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Faure, classé 3ème chef d’Etat le plus pragmatique d’Afrique : Non, pas Faure Gnassingbé, mais Faure DANNY des Seychelles !

Après « Jeune Afrique » qui a établi son classement des 100 personnalités les plus influentes d’Afrique, AfrikMag aussi y va de son classement. Il porte uniquement sur les dirigeants africains qui ont brillé en cette année 2020. Belle surprise, sur la troisième marche du podium, on retrouve Faure…Danny, le président des Seychelles. Aïe !! Oui, ce n’est pas Faure Gnassingbé, le « Messi » des Togolais, du moins de certains Togolais comme on l’aurait cru. Entre les deux « Faure », il n’y a pas de comparaison possible. C’est le jour et la nuit si on s’en tient au classement.

AfrikMag est un média panafricain d’information et de divertissement. Le magazine vient d’établir son Top des présidents africains les plus efficaces en cette année 2020. Nous autres Togolais attendions à voir notre Leader bien-aimé, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, le « Messi », le « visionnaire », le « leader éclairé de la République », le « meilleur » comme le clament ses ministres, tenir le haut du pavé et ravir la vedette aux autres dirigeants. Surtout qu’il y a quelques jours, son conseiller économique clamait urbi et orbi qu’il est le n°1 en Afrique en matière de leadership de développement.

D’après AfrikMag, certains chefs ont fait preuve de pragmatisme pour répondre au besoin de leurs populations. Un leadership qui s’est révélé salvateur au plus fort de la crise liée au coronavirus qui n’a pas épargné le continent.

La première place du classement est tenue de main de maitre par Nana Akufo-Addo du Ghana. « Souvent désigné comme le travailleur numéro un du Ghana, le président Nana Akufo-Addo a suscité l’admiration de tout le continent et au-delà pour ses convictions panafricaines et ses politiques favorables aux populations. Depuis son entrée en fonction, il a créé environ un million d’emplois pour le peuple ghanéen tout en stabilisant l’économie», écrit AfrikMag.

En 2è position, on retrouve sans surprise, le président rwandais Paul Kagamé suivi à 3ème place par le président des Seychelles, Faure Danny. « Depuis que le président Faure a pris ses fonctions le 16 octobre 2016, il a propulsé l’économie des Seychelles vers de plus hauts sommets […] En 2019, Faure a reçu le prestigieux prix « planétaire et leadership » lors d’une cérémonie des National Geographic Awards à l’université George Washington, à Washington DC », précise le magazine.

Suivent ensuite et par ordre, Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Adama Barrow (Gambie), George Weah v (Liberia), João Lourenço (Angola), Macky Sall (Sénégal), Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud).

Pendant ce temps, Faure Essozimna Gnassingbé, lui, espionnait ses opposants…

Source : Liberté N°3203 du Mercredi 05 Août 2020

 

 

Faure, classé 3ème chef d’Etat le plus pragmatique d’Afrique : Non, pas Faure Gnassingbé, mais Faure DANNY des Seychelles !

 

Togo - DÉTOURNEMENT DE L’ARMÉE TOGOLAISE CONTRE LE PEUPLE : argent, mensonges, violence, assassinats et impunité pour se perpétuer !

COMMUNIQUÉ CONJOINT DU 10 AOÛT 2020 ADRESSÉ AU PEUPLE TOGOLAIS

RESEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDEPENDANTE (RCDTI) ET

COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES – TOGO – DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA)

Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra

Le continent africain avec ses 56 pays dispose encore d’au moins 20 pays où la gouvernance s’apparente à de l’autocratie et des formes subtiles de dictatures.

1. LA GOUVERNANCE DU DÉTOURNEMENT

Au moins 10 présidents africains sont au pouvoir depuis plus de 15 ans, ce grâce à la violence, l’abus de droit et de pouvoir, et avec l’appui extérieur, l’organisation systématique d’élections non transparentes et ne reflétant pas la vérité des urnes. Le paradoxe est que le système mis en place s’appuie sur une élite locale ésotérique, adeptes des « activités mafieuses et souvent illégales » fondées sur l’accaparement des richesses nationales pour contrôler le pouvoir politique, économique et juridique.

Pour se faire, le système pyramidal repose sur l’ethnie du président au pouvoir. Comme aucun soutien n’est « gratuit, le président au pouvoir s’appuie sur un système de don-contre-don qui se traduit par la satisfaction des besoins ésotériques, religieux, matériels et honorifiques non pas seulement de son ethnie mais de tous les sympathisants du système au point d’institutionaliser une gouvernance de la « ventrologie 1 » fondée sur la fausse théorie du « ruissellement » du haut vers le bas. Pour se maintenir, il faut un simulacre de démocratie électorale qui permet de gagner systématiquement au 1er tour, avec des contestations de résultats systématiquement rejetées. Les richesses naturelles accaparées par le maillage à la tête des entreprises ou projets reposent sur une distribution des postes à des affidés.

Le danger pouvant venir de ceux qui détiennent des armes, cette richesse accaparée sur le dos du peuple sert principalement à assurer la pérennisation d’un système de gouvernance autocratique grâce au financement de l’impunité des forces armées, mais aussi des délinquants économiques. Les dépenses militaires, sans statistiques officielles fiables, sont systématiquement en augmentation. Le budget militaire, officieux ou officiel, a une quadruple fonction, toutes fondées sur la servitude volontaire et le rejet de l’indépendance effectif du peuple africain :

- se préserver de toutes insurrections et désobéissance civile par l’achat des consciences en commençant par les familles des militaires ;
- assurer la stabilité de tout le système d’accaparement et de maintien au pouvoir quitte à intégrer ceux qui pourraient devenir des opposants effectifs, s’ils n’ont pas été convaincus avant de tromper le peuple, avec l’appui d’ecclésiastiques de toutes obédiences qui se sont exclus du « Livre de la vie » ;
- respecter les accords secrets de défense en servant les intérêts de pays étrangers, dont l’ex-puissance coloniale sous le faux couvert du jeu diplomatique et l’alignement ou le mimétisme de positionnement dans les relations internationales.
- servir directement les intérêts occidentaux en Afrique subsaharienne en faisant croire que les intérêts occidentaux sont indissociables du maintien de la paix et de la stabilité dans la région, alors qu’en vérité, il s’agit de faire payer par les armées africaines, un déploiement très important et coûteux d’armées étrangères pour mieux s’accaparer les richesses africaines, non sans parfois limiter ou promouvoir les groupes terroristes afin de faciliter les déplacements des populations pour accéder plus facilement et incognito sur les espaces d’accaparement des richesses africaines.

Ne pas comprendre cela conduit à des politiques de compromis, de compromissions et retardent la prise de conscience pour l’organisation d’une autonomie et indépendance véritable de l’Afrique. Mais les traîtres africains et occidentaux ne regardent pas le jeu sans agir contre les intérêts des peuples africains. Aussi, la pierre angulaire de ce système d’exploitation continue de l’Afrique et du peuple noir passe trop souvent encore par l’armée, une organisation d’individus disposant de la force, mais structurée pour ne pas le mettre au service du Peuple africain, sauf exception. Les institutions africaines en général, sous-régionales en particulier, sont là pour renforcer cette gouvernance du « détournement ».

2. CEDEAO : ADOUBER LE PASSAGE DE DEUX À QUATRE MANDATS PRÉSIDENTIELS RENOUVELABLES

Le Togo a inauguré le principe de la « fin » des deux mandats présidentiels au sein de la Communauté économique et de développement des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) 2. Si au départ, les chefs d’État ont fait semblant de s’y opposer, aujourd’hui le système de la contrevérité des urnes, qui permet de gagner au 1er tour des élections présidentielles sans vérification et sans recomptage, est devenu le droit commun. C’est la fameuse « Victoire au premier tour par K.O. », justifiée d’ailleurs économiquement comme permettant d’économiser l’argent du second tour d’un scrutin électoral frauduleux.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire, la Guinée et bientôt le Mali sont « très très » reconnaissants à Faure Gnassingbé d’avoir permis de faire sauter le verrou des deux mandats présidentiels au sein de la CEDEAO. Autrement dit, le mandat présidentiel au Togo était limité à deux dans la Constitution originale de 1992, Loi fondamentale acceptée par le peuple togolais. Mais, un 4e tour d’un mandat présidentiel a été inauguré, et inscrit dans une énième version révisée de la Constitution togolaise comme étant le 2e de la 2e partie d’un mandat présidentiel dont les termes sont devenus illimités au gré de la volonté du « Prince ».

Alors toute la procédure électorale s’apparente à une scène de théâtre grandeur nature. Le problème est que l’ignorance, la pauvreté, la peur, la mentalité du court-termisme et l’individualisme doublé d’égos démesurés servent de levier à la politique du « diviser pour régner » de l’autocrate de service. Ces n’est pas que les responsables de partis politiques, -ceux qui n’ont pas trahi le Peuple-, n’ont pas manifesté leur désaccord ou offert une certaine résistance. La réalité est que ceux qui ont choisi d’aller aux élections de contre-vérités des urnes ont tous trahi. Contre quoi ? Il leur suffit d’en informer le Peuple togolais, qui de toutes les façons, les connaît et ne se fera plus rouler dans la « farine de manioc ». Sauf que ceux qui sont à la tête des forces armées, censés protéger et assurer la sécurité de chaque citoyen, ont leur propre stratégie, contraire à celui du Peuple.

3. LES DIRIGEANTS DE L’ARMÉE : COMPLICES DE LA GOUVERNANCE D’ACCAPAREMENT

Avec le rapport de force qu’offrent les militaires et les sécurocrates, l’armée au sein des pays où règnent des autocrates, s’est, elle-aussi, faite complice de ceux qui sont au pouvoir. La contrepartie est d’abord la perte des valeurs et de la dignité au point de s’opposer aux valeurs cardinales que sont la vérité, la justice, la paix et le bien-être de chaque citoyen. L’autre contrepartie est tout simplement l’argent et les postes. Bref, ceux qui dirigent l’armée au Togo comme dans les pays où la Constitution est tripatouillée, se sont enrichis sur le dos de la population et sont devenus :

- d’une part, des complices volontaires pour les consultants militaires étrangers et les gradés dans le pays, quand il ne s’agit pas, grâce aux accords secrets de défense qui lient la France et les pays de la zone franc dont le Togo, de ne défendre que le Chef d’État et son entourage et moins le Peuple ;
- d’autre part, des complices involontaires pour les subalternes ou apparentés, quand il ne s’agit pas purement de défendre les intérêts propres des militaires, devenus de plus en plus gourmands au fil des années au service d’un autocrate et de sa filiation naturelle, ésotérique et/ou désignée ; et
- enfin, des agents travaillant discrètement pour des intérêts étrangers en s’assurant des « rétro-commissions » en facilitant la vente des richesses du pays.

Avec des constitutions tripatouillées, la saine pratique de la limitation des mandats présidentiels à deux mandats a disparu au profit de mandats à perpétuité et illimités dès que la « remise à zéro » des compteurs est possible.

Tout ceci est validé par des parlementaires de plus en plus nommés grâce à des scrutins électoraux non transparents. Une partie du Peuple est transformée en « godillots » de circonstances, prête à faire quelques délations, voire délits et crimes pour :

- obtenir ou s’approprier l’argent d’ailleurs en toute impunité, « forcée » d’intégrer le moule du parti au pouvoir ; ou encore
- opter pour rejoindre ceux qui font partie du « club » ésotériques seuls habilités à diriger le Togo.

Ces dirigeants usurpateurs du pouvoir du Peuple constituent à peine moins de 10 % de la population sans la Diaspora non comptée. Mais ce sont ces 10 % qui déjà en 2015, selon la Banque mondiale, s’accaparaient 32 % des richesses du Togo. Avec la progression exponentielle, ces mêmes 10 % seraient proches des 60 % d’accaparement des richesses togolaises, non sans le soutien actif de sociétés multinationales, dont plusieurs françaises et africaines, établies au Togo.

Alors pourquoi la peur et la non-implication en politique des populations togolaises sont devenues la règle. Vraisemblablement, c’est parce que les responsables de certains partis de l’opposition ont accepté d’être instrumentalisés et d’être institutionnalisés. Un don et son contre-don en politique se définissent par de la compromission et de la trahison. Le Peuple devrait s’assurer que ce ne sont pas les mêmes qui viennent leur promettre un avenir radieux pour mieux les mener dans une impasse ou pour les flouer encore. En effet, le jeu de cette « opposition institutionnalisée » a abouti à une légitimation de Faure Gnassingbé avec en contrepartie, la participation à des élections de la contrevérité des urnes afin de garantir leur maintien volontaire, -la nuit et parfois le jour-, dans un système de « mensonges » et d’usurpation du pouvoir du peuple. Avec le « ruissellement » qui coule de la « gouvernance de l’accaparement », il faut constater qu’une partie du Peuple togolais s’est laissée séduire par la corruption de proximité.

Bref, tout organiser pour que tout recommence à nouveau au Togo est tout simplement un élément subtil de la gouvernance du détournement qu’il faut absolument stopper en identifiant les acteurs.

4. GANSTÉRISME CONSTITUTIONNEL : LA REMISE DES « COMPTEURS SONT REMIS A ZERO » EST UNE ARNAQUE POLITIQUE

Mais il faut plus pour qu’un autocrate puisse rester en place, à savoir remettre « les compteurs à zéro ». Ce sport favori est pratiqué par les dictateurs en général, africains en particulier, avec plus ou moins de subtilités en jouant sur les fatalités orchestrées. Quand ce n’est pas le Peuple qui les « acclame » et les « supplie » de ne pas décevoir en restant au pouvoir, ce sont des phénomènes impromptus et prévisibles orchestrées par les adeptes de l’ésotérisme qui permettent de conserver le pouvoir, en faisant reposer cette « arnaque politique » sur la responsabilité du destin, pour ne pas dire Dieu. Le cas récent de la « mort » du candidat programmé du Président Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire et la décision de ce dernier de se présenter pour un troisième mandat sur la base d’une Constitution ivoirienne réinterprétée selon le dictionnaire de l’autocratie, est dans les mémoires.

Il faut donc refuser tous compromis sur le fond dès le départ des dérives anti-libertés et anti-démocratiques. Malheureusement, la pauvreté, l’arrivisme, la jalousie et le culte de la médiocrité et de la mauvaise gouvernance cumulés sont des facteurs déterminants dans l’absence de coordination entre les forces de l’alternative. Aussi, tant que les dictatures se perpétueront au pouvoir, la démocratie de façade aura de longs jours devant elles. A ce jeu de dupes, ce sont les peuples africains qui sont les premiers perdants.

Rappelons qu’une dictature repose sur un rapport de force. Le dictateur africain est un grand manipulateur des valeurs négatives qui prédominent dans l’être humain. Ce dictateur africain transforme en partenaire-associé, tous ceux qui détiennent un pouvoir extérieur dont il pourrait bénéficier contre une rémunération non écrite sur la base d’intérêts bien compris. Ces intérêts, physiques, financiers, économiques sont généralement jalousement gardés au sein de sociétés secrètes, ésotériques ou de syndicats. La loi du silence tend à souder un corps social dépravé. Le pouvoir en place ne voyant plus de limites, ni de sanctions pour respecter Dieu et les valeurs, finit par verser dans l’institutionnalisation de l’impunité, des abus de pouvoir et des abus de droit.

Le non-respect de la Constitution est un maillon fondamental dans la Gouvernance de l’accaparement. Celui-ci prend la forme de la « remise à zéro des compteurs » avec une modification expéditive et illégale de la Constitution et devient le passage obligé pour de véritables « gangsters constitutionnels ». Avec la fausse pratique de la « théorie du ruissellement », plusieurs dirigeants africains, publics ou privés ont réussi à transformer une partie importante de leur Peuple en des moutons plus ou moins dociles. La critique de la politique du dictateur-autocrate est tolérée dès lors que celles et ceux qui la formulent, ne sont en rien dangereux pour le pouvoir, tant dans le maintien du système que dans les alertes sur les agissements illégaux, frauduleux ou de violence.

Les journalistes qui se contentent d’alerter devraient passer à la phase supérieure, celle de la justice, car il s’agit d’une gouvernance de l’accaparement qui ne manquera pas de les « broyer » si vraiment les intérêts de ces gangsters économiques devaient déranger les gangsters constitutionnels. La solution passe par l’organisation d’un contre-pouvoir et un rapport de force alternatif.

5. CREER UN RAPPORT DE FORCE ALTERNATIF AUTOUR DES REPRESENTANTS DU PEUPLE

Un régime dans lequel les militaires et autres forces dites de sécurité interne ne respectent pas la Loi fondamentale et se croient au-dessus de celle-ci est un régime politique arbitraire et coercitif. Un tel système ne peut perdurer que si tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul homme (ou femme) à savoir, le dictateur (trice), ou d’un groupe d’hommes (ex : junte militaire) qui sont devenus des « incontournables de la République ». Comme il n’y a pas de séparation des pouvoirs, le pouvoir fortement centralisé n’est pas partagé, ne rend pas de compte, et encore moins, ne contrôle la transparence des élections puisque ces dernières ne sont pas libres ou alors sont instituées sur la base de la Constitution remaniée à plusieurs reprises pour devenir une Constitution « sur mesure ».

Malgré cela, l’autocrate et son aéropage de militants et sympathisants fonctionnant au sommet au sein d’une oligarchie mafieuse profite des attributs de l’État pour assurer un enrichissement personnel. Mais qui sanctionne tout ceci ? Celles et ceux qui sont morts, torturés, blessés, handicapés, violés, humiliés dans leur propre pays ou même à l’étranger ! Certainement pas, c’est le silence des cimetières !

Il va de soi que les libertés individuelles et collectives ne sont garanties que pour celles et ceux qui s’alignent et louent la politique menée par l’autocrate. Aussi, le Peuple togolais, et plus particulièrement les partis de l’opposition institutionnelle et accessoirement certains ecclésiastiques sont, en silence et en catimini, en train de faire le lourd bilan de toutes ces années perdues à vouloir faire des compromis et des compromissions avec un système autocratique. D’ailleurs certains dirigeants de l’opposition institutionnelle au Togo, comme au demeurant tous les individualistes adeptes du mimétisme électoral, ce après la fausse thérapie des 28 dialogues politiques, portent une lourde responsabilité devant le Peuple togolais.

Ils doivent publiquement s’excuser et ne pas chercher à s’imposer, comme des autocrates, pour favoriser l’émergence d’une troisième voie. En résumé, l’autocratie-dictature ne tolère pas la vérité des urnes. Il organise la contrevérité des urnes et opte pour un gouvernement convivial d’union nationale quand le Peuple demande son départ pacifiquement :

- par la voie de la démission ; ou alors
- par la voie non pacifique qui pourrait passer par le choix libre, planifié et sage des forces armées togolaises et des sécurocrates, épris de vérité et de justice et dotés d’un minimum d’esprit républicain, de rejoindre le Peuple togolais dans son marathon démocratique pour enfin pouvoir choisir ses dirigeants et retrouver sa vraie indépendance (Ablodè).

Les élections organisées sous le joug d’un autocrate-dictateur est une insulte à la démocratie. Il n’y a qu’au Togo, et plus généralement dans les pays francophones où le pré-carré français maintient ses règles iniques d’achat des consciences et des capacités productives dans le cadre de contrats léonins y compris avec l’autocrate-dictateur, sa famille et ses affidés, que le Peuple africain continue de croire à des sorties de crise pacifique. Il se crée ainsi un rapport de force au profit du pouvoir autocrate. Seul un rapport de force alternatif peut neutraliser le premier.
6. VERS UN NOUVEAU LEADERSHIP COLLECTIF ET INCLUSIF

Le pouvoir de Faure Gnassingbé intervient systématiquement dans les décisions de politique économique, industrielle et autres. L’intérêt particulier des groupes de pouvoir ou d’influence gravitant autour du système Gnassingbé n’est pas compatible avec l’intérêt public.

Le Peuple togolais n’a donc plus le choix que d’identifier les vrais responsables de la situation socio-politico-ésotérique actuelle au Togo et de se détourner d’elles et d’eux. L’organisation d’un nouveau leadership collectif doit se faire sans Faure Gnassingbé et ses affidés. Ce nouveau leadership de la démocratie participative doit reposer sur un projet de société commun, des conférences inclusives décentralisées, l’association des forces armées togolaises dès lors que leur loyauté envers le Peuple togolais primera sur leur loyauté envers l’autocrate-dictateur et ses affidés. Cette confrontation doit avoir lieu car il s’agit d’une nouvelle indépendance « interne » aux Togolaises et Togolais.

Ce Peuple humilié et sommé de se taire dès lors que le droit et la justice sont bafoués doit prendre son courage à deux mains et deux pieds pour identifier un groupe d’individus éthiques et non hypocrites, pour offrir les bases d’un Togo différent de celui de Faure Gnassingbé et de son réseau militaire de plus en plus mafieux et désignés à la tête toutes les entreprises publiques togolaises et de plus en plus d’entreprises privées. Que reste-t-il pour entreprendre en toute autonomie ? Rien ou presque ! D’ailleurs, les initiatives ne sont pas couronnées de succès et ne bénéficient pas du soutien de l’État dès lors que l’on ne fait pas partie, de près ou de loin, des cercles concentriques du pouvoir fonctionnant comme un aimant autour de Faure Gnassingbé. En effet, la gouvernance d’accaparement n’aime pas « partager ».

7. VIOLATIONS MULTIPLES DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE ET DÉMISSION DE FAURE GNASSINGBÉ

Selon la Constitution Togolaise de la 4e République révisée le 15 mai 2019, l’article 72 rappelle que c’est le président de la République qui est le chef des armées. Mais dans un pays où la gouvernance de l’accaparement est devenue le droit commun, que vaut alors la Constitution et les principes édictés ? Il est prévu dans le Préambule de cette Constitution que « Nous, le Peuple togolais, proclamons solennellement notre ferme volonté de combattre tout régime politique fondé sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice » et selon l’article 2, le principe [de la République togolaise] est « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » avec comme devise : « le travail, la Liberté et la Patrie ».

Le problème est que sous un gouvernement d’accaparement, ces principes sont devenus : « usurpation, servitude volontaire, dynastie monarchique » légalement mis en œuvre avec une Cour constitutionnelle anticonstitutionnelle. Si selon l’article 7 de la Constitution togolaise, « les partis politiques et les regroupements de partis politiques doivent respecter la Constitution » et qu’« ils ne peuvent s’identifier à une région, à une ethnie ou à une religion », il faut bien reconnaître que cela ne s’applique pas à l’armée clanique togolaise à 85 % Kabyè.

Cette armée clanique qui vient en soutien direct à un système de gouvernance de l’accaparement s’estime au-dessus de la Loi en tuant impunément, partout sur le territoire togolais. C’est ainsi que l’article 15 de la Constitution togolaise ne s’applique pas à cette armée clanique : « Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Quiconque est arrêté sans base légale ou détenu au-delà du délai de garde à vue peut, sur sa requête ou sur celle de tout intéressé, saisir l’autorité judiciaire désignée à cet effet par la loi. L’autorité judiciaire statue sans délai sur la légalité ou la régularité de sa détention ». Ce texte est une vue de l’esprit au Togo et doit être relu à la lumière de la pratique quotidienne : « aucun militaire togolais ne peut être légalement arrêté ou détenu, car au-dessus de la Loi et défendant la gouvernance de l’accaparement » !!!

Pourtant l’article 21 de la Constitution togolaise rappelle ceci : « La personne humaine est sacrée et inviolable. Nul ne peut être soumis à la torture ou à d’autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants. Nul ne peut se soustraire à la peine encourue du fait de ces violations en invoquant l’ordre d’un supérieur ou d’une autorité publique. Tout individu, tout agent de l’État coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi. Tout individu, tout agent de l’État est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques ». Le problème est que c’est exactement le contraire que fait quotidiennement la grande majorité des dirigeants des forces armées togolaises au service du pouvoir en place.

Au niveau des médias, l’article 26 prévoit que « La liberté de presse est reconnue et garantie par l’État. Elle est protégée par la loi. Toute personne a la liberté d’exprimer et de diffuser par parole, écrit ou tous autres moyens, ses opinions ou les informations qu’elle détient, dans le respect des limites définies par la loi. La presse ne peut être assujettie à l’autorisation préalable, au cautionnement, à la censure ou à d’autres entraves. L’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice ». La réalité est tout autre. Il est impossible de faire un article sur les nombreux « charniers humains » et autres crimes à bout-portant de nombreux militaires, ex-membres ou membres reconvertis ou membres actuels des forces armées togolaises.

Selon l’article 26 de la Constitution togolaise, « L’État garantit le secret de la correspondance et des télécommunications. Tout citoyen a droit au secret de sa correspondance et de ses communications et télécommunications ». Qui au Togo a été surpris par les révélations du journal le Guardian sur la mise sur écoute institutionnalisée par l’État togolais avec des systèmes israéliens espions, achetés aussi par la France. Le problème est que le premier bénéficiaire de ce système sont les forces armées togolaises, qui l’utilisent contre le Peuple togolais.

Selon l’article 38 de la Constitution, « Il est reconnu aux citoyens et aux collectivités territoriales le droit à une redistribution équitable des richesses nationales par l’État ». Nul n’a vu la couleur ou l’odeur de la redistribution, encore moins du « ruissellement » vers les populations pauvres, sauf si vous acceptez la servitude volontaire et vous alignez sur le parti du pouvoir de la famille régnante et sa cour d’affidés.

