seule l’Histoire nous le dira. On peut au moins se réjouir que l’apocalypse n’ait pas eu lieu comme on le prévoyait de toutes parts.

En dehors des élections et des relents que cela suscite, il faut aussi, en tant qu’Africain, garder à l’esprit que nous sommes face à un pays-continent, de 2.300.000km avec deux fuseaux horaires et un sous-sol gorgé de métaux et de minerais aussi précieux les uns que les autres et que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur terre. Autant de spécificités qui suscitent naturellement appétit et convoitise, ce qui ne met pas ce géant d’Afrique hors de portée de surprises diverses. Les prédateurs sont à l’affût.

Comment peut-on comprendre le raz-de-marée du parti de Kabila aux législatives alors que le candidat du pouvoir pour la présidentielle est arrivé troisième ?

Les législatives demandent une attention individuelle de chaque candidat sur son sort personnel. Les deux campagnes ayant été menées simultanément avec toutes les incertitudes annoncées, les candidats se sont-ils plutôt concentrés sur leur propre élection ? Allez savoir. J’ai aussi remarqué que la majorité avait commencé sa campagne dans les provinces déjà pendant le dialogue.

La CENCO que vous connaissez bien a déployé environ 40 000 observateurs, et selon elle, Félix Tshisekedi n’est pas le vrai vainqueur de ce scrutin.

Comme le dit le Président Tshisekedi lui-même, il attend toujours les preuves de ces allégations. La CENCO s’était mise dans une situation de concurrence avec la CENI (ce qui n’est pas admissible) et avait pris les devants pour annoncer un vainqueur. Elle a finalement reculé sur la question. Il faut disposer de beaucoup de moyens pour envoyer 40.000 observateurs sur le terrain. Cette position, plus les interventions intempestives venues de l’extérieur, ont failli faire exploser le Congo; mais heureusement que les Congolais ont su raison garder.

Lors d’un sommet extraordinaire sur la RDC tenu le 17 janvier à Addis- Abeba réunissant une dizaine de chefs d’Etat, l’UA par la voix de son président Paul Kagamé, a émis de sérieux doutes sur les résultats et invité la Cour constitutionnelle à s’abstenir de les proclamer ; une injonction vite rejetée par Kinshasa. Paul Kagamé est-il allé trop loin, selon vous ?

Le Secrétaire Général des Nations-Unies, M Antonio Gutierrez déclarait à juste titre qu’il ne s’agissait ni d’un organe ni d’un département de l’Union Africaine. C’était une réunion de Chefs d’Etat membres de l’organisation choisis par le Président en exercice, ce qui ne lui conférait pas une autorité réglementaire automatique pour soutenir légalement une telle décision. La preuve, non seulement la RDC ne s’y est pas reconnue, même l’ONU où la question fut portée devant le Conseil de Sécurité n’y a pas adhéré non plus.

Dans une Tribune publiée le 1er février dans le journal ‘’Le Monde’’, Mo Ibrahim et Alan Doss Président de la Fondation Koffi Annan, parlent de la défaite de la démocratie, réclament toujours la vérité des urnes et en appellent à l’émergence d’une transition crédible et respectueuse de la volonté démocratique. Avez-vous pris connaissance de cette Tribune et que pensez-vous de cette démarche ?

C’est à l’honneur de ces deux personnalités de défendre la démocratie jusqu’au bout. Et il y a du travail à cet effet sur le continent. Mo Ibrahim apporte une contribution appréciable à la question de la gouvernance sur le continent et il y met beaucoup d’efforts et de moyens. Le défi est d’arriver à mettre sur pieds une Commission électorale supranationale capable d’être un véritable recours dans une situation comme celle-ci.

Finalement lorsqu’on analyse le processus électoral en RDC, les doutes sérieux qui planent sur les résultats, à quoi servent les élections en Afrique si l’expression populaire doit être travestie par des fameuses Commissions électorales dites souvent indépendantes ?

S’il n’y avait pas d’élections, qu’y aurait-il à la place ? Des régimes centenaires et univoques ? Nous devons à chaque fois remettre l’ouvrage sur le métier jusqu’à ce que nous soyons un jour satisfaits. Avons-nous sauté trop vite à pieds joints sur des modèles de structures gouvernementales en déphasage avec notre culture ? Force est de constater qu’après soixante ans d’indépendance, la greffe n’a pas encore pris et qu’il faut faire d’avantage, notamment dans la partie francophone du continent. Nos intellectuels ont-ils suffisamment réfléchi ? Nos juristes ont-ils vraiment fait leur part du travail ? Avons-nous pris la mesure des enjeux ? Les élections seules suffisent-elles pour obtenir un atterrissage en douceur dans des pays où un régime est installé depuis de longues décennies ? Ne faut-il pas devant certains cas, un peu plus de lucidité et d’humilité ?

Il me semble qu’il nous reste encore beaucoup de réflexions à mener dans ces domaines.

