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Togo: La traque silencieuse des militants s’intensifie

On les croyait au bout de leurs peines après la révolte populaire du 19 août 2017 et ses corollaires, et la quasi-maîtrise de la situation par le pouvoir en place. Mais, c’est mal connaître les hommes du régime togolais qui font tout pour ne laisser aucune poche de résistance sur le territoire national, et traquer jusqu’à leur dernier retranchement ceux qui sont susceptibles de rallumer la flamme de la résistance pour l’alternance et le changement. Ainsi, aussi bien les militants du Parti national panafricain (PNP) qui sont les plus en vue, que ceux d’autres chapelles politiques de l’opposition, ils continuent de subir la croix.

Sous la direction de Tikpi Salifou Atchadam, leader charismatique et président national du PNP, militants et sympathisants de ce parti, ont provoqué le 19 août 2017, un inédit sur le théâtre politique togolais, en étant dans une posture insurrectionnelle, presque révolutionnaire pour faire balancer le pouvoir cinquantenaire des Gnassingbé.

Fers de lance d’une spontanéité politique sans précédent, les membres du PNP dans leur déterminisme contagieux, les Togolais de l’intérieur et ceux de l’extérieur se mêlant à la danse, tout aussi mobilisés et galvanisés par l’appel du « petit » Tikpi à acter l’alternance politique au Togo, eh bien ces membres du PNP donc ont, par leur courage et une volonté patriotique légendaire, fait changer la trajectoire de la peur, contraignant le régime RPT-UNIR à lâcher du lest et à consentir de nombreux sacrifices sur des questions politiques qui autrefois, étaient des sujets tabous au Togo.

Et s’il fallait payer le prix, beaucoup de militants, sympathisants et anonymes épousant l’idée du changement démocratique qu’incarnait le PNP, sont tombés sous les balles assassines des forcenés pour que renaisse la nation togolaise. La liste de ces martyrs est vraiment longue, et le peuple togolais continue jusqu’aujourd’hui à leur rendre un vibrant hommage bien que la lutte pour l’alternance et le changement tant souhaités, est loin d’être terminée. Mais, plus prudents que jamais, les membres du système RPT-UNIR ne baissent aussi pas la garde, craignant dans leur for intérieur, un nouveau vent de révolte à l’image de celui du 19 août et qui risque d’être fatal pour eux et pour le pouvoir en place. « Il n’y aura plus de 19 août et le gouvernement s’est préparé à toutes les éventualités ».

De cette formule, le pouvoir des Gnassingbé se braque tout le temps, du moins, reste aux aguets pour ne plus se laisser surprendre. Alors, il jette son dévolu sur des visages connus au sein de l’opposition dont ceux du PNP, avec sûrement pour objectif de les mettre sous écrous comme les centaines de militants de l’opposition qui séjournent dans les prisons sur toute l’étendue du territoire togolais.

D’après nos informations, des militants comme Ali lala-Dom, Koussikpor K. Mensanvi, Arouna Adiza, Tcharie Hodoabalo Akizou, Kpodar Anani Florentin, Akondo Moukaila, Bansa Koffi Emèko, Djessou Agbegnigan etc. faisant objet de filature dans leurs déplacements et, ajouté à la psychose que vit les formations politiques de l’opposition depuis le 19 août au Togo, beaucoup prennent progressivement le maquis comme c’est le cas récemment du président du MPDD, Agbéyomé Kodjo et bien avant lui, le président du PNP, Tikpi Atchadam qui, craignant pour la vie d’après ses déclarations, a pris la difficile route de l’exil.

Si aujourd’hui, la psychose a pris une dimension assez considérable, frôlant le pire dans la cité, et obligeant militants et sympathisants de l’opposition sans oublier des anonymes aussi engagés dans la lutte à vivre plus cachés, c’est en raison de l’assassinat du Colonel Madjoulba et du curieux accident de circulation du Colonel Bataba, soit deux officiers de l’armée togolaise dont des rumeurs renvoient à des distances qu’ils prenaient vis-à-vis du pouvoir togolais.

Le mal est profond et le peuple en lutte, en dépit de la fatigue, de la peur et de la terreur de ces autres hommes, continue de se battre pour que triomphent la démocratie et la paix véritable. C’est, en effet, l’objectif principal de leur lutte.

Source : La Manchette [ lamanchette.net ]

 

 

Togo: La traque silencieuse des militants s’intensifie

 

Lutte contre la corruption au Togo : La conservation du pouvoir à tout prix, le premier handicap

« Si Faure décide d’emprisonner les pilleurs de fonds publics, il n’y aura aucun militant à la prochaine réunion d’UNIR »

En créant l’Union pour la République (UNIR) sur les cendres du RPT (Rassemblement du peuple togolais), Faure Gnassingbé avait l’intention de rompre avec les anciennes pratiques et le cordon ombilical que le liait au parti de son père. Mais la volonté de s’accrocher au pouvoir a fait que le vent de changement tant clamé a pris des coups. Son nouveau parti est devenu un lieu de refuge ou de recyclage des personnes impliquées dans le faux, le détournement, brefs les crimes de tous genres. Ainsi, le chef de parti ne peut pas sanctionner ses militants qui l’aident à battre le record de longévité au pouvoir en Afrique de l’Ouest.

« Les détournements de fonds publics sont consubstantiels à la conservation du pouvoir au Togo. Si Faure décide d’emprisonner les pilleurs de fonds publics, il n’y aura aucun militant à la prochaine réunion d’UNIR », disait l’économiste et président de l’Association Veille économique, Thomas Dodji Koumou, en novembre 2018 sur les ondes de la Radio Victoire FM. Un constat juste ! Le parti présidentiel est une tanière pour tous ceux qui sont présumés coupables de crimes et scandales économiques, d’enrichissement illicite, de faux et usage de faux. L’essentiel c’est de participer constamment à l’« effort de guerre » qui consiste à mettre le « bien mal acquis » au service de la conservation du pouvoir. A chaque joute électorale, tous ces magouilleurs de la République se muent en militants de première heure d’UNIR et écument les rues pour battre campagne.

« Généralement à la veille de chaque compétition électorale, une liste est ouverte à la trésorerie du parti pour les contributions dites officielles. Hommes d’affaires et directeurs de sociétés, qu’ils soient Togolais ou étrangers, viennent donner leur part. En plus de l’argent, certains offrent des gadgets et parfois du matériel roulant. D’autres financent des activités parallèles dans le cadre de la campagne électorale », explique un baron du RPT-UNIR.

Les moins tatillons descendent carrément sur le terrain pour mouiller le T-shirt aux couleurs bleues. « Il y a le cas Charles Gafan et tout ce qu’il a fait lors de la présidentielle de février 2020, se souvient-il. Comment le directeur d’une multinationale comme Bolloré puisse prendre ses aises et s’afficher publiquement avec un parti alors qu’il y avait d’autres candidats en course ? S’il le fait souvent et n’est jamais rappelé à l’ordre, c’est qu’il a le soutien de son patron Vincent Bolloré. Donc le groupe pense que ses intérêts ne peuvent être sauvegardés que sous Faure Gnassingbé et n’a que faire de l’opposition. Ça dit beaucoup de choses », a-t-il poursuivi.

En dehors des contributions des sociétés – la plupart étant des sociétés écrans – dans lesquelles les pontes du régime détiennent des actions, les cadres de l’administration prennent une part active dans la conservation du pouvoir. Détourneurs invétérés des deniers publics, as de faux et usage de faux, leaders de montages financiers de tous genres et retraités jouant aux prolongations mobilisent leurs « moyens personnels » pour aller battre campagne dans leur localité respective.

« Il y a une sorte de maillage du territoire. Tous les cadres, du planton aux ministres, envahissent les contrées pour vendre UNIR à leurs frères et sœurs, poursuit-il. Chacun se bat à son niveau pour ramener dans la corbeille présidentielle quelques voix qui sont synonymes de maintien au poste, de promotion, de sanctification des fonds détournés ou de protection après le mal. Il y a une femme qui s’était rendue coupable de faux et usage de faux et de détournement lorsqu’elle travaillait dans une banque de la place. Depuis la création d’UNIR, elle s’est sanctifiée, a gravi les échelons, travaillé à la présidence, siégé à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et est aujourd’hui maire d’une ville à l’intérieur du pays ».

L’autre trouvaille, c’est le recyclage de certains ministres et directeurs de société décriés pour leur gestion scandaleuse. Limogés de manière bruyante, mais sans explications, ils sont soit dirigés vers la présidence où ils sont nommés conseillers spéciaux, soit élus députés à l’Assemblée nationale. Après quelques années d’hibernation, on les revoit au-devant de la scène avec un poste ministériel. Qui peut imaginer dans ce pays qu’un certain Payadowa Boukpessi, ministre sans interruption de 1991 à 2007 et remercié pour mauvaise gestion au ministère des Finances, ait pu revenir aux affaires depuis 2015 ? Qui peut comprendre que Me Tchalim Tchitchao, impliqué dans le chaos de l’Union togolaise de banque (UTB), puisse se faire élire député sur la liste UNIR et siéger désormais à l’Assemblée nationale et de surcroît président de la Commission des lois constitutionnelles, de la Législation et de l’Administration générale ? Que dire d’Ably Bidamon, ex-DG de Togocellulaire et ensuite de la Douane, qui, après une pause de digestion, dirige depuis 2015 le très juteux ministère des Mines et de l’Energie ? Comment se fait-il que Mme Bernadette Légzim-Baloulki siège aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour le compte d’UNIR nonobstant tout ce qui s’est passé au ministère du Commerce ? Soit dit en passant, elle serait très liée à la famille Adjakly éclaboussée par le « pétrolegate ».

En attendant de rebondir, Adji Otèth Ayassor, mouillé dans beaucoup de dossiers sombres dont la route Lomé-Vogan-Anfoin, se la coule douce à la tête de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER). Quant à son alter ego Ninsao Gnofam qui avait « blagué » les députés togolais en jouant au comptable de la société CECO-BTP, il se fait discret pour surgir au bon moment. « Faure Gnassingbé ne fait pas confiance à beaucoup de personnes. Il ne peut se débarrasser de certains qu’à leur mort. Surtout ceux qui ont beaucoup servi dans les deals », relève un jeune cadre d’UNIR.

En outre, la plupart des pilleurs ont des parrains qui sont dans l’entourage immédiat du chef de l’Etat. Ces mentors ont souvent voix au chapitre et arrivent à protéger leurs « gars » comme ils le disent. « Un monsieur comme Kossi Aboka, épinglé par la Cour des comptes pour ses nombreuses magouilles à la délégation spéciale du Golfe, ne peut jamais être inquiété, ajoute ce jeune cadre. Comme les autres, il sait donner. Il en est de même pour ceux qui ont détourné les fonds de la CAN 2013 dont le rapport n’est jamais rendu public et ceux de la CAN 2017. Tous ces gens vont jusqu’à construire à leurs protecteurs des maisons ou fermes agricoles ».

Quand Adjakly-gate a éclaté, un internaute a écrit qu’il suffisait que la famille Adjakly et ses complices du ministère du Commerce jusqu’à la Primature brandissent les preuves de leur participation à la dernière campagne électorale pour se voir blanchir. Et les faits semblent lui donner raison. Au lieu que toutes les institutions juridico-politiques et de lutte contre la corruption du pays se saisissent de cette affaire, c’est plutôt le confrère « L’Alternative » qui est poursuivi devant les tribunaux pour diffamation.

Pour tout dire, le scandale de l’importation du pétrole ne date pas d’aujourd’hui. L’ex-Premier ministre Arthème Ahoomey-Zunu en avait un peu parlé au cours d’un entretien avec des journalistes, quelques jours après sa démission. Il répondait à une question sur la pression du projet d’éducation civique dans les médias : « Lorsque je suis arrivé, il y avait des fonds à la Primature qui permettait de vous donner de l’argent pour faire du civisme. Lorsqu’en fin juillet, on devait payer et qu’on me faisait le point, il n’y avait que 89 000 francs dans le compte. Lorsque j’ai cherché à savoir d’où venait cet argent, on me dit que ce compte était alimenté par le ministère du Commerce d’où je venais et sans que je ne sache. Les prélèvements étaient faits sur les fonds du comité pétrolier et sur les fonds sociaux pour réaliser cette opération. Ce compte s’appelait Initiative du premier ministre. J’ai dû vous payer pendant trois mois sur mes propres fonds politiques, mais j’ai compris qu’on ne pouvait pas continuer ». Mais depuis là, personne au sein de l’exécutif n’a cherché à percer le mystère.

« Au moment où s’annonce la reprise économique, nous ne pouvons permettre que nos efforts de bonne gestion soient contrecarrés par certains de nos compatriotes qui sont habités par l’avidité, l’esprit du lucre, les ambitions démesurées. Plus que jamais, il nous faut tourner la page des pratiques d’un autre temps », avertissait Faure Gnassingbé dans un discours lu par le Premier ministre Komla Mally au lancement des travaux de l’atelier sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies contre la corruption le lundi 09 juin 2008 à Lomé (le chef de l’Etat lui-même à New York). Mais des vœux pieux donc ! Pire, le Togo est devenu la Sicile tropicale où les pilleurs ont pignon sur rue.

G. A.

Source : Liberté N°3193 du Mardi 21 Juillet 2020

 

 

Lutte contre la corruption au Togo : La conservation du pouvoir à tout prix, le premier handicap

 

De mal en pis : La Justice togolaise scelle son Déshonneur…

Débutées en 2005 sous le Programme National de Modernisation de la Justice (PNMJ) et financées par des partenaires techniques et des pays amis du Togo, les multiples réformes engagées dans le secteur de la justice, peinent à satisfaire les justiciables et les rassurer quant à leurs utilités. Si les salles d’audiences et locaux des juges fascinent en termes de beauté architecturale, la qualité des jugements demeure quant à elle sujet à caution tant plusieurs magistrats bradent par militantisme éhonté, leur serment en dépit des années de sacrifices consentis pour cette cause. Ainsi, l’aggravation de la situation concède le pire : La justice togolaise s’effondre !

Justice de la veuve et de l’orphelin, justice des droits bafoués et reniés, justice des opprimés et des couches asservies, justice des pauvres, justice des sans-voix, justice des enfants… bref le rêve d’une justice normale a toujours occupé les nuits des Togolais qui, comme les habitants des nations affranchies, veulent aussi que leur cause soit entendue, jugée et tranchée dans les règles de l’art. Mais, que nenni !

Manifestement, la justice togolaise a souvent montré des signes d’une condamnation à perpétuité sous l’autel des intérêts politiques et partisans. Et, bon an mal an, elle demeure sous l’étau des gouvernants qui se la payent à volonté et la manipulent. Conséquence : la justice au Togo n’a aucun repère et ne suscite aucun respect de la part des justiciables qui l’ont toujours défini en termes du plus offrant. Aujourd’hui, la situation est tout autant catastrophique que les causes qui l’y conduisent. Retour sur les pathologies et les facteurs endogènes d’un secteur en plein coma.

La justice sous l’étau du politique…

« Justice du fait du Prince ». L’expression est de Loïk-Le Floch-Prigent qui, dans son ouvrage Le Mouton Noir, revisitait ses ennuis judiciaires au Togo, vu qu’il a été interpellé par les autorités togolaises dans la fameuse affaire d’escroquerie internationale. L’ancien patron de la compagnie pétrolière ELF peignit un tableau relativement triste de la justice togolaise qui, disait-il dans ses interviews de présentation de l’œuvre, est notoirement au service du pouvoir public togolais.

En effet, en surfant aussi bien sur la forme que sur le fond d’un dossier politiquement emballé remis aux soins des juges de parti qui usent du harcèlement judiciaire contre la personne d’Agbéyomé Kodjo, beaucoup de Togolais n’hésitent donc plus à décrire une justice aux ordres et aux bottes des patrons, justice inféodée à un régime et pour qui, elle garde une soumission des plus inimaginables.

« Mandat d’arrêt contre Agbéyomé Kodjo dans le cadre de sa contestation des résultats de l’élection présidentielle ? Perversion des institutions togolaises et compromission des personnes qui les incarnent ».

En accouchant ces mots, Nathaniel Olympio, le président du Parti des Togolais n’était pas dans une posture à écrire des fictions puisqu’il reste témoin oculaire d’un inédit judiciaire qui a, sans nul doute, bouleversé des projets de leur jeune parti politique. Oui, l’actuel président du Parti des Togolais se rappelle bien d’une parodie de justice dont a été victime son frère Alberto Olympio, ex-président du parti.

Entré en politique en 2014 avec l’étole d’opposant et, montrant tout de suite ses griffes contre le parti des Gnassingbé, Alberto Olympio, ce jeune surdoué en informatique, donc une menace réelle pour les fraudeurs des élections au Togo, a été quelques mois plus tard victime d’une cabale judiciaire d’après ses proches. Dans un simulacre de procès suite à un différend avec Cauris Management, l’opposant Alberto a été condamné en 2016 à 60 mois d’emprisonnement ferme. Mais, absent du territoire un an plus tôt, et n’ayant pris part à aucune des audiences, la justice togolaise, comme à l’accoutumée, dure contre les opposants gênants au régime, a lancé un mandat d’arrêt international contre M. Alberto Olympio pour délit de fuite. « Le différend en lui-même est commercial, la cause du différend purement politique. Ne nous voilons pas la face », avait déclaré M. Alberto.

Si un Olympio peut en rappeler un autre, il faut faire observer que Harry Olympio, frère de Alberto et de Nathaniel, président du Rassemblement pour le Soutien à la Démocratie et au Développement (RSDD), est aussi sous mandat d’arrêt international depuis 2006 à cause des cocktails Molotov lancés par les militants de son parti dans les locaux de la Gendarmerie nationale en guise de protestation contre le massacre de 400 à 500 Togolais par l’armée en 2005. Recherché par la justice, Harry Olympio n’a plus jamais remis pied au Togo au risque de faire sa deuxième expérience dans les geôles de la prison civile de Lomé.

Si leur oncle « détia » a plus de chance d’aller et de revenir au Togo sans être inquiété, il faut souligner que Gilchrist Olympio de l’UFC qui aujourd’hui, se la coule douce dans les bonnes grâces du régime Gnassingbé, a lui aussi été sous mandat d’arrêt international à l’époque où tout le faisait passer pour un sérieux opposant, très menaçant pour le même régime.

Mandat d’arrêt international ! Il faut retourner à l’affaire d’escroquerie pour se rappeler que un, a été aussi délivré contre le sieur Sow Bertin Agba, celui que le régime présentait comme le principal cerveau de cette affaire mais, a plus tard voulu l’utiliser pour détruire politiquement un partenaire devenu encombrant pour le suzerain craintif. « La principale cible dans cette affaire, c’était Bodjona. Puisque le troisième jour de mon arrestation, on m’avait présenté au Colonel Massina qui me demandait de reconnaître que j’avais escroqué un partenaire de 48 millions, mais aussi de reconnaître que M. Bodjona, l’ancien Ministre de l’Administration territoriale était le cerveau de cette affaire. Que c’était le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé qui me le demandait », avait déclaré M. Agba après son incarcération et son départ rusé du Togo.

De ces multiples faits, il appert que la justice togolaise a souvent été instrumentalisée par le pouvoir public pour des règlements de compte politique comme l’atteste le rapport du HCDH en 2013 : « la question de l’indépendance de la magistrature togolaise, tant sur le plan institutionnel qu’individuel, est un problème complexe. En effet, différents interlocuteurs ont partagé des cas qu’ils considèrent illustratifs de l’ingérence de personnes influentes dans les affaires judiciaires… plusieurs ministres de la justice ont, par le passé, imposé leur point de vue aux juges sous la menace d’affectation ou de sanction ».

Au demeurant, du fait de leur fréquence contre les politiques, généralement, contre les opposants au système RPT-UNIR, le mandat d’arrêt international se définit désormais au Togo comme la recette du régime Gnassingbé pour garder au loin possible les opposants gênants, surtout ceux qui sont vent debout contre la conservation du fauteuil présidentiel. Ce mandat d’arrêt international est aussi un épouvantail pour faire peur aux opposants qui tenteraient de revenir au pays pour troubler la tranquillité de l’empereur. Et parfois, tout ceci se fait en flagrant délit de complicité active avec des magistrats qui ainsi, foulent aux pieds leur serment et assassinent leur conscience. Ce faisant, ils feignent ignorer qu’une dictature finit toujours par se nourrir de ses propres fils et évidemment, de ses complices et soutiens. L’évidence de la pensée est bien connue des Togolais qui peuvent l’illustrer par l’image de l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, du Général Assani Tidjani, de Pascal Bodjona, de Bertin Agba, et récemment de Agbéyomé Kodjo.

Dans une dictature, nul n’est à l’abri du risque. Que les magistrats togolais se gardent d’être instrumentalisés pendant qu’il est encore temps d’éviter la malheureuse prédiction de Me Charrière-Bournazel, l’un des avocats français de Kpatcha Gnassingbé. Il avait écrit un brûlot au magistrat Pétchélébia, président de la cour lors du fameux procès de coup d’état. Il dit : « … l’audience scelle votre déshonneur : rien ne vous a arrêtés, ni la vacuité du dossier, ni les témoignages poignants d’hommes montrant les marques des tortures qu’ils avaient subies pour leur arracher des aveux, ni l’outrecuidance du général Kadanga venu comme témoin à la barre, mais en réalité vous donnant des ordres pour condamner sans que vous émettiez la moindre protestation. Vous avez, sans frémir, condamné à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à vingt ans des hommes innocents. Vous n’en avez relaxé aucun, malgré les réquisitions du ministère public qui cherchait à en épargner quelques-uns. Je n’escompte d’aucune manière l’éveil de votre conscience. Sachez seulement qu’un jour ou l’autre, inexorablement, l’Histoire est amenée à juger les juges. Je souhaite que ce jour-là, vous soyez confrontés à des juges dignes de ce nom et que vous puissiez compter sur le dévouement, l’intégrité et le talent d’avocats semblables à ceux dont vous avez méprisé les plaidoiries. Je n’ai évidemment aucun respect à vous manifester ».

Aujourd’hui, de mal en pis, la situation a franchi les portes de l’entendement et, la justice togolaise, au-delà du déshonneur, s’effondre.

Source : La Manchette
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De mal en pis : La Justice togolaise scelle son Déshonneur…

 

Gouvernement Klassou: Ministres et ministères à problème
Laxisme. Amateurisme. Légèreté.

Pourvu que la montagne n’accouche d’une souris. La longue attente du prochain gouvernement au Togo devrait aboutir à un gouvernement de qualité irréprochable, du Premier ministre aux portefeuilles, des membres du gouvernement aux cahiers de charge. Les précédents gouvernements au Togo ont connu des limites : la qualité et le niveau managérial de certains ministres, l’orientation de l’action, la résolution des crises, les prérogatives et les missions, la défense de l’action gouvernementale etc. Trois mois d’attente après l’investiture du Chef de l’Etat, on ne devrait plus avoir l’impression de connaître un gouvernement de tâtonnement. Les ministres, une fois nommés devraient rapidement se mettre au travail pour relancer un Togo qui attend des réformes profondes. Dans ce dossier, l’Indépendant Express s’est inspiré des expériences d’ici et d’ailleurs, analyser la profondeur des besoins du Togo et se donne le devoir d’orienter l’architecture du prochain gouvernement. Sans, bien entendu, avoir la prétention de l’imposer, mais espérer que cela pourrait servir en tant que contribution citoyenne pour le développement du Togo.

La structuration du gouvernement togolais est assez aléatoire, d’après un analyste politique. Les ministères, les uns les autres hésitent à s’affranchir pleinement dans l’accomplissement des tâches liées à leurs portefeuilles. Influences extérieures, créations des cellules spéciales et des comités en lieu et place des prérogatives régaliennes des ministères, le goût excessif de l’intérêt dans toute action et dans tout projet, népotisme, corruption etc… gangrènent les ministères, les ministres et les portefeuilles. A l’orée de la formation d’un nouveau gouvernement, certains embouteillages devraient laisser place à la cohérence et à la cohésion en vue de mettre chaque ministère et chaque ministre devant sa responsabilité. Dans la présente parution nous allons mener une analyse critique du gouvernement sortant, proposer des approches en vue de proposer les pistes d’un prochain gouvernement qui ne sera pas assis sur les tares de l’actuel, celui qui a ralenti radicalement le développement du pays.

Le Chef de l’Etat, partout ailleurs, tien généralement compte d’un certains nombres de critères irréprochables pour former son gouvernement. La compétence, la famille, les amitiés, et pour le Togo les pesanteurs géopolitiques et ethniques fondées sur la partition par langues et ethnies, partis politiques avec l’omniprésence des caciques du pouvoir qui ont toujours leurs mots à dire, sans compter l’intransigeance de l’armée qui ne manque pas de porter son regard sur les équipes gouvernementales qui se succèdent. Mais ces différentes contingences ne doivent pas perdre de vue l’action, la praxis obligatoire pour atteindre les objectifs de développement.

L’architecture gouvernementale doit donc tenir compte des principes de cohérence, de cohésion et d’efficacités institutionnelles. Il s’agit d’éviter des redondances et des conflits de compétences entre différents département ministériels ayant des matières imbriquées ou chevauchantes (insertion professionnelle des jeunes et formation professionnelle?; développement rural et développement à la base). En outre, la dynamique gouvernementale doit exclure l’émiettement des matières qui sont obligées d’aller de concert (tel que l’économie, les finances et la planification).