Selon l’article 45 de la Constitution, « tout citoyen a le devoir de combattre toute personne ou groupe de personnes qui tenterait de changer par la force l’ordre démocratique établi par la présente Constitution ». Mais alors que faire si « l’ordre démocratique actuel » est fondé sur la gouvernance de l’accaparement et de l’usurpation des biens et richesses appartenant d’abord au Peuple togolais ? Il faut rétablir la vérité des urnes ! Cela passe nécessairement par le départ pacifique ou pas, de ceux qui vivent d’un système fondé sur l’abus de droit, l’abus de pouvoir, l’espionnage des citoyens à des fins de préservation ad aeternam du pouvoir.

Selon l’article 49 de la Constitution togolaise, « Les forces de sécurité et de police, sous l’autorité du Gouvernement, ont pour mission de protéger le libre exercice des droits et des libertés, et de garantir la sécurité des citoyens et de leurs biens ». La réalité togolaise est tout le contraire. Les restrictions imposées au cours de la pandémie du coronavirus COVID-19 ont ouvert un répit au pouvoir en place, car empêchant l’insurrection et la colère des citoyens togolais de se manifester. Alors, chaque citoyen doit comprendre qu’il est question de ne plus systématiquement attendre que d’autres feront à la place des Togolaises et Togolais, la justice et la reconstruction du Togo. Aussi, il y a lieu de sanctifier sans retard le Togo car tout crime impuni est une malédiction pour l’ensemble du Peuple.

Est-ce que selon l’article 64 de la Constitution togolaise et face aux multiples non-respects mentionnés plus haut de cette même Constitution, Faure Gnassingbé peut être considéré comme « le Président de la République » surtout qu’il a par le passé et actuellement refusé de conclure les enquêtes portant sur les assassinats suspects de Togolais et restés impunis, y compris au sein de sa propre armée clanique ? et de l’impunité face à des militaires de sa propre armée assassinés ? Il a pourtant prêté serment de se « laisser guider que par l’intérêt général et le respect des droits de la personne humaine, de consacrer toutes nos forces à la promotion du développement, du bien commun, de la paix et de l’unité nationale, de préserver l’intégrité du territoire national ; et se conduire en tout, en fidèle et loyal serviteur du Peuple. » Les preuves de ce comportement n’existent en fait pas sinon tout le monde le saurait. Mais il faut toutefois les exposer au Peuple togolais et laisser ce dernier en vérifier la véracité en toute indépendance.

Au demeurant, l’article 147 rappelle que « les forces armées togolaises sont une armée nationale, républicaine et apolitique. Elles sont entièrement soumises à l’autorité politique constitutionnelle régulièrement établie ». L’article 148 pose les limites des actions : « toute tentative de renversement du régime constitutionnel par le personnel des forces armées ou de sécurité publique, par tout individu ou groupe d’individus, est considérée comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionnée conformément aux lois de la République ».

Enfin, l’article 149 rappelle qu’« en dehors de la défense du territoire et des travaux d’utilité publique, les forces armées ne peuvent être engagées que dans la mesure où la présente Constitution l’autorise expressément. En cas de conflit armé avec un autre État, les forces armées sont habilitées à protéger les objectifs civils, et à assurer des missions de police, dans la mesure où leur mission de défense de l’intégrité du territoire l’exige. Dans ce cas, les forces armées coopèrent avec les autorités de police. En cas de rébellion armée, et si les forces de police et de sécurité ne peuvent, à elles-seules, maintenir l’ordre public, le Gouvernement peut, pour écarter le danger menaçant l’existence de la République ou l’ordre constitutionnel démocratique, engager les forces armées pour assister les forces de police et de sécurité dans la protection d’objectifs civils et dans la lutte contre les rebelles… ».

Face à toutes ces violations, l’ensemble du Peuple togolais, y compris les membres du parti RPT/UNIR doivent abandonner les représentants du pouvoir Gnassingbé, ce à tous les niveaux. Ce sera un geste fort de prise de responsabilité pacifique envers celui dont la famille a usurpé le pouvoir du Peuple pendant 54 ans et s’organise pour continuer encore jusqu’en 2040 compte tenu du système de la remise à zéro des compteurs à la fin des deux mandats d’usage.

Le Peuple tout entier doit refuser d’être considéré comme des « empêcheurs de tourner en rond » par Faure Gnassingbé et ses militaires hors-la-loi !

8. LE PEUPLE TOGOLAIS REBELLE, EST-IL UNE MENACE OU UNE GARANTIE POUR LA DÉMOCRATIE TOGOLAISE ?

Les forces armées claniques du Togo, accompagnées souvent de milices non identifiées, sont responsables de nombreux crimes et charniers dans le pays. Ces militaires ont carrément usurpé la fonction de la police et de la gendarmerie, au point d’avoir de nombreux responsables de ces deux corps de maintien de la sécurité civile être humiliés, assassinés ou partis en exil. Ces forces hors-la-loi deviennent de facto les premiers à « maintenir l’ordre public » au Togo en considérant que les vœux du peuple togolais pour un Togo fondé sur la vérité des urnes fait de ce Peuple, des « rebelles ». Bénéficiant essentiellement d’équipements israéliens et formés en France, certains ne doivent leur carrière qu’en défendant les intérêts de pays étrangers aux dépens de ceux du Peuple togolais. Mais le Peuple peut-il être considéré comme un danger menaçant non pas l’ordre démocratique, mais bien la famille Faure Gnassingbé et ses oligarchies servant de béquilles ? NON !!!

Le paradoxe est que c’est l’armée clanique et non-républicaine qui menace l’existence de la République du Togo en empêchant l’ordre constitutionnel démocratique fondé sur la vérité des urnes d’émerger. Aussi, Faure Gnassingbé et son père avant lui, avec le conseil militaire d’agents militaires français et israéliens et même Rwandais, ont systématiquement exigé et obtenu que les forces armées togolaise viennent assister, quand il ne s’agit pas de remplacer les forces de police, de gendarmerie et de sécurité dans la protection d’objectifs civils et dans la lutte contre le Peuple togolais, soif d’alternance.

En définitive, l’article 150 de la Constitution togolaise prévoit qu’« en cas de coup d’État, ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants. Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs. Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné conformément aux lois de la République ».

Comme la nation, sous les 54 ans de Gouvernance de l’accaparement, a été réduite à la famille Gnassingbé et sa cour élargie à certains responsables des partis politiques d’opposition, des associations de la société civile, du clergé toutes obédiences incluses, et même des chefs traditionnels, Faure Gnassingbé et son père avant lui, n’ont pas hésité à utiliser les clauses secrètes des accords de coopération militaire ou de défense existants avec la France pour œuvrer contre le Peuple togolais. Dans ces circonstances, toute Togolaise et tout Togolais qui s’engagent dans la désobéissance civile et tentent de s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime et anticonstitutionnelle de Faure Gnassingbé, -plus particulièrement lors de ce 4e mandat présidentiel-, constituent la plus sacrée des menaces pour le régime Gnassingbé et le plus impératif des devoirs d’en neutraliser les velléités. Le jeu est facilité puisqu’il n’y a plus d’oppositions politiques responsables au Togo depuis bien longtemps. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des opposants politiques au régime de Faure Gnassingbé et ses réseaux ésotériques, militaires, mafieux et financiers.

9. RECOMMANDATIONS DE RCDTI ET CVU-TOGO-DIASPORA : TRANSFORMER LES « FORCES ARMEES TOGOLAISES (FAT) » EN « FORCES DE SECURITE DU PEUPLE (FSP) » SANS FAURE GNASSINGBÉ

Il incombe aux forces armées togolaises de choisir si elles resteront dans la mémoire collective du Peuple togolais avec entre autres :

les images de militaires en uniforme s’enfuyant avec des urnes le jour des élections présidentielles en 2010 ;
les nombreux assassinats extrajudiciaires, dont le meurtre très récent à bout portant de Mohamed Agbende-Kpessou en plein jour et l’assassinat du jeune mécanicien Idrissou Moufidou ;
les tortures systématiques dont la torture gratuite de Dodji Koutouatsi, etc., et
l’impunité systématique…

La liste des abus, violences gratuites et atrocités est très longue. Il faudra un jour rendre des comptes devant des juridictions indépendantes africaines. La réputation des forces armées togolaises, selon le Peuple togolais victime, est sulfureuse et se résume aux abus précités. Les forces armées togolaises ne devraient-elles pas plutôt inspirer sécurité, confiance, respect et le sens du service pour son pays ? Certainement !

Le Peuple togolais doit nécessairement opter pour une stratégie qui ne peut pas être celle « des mains nues » mais doit se doter d’un projet de société commun et s’organiser pour porter plainte auprès des juridictions de l’Union africaine pour abus de droit, abus de pouvoir, assassinats de femmes et d’hommes, bref le non-respect de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, et au-delà, le non-respect des lois et principes de Dieu.

Le Peuple, tout en respectant la Constitution, doit pouvoir s’imposer s’il accepte de donner son approbation sur quelques noms de personnalités togolaises compétentes et désintéressés et ne travaillant pas en catimini avec et pour Faure Gnassingbé. Pour se faire, le rapport de force doit changer. L’armée républicaine togolaise doit savoir que son avenir avec le Peuple n’a pas besoin de « remettre les compteurs à zéro » pour travailler pour le Togo. En basculant vers le Peuple, les forces armées togolaises (FAT) devront accepter de changer leur nom pour adopter celui qui va les réconcilier avec le Peuple togolais à savoir devenir : Les forces de sécurité du Peuple (FSP). Alors Faure Gnassingbé ne pourra plus se cacher derrière les accords secrets de défense pour se maintenir par la force au pouvoir en s’appuyant sur l’armée, sur une milice, sur un parti, sur une caste, sur un groupe religieux ou social, ou sur les traîtres !

Aussi, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA exhortent chaque citoyenne et citoyen togolais, partout où elle ou il se trouve, à abandonner Faure Gnassingbé et ses agents nationaux et internationaux. Ceux qui ne le feront pas auront choisi de lutter contre l’avènement d’un nouveau Togo sans Faure Gnassingbé. Même avec l’achat des consciences avec l’argent, les honneurs, la violence et le droit à l’impunité, Faure Gnassingbé ne pourra pas à terme détourner l’armée togolaise de sa véritable mission : protéger le Peuple togolais dans son ensemble et sans exclusif. Ce temps viendra dès lors qu’une partie des militaires responsables prendront conscience qu’ils ont systématiquement « violés » la Constitution togolaise au cours des 54 ans de règne de la famille Gnassingbé au sommet d’un État usurpé.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA rappellent que la gouvernance de l’accaparement et de l’usurpation ne peut pas perdurer avec les « poches de plus en plus vides de l’État togolais » … L’armée togolaise, ne doit pas être détournée de ses missions régaliennes, et utilisée contre le Peuple. L’armée est au service du Peuple togolais, pas au service du système et de la famille Gnassingbé, soutenue par des puissances privées et publiques étrangères.

Le 10 août 2020.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du

Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes.

Comité de Rédaction : RCDTI, CVU-TOGO-DIASPORA ET PARTENAIRES :

Yves Ekoué AMAÏZO, Dr.
Jean-Pierre Akoété BALIKPO
Ernesto D’ALMEIDA, Dr.
Mathieu D’ALMEIDA
Koffi DEKU, Ing.
François FABREGAT
Apélété Félix KODJO
Antoine Koffi OKOUTA
Antoine RANDOLPH, Dr.

 

 

Togo - DÉTOURNEMENT DE L’ARMÉE TOGOLAISE CONTRE LE PEUPLE : argent, mensonges, violence, assassinats et impunité pour se perpétuer !

 

Togo - Mobilisation : Tabligbo en ébullition

Les menaces des autorités togolaises qui ont interdit la marche de ce matin prévue à Lomé et dans plusieurs autres villes, ont mis la capitale dans le coma. Un calme y règne ce matin. Seulement sont visibles partout des hommes en uniforme. Cependant, dans d’autres villes comme Tabligbo, Kpalimé, Danyi, les populations se sont levées tôt ce matin pour la mobilisation.

Actuellement, selon nos informations, il y a une course-poursuite entre des hommes en uniforme et la population à Tabligbo. Ces populations exigent le départ de Faure Gnassingbé qui, selon elles, n’a pas gagné l’élection présidentielle du 22 février dernier.

« Faure dégage ! Rendez la victoire à Agbéyomé Kodjo », peut-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants, la plupart habillés en rouge.

A Tokpli, dans le village natal du candidat de la dynamique Mgr Kpodzro, Agbéyomé Kodjo, les populations sont également en colère.

Les hommes en uniforme tirent des grenades lacrymogènes pour disperser les attroupements, selon nos sources. Plusieurs personnes sont arrêtées à Tabligbo, d’autres blessées. Ces sources indiquent que des militaires, bérets rouges notamment, ont envahi la ville.
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Togo - Mobilisation : Tabligbo en ébullition

 

Togo - Tabaski : Faure Gnassingbé parle aux musulmans, des Togolais lui répondent

Le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé a pris la parole à travers un message Tweeter pour adresser un message à la communauté musulmane qui célèbre ce vendredi la fête du sacrifice.

Puis d’ajouter : "Joyeuse fête à tous nos concitoyens de la communauté musulmane. Puisse vos prières concourir à une résilience accrue en cette période de la pandémie".

A ce message de Faure Gnassingbé, la réponse de ces concitoyens n’a pas tardé. En voici quelques-unes des plus pertinentes : "Merci. Mais c’est juste une journée de joie. Faites en sorte que les jours à venir soient aussi des journées de joie pour tous les Togolais en créant de bon cadre. En octroyant les marchés publics aux Togolais et non aux étrangers libanais, chinois, français, turcs et autres", a écrit un internaute.

Puis un autre d’ajouter : "Nous voudrions que tous les jours soient des jours de fête pour les Togolais où qu’ils soient, qui ils sont. C’est ça le bonheur d’un peuple".

Rayan Naël

 

 

Togo - Tabaski : Faure Gnassingbé parle aux musulmans, des Togolais lui répondent

 

Produits à grossir seins, fesses et sexes… Et si on faisait le ménage?

C’est une nouvelle forme d’entrepreneuriat qui émerge au sein de la jeunesse féminine. Le e-commerce au service des produits de beauté tout azimut. Élèves, étudiantes et autres débrouillardes rivalisent d’ardeurs avec les esthéticiennes professionnelles dans la commercialisation des produits de beauté et surtout, dans l’entretien du corps et de l’intimité féminine. Une révolution entrepreneuriale certes, mais aux allures d’un couteau à double tranchant.

Immersion dans un commerce florissant

En vogue depuis quelques temps déjà, le phénomène occupe majoritairement de jeunes filles à Lomé. Le e-commerce au service des produits de beauté. Un moyen par lequel celles-ci, sans salon de beauté, encore moins boutique, exposent sur les réseaux sociaux, plusieurs gamme de produits esthétiques. Des lingeries aux produits de make up en passant par crèmes, gélules et autres pommades dédiées à l’intimité féminine, tout y est.

Parole à certains acteurs

A l’appel en faveur de la culture entrepreneuriale au sein de la jeunesse, répondent favorablement ces filles, sans formalité aucune. «Depuis qu’une amie m’a conseillé ce commerce, j’avoue que je m’en sors plutôt bien. Je deviens beaucoup plus indépendante financièrement et je m’épanouis un peu plus», témoigne Martine, 23 ans, assistante de direction en quête d’un emploi.

Tout comme Martine, plusieurs sont les jeunes filles qui s’inscrivent dans ce type d’entrepreneuriat qui émerge. Tant la thématique touchant l’intimité attire convoitise, tant le marché semble vaste et florissant. «J’ai plusieurs amies que j’ai rassemblé sur une plateforme de discussion WhatsApp dédiée au commerce. Là j’expose les produits, et chacune d’elle manifeste son intérêt selon son désir», indique Germaine, 21 ans, une autre fille qui commercialise des produits cosmétiques.

La convoitise

De tous les produits mis en vente, il en ressort que ceux ayant plus d’audience sont les produits aphrodisiaques ou encore, ceux destinés à grossir les seins, les fesses, à aplatir le ventre ou à faire pousser la hanche. « Guidées par les besoins du terrain, beaucoup de filles s’intéressent à ces produits», nous confie, souriante, Abla, 25 ans, une autre qui excelle dans ce commerce. Et de nous diriger, ensuite, à notre demande, vers trois de ses fidèles clientes. D’abord, Jeannette, étudiante, 24 ans, témoigne : «J’ai jusque-là de petits seins. Et je sens que mon petit ami ne l’apprécie vraiment pas, sans pour autant me le dire. Et quand j’ai eu vent de ce produit qui fait grossir les seins, je n’ai pas hésité. Il a fallu juste deux semaines et les résultats sont au-delà de mes attentes». «Je n’ai pas de fesses bien sorties. Ce qui fait que certaines tenues à la tendance ne me vont pas bien. Mais des suppositoires qui me sont recommandés, m’ont permis, juste deux mois après, de corriger ce que j’estime être anomal», renchéri, ensuite, Diane 27 ans. «Que dire? Sinon, c’est un truc de ouf ! En quelques jours seulement, j’ai poussé de hanche. Ce dont je rêvais depuis», ajoute, enfin, Kayi, 19 ans, élève.

Comme on peut le constater, cette nouvelle forme de vente de produits cosmétiques et autres produits de beauté, mettent actuellement en rude concurrence, ces jeunes filles débrouillardes, les coiffeuses et esthéticiennes qui, jusque-là, détiennent le monopole de ce marché. Une sorte d’émulation qui, à priori, rompt avec l’oisiveté et le gain facile. Mais seulement voilà !

Sans expertise et risque de pathologies

Si l’approche choisie est innovante, il se trouve, par contre, que ces produits, plus orientés vers la stimulation de l’orgasme, la métamorphose du sexe, le grossissement des fesses et seins, ou encore la provocation de la rondeur chez les filles, s’administrent sans référence, ordonnance ou avis médical.

En effet, généralement ambulantes, ces jeunes filles sans expertise aucune dans la médecine aussi bien moderne que traditionnelle, encore moins dans l’esthétique, s’adonnent à la vente de ces produits dont nul ne sait l’origine, encore moins la posologie de ces produits. Très souvent décrits comme des produits naturels et bio, ces produits vraisemblablement chimiques qui inondent le marché togolais et se vendent à la sauvette, ne renseignent ni sur leurs maisons de fabrication ou encore sur les précautions à prendre. Mais aussi et surtout, aucun détail ne renseigne sur les grossistes qui importent ces produits et les détaillent ensuite sur le marché national.

Et si l’on faisait le ménage?

Dès lors, ce type de commerce représente, de ce fait, une véritable menace pour la santé publique. En ce sens qu’ils sont commercialisés par des acteurs qui ne s’y connaissent pas. Et partant de là, ils exposent les utilisateurs à des risques d’intoxication et de déformation physique du fait des substances chimiques, toxiques et cancérigènes que pourraient contenir ces différents produits.

D’où aujourd’hui toute l’urgence pour l’autorité de vite faire le ménage au sein de ces acteurs qu’il convient d’appeler des «médecins autodidactes». Plutôt que de s’évertuer à étouffer les belles initiatives comme l’application Yô Dokita qui, par contre, promeuvent la télé médicine et apportent de la plus-value à la santé publique, le ministère de la Santé et l’ordre national des médecins du Togo doivent décourager, si ce n’est réprimer au même titre que les médicaments de rue, ce commerce illicite qui exposent la vie de millions de jeunes filles inconscientes, aliénées et obnubilées par la tendance et la mode.

Source : Fraternité No.363 du 29 juillet 2020 [ fraternitenews.info ]

 

 

Produits à grossir seins, fesses et sexes… Et si on faisait le ménage?

 

Crise au Mali : La CEDEAO a trouvé « garçon » dèh !

Depuis le 5 juin 2020, les maliens sont dans la rue. Ils réclament la démission du Président, Ibrahim Boubacar Keïta au pouvoir depuis 2013. Cette crise sociopolitique découle d’un immobilisme politique présent au Mali depuis quelques années. Un manque de volonté, une incapacité à agir concrètement pour transformer le pays qu’on retrouve dans un autre pays de la sous-région ouest africaine, le Togo. D’août 2017 à décembre 2018, le Togo était dans une situation similaire jusqu’à ce que « le syndicat » des Chefs d’Etat de la Cedeao ne vienne au secours de Faure Gnassingbé.

Au commencement

Elu une première fois en 2013 et confirmé à la tête du pays en 2018, le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, fait face à un mouvement de contestation accru depuis les législatives de mars et avril dernier. Après un scrutin marqué par l’enlèvement du principal opposant au président, Soumaïla Cissé, mais aussi des enlèvements d’agents électoraux, l’intimidation d’électeurs et un taux de participation en chute libre, la Cour constitutionnelle a invalidé à la fin du mois d’avril une trentaine de résultats proclamés par la commission electorale en faveur du parti du président.

La réaction a été immédiate. Dans le courant du mois de mai, des adversaires d’IBK ont noué une alliance inédite autour de Mahmoud Dicko, un imam influent et respecté. Ensemble, ils ont lancé un appel à se rassembler dans la rue une première fois le 5 juin et se sont baptisés « M5-RFP »pour « Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques ». Le M5-RFP réclame la dissolution du Parlement malien, la formation d’un gouvernement de transition dont il désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir. Après les premières manifestations sans heurt, les contestataires ont durci le ton en demandant le départ du Président IBK à la suite d’une répression sanglante qui fait plusieurs morts. Depuis, la majorité présidentielle aligne les propositions mais les responsables du M5-RFP campent sur leurs positions.

La CEDEAO en échec….

Jeudi 23 juillet 2020, une mission de cinq Chefs d’État ouest-africains dirigée par le président en exercice de la CEDEAO Mahamadou Issoufou a tenté une médiation. Mais elle a échoué.

En effet, dès sa sortie d’audience avec la délégation de la Cedeao, l’Imam Mahmoud Dicko, qui fait office de porte-parole du M5-RFP a indiqué que « les lignes n’ont pas bougé ». Les membres du mouvement n’ont pas refusé de dialoguer, a-t-il encore précisé, mais, martèle-t-il, « nul ne peut venir leur imposer ses solutions ». Le parrain du mouvement du 5 juin a exprimé son insatisfaction des recommandations faites par la délégation des chefs d’État africains. Selon la personnalité morale du M5-RFP, « il est hors de question de se laisser gouverner par ceux qui ont été à l’origine des assassinats et des tirs à balles réelles survenus les 10, 11 et 12 juillet 2020 ». À l’en croire, le peuple malien n’est pas un peuple résigné « mais un peuple debout ».

Face à la détermination des leaders de la contestation, les missionnaires de la Cedeao ont rebroussé chemin. Dans l’immédiat une conférence des Chefs d’Etat de la Cedeao a été convoquée.

Lundi dernier, les 15 chefs d’État de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), à l’issue de ce sommet virtuel, ont prévu un régime de sanctions « contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation » au Mali, à mettre en œuvre avant vendredi prochain, a déclaré en conclusion des travaux le président en exercice de l’organisation régionale, le chef de l’État nigérien Mahamadou Issoufou. Le plan de la Cedeao prévoit notamment le maintien au pouvoir d’IBK, mais prône la constitution rapide d’un gouvernement d’union nationale et des élections législatives partielles. Des propositions une fois encore rejetées par le M5 RFP.

Du Togo au Mali….

Cette crise malienne et la médiation en cours ressemblent fortement à celle que le Togo a connue entre août 2017 et novembre 2018. A l’époque, de nombreuses manifestations ont eu lieu afin de réclamer le départ de Faure Gnassingbé. En plus du droit de vote des Togolais de la diaspora, les manifestants exigeaient une réforme constitutionnelle pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, appliquée de façon rétroactive. Dos au mur, le gouvernement togolais a fait appel à la Cedeao pour jouer aux médiateurs.

Dès leur arrivée au Togo, les facilitateurs ont, par différents astuces et du dilatoire, brisé la dynamique de contestation. Les manifestations ont été arrêtées. La classe opposante venait ainsi de laisser tomber sa seule arme de pression. Par la suite, la lassitude et les affaires de corruptions impliquant les leaders de l’opposition ont fini par avoir raison de la détermination des togolais.

Au terme de leur médiation, les facilitateurs de la crise avaient proposé une feuille de route floue dans laquelle les revendications des contestataires ont été noyées. D’ailleurs, le pouvoir de Lomé utilisera celle-ci comme argument pour arriver à ses fins. Avec une réforme constitutionnelle taillée sur mesure pour non seulement permettre à Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir mais aussi de briguer un nouveau mandat et de lui donner la possibilité de se présenter à l’élection présentielle de 2025.

Croyant que la recette utilisée au Togo est universelle, les Chefs d’Etat de la Cedeao se sont dépêchés au Mali pour, cette fois, sauver IBK. Comme solution de sortie de crise, ils recommandent la démission des 31 députés dont l’élection est contestée, la formation d’un gouvernement d’union nationale et la nomination de nouveaux magistrats à la Cour constitutionnelle. Pour la Cedeao, il n’est donc pas question que le Président malien démissionne. Pour justifier sa position, elle se cache derrière le respect des principes démocratiques qui ont vu élire IBK à deux reprises. Dès lors la question se pose de savoir pourquoi la Cedeao ne s’était prononcée contre le départ par la rue de Blaise Compaoré en 2014. Aussi, le peuple malien n’est-il pas libre de retirer le pouvoir aux dirigeants qu’il juge incapables d’accomplir ses désirs.