Lors d’un grand meeting de la coalition Lamuka le 2 février à Kinshassa, Martin Fayulu a rejeté la main tendue de Felix Tshisekedi et appelle ses partisans à la résistance pacifique. La RDC n’est pas au bout de ses peines ?

Le Congo semble cependant en paix et la capitale Kinshasa semble être déjà passé à autre chose. Les Congolais apprécient que l’Opposition ait gagné les élections et c’est bien qu’il y ait une main tendue. Mon conseil est que cette main reste tendue jusqu’à la fin du mandat. Cela peut être utile.

Vous aviez eu le privilège d’assister à l’investiture du nouveau Président Felix Tshisekedi et ce dernier vous a ensuite accordé une audience. Felix Tshisekedi a-t-il les moyens de réussir sa mission dans un contexte où le clan de Joseph Kabila détient encore tous les leviers du pouvoir ?

Nous avons entendu le nouveau Président exprimer sa volonté de gouverner pour tous les Congolais, mais a aussi dit fermement où se trouvent ses priorités. Donnons-lui le temps de ‘’s’exprimer’’ et de déployer sa vision de la RDC. Nous avons aussi longtemps conféré avec le Président sortant. Nous l’avons félicité et exhorté à continuer son soutien à l’alternance. Le comportement de Joseph Kabila dans cette affaire est une leçon pour bien de dirigeants africains.

Votre mission de facilitateur en RDC a suscité des critiques d’une frange de l’opposition et de la société civile. Quel sentiment avez-vous aujourd’hui après la tenue de ces élections ?

J’ai plutôt l’impression que l’Histoire prend sa revanche. Tous ceux qui ont prétendu détricoter l’Accord du 18 Octobre 2016 pour lui substituer des arrangements particuliers se rendent bien compte aujourd’hui de la profondeur de notre travail et sa capacité à voir loin. Du reste, le peuple congolais ne s’y est pas trompé qui nous a réservé un accueil délirant à la cérémonie d’investiture.

Parlons du franc CFA. Vous êtes un panafricaniste qu’on ne présente plus. La question de cette monnaie est revenue encore au-devant de l’actualité ces jours-ci avec les dirigeants italiens de l’extrême droite (Mouvement 5 étoiles) qui accusent ouvertement la France de piller l’Afrique francophone. Ne faut-il pas régler définitivement cette question du francs CFA?

Je suis intervenu longuement dans vos colonnes sur ce sujet. Il serait utile de renvoyer vos lecteurs à cet article de fond, mais ma position n’a pas changé. Créons comme convenu l’Eco, c’est-à-dire la monnaie de la CEDEAO et le CFA cessera d’exister. Ce débat est certes utiles mais attention, il peut aussi cacher ou empêcher un autre plus important, celui du manque de volonté politique de la part de nos leaders pour créer une monnaie commune qui dépasserait le cadre étroit des 8 pays de l’Union Economique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) qui a en partage le Franc CFA. Nous sommes au moins à quatre rendez-vous manqués. Le prochain rendez-vous est pris pour 2020. Il faut veiller à ce que cela tienne et la mobilisation pour cette échéance me paraît plus importante. Les experts disent qu’il y a peu de chance que l’échéance de 2020 soit respectée. Alors on en fixe encor une autre, 2022. Et puis quoi après ? Il faut bouger sur ce dossier.

Le 28 novembre 2017 lors de son passage à Ouagadougou répondant à une question d’un étudiant, Emmanuel Macron le Président français a déclaré que les Africains sont libres de quitter la zone CFA. Visiblement depuis deux ans, aucun chef d’Etat africain ne veut franchir le Rubicon. Finalement, c’est l’Afrique qui maintient cette monnaie ou la France ?

Ma réponse à la question ci-dessus répond parfaitement à celle qui suit. Les pays membres de la CEDEAO ont décidé en toute souveraineté de créer une monnaie unique et ont installé des institutions communautaires qui travaillent sur le sujet et donnent souvent des échéances qui ne sont pas respectées. Le jour où ils agiront de façon concrète, cette question ne se posera plus.

Selon les chiffres publiés par le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), plus de 2260 personnes sont mortes en tentant de traverser la méditerranée en 2018, plus de 3140 l’année précédente, sans compter ceux qui meurent dans le désert. On entend moins l’UA et les autres organisations régionales sur ce drame permanent.

Il est vrai que devant ce drame, on aurait souhaité avoir plus d’échos de nos Etats et de nos organisations régionales et continentales. Au minimum, une tentative d’empêchement de ces candidats à la mort sur chaque territoire national aurait été un signal, montrant que la vie de nos concitoyens a un prix à nos yeux. On me dit que les Etats ne réagissent pas parce qu’ils n’ont pas de travail à leur proposer. Je pense qu’entre la mort et le travail, le choix ne doit pas être si difficile à faire. Il faudra bien une jeunesse bien portante et en vie pour conduire et soutenir la volonté de développement de nos pays.