Enfin pour la cohésion au sein des ministères à gros portefeuilles il faut prévoir des ministères délégués ou des secrétariats d’Etat sur les matières spécifiques. Cela évite la prolifération dans le temps des cellules et des comités spéciales sur des questions d’urgence (Haut Conseil à la mer sur la question de la sécurité maritime, Climat des affaires pour la relance de l’économie ou encore le Comité pour la COVID19 pour juguler la pandémie du Coronavirus etc.) si les disposition préalables avaient été prises avec des secrétariats d’Etat chargés, on aurait pu éviter plusieurs conflits qui minent les ministères et les cellules mais aussi des agences souvent rattachées à la présidence de la République qui se sentent finalement plus importantes que les ministères. Cela entraine par ailleurs une lourdeur administrative, chacun se sentant chef dans son département et résisterait à se faire donner des ordres. La hiérarchisation de l’administration est donc bazardée.

C’est ainsi que naissent les conflits de leadership et d’intérêt, les coups bas qui ralentissent la performance de l’action gouvernementale.

Face à la réalité intrinsèques des défis de l’heure, se pose une question importante : ’’Existe-il le meilleur ministre? Pour quel peuple et pour quelle époque, répondra-t-on en cette période de démission attendue du Premier Togolais et la formation d’un nouveau gouvernement dans le cadre du nouveau quinquennat 2020-2025 de Faure Gnassingbé tout comme en France en liaison avec les résultats du second tour des élections municipales et d’une gestion critiquée mais sous contrôle de la Covid19…

Au Togo, l’armature gouvernementale a toujours concilié le stable et l’instable. Si les ministères régaliens semblent stables, sous réserve de certaines modifications conjoncturelles, les non régaliens semblent englués dans de fortes secousses politiques…

Il en résulte un chevauchement des compétences entre plusieurs ministères justifiant une correction nécessaire pour l’efficacité de l’action gouvernementale…

L’agenciarisation de la République n’est pas non plus sans accentuer le phénomène face à une administration publique dont la réforme est restée un miroir aux alouettes.

En effet, le programme de modernisation de l’administration publique a été finalement un échec et les emplois parkings excellent de jours en jour pour contenter une jeunesse en difficulté.

Et si la décentralisation permettait au gouvernement d’approfondir une réforme-redéploiement du trop-plein au profit des collectivités locales…? Cela éviterait donc les nombreux sigles développés çà et là pour maquiller le chômage combien menaçant pour la République.

Les nombreux programmes de volontaires et d’emplois à courte durée et sans lendemains développés par le ministère du Développement à la base ont précarisé davantage la situation de l’emploi des jeunes qui se retrouvent sans repère de la matière et perdent le fil des formations et des débouchés auxquels ils sont formés. Du gâchis dans la République. Il faut donc une rupture conséquente pour mettre aux caniveaux toutes des initiatives qui n’ont pour buts que de vanter leurs géniteurs obsédés par les postes et les avantages afférents. En témoignent les nombreux programmes sans intérêt du ministère du développement à la base, de la ribambelle d’initiatives du ministère de l’agriculture et des fantaisies d’initiatives de ministère chargés des télécommunications ou de l’économie numérique.

En attendant de telles ruptures nécessaires à un État plus organisé et efficace, il est important de regarder dans le rétroviseur et de faire une critique du gouvernement sortant. Trop d’incompétence, trop d’amateurisme, trop de jeux d’intérêts et trop de laxisme resté impunis. Ils se revendiquent goguenard d’être au centre d’une action politique ou une autre, de peser dans une campagne électorale, d’avoir obtenu dans son fief des résultats astronomiques pour l’élection du Président, d’avoir été de beaux parleurs dans les dérives verbales, d’avoir aidé à faire ci ou à faire ça. Revendiquer ces gadgets d’actions est un complexe de démission face à la responsabilité à laquelle on est appelé. La politique a cessé d’être un concept fictif pour s’ériger en une science exacte. Les équations doivent être résolues pour donner des résultats et le travail devrait être le fruit de la force multipliée par le déplacement, et non la fiction.

Beaucoup de ministères targuent dans cette réalité anachronique. Être ministre dans le contexte togolais revient à être brillant, meilleur des meilleurs. Avoir une vision, savoir prendre l’ascendance, savoir s’imposer dans ses compétences et ses capacités et refuser de se laisser aller dans des considérations fallacieuses ennuyeuses et complexées.

Des ministères que nous présentons aujourd’hui comme à problème devraient être frappées par la cure innovante de l’action pour créer une stabilité dans un concert d’action gouvernementale.

Du développement à la base avec ses multiples actions folkloriques jumelles de la pléthore d’initiatives mal ficelées de l’agriculture, il n’y a point de place pour une aiguille. Victoire Dogbé, dans son cumul de fonction a mené l’action et l’a subie. Des actions dont les résultats n’ont pas rimés au prorata de la durée aux postes et des moyens mis en œuvre. La jeunesse reste dépaysée, l’emploi reste précaire, plus de problème que de solution, le développement à la base sociologiquement mal conçue, entrainant du gaspillages des ressources, l’attachement aux moyens rudimentaires pour sortir les populations rurales de la période médiévale, en témoigne les houes et les balais distribués en lieu et place des moyens modernes de l’agriculture, avec à la clé du bling-bling pour demeurer. Victoire Sidémeho Dogbé est usée par le pouvoir, mais aussi par l’argent public géré pifomètre de la facilité et de l’impunité, et dire que Dame Victoire mène campagne pour rempiler dans un pays où la jeunesse est capable.

Le caractère usagé du ministère du développement à la base avec ses additifs kilométrique guette le ministère de l’Agriculture. Alors que par endroits les deux se chevauchent dans des actions au présent sans lendemain, le Ministère de Noel Bataka se résume à la boutade de « qui trop embrasse mal étreint…». Plusieurs programmes par ci par là, la pêche qui s’impose face à la transhumance dans un vaste secteur de l’élevage difficile à maîtriser, la pisciculture face aux défis de l’eau, les agropoles qui ont du mal à s’imposer dans le concert d’une mutation « électronicobancaire » mal léchée, bref le ministre Noel Bataka est embrouillé et ne se donne la peine qu’à dépenser sans mesurer les fonds publics. Le syndrome de la fortune folle de Victoire Dogbé, frères et sœurs guette dangereusement Noel Bataka et complices. D’où l’urgence pour le Chef de l’Etat de se raviser du temple de Thélème dans laquelle végète le ministre de l’agriculture. Quel bilan, quelle perspective, quelle résultat, quelle vision, le ministre ne saurait répondre s’il est interpellé en conseil des ministres où au parlement.

L’autre ministère à problème qui anéantit radicalement le développement du Togo est le ministère des mines et de l’énergie. Ou bien le patron des lieux Marc Bidamon laisse faire pour envenimer la crise de la mauvaise gestion, ou bien il est incapable de surveiller les secteurs de son portefeuille. L’électricité à des problèmes de gestion et de gouvernance qui n’en finissent pas malgré les mutations à la tête de la CEET, les mines sont une autre paire de manche que le ministre contrôle difficilement, l’importation des produits pétroliers est scandée par des dossiers de gestion calamiteuse et des malversations, on en arrive à poser la question de savoir s’il existe un dirigeant à la tête de ces secteurs. Le ministère des mines et de l’énergie est miné par des problèmes sérieux qui nécessitent une thérapie de choc, du sommet à la base.

Lorsque face à une pandémie du nom de Coronavirus, un ministre de l’économie et des finances n’a pas réussi à rassembler une part importante de l’ardoise de 4000 milliards sollicités par le Chef de l’Etat pour combattre la crise sanitaire, il y a lieu de se poser des questions. Dans la mobilisation des fonds de lutte contre la COVID-19, le ministre Sani Yaya s’est donné le luxe d’accepter des banques bien implantées d’insignifiantes cotisations d’environ 2 à 20 millions. Des institutions qui pompent les richesses du Togo que le ministre n’a pas obligé à mettre la main à la poche est une faiblesse et un manque de l’esprit de management de la part du ministre de l’économie et des finances. Là où il est présent, c’est au niveau des dons volontaires de soutien des partenaires techniques et financiers alors que la partition du secteur privé devrait être prépondérante pour booster l’effort du secteur public et des ptf. Sani Yaya a échoué dans la gestion de la COVID 19 et sur beaucoup d’autres plans que nous mettons sous éteignoir dans la présente parution.

Dans le gouvernement sortant, le ministère de la communication est quasi absent. Le propriétaire des lieux Foli Bazi Katari aurait préféré transférer le ministère dans sa ville natale, Sokodé où il préfère passer le clair de son temps au lieu de signer les nombreux parapheurs en attente au cabinet. Les sports dandinent, la formation civique et l’éducation à la citoyenneté inexistante alors qu’elle devrait prévaloir pour voler au secours de la sensibilisation à la COVID-19, le ministre sous Eyadéma est aussi arrivé à son degré de péremption. Il laisse la lourde tâche de gestion de la presse et de la Communication à la HAAC avec le Président Telou qui sans grand zèle s’efforce de mettre des petits plats dans les grands malgré les interdictions et les suspensions décriées. Pour ce faire, Foli Bazi Katari devient finalement un ornement pour l’équipe gouvernementale de Komi Klassou.

Point n’est besoin de rappeler que d’autres ministères continuent des graves problèmes pour l’Etat en raison de la qualité des prestations des départements qu’ils couvrent. Les postes, économie numérique et innovations technologiques se portent très mal et sont d’ailleurs des moteurs à explosion des populations mécontentes de la téléphonie, de l’internet, de la cherté des produits de téléphonie. Les innovations technologiques, On n’en a pas vu les couleurs. Cina Lawson, c’est vrai, excelle dans une gestion capricieuse et népotique des télécoms au Togo. Cela ne rime sans doute pas avec le développement, l’internet étant devenu l’autoroute du développement.

Pius Agbétomey a déçu, en juriste averti lorsqu’il avait demandé l’ouverture d’une information judiciaire dans l’accident des humoristes. Les hommes de droits ont rigolé à son nez pour une attitude qui reflète naturellement une justice aux ordres dans laquelle il a lui aussi pris des airs. Les litiges fonciers n’ont jamais été aussi abondants et mal tranchés que sous l’actuel ministre des Droits de l’homme. Les dérives politiques en matière juridiques ont décliné le Ministre de ses responsabilités au point où c’est son élève nommé Christian Trimua, zélé invétéré qui se mettait en scène de la plus piètre des façons.

L’adage populaire qui dit que l’excès de beauté ou de laideur est nuisible convient assez bien à Christian Trimua. Avec l’ultime chance de se faire nommer ministre des droits de l’homme, Chrsitian Trimua s’est cru tout permis, mettant sa bouche dans tout, même ce qui ne le concerne pas. La construction de l’hôpital Saint Pérégrin n’est pas du ressort du ministère des droits de l’homme. Christian est allé causer des problèmes à travers des promesses farfelues dont il ne connaissait pas les tenants et les aboutissants. Eclaboussé dans une affaire de tueries de jeunes filles, sans scrupule, Christian Trimua présente les Droits de l’Homme comme pour servir aux espèces des autres planètes. Il a causé trop de tort, à travers son refus de se taire et son obsession de se faire voir et appelé pour le porte-parole du gouvernement. Trop de dégât pour un ministère qui a plutôt besoin d’un profil bas, respectueux et non souillé comme celui de Christian Trimua. Le Togo n’a pas besoin en ces moments de crise de personnalités rompues aux tapages, aux provocations et aux mépris des citoyens.

Dans le gouvernement sortant, il existe des fantômes, des ministres qui n’apparaissent que par saison. La première sortie publique de Tchabinandi KOLANI-YENTCHARE, la ministre de l’action sociale date d’il y a quelques jours, où elle est allé apporter un message du Chef de l’Etat à la famille du citoyen Koutsuatsi tué dans la folie meurtrière d’agents de sécurité qui l’ont battu à mort au nom d’un couvre-feu anti-pandémique au quartier Adakpamé. L’alphabétisme dont elle est chargée est dans les décombres, le taux d’analphabétisme en pleine croissance. Sa congénère de ministre fantôme n’est autre que Demba Tignokpa. La presse dans son ensemble ne se rappelle pas la dernière action sensible de la ministre de la planification du développement et de la coopération.

Le prochain gouvernement devrait donc être plus regardant sur certains aspects des profils et des animateurs des portefeuilles. Il faut des fusions, des secrétariats spécialisés, des responsabilisations et de l’autonomie au sein de certains ministères. Les coudées franches pour mener des actions dans le respect des lois.

Mais toutes ces actions devraient restées dans une dynamique efficace coordonnée par un Premier Ministre de vision. Moins militant, moins garçon de course, plus technocrate, plus rassembleur, plus influent vis-à-vis des autres ministres, manager en matière de gestion et de gouvernance, un homme qui a fait des preuves dans la gestion managériale et qui a réussi qui a forcé l’admiration, un homme qui maîtrise les agrégats du développement et de la cohésion d’une équipe gouvernementale. Bref, un homme qui est différent de Komi Klassou, ou encore d’Ahoomey Zunu, ou encore de Komlan Mally, ou encore ou encore….

La démission et la nomination du Premier Ministre ne sauront tarder et dans la logique de notre développement, l’indépendant Express se donnera le devoir de présenter une architecture d’un gouvernement en période post pandémique. La Rédaction se donnera la peine d’orienter un profil, une personnalité, une action, un portefeuille pour permettre de réussir le pari du développement par des hommes de poigne et de qualité.

Carlos Ketohou

Source : independantexpress .net

 

 

Gouvernement Klassou: Ministres et ministères à problème

 

Quand Calixte Madjoulba assassine et humilie pour la deuxième fois son frère Toussaint Madjoulba.

Nous ne nous lasserons jamais assez de continuer à nous demander si l´honneur et la dignité font vraiment encore partie du vocabulaire des différents dialectes togolais. Il y a trop de situations, où trop de Togolais, surtout ces dernières décennies, ont perdu les deux valeurs cardinales dont nos ancêtres étaient fiers: l´honneur et la dignité. Combien sont-ils, ces barons, civils comme militaires, depuis Éyadéma, à avoir été arrêtés, persécutés, emprisonnés, humiliés, et à avoir repris du service auprès du même dictateur, la queue entre les pattes, comme si de rien n´était? Entre-temps des espèces sonnantes et trébuchantes, qui n´effacent jamais le déshonneur et l’humiliation, ont joué leur rôle dans cette réconciliation rabaissante. Et c´est ce manque du sens de l’honneur, de la dignité et du patriotisme qui est à la base du comportement traître et égoïste de beaucoup de nos leaders de l’opposition ces dernières années.

Au lendemain de l’assassinat du Colonel Madjoulba, beaucoup de Togolais avaient naïvement cru que le régime togolais serait fortement ébranlé par exemple par la colère d’un Gilbert Bawara contre la hiérarchie militaire, donc contre Faure Gnassingbé. Rappelons que le Ministre de la fonction publique est l’un des principaux fidèles du président togolais et frère de village de l’officier défunt. Mais apparemment les intérêts personnels et l’amitié avec Faure Gnassingbé du Ministre originaire de Siou seraient plus forts qu´un quelconque lien familial avec Toussaint Bitala Madjoulba. L’attention était surtout portée sur le frère aîné de l’officier assassiné. Comment allait réagir Calixte Batossié Madjoulba, l’indétrônable ambassadeur du Togo en France et dans beaucoup de pays d´Europe? De ce côté aussi, ceux qui espéraient voir le courroux du diplomate contre les assassins de son frère, sont restés sur leur soif. Il serait même, avec Bawara, ceux qui auraient conduit la délégation des autorités politiques Nawdeba et surtout originaires de Siou pour aller calmer les populations en colère qui réclamaient bruyamment la dépouille de leur parent. Aujourd’hui, presque trois mois après le tragique événement ayant coûté la vie à ce père de famille dans son bureau au camp, la fumée provoquée par ceux qui ne veulent pas que la vérité soit sue, devient de plus en plus épaisse; et l’humiliation de la mémoire du défunt, de la famille se fait de plus en plus insistante.

La manière même dont le Colonel Nawda fut assassiné dans son bureau dans le camp qu´il dirigeait était déjà une humiliation. Le silence du gouvernement, de la hiérarchie militaire, de l´État-Major, du Ministre de la défense qui n´est autre que Faure Gnassingbé himself, n’est pas de nature à honorer la mémoire du défunt et à lui reconnaître un mérite quelconque de son vivant. Donc les Togolais ne sont pas du tout informés de la disparition tragique de Toussaint Bitala Madjoulba par les autorités compétentes du pays. C’est sur les réseaux sociaux et tout dernièrement sur Radio France Internationale (RFI) que quelques bribes d’informations parviennent au grand public.

Selon la radio française à audience internationale, deux mois et demi après l´assassinat de l´officier supérieur personne ne semble pouvoir dire qui a commandité ou tué Madjoulba. Nous nous demandons quel rôle a joué ou joue la commission d’enquête mise sur pied par Faure Gnassingbé et dont le Ministre de la Sécurité, Yark Damehame est le président. Aucune conférence de presse pour informer ou situer la population sur les premiers éléments ou sur les difficultés éventuelles liées à l’enquête, comme ça se passe dans les pays où la transparence s’écrit avec majuscule. D´après l´élément diffusé sur RFI, les autorités togolaises auraient demandé l´aide de la France pour procéder à des analyses balistiques afin de trouver le ou les assassins du Colonel Madjoulba, dont la dépouille serait toujours à la morgue. Toujours selon le journaliste de Radio France Internationale, si le corps n´a pas encore été restitué à la famille, c´est que personne n’a, jusqu’à ce jour, formulé une demande en ce sens.

Ce comportement des autorités togolaises, pour soi-disant faire la lumière sur l´assassinat de l´officier natif de Siou, pose beaucoup d´interrogations:

Pourquoi avoir attendu presque trois mois après la mort tragique de Toussaint Madjoulba avant d’avoir cette « lumineuse » idée de recourir à l´expertise française? Ce tapage qui consiste à saisir 75 pistolets au camp, de les joindre à la balle, supposée être retirée du corps du malheureux est un travail qui devrait se faire les premières heures après l´annonce de l´assassinat pour que personne n´ait l´idée et le temps de brouiller ou de faire disparaître les traces. Pourquoi avoir alors perdu tout ce temps en annonçant la formation d’une commisssion nationale d’enquête, en sachant que ladite commission n´aurait pas l´expertise nécessaire pour faire le travail à elle confiée? Quelle est aujourd’hui l´authenticité des objets saisis et d´après quels critères a-t-on sélectionné les militaires qui devraient remettre leurs pistolets? Et à propos de demande d´aide à la justice française, qu´en est- il de l´enquête française concernant les incendies des marchés de Kara et Lomé en 2013? Les enquêteurs français ne nous ont jamais livré les résultats de leur travail. Qui a incendié les deux grands marchés? Nous attendons toujours.

Nous avons notre petite idée: les membres de la fameuse commission d´enquête dirigée par Yark Damehame connaissent tous celui ou ceux qui ont assassiné Madjoulba Toussaint Bitala, mais n’ont pas le courage de le dire. La hiérarchie militaire, composée majoritairement de kabyès, en premier lieu Faure Gnassingbé et Abalo Kadanga, sait très bien comment s’appellent l’assassin, le ou les commanditaires, et à qui le crime profite. Certaines autorités françaises, qui sont les sponsors du régime vomi de Faure Gnassingbé, ont décidé d’entrer dans la danse pour sauver leur protégé, en voulant brouiller davantage les pistes. Sinon aucun enquêteur sérieux n´accepterait jamais de faire le travail pour une affaire d’assassinat qui remonte à presque trois mois, et dont il n´est pas sûr des conditions dans lesquelles les objets en sa possession ont été saisis et préservés jusqu’à leur acheminement.

Ce comportement des autorités togolaises, surtout militaires, qui n´ont jamais annoncé officiellement la disparition tragique de l’officier supérieur, qui n´ont jamais présenté de condoléances à la famille Madjoulba, humilient, et insultent davantage la mémoire du défunt, sa famille et le caractère sacré de la vie tout court. Et Là où la bât blesse, c´est celui qui, normalement, par sa position, devrait tout essayer pour sauver ce qu´il reste de l´honneur de la famille Madjoulba, est justement celui-là même qui accepte de se rabaisser, de se faire humilier et manipuler pour aider à verser encore plus de déshonneur sur la dépouille de son frère assassiné. On nous dit que Calixte Batossié Madjoulba, qui a acheminé les scellés contenant des pistolets, des douilles et la supposée balle du crime, aurait les mains liées et serait obligé de faire ce que ses supérieurs lui demandent. On peut avoir les mains liées, certes, mais peut-on lier un esprit? Peut-on empêcher notre officier de super-ambassadeur de démissionner avec fracas en restant en Europe et en dénonçant celui ou ceux qui ont commandité la mort humiliante et brutale de son frère, et qu´il connaît certainement bien? Au moins pour sauver l’honneur de la mémoire de son jeune frère, celui de sa famille et son honneur à lui.

Samari Tchadjobo
23 juillet 2020
Allemagne

 

 

Quand Calixte Madjoulba assassine et humilie pour la deuxième fois son frère Toussaint Madjoulba.

 

Togo : PétroGate, les Adjakly et l’option du pire

Une affaire de près de 500 milliards de FCFA sous le sceau de détournement, secoue la République du Togo depuis plusieurs semaines avec les noms d’un père et son fils, soit Francis et Fabrice Adjakly, cités comme étant les personnes au cœur du scandale. En dépit du tollé que cette affaire a suscité au sein de la population, le silence bruissant de l’État a laissé le peuple pantois. Rebelote ! L’un des mis en cause assigne en justice le journal qui a révélé le scandale. Peut-être une drôle de manière de ne pas périr seul. Qui sait ?

Dans une récente parution, celle du mardi 09 juin 2020, le confrère L’Alternative donnait l’alerte sur un détournement de près de 500 milliards de FCFA, une faramineuse somme disparue en mode offshore sur les commandes pétrolières de l’État togolais. Puis, Francis et Fabrice Adjakly, un père et son fils, ont été cités comme étant les pions d’un réseau ouvert à des officiels togolais qui profitent aussi indûment du mécanisme d’importation, de fixation et de fluctuation des prix de carburant au Togo.

Une affaire qui a provoqué l’indignation des Togolais qui, faut-il le rappeler, tirent le diable par la queue en cette période de crise sanitaire. Curieusement, le gouvernement togolais est resté silencieux sur ce sujet, des officiels muets comme une carpe, pas même un communiqué, un seul du ministre en charge de ce secteur, soit pour infirmer, soit confirmer ou annoncer l’ouverture d’une enquête pour situer l’opinion. Leur attitude de défi vis-à-vis des populations, une posture de « nous ne sommes pas redevables de vous », a finalement donné des ailes aux mis en cause qui tentent aussitôt à se faire peur. Ainsi, « Adjakly junior » passe à l’offensive, déposant une plainte contre le journal L’Alternative, cité à comparaitre le 12 août prochain devant le Tribunal de Première Instance de Lomé statuant en matière correctionnelle. Certainement, l’objectif est de faire taire le confrère. Mais le fiston a mal choisi son adversaire : « Ne vous inquiétez de rien. Il est dans l’ordre normal des choses que quelqu’un qui est mis en cause dans une affaire puisse porter plainte. C’est son droit le plus absolu. Les plaintes font partie du quotidien des journalistes, il n’y a donc aucune inquiétude », déclare à chaud le premier responsable de la rédaction de L’Alternative avant de rassurer sur la lumière qui se pointe à l’horizon. Nous avons désormais, dit-il, l’unique occasion de comprendre à partir de ce procès qui s’annonce le mécanisme d’importation non seulement du pétrole mais aussi la fixation des prix à la pompe qui pèse sur le togolais moyen. Ce sera aussi l’occasion pour nous de comprendre comment l’État a pu confier à une famille (Adjakly, ndlr) qui a créé une société d’intermédiation, la commande d’un produit aussi stratégique dont les énormes bénéfices retombent sur les comptes personnels des copains et coquins ? Nous allons comprendre qui sont les complices et bénéficiaires de ce réseau depuis des années notamment les ministres et leurs experts en charge de ce dossier. Nous allons enfin comprendre pourquoi ces pilleurs depuis des années agissent en toute impunité. Ce fumant dossier est loin d’être une affaire entre un journal et les auteurs de ce réseau. C’est une affaire entre les togolais, c’est-à-dire la majorité qui végète dans la misère et cette minorité dont on nous avait dit qu’elle s’accapare des richesses du pays. C’est l’unique occasion pour les togolais d’avoir une idée de ceux qui mettent indûment la main sur leurs impôts. Vivement le 12 août. Ils ont peut-être la justice mais nous nous avons le peuple et le peuple veut comprendre où va son argent, conclut Ferdinand Ayité, Directeur de publication du journal L’Alternative.

Alors, c’est croire que derrière, il y reste encore du lourd, bref de solides arguments et éventuellement d’autres révélations sur tout ce qui obscurcie les commandes pétrolières au Togo, la vente et la traçabilité des recettes. Ce serait en réalité l’unique occasion de tout comprendre sur tout ce que le peuple n’a jamais compris. Et dans ces circonstances, la posture offensive du fiston Adjakly est interprétée par certains, comme une manière de couler volontairement le navire pour que tout le monde périsse et qu’on n’en parle plus. Car dans cette affaire, beaucoup estimaient que l’information qui a été rendue publique par le confrère L’Alternative, peut-être aussi une fuite du réseau Adjakly, soit une forme de règlement de comptes, c’est-à-dire, des individus d’un même réseau qui frustrés par l’inégale répartition du butin, décident d’alerter la police afin qu’ils coulent ensemble.

« Nous vivons ensemble, et nous mourrons ensemble », dit-on souvent. Les Adjakly ont-ils fait le choix du pire ? Rendez-vous au procès du 12 août prochain pour la réponse.