Une leçon pour l’opposition togolaise

Juste après la fin du sommet de la Cedeao, dans un communiqué, les opposants maliens ont indiqué qu’ils ne baisseraient pas les bras. Ils exigent plus que jamais la démission d’IBK. D’ailleurs, ils appellent à une nouvelle désobéissance civile. Les menaces de sanctions de la Cedeao n’ont donc pas eu d’effet.

Preuve d’une détermination sans faille. Chose qui a cruellement manqué à l’opposition togolaise en 2017 qui a, fait preuve de naïveté. Une opposition qui a vite abandonné les manifestations au profit des discussions sans fond.

L’autre leçon du M5 à l’opposition togolaise est celle de la probité morale incarnée par l’Imam Dicko. Depuis le debut de cette crise, malgré les propositions alléchantes, les membres du mouvement sont restés fermes. Au Togo, en 2017, plusieurs affaires de dessous de table ont éclaboussé les leaders de l’opposition regroupés au sein de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C14).

In fine, la Cedeao qui est accusée depuis quelques temps d’être un « syndicat de chefs d’Etat » qui se soutiennent et se protègent mutuellement, est en train de donner raison à ses détracteurs. Pire encore, la plupart des Chefs d’Etat en pole position dans la médiation au Mali ne sont pas tous des exemples de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Deux fléaux contre lesquels le peuple malien est vent debout. Au-delà, les chefs d’Etat de la sous-région doivent désormais comprendre que la formation d’un gouvernement d’union nationale comme solution «universelle» à toutes les crises est dépassée. Il faut donc proposer de nouvelles alternatives crédibles qui s’alignent sur les aspirations des populations. Sur ce point, il semble que les maliens ont vite compris très tôt ce que les opposants togolais n’ont pas vu venir. D’ailleurs, ils n’ont pas mis beaucoup de temps pour rejeter les solutions de la Cedeao.

Source : Fraternité No.363 du 29 juillet 2020 [ fraternitenews.info ]

 

 

Crise au Mali : La CEDEAO a trouvé « garçon » dèh !

 

Togo - Covid-19 : Fin de la mission cubaine au Togo

Les médecins cubains venus porter assistance à leurs collègues du Togo dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 ont quitté le pays. Les autorités sanitaires estiment qu’ils ont fini leur mission.

Après trois mois d’assistance auprès des services sanitaires du Togo, la brigade médicale cubaine du Contingent international Henry Reeve, est rentrée chez elle. Les informations indiquent qu’elle était présente à la demande du chef de l’Etat Faure Gnassingbé.

« Après quelques mois, ils ont compris que les médecins togolais ont la capacité de faire face à la maladie et qu’ils peuvent travailler sans crainte. Au bout de trois mois au Togo, le Chef de l’État est rassuré qu’il peut compter sur ses compatriotes pour prendre en charge les malades de la Covid-19 et il a donc libéré les médecins cubains », a précisé le responsable du CHR Lomé Commune, Prof. Majesté Ihou Watéba.

Et d’ajouter : « Actuellement, ils sont partis. Comme je l’ai dit, nous sommes confiants et nous connaissons comment se comporte désormais le virus. Ce que nous demandons, c’est la disponibilité des matériels de travail et de soins ».

Il faut rappeler que la brigade médicale cubaine était composée de pneumologues, d’épidémiologistes, de réanimateurs, de généralistes et d'infirmiers.

N.K

 

 

Togo - Covid-19 : Fin de la mission cubaine au Togo

 

Togo - Ce que nous sommes devenus, nous autres togolais, en cinquante ans sous le regard des autres

« Autrui détient un secret : le secret de ce que je suis. Il me fait être et par là même me possède ». Dans l’ETRE ET LE NEANT, Jean Paul SARTRE développe la théorie du regard qui cerne l’autre, le met en pièces pour l’appréhender, le connaître. Nous ne nous connaissons jamais assez sans les autres. Nous connaissons parfaitement l’accent de tel peuple ou de tel autre avec qui nous partageons une langue autant que ses habitudes, sa mentalité, ses forces, ses faiblesses…

Nos voisins se révèlent à nous dans leurs actes, leurs réflexes. Ils ne peuvent pas indéfiniment se cacher de nous parce que être, c’est paraître, c’est-à-dire se projeter sur l’écran des pupilles des autres consciemment ou inconsciemment.

Notre historicité est dans notre parcours, celui que nous traçons et que les autres enregistrent. La personnalité togolais sortie sous le règne et le modèle des GNASSINGBE se connaît mieux par nos voisins que nous ne l’imaginons. Les Togolais sont sous le regard du Ghana, du Burkina-Faso, du Benin, de la Cote d’Ivoire, de la sous-région, de la Communauté internationale et des peuples du monde autant qu’ils sont sous notre regard.

Le Ghana est dans les fleurs de sa renaissance, sur une courbe ascendante indéniable après son effondrement spectaculaire sous le règne du Professeur d’économie à Oscford, Koffi BUSIA, qui a renvoyé quatre millions d’expatriés du Ghana en 1968 en les considérant comme des prédateurs de l’économie ghanéenne. L’instabilité économique à la suite de ce triste épisode à engendré une série de coups d’Etat militaires qui ont provoqué la dégénescence socio-économique de ce pays sur vingt-cinq ans. D’où l’expression ivoirienne : « Etre tombé comme Ghana ».

L’autorité économique, politique, démocratique est rétablie pour RAWLINGS. L’alternance politique avec des institutions incarnant l’expression populaire donne une vie resplendissante à nos voisins de l’Ouest qui ne comprennent pas comment le Togo puisse végéter sous des chrysanthèmes pendant cinquante ans, avec la même famille, les mêmes puanteurs édulcorées de tapage médiatique, de falsifications sécuritaires, d’instruisions frénétiques sur la scène internationales avec des conférences bidons. Tous nos voisins connaissent nos badigeons ubuesques et nos prodigalités qui ne cachent pas nos misères politiques, nos institutions du scandale, nos délinquances judiciaires, notre gouffre social, moral, politique et nos barbaries.

La politique du superflu de père en fils, sans aucun horizon lumineux au Togo n’est-elle pas tombée fort longtemps sous le regard souverain des autres qui continuent de s’étonner de nos prouesses de risée ?

En trente-huit ans du père et de quinze ans de globe-trotter de fils, la fanfare et les castagnettes propagandistes pour un quatrième mandat du petit prince, n’élèvent-elles pas de cinglants quolibets ?

1) Plus d’un demi-siècle de chute, d’autoflagellation et de quolibets

Toutes les cités-carrefours de plusieurs civilisations accumulent des richesses et se dynamisent de leur mixité pour développer elles-mêmes leur esprit. Le savoir-faire des peuples enrichit des cités d’accueil. Les peuples des royaumes du Dahomey, du Ghana se sont établis sur la côte atlantique, s’ouvrent à la mer et accueillent des portugais, de brésiliens et afro-brésiliens, des anglais, des allemands et des français qui font du négoce en laissant plusieurs enfants. Une richesse culturelle s’est diffusée dans tous le Togo, dans un autre brassage de plusieurs civilisations sectorielles.

Une âme togolaise est née dans une détonation d’intelligence redoutable qui affronta vaillamment la tutelle française jusqu’au référendum de 1958 qui ouvre les portes de l’indépendance à notre pays en 1960.

Partout dans les documents historiques, les Français mentionnent le nationalisme des togolais, leurs capacités d’organisation, l’éclair d’intelligence qui les habite et la rigueur de leurs options, de leurs choix. Toutes ces aptitudes ne sont pas venues du hasard. Elles sont une émanation de la dynamique de croisement des peuples.
Nous étions un pays pilote dans la lutte contre la colonisation française. Le gros métissage intellectuel, des arts et des métiers de plusieurs horizons a permis à nos devanciers d’éclairer les autres peuples d’Afrique, dans un formidable courant d’expatriation pour l’enseignement, les métiers, l’art culinaire… Nous avons porté les mutations des peuples dans de très nombreux pays africains par notre sueur au travail, notre dynamisme.

Mais aujourd’hui, ceux à qui nous avons transmis la force de l’esprit, la générosité du bon sens, la dextérité de l’apprentissage, le génie et le gout se moquent de nous, de nos insaisissables nullités, de nos avaries politiques, de nos dégringolades commerciales, sociales, éducationnelles, de nos inversions de sens, de nos saletés institutionnelles, de nos perversions éhontées, de nos sauvageries crues, de notre présente tronquée sur la scène internationale, de nos faussetés morbides, de nos délinquances judiciaires, de nos maladies incurables en matière d’élection, de nos prodigalités mafieuses étonnamment vivaces, de notre déshumanisation…

Ceux parmi nous qui ont la chance d’un séjour dans les pays voisins peuvent témoigner les lapidations dont nous sommes victimes, rapporter les moqueries qui accablent notre peuple, le mépris que nos dirigeants répandent. Ils ne comprennent pas comment nous demeurons dans des ténèbres pendant que le cycle de la luminosité ne prive plus aucun peuple du sursaut. Ils lisent nos vies de misères à nos fronts, dans une chute impitoyable de cancres. Ils ne comprennent pas comment nous arrivons à nous accommoder si longtemps à une clochardisation des masses par une famille, une dynastie, un clan. Les prisonniers volontaires se détestent et rares sont ceux qui s’apitoient sur leur sort. Nos voisins proches et lointains s’alignent sur Jean Paul SARTRE, dans LES SEQUESTRES D’ALTONA où il écrit : « Je déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux ». Nos voisins nous détestent, nous méprisent !
Comment sortir de l’engrenage des railleries, des quolibets quand nos niaiseries politiques triomphent des actualités et quand nous courbons nos têtes devant les tragédies électorales et devant la sottise de la cupidité d’une grande majorité de nos concitoyens nombrilistes et pervers ?

L’histoire est malheureusement aussi composée de ce que les hommes font contre leur propre génie, leurs propres talents. Nos stérilités viennent d’une direction ethniciste, clanique qui a si longtemps affamé notre peuple, spolié la république, massacré des citoyens, prostitué nos valeurs, nos mœurs, noyé l’esprit national d’émergence dans le gouffre des barbaries et nous avons perdu notre sérieux, les principes moraux, éthiques, civiques et toutes les valeurs d’ascendance de notre peuple.

Nos communes, nos villes, nos préfectures, nos cantons, nos villages sont dans une sépulture sèche qui ne libère pas l’esprit à la grandeur. Quand on tue le châssis d’un peuple, ses fondements, l’éducation, la santé, le commerce, les produits de rente qui enrichissent les peuples et quand on accapare les devises de ressources minières, la contrainte de la diète imposée aux populations les bascule à l’état sauvage. L’homme qui a faim perd le contrôle de lui-même. Il en va de même pour un peuple.

Les régimes barbares ne sont d’aucune utilité pour les peuples, les nations, les républiques et les hommes. Nous sommes aujourd’hui obligés de reprendre à la base l’édification de notre cité, la cité humaine et ce qui indigne nos voisins qui nous regardent de haut.

2) Bouffonneries politiques sur le théâtre de l’Etat

Le niveau de l’esprit national, du sens de devoir, de l’éducation, du civisme, de la morale politique, des codes d’humanité qui flambait la République, son avenir, était une couronne de célébrité qui lui offrait une canne de noblesse sur l’échiquier mondial et le distinguait favorablement parmi les jeunes nations du continent, avant que ne survienne le grand basculement dans la vallée des médiocrités, du nanisme, des crimes des horreurs à la suite de l’assassinat du père de la nation, Sylvanus OLYMPIO.

La transition éphémère de Nicolas GRUNITZKY annonçait nos faillites, quand les mêmes putschistes dévoilaient leur ambition et s’emparèrent du pouvoir. Les ambitions sans aucun mérite sont inexorablement annonciatrices de grandes tragédies. Pour bien comprendre les clignotements qui ont carrément mis notre république dans le rouge, il faut absolument lire LA FRANC AFRIQUE, LE PLUS LONG SCANDALE DE LA REPUBLIQUE de François-Xavier VERSCHAVE.

Tout part de l’esprit. Quand il est bien raboté, comme l’indique VERSCHAVE, dans une documentation fouillée sur la personnalité de celui qui faisait office de leader, le naufrage ne pouvait être que terrifiant. En lisant la biographie magistralement illustrée de séquences incroyables, le choc est inévitable, les rires et les larmes sont abondants. Le monde se moque des togolais en apprenant l’histoire du baobab de Pya. Y a-t-il dans l’histoire de l’Afrique moderne un chef d’un niveau aussi exécrable ?

Mais, c’est à la Conférence Nationale Souveraine en image directes avec des témoignages des personnes ressources que les confluents et les versants des preuves sur la gouvernance d’Eyadema ont fait l’écran de curiosité populaire toujours aux larmes de la révolte.

Ceux qui, en Afrique, se moquaient des Togolais et de l’abêtissement qu’ils subissaient du régime Eyadema ont parfaitement raison. Comme l’écrit Gérard LABRUNIE, SUR UN CARNET : « Les grandes idées ne viennent pas du mauvais esprit ». Le grand mérite de la Conférence Nationale Souveraine, c’est d’avoir fourni aux historiens des matériaux irréfutables pour des vérités historiques pures sur un règne de l’abîme qu’on veut couvrir d’artifices de paix. L’annexion, pour le compte personnel, de l’exploitation des phosphates du Togo, révélée à l’Assemblée nationale, Kazaboua, Agombio, la prostitution de luxe imposée par l’animation populaire, la clochardisation du peuple et la distribution des billets de banque aux masses qui dansaient à son honneur, pendant trente-huit longues années, sont quelques aspects de ses prouesses personnelles dont des générations entières vont se moquer comme le mode entier le faisait.

Le plus grave, en ce siècle autre en ses mœurs, la succession monarchique de son rejeton a amplifié l’éveil de la génération consciente. L’émergence africaine est horrifiée par le cumul des mandats de Faure GNASSINGBE, autant par la floraison des bassesses judiciaires, électorales. Dans les manifestations de la diaspora contre le « Timoniertricule », le monde se joint aux Togolais pour huer le prince de la savane herbeuse.

Cinquante-quatre ans de raillerie, de lapidation d’un règne d’usurpation, de la rapine, de la délinquance judiciaire, du vol, du viol, d’enrichissement illicite, de violation des droits de la personne et des peuples ne peuvent qu’expliquer la sépulture indécente dans laquelle la république est couchée. Les traumatismes et les tristesses sont lisibles à nos fronts. La mort est partout lancinante ; elle nous emporte dans le silence, dans un pays qui a perdu la joie de vivre, l’éducation, l’éthique, la morale publique, la scène internationale, tout son sérieux. Plus personne ne nous prend au sérieux ! Et pour combien de temps encore ?
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Togo - Ce que nous sommes devenus, nous autres togolais, en cinquante ans sous le regard des autres

 

Togo - Jean Kissi : « Les opposants ont déçu la population »

Le Secrétaire Général du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Jean Kissi, estime que l’opposition togolaise, dans toute sa composition, pèche dans la mission que lui a confiée le peuple togolais.

Jean Kissi n’est pas allé du dos de la cuillère pour dénoncer les « coups bas », la désunion et l’intérêt personnel qui ont manifestement désorienté la lutte pour la démocratie au Togo durant les 30 dernières années.

« Les opposants ont déçu la population. En 30 ans de combat démocratique, nous ne sommes pas parvenus aux résultats escomptés », a reconnu Jean Kissi.

Il a poursuivi : « Le pouvoir se comporte aujourd’hui comme s’il avait vaincu le peuple togolais. Après le 19 août 2017, le fait que l’opposition n’a eu aucun résultat, donne l’impression au camp du pouvoir d’être les grands gagnants ».

Dans le même contexte, M. Kissi a demandé Faure Gnassingbé et ses acolytes d’abandonner les poursuites engagées contre Agbéyomé Kodjo qui revendique « sa victoire lors de la dernière élection présidentielle ». Cette situation ne fait qu’empirer la crise sociopolitique du pays, a-t-il ajouté.

Relativement à la solution à la situation sociopolitique du pays, le Secrétaire général du CAR propose un « grand compromis national ». Un accord politique avec en toile de fond un dialogue national qui pourra enfin mettre le Togo sur les rails.

« Il faut qu’on engage un dialogue national pour déboucher sur un compromis national. Il faut qu’on sache que Dieu est à l’œuvre parce que ce problème arrive à un moment où le plus grand diplomate parmi les religieux togolais est archevêque de Lomé. Je veux parler de Mgr Nicodème Barrigah à qui l’État avait déjà confié des missions dans le sens de la réconciliation nationale », a-t-il recommandé.

N.K

 

 

Togo - Jean Kissi : « Les opposants ont déçu la population »

 

1990-2020 / Dans un nouveau rapport La LTDH décrit 30 ans de terreur et de résistance du peuple togolais

20 juillet 1990-20 juillet 2020. Il y a trente ans que la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) œuvre pour la promotion et la protection des droits de l’homme au Togo. 30 années d’un parcours de combattant dans un pays où la vie humaine n’a toujours pas de valeur aux yeux des gouvernants. Dans le cadre de la célébration de ce jubilé de perle, la LTDH a organisé une série d’activités dont un séminaire en ligne qui a eu lieu les 20 et 21 juillet 2020. Hier, elle a organisé une conférence de presse au cours de laquelle un rapport synthétique des 30 ans d’existence de l’organisation a été présenté. « Le martyr du peuple togolais à travers trente ans de terreur et de résistance (1990-2020) », tel est le titre du document dont nous vous présentons un extrait.

Le rapport est constitué de 4 parties essentielles. La première traite des droits fondamentaux et la liberté des libertés fondamentales. Il s’agit de la liberté d’expression et d’opinion, la liberté de presse, la liberté d’association, la liberté de circulation et la protection des femmes et des enfants ou mineurs.

Dans ce chapitre, la LTDH fait remarquer que dans tout Etat qui se veut démocratique, la liberté d’opinion et d’expression revêtent un caractère fondamental étant donné qu’elles ont une valeur constitutionnelle. Elles sont consacrées par l’article 25 de la Constitution togolaise. Malheureusement, la pratique vécue contraste avec le ton fort donné dans leur consécration constitutionnelle. « En effet, il convient de relever que les lois censées règlementer ces deux libertés fondamentales pour leur meilleure jouissance par les citoyens, ont limité ou restreint la révision du code pénal en 2015 qui érige en infraction l’outrage envers les représentants de l’autorité publique, la diffamation et l’incitation à commettre des crimes et délits. Ces infractions qui sont susceptibles d’être utilisées contre des personnes ayant une opinion dissidente, portent le germe de violation de la liberté d’expression. La preuve en est que, le 22 août 2018, Folly Satchivi , leader du mouvement, « En aucun cas » qui réclamait la limitation des mandats présidentiels, a été arrêté et inculpé pour trouble à l’ordre public pour avoir organisé une conférence non autorisée », relève le rapport.

La liberté de presse, qui fait des médias le quatrième pouvoir est bafouée. « Au Togo, il faut s’attendre à tout », avertit la LTDH qui indique que depuis sa naissance, elle a constaté plusieurs violations de la liberté de presse avec des menaces et destructions des biens meubles des organes de presse à l’époque (1993, Ndlr). « De 1990 jusqu’à 2005, année où le président Eyadema est mort, la presse est éprouvée par des chasses à l’homme, des incendies d’imprimeries, des kidnappings des directeurs de publication ou des rédacteurs par des agents des forces armées togolaises à la solde du régime au pouvoir. De 2005 à nos jours, la presse togolaise se retrouve de nouveau dans un dilemme. Les journalistes sont confrontés à l’équation : « quels types de journalistes sommes-nous ou voulons-nous être ? » et quelles institutions de régulation devons-nous avoir ? » », écrit la ligue.

Elle souligne que le pouvoir en place pousse parfois à l’autocensure et prive les médias jugés critiques de moyens (pression sur les opérateurs économiques pour ne pas leur donner des publicités et autres avantages par exemple). « Certains journalistes ou organes de presse ont été convoqués pour avoir écrit des articles politiques. D’autres ont fait l’objet de menaces ou de confiscation de matériels de travail sur les lieux de travail. Sur le terrain, les journalistes sont souvent pris à partie par les forces de sécurité et passés à tabac. Leurs appareils sont parfois confisqués. Aussi, les autorités portent-elles souvent plainte contre les journalistes qui se montrent critiques envers elles et ces derniers sont souvent sanctionnés par une justice partisane. De 2005 à 2019, trois radios et une télévision ont été fermées. L’aide à la presse est dérisoire et rend de ce fait un travail de qualité très compliqué pour tous les acteurs de la corporation. Les employés ne disposent pas, jusqu’à ce jour, d’une convention interprofessionnelle de la branche. On peut, en toute honnêteté, reconnaître que la législation qui encadre la création des médias, surtout écrits, est assez souple. Courant mars 2020, les organes de presse écrite tels, le quotidien « Liberté », « L’Alternative » et «Fraternité » ont été sanctionnés par la HAAC suite à une plainte de l’Ambassadeur de France au Togo. En somme, nous pouvons dire que la liberté de presse est une liberté en sursis ».

De la liberté d’association et de réunion, la LTDH déplore que malgré le cadre juridique togolais, la pratique révèle des violations répétées de ces libertés. « Depuis le 19 août 2017, les violations sont caractérisées par l’intrusion et la dispersion systématique des réunions des partis politiques de l’opposition ainsi que les interdictions de conférences de presse d’organisation de la Société Civile. Il s’est installé un délit d’appartenance à des partis politiques ou à des mouvements citoyens qui ne regardent pas dans le même sens que le pouvoir…Aujourd’hui, la délivrance des récépissés d’association n’est plus basée sur les critères de moralités, mais plutôt sur ceux basés sur l’appartenance politique », lit-on dans le rapport.

Relativement à la liberté de circulation, la LTDH soutient que la jouissance de cette liberté pose souvent problème pour des personnes qui sont dans le collimateur des autorités politiques à cause de leurs opinions politiques dissidentes. Et par rapport à la protection des femmes et des enfants ou mineurs, la ligue écrit : « La protection des femmes et des enfants relevant de droits catégoriels n’est pas reluisante. Les analyses et observations sur le terrain révèlent que les femmes continuent d’être victimes des hommes aussi bien dans leur foyer que dans la vie courante. Les jeunes filles sont traitées comme des objets et utilisées comme tels. En témoigne une vidéo du sieur Sodji balancée sur les réseaux sociaux et dont aucune suite judiciaire n’est connue jusqu’à cette date. La parité en genre dans les représentations politiques décidée par le chef de l’Etat n’a jamais été effective même au sein de son propre parti politique. Lors des manifestations politiques ces dernières années, plusieurs enfants ont été victimes de la barbarie des Forces Armées Togolaises et des milices proches du régime en place ».

Au volet de la vie démocratique du pays, le rapport a été consacré à l’analyse des contentieux électoraux, de la présence de l’armée et des enjeux de l’alternance. Selon la Ligue, même si depuis 2010, les élections au Togo n’ont pas débouché sur des violences, elles demeurent des périodes de crispation de la vie sociopolitique et sont souvent caractérisées par le cycle infernal élections-contestations-répressions-négociations. « Un passage en revue des processus électoraux qu’a connus le Togo depuis 1990 fait ressortir que le pays a connu six (06) élections présidentielles : (juin 1993, 21 juin 1998, en 2003, avril 2005, 4 mars 2010, 25 avril 2015), cinq (05) élections législatives (février 1994, en 2002, 14 octobre 2007, 25 juillet 2013, 20 décembre 2018), la première élection locale depuis 1987 a eu lieu le 30 juin 2019. Les institutions qui interviennent dans le processus électoral sont toutes à la solde du pouvoir et les conditions d’organisation des différentes élections portent en elles les germes des violences postélectorales. L’on peut affirmer que les élections au Togo ont été toutes régulières, mais n’ont jamais été sincères et transparentes. Plus de 53 ans au pouvoir, n’implique ni popularité ni légitimité », écrit la LTDH.

L’organisation de défense des droits de l’homme indique aussi que depuis 1963, l’armée togolaise continue d’influencer négativement le fonctionnement du système mis en place au Togo qui s’apparente à une dictature militaire. « Si la dictature perdure, c’est parce que l’armée occupe une place prépondérante dans le fonctionnement des institutions », martèle le rapport… L’armée ne cesse de s’opposer aux revendications du peuple pour l’alternance, et ce, au travers des nombreuses répressions des manifestations pacifiques du peuple. Même les enfants sont tués par des balles réelles. Dans l’optique de faire asseoir la terreur et la psychose au sein des populations, certains officiers sont nommés comme des autorités déconcentrées dans les préfectures. Les reproches formulés à l’encontre de l’armée se résument à son statut non républicain. De plus, sa prépondérance dans le fonctionnement des institutions est telle que les pouvoirs législatifs et judiciaires ont du mal à se dégager de son emprise », relève le rapport.