Vous êtes un afro optimiste. Face aux conflits qui dévastent encore plusieurs pays, le terrorisme qui fragilise les Etats, l’immigration et ses conséquences, les élections contestées débouchant sur des conflits, peut-on continuer à croire à ce continent convoité par toutes les puissances extérieures ?

Si le continent est convoité, c’est bien parce qu’il inspire de l’optimisme aux autres. C’est bien parce qu’ils voient tout ce qu’il a à offrir et ne sous-estiment pas son avenir. Malgré les conflits et le terrorisme, l’Afrique est une force qui va et rien ne pourra l’arrêter.

Vous ne vous exprimez pas souvent sur les affaires de notre pays; et pourtant la situation est difficile, voire dramatique. Depuis les dernières élections, un voile d’incertitudes et d’obscurité semble planer au-dessus de nos têtes. Consentirez-vous à nous livrer votre évaluation de la situation ?

Oui ! C’est avec une profonde tristesse que je suis l’évolution politique de notre pays. On a beau se tenir en marge et choisir de ne plus se mêler de politique politicienne mais on se rend compte que le pays est là ! On n’en a pas trente-six, il n’y en a qu’un. Et son destin nous poursuivra et nous accompagnera toujours. En réalité, je ne me suis jamais désintéressé du sort de la Nation. Me connaissant, vous savez que c’est impossible. Des échos me parviennent de ci, de là que « PAX AFRICANA », ma Fondation ne s’intéresse qu’aux autres pays du continent et ne dit jamais rien sur le Togo. C’est un peu normal, elle a été essentiellement créée pour cela. Ce qui ne veut pas dire qu’elle se désintéresse du Togo.

Mais pour revenir à l’essentiel, je dois vous avouer que je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo. Le combat pour la démocratie et l’alternance mené depuis 1990 ne semble pas aboutir jusqu’à ce jour. Il faut consacrer une réflexion approfondie aux causes de cette étrange situation. Vous savez, la situation actuelle de notre pays a été aggravée par les événements du 19 Août 2017. Devant ces événements, une analyse sans complaisance s’imposait. Au lieu de cela, une réaction inappropriée prévalut. L’option sécuritaire l’emporta. On a pensé qu’il suffisait de maintenir l’ordre par la répression.

Une attitude plus ouverte, je dirai plus politique, c’est-à-dire plus tournée vers le dialogue aurait permis de désamorcer la crise mais ce ne fut pas le cas.

On se souviendra que dans une déclaration du 20 Octobre de cette année-là, j’avais proposé qu’une sorte de médiation initiée par des Togolais, prévale pour prendre à bras-le-corps, la problématique du mal togolais. Je proposais d’en être partie car après tout, nous sommes mieux placés que quiconque pour penser, poser et résoudre nos problèmes avec ce privilège de connaître tous les acteurs. Je connaissais et je connais toujours, au moins une douzaine de compatriotes de tous bords, capables de s’asseoir et de faire avancer notre cause commune.

On préféra la facilitation de la CEDEAO qui s’est révélée désastreuse et je pèse bien mes mots. Désastreuse, j’ai bien dit. L’impression prévaut que cette institution n’a pas fait grand cas du sort et des attentes du Peuple Togolais. Elle n’a proposé que des solutions boiteuses, inappropriées et iniques. Comment peut-on fixer une date pour des élections alors que la feuille de route acceptée de tous, indiquait comme préalable à toute consultation électorale, l’adoption de réformes… j’y perds mon latin.

Aujourd’hui, le mal est fait.

Que devons-nous faire face à cette situation ?

Nous devons être réalistes. Ce qui manque à nos concitoyens, c’est le sens du réalisme. Il convient d’aborder nos problèmes avec beaucoup de courage et de sens pratique. Foin de rodomontades, de vociférations, de proclamations, d’injonctions, de ratiocinations…

Je suis persuadé qu’aujourd’hui, l’alternance est une chose partagée par la très grande majorité des Togolais. Il y a ceux qui l’avouent, il y a ceux qui le pensent intimement. Mais si l’alternance devait signifier la victoire d’un camp sur l’autre, elle ne se réalisera pas. N’ayons pas peur de nous dire crûment la vérité. Une preuve ? Les élections législatives unilatérales ont donné la victoire au camp présidentiel, mais cette victoire à la Pyrrhus ne sert à rien, ne résout rien. Il en est de même lorsqu’on considère le mal togolais dans sa globalité.

L’espérance d’une victoire totale d’un camp sur l’autre est une chimère. Il faut trouver le moyen d’aboutir à un consensus voire un ‘’pacte national’’ que des élections transparentes et équitables viendraient consolider.

N’est-ce pas la leçon que les Congolais de la RDC viennent de nous donner en acceptant une coopération entre anciens et nouveaux pour le seul bien du pays ?