Source : La Manchette

 

 

Togo : PétroGate, les Adjakly et l’option du pire

 

Togo - Agbéyomé Kodjo s’exprime depuis son lieu de cachette

Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, qui continue toujours de réclamer sa victoire, se trouve aujourd’hui au maquis. Cela ne l’empêche guère de rester égal à lui-même.

Agbéyomé Kodjo s’est caché depuis que le doyen des juges l’a de nouveau convoqué pour l’entendre au sujet des accusations de trouble à l’ordre public portées contre lui au lendemain du scrutin présidentiel. Pour éviter ce qu’il appelle les « persécutions », il aurait discrètement quitté le Togo mais ne désarmes pas.

Depuis son lieu de cachette, l’ancien Premier ministre a décidé de parler. Il le fait à travers un audio précédé de l’hymne de son pays. « Je défends jusqu’à ma dernière goutte de sang cette victoire écrasante et historique du peuple togolais. Je ne vous trahirai pas », assure-t-il dans son message adressé à ses compatriotes, rappelant que le sort que le régime en place lui a réservé trouve son origine dans le fait qu’il refuse de rentrer dans les rangs.

« Ils sont issus de tous les bords politiques qui furent en grand nombre les émissaires du président sortant à me faire des propositions concrètes et admettant explicitement la victoire sans ambages de la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro, NDLR) à l’issue de l’élection présidentielle du 22 février 2020. Des formations politiques issues de l’opposition, y compris les plus éminentes sont en grand nombre à admettre que la DMK a écrasé tous ses concurrents lors du scrutin.

Mais en même temps, la nature humaine étant ce qu’elle est, ces mêmes leaders de l’opposition déclarent autre chose en public », tacle ensuite le président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), un parti fondé sur les cendres de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS).

L’opposant contre qui un mandat d’arrêt international a été lancé appelle les Togolais à jeûner et à prier ces 25 et 26 juillet afin de demander à Dieu la délivrance de leur pays. L’ancien président de l’Assemblée nationale reste toujours convaincu qu’il a été le vrai vainqueur de l’élection présidentielle du samedi 22 février 2020 et annonce pour bientôt la fin « de la tyrannie, de la désolation et de l’injustice à tous égards ».

A.H.

 

 

Togo - Agbéyomé Kodjo s’exprime depuis son lieu de cachette

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro appelle à la mobilisation générale ce 1er août

Le contentieux électoral est loin de finir au Togo. Le véritable vainqueur de l'élection présidentielle du 22 février 2020, selon la Dynamique Mgr Kpodzro, Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo est contraint à l'exil par le régime de Faure Gnassingbé. Mais la dynamique tient à récupérer la victoire du peuple togolais. Une grande manifestation de rue est prévue pour le 1er août prochain au Togo.

LETTRE OUVERTE DU 22 JUILLET 2020 DE LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (CIDMK) A LA CLASSE POLITIQUE ET A LA SOCIETE CIVILE TOGOLAISES

Concerne : Appel solennel à une Grande Mobilisation Patriotique pour la Libération du Togo

Mesdames, Messieurs,

Nous avons le plaisir de vous adresser la présente invitation tendant à vous compter au premier rang des Patriotes togolais de tous horizons coalisés et mobilisés aussi bien sur le territoire national que dans la diaspora pour une synergie d'action patriotique en vue de la Libération nationale de notre cher pays, le Togo.

La Terre de nos Aïeux promise à une grande gloire, dans un rôle de leadership éclairé, au service du Créateur Dieu, est aujourd’hui à la traîne en raison d'une gouvernance calamiteuse, consécutive à un management inefficace des meneurs du Peuple ; ce qui a empêché les vrais fondements de la République de prendre racine.

La jeunesse et les femmes de notre pays sacrifiées sur l'autel de l'ego, subissent avec courage les dégâts d'un système qui mine le Togo depuis des décennies. Quant aux enfants et aux personnes âgées, aucun filet de sécurité n'existe pour les préserver des contraintes de la vie. Le Togo a perdu le nord et est devenu un État failli, repaire de tous les criminels de par le monde !

C'est dans ce contexte, que fort de la révolution électorale du 22 février 2020, nous vous adressons le présent appel solennel, afin que nous puissions nous mettre ensemble pour regagner notre dignité.

Mettons-nous ensemble et main dans la main, levons-nous pour dire NON :

À la violence et au crime d’État ;
À l’impunité,
À la corruption généralisée ;
À la faillite morale des magistrats ;
À la faillite des institutions de la République,
Aux violences et meurtres des forces de sécurité ;
Aux assassinats politiques et crimes rituels ;
Au bradage de l’économie et à la prédation sur toutes les richesses du Togo ;
À l’absence d’hôpitaux et de soins de base aux plus vulnérables ;
À l'éducation au rabais ;
À l'injustice répandue dans notre pays ;
À la grande misère dans nos communautés et à la paupérisation de notre peuple ;
À la mort programmée de la Jeunesse et à la dépravation de la Femme ;
À l’exil forcé et à la prison à ciel ouvert dans son propre pays.

Levons-nous du nord au sud, de l’est à l’ouest et partout dans la diaspora le 01er août 2020!

Pour réclamer avec vigueur la démocratie et arracher l’Alternance politique dans notre pays. Monseigneur Desmond Tutu, un des grands leaders contre l’apartheid en Afrique du Sud disait : "Si tu es neutre en situation d’injustice, tu as choisi le parti de l’oppresseur".

Votre engagement patriotique est vivement souhaité en cette étape décisive de la lutte commune pour la libération de notre pays où le silence ou la neutralité sont synonymes de désengagement.

Dans cette perspective, avec abnégation, donnons enfin une meilleure chance aux générations présentes et à venir.

Votre engagement résolu et le nôtre, motiveront nos frères et sœurs d’armes, car nous savons que plusieurs d’entre eux, sont comme le peuple, victimes du même ‘‘Léviathan’’; et bien souvent n’ont d’autre choix que de suivre des ordres à contre cœur préjudiciables à leurs propres frères et sœurs. Nous osons espérer que par nos actes de bonne volonté, ils sauront aussi une fois pour de bon, dire non à notre adversaire politique commun.

Il y a une trentaine d’années, le cri de ralliement collectif était : "Démocratie d’abord, Multipartisme après".

Aujourd’hui plus qu'hier, ce même cri de ralliement persiste autrement : "Alternance d’abord, Multipartisme après". Le Peuple togolais dans son ensemble sera le grand gagnant dans cette alliance citoyenne et patriotique autour de l'action de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK).

Puisse par notre détermination, notre bonne volonté transpartisane à nous mettre ensemble, la Libération nationale soit effective les prochains jours afin d'ouvrir véritablement la voie à l'émergence du Togo "Or de l'Humanité" !

Nous savons pouvoir compter sur votre souci de l'intérêt supérieur de la Nation tout entière, et vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de notre considération distinguée et nos Lumineuses Pensées.

Dr Edem Atsou Kwasi

Coordinateur général

 

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro appelle à la mobilisation générale ce 1er août

 

Togo - COVID-19 : L’UE anticipe le décaissement de 4,9 milliards FCFA

Le chargé d’affaires a.i de l’Union européenne (UE) au Togo a remis à la ministre de la Planification du Développement et de la Coopération, un chèque de 4,9 milliards de FCFA. Cette seconde enveloppe anticipée se situe dans le cadre de l’appui budgétaire accordé en 2020 par l’institution européenne en cette période de crise sanitaire.

Bruno Hanses, le chargé d'affaires a.i de l’UE, et Mme Ayawovi Demba Tignokpa, la ministre de la Planification du Développement et de la Coopération, ont pris part ce jeudi 23 juillet à Lomé à la remise du chèque pour le second décaissement de l’appui budgétaire au Togo pour le compte de l’année en cours.

En mai dernier, l’Union européenne avait débloqué une première tranche d’un montant de 6,2 milliards de FCFA. Cette seconde tranche permettra au Togo de mieux faire face à la gestion de la pandémie liée à la Covid-19. Au Togo, le pays de Faure Gnassingbé bénéficie de plus de 11 milliards de FCFA à titre de soutien budgétaire de l’UE en 2020.

Selon Bruno Hanses, « avec cet appui budgétaire, l’Union européenne et le Gouvernement togolais ont démontré une fois de plus l'utilité et l’efficacité de leur coopération », soulignant que ce soutien contribuera à renforcer les différentes mesures prises par le gouvernement pour contrer la propagation de la maladie virale et diminuer ainsi ses conséquences socio-économiques.

L’anticipation du décaissement « est un gage de confiance vis-à-vis du Togo. Mais elle est également basée sur les progrès réels constatés dans la politique des réformes menée par le Gouvernement togolais ces dernières années ».

L’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED), qui se trouve être Madame Tignokpa se félicite de l’engagement de l’Union européenne aux côtés de son pays en cette période délicate et difficile.

« En cette occasion de remise symbolique de chèque du deuxième décaissement, il m’est particulièrement agréable, au nom du gouvernement togolais, d’exprimer mes vifs et sincères remerciements à l’Union européenne pour ses multiples contributions au développement du Togo et tout particulièrement pour son appui en cette période, en vue de maîtriser l’expansion de la pandémie de la COVID 19 », déclare-t-elle.

L’appui budgétaire de l’UE trouve son origine dans le package « Team Europe » en réponse à la crise COVID-19. Il se traduit par la concertation entre l’UE, les ambassades d’Allemagne et de France, et les entreprises membres de la Chambre de Commerce Européenne(EUROCHAM), d’accompagner ensemble le Togo.

A.H.

 

 

Togo - COVID-19 : L’UE anticipe le décaissement de 4,9 milliards FCFA

 

Togo - Vidéos immorales : Les 11 élèves en liberté après leur condamnation par sursis

Les onze (11) élèves, auteurs des vidéos immorales, placés en garde-à-vue à la Police nationale et à la Brigade de Recherches et d’Investigations (BIR), ont été remis en liberté.

Ils ont été gardés à la Police nationale et à la Brigade de Recherches et d’Investigations (BIR) pendant une semaine. Ils ont recouvert leur liberté ce jeudi après avoir été condamnés à des peines d’emprisonnement par sursis.

Au départ, ils étaient quarante (40) à être arrêtés. Accusés d’être des auteurs et co-auteurs des vidéos immorales tournés dans les établissements scolaires qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Onze (11) ont été finalement gardés et condamnés.

Les uns ont pris 18 mois, 10 mois et 8 mois. D’autres ont purement été relâchés, pour insuffisance de preuve de leur implication. Parmi les 11 élèves, on dénombre sept (07) garçons et quatre (04) filles.

 

 

Togo - Vidéos immorales : Les 11 élèves en liberté après leur condamnation par sursis

 

Togo - 23-29 juillet 1992 – 23-29 juillet 2020 : Assassinat de Tavio Ayao Amorin, 28 ans déjà. Hommages du MO5.

« J’ai semé des graines, et elles germeront immanquablement. »
Kwame Nkrumah

En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage. Nos pensées vont à ta famille, à ton fils unique Eugenio. Patriote de toujours, nationaliste et panafricaniste jusqu’au fond de l’âme, tu resteras un modèle pour notre peuple et surtout pour sa jeunesse.
Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d’une empreinte ineffaçable. Pour nous qui portons devant l’Histoire le terrible poids d’anéantir la dictature sur la terre de nos aïeux, nous renouvelons, devant ta mémoire, le serment de poursuivre efficacement le combat sans jactance.

Tu nous as quittés au moment où nous avions eu le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton souvenir reste vivace dans nos cœurs.
Nous voulons saisir l’occasion de ce 28 e anniversaire pour te dire que la semence, ta semence va germer immanquablement. Il poussera pour le bien et le bonheur de tous les Togolais. Et c’est ensemble un jour que tous, du nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, civils et militaires, nous irons nous incliner pieusement et victorieusement sur ta sépulture.

Camarade Octave Tobias Tavio Ayao Amorin, le MO5 te salue ! Reçois cet acrostiche comme une libation:
Tavio, ta vie reste un exemple de lutte
Avec toi le MO5 a vu le jour
Valeur sûre de la jeunesse togolaise
Inoubliable et immortel est ton nom
Ondulatoires seront tes idées
Amoureux des causes nobles
Modèle pour la jeunesse panafricaine
Orfèvre de l’Or de l’Humanité
Rien ne pourra te faire oublier
Indéniable est ton aura sur nous
Nous vaincrons car notre cause est juste!

Bruxelles, le 23 juillet 2020
Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5.
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TAVIO AMORIN AVAIT UN SCEPTRE À LA MAIN
« Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants: la vérité et la justice. »
Condorcet
L’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national. C’est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo qui a plus que besoin du talent et de l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout.
Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont approché, Tavio était tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.
En effet, il y a 28 ans jour pour jour, la nation entière s’était réveillée sous l’onde de choc que les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée dès l’annonce du lâche et cruel attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple togolais, les assassins de la liberté : Eyadéma et ses partisans.
Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont connues : Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de vérité et de justice.
En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte et sonnante à l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier avec ferveur pour le repos de son âme.

Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre compagnon et propose aux lecteurs cette biographie intitulée TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a 28 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous les balles meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma Gnassingbé et clan.

« Tavio est né en 1958, année où la lutte pour l’indépendance battait son plein. Son père Carlos Amorin, à l’époque agent de la UAC, était engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante de naissance, mais anciennement caissière à la BCEAO, Tavio était le premier garçon et le dernier enfant après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.
Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l’époque. C’était une grande maison qui, pendant les grandes vacances, arrivait à rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre lui a permis de développer l’esprit d’équipe et de cultiver la tolérance.
Il fit ses premières années scolaires à l’école catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il était admis à la garderie. Il suivit le cours normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec mention très bien, en 1970, date à laquelle il entame ses études secondaires au collège Saint Joseph.
Un très bon élève
Tavio était un très bon élève, toujours classé parmi les premiers. Il était le potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait comme un … crabe. Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte.
Le football était son violon d’Ingres. Cela a failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à Kokétimé, où il avait été élève quelques années auparavant. La partie était âpre, comme on savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son chevet : ce médecin était un certain Dr Marc Attidépé.
Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis après-midi, il retournait à l’école catholique de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance. Son autre grande passion était les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neveux.
Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il refusait d’obtempérer, il était tout simplement privé du prochain repas.
Après son baccalauréat au collège Saint Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris, disant qu’il en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques. Il reste donc à Paris où il étudie l’informatique et l’organisation. Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande firme française, l’aide à affûter ses armes.
Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont les téléspectateurs français se souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une des chaînes francaises. Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait surprenante de simplicité et d’originalité : il avait passé une annonce, s’était constitué un fichier. Les clients l’appelaient pour lui communiquer l’heure à laquelle ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner. Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants, et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de la troisième chaîne française dans une émission de jeunes.
Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux en qualité de responsable des achats. Quand il décide de revenir en Afrique, c’est par cette filière qu’il est envoyé à Abidjan.
Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques. Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu maille à partir avec un officier supérieur de l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des menaces à son endroit : «où que tu sois, on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n’a plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut de réfugié politique, mais n’a jamais pris la nationalité française, contrairement à ce que beaucoup croient.
Admirateur de Nkrumah
Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas fait des études de droit, il s’est intéressé à la chose juridique, et à la chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque et reçue « sur le tas » avec les jeunesses du parti communiste français, puis avec les jeunesses du parti socialiste français, tendance Jean-Pierre Chevènement.
Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste, Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D’où son admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent comme les pionniers de l’unité africaine.
Entre le père et le fils, les rapports étaient ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s’estimaient mutuellement et se comprenaient à demi-mot. Et si l’éducation spartiate dont il avait été question plus haut ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop grande, Tavio à force d’être resté constamment dans le sillage de son père, d’humer et de s’imprégner de son parfum, a fini par s’identifier totalement à ce patriote courageux et généreux.
A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable vénération. La mère et le fils étaient pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le goût prononcé que manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son droit d’attendre de son fils qu’il entame une carrière véritable, fonde un foyer et fasse « plein de petits ».
Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout et passait avant tout. La maman, dès le début du renouveau démocratique et vu la part prise par son fils aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait très peur pour lui. Elle était convaincue que la politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils, le sort en était jeté, le destin s’était mis en branle. L’enfant était happé par le flot impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout son être, de toute son âme, plongé dans la fièvre démocratique qui a fini par le consumer.
Prémonition
Mercredi, la veille de l’attentat qui devait l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et c’était la première fois depuis son retour de mission, que la mère revoyait son enfant. Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui fit remarquer : «Mais tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait de la peine parce qu’un beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur… Non je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur. »
Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio tombait sous les balles de son assassin.
La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des risques énormes de la vie qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil de la République. Sa mère le voyant arrivé à la maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio qui revenait…
Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait : « Même si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus». Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était un peu plus corpulent que d’habitude. Il portait un gilet pare-balles : «Voilà, dit-il ce que j’ai ramené pour me protéger». Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément ce jour que les balles l’ont fauché ».
Tino Agbélenko Doglo
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À LA MÉMOIRE DE TAVIO AMORIN: LE MO5 RECONNAISSANT
« Seuls vivent les morts dont on chante le nom. »
L. S. Senghor

Voici 28 ans que la dictature togolaise a armé des bras pour te ravir à notre affection. Camarade Tavio, le MO5 demeure orphelin de ta tragique disparition; mais tu sais bien que la mort est un commencement. Figure majestueuse de la jeunesse, tu ne seras jamais oublié! Hier comme aujourd’hui, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour te rendre hommage, toi qui a donné le nom MO5 à notre Mouvement.
Qu’il nous soit permis de reprendre ici comme un témoignage, l’hommage que Monseigneur Dovi Ndanu t’a rendu il y a déjà quelques années:
« Précieuse est la mort qui achète la vie au prix du sang versé! »
« Mon cher Tavio, permets à ton ancien Directeur et professeur du collège Saint Joseph d’apporter son joyau à la couronne de gloire qui ceint désormais ta tête comme un glorieux jeune martyr de la démocratie naissante togolaise.
Dans les années 1971-1977, tu étais déjà un garçon décidé, très brillant qui avait de la rigueur dans le travail où transparaissait un sens de responsabilité en éclosion. Il y a des années et des promotions dans la vie d’un collège qui font resplendir son image de marque, dorent les blasons et font grand honneur à l’établissement. Je pense à cette illustre promotion de l’année 1976-1977 et en particulier cette classe de Terminale C où tu brillais comme une étoile parmi d’autres, et où se sont donnés comme rendez-vous des génies en herbe pour ainsi dire. Et je me souviens par ailleurs de ces cours de catéchèse où tu montrais ton culte de la vérité, ton sens élevé de la liberté et ton respect de l’autre en tant qu’autre. Cela ne m’avait donc pas surpris de te savoir admis dans les Grandes écoles des ponts et chaussées et d’autres études de hauts niveaux. Ton esprit imaginatif et inventif t’a permis d’avoir beaucoup de cordes à ton arc. Tu as démontré ta culture socio-politique, juridique et économique à la Conférence Nationale Souveraine.
Oui, c’est à la Conférence Nationale Souveraine que tu t’es fait distinguer et personne ne se trompait sur ton avenir radieux. Tes interventions intelligentes et pertinentes, d’une vigueur et d’une rigueur secouaient tout le monde dans la salle Fasao. Tes analyses d’une acuité extraordinaire et tes diagnostics sans complaisance sidéraient tout le monde. On a beau te classer dans les rangs des dits « extrémistes », mais force était de reconnaître que tu n’étais pas de ceux qui se sont salis les mains et que tu voulais la vérité et rien que la vérité. On sentait dans tes propos cet amour du peuple Africain, de ton peuple Togolais et tu lui voulais un lendemain meilleur, mais planifié, dépouillé de toute compromission ; un lendemain fait de justice, de vérité, d’amour et de paix véritable.
Je me souviens ! Dans la salle Fasao, à la sortie d’une des premières assises, tu me rencontras dans les couloirs et entre deux pauses ; et tu me dis : « père Directeur, me reconnaissez-vous ? C’est vous qui avez fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui ». Mon humilité de Directeur et de professeur de collège en avait pris un coup. Mais j’étais fier ! Fier de toi !

Oui je t’ai reconnu dans ton dévouement courageux et généreux sans détour. Jeune homme tout d’une pièce, et qui ne fait rien à moitié. Jeune homme convaincu de la noblesse de la cause qu’il défend : tu voulais un Togo nouveau, prospère, vraiment démocratique d’une démocratie authentique. Tu souffrais de ce que des gens maîtrisaient mal ce qu’ils disaient et faisaient. Tu veux que tous les aspects de ce renouveau togolais soient bien cernés et dans toutes les dimensions. Tu me confias un matin, deux semaines avant l’attentat qui t’a coûté la vie, dans la salle du palais des Congrès, ton désaveu de ce que certaines discussions au HCR accusaient trop du juridisme et ne tenaient pas assez compte des aspects politiques.
Ta détermination pour l’accouchement d’une vraie démocratie sans bavure au Togo, va coûter le sacrifice de ta vie. De tout ton être, de toute ton âme, de toutes tes forces tu t’es plongé dans cette fièvre de la démocratie qui a fini par te consumer. Ce jeudi 23 juillet 1992, cette nuit là-même, j’étais en train de donner une causerie sur notre Conférence Nationale Souveraine aux moines Bénédictins dans leur Couvent à Encalcat dans le Sud de la France à Tarn. A cette heure là-même, tu tombais sous les balles scélérates de ton lâche et pervers assassin.
Tavio, tu as vécu comme quelqu’un qui ne voulait rien, n’attendait rien, n’aspirait à rien que la liberté pour le Togo, une liberté génératrice de paix et de prospérité. Tavio, tu rejoins la phalange de ceux qui ont versé leur sang pour que le processus démocratique aboutisse au Togo. Sur ce fond de nobles témoins, ta figure se révèle éminente de jeunesse et d’avenir. En toi nous saisissons l’âpre secret du grain qui meurt, le sang versé, l’amour vainqueur, et cette croix qui nous relève.
« Si l’espérance t’a fait marcher
Plus loin que ta peur,
Tu auras les yeux levés.
Alors tu pourras tenir
Jusqu’au soleil de Dieu »
« Heureux qui donne sans compter
Jusqu’à sa propre chair !
Il trouve en Dieu sa liberté,
Visage découvert. »
Adieu Tavio, tu pousseras comme un grain de sénevé !

Mgr Dovi Ndanu »


Bruxelles, 23 juillet 2020.
Eloi Koussawo, MO5

 

 

Togo - 23-29 juillet 1992 – 23-29 juillet 2020 : Assassinat de Tavio Ayao Amorin, 28 ans déjà. Hommages du MO5.

 

Togo - 11 établissements vont reprendre les cours à l’Université

L’Université de Lomé rouvre ses portes le 27 juillet prochain pour les cours en présentiel. Mais ce ne sont pas tous les établissements qui sont concernés par cette réouverture.

Onze (11) établissements sont autorisés à reprendre les cours en ce qui concerne la Licence. A en croire le Prof Dodzi Kokoroko, président de cette institution, les cours reprennent également en présentiel au niveau du Master et Doctorat.

Il s’agira d’une expérience dans le respect des mesures barrières pour éviter la contamination au sein de l’Université de Lomé. Le CERSA, le CIC, l’Institut Confucius, l’ENSI, l’ESA, l’ESAAd, l’ESTEBA, la FSS, l’INSE, l’ISICA, l’IUT de Gestion sont les établissements avec lesquels les autorités universitaires pensent faire cette expérience.

« La programmation effective des activités est communiquée par la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS) en collaboration avec les doyens et directeurs », a indiqué Dodzi Kokoroko.

Le nombre de visiteurs dans la bibliothèque universitaire sera limité. Le président de l’Université de Lomé invite donc les étudiants à observer les mesures barrières, surtout le port de masque.

 

 

Togo - 11 établissements vont reprendre les cours à l’Université

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : Sex-gate

« Celui qui se met une corde au cou, Dieu lui donnera quelqu’un qui la tirera » – Proverbe touareg

La Nation togolaise médusée a vu ses enfants mineurs s’encanailler dans une vidéo devenue virale. Au-delà de l’indignation et de la réprobation unanimes, la vulgate a tôt fait d’attribuer cette déviance à l’influence prégnante des réseaux sociaux, à la permissivité des parents, à la facilité d’accès aux images licencieuses. Bien que recevables, ces raisons ne situent que partiellement la profondeur du mal et les causes sociologiques dont il est le symptôme.

La jeunesse a toujours été influencée par des modes et des pratiques exogènes. Il s’agit d’apports utiles à la croissance du corps social à travers la résolution du conflit de génération que leur adoption produit nécessairement. Elle n’y succombe que lorsque le corps social, affaibli et corrompu, se révèle incapable d’être le filtre d’influences adverses qui, sublimées, font entrer le jeune dans le monde des adultes. La force du tissu social permet à l’enfant d’intégrer la dialectique spéculaire nécessaire à sa projection dans un monde à la fois familier et hostile pour déployer les potentialités de renouvellement de la nation entière. Cette vision vitaliste suppose l’existence d’un terreau social stable basé sur des valeurs intangibles qui unifient et sécurisent l’adolescence en quête de repères. Tel un trapéziste, le jeune éprouve sa force et sa souplesse toutes neuves avec la certitude que sous ses pieds se trouve le solide filet de la famille et de l’ensemble de la société.

A contrario, l’affligeant spectacle de la « sextape » révèle le désespoir et l’angoisse d’une jeunesse profondément désorientée. Nos jeunes sont perclus de peur face à une société atomisée, injuste, affaiblie par l’inversion systématique des valeurs. L’anomie est perceptible dans toutes les institutions d’un État où la paupérisation et la clochardisation des citoyens sont érigées en mode de gouvernement. On ne propose à la jeunesse qu’un avenir de dépravation des mœurs, de mendicité et de délinquance.