Dans ces conditions, l’alternance est hypothéquée. « La difficile démocratisation du Togo s’explique par le fait que notre pays demeure l’une des rares dictatures militaires qui sévissent encore dans une Afrique où les transitions démocratiques dessinent le contour du paysage politique. La dictature militaire instaurée par le clan Gnassingbé de père en fils, caricaturant la République en monarchie, se maintient par la terreur, l’impunité et la corruption contre la volonté du peuple togolais dans son immense majorité. Pour faire semblant d’être dans la norme démocratique, le régime militaire organise périodiquement des mascarades électorales dont les contestations sont souvent réprimées dans le sang avec tout le cortège de violations des droits humains : arrestations arbitraires, emprisonnements, tortures, violations des domiciles des opposants, instrumentalisation de la justice. Aucune institution n’est indépendante, car elles sont toutes inféodées au pouvoir exécutif. Surtout celles qui s’occupent des élections », déplore la LTDH qui parle d’une privatisation du Togo par une minorité qui pille le pays sans vergogne. « Cette minorité de civiles et de militaires a peur du changement à cause de la reddition de comptes qu’elle appréhende comme un cauchemar », explique le document.

Au chapitre des arrestations et détentions arbitraires et abusives, la Ligue rapporte que la torture et les peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants ont librement cours au Togo. « La torture, cette pratique abjecte vis-à vis de la dignité humaine, s’est inscrite dans le mode opératoire des services de renseignement et des agents de sécurité… Il ressort de certains témoignages que des personnes, arrêtées et détenues ont été soumises à des simulacres d’exécution qui consistent à faire croire à l’exécution de la personne dont les yeux sont bandés, en lui demandant de faire sa prière ou de choisir entre Jésus, Satan ou Allah ».

La Ligue dénonce aussi le fait que depuis 2005, le régime en place utilise les arrestations politiques comme des prises d’otages. A chaque évènement politique, souligne-t-elle, le pouvoir utilise la justice et l’armée pour arrêter et envoyer en prison des citoyens qui expriment des points de vue contraires à ceux du régime.

Le constat de la LTDH dans le domaine de l’impunité et de la réconciliation est clair : « Depuis le 5 février 2005, date du coup d’État visant à placer au pouvoir Faure Gnassingbé et maintenir le régime en place, le peuple togolais vit dans une situation d’oppression… Les victimes de l’arbitraire, la classe politique togolaise et la société civile responsable s’accordent sur l’échec du processus de réconciliation et de la lutte contre l’impunité. Les auteurs des exactions de 2005, de 2012, de 2017 jusqu’à ce jour ne sont aucunement inquiétés ni par la justice locale ni par la justice internationale. Le peuple togolais s’estime abandonné au milieu d’une grande forêt remplie de prédateurs ».

Le droit à un procès équitable a toujours été en souffrance avec une justice instrumentalisée qui organise des procès expéditifs. « Malgré les nombreux projets financés par les partenaires techniques pour réformer le secteur, les juges ont toujours à leurs trousses, des hommes politiques du régime en place et des cadres de l’armée qui orientent très souvent les décisions rendues », déplore la Ligue.

Pour finir, elle dresse une liste de recommandations. A l’endroit du gouvernement et des institutions nationales :

faire cesser l’impunité des agents qui se rendent coupables d’actes de torture ;
rendre justice aux victimes de la torture ;
organiser le retrait de l’armée comme acteur politique majeur de la vie politique ;
abolir la loi liberticide restreignant la liberté de manifestation pacifique et sa jouissance ;
respecter les accords signés avec les forces démocratiques ;
libérer tous les détenus politiques ;
respecter la vérité des urnes ;
mettre fin au harcèlement politique et judiciaire des dirigeants de la Dynamique Monseigneur Kpodzro dont le candidat Messan Agbeyome Kodjo s’est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle de février 2020.
A l’endroit de la communauté internationale :

manifester davantage son soutien à la lutte du peuple togolais pour l’avènement de la démocratie ;
exiger des enquêtes pour les cas de violations massives des droits de l’homme ;
veiller à la protection des défenseurs des droits humains ;
veiller au strict respect de la liberté d’expression et de presse ;
veiller à la protection des journalistes ;
cesser toute complicité dans l’organisation de mascarades électorales.
A l’endroit des organisations de défense des droits de l’homme :

réunir les forces et les moyens pour une meilleure défense des victimes des violations des droits humains ;
s’organiser pour les pressions et le lobbying afin de pousser l’Etat à respecter la Constitution, les droits des citoyens et la vérité des urnes.

G.A.

Source : Liberté Togo

 

 

1990-2020 / Dans un nouveau rapport La LTDH décrit 30 ans de terreur et de résistance du peuple togolais

 

Chef d’Etat Africain : Le pouvoir, tout le pouvoir

« La question du troisième, quatrième, voire cinquième mandat nous révèle la part la plus obscure des êtres qui nous gouvernent » (Tierno Monénembo)

Le Congolais Donatien De Dieu CitunduMayomboavait raison quand il disait que « l’homme africain est hostile au changement politique et à l’alternance du pouvoir démocratique ». Cette assertion se vérifie chez plusieurs dirigeants africains qui, une fois installés aux commandes, excluent toute éventualité de retraite. Leur seule et unique préoccupation devient la conservation du pouvoir par tous les moyens.

On a l’exemple typique au Togo où, à son avènement au pouvoir dans les conditions qu’on sait, Faure Gnassingbé a prétendu qu’il était à tout point de vue différent de son géniteur mort au trône après avoir dirigé d’une main de fer le pays pendant 38 ans. Faure Gnassingbé s’est même posé en chantre de la démocratie, donnant des conseils et des recettes pour la consolidation de la démocratie sur le continent. « Pour que la démocratie progresse en Afrique, il faut nécessairement limiter les mandats présidentiels à deux ou à trois », disait-il. Mais il sera le premier à torpiller cet idéal démocratique qu’il défendait pour se représenter pour un 4ème mandat. Aujourd’hui, ses pairs et parrains Alpha Condé et Alassane Dramane Ouattara lui emboîtent le pas dans un projet funeste de troisième mandat.

Après ses deux mandats présidentiels, Alassane Ouattara a donné sa parole aux Ivoiriens qu’il ne serait plus candidat à sa propre succession et qu’il préférerait transférer le pouvoir à une nouvelle génération. Pour Ouattara, le monde a changé avec l’émergence d’une nouvelle classe de dirigeants plus jeunes, citant l’exemple d’Emmanuel Macron, 40 ans, du Premier ministre belge, 38 ans, ou celui d’Autriche 31 ans qui justifierait son choix. Comme pour démontrer que la parole d’honneur d’un dirigeant africain ne vaut plus qu’un papier hygiénique, Alassane Ouattara fait un revirement à 180°. Il va briguer un 3ème mandat. Le groupe parlementaire du parti unifié, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a unanimement porté son choix sur Ouattara comme candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020.

En Guinée, le vieux Condé, 82 ans, n’est pas en reste. Il est prêt à tout, même à massacrer ses compatriotes afin d’assouvir sa soif inextinguible du pouvoir. « N’y a-t-il pas d’autres pays où il y a de nouvelles Constitutions ? Où les présidents peuvent faire un troisième mandat ? », tel est l’argument saugrenu avancé par le vieil homme pour justifier son projet de 3ème mandat.

Au pouvoir depuis 34 ans, le président ougandais, Yoweri Museveni (75 ans) n’est pas prêt à raccrocher les crampons. Le vieux satrape a fait acte de candidature pour un nouveau mandat en 2021. Après avoir fait supprimer la limite d’âge de 75 ans suite à une réforme constitutionnelle controversée. « Y’a rien en face », dit-on en Côte d’Ivoire. Justement, comme certaines oppositions en Afrique sont les plus « bêtes » au monde, une quarantaine de candidatures se sont déjà déclarés pour affronter le vieux dictateur en 2021, de quoi lui ouvrir un grand boulevard pour régner à vie sur l’Ouganda.

Au Cameroun, Paul Biya (87 ans) s’est soudé au pouvoir comme une chauve-souris.L’octogénaire dictateur qui règne depuis 37 ans ne fait pas grand-chose pour s’user. On lui prête d’ailleurs une réputation de «roi fainéant».

TeodoroObiangNguemaMbasogo de la Guinée Equatoriale, Denis SassouNguesso du Congo Brazzaville et Idriss DébyItno du Tchad complètent la liste. Accros au pouvoir, ils régentent leur pays respectivement depuis 40 ans, 36 ans et 29 ans et régulièrement réélus avec des scores à la soviétique. Un continent malade de ses dirigeants.

Médard Ametepe

Source : Liberté Togo

 

 

Chef d’Etat Africain : Le pouvoir, tout le pouvoir

 

Les cruelles vérités à Faure, Ouattara et les autres

« Les vérités qu’on aime le moins à apprendre, sont celles qu’on a le plus d’intérêt à savoir » (Proverbe Chinois)

« Celui qui a goûté l’ivresse du commandement ne peut plus s’en passer », disait Stefan Zweig. Le pouvoir est si grisant qu’il fait perdre la tête à certains chefs d’Etat africains et les conduit à commettre les pires excès et dérives. Une maladie du pouvoir que David Owen qualifie de syndrome d’hubris caractérisé par la perte du sens des réalités, l’intolérance à la contradiction, les actions à l’emporte-pièce, des abus de pouvoir, etc. Les dictateurs qui sont atteints de ce syndrome ont tendance à écarter ceux qui les ont déçus ou qui leur semblent menaçants. Ils n’écoutent pas leur entourage, encore moins leurs opposants, refusent toute contradiction ou compromis. Obnubilés par des complots imaginaires, ils basculent dans un état paranoïaque.

L’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro qui avait eu un accès protocolairement aisé aux ors de nombre de Républiques en sait quelque chose. Il tient à prodiguer d’utiles conseils aux dirigeants qui s’accrochent de toutes leurs tripes au pouvoir et qui sombrent dans des dérives autoritaristes en prévenant de leur fin de règne délétère.

« Depuis 29 ans, j’ai sillonné les palais présidentiels africains. Je suis allé chez Kadhafi, chez Eyadema, chez Bongo, chez Obasanjo, partout. Avec le temps, je me suis rendu compte que le pouvoir n’est rien », témoigne Guillaume Soro. Il conseille à ceux qui détiennent les rênes du pouvoir d’en user pour faire le bien. En donnant l’exemple de l’ancien tout-puissant président égyptien Hosni Moubarak qui avait fait 36 ans au pouvoir, mais qui a fini très mal.

« Quand on est au pouvoir, il vaut mieux faire du bien. Les grands présidents, j’en ai connu. Ils respiraient la toute-puissance. J’ai rencontré en octobre 2010 Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh. Quand je partais pour l’audience, ça respirait le pouvoir. Ce n’était plus un président, c’était un empereur. Quand quelques mois après je l’ai vu derrière les barreaux, ça m’a fait un choc », dit-il.

« Ce n’est pas parce qu’on est président, on est puissant qu’on doit écraser tout le monde. Ce n’est pas parce qu’on est Premier ministre qu’on peut se permettre d’insulter tout le monde. Ce n’est pas parce qu’on est ministre qu’on peut broyer les autres », conclut-il.

Malheureusement, c’est exactement ce qui se passe sur le continent. Glaive vengeur, les potentats utilisent souvent leur soldatesque ou leur redoutable police politique, les tristement célèbres services de renseignements pour traquer impitoyablement les opposants ou les contraindre à l’exil. Avec à l’appui la justice aux ordres, instrumentalisée à des fins politiques ou de règlement de comptes. C’est un fait courant au Togo où le régime de Faure Gnassingbé sort souvent l’artillerie lourde contre les opposants trop menaçants pour son trône, les contraignant à quitter le pays.

Tikpi Atchadam, Agbéyomé Kodjo, Alberto Olympio, Olivier Amah Poko, Agba Bertin, etc. n’ont eu d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil. Un mandat d’arrêt est lancé contre le candidat de la Dynamique Mgr Kpodzro, Agbéyomé Kodjo pour avoir réclamé la victoire à la dernière élection présidentielle à laquelle Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur par ses institutions aux ordres avec un score stalinien de 72%.

Même sort pour Guillaume Soro, ancien allié d’Alassane Ouattara sur qui pèse un mandat d’arrêt international après avoir été condamné à 20 ans de prison, juste pour avoir claqué la porte du RHDP et annoncé sa candidature pour la présidentielle du 31 octobre 2020. Ses proches, des députés et membres de son parti, dont d’anciens ministres sont arrêtés et croupissent en prison.

Des pays qui proclament urbi et orbi être démocratiques où l’Etat de droit, la liberté d’opinion et d’expression devraient être des réalités vivantes, mais où pour un oui ou un non, des responsables et militants des partis d’opposition, s’ils ne sont pas tués, sont embastillés et moisissent en prison, sans aucune perspective de procès !

Médard Ametepe

Source : Liberté Togo

 

 

Les cruelles vérités à Faure, Ouattara et les autres

 

Togo - Covid-19/CHU SO : Le personnel des urgences en colère

Le personnel des urgences médicales du CHU Sylvanus Olympio n’en peut plus. Le manque criard de matériels de protection en ces temps de crise sanitaire liée au coronavirus les amène à crier leur ras-le-bol.

La semaine dernière, sept (07) agents de santé ont été testés positifs au coronavirus. Une conséquence du manque de matériels de protection, malgré le risque que prend tous les jours le personnel soignant.

Ce matin, les agents de santé ont décidé de se faire entendre à travers un sit-in au sein du CHU Sylvanus Olympio. Particulièrement, ce sont les agents des urgences médicales qui ont manifesté cette colère. Ils manquent cruellement des masques FFP2/N95.

Les chiffres font état de 31 professionnels de santé qui sont atteints. Il s’agit de 15 médecins, 1 chirurgien-dentiste, 6 infirmiers, 1 sage-femme, 1 interne, 1 technicien de santé, 2 auxiliaires de pharmacie, 2 accoucheuses, 2 aides-soignantes.

 

 

Togo - Covid-19/CHU SO : Le personnel des urgences en colère

 

Togo - Prof. Nubukpo parmi les 100 Africains les plus influents

Dans sa livraison N°3091, le magazine d’actualités générales « Jeune Afrique » a rendu public les noms des Africains les plus influents de l'année. L’économiste togolais, Prof. Kako Nubukpo fait partie de ces personnalités triées sur le volet.

L’universitaire Prof. Kako Nubukpo n’est plus à présenter. L’économiste togolais, 52 ans, est un « homme médiatique », souligne le confrère Jeune Afrique.

« Ses prises de position hostiles au franc CFA lui valent autant de partisans que de détracteurs. Mais que l’on applaudisse son audace ou que l’on vilipende son populisme, une chose est sûre : l’ancien ministre togolais de la Prospective est devenu, en quelques années, un acteur central du débat sur la réforme monétaire en cours en Afrique de l’Ouest », écrit le journal de Béchir Ben Yahmed.

En désaccord avec les modalités du passage du franc CFA à l’Eco (parité fixe par rapport à l’euro et maintien de la garantie française) proposées par Alassane Ouattara et son homologue français le 21 décembre à Abidjan, Prof. Kako milite pour un « Eco flexible avec un régime de ciblage de l’inflation pour les quinze membres de la CEDEAO ».

« Régulièrement consulté au sein des présidences africaines, il entend organiser, avant la fin de cette année 2020, des états généraux de l’Eco pour proposer une feuille de route qui guiderait les chefs d’État et les parlementaires de la CEDEAO », rappelle Jeune Afrique.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Kako Nubukpo fait partie de ces Africains les plus influents de la planète. Sur les 100, le Togolais occupe la 53eme place sur la liste publiée par le magazine.

Rappelons que le Prof. Kako Nubukpo est un homme politique et macroéconomiste togolais, né à Lomé le 26 mai 1968. Il a été ministre de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo sous la présidence Faure Gnassingbé de 2013 à 2015.

Depuis 2019, il est doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Lomé. Il défend avec ferveur l'abandon du franc CFA pour les États d'Afrique de l'Ouest. En mars 2016, il a été nommé directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, organisation qu'il quitte le 28 Mars 2018.

Godfrey Akpa

 

 

Togo - Prof. Nubukpo parmi les 100 Africains les plus influents

 

Togo: La traque silencieuse des militants s’intensifie

On les croyait au bout de leurs peines après la révolte populaire du 19 août 2017 et ses corollaires, et la quasi-maîtrise de la situation par le pouvoir en place. Mais, c’est mal connaître les hommes du régime togolais qui font tout pour ne laisser aucune poche de résistance sur le territoire national, et traquer jusqu’à leur dernier retranchement ceux qui sont susceptibles de rallumer la flamme de la résistance pour l’alternance et le changement. Ainsi, aussi bien les militants du Parti national panafricain (PNP) qui sont les plus en vue, que ceux d’autres chapelles politiques de l’opposition, ils continuent de subir la croix.

Sous la direction de Tikpi Salifou Atchadam, leader charismatique et président national du PNP, militants et sympathisants de ce parti, ont provoqué le 19 août 2017, un inédit sur le théâtre politique togolais, en étant dans une posture insurrectionnelle, presque révolutionnaire pour faire balancer le pouvoir cinquantenaire des Gnassingbé.

Fers de lance d’une spontanéité politique sans précédent, les membres du PNP dans leur déterminisme contagieux, les Togolais de l’intérieur et ceux de l’extérieur se mêlant à la danse, tout aussi mobilisés et galvanisés par l’appel du « petit » Tikpi à acter l’alternance politique au Togo, eh bien ces membres du PNP donc ont, par leur courage et une volonté patriotique légendaire, fait changer la trajectoire de la peur, contraignant le régime RPT-UNIR à lâcher du lest et à consentir de nombreux sacrifices sur des questions politiques qui autrefois, étaient des sujets tabous au Togo.

Et s’il fallait payer le prix, beaucoup de militants, sympathisants et anonymes épousant l’idée du changement démocratique qu’incarnait le PNP, sont tombés sous les balles assassines des forcenés pour que renaisse la nation togolaise. La liste de ces martyrs est vraiment longue, et le peuple togolais continue jusqu’aujourd’hui à leur rendre un vibrant hommage bien que la lutte pour l’alternance et le changement tant souhaités, est loin d’être terminée. Mais, plus prudents que jamais, les membres du système RPT-UNIR ne baissent aussi pas la garde, craignant dans leur for intérieur, un nouveau vent de révolte à l’image de celui du 19 août et qui risque d’être fatal pour eux et pour le pouvoir en place. « Il n’y aura plus de 19 août et le gouvernement s’est préparé à toutes les éventualités ».

De cette formule, le pouvoir des Gnassingbé se braque tout le temps, du moins, reste aux aguets pour ne plus se laisser surprendre. Alors, il jette son dévolu sur des visages connus au sein de l’opposition dont ceux du PNP, avec sûrement pour objectif de les mettre sous écrous comme les centaines de militants de l’opposition qui séjournent dans les prisons sur toute l’étendue du territoire togolais.

D’après nos informations, des militants comme Ali lala-Dom, Koussikpor K. Mensanvi, Arouna Adiza, Tcharie Hodoabalo Akizou, Kpodar Anani Florentin, Akondo Moukaila, Bansa Koffi Emèko, Djessou Agbegnigan etc. faisant objet de filature dans leurs déplacements et, ajouté à la psychose que vit les formations politiques de l’opposition depuis le 19 août au Togo, beaucoup prennent progressivement le maquis comme c’est le cas récemment du président du MPDD, Agbéyomé Kodjo et bien avant lui, le président du PNP, Tikpi Atchadam qui, craignant pour la vie d’après ses déclarations, a pris la difficile route de l’exil.

Si aujourd’hui, la psychose a pris une dimension assez considérable, frôlant le pire dans la cité, et obligeant militants et sympathisants de l’opposition sans oublier des anonymes aussi engagés dans la lutte à vivre plus cachés, c’est en raison de l’assassinat du Colonel Madjoulba et du curieux accident de circulation du Colonel Bataba, soit deux officiers de l’armée togolaise dont des rumeurs renvoient à des distances qu’ils prenaient vis-à-vis du pouvoir togolais.

Le mal est profond et le peuple en lutte, en dépit de la fatigue, de la peur et de la terreur de ces autres hommes, continue de se battre pour que triomphent la démocratie et la paix véritable. C’est, en effet, l’objectif principal de leur lutte.

Source : La Manchette [ lamanchette.net ]

 

 

Togo: La traque silencieuse des militants s’intensifie

 

Lutte contre la corruption au Togo : La conservation du pouvoir à tout prix, le premier handicap

« Si Faure décide d’emprisonner les pilleurs de fonds publics, il n’y aura aucun militant à la prochaine réunion d’UNIR »

En créant l’Union pour la République (UNIR) sur les cendres du RPT (Rassemblement du peuple togolais), Faure Gnassingbé avait l’intention de rompre avec les anciennes pratiques et le cordon ombilical que le liait au parti de son père. Mais la volonté de s’accrocher au pouvoir a fait que le vent de changement tant clamé a pris des coups. Son nouveau parti est devenu un lieu de refuge ou de recyclage des personnes impliquées dans le faux, le détournement, brefs les crimes de tous genres. Ainsi, le chef de parti ne peut pas sanctionner ses militants qui l’aident à battre le record de longévité au pouvoir en Afrique de l’Ouest.

« Les détournements de fonds publics sont consubstantiels à la conservation du pouvoir au Togo. Si Faure décide d’emprisonner les pilleurs de fonds publics, il n’y aura aucun militant à la prochaine réunion d’UNIR », disait l’économiste et président de l’Association Veille économique, Thomas Dodji Koumou, en novembre 2018 sur les ondes de la Radio Victoire FM. Un constat juste ! Le parti présidentiel est une tanière pour tous ceux qui sont présumés coupables de crimes et scandales économiques, d’enrichissement illicite, de faux et usage de faux. L’essentiel c’est de participer constamment à l’« effort de guerre » qui consiste à mettre le « bien mal acquis » au service de la conservation du pouvoir. A chaque joute électorale, tous ces magouilleurs de la République se muent en militants de première heure d’UNIR et écument les rues pour battre campagne.

« Généralement à la veille de chaque compétition électorale, une liste est ouverte à la trésorerie du parti pour les contributions dites officielles. Hommes d’affaires et directeurs de sociétés, qu’ils soient Togolais ou étrangers, viennent donner leur part. En plus de l’argent, certains offrent des gadgets et parfois du matériel roulant. D’autres financent des activités parallèles dans le cadre de la campagne électorale », explique un baron du RPT-UNIR.

Les moins tatillons descendent carrément sur le terrain pour mouiller le T-shirt aux couleurs bleues. « Il y a le cas Charles Gafan et tout ce qu’il a fait lors de la présidentielle de février 2020, se souvient-il. Comment le directeur d’une multinationale comme Bolloré puisse prendre ses aises et s’afficher publiquement avec un parti alors qu’il y avait d’autres candidats en course ? S’il le fait souvent et n’est jamais rappelé à l’ordre, c’est qu’il a le soutien de son patron Vincent Bolloré. Donc le groupe pense que ses intérêts ne peuvent être sauvegardés que sous Faure Gnassingbé et n’a que faire de l’opposition. Ça dit beaucoup de choses », a-t-il poursuivi.

En dehors des contributions des sociétés – la plupart étant des sociétés écrans – dans lesquelles les pontes du régime détiennent des actions, les cadres de l’administration prennent une part active dans la conservation du pouvoir. Détourneurs invétérés des deniers publics, as de faux et usage de faux, leaders de montages financiers de tous genres et retraités jouant aux prolongations mobilisent leurs « moyens personnels » pour aller battre campagne dans leur localité respective.

« Il y a une sorte de maillage du territoire. Tous les cadres, du planton aux ministres, envahissent les contrées pour vendre UNIR à leurs frères et sœurs, poursuit-il. Chacun se bat à son niveau pour ramener dans la corbeille présidentielle quelques voix qui sont synonymes de maintien au poste, de promotion, de sanctification des fonds détournés ou de protection après le mal. Il y a une femme qui s’était rendue coupable de faux et usage de faux et de détournement lorsqu’elle travaillait dans une banque de la place. Depuis la création d’UNIR, elle s’est sanctifiée, a gravi les échelons, travaillé à la présidence, siégé à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et est aujourd’hui maire d’une ville à l’intérieur du pays ».

L’autre trouvaille, c’est le recyclage de certains ministres et directeurs de société décriés pour leur gestion scandaleuse. Limogés de manière bruyante, mais sans explications, ils sont soit dirigés vers la présidence où ils sont nommés conseillers spéciaux, soit élus députés à l’Assemblée nationale. Après quelques années d’hibernation, on les revoit au-devant de la scène avec un poste ministériel. Qui peut imaginer dans ce pays qu’un certain Payadowa Boukpessi, ministre sans interruption de 1991 à 2007 et remercié pour mauvaise gestion au ministère des Finances, ait pu revenir aux affaires depuis 2015 ? Qui peut comprendre que Me Tchalim Tchitchao, impliqué dans le chaos de l’Union togolaise de banque (UTB), puisse se faire élire député sur la liste UNIR et siéger désormais à l’Assemblée nationale et de surcroît président de la Commission des lois constitutionnelles, de la Législation et de l’Administration générale ? Que dire d’Ably Bidamon, ex-DG de Togocellulaire et ensuite de la Douane, qui, après une pause de digestion, dirige depuis 2015 le très juteux ministère des Mines et de l’Energie ? Comment se fait-il que Mme Bernadette Légzim-Baloulki siège aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour le compte d’UNIR nonobstant tout ce qui s’est passé au ministère du Commerce ? Soit dit en passant, elle serait très liée à la famille Adjakly éclaboussée par le « pétrolegate ».