Je connais personnellement au mois une douzaine de Togolais de tous bords, des patriotes, qui peuvent en dehors de toutes considérations partisanes, s’asseoir, parler, réfléchir et proposer des solutions à nos problèmes. Il faut qu’on les y encourage.

Nous devons chercher la vérité entre nous, nous donner des garanties mutuelles, avoir le courage sinon d’oublier, du moins d’oblitérer le passé, d’aborder les rivages du ‘’Grand Pardon’’ qui a été si mal compris et méprisé dans le passé mais qui remonte, remonte, remonte à la surface.

Il y aurait bien d’autres choses à dire. Le cadre de cette interview ne suffit pas.

Votre mot de fin

Que Vive l’Afrique, Messieurs !

Je vous remercie

 

 

Edem Kodjo sans langue de bois : «Je suis profondément inquiet sur l’avenir du Togo»

 

Togo, Covid-19 : ANSAT, Attention au gaspillage des stocks !

La pandémie du COVID-19 impose l’autarcie des ressources à tous les pays. Ne maitrisant ni la mesure du temps, ni la mesure de l’espace ni les dégâts de la pandémie, chaque pays fait au mieux pour sauvegarder les ressources pour sauver sa population en cas d’aggravation de la crise alimentaire qui pourrait découler de la pandémie.

Coup de théâtre, c’est le moment choisi par le Colonel Ouro-Koura AGADAZI, le Directeur Général de l’Agence Nationale pour la sécurité alimentaire ANSAT pour proclamer fièrement l’excédent alimentaire du Togo et se proposer de voler au secours des pays voisins : « Au-delà de la satisfaction des besoins de consommation des togolais, il n’est pas exclu que le Togo puisse encore une fois venir en aide aux pays de la sous-région sérieusement affectés.. » a confié au site Arcanews l’ancien ministre de l’agriculture.

C’est donc un véritable scandale de distribuer les précieux produits stockés, soit 70 milles tonnes pour le compte de cette années à des pays qui dit-on sont sérieusement affectés.

Le Togo commence d’ores et déjà à vivre la cherté des produits alimentaires, surtout des céréales qui constituent la base de l’alimentation. Le maïs, le mil , le sorgho, le haricot et le riz connaissent une flambée de prix sur le marché.

La bonne politique pour des dirigeants soucieux du bien-être des populations serait de conserver jalousement ces stocks et les mettre d’une façon ou d’une autre à la disposition d’une population affamée.

Ailleurs, au Gabon, au Ghana, au Niger, le gouvernement a pris l’initiative de distribuer gratuitement les produits aux populations pour amortir le confinement consécutif à la pandémie du coronavirus.

S’il n’est pas possible de distribuer gratuitement ces produits, l’ANSAT aurait mieux fait de le vendre à un prix relativement abordable aux populations.

C’est le moment crucial qui choisit le colonel ministre d’annoncer l’exportation à titre d’aide aux autres pays dits sérieusement affectés comme si le Togo n’était pas affecté par la menace d la famine.

Cette sortie de Ouro Koura AGADAZI illustre assez clairement le mal qui gangrène le ministère de tutelle, de l’Agriculture qui brille plutôt par du bling-bling au lieu d’actions concrètes.

Un citoyen nous a interpellé sur la question, surpris en confiant tout simplement que cette annonce du Colonel Agadazi n’a d’autre explications : Tomber sur la tête.

Carlos Ketohou

Source : L’Independant Express (independantexpress.net)

 

 

Togo, Covid-19 : ANSAT, Attention au gaspillage des stocks !

 

Afrique, Covid-19, Corruption Massive : Derrière les achats de masques et gels, des détournements massifs de fonds

L’épidémie de Covid-19 n’est plus une menace pour l’Afrique, c’est maintenant une réalité car de plus en plus de pays du continent ont confirmé des cas. Mais loin des mesures prises, c’est beaucoup plus une « belle opportunité » de détournements massifs de fonds qui s’offre aux dirigeants africains.

La crise du coronavirus a tôt fait de révéler au monde entier le système sanitaire largement défaillant des pays africains, surtout en Afrique subsaharienne. Elle est le révélateur des limites de capacité des états, incapables de protéger leur population mais aptes à organiser des scrutins municipaux, législatifs et présidentiels à plusieurs milliards de francs CFA. Depuis le début de la pandémie, plusieurs chefs d’États africains qui ne prenaient la parole face à leurs concitoyens qu’une fois l’an, ont tous été subitement piqués par le virus des discours télévisés, souvent creux et sans mesures pragmatiques. Le Nigeria par exemple, première puissance économique d’Afrique, ne consacre qu’à peine plus de 4 % de son budget à la santé.

Corruption : « silence ça vole »

Derrière les grandes annonces de mobilisation de fonds, des achats de masques, gels hydroalcooliques et gants, se jouent de grosses luttes pour s’arracher les marchés juteux. Selon une note de plusieurs associations luttant contre la corruption en Afrique subsaharienne, plus de 400 milliards ont été déjà détournés en Afrique de l’Ouest et du centre. Les États incriminés passent commande pour la plupart auprès de fournisseurs amis, en gré à gré, au « nom du Covid-19 ».