J’entends, à travers ces tristes images, un cri déchirant. Nos enfants nous interpellent par la seule chose dont ils croient avoir la maîtrise : leurs corps. À défaut de se lacérer, de se scarifier ou de s’immoler par le feu, ils s’offrent en hosties vivantes hissées au mât du bateau ivre d’une gouvernance sans cap. Ils nous disent leur désapprobation viscérale de l’avenir que nous leur proposons. Ils nous alertent sur la vacuité de l’horizon de conducteurs de taxi moto-taxi (Zemidjan), de prostitués ou de dealers que nous leur ouvrons. Triste résistance de corps juvéniles pressentant le sort funeste que le monde des adultes persiste à leur imposer. Partout où se pose leur regard, ces frêles enfants ne voient que le contraire des valeurs que la famille et l’école professent. Ils voient la célébration et la promotion de la dépravation, de la vulgarité, du vice et du crime à commencer par le plus haut sommet de la hiérarchie sociale. Le sanctuaire même de la famille est battu en brèche par le premier magistrat de l’État. Ce qui est donné à voir à la jeunesse ce sont des délinquants ayant pignon sur rue, des criminels promus et décorés, des dealers roulant carrosse et menant grand train. Comment trouver des raisons d’espérer avec l’exemple des aînés qui ont cru à la voie de l’excellence scolaire gage de la réalisation de soi par un métier gratifiant et qui se retrouvent piégés dans le dur métier de zémidjans ou de prostitués. Ces enfants voient bien que les modèles que la société propose à leur admiration sont bien ceux qui ont fourni le moindre effort, des cancres, des tire-au-flanc qui ont su trouver le chemin des bons réseaux maffieux, des dealers, des proxénètes et des délinquants. Ils paradent et se pavanent. Ils se poussent du col et revendiquent une respectabilité factice que leur confèrent leurs innombrables soutiens institutionnels et l’indulgence coupable des juges. Comment ne pas « admirer » ces flibustiers d’une société en déliquescence, ces » happy few » de la « jet set » locale dont certains peuvent se prévaloir de l’amitié personnelle du chef de l’État sans que cela ne suscite le moindre démenti officiel.

Loin d’être une histoire de gosses dévergondés, cette vidéo montre le profond malaise social que la longue dictature a généré au Togo. Nos enfants nous disent la fausseté des valeurs qui sous-tendent notre vivre ensemble. Ils sont, bien malgré eux, à travers l’oblation de leur corps, les Cassandre d’un pays en dérive.

Tout un peuple crie haro sur ces enfants perdus de la République. Nous devons à tout le moins partager la honte de ces âmes candides au regard angoissé. Ces yeux inquiets, hagards, perdus dans le stupre de procuration nous posent la lancinante question de l’avenir que nous réservons à la terre de nos aïeux. Que choisissons-nous pour nos enfants ? Quel avenir nous leur construisons ? Avons-nous démissionné ? Sommes-nous résignés à voir le destin de nos enfants pire que le nôtre ? Saurions-nous enfin apaiser ces cœurs en perdition ? En définitive à quel abysse sommes-nous prêts à laisser dériver la terre de nos aïeux ? Il est urgent de leur répondre.

Jean-Baptiste K.
jeanbaptistek@yahoo.com

 

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : Sex-gate

 

Togo - Le CPJ du New-York invite les autorités Togolaises à protéger le journaliste Ferdinand Ayité

Après avoir levé le voile sur un détournement d'environ 500 milliards de F CFA par une famille dans le secteur du pétrole au Togo, le journaliste Ferdinand Ayité, déclare être menacé mardi par un individu inconnu au téléphone. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ayant vent de la situation, exhorte le gouvernement Togolais à protéger le journaliste en risque

À l'instar de l'Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) qui a très rapidement invité « le Procureur de la République et le Ministre de la Sécurité à veiller à la sécurité du journaliste Ferdinand Ayité en vue de lui permettre d'exercer librement ses activités », le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) déclare être « préoccupé par le fait que Ferdinand Ayité, directeur du journal L'Alternative, ait reçu le 21 juillet un appel téléphonique intimidant, le poussant à cesser de rapporter des allégations de corruption liées aux prix du pétrole» au Togo.

« Les autorités togolaises devraient assurer la sécurité d'Ayité.» a souligné l'ONG.

Composé d'une quarantaine d'experts à travers le monde, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) est une organisation non gouvernementale qui vise à «défendre le droit des journalistes, de rendre compte de l'actualité sans crainte de représailles» et de promouvoir la liberté d'expression. Le CPJ surveille les emprisonnements, les disparitions et les assassinats de journalistes dans le monde. Le siège de l'organisation est à New York aux États-Unis.

Il est à rappeler que Fabrice Adjakly qui a été accusé de corruption par le confrère Ayité, a porté plainte contre ce dernier. Ils seront accueillis au Tribunal de Première Instance de Lomé, le 12 Août prochain.

Mensah A.

 

 

Togo - Le CPJ du New-York invite les autorités Togolaises à protéger le journaliste Ferdinand Ayité

 

Armoiries du Togo : Merci Folikpo

Depuis ces derniers mois il ne se passe un jour au Togo sans que des politiciens d’un autre genre ne viennent donner leur avis sur tout comme pour prouver à ceux qui en douteraient encore, que désormais c’est eux les nouveaux Leaders et que c’est eux qui mènent la danse dans un folklore brouillon qui ferait rire s’il n’y avait pas la tragédie sociopolitique qui impacte la vie des Togolais depuis des décennies. Ils ont réussi à réduire les leaders politiques au silence. Ces politiciens d’un autre genre, reconnaissables à leurs styles vestimentaires (soutanes, Djalabia avec turbans assortis) ce sont les soi-disant hommes de dieu. On les entend partout, pas seulement les vendredis ou les dimanches et pas seulement dans les lieux qu’on leur connait habituellement (mosquée, églises, paroisses etc.), mais vraiment partout et tous les jours. Ils ont leurs avis sur tous les sujets allant jusqu’à vouloir trouver les causes des problèmes politiques du pays dans l’hymne national, dans le monument de l’indépendance et, dernièrement dans les armoiries du Togo.

Il est fort heureusement rassurant de savoir qu’il y a encore au Togo des compatriotes (dont sans doute une majorité silencieuse) qui refusent de tomber dans le piège de la sidérante infantilisation de la politique togolaise (voir « Une fausse Polémique sur les Armoiries du Togo », par K. Kofi FOLIKPO, dans ici-Lomé…com). Il n’y a pas longtemps, l’EPISCOPO a traité le chef de l’ANC de Juda. Le crime de JPF aux yeux de Monseigneur c’était d’avoir refusé de renoncer à sa propre candidature pour soutenir le candidat qui a été révélé au Prélat Catholique par Dieu en personne. Il n’y a pas eu beaucoup de monde pour venir au secours de JPF face à cette injustice de la part de l’Archevêque émérite de Lomé devenu tellement puissant qu’il ne tolère aucune contradiction dans sa désormais mission divine de sauver le Togo. Au contraire, des plumes célèbres, des journalistes et même des responsables de la société civile qui prétendaient œuvrer pour la démocratie se sont alignés tout raides derrière le Tout puissant Prélat pour soutenir la candidature de l’ancien Premier Ministre du Dictateur défunt. Par miracle, le massacre de la Place Fréau Jardin est passé en pertes et profits. Il a suffi à l’ancien PM d’Eyadéma de dire pour se tirer d’affaire que le massacre a été perpétré par des éléments incontrôlés, lesquels, par nature, échappaient à son contrôle. Et on l’a cru sur parole. Peut-être qu’il a été confessé et absout par Monseigneur dans la pure tradition chrétienne. Toujours est-il que personne n’a osé demander à l’ancien PM du dictateur de dire au moins les initiatives qu’il avait prises ou tenté de prendre pour faire traduire les éléments incontrôlés devant la justice alors qu’il devait les connaître selon ses propres dires. Lui qui se targuait il n’y a pas encore longtemps de bien connaître la maison et ses habitudes ne peut pas prétendre le contraire aujourd’hui.

Sûr de son fait, Monseigneur en a rajouté des couches successives par des attaques tous azimuts contre les autres candidats de l’opposition et particulièrement contre JPF après les élections présidentielles de février 2020 dont les résultats ont été un « fiasco » pour l’opposition et, accessoirement un « raz-de-marée » en faveur du pouvoir (résultats controversés). Mais alors que, n’en pouvant plus de ces attaques indignes venant de quelqu’un qui est censé être l’incarnation de la Justice Divine et du Pardon, JPF, désespéré, décide de se tourner vers la justice des Hommes pour laver son honneur et celui de ses compagnons, il fut moqué par des affidés du Prélat qui le somment de retirer sa plainte qu’ils considèrent comme un crime de lèse-majesté. Par un retournement des rôles dont le Togo a le secret, JPF en plus d’être le double-perdant du scrutin de février 2020, devient l’ennemi numéro un dans ce qui est supposé être sa propre famille politique.

Nul besoin d’aimer JPF, ni d’être militant de l’ANC pour le défendre car cela pourrait arriver à tout le monde. Et ce n’est pas la fête de s’entendre traiter de Juda ou de Djahili par une autorité pour qui l’on a du respect. En fait, ce qui est arrivé à JPF n’est que l’étape ultime de la façon dont une certaine élite religieuse tente depuis un certain temps de récupérer la lutte politique et se substituer à la classe politique classique. Persuadés que les leaders politiques classiques ne sont pas à la hauteur, de grandes gueules de différentes confessions religieuses ont flairé le filon et se sont engouffrées dans la filière politique en usant d’une stratégie infaillible : auréolés de leurs statuts divins de respectabilité, les religieux se veulent au-dessus de la mêlée et se posent en sauveurs. Etre au-dessus de la mêlée ne les empêche cependant pas de distribuer des points : de bons points aux uns, de mauvais points aux autres, en fonction de critères dont eux seuls et leur « dieu respectif » détiennent le secret.

Sous le couvert de propager la parole de Dieu, les Hommes de Dieu crachent impunément des attaques gratuites contre ceux qui à leurs yeux ne sont pas dignes de prétendre diriger le pays. Toutes les occasions sont bonnes pour faire passer le message. Les lieux de culte deviennent des amphithéâtres politiques où seul Dieu à travers son incarnation terrestre a la parole. Les fidèles, abusés et désabusés, écoutent sans broncher de véritables discours politiques dont les seules références sont le Coran ou la Bible, discours politiques qui virent très vite à des diatribes contre des Leaders politiques qui ne sont pas en odeur de sainteté. Parfois c’est même côte-à-côte que ces Leaders écoutent « l’autorité morale » adouber les uns et diaboliser les autres. Les propos de l’autorité morale peuvent parfois être des mensonges et des contrevérités, mais personne ne se lève pour protester. Dans la mosquée, chacun le sait, l’Imam est seul maître à bord. Personne ne peut le contredire sous peine de subir l’implacable anathème promis aux hérétiques. Dans l’église et les paroisses ce n’est pas mieux.

Pendant que ceux qui sont traités de diables baissent la tête, les heureux élus sont aux anges, au propre comme au figuré, sans se rendre compte que bientôt ils ne seront plus que des marionnettes entre les mains de forces obscures. Comme des enfants, ces heureux élus éphémères vouent une admiration fétichiste à leur nouveau maître. Le sommet de ce processus de récupération a été atteint avec « l’EPISCOPO » qui a réussi l’exploit de donner son nom à un mouvement politique, ce que personne n’a encore réussi dans notre pays. L’EPISCOPO a réalisé le tour de magie de créer un parti politique de fait sans s’embarrasser des contraintes et démarches administratives de création de parti politique. Et quel est donc le programme politique du parti de l’Homme de Dieu ? L’Hymne National ?, à la poubelle parce que contenant des paroles guerrières. Le Monument de l’indépendance ?, à déboulonner parce que lieu de sacrifices sataniques. Les adversaires politiques ? La malédiction divine s’en occupera, si ce n’est déjà fait.

L’intrusion de l’élite religieuse dans l’arène a donné à la lutte politique un coup de massue dont le Togo ne se relèvera pas de sitôt. L’infantilisation de la politique a franchi des sommets depuis longtemps. On est loin d’envisager l’avenir avec sérénité quand on apprend de la bouche d’un dinosaure de l’opposition que le « loup religieux » ne s’est pas lui-même introduit dans la bergerie mais qu’il y a été invité amicalement par les brebis elles-mêmes pour se faire dévorer. Cela s’appelle suicide. L’élite togolaise a lamentablement échoué. C’est suffisamment déplorable au regard des effets néfastes de cet échec inavouable sur la vie quotidienne de nos populations. Mais c’est encore plus déplorable de constater que cette élite défaillante ne recule devant rien pour entraîner la population dans sa chute.

Avant février 2020 les Leaders de l’opposition n’étaient pas unis. Tout le monde le sait. Mais au moins de temps en temps ils arrivaient à former des alliances (C14, G6 etc.). Certes ces alliances n’ont pas toujours résisté aux querelles intestines propres à tout regroupement humain. Mais au moins elles offraient, même sporadiquement, une plateforme d’échanges et d’espoir. Elles permettaient de glaner quelques avancées indéniables (limitation des mandats, scrutin à deux tours, effectivité de la décentralisation par la constitution de Conseils Municipaux avec des conseillé élus etc…). Mais depuis la dernière intrusion divine de l’EPISCOPO qui maudit à tour de bras et de sermons, aucune alliance n’est plus possible. Il suffit d’écouter les piques que les uns et les autres s’envoient pour s’en rendre compte. La ligne de non-retour a été franchie.

La jarre penchait, dangereusement mais elle pouvait encore contenir un peu d’eau potable, l’EPISCOPO l’a carrément renversée. Il y a des Leaders qui ne pourront plus jamais s’asseoir dans une salle et encore moins autour d’une table. Désormais on se parle par réseaux sociaux interposés et pas pour se jeter des fleurs. Avant le 22 février 2020 l’opposition togolaise était mourante. L’EPISCOPO est en train de l’enterrer depuis le 22 février après lui avoir asséné le coup de grâce.

L’opposition politique togolaise est en ruine. Il aura bien du pain sur la planche, celui qui va hériter de l’amas de décombres que les « dynamiteurs » et leur intouchable homme de dieu laisseront derrière eux avant de passer la main. Oui, les hommes de dieu finiront par passer la main et retourner à ce qu’ils savent faire de mieux. Sinon il faut seulement espérer que la population ne se laissera pas faire et qu’elle saura faire la part des choses entre les lieux de cultes et les arènes politiques.

Moudassirou Katakpaou-Touré
Francfort.
23 juillet 2020

 

 

Armoiries du Togo : Merci Folikpo

 

Samira, Ladji… et Ferdinand, Leur combat… Notre combat !

C’est un genre journalistique qui amène à révéler, à la masse, ce qui est caché. Passionnant mais aussi très exigeant, le journalisme d’Investigation fait également encourir, aux professionnels qui l’embrassent, des risques de tous ordres. Immersion dans une spécialité mise en mal dans la sous-région ouest africaine encore plus ces derniers jours.

La braise…

C’est plus qu’une évidence. Il ne semble visiblement pas bon d’être journaliste d’investigation. Qui plus est en Afrique où la guillotine est permanente sur la tête des journalistes. Depuis quelques mois dans nombre de pays de la sous-région ouest-africaine, des persécutions et cabales tous azimuts doublées constituent le quotidien de ces professionnels de la communication qui ont choisi l’investigation comme socle de leur métier.

Comme une braise sur laquelle sont assis ces journalistes, les cabales et persécutions vont des menaces aux intimidations en passant par les cambriolages, le vandalisme, et même les assassinats. Des hommes et femmes dont le malheur est d’être populaire, fruit de leur professionnalisme, intégrité avec pour souci permanent la recherche de la vérité.

Le cas Samira

Son cas fait jaser actuellement au Niger. La journaliste et bloggeuse nigérienne Samira Sabou, très populaire par sa rigueur et son intégrité, croupit actuellement en prison et ce, depuis le 10 juin dernier.

La justice nigérienne reproche à l’administratrice du site d’information mides-niger.com des écrits diffamatoires contre Sani Issoufou, le fils du Président de la République, par ailleurs Directeur de Cabinet Adjoint à la Présidence. Ceci, après qu’elle ait mis en cause ce dernier dans une affaire de surfacturation lors des achats d’équipements militaires pour l’armée nigérienne. L’issue de son procès est attendue le 28 juillet prochain.

Ladji Bama…

Tout comme au Niger, le journalisme d’Investigation n’a pas meilleur sort au Burkina Faso. Ces trois dernières années, plusieurs menaces et attaques ont été perpétrées au Pays des Hommes Intègres contre ceux-ci et autres leaders d’opinion. Du lot, on retient entre autres, celle contre le confrère Mamadou Ali Compaoré en janvier 2017. Une autre dernièrement, en fin mai 2020, contre l’analyste politique et directeur Afrique chez Teminiyis media, Lionel Bilgo, par ailleurs auteur de l’ouvrage « Du rêve à la réalité, créons demain ».

Mais plus encore, l’on retient celle contre le journaliste d’investigation Ladji Bama dont la voiture a été consumée par le feu en janvier 2020. En effet, très populaire au Burkina Faso, Ladji Bama est l’un des journalistes qui ont beaucoup pesé pour la vulgarisation de l’affaire charbon fin d’Essakane IamGold en 2019. Il est aussi connu pour ne pas être assez tendre avec les dignitaires du pouvoir, dénonçant les manquements à la gouvernance et cela depuis le régime du président déchu Blaise Compaoré.

Norbert Zongo… le douloureux souvenir

Cette atmosphère particulièrement inquiétante rappelle cette époque où la machine infernale était mise en branle pour «faire taire ceux qui dérangent » au Burkina Faso. L’exemple le plus parlant reste celui de Norbert Zongo, toujours vivace dans les mémoires collectives. En effet, après avoir commencé une enquête sur la mort mystérieuse de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du président burkinabè d’alors Blaise Compaoré, Norbert Zongo est retrouvé mort assassiné et calciné dans sa voiture, le 13 décembre 1998, avec les trois personnes qui l’accompagnaient (Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma et Ernest Zongo). Cet assassinat odieux et crapuleux du fondateur et Directeur de la Publication de l’Hebdomadaire «L’Indépendant» a suscité des vagues d’indignation, tant sur le plan national qu’international.

Ignace Sossou…

Au Bénin voisin, pour avoir publié, sur les réseaux sociaux, des extraits d’une déclaration du Procureur de la République, mettant en cause la justice béninoise, le journaliste d’investigation Ignace Sassou a été interpellé le 19 décembre 2019 et condamné à dix-huit (18) mois de prison dont 6 avec sursis. Après une pluie de pressions et lobbyings, ce dernier a finalement été libéré le 24 juin dernier, il y a quelques jours, après en avoir passé six (06). Ce dossier a le mérite de révéler aux yeux du monde, la vraie face de la justice africaine où le Procureur qui s’est plaint a pu jouer au joueur et à l’arbitre. Pathétique !

Ferdinand Ayité…

Que dire du Togo où les journaux jugés critiques et les acteurs qui les animent sont exposés aux sanctions et persécutions de tous ordres? Après avoir été suspendu en mars dernier pour 2 mois conjointement avec ses confrères de Fraternité, et Liberté le directeur du journal Alternative Ferdinand Ayité fait actuellement l’objet d’une poursuite judiciaire. En effet, s’estimant diffamé dans ce qu’il convient d’appeler «Petrolegate», du nom de rocambolesque affaire de détournements de 500 milliards FCFA, sur la commande du pétrole par sa famille le Fils Fabrice Adjakly assigne en justice, pour le 12 août prochain, le Directeur de Publication de L’Alternative à qui il réclame payement de cinq millions (5.000.000) FCFA pour dommage et intérêts. Si au Niger ou au Mali ce sont les fils des chefs d’État qui se retrouvent au cœur de l’intrigue, le contexte reste toutefois le même, pour ce qui est du Togo où le clan au pouvoir phagocyte la justice aux fins de régler des comptes aux acteurs qui mettent à nu indirectement ses carences.

Combat à rude de épreuve…

Comme l’on peut aisément le comprendre, hier comme aujourd’hui, il paraît toujours très risqué d’embrasser le journalisme d’Investigations, un choix noble mais tout autant rude. Ce genre journalistique qui, au travers des enquêtes sur des sujets assez sensibles, met à nu personnalités et groupes d’intérêts dans leurs magouilles.

Et de ce fait, on devient une cible permanente aux yeux des mis en cause. Ces leaders d’opinion paressent gênants à tout point de vue, au point même de songer à les envoyer, au besoin, à l’abattoir. L’on a encore en souvenance, l’assassinat, en pleine journée, du confrére ghanéen Hussein Ahmed Suale, le collaborateur de Anas, le célèbre journaliste d’investigations dont les enquêtes ont révélé, aux yeux du monde, la corruption à grande échelle qui gangrenait le football ghanéen.

Cependant, le silence de l’opinion face aux mésaventures du journaliste dans l’exercice de son métier paraît donc plus un soutien qui ne dit pas son nom aux gourous dans leur plan machiavélique contre le métier de vérité et de justice qu’est le journalisme d’investigation. Celui de museler, par tous les moyens, voire éteindre les voix et plumes au vitriol au service de la vérité.

Face à l’injustice et l’arbitraire, la résistance

Face à l’injustice, au diktat et à l’arbitre, il urge la mise en branle d’une chaîne de solidarité aux côtés de ces journalistes qui, pour fidélité à la conscience professionnelle, ont préféré le chemin le plus simple, mais très risqué et exigeant. Celui de l’intégrité au giottisme et à la médiocrité. Et cette autre forme de lutte engagée en faveur de la bonne gouvernance doit être perceptible le 12 août prochain. La résistance !

Cette solidarité qui, au Mali, a poussé à la démission du président de la Commission Défense et Sécurité à l’Assemblée nationale, Karim Keïta, un autre fils au père, celui du Président Ibrahim Boubacar Keïta au cœur d’une affaire d’atteinte aux mœurs et d’allégations de scandales financiers.

Source : Fraternité

 

 

Samira, Ladji… et Ferdinand, Leur combat… Notre combat !

 

Togo, Pétrolegate : La guerre dans la maison

L’affaire de détournements de 500 milliards FCFA sur la commande du pétrole, révélée par la presse a connu, fin semaine dernière, un nouveau rebondissement. Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a fait commanditer un audit par son ministère aux fins de tirer au clair l’affaire et situer les responsabilités. Un exercice qui s’annonce intéressant.

Réelle volonté ?

Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a donné des instructions pour que des audits soient réalisés dans l’affaire «Pétrolegate». Ceci, afin d’en rétablir la vérité.

C’est, en substance, l’annonce faite, le vendredi 17 juillet dernier, sur la télévision nationale, par Komlan Kondo, le Coordonnateur par intérim du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPP). « Si malversations il y a, les auteurs seront poursuivis conformément aux textes en vigueur », a ajouté Komlan Kondo.

L’opinion pourrait espérer avec cette annonce si seulement le pouvoir de Lomé s’était fait, ne serait que l’once d’une crédibilité dans ces genres de dossier. Seulement voilà ! Celui qui va faire l’audit est lui-même l’audité.

Des inquiétudes…

En effet, plusieurs points et évidences en suspens contraignent à être dubitatifs quant à l’issue d’une telle procédure en faveur du rétablissement de la vérité.

D’une part, si audit est réellement demandé par l’autorité, c’est à demander où était-elle alors quand tout se tramait. En plus de ceux que le confrère a cité représentant la primature et autres niveaux de l’exécutif dans le Csfppp, des indiscrétions font état de ce que plusieurs autres personnalités du régime seraient bien trempées dans cette affaire. Dès lors, mener un audit avec les acteurs nationaux paraîtra peut objectif, dans un contexte où nombre de structures privées appartiennent au même clan à travers des sociétés écrans.

D’autre part, en annonçant l’audit, Komla Kondo, à la tête du CSFPP depuis le 5 juin, en remplacement du mis en cause Francis Sossa Adjakly, s’est évertué à démontrer l’absence de concussion et/ou de délit d’initié dans ce dossier. Pendant qu’une action judiciaire est en cours, cela semble être une politique de l’autruche ou une diversion pendant que le joueur joue à l’arbitre. Et cela est de nature à fausser le jeu, dès le départ. Partant de là, il est fort à parier que cette affaire fera moins d’émules qu’espérées.

Guerre de clans…

Seul espoir à priori, c’est l’engagement sans pareil dans ce dossier du ministre de tutelle qui, à en croire de sources bien introduites, est décidé à faire découvrir le pot-au-rose. Il revient que l’OTR, institution dont a été préalablement Commissaire Général le ministre, n’a jamais été ouverte au comité de fixation des prix. Ce qui n’est pas anodin. Et l’éjection de l’inamovible Adjakly de la tête de la Csfppp , un comité qui n’était en fait qu’ une nébuleuse n’était qu’un premier acte du scenario.

D’autres sources bien introduites rapportent par ailleurs, que le pot-aux roses s’est retrouvé dehors à force de bras de fer interminable entre le père Francis et le fils Fabrice Adjakly avec la suite de la famille mêlée. Et tout serait parti de la décision du père, vu le train de vie incontrôlable de son fils de lui retirer la signature sur les comptes de Management Hydrocabure, l’entreprise qui serait le trader.

Il saute donc aux yeux que cette affaire dont tout le mérite revient à la presse, ne serait pas bien vue par nombre de cadres du ministère. Lesquels seraient d’ailleurs actuellement à couteaux-tirés avec M. Adedze. Visiblement emballés, ces derniers s’emploieraient à tordre le coup au processus pour noyer le dossier.