En attendant de rebondir, Adji Otèth Ayassor, mouillé dans beaucoup de dossiers sombres dont la route Lomé-Vogan-Anfoin, se la coule douce à la tête de la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER). Quant à son alter ego Ninsao Gnofam qui avait « blagué » les députés togolais en jouant au comptable de la société CECO-BTP, il se fait discret pour surgir au bon moment. « Faure Gnassingbé ne fait pas confiance à beaucoup de personnes. Il ne peut se débarrasser de certains qu’à leur mort. Surtout ceux qui ont beaucoup servi dans les deals », relève un jeune cadre d’UNIR.

En outre, la plupart des pilleurs ont des parrains qui sont dans l’entourage immédiat du chef de l’Etat. Ces mentors ont souvent voix au chapitre et arrivent à protéger leurs « gars » comme ils le disent. « Un monsieur comme Kossi Aboka, épinglé par la Cour des comptes pour ses nombreuses magouilles à la délégation spéciale du Golfe, ne peut jamais être inquiété, ajoute ce jeune cadre. Comme les autres, il sait donner. Il en est de même pour ceux qui ont détourné les fonds de la CAN 2013 dont le rapport n’est jamais rendu public et ceux de la CAN 2017. Tous ces gens vont jusqu’à construire à leurs protecteurs des maisons ou fermes agricoles ».

Quand Adjakly-gate a éclaté, un internaute a écrit qu’il suffisait que la famille Adjakly et ses complices du ministère du Commerce jusqu’à la Primature brandissent les preuves de leur participation à la dernière campagne électorale pour se voir blanchir. Et les faits semblent lui donner raison. Au lieu que toutes les institutions juridico-politiques et de lutte contre la corruption du pays se saisissent de cette affaire, c’est plutôt le confrère « L’Alternative » qui est poursuivi devant les tribunaux pour diffamation.

Pour tout dire, le scandale de l’importation du pétrole ne date pas d’aujourd’hui. L’ex-Premier ministre Arthème Ahoomey-Zunu en avait un peu parlé au cours d’un entretien avec des journalistes, quelques jours après sa démission. Il répondait à une question sur la pression du projet d’éducation civique dans les médias : « Lorsque je suis arrivé, il y avait des fonds à la Primature qui permettait de vous donner de l’argent pour faire du civisme. Lorsqu’en fin juillet, on devait payer et qu’on me faisait le point, il n’y avait que 89 000 francs dans le compte. Lorsque j’ai cherché à savoir d’où venait cet argent, on me dit que ce compte était alimenté par le ministère du Commerce d’où je venais et sans que je ne sache. Les prélèvements étaient faits sur les fonds du comité pétrolier et sur les fonds sociaux pour réaliser cette opération. Ce compte s’appelait Initiative du premier ministre. J’ai dû vous payer pendant trois mois sur mes propres fonds politiques, mais j’ai compris qu’on ne pouvait pas continuer ». Mais depuis là, personne au sein de l’exécutif n’a cherché à percer le mystère.

« Au moment où s’annonce la reprise économique, nous ne pouvons permettre que nos efforts de bonne gestion soient contrecarrés par certains de nos compatriotes qui sont habités par l’avidité, l’esprit du lucre, les ambitions démesurées. Plus que jamais, il nous faut tourner la page des pratiques d’un autre temps », avertissait Faure Gnassingbé dans un discours lu par le Premier ministre Komla Mally au lancement des travaux de l’atelier sur la mise en œuvre de la convention des Nations Unies contre la corruption le lundi 09 juin 2008 à Lomé (le chef de l’Etat lui-même à New York). Mais des vœux pieux donc ! Pire, le Togo est devenu la Sicile tropicale où les pilleurs ont pignon sur rue.

G. A.

Source : Liberté N°3193 du Mardi 21 Juillet 2020

 

 

Lutte contre la corruption au Togo : La conservation du pouvoir à tout prix, le premier handicap

 

De mal en pis : La Justice togolaise scelle son Déshonneur…

Débutées en 2005 sous le Programme National de Modernisation de la Justice (PNMJ) et financées par des partenaires techniques et des pays amis du Togo, les multiples réformes engagées dans le secteur de la justice, peinent à satisfaire les justiciables et les rassurer quant à leurs utilités. Si les salles d’audiences et locaux des juges fascinent en termes de beauté architecturale, la qualité des jugements demeure quant à elle sujet à caution tant plusieurs magistrats bradent par militantisme éhonté, leur serment en dépit des années de sacrifices consentis pour cette cause. Ainsi, l’aggravation de la situation concède le pire : La justice togolaise s’effondre !

Justice de la veuve et de l’orphelin, justice des droits bafoués et reniés, justice des opprimés et des couches asservies, justice des pauvres, justice des sans-voix, justice des enfants… bref le rêve d’une justice normale a toujours occupé les nuits des Togolais qui, comme les habitants des nations affranchies, veulent aussi que leur cause soit entendue, jugée et tranchée dans les règles de l’art. Mais, que nenni !

Manifestement, la justice togolaise a souvent montré des signes d’une condamnation à perpétuité sous l’autel des intérêts politiques et partisans. Et, bon an mal an, elle demeure sous l’étau des gouvernants qui se la payent à volonté et la manipulent. Conséquence : la justice au Togo n’a aucun repère et ne suscite aucun respect de la part des justiciables qui l’ont toujours défini en termes du plus offrant. Aujourd’hui, la situation est tout autant catastrophique que les causes qui l’y conduisent. Retour sur les pathologies et les facteurs endogènes d’un secteur en plein coma.

La justice sous l’étau du politique…

« Justice du fait du Prince ». L’expression est de Loïk-Le Floch-Prigent qui, dans son ouvrage Le Mouton Noir, revisitait ses ennuis judiciaires au Togo, vu qu’il a été interpellé par les autorités togolaises dans la fameuse affaire d’escroquerie internationale. L’ancien patron de la compagnie pétrolière ELF peignit un tableau relativement triste de la justice togolaise qui, disait-il dans ses interviews de présentation de l’œuvre, est notoirement au service du pouvoir public togolais.

En effet, en surfant aussi bien sur la forme que sur le fond d’un dossier politiquement emballé remis aux soins des juges de parti qui usent du harcèlement judiciaire contre la personne d’Agbéyomé Kodjo, beaucoup de Togolais n’hésitent donc plus à décrire une justice aux ordres et aux bottes des patrons, justice inféodée à un régime et pour qui, elle garde une soumission des plus inimaginables.

« Mandat d’arrêt contre Agbéyomé Kodjo dans le cadre de sa contestation des résultats de l’élection présidentielle ? Perversion des institutions togolaises et compromission des personnes qui les incarnent ».

En accouchant ces mots, Nathaniel Olympio, le président du Parti des Togolais n’était pas dans une posture à écrire des fictions puisqu’il reste témoin oculaire d’un inédit judiciaire qui a, sans nul doute, bouleversé des projets de leur jeune parti politique. Oui, l’actuel président du Parti des Togolais se rappelle bien d’une parodie de justice dont a été victime son frère Alberto Olympio, ex-président du parti.

Entré en politique en 2014 avec l’étole d’opposant et, montrant tout de suite ses griffes contre le parti des Gnassingbé, Alberto Olympio, ce jeune surdoué en informatique, donc une menace réelle pour les fraudeurs des élections au Togo, a été quelques mois plus tard victime d’une cabale judiciaire d’après ses proches. Dans un simulacre de procès suite à un différend avec Cauris Management, l’opposant Alberto a été condamné en 2016 à 60 mois d’emprisonnement ferme. Mais, absent du territoire un an plus tôt, et n’ayant pris part à aucune des audiences, la justice togolaise, comme à l’accoutumée, dure contre les opposants gênants au régime, a lancé un mandat d’arrêt international contre M. Alberto Olympio pour délit de fuite. « Le différend en lui-même est commercial, la cause du différend purement politique. Ne nous voilons pas la face », avait déclaré M. Alberto.

Si un Olympio peut en rappeler un autre, il faut faire observer que Harry Olympio, frère de Alberto et de Nathaniel, président du Rassemblement pour le Soutien à la Démocratie et au Développement (RSDD), est aussi sous mandat d’arrêt international depuis 2006 à cause des cocktails Molotov lancés par les militants de son parti dans les locaux de la Gendarmerie nationale en guise de protestation contre le massacre de 400 à 500 Togolais par l’armée en 2005. Recherché par la justice, Harry Olympio n’a plus jamais remis pied au Togo au risque de faire sa deuxième expérience dans les geôles de la prison civile de Lomé.

Si leur oncle « détia » a plus de chance d’aller et de revenir au Togo sans être inquiété, il faut souligner que Gilchrist Olympio de l’UFC qui aujourd’hui, se la coule douce dans les bonnes grâces du régime Gnassingbé, a lui aussi été sous mandat d’arrêt international à l’époque où tout le faisait passer pour un sérieux opposant, très menaçant pour le même régime.

Mandat d’arrêt international ! Il faut retourner à l’affaire d’escroquerie pour se rappeler que un, a été aussi délivré contre le sieur Sow Bertin Agba, celui que le régime présentait comme le principal cerveau de cette affaire mais, a plus tard voulu l’utiliser pour détruire politiquement un partenaire devenu encombrant pour le suzerain craintif. « La principale cible dans cette affaire, c’était Bodjona. Puisque le troisième jour de mon arrestation, on m’avait présenté au Colonel Massina qui me demandait de reconnaître que j’avais escroqué un partenaire de 48 millions, mais aussi de reconnaître que M. Bodjona, l’ancien Ministre de l’Administration territoriale était le cerveau de cette affaire. Que c’était le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé qui me le demandait », avait déclaré M. Agba après son incarcération et son départ rusé du Togo.

De ces multiples faits, il appert que la justice togolaise a souvent été instrumentalisée par le pouvoir public pour des règlements de compte politique comme l’atteste le rapport du HCDH en 2013 : « la question de l’indépendance de la magistrature togolaise, tant sur le plan institutionnel qu’individuel, est un problème complexe. En effet, différents interlocuteurs ont partagé des cas qu’ils considèrent illustratifs de l’ingérence de personnes influentes dans les affaires judiciaires… plusieurs ministres de la justice ont, par le passé, imposé leur point de vue aux juges sous la menace d’affectation ou de sanction ».

Au demeurant, du fait de leur fréquence contre les politiques, généralement, contre les opposants au système RPT-UNIR, le mandat d’arrêt international se définit désormais au Togo comme la recette du régime Gnassingbé pour garder au loin possible les opposants gênants, surtout ceux qui sont vent debout contre la conservation du fauteuil présidentiel. Ce mandat d’arrêt international est aussi un épouvantail pour faire peur aux opposants qui tenteraient de revenir au pays pour troubler la tranquillité de l’empereur. Et parfois, tout ceci se fait en flagrant délit de complicité active avec des magistrats qui ainsi, foulent aux pieds leur serment et assassinent leur conscience. Ce faisant, ils feignent ignorer qu’une dictature finit toujours par se nourrir de ses propres fils et évidemment, de ses complices et soutiens. L’évidence de la pensée est bien connue des Togolais qui peuvent l’illustrer par l’image de l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, du Général Assani Tidjani, de Pascal Bodjona, de Bertin Agba, et récemment de Agbéyomé Kodjo.

Dans une dictature, nul n’est à l’abri du risque. Que les magistrats togolais se gardent d’être instrumentalisés pendant qu’il est encore temps d’éviter la malheureuse prédiction de Me Charrière-Bournazel, l’un des avocats français de Kpatcha Gnassingbé. Il avait écrit un brûlot au magistrat Pétchélébia, président de la cour lors du fameux procès de coup d’état. Il dit : « … l’audience scelle votre déshonneur : rien ne vous a arrêtés, ni la vacuité du dossier, ni les témoignages poignants d’hommes montrant les marques des tortures qu’ils avaient subies pour leur arracher des aveux, ni l’outrecuidance du général Kadanga venu comme témoin à la barre, mais en réalité vous donnant des ordres pour condamner sans que vous émettiez la moindre protestation. Vous avez, sans frémir, condamné à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à vingt ans des hommes innocents. Vous n’en avez relaxé aucun, malgré les réquisitions du ministère public qui cherchait à en épargner quelques-uns. Je n’escompte d’aucune manière l’éveil de votre conscience. Sachez seulement qu’un jour ou l’autre, inexorablement, l’Histoire est amenée à juger les juges. Je souhaite que ce jour-là, vous soyez confrontés à des juges dignes de ce nom et que vous puissiez compter sur le dévouement, l’intégrité et le talent d’avocats semblables à ceux dont vous avez méprisé les plaidoiries. Je n’ai évidemment aucun respect à vous manifester ».

Aujourd’hui, de mal en pis, la situation a franchi les portes de l’entendement et, la justice togolaise, au-delà du déshonneur, s’effondre.

Source : La Manchette
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De mal en pis : La Justice togolaise scelle son Déshonneur…

 

Gouvernement Klassou: Ministres et ministères à problème
Laxisme. Amateurisme. Légèreté.

Pourvu que la montagne n’accouche d’une souris. La longue attente du prochain gouvernement au Togo devrait aboutir à un gouvernement de qualité irréprochable, du Premier ministre aux portefeuilles, des membres du gouvernement aux cahiers de charge. Les précédents gouvernements au Togo ont connu des limites : la qualité et le niveau managérial de certains ministres, l’orientation de l’action, la résolution des crises, les prérogatives et les missions, la défense de l’action gouvernementale etc. Trois mois d’attente après l’investiture du Chef de l’Etat, on ne devrait plus avoir l’impression de connaître un gouvernement de tâtonnement. Les ministres, une fois nommés devraient rapidement se mettre au travail pour relancer un Togo qui attend des réformes profondes. Dans ce dossier, l’Indépendant Express s’est inspiré des expériences d’ici et d’ailleurs, analyser la profondeur des besoins du Togo et se donne le devoir d’orienter l’architecture du prochain gouvernement. Sans, bien entendu, avoir la prétention de l’imposer, mais espérer que cela pourrait servir en tant que contribution citoyenne pour le développement du Togo.

La structuration du gouvernement togolais est assez aléatoire, d’après un analyste politique. Les ministères, les uns les autres hésitent à s’affranchir pleinement dans l’accomplissement des tâches liées à leurs portefeuilles. Influences extérieures, créations des cellules spéciales et des comités en lieu et place des prérogatives régaliennes des ministères, le goût excessif de l’intérêt dans toute action et dans tout projet, népotisme, corruption etc… gangrènent les ministères, les ministres et les portefeuilles. A l’orée de la formation d’un nouveau gouvernement, certains embouteillages devraient laisser place à la cohérence et à la cohésion en vue de mettre chaque ministère et chaque ministre devant sa responsabilité. Dans la présente parution nous allons mener une analyse critique du gouvernement sortant, proposer des approches en vue de proposer les pistes d’un prochain gouvernement qui ne sera pas assis sur les tares de l’actuel, celui qui a ralenti radicalement le développement du pays.

Le Chef de l’Etat, partout ailleurs, tien généralement compte d’un certains nombres de critères irréprochables pour former son gouvernement. La compétence, la famille, les amitiés, et pour le Togo les pesanteurs géopolitiques et ethniques fondées sur la partition par langues et ethnies, partis politiques avec l’omniprésence des caciques du pouvoir qui ont toujours leurs mots à dire, sans compter l’intransigeance de l’armée qui ne manque pas de porter son regard sur les équipes gouvernementales qui se succèdent. Mais ces différentes contingences ne doivent pas perdre de vue l’action, la praxis obligatoire pour atteindre les objectifs de développement.

L’architecture gouvernementale doit donc tenir compte des principes de cohérence, de cohésion et d’efficacités institutionnelles. Il s’agit d’éviter des redondances et des conflits de compétences entre différents département ministériels ayant des matières imbriquées ou chevauchantes (insertion professionnelle des jeunes et formation professionnelle?; développement rural et développement à la base). En outre, la dynamique gouvernementale doit exclure l’émiettement des matières qui sont obligées d’aller de concert (tel que l’économie, les finances et la planification).

Enfin pour la cohésion au sein des ministères à gros portefeuilles il faut prévoir des ministères délégués ou des secrétariats d’Etat sur les matières spécifiques. Cela évite la prolifération dans le temps des cellules et des comités spéciales sur des questions d’urgence (Haut Conseil à la mer sur la question de la sécurité maritime, Climat des affaires pour la relance de l’économie ou encore le Comité pour la COVID19 pour juguler la pandémie du Coronavirus etc.) si les disposition préalables avaient été prises avec des secrétariats d’Etat chargés, on aurait pu éviter plusieurs conflits qui minent les ministères et les cellules mais aussi des agences souvent rattachées à la présidence de la République qui se sentent finalement plus importantes que les ministères. Cela entraine par ailleurs une lourdeur administrative, chacun se sentant chef dans son département et résisterait à se faire donner des ordres. La hiérarchisation de l’administration est donc bazardée.

C’est ainsi que naissent les conflits de leadership et d’intérêt, les coups bas qui ralentissent la performance de l’action gouvernementale.

Face à la réalité intrinsèques des défis de l’heure, se pose une question importante : ’’Existe-il le meilleur ministre? Pour quel peuple et pour quelle époque, répondra-t-on en cette période de démission attendue du Premier Togolais et la formation d’un nouveau gouvernement dans le cadre du nouveau quinquennat 2020-2025 de Faure Gnassingbé tout comme en France en liaison avec les résultats du second tour des élections municipales et d’une gestion critiquée mais sous contrôle de la Covid19…

Au Togo, l’armature gouvernementale a toujours concilié le stable et l’instable. Si les ministères régaliens semblent stables, sous réserve de certaines modifications conjoncturelles, les non régaliens semblent englués dans de fortes secousses politiques…

Il en résulte un chevauchement des compétences entre plusieurs ministères justifiant une correction nécessaire pour l’efficacité de l’action gouvernementale…

L’agenciarisation de la République n’est pas non plus sans accentuer le phénomène face à une administration publique dont la réforme est restée un miroir aux alouettes.

En effet, le programme de modernisation de l’administration publique a été finalement un échec et les emplois parkings excellent de jours en jour pour contenter une jeunesse en difficulté.

Et si la décentralisation permettait au gouvernement d’approfondir une réforme-redéploiement du trop-plein au profit des collectivités locales…? Cela éviterait donc les nombreux sigles développés çà et là pour maquiller le chômage combien menaçant pour la République.

Les nombreux programmes de volontaires et d’emplois à courte durée et sans lendemains développés par le ministère du Développement à la base ont précarisé davantage la situation de l’emploi des jeunes qui se retrouvent sans repère de la matière et perdent le fil des formations et des débouchés auxquels ils sont formés. Du gâchis dans la République. Il faut donc une rupture conséquente pour mettre aux caniveaux toutes des initiatives qui n’ont pour buts que de vanter leurs géniteurs obsédés par les postes et les avantages afférents. En témoignent les nombreux programmes sans intérêt du ministère du développement à la base, de la ribambelle d’initiatives du ministère de l’agriculture et des fantaisies d’initiatives de ministère chargés des télécommunications ou de l’économie numérique.

En attendant de telles ruptures nécessaires à un État plus organisé et efficace, il est important de regarder dans le rétroviseur et de faire une critique du gouvernement sortant. Trop d’incompétence, trop d’amateurisme, trop de jeux d’intérêts et trop de laxisme resté impunis. Ils se revendiquent goguenard d’être au centre d’une action politique ou une autre, de peser dans une campagne électorale, d’avoir obtenu dans son fief des résultats astronomiques pour l’élection du Président, d’avoir été de beaux parleurs dans les dérives verbales, d’avoir aidé à faire ci ou à faire ça. Revendiquer ces gadgets d’actions est un complexe de démission face à la responsabilité à laquelle on est appelé. La politique a cessé d’être un concept fictif pour s’ériger en une science exacte. Les équations doivent être résolues pour donner des résultats et le travail devrait être le fruit de la force multipliée par le déplacement, et non la fiction.

Beaucoup de ministères targuent dans cette réalité anachronique. Être ministre dans le contexte togolais revient à être brillant, meilleur des meilleurs. Avoir une vision, savoir prendre l’ascendance, savoir s’imposer dans ses compétences et ses capacités et refuser de se laisser aller dans des considérations fallacieuses ennuyeuses et complexées.

Des ministères que nous présentons aujourd’hui comme à problème devraient être frappées par la cure innovante de l’action pour créer une stabilité dans un concert d’action gouvernementale.

Du développement à la base avec ses multiples actions folkloriques jumelles de la pléthore d’initiatives mal ficelées de l’agriculture, il n’y a point de place pour une aiguille. Victoire Dogbé, dans son cumul de fonction a mené l’action et l’a subie. Des actions dont les résultats n’ont pas rimés au prorata de la durée aux postes et des moyens mis en œuvre. La jeunesse reste dépaysée, l’emploi reste précaire, plus de problème que de solution, le développement à la base sociologiquement mal conçue, entrainant du gaspillages des ressources, l’attachement aux moyens rudimentaires pour sortir les populations rurales de la période médiévale, en témoigne les houes et les balais distribués en lieu et place des moyens modernes de l’agriculture, avec à la clé du bling-bling pour demeurer. Victoire Sidémeho Dogbé est usée par le pouvoir, mais aussi par l’argent public géré pifomètre de la facilité et de l’impunité, et dire que Dame Victoire mène campagne pour rempiler dans un pays où la jeunesse est capable.

Le caractère usagé du ministère du développement à la base avec ses additifs kilométrique guette le ministère de l’Agriculture. Alors que par endroits les deux se chevauchent dans des actions au présent sans lendemain, le Ministère de Noel Bataka se résume à la boutade de « qui trop embrasse mal étreint…». Plusieurs programmes par ci par là, la pêche qui s’impose face à la transhumance dans un vaste secteur de l’élevage difficile à maîtriser, la pisciculture face aux défis de l’eau, les agropoles qui ont du mal à s’imposer dans le concert d’une mutation « électronicobancaire » mal léchée, bref le ministre Noel Bataka est embrouillé et ne se donne la peine qu’à dépenser sans mesurer les fonds publics. Le syndrome de la fortune folle de Victoire Dogbé, frères et sœurs guette dangereusement Noel Bataka et complices. D’où l’urgence pour le Chef de l’Etat de se raviser du temple de Thélème dans laquelle végète le ministre de l’agriculture. Quel bilan, quelle perspective, quelle résultat, quelle vision, le ministre ne saurait répondre s’il est interpellé en conseil des ministres où au parlement.

L’autre ministère à problème qui anéantit radicalement le développement du Togo est le ministère des mines et de l’énergie. Ou bien le patron des lieux Marc Bidamon laisse faire pour envenimer la crise de la mauvaise gestion, ou bien il est incapable de surveiller les secteurs de son portefeuille. L’électricité à des problèmes de gestion et de gouvernance qui n’en finissent pas malgré les mutations à la tête de la CEET, les mines sont une autre paire de manche que le ministre contrôle difficilement, l’importation des produits pétroliers est scandée par des dossiers de gestion calamiteuse et des malversations, on en arrive à poser la question de savoir s’il existe un dirigeant à la tête de ces secteurs. Le ministère des mines et de l’énergie est miné par des problèmes sérieux qui nécessitent une thérapie de choc, du sommet à la base.

Lorsque face à une pandémie du nom de Coronavirus, un ministre de l’économie et des finances n’a pas réussi à rassembler une part importante de l’ardoise de 4000 milliards sollicités par le Chef de l’Etat pour combattre la crise sanitaire, il y a lieu de se poser des questions. Dans la mobilisation des fonds de lutte contre la COVID-19, le ministre Sani Yaya s’est donné le luxe d’accepter des banques bien implantées d’insignifiantes cotisations d’environ 2 à 20 millions. Des institutions qui pompent les richesses du Togo que le ministre n’a pas obligé à mettre la main à la poche est une faiblesse et un manque de l’esprit de management de la part du ministre de l’économie et des finances. Là où il est présent, c’est au niveau des dons volontaires de soutien des partenaires techniques et financiers alors que la partition du secteur privé devrait être prépondérante pour booster l’effort du secteur public et des ptf. Sani Yaya a échoué dans la gestion de la COVID 19 et sur beaucoup d’autres plans que nous mettons sous éteignoir dans la présente parution.

Dans le gouvernement sortant, le ministère de la communication est quasi absent. Le propriétaire des lieux Foli Bazi Katari aurait préféré transférer le ministère dans sa ville natale, Sokodé où il préfère passer le clair de son temps au lieu de signer les nombreux parapheurs en attente au cabinet. Les sports dandinent, la formation civique et l’éducation à la citoyenneté inexistante alors qu’elle devrait prévaloir pour voler au secours de la sensibilisation à la COVID-19, le ministre sous Eyadéma est aussi arrivé à son degré de péremption. Il laisse la lourde tâche de gestion de la presse et de la Communication à la HAAC avec le Président Telou qui sans grand zèle s’efforce de mettre des petits plats dans les grands malgré les interdictions et les suspensions décriées. Pour ce faire, Foli Bazi Katari devient finalement un ornement pour l’équipe gouvernementale de Komi Klassou.

Point n’est besoin de rappeler que d’autres ministères continuent des graves problèmes pour l’Etat en raison de la qualité des prestations des départements qu’ils couvrent. Les postes, économie numérique et innovations technologiques se portent très mal et sont d’ailleurs des moteurs à explosion des populations mécontentes de la téléphonie, de l’internet, de la cherté des produits de téléphonie. Les innovations technologiques, On n’en a pas vu les couleurs. Cina Lawson, c’est vrai, excelle dans une gestion capricieuse et népotique des télécoms au Togo. Cela ne rime sans doute pas avec le développement, l’internet étant devenu l’autoroute du développement.