« Ce sont des milliards sans contrôle », assène un haut responsable de la BCEAO qui a souhaité garder l’anonymat, avant de poursuivre : nous voyons de plus en plus de mouvements financiers douteux, entre les États membres, cela s’apparente clairement à des détournements et du blanchiment de capitaux. Comment expliquer que des revendeurs de produits GSM avec des revenus modestes, se retrouvent avec 4 ou 5 milliards sur un compte en banque dont le plafond depuis dix ans tournait autour de 350.000 CFA ? Très souvent ces montants proviennent de Trésors publics ». Fin de citation.

Plus loin encore, Alexandre Legendre, expert en stratégie Politique explique ces détournements massifs de milliards dans cette période de crise sanitaire, par les échéances qui approchent : « si vous observez bien la situation dans le pays où les détournements sont importants, soit il y a une élection majeure cette année ou soit l’an prochain. Le Covid-19 sonne comme du pain béni pour ces hommes politiques qui doivent mobiliser des ressources importantes pour faire campagne. On détourne, et dans le même temps on fait appel à l’aide internationale pour faire passer la pilule de la récession qui s’annonce. Le malheur ne frappe pas forcément tout le monde, ce sont les populations qui seront évidemment perdantes », insiste-t-il, visiblement désabusé par le contexte.

Toujours plus riches, toujours plus pauvres…

Le coronavirus n’épargne pas la classe dirigeante africaine, habituée aux hôpitaux d’Europe et des pays du Golfe, certes, mais il va contribuer à accentuer le clivage entre riches et pauvres. D’un côté les dirigeants qui profitent de la situation sanitaire pour détourner des fonds, communiquer sur des chiffres inexacts, et s’enrichir, et de l’autre, les populations abandonnées à elles-mêmes dans un contexte socio-économique critique. De source digne de foi, les achats de dizaines de millions de masques annoncés par les différents États à grands coups de communication ne sont en réalité que des vues de l’esprit. Dans un pays ouest-africain qui doit connaître une nouvelle élection présidentielle en 2021, si le gouvernement annonce avoir commandé plusieurs dizaines de millions de masques, la réalité abyssale est qu’elle n’en a en réalité commandé que 800 000.

L’Afrique et ses dirigeants ne consacrent que 1 % aux dépenses mondiales de santé. Avec deux médecins pour 10 000 habitants, les hôpitaux publics d’Afrique continuent d’être de véritables mouroirs et ne disposent en moyenne que de 1,8 lit pour 1 000 personnes. En République démocratique du Congo, il n’y a qu’une cinquantaine d’appareils d’assistance respiratoire pour plus de 80 millions d’habitants vivant sur un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale. Et pourtant les entreprises de BTP, avec le soutien des dirigeants, facturent 1km de route à plus de 2 millions de dollars. Ubuesque !

Casimir Letissier

Source : LSI Africa

 

 

Afrique, Covid-19, Corruption Massive : Derrière les achats de masques et gels, des détournements massifs de fonds

 

Disparition d’Edem Kodjo: Que faut-il retenir du grand intellectuel qu’il fut? Fut-il un soutien ou une victime de la dictature?

Avec Edem Kodjo disparaît l’un des meilleurs intellectuels de l’Afrique comtemporaine.Tout intellectuel honnête qui pourrait avoir des réserves sur le parcours de l’homme, peut au moins être d’accord avec cette affirmation. Si Kodjo était né dans un autre pays plus libre et démocratique que le Togo, nous n’en serions pas aujourd’hui là à nous disputer sur le bilan que nous pourrions tirer de son passage dans les sphères politiques de notre pays et de l’Afrique.

Puisque Edem Kodjo a vu le jour le 23 mai 1938 à Sokodé, donc au Togo; puisque le hasard veut qu’il soit revenu au pays après ses études en France en plein début de la dictature d’Éyadéma, l’Énarque de la promotion Blaise Pascal était désormais pris entre l’étau d’un système politique autoritaire. Il avait bien sûr le choix entre rester en France, comme beaucoup d’intellectuels togolais et africains, où inévitablement, il aurait fait une brillante carrière, et revenir servir au Togo sous Éyadéma. Mais il avait fait le choix de revenir. Choix que nous devons respecter même et surtout après sa mort.

Il fut l’une des têtes pensantes, sinon la tête pensante qui suggéra au dictateur de Pya la création du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). On lui prête également la paternité de la rédaction du livre vert, la bible du parti unique. Il fut gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) de 1967 à 1973 et Secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) entre le 21 juillet 1978 et le 12 juin 1983. Éyadéma, en bon dictateur et craingnant que Edem Kodjo ne lui fît ombrage avec sa popularité de plus en plus grandissante à la tête de l’Organisation Panafricaine, s’opposa énergiquement, à travers son Ministre des Affaires Ètrangères, à sa réélection pour un deuxième mandat. Craingnant pour sa sécurité au Togo, Edem Kodjo s’exila en France.