Dès lors, tous les regards sont tournés vers Faure Gnassingbé, très attendu sur le sujet. Pour une fois, on attend de voir s’il donnera son onction salvatrice au ministre Adedze afin que l’affaire aille jusqu’au bout et révèle jusqu’au dernier degré, tous les noms tapis dans l’ombre et qui, depuis le «bureau noir» du ministère du Commerce, se sucrent allègrement et indûment sur le dos de leurs citoyens jusqu’au dernier.

Mais avant, lorsqu’on se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, d’abord sur insistance de votre Journal FRATERNITÉ, ensuite au titre de mesures sociales liée à la Covid, le pays a connu de baisses conséquentes de prix de produits pétroliers à la pompe, ce qui n’était pas ordinaire, l’on est tenté de dire que les faits et similitudes parlent d’eux-mêmes. L’on attend donc que la vraie vérité éclore. Le presse en fait déjà une partie.

Source : Fraternité [ fraternitenews.info ]

 

 

Togo, Pétrolegate : La guerre dans la maison

 

Togo : Mouvement Conscience Mandela, De quoi se poser des questions…

Le 18 juillet 2020, une nouvelle association aurait dû être officiellement lancée dans la bataille pour la justice sociale et les droits de l’homme au Togo. Elle n’a pas eu le temps de naître qu’elle a été étouffée. L’ordre serait venu des autorités en charge de la sécurité. Mais au-delà de cette énième dérive autoritaire, certains observateurs se posent des questions sur certains choix et faits.

La vision du Mouvement Conscience Mandela est de contribuer aux processus démocratiques et à l’instauration d’un État de droit au Togo et en Afrique. Citoyenneté, élections, bonne gouvernance, œuvres sociales et humanitaires sont les autres domaines d’intervention du mouvement. Pour atteindre ces objectifs, il compte sensibiliser les forces vives de la nation sur les sujets de grande importance. Il se donne également le droit de prendre des positions sur des questions d’intérêt national. Une mission noble.

Mais les forces de l’ordre ont été envoyées pour « empêcher le lancement du Mouvement Conscience Mandela » samedi dernier. Une descente musclée que les responsables de l’organisation ont trouvé injuste. « Nous avons tous les documents nécessaires depuis 2018. Par ailleurs nous sommes dans un régime déclaratif », a déclaré Me Joseph Akpossogna, Sécrétaire Général du Mouvement. Et de poursuivre : « ce qui veut dire que dès lors que vous créez une association, vous réunissez les documents nécessaires, vous saisissez le ministère de l’administration qui vous donne le quitus de procéder au payement et afférents, vous êtes déjà nés. Vous n’allez plus attendre le récépissé. C’est ce que dit la loi 1901 qui régit la création des associations ».

Mais dans un pays comme le Togo où certaines personnes sont réfractaires à la démocratie, un simple prétexte suffit pour mettre « hors d’état de nuire » un mouvement qui, a priori, va créer des insomnies au régime en place. A cet effet, avant de se lancer dans une telle mission, les initiateurs de ce mouvement devraient savoir non seulement, choisir leurs pions mais aussi et surtout où tenir leurs réunions.

Tendre le bâton pour se faire battre…

C’est ce à quoi ressemble l’échec du lancement de ce mouvement qui porte le nom d’une icône africaine, stratège politique dont la stratégie a eu raison de l’apartheid en Afrique du sud. Un héritage politique qui continue de susciter admiration de génération en génération. En effet, pour le lancement officiel du mouvement, les responsables ont choisi comme lieu, l’hôtel « Mirambeau » situé à Agbalepedogan. Un établissement que tout esprit branché à Lomé sait qu’il appartient à un officier de l’armée. Alors, l’on se demande comment peut-on lancer un tel mouvement dans cet établissement ? « Es-ce que ces gens-là ne savaient pas dans quel hôtel ils sont allés? », s’est d’ailleurs interrogé un journaliste après que le maitre de cérémonie ait décliné les objectifs et la composition du bureau exécutif de l’organisation.

Et sans surprise , alors que les gendarmes et policiers ont fait irruption dans l’hôtel, les responsables s’étant rendu compte de ce qui se déroule dans leur établissement ont intimé l’ordre aux membres du mouvement de tout arrêter et de déguerpir. Une situation embarrassante pour le Mouvement conscience Mandela en présence des invités et les professionnels de médias. Mais tout porte à croire que ce mouvement a lui-même tendu le bâton pour se faire battre par ses détracteurs.

En effet, au Togo, c’est un secret de polichinelle. Les défenseurs des droits humains et autres aspirant à la démocratie et à l’Etat de droit sont souvent surveillés comme de l’huile sur le feu et quand ils posent des actes qui contrarient le pouvoir, ils sont traqués et poussés à trouver refuge hors des frontières nationales. Le cas Koffi Kounté, ancien Président de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en est illustrateur.

En outre, le mouvement est présidé par Me Raphaël Kpandé-Adzaré, ancien membre du Collectif « Sauvons le Togo », ancien président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme et deuxième porte-parole du Front Citoyen Togo Debout (FCTD). A ce titre Adjare et les siens ne sont point censés ignorer les informations sur le cadre qu’ils ont choisi pour leur événement. Un choix qui semblent conformer qu’ils ont choisi d’aller jusque dans le nez du bourreau pour jouer après à la victime. Une démarche qui laisse perplexe sur la foi à accorder à ce mouvement à peine naissant. Qui plus est, Raphaël Kpande Adjare le promoteur se trouve avoir choisi residence hors du pays, pour longtemps.

In fine, le lancement raté du Mouvement Conscience Mandela peut être un mal pour un bien. Le temps de prendre du recul, bien analyser la situation et faire les bons choix.

Source : Fraternité

 

 

Togo : Mouvement Conscience Mandela, De quoi se poser des questions…

 

Togo : Sextape à l’école, la Haac doit jouer son rôle

Les vidéos à caractère sexuel et violent tournées dans certains établissements scolaires qui mettent en scène des élèves continuent de faire polémique sur les médias et réseaux sociaux. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, la responsabilité de la dépravation des mœurs en milieu scolaire est partagée. Et nous avions notamment évoqué le cas des parents. Cette fois-ci, nous mettons l’accent sur un autre aspect du problème. Il s’agit des médias et des influenceurs.

La profonde influence des médias sur le développement psychique et social des enfants est déjà démontrée par les psychologues. Ces supports de transfert d’information peuvent construire l’enfant, mais ils peuvent aussi façonner négativement ses modes de pensée d’une façon subtile. D’où l’utilité de vérifier les médias qui vont façonner le développement des jeunes et qui vont les guider en quelque sorte dans leur vie future. Les autorités et les parents doivent ainsi identifier l’utilisation saine des films afin que ces distractions n’aient pas des effets néfastes sur leur développement des enfants. A titre d’exemple, les médias électroniques comme la télévision possèdent un immense potentiel pour affecter le développement du cerveau humain avec le sexe, la violence et l’adultère qui règnent dans les films. Dans ce domaine, ces dernières semaines le nom de la chaine cryptée Canal+ est revenue avec insistance.

De la nécessité de recadrer les médias

Depuis quelques semaines, la chaîne Canal+ est accusée de faire la promotion de la sexualité voire l’homosexualité dans ses contenus. De nombreux parents sont scandalisés par la diffusion de certaines scènes à des heures non-conventionnelles et une restriction d’âge souvent trompeuse. « Dans certains films, on montre des scènes où deux femmes ou deux hommes s’embrassent pleine bouche. Même dans certains dessins animés, la sexualité est présente. C’est une atteinte grave aux bonnes mœurs et à la pudeur. J’imagine le nombre de parents que ces scènes ont profondément choqué, surtout quand ils regardent la télé en présence des enfants », a confié un abonné de la chaine. « Parfois, alors que les parents croyaient que l’enfant regardent des dessins animés, a priori, non-violent et la sexualité n’est pas présente, c’est le contraire », s’inquiète un autre abonné.

Ces allégations si elles sont avérées pouvaient avoir des conséquences sur les enfants. Il n’est pas donc surprenant aujourd’hui de voir certains enfants se prêter à ces comportements malsains qui vont à l’encontre des valeurs de la société togolaise. Des éléments qui doivent interpeller la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) dont l’une des missions est de surveiller le contenu des médias et de recadrer promptement les organes concernés.

Mais au-delà de Canal+, certains médias locaux devraient également être rappelés à l’ordre. Ces médiaux qui diffusent à longueur de journée des chansons dans lesquelles la sexualité et la violence verbale sont véhiculées sans voile.

Le cas des influenceurs…

Depuis quelques temps, les personnes dites « influenceurs » foisonnent sur ces réseaux. Ils sont des femmes, hommes, jeunes filles et garçons à rivaliser jour et nuit pour attirer le plus de monde. Pour faire augmenter leurs nombres d’abonnés, ces gens sont prêtes à tout. Des diffusions des nudités aux propos violents, ils s’adonnent à toute sorte de pratique.

Dans leurs listes d’abonnés se retrouvent des milliers de jeunes qui, naïvement, les prennent pour des modèles à suivre. Il est donc impératif aussi bien pour le ministère de la formation civique, de la jeunesse et la Haac de recadrer ces influenceurs.

Plusieurs études ont démontré la hausse de comportements agressifs chez les jeunes qui s’habituent à regarder des films d’horreur, de viols et adeptes des réseaux sociaux. Des choses favorisent les comportements sexuels et la déconnexion totale avec la réalité. Malheureusement, les jeunes les plus vulnérables à ces influences sont les enfants ayant des problèmes affectifs, comme nous l’avons souligné dans notre dernière parution. Il est donc nécessaire que les autorités analysent tous les aspects du problème de la dépravation des mœurs en milieu scolaire pour prendre les décisions adéquates.

Source : Fraternité

 

 

Togo : Sextape à l’école, la Haac doit jouer son rôle

 

Chronique de Kodjo Epou : Lorsque table-banc devient lit picot à l’Ecole

J’y réfléchis toujours et toujours je ne comprends pas. Mais des pistes sillonnent ma tête qui pourraient mener vers les causes: le Togo est malade parce que les autorités ne dirigent pas le pays mais, au contraire, l’abîment.

Par Kodjo Epou

Le scandale du sexe dont se sont rendus coupables des élèves indélicats, en plein jour, des table-bancs transformes en lits picot, nous montre à quel point le Togo défiguré ouvre devant nous une page sombre sur laquelle il est impossible de lire les moindres écritures de fierté.

Cette histoire de baisodrome filmé à l’école n’est que l’effet d’une lourde dégringolade de notre société. C’est choquant. Mais qu’on ne range pas ce scandale monstrueux au rang de simples faits divers puis attendre un autre. Maintenant, après l’emotion générale, il faut apprendre et retenir que ceci ne peut pas être une affaire de police. C’est loin du commissariat, beaucoup plus en amont, par une étude très poussée, qu’il faut chercher les causes réelles de cette dépravation collective qui n’a rien à voir avec une quelconque influence de mœurs occidentales. On n’a jamais entendu que des élèves américains ou européens se sont déjà livrés à de telles choses, en groupe, le jour, dans leurs établissements.

C’est dire que ce qui s’est passé à Lome est, à plus d’un titre, inédit, unique, surtout interpellateur. Parents et gouvernants sont à blamer. Les gouvernants en premier lieu et beaucoup plus. Que font-ils, ces derniers, pour soulager les premiers de leurs misères et, de facto, amoindrir cette pauvreté aiguë qui pousse beaucoup de nos élèves (filles) à des actes délictueux comme la prostitution devenus trop frequents? Si on cherche, on trouvera que la plupart de ces lycéennes sont forcées de se prostituer, soit pour trouver les moyens de s’embellir et de s’alimenter, soit pour glaner ici et la quelques pitances pouvant soulager les parents à bout de souffle. Ce qu’il faut, enfin, si on ne veut pas multiplier les prisons à la place des lycées modernes avec leurs services sociaux, c’est un discours radical sur l’école et une volonté politique forte de faire d’elle, par les moyens appropriés, une priorité à défendre, à valoriser. L’Ecole avant l’Armée, c’est aussi simple que cela.

Ces scenes de porno « in live » avec des drogues en apéro, concomitamment produites dans plusieurs écoles, ont l’air d’avoir été soigneusement organisées par des mains obscures qu’il faudra démantelées et punir. Ici aussi, il se trouve que les malfrats dans ces genres de crimes, trop souvent, se réclament du giron des barons au pouvoir si ce n’est du chef de l’Etat lui-même. Sacré Togo, tous les « bad guys » se disent amis et/ou conseillers du président. En tout état de cause, il y a des événements qu’on ne doit pas chaque fois catégoriser dans les faits divers. Était-on allé plus loin dans les recherches pour savoir à quoi rimait cet infâme théâtre du « revenant de Tokoin-Dogbeavou »? Ce sont-là des escalades rares qui sont, malheureusement, le parfait reflet de notre pays.

Le Togo n’est pas gouverné et s’est retrouvé, au fil des ans, sur une pente dramatique. Le redressement de la barre incombe aux officiels, par des mesures draconiennes, par les exemples de bonnes moralités au sommet, du haut vers le bas. Malgré la misère, les parents ont eux aussi leur partition à jouer.

Rien ne gouverne un pays mieux que les lois et leur respect scrupuleux par ceux qui occupent les postes phares dans la société car, ce sont eux qui sont dans les cameras tous les jours, ce sont eux que ces jeunes élèves voient et tentent d’imiter. Toujours est-il que cette histoire donne du vertige parce qu’elle dépasse l’entendement humain.

Kodjo Epou

 

 

Chronique de Kodjo Epou : Lorsque table-banc devient lit picot à l’Ecole

 

La justice togolaise malade : Le procureur de la République, un désespoir pour les citoyens togolais

Le Procureur de la République, est un magistrat du parquet chargé de l’action publique dans le ressort d’un tribunal de grande instance. Le Procureur de la République selon son statut et ses attributions est un magistrat qui dépend du garde des Sceaux et qui a pour rôle de défendre l’ordre public et les intérêts sociaux. Il est un magistrat du Ministère Public. On parle aussi de magistrat du parquet.

De façon bien simpliste, le procureur de la République représente le magistrat dont la première mission est de permettre à ce que justice soit rendue à des citoyens victimes d’injustice, de défendre les intérêts sociaux et l’ordre public dans la République. Malheureusement pour les Togolais, les intérêts sociaux et la défense des droits des populations victimes d’injustices sont le dernier des soucis du Procureur de la République togolaise, Blaise Poyodi. La question des crimes de tout genre ne semble pas être son affaire sauf s’il s’agit de la persécution des hommes politiques qui dérangent le pouvoir en place.

Qu’il s’agisse des mineurs tués par balles réelles pendant les manifestations pacifiques ou d’autres assassinats comme celui de Mohammed tué à Avedji en mai dernier, celui du jeune menuisier surnommé Cimetière, de Dodji koutwati en passant par les militaires assassinés par des inconnus à Sokodé en 2017 jusqu’à l’élimination physique brutale du colonel Madjoulba dans un camp militaire, le procureur de la République ne s’est jamais senti préoccupé. S’il ne reste pas totalement indifférent, il donne rarement l’impression de saisir l’affaire qui ne connaît jamais de suite.

Mais il suffit que le pouvoir de Faure Gnassingbé soit un tout petit peu dérangé par un citoyen pour que le procureur de la République soit utilisé pour des persécutions et poursuites judiciaires arbitraires dans le seul but de jeter les citoyens en prison pour leur opinion politique. L’histoire des incendies du grand marché de Lomé, des arrestations arbitraires des manifestants de l’opposition et la poursuite judiciaire du candidat de la Dynamique Kpodzro et de ses membres en sont des exemples palpables. Le procureur de la République n’a pas pour rôle de mettre hors d’état de nuire les opposants, mais plutôt, de protéger les citoyens et d’aider à poursuivre et à punir les auteurs de crimes et d’infractions. Il doit contribuer au respect des libertés individuelles et au traitement équitable des citoyens devant la loi.

Joe S.

Source : L’Engagement N° 030 du 16 Juillet 2020

 

 

La justice togolaise malade : Le procureur de la République, un désespoir pour les citoyens togolais

 

Togo - Le Journaliste Ferdinand Ayité menacé, ASVITTO met les auteurs en garde

C'est lui qui a révélé le scandale sur le détournement des 500 milliards de FCFA de la gestion de la commande du pétrole au Togo par une famille. Depuis la sortie de ce dossier le 9 juin dernier, il s'est instauré un débat dans le pays sur le sujet, avec une série de révélations que continue de faire Ferdinand Ayité, Directeur de publication du bi-hebdomadaire L'Alternative. Hier mardi, un individu a appelé ce dernier et commencé par le menacer au téléphone. L'Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) monte au créneau et met en garde les auteurs de ces menaces.

DÉCLARATION DE L'ASVITTO RELATIVE AUX MENACES SUR LE JOURNALISTE FERDINAND AYITÉ, DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL L'ALTERNATIVE

l'Association des Victimes de Tortures au Togo (ASVITTO) vient de recevoir l'alerte d'une menace sur le Directeur de Publication du bihebdomadaire L'Alternative, M. Ferdinand Ayité journaliste d'investigation. La menace est consécutive à l'affaire dite "petrolegate" qui oppose le contribuable togolais représenté par ce journaliste à une bande de pilleurs des deniers publics qui ne cessent de saigner le peuple dans la fluctuation des prix des produits pétroliers. Plus de 500 milliards de francs, soit environ le 1/3 du budget national 2020 aurait été détourné à travers des stratégies mafieuses par le Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers (CSFPPP). Cette structure du ministère du commerce a manipulé, pendant des années les prix à la pompe qui n'ont jamais été proportionnels aux cours mondiaux par rapport au baril mais selon les intérêts de ce groupe de personnes sans moralité.

Le pot aux roses de cette corruption hautement politique qui a été découverte et dénoncée par ledit journaliste pour la cause commune, lui a coûté une plainte au tribunal de "l'injustice" et des menaces de nature inquiétante. Le train de vie et les richesses insolentes des auteurs et complices de ce grand détournement auquel s'ajoute le contexte sociopolitique du pays caractérisé par des meurtres et assassinats dont les auteurs sont protégés par une série d'enquêtes sans aboutissement, ont créé une stupeur et une terreur qui empêchent les défenseurs des libertés fondamentales d'exercer librement et en toute quiétude leurs activités professionnelles comme l'exigent les principes démocratiques et les règles des droits de l'homme.

Au regard de la nature des menaces, l'ASVITTO invite le Procureur de la République et le Ministre de la Sécurité à veiller à la sécurité du journaliste Ferdinand Ayité en vue de lui permettre d'exercer librement ses activités pour le démantèlement du réseau des pilleurs des deniers publics afin de les soumettre à la rigueur de la loi.

L'ASVITTO constate également, que suite aux premières informations livrées par ce journaliste, il y a eu un changement qui a été opéré avec nomination d'une autre personnalité appartenant au même réseau à la tête du comité incriminé. Cette succession d'événements loin d'être un hasard, s'inscrit dans une logique absurde et irrationnelle d'une tentative de brouiller les pistes en vue d'empêcher la manifestation de la vérité.

Ceci étant, le ministère du commerce et par ricochet le gouvernement qui détient les prérogatives d'une telle nomination aurait pris parti et tente de protéger les mis en cause de cette escroquerie.

Fort de ce constat, l'ASVITTO convie toutes les populations, tous les partis politiques et tous les acteurs de la société civile qui ont conscience de la léthargie économique dans laquelle s'enfonce dangereusement le Togo, à se sentir concernés par cette affaire qui est l'une des principales causes de la vie chère, de l'extrême pauvreté et de la misère dans le pays. Il convient, pour tout citoyen togolais, de manifester son indignation vis-à-vis de la gouvernance approximative en répondant à l'appel du 12 août 2020 devant le tribunal de première instance de Lomé pour faire ramener l'argent détourné afin de l'investir dans la santé et dans l'éducation.

Par la même occasion, l'ASVITTO invite les principaux partenaires économiques du Togo à être très regardants dans cette affaire afin d'amener les autorités gouvernementales à affronter leurs obligations de lutter véritablement contre la corruption et l'impunité.

Enfin, l'ASVITTO invite particulièrement le Chef de l'État à prendre toutes les dispositions pour la protection du journaliste Ferdinand Ayité, de ses collaborateurs et de tous ceux qui s'investissent à ses côtés pour défendre l'intérêt général de tous les Togolais.

Fait à Lomé, le 22 juillet 2020.

Pour l'ASVITTO

Le Président
M. ATCHOLI KAO Monzolouwè

 

 

Togo - Le Journaliste Ferdinand Ayité menacé, ASVITTO met les auteurs en garde

 

Togo - Lettre ouverte de la diaspora NAWDA à leur frères et soeurs

Mon frère, ma sœur de Siou, mon frère, ma sœur Nawda !
Au moment où nous finalisons cette lettre ouverte adressée à tout fils et fille de Siou où qu’ils se trouvent, nous apprenons avec stupéfaction qu’un autre de nos frères, colonel de l’armée togolaise aussi comme Toussaint Bitala Madjoulba, vient de perdre sa vie, dans des circonstances étranges. La succession de ces évènements ressemble à un film de fiction ou á une tragédie gréco-romaine. Seulement qu’ici c’est la réalité de notre quotidien qui couvre notre famille de Siou et Nawda d’un deuil continue et d’une douleur qu’on ne peut décrire. L’accablement est immense et nous sommes perdus et désorientés sur la démarche à suivre, voire l’attitude à adopter.
Nous, fils et filles de la Diaspora Nawda (Siou et Nawda) vivant aux USA, Canada et Europe, durant les deux derniers mois, nous sommes manifestés de plusieurs manières face à la tragédie qui frappe notre grande famille de Siou et Nawda. Nous avons essayé de notre mieux de faire comprendre les motivations et le sens de nos initiatives et les objectifs poursuivis vu que notre communauté est en grand danger. Lesquels objectifs se résument en trois points :

• Le respect et l’application des EXIGENCES COUTUMIÈRES devenues une impérative à la suite de l’assassinat de notre frère Toussaint Madjoulba et des réactions de la population de Siou suite au sifflement du cor de guerre.

• Notre volonté et disposition d’accompagner la famille MADJOULBA et notre communauté Nawda dans son droit légitime de RENTRER EN POSSESSION du corps de notre frère et de lui donner un ENTERREMENT DIGNE en accordance avec la COUTUME NAWDA.

• Notre recherche de JUSTICE pour notre frère dont le décès tragique a été causé par ce qui est d’évidence publique un assassinat.

Á ce jour, nous déplorons le fait qu’aucun de ces objectifs poursuivis n’a été satisfait. Tout en attendant qu’une enquête parlementaire soit diligentée pour faire la lumière sur les circonstances de l’assassinat de notre frère, nous restons toutefois attachés aux principes de transparence, d’indépendance et d’équité. Le crime a été odieux, violent, et a interrompu la vie d’un homme, un époux, un père de famille, un parent, un militaire citoyen dévoué à la cause de son pays le Togo laissant ainsi des orphelins, des veuves, parents, amis et frères d’arme profondément meurtris. Pour cela nous, la Diaspora Nawda, en solidarité avec la famille, et la population de Siou et autres Nawdba, aussi bien que l’ensemble de la population togolaise ne saurions nous satisfaire des résultats d’une enquête qui ne ressortent la VÉRITÉ et qui ne traduisent le coupable ou les coupables à la justice afin qu’ils payent de leur crime.
Nous invitons tous les fils et filles de Siou en particulier et Nawda en général, que ce soit de façons individuelles en fonction de leur degré d’influence, ou collective réunis au sein d’associations des ressortissants de Siou à l’instar de l’ARSIL et ARDOL, de faire avant tout de cette recherche de justice pour Toussaint une question de survie de notre identité Nawda. Ce serait non seulement faire justice à Toussaint mais aussi prévenir la répétition de ces disparitions violentes et suspicieuses de nos quelques rares officiers de Siou et Nawda dans l’armée togolaise (comme si notre pensée était une prémonition voilà que nous pleurons encore aujourd’hui en l’espace de deux mois la mort d’un autre officier Nawda de Siou).

Le son du cor de guerre a résonné, alertant les peuples Nawda de la présence d’un danger dans la communauté et appelant au ralliement général de ses filles et fils pour faire face au danger. Ce type de sifflement du cor qui n’est point festif, ni une plaisanterie est un appel à la mobilisation devant aller jusqu’au bout. Nous à la Diaspora Nawda, ayant pris soins de nous renseigner auprès des grands prêtres de Siou , tenants de la tradition, nous sommes arrivés à la conclusion que le son du cor de guerre était un évènement extrêmement grave qui a poussé les populations de Siou et leurs alliés des autres cantons à se lever spontanément et marcher sur la préfecture afin d’accomplir la mission à laquelle le son du cor les a appelés et qui spécifiquement est de réclamer le corps du fils de Siou assassiné sauvagement afin de lui accorder un enterrement en accordance avec nos coutumes. Nous avons aussi appris qu’une fois le son du cor de guerre sonne, c’est aussi les esprits de nos ancêtres qui sont appelés au secours, et il est indispensable qu’il y’ait une clôture selon les exigences de la tradition, pour ramener les esprits dans leur demeure et aussi éviter que les malheurs s’abattent sur notre communauté Nawda de façon individuelle ou collective du fait d’avoir sonné le cor de guerre de façon vaine. Cet appel a résonné non seulement à Siou et à ses alentours, mais aussi est arrivé aux fils et filles de Siou vivant dans tous les coins du monde. Á la Diaspora Nawda aux USA, au Canada, en Europe, nous avons entendu cet appel et nous avons voulu à notre manière y répondre et ceci est la raison fondamentale de notre engagement.