Pius Agbétomey a déçu, en juriste averti lorsqu’il avait demandé l’ouverture d’une information judiciaire dans l’accident des humoristes. Les hommes de droits ont rigolé à son nez pour une attitude qui reflète naturellement une justice aux ordres dans laquelle il a lui aussi pris des airs. Les litiges fonciers n’ont jamais été aussi abondants et mal tranchés que sous l’actuel ministre des Droits de l’homme. Les dérives politiques en matière juridiques ont décliné le Ministre de ses responsabilités au point où c’est son élève nommé Christian Trimua, zélé invétéré qui se mettait en scène de la plus piètre des façons.

L’adage populaire qui dit que l’excès de beauté ou de laideur est nuisible convient assez bien à Christian Trimua. Avec l’ultime chance de se faire nommer ministre des droits de l’homme, Chrsitian Trimua s’est cru tout permis, mettant sa bouche dans tout, même ce qui ne le concerne pas. La construction de l’hôpital Saint Pérégrin n’est pas du ressort du ministère des droits de l’homme. Christian est allé causer des problèmes à travers des promesses farfelues dont il ne connaissait pas les tenants et les aboutissants. Eclaboussé dans une affaire de tueries de jeunes filles, sans scrupule, Christian Trimua présente les Droits de l’Homme comme pour servir aux espèces des autres planètes. Il a causé trop de tort, à travers son refus de se taire et son obsession de se faire voir et appelé pour le porte-parole du gouvernement. Trop de dégât pour un ministère qui a plutôt besoin d’un profil bas, respectueux et non souillé comme celui de Christian Trimua. Le Togo n’a pas besoin en ces moments de crise de personnalités rompues aux tapages, aux provocations et aux mépris des citoyens.

Dans le gouvernement sortant, il existe des fantômes, des ministres qui n’apparaissent que par saison. La première sortie publique de Tchabinandi KOLANI-YENTCHARE, la ministre de l’action sociale date d’il y a quelques jours, où elle est allé apporter un message du Chef de l’Etat à la famille du citoyen Koutsuatsi tué dans la folie meurtrière d’agents de sécurité qui l’ont battu à mort au nom d’un couvre-feu anti-pandémique au quartier Adakpamé. L’alphabétisme dont elle est chargée est dans les décombres, le taux d’analphabétisme en pleine croissance. Sa congénère de ministre fantôme n’est autre que Demba Tignokpa. La presse dans son ensemble ne se rappelle pas la dernière action sensible de la ministre de la planification du développement et de la coopération.

Le prochain gouvernement devrait donc être plus regardant sur certains aspects des profils et des animateurs des portefeuilles. Il faut des fusions, des secrétariats spécialisés, des responsabilisations et de l’autonomie au sein de certains ministères. Les coudées franches pour mener des actions dans le respect des lois.

Mais toutes ces actions devraient restées dans une dynamique efficace coordonnée par un Premier Ministre de vision. Moins militant, moins garçon de course, plus technocrate, plus rassembleur, plus influent vis-à-vis des autres ministres, manager en matière de gestion et de gouvernance, un homme qui a fait des preuves dans la gestion managériale et qui a réussi qui a forcé l’admiration, un homme qui maîtrise les agrégats du développement et de la cohésion d’une équipe gouvernementale. Bref, un homme qui est différent de Komi Klassou, ou encore d’Ahoomey Zunu, ou encore de Komlan Mally, ou encore ou encore….

La démission et la nomination du Premier Ministre ne sauront tarder et dans la logique de notre développement, l’indépendant Express se donnera le devoir de présenter une architecture d’un gouvernement en période post pandémique. La Rédaction se donnera la peine d’orienter un profil, une personnalité, une action, un portefeuille pour permettre de réussir le pari du développement par des hommes de poigne et de qualité.

Carlos Ketohou

Source : independantexpress .net

 

 

Gouvernement Klassou: Ministres et ministères à problème

 

Quand Calixte Madjoulba assassine et humilie pour la deuxième fois son frère Toussaint Madjoulba.

Nous ne nous lasserons jamais assez de continuer à nous demander si l´honneur et la dignité font vraiment encore partie du vocabulaire des différents dialectes togolais. Il y a trop de situations, où trop de Togolais, surtout ces dernières décennies, ont perdu les deux valeurs cardinales dont nos ancêtres étaient fiers: l´honneur et la dignité. Combien sont-ils, ces barons, civils comme militaires, depuis Éyadéma, à avoir été arrêtés, persécutés, emprisonnés, humiliés, et à avoir repris du service auprès du même dictateur, la queue entre les pattes, comme si de rien n´était? Entre-temps des espèces sonnantes et trébuchantes, qui n´effacent jamais le déshonneur et l’humiliation, ont joué leur rôle dans cette réconciliation rabaissante. Et c´est ce manque du sens de l’honneur, de la dignité et du patriotisme qui est à la base du comportement traître et égoïste de beaucoup de nos leaders de l’opposition ces dernières années.

Au lendemain de l’assassinat du Colonel Madjoulba, beaucoup de Togolais avaient naïvement cru que le régime togolais serait fortement ébranlé par exemple par la colère d’un Gilbert Bawara contre la hiérarchie militaire, donc contre Faure Gnassingbé. Rappelons que le Ministre de la fonction publique est l’un des principaux fidèles du président togolais et frère de village de l’officier défunt. Mais apparemment les intérêts personnels et l’amitié avec Faure Gnassingbé du Ministre originaire de Siou seraient plus forts qu´un quelconque lien familial avec Toussaint Bitala Madjoulba. L’attention était surtout portée sur le frère aîné de l’officier assassiné. Comment allait réagir Calixte Batossié Madjoulba, l’indétrônable ambassadeur du Togo en France et dans beaucoup de pays d´Europe? De ce côté aussi, ceux qui espéraient voir le courroux du diplomate contre les assassins de son frère, sont restés sur leur soif. Il serait même, avec Bawara, ceux qui auraient conduit la délégation des autorités politiques Nawdeba et surtout originaires de Siou pour aller calmer les populations en colère qui réclamaient bruyamment la dépouille de leur parent. Aujourd’hui, presque trois mois après le tragique événement ayant coûté la vie à ce père de famille dans son bureau au camp, la fumée provoquée par ceux qui ne veulent pas que la vérité soit sue, devient de plus en plus épaisse; et l’humiliation de la mémoire du défunt, de la famille se fait de plus en plus insistante.

La manière même dont le Colonel Nawda fut assassiné dans son bureau dans le camp qu´il dirigeait était déjà une humiliation. Le silence du gouvernement, de la hiérarchie militaire, de l´État-Major, du Ministre de la défense qui n´est autre que Faure Gnassingbé himself, n’est pas de nature à honorer la mémoire du défunt et à lui reconnaître un mérite quelconque de son vivant. Donc les Togolais ne sont pas du tout informés de la disparition tragique de Toussaint Bitala Madjoulba par les autorités compétentes du pays. C’est sur les réseaux sociaux et tout dernièrement sur Radio France Internationale (RFI) que quelques bribes d’informations parviennent au grand public.

Selon la radio française à audience internationale, deux mois et demi après l´assassinat de l´officier supérieur personne ne semble pouvoir dire qui a commandité ou tué Madjoulba. Nous nous demandons quel rôle a joué ou joue la commission d’enquête mise sur pied par Faure Gnassingbé et dont le Ministre de la Sécurité, Yark Damehame est le président. Aucune conférence de presse pour informer ou situer la population sur les premiers éléments ou sur les difficultés éventuelles liées à l’enquête, comme ça se passe dans les pays où la transparence s’écrit avec majuscule. D´après l´élément diffusé sur RFI, les autorités togolaises auraient demandé l´aide de la France pour procéder à des analyses balistiques afin de trouver le ou les assassins du Colonel Madjoulba, dont la dépouille serait toujours à la morgue. Toujours selon le journaliste de Radio France Internationale, si le corps n´a pas encore été restitué à la famille, c´est que personne n’a, jusqu’à ce jour, formulé une demande en ce sens.

Ce comportement des autorités togolaises, pour soi-disant faire la lumière sur l´assassinat de l´officier natif de Siou, pose beaucoup d´interrogations:

Pourquoi avoir attendu presque trois mois après la mort tragique de Toussaint Madjoulba avant d’avoir cette « lumineuse » idée de recourir à l´expertise française? Ce tapage qui consiste à saisir 75 pistolets au camp, de les joindre à la balle, supposée être retirée du corps du malheureux est un travail qui devrait se faire les premières heures après l´annonce de l´assassinat pour que personne n´ait l´idée et le temps de brouiller ou de faire disparaître les traces. Pourquoi avoir alors perdu tout ce temps en annonçant la formation d’une commisssion nationale d’enquête, en sachant que ladite commission n´aurait pas l´expertise nécessaire pour faire le travail à elle confiée? Quelle est aujourd’hui l´authenticité des objets saisis et d´après quels critères a-t-on sélectionné les militaires qui devraient remettre leurs pistolets? Et à propos de demande d´aide à la justice française, qu´en est- il de l´enquête française concernant les incendies des marchés de Kara et Lomé en 2013? Les enquêteurs français ne nous ont jamais livré les résultats de leur travail. Qui a incendié les deux grands marchés? Nous attendons toujours.

Nous avons notre petite idée: les membres de la fameuse commission d´enquête dirigée par Yark Damehame connaissent tous celui ou ceux qui ont assassiné Madjoulba Toussaint Bitala, mais n’ont pas le courage de le dire. La hiérarchie militaire, composée majoritairement de kabyès, en premier lieu Faure Gnassingbé et Abalo Kadanga, sait très bien comment s’appellent l’assassin, le ou les commanditaires, et à qui le crime profite. Certaines autorités françaises, qui sont les sponsors du régime vomi de Faure Gnassingbé, ont décidé d’entrer dans la danse pour sauver leur protégé, en voulant brouiller davantage les pistes. Sinon aucun enquêteur sérieux n´accepterait jamais de faire le travail pour une affaire d’assassinat qui remonte à presque trois mois, et dont il n´est pas sûr des conditions dans lesquelles les objets en sa possession ont été saisis et préservés jusqu’à leur acheminement.

Ce comportement des autorités togolaises, surtout militaires, qui n´ont jamais annoncé officiellement la disparition tragique de l’officier supérieur, qui n´ont jamais présenté de condoléances à la famille Madjoulba, humilient, et insultent davantage la mémoire du défunt, sa famille et le caractère sacré de la vie tout court. Et Là où la bât blesse, c´est celui qui, normalement, par sa position, devrait tout essayer pour sauver ce qu´il reste de l´honneur de la famille Madjoulba, est justement celui-là même qui accepte de se rabaisser, de se faire humilier et manipuler pour aider à verser encore plus de déshonneur sur la dépouille de son frère assassiné. On nous dit que Calixte Batossié Madjoulba, qui a acheminé les scellés contenant des pistolets, des douilles et la supposée balle du crime, aurait les mains liées et serait obligé de faire ce que ses supérieurs lui demandent. On peut avoir les mains liées, certes, mais peut-on lier un esprit? Peut-on empêcher notre officier de super-ambassadeur de démissionner avec fracas en restant en Europe et en dénonçant celui ou ceux qui ont commandité la mort humiliante et brutale de son frère, et qu´il connaît certainement bien? Au moins pour sauver l’honneur de la mémoire de son jeune frère, celui de sa famille et son honneur à lui.

Samari Tchadjobo
23 juillet 2020
Allemagne

 

 

Quand Calixte Madjoulba assassine et humilie pour la deuxième fois son frère Toussaint Madjoulba.

 

Togo : PétroGate, les Adjakly et l’option du pire

Une affaire de près de 500 milliards de FCFA sous le sceau de détournement, secoue la République du Togo depuis plusieurs semaines avec les noms d’un père et son fils, soit Francis et Fabrice Adjakly, cités comme étant les personnes au cœur du scandale. En dépit du tollé que cette affaire a suscité au sein de la population, le silence bruissant de l’État a laissé le peuple pantois. Rebelote ! L’un des mis en cause assigne en justice le journal qui a révélé le scandale. Peut-être une drôle de manière de ne pas périr seul. Qui sait ?

Dans une récente parution, celle du mardi 09 juin 2020, le confrère L’Alternative donnait l’alerte sur un détournement de près de 500 milliards de FCFA, une faramineuse somme disparue en mode offshore sur les commandes pétrolières de l’État togolais. Puis, Francis et Fabrice Adjakly, un père et son fils, ont été cités comme étant les pions d’un réseau ouvert à des officiels togolais qui profitent aussi indûment du mécanisme d’importation, de fixation et de fluctuation des prix de carburant au Togo.

Une affaire qui a provoqué l’indignation des Togolais qui, faut-il le rappeler, tirent le diable par la queue en cette période de crise sanitaire. Curieusement, le gouvernement togolais est resté silencieux sur ce sujet, des officiels muets comme une carpe, pas même un communiqué, un seul du ministre en charge de ce secteur, soit pour infirmer, soit confirmer ou annoncer l’ouverture d’une enquête pour situer l’opinion. Leur attitude de défi vis-à-vis des populations, une posture de « nous ne sommes pas redevables de vous », a finalement donné des ailes aux mis en cause qui tentent aussitôt à se faire peur. Ainsi, « Adjakly junior » passe à l’offensive, déposant une plainte contre le journal L’Alternative, cité à comparaitre le 12 août prochain devant le Tribunal de Première Instance de Lomé statuant en matière correctionnelle. Certainement, l’objectif est de faire taire le confrère. Mais le fiston a mal choisi son adversaire : « Ne vous inquiétez de rien. Il est dans l’ordre normal des choses que quelqu’un qui est mis en cause dans une affaire puisse porter plainte. C’est son droit le plus absolu. Les plaintes font partie du quotidien des journalistes, il n’y a donc aucune inquiétude », déclare à chaud le premier responsable de la rédaction de L’Alternative avant de rassurer sur la lumière qui se pointe à l’horizon. Nous avons désormais, dit-il, l’unique occasion de comprendre à partir de ce procès qui s’annonce le mécanisme d’importation non seulement du pétrole mais aussi la fixation des prix à la pompe qui pèse sur le togolais moyen. Ce sera aussi l’occasion pour nous de comprendre comment l’État a pu confier à une famille (Adjakly, ndlr) qui a créé une société d’intermédiation, la commande d’un produit aussi stratégique dont les énormes bénéfices retombent sur les comptes personnels des copains et coquins ? Nous allons comprendre qui sont les complices et bénéficiaires de ce réseau depuis des années notamment les ministres et leurs experts en charge de ce dossier. Nous allons enfin comprendre pourquoi ces pilleurs depuis des années agissent en toute impunité. Ce fumant dossier est loin d’être une affaire entre un journal et les auteurs de ce réseau. C’est une affaire entre les togolais, c’est-à-dire la majorité qui végète dans la misère et cette minorité dont on nous avait dit qu’elle s’accapare des richesses du pays. C’est l’unique occasion pour les togolais d’avoir une idée de ceux qui mettent indûment la main sur leurs impôts. Vivement le 12 août. Ils ont peut-être la justice mais nous nous avons le peuple et le peuple veut comprendre où va son argent, conclut Ferdinand Ayité, Directeur de publication du journal L’Alternative.

Alors, c’est croire que derrière, il y reste encore du lourd, bref de solides arguments et éventuellement d’autres révélations sur tout ce qui obscurcie les commandes pétrolières au Togo, la vente et la traçabilité des recettes. Ce serait en réalité l’unique occasion de tout comprendre sur tout ce que le peuple n’a jamais compris. Et dans ces circonstances, la posture offensive du fiston Adjakly est interprétée par certains, comme une manière de couler volontairement le navire pour que tout le monde périsse et qu’on n’en parle plus. Car dans cette affaire, beaucoup estimaient que l’information qui a été rendue publique par le confrère L’Alternative, peut-être aussi une fuite du réseau Adjakly, soit une forme de règlement de comptes, c’est-à-dire, des individus d’un même réseau qui frustrés par l’inégale répartition du butin, décident d’alerter la police afin qu’ils coulent ensemble.

« Nous vivons ensemble, et nous mourrons ensemble », dit-on souvent. Les Adjakly ont-ils fait le choix du pire ? Rendez-vous au procès du 12 août prochain pour la réponse.

Source : La Manchette

 

 

Togo : PétroGate, les Adjakly et l’option du pire

 

Togo - Agbéyomé Kodjo s’exprime depuis son lieu de cachette

Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, qui continue toujours de réclamer sa victoire, se trouve aujourd’hui au maquis. Cela ne l’empêche guère de rester égal à lui-même.

Agbéyomé Kodjo s’est caché depuis que le doyen des juges l’a de nouveau convoqué pour l’entendre au sujet des accusations de trouble à l’ordre public portées contre lui au lendemain du scrutin présidentiel. Pour éviter ce qu’il appelle les « persécutions », il aurait discrètement quitté le Togo mais ne désarmes pas.

Depuis son lieu de cachette, l’ancien Premier ministre a décidé de parler. Il le fait à travers un audio précédé de l’hymne de son pays. « Je défends jusqu’à ma dernière goutte de sang cette victoire écrasante et historique du peuple togolais. Je ne vous trahirai pas », assure-t-il dans son message adressé à ses compatriotes, rappelant que le sort que le régime en place lui a réservé trouve son origine dans le fait qu’il refuse de rentrer dans les rangs.

« Ils sont issus de tous les bords politiques qui furent en grand nombre les émissaires du président sortant à me faire des propositions concrètes et admettant explicitement la victoire sans ambages de la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro, NDLR) à l’issue de l’élection présidentielle du 22 février 2020. Des formations politiques issues de l’opposition, y compris les plus éminentes sont en grand nombre à admettre que la DMK a écrasé tous ses concurrents lors du scrutin.

Mais en même temps, la nature humaine étant ce qu’elle est, ces mêmes leaders de l’opposition déclarent autre chose en public », tacle ensuite le président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), un parti fondé sur les cendres de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS).

L’opposant contre qui un mandat d’arrêt international a été lancé appelle les Togolais à jeûner et à prier ces 25 et 26 juillet afin de demander à Dieu la délivrance de leur pays. L’ancien président de l’Assemblée nationale reste toujours convaincu qu’il a été le vrai vainqueur de l’élection présidentielle du samedi 22 février 2020 et annonce pour bientôt la fin « de la tyrannie, de la désolation et de l’injustice à tous égards ».

A.H.

 

 

Togo - Agbéyomé Kodjo s’exprime depuis son lieu de cachette

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro appelle à la mobilisation générale ce 1er août

Le contentieux électoral est loin de finir au Togo. Le véritable vainqueur de l'élection présidentielle du 22 février 2020, selon la Dynamique Mgr Kpodzro, Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo est contraint à l'exil par le régime de Faure Gnassingbé. Mais la dynamique tient à récupérer la victoire du peuple togolais. Une grande manifestation de rue est prévue pour le 1er août prochain au Togo.

LETTRE OUVERTE DU 22 JUILLET 2020 DE LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MONSEIGNEUR KPODZRO (CIDMK) A LA CLASSE POLITIQUE ET A LA SOCIETE CIVILE TOGOLAISES

Concerne : Appel solennel à une Grande Mobilisation Patriotique pour la Libération du Togo

Mesdames, Messieurs,

Nous avons le plaisir de vous adresser la présente invitation tendant à vous compter au premier rang des Patriotes togolais de tous horizons coalisés et mobilisés aussi bien sur le territoire national que dans la diaspora pour une synergie d'action patriotique en vue de la Libération nationale de notre cher pays, le Togo.

La Terre de nos Aïeux promise à une grande gloire, dans un rôle de leadership éclairé, au service du Créateur Dieu, est aujourd’hui à la traîne en raison d'une gouvernance calamiteuse, consécutive à un management inefficace des meneurs du Peuple ; ce qui a empêché les vrais fondements de la République de prendre racine.

La jeunesse et les femmes de notre pays sacrifiées sur l'autel de l'ego, subissent avec courage les dégâts d'un système qui mine le Togo depuis des décennies. Quant aux enfants et aux personnes âgées, aucun filet de sécurité n'existe pour les préserver des contraintes de la vie. Le Togo a perdu le nord et est devenu un État failli, repaire de tous les criminels de par le monde !

C'est dans ce contexte, que fort de la révolution électorale du 22 février 2020, nous vous adressons le présent appel solennel, afin que nous puissions nous mettre ensemble pour regagner notre dignité.

Mettons-nous ensemble et main dans la main, levons-nous pour dire NON :

À la violence et au crime d’État ;
À l’impunité,
À la corruption généralisée ;
À la faillite morale des magistrats ;
À la faillite des institutions de la République,
Aux violences et meurtres des forces de sécurité ;
Aux assassinats politiques et crimes rituels ;
Au bradage de l’économie et à la prédation sur toutes les richesses du Togo ;
À l’absence d’hôpitaux et de soins de base aux plus vulnérables ;
À l'éducation au rabais ;
À l'injustice répandue dans notre pays ;
À la grande misère dans nos communautés et à la paupérisation de notre peuple ;
À la mort programmée de la Jeunesse et à la dépravation de la Femme ;
À l’exil forcé et à la prison à ciel ouvert dans son propre pays.

Levons-nous du nord au sud, de l’est à l’ouest et partout dans la diaspora le 01er août 2020!

Pour réclamer avec vigueur la démocratie et arracher l’Alternance politique dans notre pays. Monseigneur Desmond Tutu, un des grands leaders contre l’apartheid en Afrique du Sud disait : "Si tu es neutre en situation d’injustice, tu as choisi le parti de l’oppresseur".

Votre engagement patriotique est vivement souhaité en cette étape décisive de la lutte commune pour la libération de notre pays où le silence ou la neutralité sont synonymes de désengagement.

Dans cette perspective, avec abnégation, donnons enfin une meilleure chance aux générations présentes et à venir.

Votre engagement résolu et le nôtre, motiveront nos frères et sœurs d’armes, car nous savons que plusieurs d’entre eux, sont comme le peuple, victimes du même ‘‘Léviathan’’; et bien souvent n’ont d’autre choix que de suivre des ordres à contre cœur préjudiciables à leurs propres frères et sœurs. Nous osons espérer que par nos actes de bonne volonté, ils sauront aussi une fois pour de bon, dire non à notre adversaire politique commun.

Il y a une trentaine d’années, le cri de ralliement collectif était : "Démocratie d’abord, Multipartisme après".

Aujourd’hui plus qu'hier, ce même cri de ralliement persiste autrement : "Alternance d’abord, Multipartisme après". Le Peuple togolais dans son ensemble sera le grand gagnant dans cette alliance citoyenne et patriotique autour de l'action de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK).

Puisse par notre détermination, notre bonne volonté transpartisane à nous mettre ensemble, la Libération nationale soit effective les prochains jours afin d'ouvrir véritablement la voie à l'émergence du Togo "Or de l'Humanité" !

Nous savons pouvoir compter sur votre souci de l'intérêt supérieur de la Nation tout entière, et vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de notre considération distinguée et nos Lumineuses Pensées.

Dr Edem Atsou Kwasi

Coordinateur général

 

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro appelle à la mobilisation générale ce 1er août

 

Togo - COVID-19 : L’UE anticipe le décaissement de 4,9 milliards FCFA

Le chargé d’affaires a.i de l’Union européenne (UE) au Togo a remis à la ministre de la Planification du Développement et de la Coopération, un chèque de 4,9 milliards de FCFA. Cette seconde enveloppe anticipée se situe dans le cadre de l’appui budgétaire accordé en 2020 par l’institution européenne en cette période de crise sanitaire.

Bruno Hanses, le chargé d'affaires a.i de l’UE, et Mme Ayawovi Demba Tignokpa, la ministre de la Planification du Développement et de la Coopération, ont pris part ce jeudi 23 juillet à Lomé à la remise du chèque pour le second décaissement de l’appui budgétaire au Togo pour le compte de l’année en cours.

En mai dernier, l’Union européenne avait débloqué une première tranche d’un montant de 6,2 milliards de FCFA. Cette seconde tranche permettra au Togo de mieux faire face à la gestion de la pandémie liée à la Covid-19. Au Togo, le pays de Faure Gnassingbé bénéficie de plus de 11 milliards de FCFA à titre de soutien budgétaire de l’UE en 2020.

Selon Bruno Hanses, « avec cet appui budgétaire, l’Union européenne et le Gouvernement togolais ont démontré une fois de plus l'utilité et l’efficacité de leur coopération », soulignant que ce soutien contribuera à renforcer les différentes mesures prises par le gouvernement pour contrer la propagation de la maladie virale et diminuer ainsi ses conséquences socio-économiques.

L’anticipation du décaissement « est un gage de confiance vis-à-vis du Togo. Mais elle est également basée sur les progrès réels constatés dans la politique des réformes menée par le Gouvernement togolais ces dernières années ».

L’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED), qui se trouve être Madame Tignokpa se félicite de l’engagement de l’Union européenne aux côtés de son pays en cette période délicate et difficile.

« En cette occasion de remise symbolique de chèque du deuxième décaissement, il m’est particulièrement agréable, au nom du gouvernement togolais, d’exprimer mes vifs et sincères remerciements à l’Union européenne pour ses multiples contributions au développement du Togo et tout particulièrement pour son appui en cette période, en vue de maîtriser l’expansion de la pandémie de la COVID 19 », déclare-t-elle.