Il revint au pays avec l’avènement du multipartisme et créa l’UTD (L’union Togolaise pour la Démocratie). Il participa à la Conférence Nationale Souveraine en juillet -août 1991 et devint membre du Haut Conseil de la République (HCR), parlement de la transition dirigée alors par Joseph Kokou Koffigoh. Il était également là quand quand le HCR, avec à sa tête Monseigneur Fanoko Kpodzro, tenta de dissoudre le RPT. Edem Kodjo était l’un de ceux qui furent humiliés par les soudards envoyés par Éyadéma pour prendre en otage les Hauts Conseillers de la République en octobre 1992.

«L’UTD est un parti-charnière...», cette phrase restée légendaire servit d’alibi à Edem Kodjo pour se faire nommer Premier Ministre par Gnassingbé Éyadéma au lendemain des élections législatives de 1994 avec seulement 7 députés, alors que le CAR s’en sortait avec 36 élus. Ce qui montre que les intrigues de certains leaders de l’opposition togolaise pour plomber la lutte ne datent pas d’aujourd’hui, hélas! Après avoir servi le père, il se mit au service de Faure Gnassingbé dont il devient Premier Ministre en 2005. Pendant la dernière décennie de sa vie, Edem Kodjo aurait travaillé auprès du fils d’Èyadéma comme conseiller. En 2009, Edem Kodjo quitte la politique et crée la Fondation Pax Africana.

Ce petit survol, pas forcément exhaustif de la carrière de Monsieur Edem Kodjo, qui nous montre que notre valeureux compatriote et aîné avait beaucoup de qualités pour servir partout où il était appelé. Que ce fut au Togo, sa terre natale, ou sur le plan panafricain. Mais avait-il pu, avait-il su utiliser toutes ses potentialités intellectuelles pour servir son pays, pour aider ses concitoyens comme il l’aurait voulu? Edem Kodjo, vu son gros bagage intellectuel qui débordait des frontières togolaises et qui fit de lui cet oiseau rare en Afrique et pourquoi pas ailleurs, ne méritait-il pas mieux que ce qu’il fut au Togo toute sa vie? Kodjo aurait pu être un brillant Sécretaire Général de l’ONU, un bon Président de la République, qui avait toutes les qualités pour conduire le Togo vers des horizons de prospérité.

À mon avis, au moment de nous incliner sur la mémoire de l’illustre disparu en méditant sur ce que fut vraiment Edem Kodjo, je sais que les uns et les autres ont des positions mitigées. Je sais que beaucoup de Togolais ne pardonnèrent pas à Edem Kodjo qui accepta de devenir le Premier Ministre de Faure Gnassingbé après le massacre de presqu’un millier de ses concitoyens, sans pouvoir rien changer aux méthodes de la tyrannie. Mais n’oublions pas que sans la dictature, il aurait pu faire une autre carrière plus profitable à son peuple. Que ce serait-il passé si Éyadéma n’avait pas mis tout son poids dans la balance pour torpiller le renouveau démocratique au lendemain de la Conférence Nationale? Notre défunt grand-frère fut-il victime ou soutien de la dictature des Gnassingbé? En tout cas c’est à chacun d’en juger.

Edem Kodjo s’en va a 82 ans presque. Que la terre lui soit légère! Nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis et tous ceux qui l’ont connu de près.

Samari Tchadjobo
11 avril 2020
Allemagne

 

 

Disparition d’Edem Kodjo: Que faut-il retenir du grand intellectuel qu’il fut? Fut-il un soutien ou une victime de la dictature?

 

Togo, Covid 19 : Cafouillage dans la prise en charge des personnes rentrées de voyages.

Quelques témoignages glanés méritent d’être relayés afin que des mesures idoines soient prises dans les plus brefs délais, pour que la quarantaine ne soit plutôt une source de propagation de la pandémie du Coronavirus.

Le premier cri de cœur émane d’un togolais revenu de France la seconde quinzaine de mars 2020.

« Une fois arrivé au Togo, nous avons été bloqués pour être confinés pour deux semaines dans un hôtel de la capitale. Ça fait 18 jours que nous sommes en confinés.

Dans cet état de confinement, certains sont venus chercher leurs enfants ou proches sous prétexte qu’ils sont des barons du régime en place. Visiblement nous n’avons pas les mêmes droits. Du moment où tu es un enfant d’un togolais ordinaire ta voix ne peut porter, mieux tu n’as pas droit à la parole. J’élève une vive protestation contre ce traitement de deux poids deux mesures ».

Le deuxième coup de gueule émane du fils d’une maman de plus de 70 ans, diabétique et hyper tendue de son état.