Á ce jour aucune conclusion n’a été apportée à cet appel comme l’exige notre tradition. Que s’est – il passé par la suite ? Nous ne pouvons apporter avec certitude une réponse à cette question. Notre analyse de la situation quoique à distance, nos interactions avec les uns et les autres nous permettent pour autant de dire que c’est au sein de notre famille Nawda que des forces se sont opposées à l’accomplissement effectif du ralliement des populations Nawda et de l’accomplissement des rites traditionnels qui s’imposent à la suite du sifflement du cor de guerre. Comment se fait – il qu’une composante aussi importante de l’essence du peuple Nawda puisse être aussi rabaissée, banalisée et réprimée ? Chaque peuple ne trouve-t-il pas sa force et son respect dans ce qui lui est particulier et qui lui vient de sa culture que chaque génération lègue à la suivante ? Personne ne saurait s’ériger le droit de remettre en cause la continuité de ces caractéristiques culturelles fondamentales qui font l’identité de notre communauté Nawda. Nous invitons nos frères et sœurs qui pour des raisons propres à eux, se reposant sur leurs capacités d’influence multiformes dont ils jouissent du moment, vont à l’encontre de l’accomplissement de la tradition à nous tous, de mesurer la portée présente, future et historique de leurs actes. Les hommes passent, les nations ou les communautés demeurent. L’histoire sera impitoyable pour ceux ou celles qui n’auraient pas privilégié le bien commun aux dépens du gain personnel et matériel.

Cela fait presque trois mois que nous attendons d’accompagner notre frère Toussaint á sa dernière demeure en accordance avec les rites de notre culture. Nous sommes conscients que cela revient exclusivement à la famille immédiate de Toussaint de s’occuper de son enterrement. Permettez-nous ici de crier notre impatience face à cette durée. Encore plus aucune information n’est faite publique pour rassurer ses frères et sœurs aussi lointain que nous puissions paraître, la population de Siou et Nawda et la population togolaise en générale. Nous n’accepterons pas que l’assassinat horrible de Toussaint, alors que sa maman et sa sœur étaient à la morgue, attendant qu’il les enterre, puisse tomber dans l’oubli collectif et passer pour un épiphénomène et qu’on se tourne sur le nouveau corps sans vie tombée entre nos mains. Et quand celui-ci sera aussi oublié on recueillera un autre. Nul ne sera épargné si rien n’est fait.
QUE CE CYCLE MACABRE S’ARRÊTE ! Et nous filles et fils de Siou et Nawda, nous ne saurons accepter et demeurer passifs en face de cette série macabre dont sont victimes nos frères qui se sont donnés corps et âme à défendre la nation togolaise. La vie humaine est sacrée et doit être respectée et protégée à tout prix. La survie de notre peuple, de notre identité est menacée. Ne restons pas indifférents. Sortons de nos peurs et acceptons le sacrifice de notre confort matériel pour rechercher le bien commun. Les générations futures nous seront reconnaissantes.

Fait aux USA

Pour la Diaspora Nawda aux USA, CANADA, EUROPE
LA COMMISSION DE COORDINATION

 

 

Togo - Lettre ouverte de la diaspora NAWDA à leur frères et soeurs

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro juge "nul et de nul effet" le mandat d'arrêt lancé contre Dr Kodjo

N'ayant pas répondu à la convocation à lui adressée par le doyen des juges d'instruction vendredi dernier, le "président démocratiquement élu de la République togolaise", Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo est sous le coup, depuis quelques jours, d'un mandat d'arrêt lancé à son encontre par la justice togolaise. La Coordination internationale de la dynamique Mgr Kpodzro (CIDMK) dénonce un acharnement judiciaire contre l'ancien Premier ministre et indique que ce mandat d'arrêt est "nul et de nul effet".

COMMUNIQUÉ DU 16 JUILLET 2020 DE LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO (CIDMK)

TOGO : AUX INSTITUTIONS DÉFAILLANTES S’IMPOSENT LA VAILLANCE DU PEUPLE !

Élu par l'écrasante majorité des Togolais à la tête du Togo, S.E. Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo n'a de cesse, de par la constance de sa posture, de démontrer à la jeunesse togolaise et la Nation toute entière sa détermination, pour montrer la voie à l’appropriation sans faille du sens du Patriotisme et de la Dignité Humaine afin de construire une Nation forte, unie, réconciliée et solidaire.

Alors que la Cour de justice de la CEDEAO interpelle la justice togolaise, qui évite soigneusement de s’autosaisir des assassinats et autres crimes économiques qui font l’actualité ces derniers mois, le doyen des juges d’instruction a cru bon de convoquer le Président démocratiquement élu, pour la énième fois, le 12 juillet 2020 dans un dossier purement politique, habillé de manière sibylline en dossier criminel.

Le Président démocratiquement élu ayant légitimement refusé de déférer à la convocation du doyen des juges d'instruction, un mandat d'arrêt international vient d'être lancé contre lui, en violation des lois de la République.

La CIDMK condamne l’acharnement judiciaire dont font l’objet le Président démocratiquement élu et les membres de la Dynamique Monseigneur Kpodzro. Par ailleurs, elle estime qu'en sa qualité de Président démocratiquement élu, et détenteur du pouvoir légitime grâce à l’onction populaire à lui conférée par le biais des suffrages massivement portés sur sa personne, S. E. Dr Gabriel Agbéyomé Messan KODJO, ne doit plus se présenter devant une justice sous ordre ; ce qui rend subséquemment le mandat d’arrêt décerné contre lui, nul et de nul effet.

De ce fait, les institutions de la République ont perdu toute leur crédibilité et leur légitimité, et il appartient désormais à chaque Togolaise et à chaque Togolais de tirer les conséquences de l’insécurité permanente à laquelle ils sont confrontés en se mobilisant pour mettre hors d’état de nuire le pouvoir sortant et ses appendices qui ont perdu la face tant sur le plan national que sur l’échiquier international.

Constamment récusé par la juridiction communautaire et décrié d'être un repaire de criminels de tous horizons, le Togo n’a plus le droit de rester cette atypie et curiosité en Afrique de l’Ouest !

C'est à ce titre, que la CIDMK, en appelle à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout entier, à rallier la Grande Marche Citoyenne et Patriotique de Libération nationale en branle, jusqu’au départ effectif et sans conditions du régime autoritaire du glaive et du sang.

La CIDMK lance un vibrant appel aux Togolaises et Togolais de tout bord, de toute condition et de tous horizons, dans un engagement citoyen et patriotique, à se mobiliser sur toute l’étendue du territoire national et au-delà, autour du seul concept fédérateur de la libération nationale pour bouter sans délai, le pouvoir sortant avec ses prédateurs, hors des sphères de décisions.

Il y va de l'avenir de la Nation!

Plus les jours passent sans initiative de notre part, encore plus forte sera l’ampleur des dégâts à réparer.

De concert avec le Président démocratiquement élu, son Gouvernement et les Patriotes de tous horizons, la CIDMK travaille sans relâche pour qu’ensemble, dans un élan commun, nous recouvrions notre fierté et dignité bafouées par ceux qui sont assis sur le destin de la Terre de nos Aïeux.

Guidés par la foi, et grâce aux actions tous azimuts enclenchées sur les plans diplomatique et de la mobilisation, la CIDMK vous invite toutes et tous, à accompagner la victoire du Souverain Peuple togolais par votre engagement résolu sans précédent, pour que la Terre de nos Aïeux retrouve ses lettres de noblesse à la mesure de sa tâche-mission « OR DE L’HUMANITÉ ».

TOGO DEBOUT, LUTTONS SANS DÉFAILLANCE !

Dr Edem Atsou KWASI

Coordinateur général

 

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro juge "nul et de nul effet" le mandat d'arrêt lancé contre Dr Kodjo

 

Togo - Un mandat d’arrêt contre d’Agbéyomé Kodjo

Le doyen des juges d’instruction dans le dossier Agbéyomé Kodjo a délivré le vendredi 10 juillet 2020 un mandat d’arrêt contre ce dernier pour n’avoir pas respecté les conditions de son contrôle judiciaire.

Le candidat de la Dynamique Mgr Kpodzro à l’élection présidentielle du 22 février 2020 qui continue de revendiquer sa victoire devrait comparaître devant le magistrat. Il est notamment accusé de trouble à l’ordre public au lendemain du scrutin qui donna une victoire à Faure Gnassingbé, le président sortant, pour un quatrième mandat selon les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle.

Placé sous contrôle judiciaire, l’ancien Premier ministre devrait comparaître vendredi dernier devant le juge d’instruction. Il n’y est pas allé, justifiant que des « investigations sérieuses et croisées dont il ressortait que des desseins hautement malveillants seraient planifiés contre ma personne dans le cadre de cette convocation dont l’ultime but est de m’éliminer par tous les moyens ».

Le magistrat constate son absence, la mentionne dans un procès-verbal. Et dans la foulée, nous apprend-on, délivre un mandat d’arrêt contre l’ancien Président de l’Assemblée nationale.

Agbéyomé Kodjo, président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), soutenu par la Dynamique Kpodzro, est arrivé second, très loin, du chef de l’Etat sortant crédité de presque 70% à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, selon la Cour constitutionnelle.

Le 24 avril 2020, l’opposant est accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, d’usage des insignes de l’Etat, de nominations illégales, de troubles aggravés à l’ordre public, de dénonciations calomnieuses.

Entre-temps, l’ancien cadre du parti au pouvoir est placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit de quitter le territoire sans autorisation préalable des autorités compétentes. Depuis quelques jours, il est introuvable sur le territoire national. Il serait au maquis pour certains. Il aurait fui le Togo, selon d’autres.

A.H.

 

 

Togo - Un mandat d’arrêt contre d’Agbéyomé Kodjo

 

Entre dérobade et mépris des réels besoins des Togolais : Le feuilleton Agbéyomé ou le nouveau prétexte d’un pouvoir valétudinaire

Le président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), Agbéyomé Kodjo, Fulbert Sassou Attisso et Marc Mondji ont été récemment convoqués afin de à comparaître par devant le doyen des juges d’instruction Awi Adjoli, le vendredi 10 juillet 2020. Hormis Fulbert Sassou Attisso, les deux autres n’ont pas donné suite à ladite invite. C’aura été la énième d’une série de convocations qui ont l’air de n’en point finir.

Il faut croire que le nouveau mandat de Faure Gnassingbé consistera en la convocation intempestive d’Agbéyomé Kodjo. Le moins que l’on puisse affirmer est qu’il est tout simplement désespérant que le pouvoir se plaise à jouer cette comédie, alors qu’il y a plus urgent.

Dans un Togo où les citoyens en sont à chercher comment vont-ils pouvoir joindre les deux bouts les jours à venir sur fond de crise sanitaire, l’Etat n’a pas vocation à livrer des combats contre des moulins à vent. Les réels problèmes sont bien là : l’argent du contribuable que des criminels financiers n’ont de cesse de détourner. Mais ces choses sont traités en quantité négligeable chez les Gnassingbé.

En donnant ce vaudeville insoutenable où les militaires sont mis à contribution pour mieux jouer leurs rôles de farceurs, Faure Gnassingbé et sa clique passent tout benoitement à côté des nécessités qui occupent par les temps qui courent l’esprit des Togolais. Ce n’est pas le fait qu’Agbéyomé Kodjo se soit déclaré vainqueur d’une fantomatique élection qui les intéresse. Non plus que de savoir qui des deux prétendants a vraiment gagné les élections. Ils sont depuis longtemps désabusés par cette chose qui est si rigoureusement appliquée sous d’autres cieux et qu’on appelle la démocratie.

La dictature d’un système en déliquescence aidant. Les autorités, au lieu de s’aliéner l’esprit des citoyens, doivent plutôt s’attacher à l’organisation d’une politique pour une fois sociale. S’échiner à donner dans la politicaillerie, c’est faire preuve d’une incompétence de trop.

DKM

Source : Le Correcteur

 

 

Entre dérobade et mépris des réels besoins des Togolais : Le feuilleton Agbéyomé ou le nouveau prétexte d’un pouvoir valétudinaire

 

Togo, Chronique d’un accident mystérieux : Une semaine après, toujours des zones d’ombre autour du décès du colonel Bataba

Que se passe-t-il exactement au sein de la grande muette ? Bien malin qui pourrait répondre sans ambiguïté à cette question. Ce qui est évident, c’est qu’il y a des évènements qui s’enchaînent et qui sèment le doute dans l’esprit des hommes en treillis. Même si c’est la loi de l’omerta qui règne dans la maison, l’inquiétude aussi s’installe. Il y a une semaine, le décès tragique du colonel Bataba Gandah Soklema dans un mystérieux accident a bouleversé les Togolais. Mais depuis, plus rien. Le mystère entretenu ou pas autour de ce décès soulève des questions dans l’opinion.

La série noire qui s’abat sur les Forces armées togolaises (FAT) n’est manifestement pas prête de s’arrêter. Alors qu’elles n’ont pas encore fini de pleurer un des leurs, l’ancien commandant du premier Bataillon d’intervention rapide (1er BIR), le Lieutenant-Colonel Madjoulba Bitala, les FAT doivent encore supporter la perte d’un autre colonel, également originaire de Siou, le Col Bataba. Les premières et seules informations disponibles jusqu’à présent, c’est qu’il serait décédé dans un accident de circulation vers la localité de Naboulgou au nord du pays. Il serait en mission avant que le sort tragique ne le frappe mortellement.

« Il est le seul à perdre la vie ». Un élément que beaucoup interprètent à tort ou à raison comme une mort suspecte. Une semaine après, les doutes ne sont pas levés. « A la mort du colonel Bataba, on nous fait entendre que c’était un accident. Mais on n’a aucun autre détail. On n’a même pas de simples images amateurs du véhicule endommagé alors que nous sommes à l’heure des réseaux sociaux et que tout va vite et se sait à la minute près. On se rappelle qu’il n y a pas longtemps, il y a eu un convoi de militaire qui avait eu un accident. Les riverains avaient pris des images et on a au moins su ce qui s’était passé. Dans le cas du colonel Bataba, c’est tout un mystère qui entoure son accident. On a juste l’impression que c’est un accident qui s’est produit à huis clos. On nous fait comprendre également que dans le convoi, il était le seul à mourir et depuis, on n’a même plus les nouvelles des autres. S’ils sont blessés ou pas, personne ne sait. L’affaire-là n’est pas claire et sans vous mentir, les populations de Siou se posent des questions », confie un jeune originaire de Siou.

Rappelons que le Colonel Bataba est présenté comme un neveu du feu Colonel Kléber Dadjo, ancien président du Togo du 14 janvier au 14 avril 1967. Ce dernier a joué un grand rôle dans la junte militaire qui prit le pouvoir le 13 janvier 1967 à Lomé avant de connaître un mauvais sort par la suite. Sa mort intervient dans un moment plein d’incertitudes quand on se rappelle que le 4 mai 2020, le corps sans vie du Colonel Toussaint Bitala Madjoulba, 52 ans, a été retrouvé dans son bureau au camp baignant dans une mare de sang. Malheureusement depuis lors, l’enquête ouverte suite au et supervisée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Damehame Yark, en personne, tarde à aboutir.

Pierre C

Source : Liberté Togo

 

 

Togo, Chronique d’un accident mystérieux : Une semaine après, toujours des zones d’ombre autour du décès du colonel Bataba

 

Togo / Agbéyomé Kodjo : « L’opposition, Fabre, ma détention, la diaspora, DMK, la suite du combat et moi »

Le 22 février dernier, il a été élu président du Togo. Une victoire reconnue par une partie de l’opposition ainsi qu’ambassades et chancelleries qui le désignent de fait comme « un président en salle d’attente ». Mais il peine à accéder au pouvoir. Faure Gnassingbé, président sortant s’est fait proclamer vainqueur. Avec 70% des voix. « Une inversion des résultats » dénonce Régis Marzin, l’un des meilleurs spécialistes des élections en Afrique. Un score pléthorique dans un pays miné par les scandales financiers et où, ayant hérité du pouvoir de son père, le président togolais jouit de peu d’estime au sein de la population. Dans la discrétion, Agbéyomé Kodjo continue lui de remuer ciel et terre. D’ailleurs, pour la première fois au Togo, un véritable bras de fer a lieu après une présidentielle plongeant le président sortant dans une insomnie. Si les Américains se sont fait discrets sur le sujet, dans les coulisses, ils maintiennent la pression. Faure Gnassingbé n’a pas été aperçu en public depuis plusieurs mois, alimentant ainsi les rumeurs les plus alarmants. Dans l’ombre, les pressions continuent. 4 mois après le scrutin, pour la première fois, Kodjo parle de tout. L’opposition, la présidentielle, sa détention, la Dynamique qui l’a porté à la victoire et surtout, la suite du combat promettant arriver, par tous les moyens légaux, à la jouissance du pouvoir. Interview fleuve où l’ancien Premier ministre togolais raconte tout. Entretien!

Vous êtes le président élu du Togo, 4 mois après, vous n’êtes pas au pouvoir. Vous lassez-vous finalement ?

Monsieur, vous m’offrez l’opportunité de revenir sur une situation que je déplore à l’instar d’un nombre considérable de mes compatriotes. Les remontées documentées issues des bureaux de vote ainsi que les indicateurs chiffrés qui les sous-tendent attestent de ce que nous sommes sortis largement vainqueurs du scrutin présidentiel du 22 février 2020, et ce, dès le premier tour. De nombreuses embûches furent érigées sur le chemin conduisant d’une part, à la proclamation de la vérité des suffrages exprimés dans les urnes en notre faveur par la majorité des électrices et des électeurs ; et d’autre part, à l’avènement d’une transition politique effective et pacifique au Togo.

Néanmoins, en dépit des entraves qui nous furent anormalement opposées nous restons debout, et réclamons vérité des urnes. Notre gain électoral fut et demeure tant et si bien éclatant et à tous égards. Aucun esprit sérieux au rang de la classe politique nationale ne fait grief à nos intérêts légitimes à revendiquer notre indéniable victoire électorale qui ne souffre de strictement nulle équivoque. La vérité des urnes dans sa simplicité toute nue mérite d’être dite, reconnaissent des membres de la formation politique à laquelle appartient Monsieur Faure Gnassingbé.

Pour autant, ils subissent des injonctions comminatoires qui les contraignent à ne pas être en capacité de s’exprimer librement et publiquement. Vous comprendrez qu’en l’état, il m’est difficile de me lasser de quoique ce soit car les attentes de la population en termes d’aboutissement à un processus électoral porté par le vif désir d’alternance de la gouvernance politique au plus Haut niveau de la Charge de la République, sont fortes. Aussi, nous restons convaincus de ce que nous triompherons de toutes les turpitudes qui visent à maintenir le statu quo.

Malgré vos sollicitations, l’opposition n’a pas fait bloc derrière vous, comment expliquez-vous cette désolidarisation ?

Le peuple reste soudé derrière la Dynamique et revendique sa victoire. Les populations issues de toutes les régions du Togo ainsi que de la diaspora n’ont de cesse de m’exhorter à œuvrer pour donner un visage à cette victoire le plus rapidement possible. Mes Collègues d’une frange de l’opposition sont les seuls à connaître les raisons qui motivent leur inertie. En tout état de cause, ils ne demeurent pas moins convaincus quant à la victoire de la Dynamique. C’est pourquoi, je suis enclin à penser que la classe politique togolaise issue de toute l’opposition, devra se soustraire à la ritualisation qu’elle pratique tous les cinq (5) ans, de la chronique de sa défaite annoncée.

Car, point n’est besoin d’être grand Clerc pour dresser le constat de la regrettable cristallisation négative et intrinsèquement inféconde des petites chapelles politiques relativement à un candidat unique de toute l’opposition pour le scrutin présidentiel.

J’en suis même venu à me poser la question de savoir si l’opposition togolaise est apte à sortir de la trappe àinertie dans laquelle elle s’est enfermée depuis 1991 !

Le socle commun d’objectifs à atteindre et qui devra lier l’ensemble des formations politiques issues de l’opposition togolaise n’est-il pas l’alternance politique, sans finasserie, ni jérémiades ni ego démesuré ?

Au-delà de la classe politique issue de l’opposition togolaise, c’est toute la classe politique nationale qui n’ignore pas que Faure Gnassingbé n’a pas gagné le scrutin présidentiel du 22 février 2020. D’aucuns affirment que personne n’a gagné cette compétition électorale majeure.

Factuellement un constat s’impose : UNIR reconnait mezza voce la victoire de la Dynamique tandis que d’autres formations politiques le confessent.

Parlons de votre brève interpellation en avril. Que s’est-il passé à la gendarmerie ? En contrepartie de quoi avez-vous été libéré ?

Pareille agitation tumultueuse procéda d’une rodomontade tendant à montrer les muscles. Il s’est agi en l’espèce, de méthodes peu valorisantes. Je pense que tout le vacarme orchestré ainsi que les brutalités commises, relèvent de la caporalisation de nos institutions. Il nous faut au Togo, des institutions indépendantes et crédibles pour la protection des droits humains. Il devient impérieux d’éviter que prospère la raison du plus fort au Togo. Que me reproche-t-on ? Pendant la campagne électorale, je suis allé à la rencontre des différentes catégories sociales du Togo. Ne pouvant pas me rendre physiquement dans les différentes garnisons de notre pays, je me suis adressé par médias aux forces de défense et de sécurité. C’est en la circonstance que j’ai décliné ce que je compte entreprendre pour la revalorisation de leur institution si je suis élu. Aussi, ai-je annoncé les mesures d’accompagnement que je mettrai en œuvre aux fins de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des hommes et des femmes en uniforme qui constituent de l’épine dorsale du pays ? Y a-t-il une loi au Togo qui interdit à un candidat à l’élection présidentielle de présenter le contenu de son programme à ceux qui forment l’épine dorsale du pays ? Par ailleurs l’archevêque émérite de Lomé avant l’ouverture de la campagne électorale organisa une messe d’investiture en un lieu de culte (une Église) de la Capitale.Au cours de ce service religieux, il implora les bénédictions du Ciel sur ma candidature,me remit le drapeau togolais et implora la grâce du Seigneur pour qu’il nous ouvre la voie de la victoire à l’instar d’une pratique usuelle qui a cours s’agissant des sportifsqui prennent part à une compétition de haut niveau. En l’espèce, il s’est agi d’une pratique citoyenne qui n’est attentatoire à strictement rien,mais ce ne fut pas du goût d’un candidat en lice. Y a-t-il au Togo une loi qui interdit cette pratique ? En outre, il m’est fait grief d’avoir repris une dénonciation calomnieuse du Prélat relativement aux incendies des marchés de Lomé et de Kara. Or, ce propos fut cité, sous toutes réserves de droit.

L’énumération succincte qui précède nous a valu dès l’ouverture de la campagne électorale la foudre du pouvoir allant jusqu’au blocage des fonds de campagne attribué par l’Etat à chaque candidat. S’agissant de la levée de mon immunité parlementaire à l’Assemblée nationale, le principe du contradictoire ne fut pas respecté par la commission ayant statué ; entachant dès lors, la procédure de levée de l’immunité parlementaire de vice de forme et de vice de fond, en raison de ce qu’il fut anormalement fait communication par le Parquet, à Madame la Présidente de l’Assemblée Nationale, d’un élément dûment manœuvré, sans respect pour le principe du contradictoire qui exige que les parties échangent leurs pièces et échangent la preuve des faits imputés.

Sachant que le respect du contradictoire constitue un principe fondamental de la procédure civile, de la procédure pénale et de la procédure administrative en ce que le principe du contradictoire garantit à chaque partie le droit de prendre connaissance des arguments de fait, de droit et de preuve sur le fondement desquels elle sera jugée.

Le non-respect du principe du contradictoire est d’ailleurs sévèrement sanctionné. En effet, le juge écarte des débats judiciaires, les éléments non communiqués à la partie défenderesse, ou communiqués tardivement ou communiqués partiellement à la partie contre laquelle sont imputés des faits et/ou agissements répréhensibles.

C’est sur ces entrefaites que nous avons après notre interpellation bananière, été placés sous le régime de la garde à vue,dont la durée ne fut en conformité avec le délai légal de deux (2) jours,la matière dont s’agit.Il nous fut en violation des prescriptions prévues au code de procédure pénale, imposé une prolongation de 48h de la durée de la garde à vue, qui s’étala illégalement durant quatre (4) jours, délai rallongé.Nous avons par suite été déférés au Parquet où nous avons été inculpés et remis en liberté le 25 avril 2020, sous conditions de contrôle judiciaire. Notamment la condition de ne plus revendiquer notre victoire électorale, car il fallait à marche forcée, baliser la voieà Faure Gnassingbé qui s’apprêtait à prêter serment le 3 mai 2020.

Vous avez promis ramener la victoire à midi, une manière de parler bien sûr. Vous savez bien que Faure Gnassingbé incarne la fraude, il a utilisé contre vous les mêmes méthodes qu’auparavant. Pourquoi vous n’avez pas pu ramener la victoire aux Togolais?

Puisque vous me reconnaissez le statut et la qualité de président démocratiquement élu, eh bien, vous avez la réponse à votre question monsieur ! Le mot d’ordre lancé aux électrices et aux électeurs pendant la campagne électorale fut largement suivi d’effets : à midi la victoire est fut établie, l’après-midi les électrices et les électeurs ont renforcé les suffrages exprimés en notre faveur et pour reprendre le propos du responsable d’une formation politique de l’opposition, je le cite mot pour mot (sic) « Gabriel n’a pas seulement gagné,il nous a tous écrasés et s’est couché sur nous. »

Qu’ainsi, gagner à près de 3 électeurs sur 4, c’est un plébiscite qui a bousculé l’agenda officiel de la CENI qui avait prévu de publier les résultats le 24 février 2020 à 20 heures. Réalisant la déferlante d’une victoire réelle et sérieuse, la CENI s’est précipitée dans un hâtif exercice de tripatouillage confus et d’inversion des résultats en violant manifestement les termes de la loi électorale qui requiert la possession matérielle de tous les procès-verbaux issus de tous les bureaux de vote, et collectés sur toute l’étendue du territoire national avant toute proclamation de résultats provisoires par la CENI.