L’appui budgétaire de l’UE trouve son origine dans le package « Team Europe » en réponse à la crise COVID-19. Il se traduit par la concertation entre l’UE, les ambassades d’Allemagne et de France, et les entreprises membres de la Chambre de Commerce Européenne(EUROCHAM), d’accompagner ensemble le Togo.

A.H.

 

 

Togo - COVID-19 : L’UE anticipe le décaissement de 4,9 milliards FCFA

 

Togo - Vidéos immorales : Les 11 élèves en liberté après leur condamnation par sursis

Les onze (11) élèves, auteurs des vidéos immorales, placés en garde-à-vue à la Police nationale et à la Brigade de Recherches et d’Investigations (BIR), ont été remis en liberté.

Ils ont été gardés à la Police nationale et à la Brigade de Recherches et d’Investigations (BIR) pendant une semaine. Ils ont recouvert leur liberté ce jeudi après avoir été condamnés à des peines d’emprisonnement par sursis.

Au départ, ils étaient quarante (40) à être arrêtés. Accusés d’être des auteurs et co-auteurs des vidéos immorales tournés dans les établissements scolaires qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Onze (11) ont été finalement gardés et condamnés.

Les uns ont pris 18 mois, 10 mois et 8 mois. D’autres ont purement été relâchés, pour insuffisance de preuve de leur implication. Parmi les 11 élèves, on dénombre sept (07) garçons et quatre (04) filles.

 

 

Togo - Vidéos immorales : Les 11 élèves en liberté après leur condamnation par sursis

 

Togo - 23-29 juillet 1992 – 23-29 juillet 2020 : Assassinat de Tavio Ayao Amorin, 28 ans déjà. Hommages du MO5.

« J’ai semé des graines, et elles germeront immanquablement. »
Kwame Nkrumah

En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage. Nos pensées vont à ta famille, à ton fils unique Eugenio. Patriote de toujours, nationaliste et panafricaniste jusqu’au fond de l’âme, tu resteras un modèle pour notre peuple et surtout pour sa jeunesse.
Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d’une empreinte ineffaçable. Pour nous qui portons devant l’Histoire le terrible poids d’anéantir la dictature sur la terre de nos aïeux, nous renouvelons, devant ta mémoire, le serment de poursuivre efficacement le combat sans jactance.

Tu nous as quittés au moment où nous avions eu le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton souvenir reste vivace dans nos cœurs.
Nous voulons saisir l’occasion de ce 28 e anniversaire pour te dire que la semence, ta semence va germer immanquablement. Il poussera pour le bien et le bonheur de tous les Togolais. Et c’est ensemble un jour que tous, du nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, civils et militaires, nous irons nous incliner pieusement et victorieusement sur ta sépulture.

Camarade Octave Tobias Tavio Ayao Amorin, le MO5 te salue ! Reçois cet acrostiche comme une libation:
Tavio, ta vie reste un exemple de lutte
Avec toi le MO5 a vu le jour
Valeur sûre de la jeunesse togolaise
Inoubliable et immortel est ton nom
Ondulatoires seront tes idées
Amoureux des causes nobles
Modèle pour la jeunesse panafricaine
Orfèvre de l’Or de l’Humanité
Rien ne pourra te faire oublier
Indéniable est ton aura sur nous
Nous vaincrons car notre cause est juste!

Bruxelles, le 23 juillet 2020
Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5.
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TAVIO AMORIN AVAIT UN SCEPTRE À LA MAIN
« Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants: la vérité et la justice. »
Condorcet
L’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national. C’est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo qui a plus que besoin du talent et de l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout.
Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont approché, Tavio était tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.
En effet, il y a 28 ans jour pour jour, la nation entière s’était réveillée sous l’onde de choc que les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée dès l’annonce du lâche et cruel attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple togolais, les assassins de la liberté : Eyadéma et ses partisans.
Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont connues : Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de vérité et de justice.
En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte et sonnante à l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier avec ferveur pour le repos de son âme.

Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre compagnon et propose aux lecteurs cette biographie intitulée TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a 28 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous les balles meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma Gnassingbé et clan.

« Tavio est né en 1958, année où la lutte pour l’indépendance battait son plein. Son père Carlos Amorin, à l’époque agent de la UAC, était engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante de naissance, mais anciennement caissière à la BCEAO, Tavio était le premier garçon et le dernier enfant après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.
Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l’époque. C’était une grande maison qui, pendant les grandes vacances, arrivait à rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre lui a permis de développer l’esprit d’équipe et de cultiver la tolérance.
Il fit ses premières années scolaires à l’école catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il était admis à la garderie. Il suivit le cours normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec mention très bien, en 1970, date à laquelle il entame ses études secondaires au collège Saint Joseph.
Un très bon élève
Tavio était un très bon élève, toujours classé parmi les premiers. Il était le potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait comme un … crabe. Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte.
Le football était son violon d’Ingres. Cela a failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à Kokétimé, où il avait été élève quelques années auparavant. La partie était âpre, comme on savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son chevet : ce médecin était un certain Dr Marc Attidépé.
Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis après-midi, il retournait à l’école catholique de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance. Son autre grande passion était les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neveux.
Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il refusait d’obtempérer, il était tout simplement privé du prochain repas.
Après son baccalauréat au collège Saint Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris, disant qu’il en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques. Il reste donc à Paris où il étudie l’informatique et l’organisation. Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande firme française, l’aide à affûter ses armes.
Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont les téléspectateurs français se souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une des chaînes francaises. Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait surprenante de simplicité et d’originalité : il avait passé une annonce, s’était constitué un fichier. Les clients l’appelaient pour lui communiquer l’heure à laquelle ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner. Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants, et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de la troisième chaîne française dans une émission de jeunes.
Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux en qualité de responsable des achats. Quand il décide de revenir en Afrique, c’est par cette filière qu’il est envoyé à Abidjan.
Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques. Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu maille à partir avec un officier supérieur de l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des menaces à son endroit : «où que tu sois, on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n’a plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut de réfugié politique, mais n’a jamais pris la nationalité française, contrairement à ce que beaucoup croient.
Admirateur de Nkrumah
Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas fait des études de droit, il s’est intéressé à la chose juridique, et à la chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque et reçue « sur le tas » avec les jeunesses du parti communiste français, puis avec les jeunesses du parti socialiste français, tendance Jean-Pierre Chevènement.
Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste, Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D’où son admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent comme les pionniers de l’unité africaine.
Entre le père et le fils, les rapports étaient ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s’estimaient mutuellement et se comprenaient à demi-mot. Et si l’éducation spartiate dont il avait été question plus haut ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop grande, Tavio à force d’être resté constamment dans le sillage de son père, d’humer et de s’imprégner de son parfum, a fini par s’identifier totalement à ce patriote courageux et généreux.
A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable vénération. La mère et le fils étaient pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le goût prononcé que manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son droit d’attendre de son fils qu’il entame une carrière véritable, fonde un foyer et fasse « plein de petits ».
Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout et passait avant tout. La maman, dès le début du renouveau démocratique et vu la part prise par son fils aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait très peur pour lui. Elle était convaincue que la politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils, le sort en était jeté, le destin s’était mis en branle. L’enfant était happé par le flot impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout son être, de toute son âme, plongé dans la fièvre démocratique qui a fini par le consumer.
Prémonition
Mercredi, la veille de l’attentat qui devait l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et c’était la première fois depuis son retour de mission, que la mère revoyait son enfant. Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui fit remarquer : «Mais tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait de la peine parce qu’un beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur… Non je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur. »
Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio tombait sous les balles de son assassin.
La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des risques énormes de la vie qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil de la République. Sa mère le voyant arrivé à la maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio qui revenait…
Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait : « Même si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus». Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était un peu plus corpulent que d’habitude. Il portait un gilet pare-balles : «Voilà, dit-il ce que j’ai ramené pour me protéger». Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément ce jour que les balles l’ont fauché ».
Tino Agbélenko Doglo
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À LA MÉMOIRE DE TAVIO AMORIN: LE MO5 RECONNAISSANT
« Seuls vivent les morts dont on chante le nom. »
L. S. Senghor

Voici 28 ans que la dictature togolaise a armé des bras pour te ravir à notre affection. Camarade Tavio, le MO5 demeure orphelin de ta tragique disparition; mais tu sais bien que la mort est un commencement. Figure majestueuse de la jeunesse, tu ne seras jamais oublié! Hier comme aujourd’hui, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour te rendre hommage, toi qui a donné le nom MO5 à notre Mouvement.
Qu’il nous soit permis de reprendre ici comme un témoignage, l’hommage que Monseigneur Dovi Ndanu t’a rendu il y a déjà quelques années:
« Précieuse est la mort qui achète la vie au prix du sang versé! »
« Mon cher Tavio, permets à ton ancien Directeur et professeur du collège Saint Joseph d’apporter son joyau à la couronne de gloire qui ceint désormais ta tête comme un glorieux jeune martyr de la démocratie naissante togolaise.
Dans les années 1971-1977, tu étais déjà un garçon décidé, très brillant qui avait de la rigueur dans le travail où transparaissait un sens de responsabilité en éclosion. Il y a des années et des promotions dans la vie d’un collège qui font resplendir son image de marque, dorent les blasons et font grand honneur à l’établissement. Je pense à cette illustre promotion de l’année 1976-1977 et en particulier cette classe de Terminale C où tu brillais comme une étoile parmi d’autres, et où se sont donnés comme rendez-vous des génies en herbe pour ainsi dire. Et je me souviens par ailleurs de ces cours de catéchèse où tu montrais ton culte de la vérité, ton sens élevé de la liberté et ton respect de l’autre en tant qu’autre. Cela ne m’avait donc pas surpris de te savoir admis dans les Grandes écoles des ponts et chaussées et d’autres études de hauts niveaux. Ton esprit imaginatif et inventif t’a permis d’avoir beaucoup de cordes à ton arc. Tu as démontré ta culture socio-politique, juridique et économique à la Conférence Nationale Souveraine.
Oui, c’est à la Conférence Nationale Souveraine que tu t’es fait distinguer et personne ne se trompait sur ton avenir radieux. Tes interventions intelligentes et pertinentes, d’une vigueur et d’une rigueur secouaient tout le monde dans la salle Fasao. Tes analyses d’une acuité extraordinaire et tes diagnostics sans complaisance sidéraient tout le monde. On a beau te classer dans les rangs des dits « extrémistes », mais force était de reconnaître que tu n’étais pas de ceux qui se sont salis les mains et que tu voulais la vérité et rien que la vérité. On sentait dans tes propos cet amour du peuple Africain, de ton peuple Togolais et tu lui voulais un lendemain meilleur, mais planifié, dépouillé de toute compromission ; un lendemain fait de justice, de vérité, d’amour et de paix véritable.
Je me souviens ! Dans la salle Fasao, à la sortie d’une des premières assises, tu me rencontras dans les couloirs et entre deux pauses ; et tu me dis : « père Directeur, me reconnaissez-vous ? C’est vous qui avez fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui ». Mon humilité de Directeur et de professeur de collège en avait pris un coup. Mais j’étais fier ! Fier de toi !

Oui je t’ai reconnu dans ton dévouement courageux et généreux sans détour. Jeune homme tout d’une pièce, et qui ne fait rien à moitié. Jeune homme convaincu de la noblesse de la cause qu’il défend : tu voulais un Togo nouveau, prospère, vraiment démocratique d’une démocratie authentique. Tu souffrais de ce que des gens maîtrisaient mal ce qu’ils disaient et faisaient. Tu veux que tous les aspects de ce renouveau togolais soient bien cernés et dans toutes les dimensions. Tu me confias un matin, deux semaines avant l’attentat qui t’a coûté la vie, dans la salle du palais des Congrès, ton désaveu de ce que certaines discussions au HCR accusaient trop du juridisme et ne tenaient pas assez compte des aspects politiques.
Ta détermination pour l’accouchement d’une vraie démocratie sans bavure au Togo, va coûter le sacrifice de ta vie. De tout ton être, de toute ton âme, de toutes tes forces tu t’es plongé dans cette fièvre de la démocratie qui a fini par te consumer. Ce jeudi 23 juillet 1992, cette nuit là-même, j’étais en train de donner une causerie sur notre Conférence Nationale Souveraine aux moines Bénédictins dans leur Couvent à Encalcat dans le Sud de la France à Tarn. A cette heure là-même, tu tombais sous les balles scélérates de ton lâche et pervers assassin.
Tavio, tu as vécu comme quelqu’un qui ne voulait rien, n’attendait rien, n’aspirait à rien que la liberté pour le Togo, une liberté génératrice de paix et de prospérité. Tavio, tu rejoins la phalange de ceux qui ont versé leur sang pour que le processus démocratique aboutisse au Togo. Sur ce fond de nobles témoins, ta figure se révèle éminente de jeunesse et d’avenir. En toi nous saisissons l’âpre secret du grain qui meurt, le sang versé, l’amour vainqueur, et cette croix qui nous relève.
« Si l’espérance t’a fait marcher
Plus loin que ta peur,
Tu auras les yeux levés.
Alors tu pourras tenir
Jusqu’au soleil de Dieu »
« Heureux qui donne sans compter
Jusqu’à sa propre chair !
Il trouve en Dieu sa liberté,
Visage découvert. »
Adieu Tavio, tu pousseras comme un grain de sénevé !

Mgr Dovi Ndanu »


Bruxelles, 23 juillet 2020.
Eloi Koussawo, MO5

 

 

Togo - 23-29 juillet 1992 – 23-29 juillet 2020 : Assassinat de Tavio Ayao Amorin, 28 ans déjà. Hommages du MO5.

 

Togo - 11 établissements vont reprendre les cours à l’Université

L’Université de Lomé rouvre ses portes le 27 juillet prochain pour les cours en présentiel. Mais ce ne sont pas tous les établissements qui sont concernés par cette réouverture.

Onze (11) établissements sont autorisés à reprendre les cours en ce qui concerne la Licence. A en croire le Prof Dodzi Kokoroko, président de cette institution, les cours reprennent également en présentiel au niveau du Master et Doctorat.

Il s’agira d’une expérience dans le respect des mesures barrières pour éviter la contamination au sein de l’Université de Lomé. Le CERSA, le CIC, l’Institut Confucius, l’ENSI, l’ESA, l’ESAAd, l’ESTEBA, la FSS, l’INSE, l’ISICA, l’IUT de Gestion sont les établissements avec lesquels les autorités universitaires pensent faire cette expérience.

« La programmation effective des activités est communiquée par la Direction des affaires académiques et de la scolarité (DAAS) en collaboration avec les doyens et directeurs », a indiqué Dodzi Kokoroko.

Le nombre de visiteurs dans la bibliothèque universitaire sera limité. Le président de l’Université de Lomé invite donc les étudiants à observer les mesures barrières, surtout le port de masque.

 

 

Togo - 11 établissements vont reprendre les cours à l’Université

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : Sex-gate

« Celui qui se met une corde au cou, Dieu lui donnera quelqu’un qui la tirera » – Proverbe touareg

La Nation togolaise médusée a vu ses enfants mineurs s’encanailler dans une vidéo devenue virale. Au-delà de l’indignation et de la réprobation unanimes, la vulgate a tôt fait d’attribuer cette déviance à l’influence prégnante des réseaux sociaux, à la permissivité des parents, à la facilité d’accès aux images licencieuses. Bien que recevables, ces raisons ne situent que partiellement la profondeur du mal et les causes sociologiques dont il est le symptôme.

La jeunesse a toujours été influencée par des modes et des pratiques exogènes. Il s’agit d’apports utiles à la croissance du corps social à travers la résolution du conflit de génération que leur adoption produit nécessairement. Elle n’y succombe que lorsque le corps social, affaibli et corrompu, se révèle incapable d’être le filtre d’influences adverses qui, sublimées, font entrer le jeune dans le monde des adultes. La force du tissu social permet à l’enfant d’intégrer la dialectique spéculaire nécessaire à sa projection dans un monde à la fois familier et hostile pour déployer les potentialités de renouvellement de la nation entière. Cette vision vitaliste suppose l’existence d’un terreau social stable basé sur des valeurs intangibles qui unifient et sécurisent l’adolescence en quête de repères. Tel un trapéziste, le jeune éprouve sa force et sa souplesse toutes neuves avec la certitude que sous ses pieds se trouve le solide filet de la famille et de l’ensemble de la société.

A contrario, l’affligeant spectacle de la « sextape » révèle le désespoir et l’angoisse d’une jeunesse profondément désorientée. Nos jeunes sont perclus de peur face à une société atomisée, injuste, affaiblie par l’inversion systématique des valeurs. L’anomie est perceptible dans toutes les institutions d’un État où la paupérisation et la clochardisation des citoyens sont érigées en mode de gouvernement. On ne propose à la jeunesse qu’un avenir de dépravation des mœurs, de mendicité et de délinquance.

J’entends, à travers ces tristes images, un cri déchirant. Nos enfants nous interpellent par la seule chose dont ils croient avoir la maîtrise : leurs corps. À défaut de se lacérer, de se scarifier ou de s’immoler par le feu, ils s’offrent en hosties vivantes hissées au mât du bateau ivre d’une gouvernance sans cap. Ils nous disent leur désapprobation viscérale de l’avenir que nous leur proposons. Ils nous alertent sur la vacuité de l’horizon de conducteurs de taxi moto-taxi (Zemidjan), de prostitués ou de dealers que nous leur ouvrons. Triste résistance de corps juvéniles pressentant le sort funeste que le monde des adultes persiste à leur imposer. Partout où se pose leur regard, ces frêles enfants ne voient que le contraire des valeurs que la famille et l’école professent. Ils voient la célébration et la promotion de la dépravation, de la vulgarité, du vice et du crime à commencer par le plus haut sommet de la hiérarchie sociale. Le sanctuaire même de la famille est battu en brèche par le premier magistrat de l’État. Ce qui est donné à voir à la jeunesse ce sont des délinquants ayant pignon sur rue, des criminels promus et décorés, des dealers roulant carrosse et menant grand train. Comment trouver des raisons d’espérer avec l’exemple des aînés qui ont cru à la voie de l’excellence scolaire gage de la réalisation de soi par un métier gratifiant et qui se retrouvent piégés dans le dur métier de zémidjans ou de prostitués. Ces enfants voient bien que les modèles que la société propose à leur admiration sont bien ceux qui ont fourni le moindre effort, des cancres, des tire-au-flanc qui ont su trouver le chemin des bons réseaux maffieux, des dealers, des proxénètes et des délinquants. Ils paradent et se pavanent. Ils se poussent du col et revendiquent une respectabilité factice que leur confèrent leurs innombrables soutiens institutionnels et l’indulgence coupable des juges. Comment ne pas « admirer » ces flibustiers d’une société en déliquescence, ces » happy few » de la « jet set » locale dont certains peuvent se prévaloir de l’amitié personnelle du chef de l’État sans que cela ne suscite le moindre démenti officiel.

Loin d’être une histoire de gosses dévergondés, cette vidéo montre le profond malaise social que la longue dictature a généré au Togo. Nos enfants nous disent la fausseté des valeurs qui sous-tendent notre vivre ensemble. Ils sont, bien malgré eux, à travers l’oblation de leur corps, les Cassandre d’un pays en dérive.

Tout un peuple crie haro sur ces enfants perdus de la République. Nous devons à tout le moins partager la honte de ces âmes candides au regard angoissé. Ces yeux inquiets, hagards, perdus dans le stupre de procuration nous posent la lancinante question de l’avenir que nous réservons à la terre de nos aïeux. Que choisissons-nous pour nos enfants ? Quel avenir nous leur construisons ? Avons-nous démissionné ? Sommes-nous résignés à voir le destin de nos enfants pire que le nôtre ? Saurions-nous enfin apaiser ces cœurs en perdition ? En définitive à quel abysse sommes-nous prêts à laisser dériver la terre de nos aïeux ? Il est urgent de leur répondre.

Jean-Baptiste K.
jeanbaptistek@yahoo.com

 

 

Révolution Togolaise / Le Tour de Garde : Sex-gate

 

Togo - Le CPJ du New-York invite les autorités Togolaises à protéger le journaliste Ferdinand Ayité

Après avoir levé le voile sur un détournement d'environ 500 milliards de F CFA par une famille dans le secteur du pétrole au Togo, le journaliste Ferdinand Ayité, déclare être menacé mardi par un individu inconnu au téléphone. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ayant vent de la situation, exhorte le gouvernement Togolais à protéger le journaliste en risque

À l'instar de l'Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) qui a très rapidement invité « le Procureur de la République et le Ministre de la Sécurité à veiller à la sécurité du journaliste Ferdinand Ayité en vue de lui permettre d'exercer librement ses activités », le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) déclare être « préoccupé par le fait que Ferdinand Ayité, directeur du journal L'Alternative, ait reçu le 21 juillet un appel téléphonique intimidant, le poussant à cesser de rapporter des allégations de corruption liées aux prix du pétrole» au Togo.

« Les autorités togolaises devraient assurer la sécurité d'Ayité.» a souligné l'ONG.

Composé d'une quarantaine d'experts à travers le monde, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) est une organisation non gouvernementale qui vise à «défendre le droit des journalistes, de rendre compte de l'actualité sans crainte de représailles» et de promouvoir la liberté d'expression. Le CPJ surveille les emprisonnements, les disparitions et les assassinats de journalistes dans le monde. Le siège de l'organisation est à New York aux États-Unis.

Il est à rappeler que Fabrice Adjakly qui a été accusé de corruption par le confrère Ayité, a porté plainte contre ce dernier. Ils seront accueillis au Tribunal de Première Instance de Lomé, le 12 Août prochain.

Mensah A.

 

 

Togo - Le CPJ du New-York invite les autorités Togolaises à protéger le journaliste Ferdinand Ayité

 

Armoiries du Togo : Merci Folikpo

Depuis ces derniers mois il ne se passe un jour au Togo sans que des politiciens d’un autre genre ne viennent donner leur avis sur tout comme pour prouver à ceux qui en douteraient encore, que désormais c’est eux les nouveaux Leaders et que c’est eux qui mènent la danse dans un folklore brouillon qui ferait rire s’il n’y avait pas la tragédie sociopolitique qui impacte la vie des Togolais depuis des décennies. Ils ont réussi à réduire les leaders politiques au silence. Ces politiciens d’un autre genre, reconnaissables à leurs styles vestimentaires (soutanes, Djalabia avec turbans assortis) ce sont les soi-disant hommes de dieu. On les entend partout, pas seulement les vendredis ou les dimanches et pas seulement dans les lieux qu’on leur connait habituellement (mosquée, églises, paroisses etc.), mais vraiment partout et tous les jours. Ils ont leurs avis sur tous les sujets allant jusqu’à vouloir trouver les causes des problèmes politiques du pays dans l’hymne national, dans le monument de l’indépendance et, dernièrement dans les armoiries du Togo.

Il est fort heureusement rassurant de savoir qu’il y a encore au Togo des compatriotes (dont sans doute une majorité silencieuse) qui refusent de tomber dans le piège de la sidérante infantilisation de la politique togolaise (voir « Une fausse Polémique sur les Armoiries du Togo », par K. Kofi FOLIKPO, dans ici-Lomé…com). Il n’y a pas longtemps, l’EPISCOPO a traité le chef de l’ANC de Juda. Le crime de JPF aux yeux de Monseigneur c’était d’avoir refusé de renoncer à sa propre candidature pour soutenir le candidat qui a été révélé au Prélat Catholique par Dieu en personne. Il n’y a pas eu beaucoup de monde pour venir au secours de JPF face à cette injustice de la part de l’Archevêque émérite de Lomé devenu tellement puissant qu’il ne tolère aucune contradiction dans sa désormais mission divine de sauver le Togo. Au contraire, des plumes célèbres, des journalistes et même des responsables de la société civile qui prétendaient œuvrer pour la démocratie se sont alignés tout raides derrière le Tout puissant Prélat pour soutenir la candidature de l’ancien Premier Ministre du Dictateur défunt. Par miracle, le massacre de la Place Fréau Jardin est passé en pertes et profits. Il a suffi à l’ancien PM d’Eyadéma de dire pour se tirer d’affaire que le massacre a été perpétré par des éléments incontrôlés, lesquels, par nature, échappaient à son contrôle. Et on l’a cru sur parole. Peut-être qu’il a été confessé et absout par Monseigneur dans la pure tradition chrétienne. Toujours est-il que personne n’a osé demander à l’ancien PM du dictateur de dire au moins les initiatives qu’il avait prises ou tenté de prendre pour faire traduire les éléments incontrôlés devant la justice alors qu’il devait les connaître selon ses propres dires. Lui qui se targuait il n’y a pas encore longtemps de bien connaître la maison et ses habitudes ne peut pas prétendre le contraire aujourd’hui.

Sûr de son fait, Monseigneur en a rajouté des couches successives par des attaques tous azimuts contre les autres candidats de l’opposition et particulièrement contre JPF après les élections présidentielles de février 2020 dont les résultats ont été un « fiasco » pour l’opposition et, accessoirement un « raz-de-marée » en faveur du pouvoir (résultats controversés). Mais alors que, n’en pouvant plus de ces attaques indignes venant de quelqu’un qui est censé être l’incarnation de la Justice Divine et du Pardon, JPF, désespéré, décide de se tourner vers la justice des Hommes pour laver son honneur et celui de ses compagnons, il fut moqué par des affidés du Prélat qui le somment de retirer sa plainte qu’ils considèrent comme un crime de lèse-majesté. Par un retournement des rôles dont le Togo a le secret, JPF en plus d’être le double-perdant du scrutin de février 2020, devient l’ennemi numéro un dans ce qui est supposé être sa propre famille politique.