‘’En provenance d’Europe, la deuxième quinzaine du mois de mars 2020 elle atterrie à Lomé où elle est mise en quarantaine depuis lors dans un hôtel de la place. Deux fois dans la journée, un médecin vient lui prendre la température le matin et le soir. Au prime abord la quarantaine devrait durer quatorze (14) jours. Mais à sa grande surprise, il lui a été annoncé qu’elle va rester plus de temps sans lui préciser de combien de jours ou semaines la quarantaine est prolongée. Au moment où nous transcrivons ce témoignage elle n’a pas été dépistée pour savoir si elle est positive ou négative au Covid 19’’.

Le troisième récit nous vient d’un proche, d’un togolais en provenance d’Europe, qui a vu sa quarantaine prolongée sans aucun préavis ni raison. Il a fallu qu’une source hospitalière l’informe que l’idéal c’est vingt et un jour (21) jours d’isolement. Pour ce proche visiblement dépité,

‘’Il faut savoir ce que vous faites dès le départ. Des pères et mères de familles que vous retenez à leur retour de voyage sans aucune assurance sur ce que vous faites ‘’.

De sources médicales, en réalité les autorités n’ont pas les moyens d’évaluer les personnes retenues à leur retour, au lieu de le dire clairement ils les gardent alors que pour certains se sont eux-mêmes qui payent leur quarantaine.

De l‘avis de tous, les conditions d’hygiènes sont déplorables. Les draps ne sont pas changés depuis des semaines, pas de serviettes, pas de savons ; le nécessaire manque et les cris de protestation ne font pas bouger les lignes.

A ce jour 73 cas sont confirmés au Covid 19 ; dont 46 actifs, 24 guéris et 3 décès.

Fabbi Kouassi

 

 

Togo, Covid 19 : Cafouillage dans la prise en charge des personnes rentrées de voyages.

 

Togolais réjouissez-vous, le bonheur est enfin là !

Il va être 20h. Je n’aime pas trop regarder la télévision nationale, elle m’ennuie. Mais avec le confinement, mes habitudes ont changé. Je tourne donc le bouton de mon poste, le jingle qui annonce le journal passe, passe et passe. Les premières images apparaissent et qu’est-ce que je vois ? Je n’en crois pas mes yeux ! Le président Faure Gnassingbé debout devant les caméras. A ses côtés, il y a le candidat du Saint-Esprit Agbéyomé, l’opposant le plus charismatique Jean-Pierre Fabre et un vieil homme en soutane, portant une calotte sur la tête ; c’est bien Monseigneur Kpodzro. Ah, il y a Nathaniel Olympio aussi, le monsieur très catégorique du Parti des Togolais. C’est à n’y rien comprendre. Pêle-mêle, je vois également madame Adjamagbo, Agboyibo, Apévon, Gerry Taama et d’autres leaders politiques.

Faure prend la parole, salue les Togolaises et Togolais. Il entame un long discours sur la crise du coronavirus. Il explique comment nous pouvons vaincre la maladie en restant à la maison, en nous lavant plusieurs fois les mains, en ne se serrant plus, en portant un cache-nez, en restant à au moins un mètre de l’autre, etc. Le journal télévisé est long, mais très intéressant. Les autres hommes politiques prennent aussi tour à tour la parole et chacun dit quelques mots sur ce que nous devons faire pour éviter de propager le Covid-19. Je n’en crois pas mes oreilles !

Dès que le journal est fini, je sors en courant pour demander à mes voisins, si quelqu’un aussi a vu ce que je viens de voir, mais je ne trouve personne dehors ! Je m’aventure plus loin, il n’y a pas un seul oiseau. Tout le monde respecte le couvre-feu. Oui mais pourquoi je ne vois même pas les sôdja ? Le couvre-feu serait-il bien suivi à ce point ? Ne trouvant pas de réponse à ces questions, je n’ai d’autre choix que de rentrer chez moi et essayer de dormir, malgré ma grande émotion.

Il est 6h du matin, le jour s’est levé, et moi aussi. Je sors de la maison. Dans la rue, je vois que tout le monde porte un cache-nez. Mes voisins se tiennent tous à 3 mètres les uns des autres. Personne ne veut me serrer la main et tous éternuent dans le creux du coude. Ils sont devenus fous ou quoi ? Je vais dans le quartier voisin pour comparer. C’est la même scène qui m’accueille. C’est incroyable. Surréaliste ! Depuis quand le Togolais est si respectueux des consignes ?