Personne n’avait envisagé que mon domicile ferait l’objet de siège permanent par les forces de l’ordre et de sécurité ainsi que de voies de fait exercées avec brutalité sur des personnes se trouvant au sein de mon domicile.

Quoiqu’on dise, votre élection a fait bouger les lignes, rien n’a été comme en 2005, 2010 ou 2015. Que feriez-vous pour la suite ? Un gouvernement complet est-il envisageable ?

Récupérer par tous moyens légaux la victoire de la Dynamique pour exercer la plus Haute Charge de la gouvernance politique de la République du Togo, au bénéfice de la population togolaise prise dans ses différentes composantes. La suite va de soi, une fois que nous serons rétablis dans nos droits.

Il y a eu des pressions sur le Togo sans que cela ne change rien. Pensez-vous pouvoir encore jouir de votre victoire, un jour ?

La communauté internationale fait son travail, le peuple est également engagé.Nous sommes confiants quant au dénouement heureux de cette pantalonnade électorale.

Deux raisons ont justifié le vote massif des Togolais pour vous. Votre carnet d’adresse et des contacts dans l’armée. Alors qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Le peuple s’est mobilisé derrière ma candidature pour deux autres raisons majeures. D’une part, l’appel du Prélat ; et d’autre part, sa présence à mes côtés pendant toute la campagne électorale en dépit de son grand âge.

Aussi, je rappelle que le caractère structuré de notre projet de société porté par une offre politique solide, sérieuse, précise, exigeante, étayée, financée et guidée par le souci de la vérité, de l’efficacité, de la compétence, de l’intérêt général, de la volonté d’atteindre toutes les préconisations et tous les objectifs de notre programme.

Quel lien faites-vous avec la mort du Colonel Madjoulba et votre élection ?

Permettez-moi de m’abstenir de tout commentaire sur une affaire extrêmement sensible. Une enquête est en cours d’instruction. Je renouvelle mes condoléances à la famille et aux proches du défunt.

Vous avez nommé un Premier ministre, un ministre des affaires étrangères. Le regrettez-vous ? Et A quoi servent-ils aujourd’hui ?

Ils ont permis de nourrir la résistance aux cotés de la coordination internationale de la DMK et plaidé auprès des puissances étrangères et de l’opinion internationale la pertinence de nos revendications et de notre attachement à la démocratie et à la vérité des urnes.

Vous avez gagné les élections contre Faure Gnassingbé sans accéder encore au pouvoir. En 1998, vous faites partir de ceux qui ont aidé son père à se maintenir au pouvoir alors que Gilchrist Olympio semblait avoir remporté la présidentielle. Certains disent que vos actes vous rattrapent…

Le monde en toute matière n’est pas statique, le monde a beaucoup changé depuis plus de deux décennies. Ce qui hier était possible et/ou envisageable ne peut plus l’être, ni être toléré en 2020. En vérité, l’élection présidentielle du 22 février 2020 s’est transformée en un référendum contre un quatrième mandat de Faure Gnassingbé dont la famille confisque la plus Haute Charge de gouvernance politique de la République du Togo depuis plus demi-siècle et régente à marche forcée le destin de la Nation togolaise. À force de vouloir ruser, le peuple l’a sèchement rappelé à l’ordre, à ses dépens.C’est aussi cela le jeu de la démocratie et le droit des peuples à librement choisir des dirigeants dignes de conduire les destinées d’un État.

A l’heure actuelle, qui sont encore derrière vous ? Quels pays ? Quels chefs d’Etat ? Qui exactement ?

Ils sont nombreux. Souffrez d’apprendre que je ne puisse les exposer pour l’heure.

La diaspora vous a soutenu de toute sa force. Comment pouvez-vous exploiter cette potentialité et cette force ?

Je lui rends hommage pour le travail réalisé ainsi que pour sa mobilisation qu’elle poursuit d’ailleurs avec intelligence, créativité et détermination. Je réaffirme qu’elle a sa place pleine et entière dans le dispositif envisagé pour l’émergence d’un Togo nouveau où l’éthique et la compétence seront au cœur de la nouvelle République.

Un présumé chargé de la compilation des résultats pour vous a multiplié des sorties fracassantes. De quoi s’agit-il exactement ?

Lorsque des individus sans foi ni loi incendièrent les marchés de Lomé et de Kara, une descente musclée des forces de sécurité intervint à mon domicile. Je fus abusivement et illicitement enlevé. Sur les médias nationaux, des individus du même acabit que le personnage dont vous évoquez le nom, prirent d’assaut tous les plateaux de radios et de télévisions pour convaincre l’opinion nationale de ce que j’étais le cerveau de cette tragédie incendiaire. Il s’ensuivit quarante (40) jours de détention pour établir mon innocence. Mettre en scène un personnage sulfureux que mes collaborateurs n’ont pas eu la vigilance de détecter tôt, me paraît dépourvu de tout intérêt. Pour la Dynamique c’est un non-événement.

Quelle relation entretenez-vous avec Jean Pierre Fabre aujourd’hui ?

Je ne l’ai pas revu depuis le 08 Janvier 2020 date de notre dernière rencontre chez lui à son domicile. Je sais qu’il sait que j’ai remporté l’élection présidentielle. Je le salue pour le courage qu’il a eu en rendant public un communiqué de presse à 21 heures, le soir du scrutin présidentiel, aux termes duquel il indiqua en toute clarté que nous (la Dynamique) sommes en tête de peloton de tous les candidats en lice. Du reste, à ce jour, il ne s’est pas prononcé sur les résultats définitifs.

Dans les prochaines semaines, prochains mois, à quoi les Togolais doivent-ils s’attendre ?

Je leur souhaite le bonheur de vivre l’alternance politique à la plus Haute Charge politique de la République du Togo, objectif pour lequel ils se sont sacrifiés. Je leur souhaite de vivre dans la nouvelle société togolaise de justice et partage qu’ils désirent ardemment.

Propos recueillis par MAX-SAVI Carmel

Source : Afrika Stratégies France

 

 

Togo / Agbéyomé Kodjo : « L’opposition, Fabre, ma détention, la diaspora, DMK, la suite du combat et moi »

 

Togo : En charge des problèmes des FAT, le Conseil Supérieur de la Fonction Militaire désormais rangé dans les placards ?

Institué par la loi portant statut général des personnels militaires des Forces armées togolaises (FAT) et créé par décret en janvier 2008, le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM), dont les avis sont importants dans les prises de décision, est déchargé, rangé dans les placards. Il ne s’est arrêté qu’à sa quatrième session tenue en décembre 2012. C’est à croire que tous les problèmes inhérents aux FAT sont déjà résolus.

Le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) existe en France depuis des années. Il est l’instance interarmées nationale de concertation des militaires. Il permet d’exprimer au ministre de la défense leurs avis sur les questions à caractère général relatives à leur condition et à leur statut. « L’avis du CSFM est consultatif et englobe tout le champ de la condition et du statut des militaires. Sont exclues les questions relatives à l’organisation, à la préparation ou à l’emploi des forces. Sa consultation sur les projets de textes à portée statutaire, indiciaire ou indemnitaire du statut général des militaires est obligatoire. Depuis près de 50 ans, les membres du Conseil œuvrent directement à l’amélioration de la condition militaire. Force de proposition, le Conseil a ainsi permis d’améliorer les conditions de vie des militaires dans des domaines aussi variés que le logement, la protection sociale, les rémunérations, les droits à permission, la reconversion, les limites d’âge … », renseigne le site Internet du ministère français de la défense.

En effet, la loi N°2007-010 du 1er mars 2007 portant statut général des personnels militaires des Forces armées togolaises est un décalquage du texte français. C’est la pratique dans les pays africains francophones. Dans la même dynamique, l’article 4 de la loi togolaise institue le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM). Il est « le cadre dans lequel sont examinés les problèmes de la fonction militaire. Il est consulté sur les projets de texte d’application de la présente loi ayant une portée générale », dispose l’alinéa 2 de l’article 4. Créé par décret en janvier 2008, le CSFM qui regroupe des représentants des différents corps de l’armée (terre, air, marine, gendarmerie), a été officiellement installé par Faure Gnassingbé himself, chef suprême des armées et ministre de la Défense, au cours d’une cérémonie tenue le 23 décembre 2008 à l’Etat-major général des FAT. L’installation s’est doublée de la première session de cet organe.

« La réussite de votre mission exige de vous un engagement sacerdotal, un esprit de justice, de rigueur, de responsabilité et de fraternité que je vous invite solennellement à cultiver […] La présence au sein du Conseil des représentants de toutes les armées et de tous les services… est l’expression manifeste de la prise en compte des spécificités de chaque corps et des diversités qui doivent pouvoir s’exprimer dans le cadre d’unité et de cohésion sans faille qui caractérise les Forces armées togolaises », a déclaré le chef de l’Etat tout heureux.

Même enthousiasme chez le chef d’Etat-major général d’alors, le Général Zakari Nandja : « Le militaire n’a pas le droit d’être syndiqué… Mais le fait de ne pas être syndiqué ne veut pas dire qu’il n’a pas de besoins, de doléances et n’éprouve pas d’insatisfaction. Ils doivent les exprimer à travers les représentants officiers, sous-officiers et hommes de rang dans cet organe et c’est de là que seront débattus les différents problèmes concernant l’amélioration de la vie du militaire ».

La 2ème session a été tenue en juin 2009 et consacrée à l’adoption du règlement intérieur, à l’échelonnement de la grille indiciaire des FAT, à l’analyse des allocations familiales. Les travaux ont été présidés par le nouveau chef d’Etat-major général, le Général Essofa Ayéva.

L’Etat-major général des FAT a abrité, du 19 au 21 décembre 2011, la 3ème session

sur le thème : « L’amélioration des conditions de vie du militaire ». Pour le Général Atcha Mohamed Titikpina, chef d’Etat-major général des FAT, qui lançait les travaux, le CSFM est pour les FAT « l’équivalent du cadre de dialogue social avec le gouvernement ». « N’oublions pas que les FAT font partie intégrante de la Nation Togolaise et qu’à ce titre, nous devons tenir compte de tous les paramètres. Le Togo vient de sortir d’une longue crise politique et économique. Le gouvernement s’organise, à présent, à répondre aux nombreuses sollicitations de tous les Togolais. Il nous faudrait de la modestie et de la patience », a-t-il ajouté en guise d’avertissement.

Du 13 au 14 décembre 2012 a été organisée la 4ème session présidée par le Général Titikpina et qui devait déterminer les problèmes auxquels sont confrontés les différents corps et proposer des solutions. Et le ton du discours était le même que celui du premier : « Vous ne devez pas ignorer que la crise sociopolitique que le Togo a connue depuis les années 1990, continue de peser lourd sur les efforts du chef de l’Etat qui se bat pour subvenir aux multiples revendications des différentes couches de notre société. Je vous invite donc à ne pas vous verser dans la complaisance, mais plutôt à vous élever à votre rang de membres du CSFM afin que vos réflexions contribuent à renforcer l’efficacité de notre armée dans un contexte de réconciliation nationale pour un développement harmonieux de notre pays ».

Mais depuis 2012, personne ne parle plus de ce Conseil. Est-ce à dire que les problèmes des FAT ont été tous résolus et que c’est désormais l’embellie ? Ce qui n’est pas sûr. Comme dans toute entreprise humaine, il existera toujours des problèmes. Et au niveau des FAT, la question du choix et du traitement des militaires togolais aux missions de maintien des Nations Unies n’est pas toujours réglée. Pour avoir la chance de participer à une mission, il faut être un proche d’un officier supérieur et donner des ristournes sur les émoluments. Ainsi, certains ont la possibilité de partir deux ou trois fois en mission de maintien de la paix alors que d’autres n’y ont jamais goûté. En plus, ce n’est pas la totalité des frais payés par les Nations Unies qui sont remis aux militaires togolais. Il y a beaucoup de « coupures » avant que le reste ne soit donné aux intéressés qui doivent également payer des pourboires à certains de leurs supérieurs.

L’autre phénomène qui s’apparente à l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est la transformation des militaires en ouvriers agricoles. Pas dans des champs appartenant à leur corps, mais dans ceux de leur supérieur hiérarchique. Une situation anormale qui prospère malheureusement dans plusieurs camps.

Comme on le dit, les bonnes choses ne durent jamais au Togo. Initiative louable, le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) a presque disparu. Pourtant, les problèmes sont là. Pour en savoir plus sur les raisons du silence du CSFM, nous avons joint le Colonel Inoussa Djibril. Il nous a simplement ainsi répondu : « Problème d’ajustement de calendrier simplement » à la question « Pourquoi le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) ne tient plus ses sessions dont la dernière remonte à 2012 »?

Source : Liberté

 

 

Togo : En charge des problèmes des FAT, le Conseil Supérieur de la Fonction Militaire désormais rangé dans les placards ?

 

Etude sur les dangers du gaz lacrymogène : Hypotension, mort cellulaire, mutations et altérations génétiques

L’utilisation du gaz lacrymogène est au cœur du débat politique en France. Un rapport de l’association de toxicologie-chimie de Paris pointe les dangers du gaz lacrymogène sur la santé de l’homme, de l’animal et sur l’environnement. Ce rapport bien que reposant sur des données collectées pour la plupart en France et dans d’autres pays occidentaux devra intéresser les Togolais. Et pour cause, le pays a une longue tradition de manifestations publiques pacifiques souvent réprimées dans le sang et avec l’usage, toujours excessif, du gaz lacrymogène.

En août 2017, des manifestations populaires ont embrasé le Togo. Pour éviter sa chute, le régime des Gnassingbé a déployé un arsenal impressionnant digne d’un pays en situation de guerre. Dans de nombreuses villes, surtout à Lomé, et dans la région centrale, une pluie de gaz lacrymogène s’est abattue sur les populations. Malheureusement, cela n’est pas sans conséquences sur la santé de ceux qui y ont été exposés. Efficaces pour disperser la foule, les gaz lacrymogènes utilisés par les forces de l’ordre pourraient être très nocifs pour la santé.

En introduction de ce rapport, les auteurs rappellent que le Gaz lacrymogène CS a été longtemps présenté comme inoffensif pour la santé. « Son Emploi a été justifié comme étant moins létal et entraînant moins de traumatisme que d’autres techniques de maintien de l’ordre. Cependant, dès sa première utilisation civile, des cas inexpliqués de morts ont entraîné de fortes inquiétudes parmi la population. Les effets néfastes tant aigus, qu’à plus ou moins long terme sur la santé sont évidents et par exemple bien connus officiellement pour les militaires et les forces de Police », indiquent les auteurs du rapport.

Ce que cette étude révèle, c’est que le gaz lacrymogène a des effets sur la santé du fait de sa composition. On y retrouve, en effet, des produits comme le cyanure, une molécule toxique qui a des effets importants sur le système respiratoire. L’étude souligne également que les molécules « CS » présentes dans le gaz lacrymogène se métabolisent une fois absorbées par le corps humain en deux molécules de cyanure. Cette absorption se fait notamment par voie respiratoire, mais aussi en grande quantité par voie cutanée.

Le rapport donne des précisions sur certains dangers encourus par ceux qui s’exposent au gaz lacrymogène, notamment les manifestants. Par rapport aux effets irritants des gaz lacrymogènes et leur impact sur la santé, l’étude a révélé que l’exposition au gaz provoque une panoplie des réflexes défensifs comme le larmoiement, les éternuements, la toux et l’irritation de la peau où l’on a des réactions telles que la dermatite, l’éruption cutanée, l’eczéma et l’œdème. Au niveau du système respiratoire, le gaz lacrymogène provoque le souffle coupé. Maux de tête, étourdissement, tachycardie, hypotension, douleur thoracique, irritation buccale, vomissements sont autres effets recensés. « Des Cas plus graves que ceux étudiés en milieu contrôlé ont été rapportés au niveau des yeux, surtout lorsque le spray ou la grenade lacrymogène étaient tirés à courte distance. Dans le pire des cas, il y avait perforation de la cornée. Les voies respiratoires sont aussi très souvent atteintes, avec une oppression thoracique, un bronchospasme, une anomalie spirométrique et dans les cas les plus graves, des infiltrations visibles en radiographie. Le gaz CS peut entraîner un syndrome réactif de dysfonctionnement des voies respiratoires ou des atteintes hépatiques. Deux cas d’infarctus du myocarde lié au Gaz CS ont été décrits dans la littérature scientifique », écrit le rapport.

Des conséquences biochimiques sur l’organisme, il ressort que le gaz CS a la capacité de se fixer sur des molécules biologiques. Ce qui entraîne le stress oxydatif, le dysfonctionnement de la mitochondrie, l’oxydation des acides nucléiques aboutissant à des mutations, le transport réduit du dioxygène par l’hémoglobine. Les conséquences biochimiques sont également la détoxification réduite et la production de métabolites électrophiles dangereux par la voie des acides mercapturiques. La synthèse protéique est altérée, la glycolyse perturbée, la bioénergétique altérée, la structure protéique modifiée, la toxicité cellulaire non spécifique, la mort cellulaire, les mutations et les altérations génétiques sont observées. « Le tableau caractéristique d’une intoxication aigüe au cyanure associe classiquement une hyperpnée, des palpitations, des céphalées, des vertiges, un étourdissement, le tout pouvant se présenter comme une attaque de panique et confondre le diagnostic à ce stade. Les vomissements, la bradycardie, l’hypotension, le coma, les convulsions et l’apnée sont des signes plus tardifs », relève l’étude.

Face à ces dangers, le rapport s’inquiète de l’augmentation du recours à ces armes chimiques dites « moins létales » dans des proportions de plus en plus importantes et sans règles d’utilisation bien encadrées juridiquement. « Avec l’augmentation de l’utilisation du gaz CS lors de manifestations, il devient urgent que les gouvernements faisant usage du gaz CS prennent des décisions contraignantes allant dans le sens de la protection de la santé publique. Ce qui ne peut aller que dans le sens des recommandations de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) et de certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) », recommande le rapport.

Géraud Afangnowou

Source : Liberté

 

 

Etude sur les dangers du gaz lacrymogène : Hypotension, mort cellulaire, mutations et altérations génétiques

 

Togo - Hommage de Efo beto basile à Col Bitala Madjoulba

https://youtu.be/k_R-aAZ7bgY

 

 

Togo - Hommage de Efo beto basile à Col Bitala Madjoulba

 

Togo - Coupure d'Internet : La Cour de justice de la CEDEAO épingle le Togo

A plusieurs reprises, le régime togolais a coupé l'Internet pour empêcher les populations d'avoir des informations sur l'organisation des manifestations contre le pouvoir de Faure Gnassingbé. C'était en 2017. Saisie par des organisations de la société civile togolaise, des activistes et journalistes, la Cour de Justice de la CEDEAO vient de rendre sa décision condamnant le régime.

COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT
25 juin 2020 Togo.

La décision de la Cour de justice de la CEDEAO envoie un message clair que les coupures volontaires d’Internet violent la liberté d’expression.

La décision du tribunal régional qui reconnaît que les autorités ont violé le droit à la liberté d’expression en coupant Internet lors des manifestations de l’opposition en 2017 est une victoire pour toutes les personnes au Togo, y compris les activistes et défenseurs des droits humains mobilisés contre cette violation des droits humains, ont déclaré Amnesty International et plusieurs organisations locales, jeudi 25 juin.

La Cour de justice de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a jugé que la restriction de l’accès à l’Internet opérée du 5 au 10 septembre et de nouveau du 19 au 21 septembre 2017, était non fondée par la loi et constituait une violation de la liberté d’expression.

« La décision de la Cour est une victoire très importante pour les droits humains. Elle affirme non seulement que les coupures d’Internet ont été imposées en violation de la liberté d’expression, mais elle demande aussi aux autorités togolaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour la non-répétition d’une telle situation, notamment en adoptant des lois et règlements en la matière, conformes aux droit humains, » a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International.

« Le jugement rendu peut aussi être entendu comme un message adressé aux autres Etats de la région qui ont recours à des coupures d’Internet lors des élections ou des manifestations pour museler les voix dissidentes. Toutes les autorités doivent s’abstenir de telles coupures pour garantir le droit à la liberté d’expression, conformément à leurs obligations en matière de droits humains.»

En décembre 2018, sept Organisations non gouvernementales (ONG) basées au Togo et une journaliste blogueuse ont saisi la Cour de justice pour dénoncer la violation par les autorités de la liberté d’expression.

Les plaignants sont Amnesty International Togo, l’Institut des médias pour la démocratie et les droits de l’homme (IM2DH), La Lanterne, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO), la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), l’Association togolaise pour l’éducation aux droits de l’Homme et à la démocratie (ATEDHD) et la journaliste Houefa Akpedje Kouassi.

Les coupures volontaires d’Internet ont fait partie de l’arsenal répressif utilisé par les autorités togolaises pour étouffer les manifestations de masse organisées depuis la mi-août 2017 appelant à des réformes constitutionnelles, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Les autorités avaient interdit certaines manifestations. L’usage excessif de la force par les forces de sécurité avait généré des violences entrainant la mort d’au moins 11 personnes dont des enfants. Plus de 200 manifestants avaient été arrêtés.

Du 5 au 10 septembre 2017, les autorités ont limité l’accès à Internet dans le pays, coïncidant avec les manifestations prévues par plusieurs partis d’opposition et la société civile pendant trois jours entre le 6 et le 8 septembre.

L’organisation de ces manifestations avait été médiatisée sur les réseaux sociaux, tels que Facebook, WhatsApp et Twitter.

« Cette coupure a empêché la société civile de s’organiser pour les manifestations, de s’exprimer et d’informer sur la mobilisation, ainsi que de documenter et informer les personnes au Togo et au-delà, concernant les violations des droits humains et la répression par les forces de sécurité. A cela se sont ajoutées l’impossibilité pour tout individu de communiquer pendant ces jours et des conséquences économiques néfastes pour le pays, » a déclaré Bonnaventure Mawuvi N'Coué de l’Institut des médias pour la démocratie et les droits de l’homme (IM2DH)

Selon les informations obtenues par les plaignants, les coupures d’Internet ont également eu pour conséquence d’entraver la vie quotidienne et professionnelle de la population togolaise.

Pendant cette période, toute personne vivant au Togo a eu des difficultés pour, par exemple, transférer de l’argent, garantir la sécurité ou la santé des membres de sa famille et pour travailler. L’impact financier des coupures a également été évalué.

SIGNATAIRES

1-LCT (Ligue des Consommateurs du Togo
2-ACAT TOGO (Action Chrétienne pour I'Abolition de le Torture) Togo
3-ASVITTO (Association des Victimes de Tortures au Togo)
4-La Lanterne
5-ATEDHD (Association Togolaise pour I'Education aux Droits Humains et à la Démocratie)
6-IM2DH (Institut des Médias pour la Démocratie et les Droits de I'Homme),
7-Amnesty International Togo
8-Akpedje Houefa KOUASSI, une journaliste activiste des droits humains

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International pour l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest : press@amnesty.org ou sadibou.marong@amnesty.org ; +221 77 658 62 27 ; Twitter : @AmnestyWARO

 

 

Togo - Coupure d'Internet : La Cour de justice de la CEDEAO épingle le Togo

 

Togo - Les détenus de la Dynamique Kpodzro jugés et condamnés en l'absence de leurs avocats

Devant la presse mercredi à Lomé, Dr Agbéyomé Kodjo et ses compagnons de la Dynamique Mgr Kpodzro sont montés au créneau pour exiger la libération immédiate et sans condition de leurs 16 militants arbitrairement arrêtés et jetés en prison en avril dernier.

A en croire la Dynamique, 11 de ces 16 militants arrêtés le 21 avril dernier lors de la descente musclée des forces de sécurité au domicile d’Agbéyomé, croupissent actuellement à la prison civile de Tsévié. Ceci après un jugement sommaire, expéditif et en catimini en l'absence de leurs avocats. Les 5 autres détenus atteints de Covid-19, eux, sont actuellement à la prison civile de Lomé.

« 11 de ces 16 jeunes arrêtés ont été jugés en audience foraine sans la présence de leurs avocats. Ils ont été conduits, à notre insu, à la prison civile de Tsévié. Ils ont été condamnés pour 12 mois dont 4 mois fermes. Donc il leur reste encore 2 mois à passer en détention. Les 5 autres contaminés à la Covid-19 sont maintenus à la prison civile de Lomé. En tout cas, c’est ce que le Procureur de la République nous a dits. Il y a quelques jours nous avons été conviés par le même Procureur pour en savoir davantage sur l’état de santé de ces 5 détenus atteints de Covid-19.

Mais à notre grande surprise, il nous a fait congédier sous prétexte que son ministre de tutelle l’a expressément demandé à ce qu’il le rencontre dans son cabinet. Nous avons essayé d’en savoir davantage sur l’état de santé de ces détenus, mais à ce jour on ne sait pas s’ils ont été guéris ou s’ils sont maintenus pour raison de soins », a expliqué Djossou Dodji Gérard, président de la Commission des détenus de la Dynamique Kpodzro.

Le comble dans cette histoire, c’est qu’on n’autorise aucun membre de la Dynamique à rendre visite à ces détenus accusés injustement de fragrant délit de rébellion et de complicité de rébellion.

Agbéyomé Kodjo et ses amis dénoncent cette manière du régime de Faure Gnassingbé d’instrumentaliser l’appareil judiciaire pour rendre la vie dure à ces jeunes qui ne réclament que la victoire de leur candidat à la dernière présidentielle. Ils estiment qu’il faut trouver une solution politique à la question.

« Nous voulons porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que ces 16 jeunes maintenus en détention sont purement des détenus politiques et qu’il faille leur libération. A titre d’information, il y en a un des détenus qui est un perclus, il marchait sur deux béquilles. Il y en a un autre qui a été interpellé dans la rue, dont la femme est à terme de sa grossesse. Pour un procès politique, il faut une décision politique. Il faut accorder la clémence à nos camarades afin qu’ils regagnent leur domicile », a poursuivi Djossou Dodji Gérard.

Dans sa déclaration liminaire ayant sanctionné la rencontre avec la presse hier, la Dynamique en appelle l’ONU, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la CEDEAO et l’Union Africaine afin qu’ils interviennent au niveau du gouvernement togolais, pour le respect de la séparation des pouvoirs et pour le respect des droits de l’Homme. Elle demande à toutes les organisations des droits humains d'user de tous les moyens nécessaires pour faire entendre raison au Gouvernement togolais, pour la libération de tous les détenus politiques qui croupissent dans les geôles de la dictature togolaise.

Godfrey A

 

 

Togo - Les détenus de la Dynamique Kpodzro jugés et condamnés en l'absence de leurs avocats

 

Togo - Agbéyomé veut plus qu’un poste à la Primature

A en croire le président du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), Faure Gnassingbé et sa clique savent pertinemment qu’ils n’ont pas gagné le dernier scrutin présidentiel. Il souligne qu’il continue de recevoir des coups de fil de la part des gens du régime qui lui proposent un poste à la Primature. Mais sa réponse a été toujours non. Il précise qu’il n’a pas été candidat à la présidentielle de 2020 pour venir former un gouvernement d’union nationale avec le régime cinquantenaire.

« On nous a proposé le poste de Premier ministre sur un plateau d’argent, mais on a refusé. (…) On a dépassé ce stade. Nous voulons plus que la Primature », a lancé Agbéyomé Kodjo.

L’homme politique reste convaincu qu’il est le « vrai » gagnant de l’élection présidentielle du 22 février dernier. Il précise que rien au monde ne peut lui enlever cette conviction.

L’ancien Directeur de Port de Lomé estime qu’il a été toujours dans l’optique de l’unicité d’action de l’opposition. Son ambition, une fois au pouvoir, selon lui, sera de travailler ensemble avec ses collègues de l’opposition pour remettre le pays sur la voie de la démocratie et du développement.

« Ce n’est pas parce que la dynamique aura gagné les élections que la Dynamique va penser qu’elle va gouverner avec ses militants. Si nous devons le faire nous n’avons pas la prétention de connaitre tous les problèmes. C’est pour cela que nous avons dit que toutes les formations politiques devraient être représentées au sein de l’équipe gouvernementale pour offrir de nouvelles institutions si fortes. On veut rassembler, on veut que tout le monde soit là. Qu’on travaille ensemble au bout d’un an ou deux ans, qu’on aille aux élections législatives et que chacun propose son projet de société à la population qui fera un choix », a déclaré Dr Kodjo.

 

 

Togo - Agbéyomé veut plus qu’un poste à la Primature

 

Togo - Décentralisation/Boukpessi : « Les 117 communes naviguent à vue »

Le 30 juin prochain, le Togo va célébrer le premier anniversaire des élections locales. Seulement un an après ces élection municipales, le processus de décentralisation tant vantée par le régime de Faure Gnassingbé peine à décoller. Le pays fait du surplace.

En début de semaine, le sujet au cœur d’une réunion entre le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi et les partenaires techniques et financiers du Togo dans le secteur. « Le renforcement de l’arsenal juridique relatif à la décentralisation », « la création d’un fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT) », ou encore « l’amélioration du cadre de travail des communes » étaient entre autres sujets à l’ordre du jour.

A en croire Payadowa Boukpessi, actuellement les 117 communes à travers le pays naviguent à vue. Et font face à trois (3) défis majeurs qui traînent le décollage du processus de décentralisation.

« Le premier défi, c’est le renforcement des capacités des conseillers municipaux et le personnel des communes. Le deuxième défi qui est très important, c’est la mobilisation des ressources. Le troisième, c’est la mise place des plans de développements communaux parce que les commune naviguent à vue. Donc il nous faut des plans de développement pour chaque commune et nous allons appuyer ces communes dans le cadre de la mise en place de ces plans », a fait savoir le ministre en charge de la Décentralisation.

Les partenaires, quant à eux, ont réitéré leur engagement à accompagner le pays dans les prochaines étapes du processus.

 

 

Togo - Décentralisation/Boukpessi : « Les 117 communes naviguent à vue »

 

Togo, Décès du Colonel Madjoulba : Un mois après la fin du délai, la commission Yark Damehame dans l’impasse ?

Demain 23 juin 2020, cela fera un mois que le délai fixé pour les conclusions de l’enquête sur la mort du Colonel Bitala Madjoulba aura expiré. Curieusement, aucune information officielle ne filtre sur l’évolution des investigations. La commission Yark Damehame a peut-être besoin d’un coup de main d’experts internationaux.

Le 08 mai 2020, le chef de l’Etat prend l’arrêté N°001/PR/20 portant création d’une commission spéciale d’enquête administrative et de commandement, pour élucider les circonstances de la mort du colonel Madjoulba. Ce décès est survenu dans la nuit du 03 mai 2020, quelques heures seulement après la cérémonie d’investiture de Faure Gnassingbé pour un 4ème mandat.

La mise sur pied de cette commission d’enquête répondait à la demande de nombreuses organisations politiques, mais aussi de la société civile de voir la lumière faite sur ce décès tragique. Au sein de la population, il y avait également la soif légitime de vérité sur cet assassinat. Selon l’arrêté présidentiel, la commission est présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame. Un délai a été imparti pour que ladite commission finisse ses enquêtes. « La commission spéciale dispose d’un délai maximum de quinze (15) jours pour rendre les conclusions de ses investigations », précise l’article 4 de l’arrêté.

Si l’on s’en tient à cet arrêté de Faure Gnassingbé, la Commission Yark Damehame devait conclure ses investigations dans la troisième semaine du mois de mai, plus précisément le 23 mai 2020. Mais un mois après la fin du délai, les Togolais attendent toujours les résultats de l’enquête. C’est le silence radio. Aucune conclusion n’a été rendue publique et la commission mise en place par Faure Gnassingbé n’a même pas fait une annonce pour situer l’opinion sur l’évolution des investigations.

Dans un pays qui se respecte, cette exigence de vérité ne devrait pas être vue comme une pression populaire sur les membres de la commission ou celui qui les a installés. Bien qu’il soit possible que Yark Damehame et ses collègues rencontrent des difficultés dans l’évolution de leur enquête, en hommes responsables, ils doivent communiquer sans pour autant livrer des informations susceptibles de nuire à leur mission. Nous estimons qu’ils ont été formés pour de pareilles circonstances.

En plus de la nécessité pour la commission de rendre des comptes, il y a lieu de préciser que l’assassinat du Colonel Madjoulba ne doit pas être considéré comme un événement interne aux Forces Armées Togolaises (FAT). La première raison est que l’Armée est au service de la nation, et des événements pareils affectent les citoyens, d’une manière ou d’une autre. C’est une affaire de sécurité nationale et les FAT, dont Faure Gnassingbé est le chef, doivent rendre compte de ce qu’il se passe en leur sein. La seconde raison est que le drame du 03 mai 2020 ne concerne pas un vulgaire soldat de rang tué dans un bistro. Non. Il s’agit du commandant du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), assassiné dans son bureau qui se trouve dans une garnison militaire. L’affaire est assez sérieuse pour être gérée avec légèreté et considérée comme un dossier privé. Nous passons sous silence les mouvements populaires qui ont suivi l’annonce de l’assassinat, même si ces mouvements ont été tus par les menaces et autres actions des cadres de la localité d’origine de la victime.

Qu’à cela ne tienne, l’incapacité de Yark Damehame et sa clique de conduire les investigations appelle à la mise sur pied d’une commission d’enquête avec la participation d’experts internationaux. Cela va sans doute permettre de rompre avec la logique des enquêtes interminables auxquelles nous a habitués le ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Peut-être aussi que l’enquête piétine parce que le ver est dans le fruit.

G.A.

Source : Liberté

 

 

Togo, Décès du Colonel Madjoulba : Un mois après la fin du délai, la commission Yark Damehame dans l’impasse ?

 

Prétendues retombées du Forum Économique Togo-UE : L’autre provocation d’un système rétrograde et impopulaire

Un an après le Forum Économique Togo-UE (FETUE), les autorités togolaises n’hésitent déjà pas à parler d’une réussite.

Tenu les 13 et 14 juin 2019, ce forum a été consacré aux opérateurs économiques locaux et autres venus des 28 pays de l’UE. C’est un cadre qui, à en croire les autorités, offrait alors l’occasion de réunir sous le même toit des investisseurs européens, personnalités politiques, économiques et partenaires au développement. De quoi donc explorer les opportunités d’investissement et de partenariat entre le Togo et l’Union Européenne et en apprendre un peu plus sur les projets structurants du PND 2018-2022.

Une année après, les retombées sont bien là. Enfin, c’est ce que croient les autorités. Jugez plutôt. : depuis la fin du panel,

on parle d’une vingtaine de manifestations d’intérêts de la part des investisseurs internationaux pour les projets prioritaires du PND qui aurait été enregistrée, d’un mémorandum d’entente d’un montant de 05 milliards FCFA conclu un mois plus tard entre le Gouvernement et le Fonds d’investissement Kara dans le secteur de l’agro-industrie, de même que de la signature d’une convention de 2,6 milliards $ avec le Groupe Dangote en novembre 2019.
On parle par ailleurs d’un renforcement du partenariat entre le gouvernement et des institutions financières, prêtes à accompagner les promoteurs de projets dont le coût est inférieur à 150 millions FCFA.
Mais quid du commun des Togolais ? Que des avancées aient été constatées, c’est l’affaire des investisseurs dont le train de vie est aux antipodes du Togolais lambda.

Un forum organisé à coûts de bagatelles n’a en rien été utile à la majorité des Togolais qui, hélas, continuent de végéter dans leur condition d’éternels acteurs de l’informel. Donner dans l’autosatisfecit pour un machin dans lequel ne se reconnaissent pas la majorité, est-ce là la meilleure façon de diriger un peuple ?

Les résultats de ce forum organisé pour vanter les mérites du claudiquant Plan national de développement restent hors de portée des citoyens, comme l’est également le projet de société d’un Faure Gnassingbé qui en apparence paraît une aubaine ; mais qui n’est de fait qu’un canular. Comme l’a été le trop médiatisé et creux mandat social de Faure Gnassingbé.

Depuis 2005, les Togolais continuent de crouler sous la chape de plomb du mal-vivre. De cela, les autorités n’ont cure, et inventent à tout propos des drôles de sommets plus pour plaire à l’international que pour répondre aux besoins réels des populations. C’est de la provocation tout simplement.

Source : Le Correcteur

 

 

Prétendues retombées du Forum Économique Togo-UE : L’autre provocation d’un système rétrograde et impopulaire

 

Togo, Rebondissement dans le litige foncier de Davié-Kpota au nom de Faure : Les imposteurs à la reculade

Dans notre parution N°936 du 15 juin 2020, nous évoquions un « Rebondissement dans le litige foncier de Davié-Kpota au nom de Faure : Les collectivités et acquéreurs sur le pied de guerre face à une affaire de délimitation de 24 hectares, Vers un mardi noir».

« En effet, les collectivités et les acquéreurs ont été invités vendredi dernier à une réunion d’information à la Préfecture de Zio. Sans être informés de quoi ce soit au préalable, le chef quartier de Davié-Kpota Togbui Akakpo Koffi I et sa suite se sont retrouvés face au Préfet Etsè Kadevi et une délégation dite du ministère de la Ville, de l’Urbanisme et de la Salubrité Publique conduite par son Secrétaire Général Ouadja Gbati. Selon nos informations, il a été annoncé aux acquéreurs et collectivités de Davié-Kpota que ce ministère viendra mardi 16 juin pour délimiter 24 hectares appartenant à l’Etat togolais dans leur domaine. La délégation du Secrétaire demande aux collectivités et acquéreurs d’aller informer et sensibiliser les autres pour que l’opération du mardi se passe dans la quiétude. Le Préfet Etsè Kadevi et ses hôtes du ministère de l’Urbanisme ont évoqué un grand projet de la Présidence qui sera bâti sur les 24 hectares. Par conséquent, c’est une décision de la Présidence qu’il faudra accueillir dans l’allégresse. Aux tentatives des questions, le Secrétaire Ouadja Gbati avance que point n’est besoin de retourner en arrière et ils ne sont pas venus pour affaire de justice, le domaine fait l’objet de litige pendant à la justice.

Mais légitimement, il se pose plusieurs questions. Auprès de quelle collectivité le ministère de l’Urbanisme a-t-il opéré l’achat des 24 hectares ? L’Etat ne connaît-il plus la délimitation des 24 hectares et c’est seulement ce mardi qu’il le fera ? Qui va alors montrer les limites à cette délégation ? Comment l’Etat peut-il acquérir des terrains dans un domaine litigieux ? », écrivions-nous.

Notre publication a davantage mis la lumière sur ce qui ressemblait à un énième coup de force et repoussé les imposteurs.

Selon nos informations, la prétendue délégation du ministère de la Ville, de l’Urbanisme et de la Salubrité publique dans la journée du lundi 15 juin, a échangé avec certains chefs et collectivités tout en leur demandant d’assurer leur sécurité le lendemain mardi si elle venait pour la délimitation des 24 hectares qui appartiendraient à l’Etat togolais. Du ridicule tout simplement. En quoi la sécurité d’un bourreau incombe à sa victime ? Au final, la rencontre du mardi 16 juin n’a pas eu lieu.

Depuis lors, l’accalmie est revenue mais pour combien de temps ? Il importe que définitivement soit mis fin à ce gangstérisme de certains hauts cadres de l’administration publique dans le foncier.

K.A.

Source : Le Correcteur

 

 

Togo, Rebondissement dans le litige foncier de Davié-Kpota au nom de Faure : Les imposteurs à la reculade

 

Togo - CFA/Eco : Prof. Nubukpo et Buhari sur la même longueur d’onde

Le débat devient de plus en plus houleux autour du Franc CFA. Lundi sur son compte Twitter, le président nigérien Muhammadu Buhari a dénoncé le fait que les pays de la zone UEMOA, en complicité avec la France, cherchent rapidement à reprendre l’Eco en remplacement du Franc CFA, alors que les discussions sont toujours en cours pour l’adoption d’une monnaie unique dans l’espace CEDEAO.

Le président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) parle d’un manque de « confiance » dans les discussions devant mener à une adoption de la fameuse monnaie unique de l’espace sous régional. Il prévient ces pays membres de l'UEMOA (notamment la Côte d’Ivoire) qui rament à contre-courant.

« Cela me donne un sentiment de malaise que la zone UEMOA souhaite reprendre l'Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres Etats membres de la CEDEAO. Nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées », a averti le président Muhammadu Buhari.

Sur son compte Twitter, Professeur Kako Nubukpo semble accorder ses violons aux interpellations du président nigérian. A en croire l’économiste togolais dont l’engagement pour la suppression du Franc CFA n’est plus à démontrer, Muhammadu Buhari a totalement raison de poser la question des modalités concrètes de la création de l’Eco.

« Nous ne voulons plus du FCFA. Nous voulons une monnaie Eco pour l’ensemble des 15 États de la CEDEAO, une monnaie Eco flexible avec un régime de ciblage de l’inflation », a posté l’ancien fonctionnaire de la BCEAO.

L’ancien Directeur de la Francophonie économique et numérique annonce la tenue prochaine à Lomé des états généraux de l’Eco. Ces assises devront permettre de définir une feuille de route « pour guider les Chefs d’États et les parlementaires de la CEDEAO » dans le processus devant aboutir à la création de la nouvelle monnaie communautaire.

Godfrey

 

 

Togo - CFA/Eco : Prof. Nubukpo et Buhari sur la même longueur d’onde

 

Assemblée nationale togolaise : Les députés de la 6è législature dans le rôle d’« accompagnateurs »

Depuis le 16 avril 2019, les membres des bureaux des commissions ont été installés. Neuf commissions sont créées pour le bon fonctionnement de l’institution. Cette installation fait suite aux législatives du 20 décembre 2018 qui ont débouché sur des résultats qui ont fait dire que nombre de députés avaient été « nommés » et non élus, tant des situations vont du bizarre au burlesque.

En France comme au Togo avec la VIè République, le pouvoir législatif est détenu par le parlement, constitué du Sénat et de l’Assemblée nationale. Il dispose du pouvoir de discuter et de voter les lois. Il a aussi pour mission de voter le budget de l’Etat et de contrôler le pouvoir exécutif. Mais en attendant la mise en place du fameux Senat très budgétivore dans un pays pauvre et très endetté, c’est l’Assemblée nationale qui joue depuis des années ce rôle. Et pour le bon fonctionnement de celle-ci, la loi prévoit la création et la formation des commissions.

En effet, quatre mois après la mise en place de la nouvelle mandature, des commissions avec des tâches déterminées ont été créées avec à leurs têtes des gens censés travailler sur des questions de leur ressort. Neuf commissions en tout dont :

1- Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale. Président : Tchalim Tchitchao (UNIR) ; Vice-Président : Agbanu Komi (UFC) ; 1er rapporteur : Abougnima Molgah (UNIR) ; 2eme rapporteur : Hounakey Akakpo Kossi (indépendant)

2- Commission des droits de l’homme. Président : Tsolenyanu Koffi (indépendant) ; Vice-Président : Lawson Boe-Allah Raymonde Kayi (UNIR) ; 1er rapporteur : Kolani Yobate (UNIR) ; 2eme rapporteur : Monkpebor Koundjam (indépendant)

3- Commission des finances et du développement économique. Président : Sémondji Mawoussi Djossou (UNIR) ; Vice-Président : Ahoomey-Zunu Doh Gaétan Mawukplonam (UFC) ; 1er rapporteur : Kangbeni Gbalgueboa (UNIR) ; 2eme rapporteur : Kpatcha Sourou (UNIR)

4- Commission agropastorale, de l’aménagement du territoire et du développement local. Président : Kazia Tchala (UNIR) ; Vice-Président : Sodokin Koffi (UNIR) ; 1er rapporteur : Atti Dzigbodi (indépendant) ; 2eme rapporteur : Touh Pahorsiki (UNIR)

5- Commission de l’éducation et du développement culturel. Président : Kagbara Uleija Yabisse Milioussiba Innocent (PDP) ; Vice-Président : Atchangbédji Gado (UNIR) ; 1er rapporteur : Anaté Kouméalo (UNIR) ; 2eme rapporteur : Gnatcho Komla Mawuena (UNIR)

6- Commission des relations extérieures et de la coopération. Président : Balouki Essossimna (UNIR) ; Vice-Président : Nayone Dindiogue Denis (indépendant) ; 1er rapporteur : Issa – Touré Salahaddine (UNIR) ; 2eme rapporteur : Abdoulaye Adjaratou (UNIR)

7- Commission de l’environnement et du changement climatique. Président : Kpomegbe Anani Kokou (UFC) ; Vice-Président : Nonon Kpamnona Diera-Bariga (UNIR) ; 1er rapporteur : Nadjo N’ladon (indépendant) ; 2eme rapporteur : Kpal Koffi (UNIR)

8- Commission de la santé. Président : Sandani Arzouma Felidja (UNIR) ; Vice-Président : Adjeh Assoupui Amele (indépendant) ; 1er rapporteur : Afetse Yawo Dotse (UNIR) ; 2eme rapporteur: Gbone Adjo (UNIR)

9- Commission de la Défense et de la sécurité. Président : Kodjo Agbéyomè ; Vice-Président : Katanga Poro (UNIR) ; 1er rapporteur : Keretcho Komina (UNIR) ; 2eme rapporteur : Binoinin Kpanimie (indépendant).

Tous les membres desdites commissions ont des avantages en nature et en espèce inhérents à leur position, histoire de leur permettre de bien s’acquitter de leurs tâches.

Comme on peut le constater, sur les 9 commissions permanentes, 5 sont revenues à UNIR le parti au pouvoir, 3 à « l’opposition » et 1 aux « indépendants ». Mais étant donné que l’opposition et les indépendants auxquels on fait allusion sont les « opposants de l’opposition » véritable, c’est-à-dire des opposants voulus par UNIR, on comprend le permanent alignement de ceux-ci sur presque tous les projets de lois qui sont votés. Le rubicond a été la hargne avec laquelle, en lieu et place du projet de loi portant modification de trois articles de la Constitution, ils ont modifié plutôt 29 articles, ce qui a laissé voir un ajout de plus de 866% de « propositions de lois » offertes à l’exécutif. Alors que dans la pratique, les députés sont censés « contrôler l’action du gouvernement ». Drôle de contrôle.

Que retenir comme bilan plus d’un an après ?

De par l’actualité du Togo, les supposés « élus » du peuple ne devraient pas chômer. Mais à force de toujours mettre la charrue avant les bœufs, on assiste à un immobilisme écœurant des députés togolais.

Hormis les commissions permanentes, il existe des commissions d’enquête lorsque le besoin se fait sentir. L’article 128 du règlement intérieur, portant Constitution de commission d’enquête dispose : « 1-La création d’une commission d’enquête ou de contrôle par l’Assemblée nationale résulte du vote d’une proposition de résolution déposée, affectée à la commission permanente, compétente, examinée et discutée dans les conditions fixées au Titre I Chapitre X du présent Règlement intérieur. Cette proposition doit déterminer avec précision, soit les faits qui donnent lieu à enquête, soit les services publics ou les entreprises nationales dont la commission de contrôle doit examiner la gestion. 2- La commission saisie d’une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête ou de contrôle doit déposer son rapport dans le mois de la session ordinaire suivant l’affectation de cette proposition. 3- Les commissions d’enquête ou de contrôle ne peuvent comprendre plus de quinze (15) députés ». Mais depuis plus d’un an, combien de commissions d’enquête ont été mises en branle dans quelque domaine que ce soit ? Et pourtant, ce ne sont pas les faits délictueux qui ont manqué d’ébranler l’exécutif togolais.

Il existe même un article ubuesque qui porte sur un OVNI (Objet volant non identifié), la Haute cour de justice. Art. 135 portant Saisine de la Haute Cour de Justice. « 1- Aucune proposition de résolution portant mise en accusation devant la Haute Cour de Justice n’est recevable si elle n’est signée par un tiers (1/3) au moins des députés composant l’Assemblée nationale. 2- Le bureau de l’Assemblée nationale prononce d’office l’irrecevabilité des propositions de résolutions contraires aux dispositions de la loi organique sur la Haute Cour de Justice. Il rend compte à l’Assemblée nationale à sa plus prochaine séance. L’Assemblée nationale peut en débattre. 3- Les propositions de résolutions déclarées recevables sont transmises par le président de l’Assemblée nationale à une commission spéciale, constituée dans les mêmes conditions que celles fixées aux articles 35 et 36 du présent règlement intérieur. 4- La mise en accusation du président de la République ou des membres du gouvernement devant la Haute Cour de Justice est adoptée sur rapport de la commission spéciale susvisée par un scrutin secret de la majorité des quatre cinquième (4/5) des membres composant l’Assemblée nationale ». Mais où est la Haute cour de justice pour laquelle des textes sont consacrés ? Bien que l’initiative des lois soit concurremment partagée entre l’exécutif et le législatif, bien qu’il existe la commission permanente de Tchitchao Tchalim chargée d’étudier des propositions de loi, aucun député n’a trouvé utile de réfléchir à la mise en place de cette institution. Trop sensible, parce que des membres du gouvernement et d’autres haut perchés pourraient être contraints de répondre de leurs actes. Donc, en attendant, « allons-y seulement ».

Un hôpital tarde à émerger de la fange à Agoè. La commission permanente chargée des questions de santé prend son temps de jouir de la fonction, ignorant que le peuple qui les a « élus » a des droits.

Le ministre de la Culture tente de reconvertir des artistes sans que Kagbara Yabisse et sa commission n’en soient choqués. Du moment que les émoluments mensuels tombent régulièrement, le député peut oublier son bienfaiteur, le peuple dont les artistes.

Des juges haut perchés sont soupçonnés de corruption, depuis les tribunaux d’instance jusqu’à la Cour suprême, après une halte à la Cour d’Appel ; le Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP) est éclaboussé par une corruption latente depuis des années, mais apparemment, il n’existe pas de députés « élus » au Togo ; juste des députés « nommés », raison pour laquelle ce désintérêt pour la reddition des comptes.

Une commission chargée des affaires foncières avec un certain Kazia Tchala du parti UNIR est là, mais des vrais risques d’expropriations à Davié, Agoè ou Gbamakopé menacent la paix civile sans que les membres de cette commission ne s’en émeuvent.

Par contre, en même temps qu’ils votent une loi permettant au chef de l’Etat de gouverner par ordonnance, les mêmes députés votent une loi sur le nucléaire en pleine pandémie de la Covid19. C’est à se demander si ces « représentants du peuple » sont vraiment en phase avec ce peuple.

Au vu de tout ce qui précède, on est tenté de qualifier les députés actuels d’« accompagnateurs » du gouvernement et non de contrôleurs de l’exécutif. Autrement, ils devraient pouvoir dire via un rapport ce qu’ils ont déjà contrôlé depuis qu’ils perçoivent leurs indemnités sur le dos du contribuable togolais.

Abbé Faria

Source : Liberté

 

 

Assemblée nationale togolaise : Les députés de la 6è législature dans le rôle d’« accompagnateurs »

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