Je cours jusqu’à Bè pour aller chez une dame qui a toujours refusé de faire ce que le gouvernement dit, juste parce qu’elle n’aime pas Faure. Je suis très surpris, car même elle a mis un masque et me prie de me tenir à deux mètres d’elle. Pour la pousser à parler, je lui dis quelques mots sur le président. Elle me répond en souriant que le jeune n’est pas si mal que cela, même s’il est en train de faire des mandats qu’il ne devrait faire en aucun cas. Est-ce possible ? On dirait que le Togo a subitement changé. Les gens sont solidaires des autorités et les autorités sont solidaires des gens. En ce moment précis, j’ai pensé à l’épidémie de coronavirus et je ne peux pas me retenir de crier à tue-tête : « WOW, nous sommes sauvéééééés !!! Avec cette discipline et cette cohésion, la maladie est vaincue chez nous !!! ».

Mais mes os craquent et une grande douleur traverse mon corps. Qu’est-ce qu’il y a ? Seigneur, je viens de tomber de mon lit! Nonnnnn !!! Tout cela n’était qu’un rêve ? Faure n’a pas rassemblé ses opposants autour de lui ? Les opposants ne se sont pas rassemblés autour de Faure ? Le coronavirus qui veut nous décimer n’a-t-il pas été assez grand ou assez fort pour pousser les acteurs politiques à s’unir et sauver nos vies ? Je me relève et me frotte les yeux. Mes idées deviennent plus claires et je me rends compte que l’arrestation d’Agbéyomé est toujours d’actualité, le frère de Nathaniel Olympio, Alberto Olympio est toujours recherché par le procureur, l’immense opposant Fabre Jean-Pierre est toujours crédité d’un maigre 4% invraisemblable à l’élection présidentielle…

Rien n’a changé, je n’ai fait que rêver. Je n’ai fait que rêver, mais Dieu merci de m’avoir au moins permis de rêver… un si beau rêve.

Gérard

Article issu du partenariat entre iciLome et le journal SIKA'A

 

 

Togolais réjouissez-vous, le bonheur est enfin là !

 

Charles Lieber n’a pas créé le coronavirus

Depuis quelques semaines, une information faisant état de l’interpellation de Charles Lieber (chercheur américain), le prétendu concepteur du COVID-19, agitait la toile. Selon Togocheck, il s’agit d’une fausse information. L’homme a, en réalité, été arrêté pour avoir omis de divulguer aux autorités américaines qu’il avait une liaison avec la république populaire de chine.

« Voici l’homme qui a fabriqué et vendu le Virus du Corona à la Chine », pouvait-on lire sur les rseaux sociaux, avec la photo du chercheur. M. Lieber, interpellé le 28 janvier dernier, serait plutôt accusé d’avoir fait une fausse, fictive et frauduleuse déclaration, à en croire le département américain de la Justice.

En effet, le chimiste était impliqué dans un programme intitulé « Thousand Talents », par le biais duquel, il recevait des fonds du gouvernement chinois. Un programme visant des experts étrangers et des récompenses pour le vol d’informations protégées, a-t-on appris.

En plus d’être financé par la Chine, Charles Lieber bénéficiait également des fonds de l’Etat américain pour ses travaux à l’Université de Havard. L’intérêt financier n’étant pas divulgué par ce dernier, l’a rendu coupable d’un crime contre sa nation.

Pour ce qui est de la conception du coronavirus, ce n’est nullement pas le cas. Le chercheur américain dirigeait plutôt un centre de recherche spécialisé en nanotechnologie. Ce dernier interpellé avec deux autres citoyens chinois, risque 5 ans de prison selon les informations.
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Vaccin contre le Covid-19/Kodjo Adédzé : « Nous ne livrerons pas nos populations comme des cobayes »

Lors d’une émission en début du mois d’avril sur la chaîne française LCI, deux médecins chercheurs évoquaient l’idée de tester un vaccin contre le coronavirus sur les Africains. Cette sortie des deux médecins chercheurs a indigné plus d’un. Et certains Togolais, connaissant bien le pouvoir de Lomé, vont jusqu’à demander si le gouvernement de Faure Gnassingbé accepterait qu’un tel test soit effectué sur les Togolais.

Mais intervenant ce matin sur les ondes de la radio Victoire Fm, le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adédzé rassure. Il note que le gouvernement togolais ne permettra jamais que ses citoyens soient des cobayes.

« Le pays est un pays souverain. On est indépendant. Il y a certaines choses qui ne passent mêmes pas à l’esprit. Nous avons toujours des relations avec nos partenaires, notamment le FMI. Il n’y a jamais eu en notre connaissance, en tout cas, en tant que membre du gouvernement, de lien entre les appuis du fonds et un quelconque projet de vaccin. Il n’y a jamais eu.

Sur cette question, je voudrais qu’on fasse confiance au gouvernement, qu’on fasse confiance à nos médecins qui travaillent en collaboration avec le gouvernement. Nous ne livrerons pas nos populations comme des cobayes, ça ne se fera pas », a souligné le ministre.

Notons qu’à ce jour, 73 cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés au Togo sur 1877 patients dépistés. Sur ces 73 cas, 46 cas sont actifs, 24 cas guéris et 3 décès.

Godfrey A.

 

 

Charles Lieber n’a pas créé le coronavirus

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