Nul besoin d’aimer JPF, ni d’être militant de l’ANC pour le défendre car cela pourrait arriver à tout le monde. Et ce n’est pas la fête de s’entendre traiter de Juda ou de Djahili par une autorité pour qui l’on a du respect. En fait, ce qui est arrivé à JPF n’est que l’étape ultime de la façon dont une certaine élite religieuse tente depuis un certain temps de récupérer la lutte politique et se substituer à la classe politique classique. Persuadés que les leaders politiques classiques ne sont pas à la hauteur, de grandes gueules de différentes confessions religieuses ont flairé le filon et se sont engouffrées dans la filière politique en usant d’une stratégie infaillible : auréolés de leurs statuts divins de respectabilité, les religieux se veulent au-dessus de la mêlée et se posent en sauveurs. Etre au-dessus de la mêlée ne les empêche cependant pas de distribuer des points : de bons points aux uns, de mauvais points aux autres, en fonction de critères dont eux seuls et leur « dieu respectif » détiennent le secret.

Sous le couvert de propager la parole de Dieu, les Hommes de Dieu crachent impunément des attaques gratuites contre ceux qui à leurs yeux ne sont pas dignes de prétendre diriger le pays. Toutes les occasions sont bonnes pour faire passer le message. Les lieux de culte deviennent des amphithéâtres politiques où seul Dieu à travers son incarnation terrestre a la parole. Les fidèles, abusés et désabusés, écoutent sans broncher de véritables discours politiques dont les seules références sont le Coran ou la Bible, discours politiques qui virent très vite à des diatribes contre des Leaders politiques qui ne sont pas en odeur de sainteté. Parfois c’est même côte-à-côte que ces Leaders écoutent « l’autorité morale » adouber les uns et diaboliser les autres. Les propos de l’autorité morale peuvent parfois être des mensonges et des contrevérités, mais personne ne se lève pour protester. Dans la mosquée, chacun le sait, l’Imam est seul maître à bord. Personne ne peut le contredire sous peine de subir l’implacable anathème promis aux hérétiques. Dans l’église et les paroisses ce n’est pas mieux.

Pendant que ceux qui sont traités de diables baissent la tête, les heureux élus sont aux anges, au propre comme au figuré, sans se rendre compte que bientôt ils ne seront plus que des marionnettes entre les mains de forces obscures. Comme des enfants, ces heureux élus éphémères vouent une admiration fétichiste à leur nouveau maître. Le sommet de ce processus de récupération a été atteint avec « l’EPISCOPO » qui a réussi l’exploit de donner son nom à un mouvement politique, ce que personne n’a encore réussi dans notre pays. L’EPISCOPO a réalisé le tour de magie de créer un parti politique de fait sans s’embarrasser des contraintes et démarches administratives de création de parti politique. Et quel est donc le programme politique du parti de l’Homme de Dieu ? L’Hymne National ?, à la poubelle parce que contenant des paroles guerrières. Le Monument de l’indépendance ?, à déboulonner parce que lieu de sacrifices sataniques. Les adversaires politiques ? La malédiction divine s’en occupera, si ce n’est déjà fait.

L’intrusion de l’élite religieuse dans l’arène a donné à la lutte politique un coup de massue dont le Togo ne se relèvera pas de sitôt. L’infantilisation de la politique a franchi des sommets depuis longtemps. On est loin d’envisager l’avenir avec sérénité quand on apprend de la bouche d’un dinosaure de l’opposition que le « loup religieux » ne s’est pas lui-même introduit dans la bergerie mais qu’il y a été invité amicalement par les brebis elles-mêmes pour se faire dévorer. Cela s’appelle suicide. L’élite togolaise a lamentablement échoué. C’est suffisamment déplorable au regard des effets néfastes de cet échec inavouable sur la vie quotidienne de nos populations. Mais c’est encore plus déplorable de constater que cette élite défaillante ne recule devant rien pour entraîner la population dans sa chute.

Avant février 2020 les Leaders de l’opposition n’étaient pas unis. Tout le monde le sait. Mais au moins de temps en temps ils arrivaient à former des alliances (C14, G6 etc.). Certes ces alliances n’ont pas toujours résisté aux querelles intestines propres à tout regroupement humain. Mais au moins elles offraient, même sporadiquement, une plateforme d’échanges et d’espoir. Elles permettaient de glaner quelques avancées indéniables (limitation des mandats, scrutin à deux tours, effectivité de la décentralisation par la constitution de Conseils Municipaux avec des conseillé élus etc…). Mais depuis la dernière intrusion divine de l’EPISCOPO qui maudit à tour de bras et de sermons, aucune alliance n’est plus possible. Il suffit d’écouter les piques que les uns et les autres s’envoient pour s’en rendre compte. La ligne de non-retour a été franchie.

La jarre penchait, dangereusement mais elle pouvait encore contenir un peu d’eau potable, l’EPISCOPO l’a carrément renversée. Il y a des Leaders qui ne pourront plus jamais s’asseoir dans une salle et encore moins autour d’une table. Désormais on se parle par réseaux sociaux interposés et pas pour se jeter des fleurs. Avant le 22 février 2020 l’opposition togolaise était mourante. L’EPISCOPO est en train de l’enterrer depuis le 22 février après lui avoir asséné le coup de grâce.

L’opposition politique togolaise est en ruine. Il aura bien du pain sur la planche, celui qui va hériter de l’amas de décombres que les « dynamiteurs » et leur intouchable homme de dieu laisseront derrière eux avant de passer la main. Oui, les hommes de dieu finiront par passer la main et retourner à ce qu’ils savent faire de mieux. Sinon il faut seulement espérer que la population ne se laissera pas faire et qu’elle saura faire la part des choses entre les lieux de cultes et les arènes politiques.

Moudassirou Katakpaou-Touré
Francfort.
23 juillet 2020

 

 

Armoiries du Togo : Merci Folikpo

 

Samira, Ladji… et Ferdinand, Leur combat… Notre combat !

C’est un genre journalistique qui amène à révéler, à la masse, ce qui est caché. Passionnant mais aussi très exigeant, le journalisme d’Investigation fait également encourir, aux professionnels qui l’embrassent, des risques de tous ordres. Immersion dans une spécialité mise en mal dans la sous-région ouest africaine encore plus ces derniers jours.

La braise…

C’est plus qu’une évidence. Il ne semble visiblement pas bon d’être journaliste d’investigation. Qui plus est en Afrique où la guillotine est permanente sur la tête des journalistes. Depuis quelques mois dans nombre de pays de la sous-région ouest-africaine, des persécutions et cabales tous azimuts doublées constituent le quotidien de ces professionnels de la communication qui ont choisi l’investigation comme socle de leur métier.

Comme une braise sur laquelle sont assis ces journalistes, les cabales et persécutions vont des menaces aux intimidations en passant par les cambriolages, le vandalisme, et même les assassinats. Des hommes et femmes dont le malheur est d’être populaire, fruit de leur professionnalisme, intégrité avec pour souci permanent la recherche de la vérité.

Le cas Samira

Son cas fait jaser actuellement au Niger. La journaliste et bloggeuse nigérienne Samira Sabou, très populaire par sa rigueur et son intégrité, croupit actuellement en prison et ce, depuis le 10 juin dernier.

La justice nigérienne reproche à l’administratrice du site d’information mides-niger.com des écrits diffamatoires contre Sani Issoufou, le fils du Président de la République, par ailleurs Directeur de Cabinet Adjoint à la Présidence. Ceci, après qu’elle ait mis en cause ce dernier dans une affaire de surfacturation lors des achats d’équipements militaires pour l’armée nigérienne. L’issue de son procès est attendue le 28 juillet prochain.

Ladji Bama…

Tout comme au Niger, le journalisme d’Investigation n’a pas meilleur sort au Burkina Faso. Ces trois dernières années, plusieurs menaces et attaques ont été perpétrées au Pays des Hommes Intègres contre ceux-ci et autres leaders d’opinion. Du lot, on retient entre autres, celle contre le confrère Mamadou Ali Compaoré en janvier 2017. Une autre dernièrement, en fin mai 2020, contre l’analyste politique et directeur Afrique chez Teminiyis media, Lionel Bilgo, par ailleurs auteur de l’ouvrage « Du rêve à la réalité, créons demain ».

Mais plus encore, l’on retient celle contre le journaliste d’investigation Ladji Bama dont la voiture a été consumée par le feu en janvier 2020. En effet, très populaire au Burkina Faso, Ladji Bama est l’un des journalistes qui ont beaucoup pesé pour la vulgarisation de l’affaire charbon fin d’Essakane IamGold en 2019. Il est aussi connu pour ne pas être assez tendre avec les dignitaires du pouvoir, dénonçant les manquements à la gouvernance et cela depuis le régime du président déchu Blaise Compaoré.

Norbert Zongo… le douloureux souvenir

Cette atmosphère particulièrement inquiétante rappelle cette époque où la machine infernale était mise en branle pour «faire taire ceux qui dérangent » au Burkina Faso. L’exemple le plus parlant reste celui de Norbert Zongo, toujours vivace dans les mémoires collectives. En effet, après avoir commencé une enquête sur la mort mystérieuse de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du président burkinabè d’alors Blaise Compaoré, Norbert Zongo est retrouvé mort assassiné et calciné dans sa voiture, le 13 décembre 1998, avec les trois personnes qui l’accompagnaient (Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma et Ernest Zongo). Cet assassinat odieux et crapuleux du fondateur et Directeur de la Publication de l’Hebdomadaire «L’Indépendant» a suscité des vagues d’indignation, tant sur le plan national qu’international.

Ignace Sossou…

Au Bénin voisin, pour avoir publié, sur les réseaux sociaux, des extraits d’une déclaration du Procureur de la République, mettant en cause la justice béninoise, le journaliste d’investigation Ignace Sassou a été interpellé le 19 décembre 2019 et condamné à dix-huit (18) mois de prison dont 6 avec sursis. Après une pluie de pressions et lobbyings, ce dernier a finalement été libéré le 24 juin dernier, il y a quelques jours, après en avoir passé six (06). Ce dossier a le mérite de révéler aux yeux du monde, la vraie face de la justice africaine où le Procureur qui s’est plaint a pu jouer au joueur et à l’arbitre. Pathétique !

Ferdinand Ayité…

Que dire du Togo où les journaux jugés critiques et les acteurs qui les animent sont exposés aux sanctions et persécutions de tous ordres? Après avoir été suspendu en mars dernier pour 2 mois conjointement avec ses confrères de Fraternité, et Liberté le directeur du journal Alternative Ferdinand Ayité fait actuellement l’objet d’une poursuite judiciaire. En effet, s’estimant diffamé dans ce qu’il convient d’appeler «Petrolegate», du nom de rocambolesque affaire de détournements de 500 milliards FCFA, sur la commande du pétrole par sa famille le Fils Fabrice Adjakly assigne en justice, pour le 12 août prochain, le Directeur de Publication de L’Alternative à qui il réclame payement de cinq millions (5.000.000) FCFA pour dommage et intérêts. Si au Niger ou au Mali ce sont les fils des chefs d’État qui se retrouvent au cœur de l’intrigue, le contexte reste toutefois le même, pour ce qui est du Togo où le clan au pouvoir phagocyte la justice aux fins de régler des comptes aux acteurs qui mettent à nu indirectement ses carences.

Combat à rude de épreuve…

Comme l’on peut aisément le comprendre, hier comme aujourd’hui, il paraît toujours très risqué d’embrasser le journalisme d’Investigations, un choix noble mais tout autant rude. Ce genre journalistique qui, au travers des enquêtes sur des sujets assez sensibles, met à nu personnalités et groupes d’intérêts dans leurs magouilles.

Et de ce fait, on devient une cible permanente aux yeux des mis en cause. Ces leaders d’opinion paressent gênants à tout point de vue, au point même de songer à les envoyer, au besoin, à l’abattoir. L’on a encore en souvenance, l’assassinat, en pleine journée, du confrére ghanéen Hussein Ahmed Suale, le collaborateur de Anas, le célèbre journaliste d’investigations dont les enquêtes ont révélé, aux yeux du monde, la corruption à grande échelle qui gangrenait le football ghanéen.

Cependant, le silence de l’opinion face aux mésaventures du journaliste dans l’exercice de son métier paraît donc plus un soutien qui ne dit pas son nom aux gourous dans leur plan machiavélique contre le métier de vérité et de justice qu’est le journalisme d’investigation. Celui de museler, par tous les moyens, voire éteindre les voix et plumes au vitriol au service de la vérité.

Face à l’injustice et l’arbitraire, la résistance

Face à l’injustice, au diktat et à l’arbitre, il urge la mise en branle d’une chaîne de solidarité aux côtés de ces journalistes qui, pour fidélité à la conscience professionnelle, ont préféré le chemin le plus simple, mais très risqué et exigeant. Celui de l’intégrité au giottisme et à la médiocrité. Et cette autre forme de lutte engagée en faveur de la bonne gouvernance doit être perceptible le 12 août prochain. La résistance !

Cette solidarité qui, au Mali, a poussé à la démission du président de la Commission Défense et Sécurité à l’Assemblée nationale, Karim Keïta, un autre fils au père, celui du Président Ibrahim Boubacar Keïta au cœur d’une affaire d’atteinte aux mœurs et d’allégations de scandales financiers.

Source : Fraternité

 

 

Samira, Ladji… et Ferdinand, Leur combat… Notre combat !

 

Togo, Pétrolegate : La guerre dans la maison

L’affaire de détournements de 500 milliards FCFA sur la commande du pétrole, révélée par la presse a connu, fin semaine dernière, un nouveau rebondissement. Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a fait commanditer un audit par son ministère aux fins de tirer au clair l’affaire et situer les responsabilités. Un exercice qui s’annonce intéressant.

Réelle volonté ?

Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a donné des instructions pour que des audits soient réalisés dans l’affaire «Pétrolegate». Ceci, afin d’en rétablir la vérité.

C’est, en substance, l’annonce faite, le vendredi 17 juillet dernier, sur la télévision nationale, par Komlan Kondo, le Coordonnateur par intérim du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPP). « Si malversations il y a, les auteurs seront poursuivis conformément aux textes en vigueur », a ajouté Komlan Kondo.

L’opinion pourrait espérer avec cette annonce si seulement le pouvoir de Lomé s’était fait, ne serait que l’once d’une crédibilité dans ces genres de dossier. Seulement voilà ! Celui qui va faire l’audit est lui-même l’audité.

Des inquiétudes…

En effet, plusieurs points et évidences en suspens contraignent à être dubitatifs quant à l’issue d’une telle procédure en faveur du rétablissement de la vérité.

D’une part, si audit est réellement demandé par l’autorité, c’est à demander où était-elle alors quand tout se tramait. En plus de ceux que le confrère a cité représentant la primature et autres niveaux de l’exécutif dans le Csfppp, des indiscrétions font état de ce que plusieurs autres personnalités du régime seraient bien trempées dans cette affaire. Dès lors, mener un audit avec les acteurs nationaux paraîtra peut objectif, dans un contexte où nombre de structures privées appartiennent au même clan à travers des sociétés écrans.

D’autre part, en annonçant l’audit, Komla Kondo, à la tête du CSFPP depuis le 5 juin, en remplacement du mis en cause Francis Sossa Adjakly, s’est évertué à démontrer l’absence de concussion et/ou de délit d’initié dans ce dossier. Pendant qu’une action judiciaire est en cours, cela semble être une politique de l’autruche ou une diversion pendant que le joueur joue à l’arbitre. Et cela est de nature à fausser le jeu, dès le départ. Partant de là, il est fort à parier que cette affaire fera moins d’émules qu’espérées.

Guerre de clans…

Seul espoir à priori, c’est l’engagement sans pareil dans ce dossier du ministre de tutelle qui, à en croire de sources bien introduites, est décidé à faire découvrir le pot-au-rose. Il revient que l’OTR, institution dont a été préalablement Commissaire Général le ministre, n’a jamais été ouverte au comité de fixation des prix. Ce qui n’est pas anodin. Et l’éjection de l’inamovible Adjakly de la tête de la Csfppp , un comité qui n’était en fait qu’ une nébuleuse n’était qu’un premier acte du scenario.

D’autres sources bien introduites rapportent par ailleurs, que le pot-aux roses s’est retrouvé dehors à force de bras de fer interminable entre le père Francis et le fils Fabrice Adjakly avec la suite de la famille mêlée. Et tout serait parti de la décision du père, vu le train de vie incontrôlable de son fils de lui retirer la signature sur les comptes de Management Hydrocabure, l’entreprise qui serait le trader.

Il saute donc aux yeux que cette affaire dont tout le mérite revient à la presse, ne serait pas bien vue par nombre de cadres du ministère. Lesquels seraient d’ailleurs actuellement à couteaux-tirés avec M. Adedze. Visiblement emballés, ces derniers s’emploieraient à tordre le coup au processus pour noyer le dossier.

Dès lors, tous les regards sont tournés vers Faure Gnassingbé, très attendu sur le sujet. Pour une fois, on attend de voir s’il donnera son onction salvatrice au ministre Adedze afin que l’affaire aille jusqu’au bout et révèle jusqu’au dernier degré, tous les noms tapis dans l’ombre et qui, depuis le «bureau noir» du ministère du Commerce, se sucrent allègrement et indûment sur le dos de leurs citoyens jusqu’au dernier.

Mais avant, lorsqu’on se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, d’abord sur insistance de votre Journal FRATERNITÉ, ensuite au titre de mesures sociales liée à la Covid, le pays a connu de baisses conséquentes de prix de produits pétroliers à la pompe, ce qui n’était pas ordinaire, l’on est tenté de dire que les faits et similitudes parlent d’eux-mêmes. L’on attend donc que la vraie vérité éclore. Le presse en fait déjà une partie.

Source : Fraternité [ fraternitenews.info ]

 

 

Togo, Pétrolegate : La guerre dans la maison

 

Togo : Mouvement Conscience Mandela, De quoi se poser des questions…

Le 18 juillet 2020, une nouvelle association aurait dû être officiellement lancée dans la bataille pour la justice sociale et les droits de l’homme au Togo. Elle n’a pas eu le temps de naître qu’elle a été étouffée. L’ordre serait venu des autorités en charge de la sécurité. Mais au-delà de cette énième dérive autoritaire, certains observateurs se posent des questions sur certains choix et faits.

La vision du Mouvement Conscience Mandela est de contribuer aux processus démocratiques et à l’instauration d’un État de droit au Togo et en Afrique. Citoyenneté, élections, bonne gouvernance, œuvres sociales et humanitaires sont les autres domaines d’intervention du mouvement. Pour atteindre ces objectifs, il compte sensibiliser les forces vives de la nation sur les sujets de grande importance. Il se donne également le droit de prendre des positions sur des questions d’intérêt national. Une mission noble.

Mais les forces de l’ordre ont été envoyées pour « empêcher le lancement du Mouvement Conscience Mandela » samedi dernier. Une descente musclée que les responsables de l’organisation ont trouvé injuste. « Nous avons tous les documents nécessaires depuis 2018. Par ailleurs nous sommes dans un régime déclaratif », a déclaré Me Joseph Akpossogna, Sécrétaire Général du Mouvement. Et de poursuivre : « ce qui veut dire que dès lors que vous créez une association, vous réunissez les documents nécessaires, vous saisissez le ministère de l’administration qui vous donne le quitus de procéder au payement et afférents, vous êtes déjà nés. Vous n’allez plus attendre le récépissé. C’est ce que dit la loi 1901 qui régit la création des associations ».

Mais dans un pays comme le Togo où certaines personnes sont réfractaires à la démocratie, un simple prétexte suffit pour mettre « hors d’état de nuire » un mouvement qui, a priori, va créer des insomnies au régime en place. A cet effet, avant de se lancer dans une telle mission, les initiateurs de ce mouvement devraient savoir non seulement, choisir leurs pions mais aussi et surtout où tenir leurs réunions.

Tendre le bâton pour se faire battre…

C’est ce à quoi ressemble l’échec du lancement de ce mouvement qui porte le nom d’une icône africaine, stratège politique dont la stratégie a eu raison de l’apartheid en Afrique du sud. Un héritage politique qui continue de susciter admiration de génération en génération. En effet, pour le lancement officiel du mouvement, les responsables ont choisi comme lieu, l’hôtel « Mirambeau » situé à Agbalepedogan. Un établissement que tout esprit branché à Lomé sait qu’il appartient à un officier de l’armée. Alors, l’on se demande comment peut-on lancer un tel mouvement dans cet établissement ? « Es-ce que ces gens-là ne savaient pas dans quel hôtel ils sont allés? », s’est d’ailleurs interrogé un journaliste après que le maitre de cérémonie ait décliné les objectifs et la composition du bureau exécutif de l’organisation.

Et sans surprise , alors que les gendarmes et policiers ont fait irruption dans l’hôtel, les responsables s’étant rendu compte de ce qui se déroule dans leur établissement ont intimé l’ordre aux membres du mouvement de tout arrêter et de déguerpir. Une situation embarrassante pour le Mouvement conscience Mandela en présence des invités et les professionnels de médias. Mais tout porte à croire que ce mouvement a lui-même tendu le bâton pour se faire battre par ses détracteurs.

En effet, au Togo, c’est un secret de polichinelle. Les défenseurs des droits humains et autres aspirant à la démocratie et à l’Etat de droit sont souvent surveillés comme de l’huile sur le feu et quand ils posent des actes qui contrarient le pouvoir, ils sont traqués et poussés à trouver refuge hors des frontières nationales. Le cas Koffi Kounté, ancien Président de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en est illustrateur.

En outre, le mouvement est présidé par Me Raphaël Kpandé-Adzaré, ancien membre du Collectif « Sauvons le Togo », ancien président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme et deuxième porte-parole du Front Citoyen Togo Debout (FCTD). A ce titre Adjare et les siens ne sont point censés ignorer les informations sur le cadre qu’ils ont choisi pour leur événement. Un choix qui semblent conformer qu’ils ont choisi d’aller jusque dans le nez du bourreau pour jouer après à la victime. Une démarche qui laisse perplexe sur la foi à accorder à ce mouvement à peine naissant. Qui plus est, Raphaël Kpande Adjare le promoteur se trouve avoir choisi residence hors du pays, pour longtemps.

In fine, le lancement raté du Mouvement Conscience Mandela peut être un mal pour un bien. Le temps de prendre du recul, bien analyser la situation et faire les bons choix.

Source : Fraternité

 

 

Togo : Mouvement Conscience Mandela, De quoi se poser des questions…

 

Togo : Sextape à l’école, la Haac doit jouer son rôle

Les vidéos à caractère sexuel et violent tournées dans certains établissements scolaires qui mettent en scène des élèves continuent de faire polémique sur les médias et réseaux sociaux. Comme nous l’écrivions la semaine dernière, la responsabilité de la dépravation des mœurs en milieu scolaire est partagée. Et nous avions notamment évoqué le cas des parents. Cette fois-ci, nous mettons l’accent sur un autre aspect du problème. Il s’agit des médias et des influenceurs.

La profonde influence des médias sur le développement psychique et social des enfants est déjà démontrée par les psychologues. Ces supports de transfert d’information peuvent construire l’enfant, mais ils peuvent aussi façonner négativement ses modes de pensée d’une façon subtile. D’où l’utilité de vérifier les médias qui vont façonner le développement des jeunes et qui vont les guider en quelque sorte dans leur vie future. Les autorités et les parents doivent ainsi identifier l’utilisation saine des films afin que ces distractions n’aient pas des effets néfastes sur leur développement des enfants. A titre d’exemple, les médias électroniques comme la télévision possèdent un immense potentiel pour affecter le développement du cerveau humain avec le sexe, la violence et l’adultère qui règnent dans les films. Dans ce domaine, ces dernières semaines le nom de la chaine cryptée Canal+ est revenue avec insistance.

De la nécessité de recadrer les médias

Depuis quelques semaines, la chaîne Canal+ est accusée de faire la promotion de la sexualité voire l’homosexualité dans ses contenus. De nombreux parents sont scandalisés par la diffusion de certaines scènes à des heures non-conventionnelles et une restriction d’âge souvent trompeuse. « Dans certains films, on montre des scènes où deux femmes ou deux hommes s’embrassent pleine bouche. Même dans certains dessins animés, la sexualité est présente. C’est une atteinte grave aux bonnes mœurs et à la pudeur. J’imagine le nombre de parents que ces scènes ont profondément choqué, surtout quand ils regardent la télé en présence des enfants », a confié un abonné de la chaine. « Parfois, alors que les parents croyaient que l’enfant regardent des dessins animés, a priori, non-violent et la sexualité n’est pas présente, c’est le contraire », s’inquiète un autre abonné.

Ces allégations si elles sont avérées pouvaient avoir des conséquences sur les enfants. Il n’est pas donc surprenant aujourd’hui de voir certains enfants se prêter à ces comportements malsains qui vont à l’encontre des valeurs de la société togolaise. Des éléments qui doivent interpeller la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) dont l’une des missions est de surveiller le contenu des médias et de recadrer promptement les organes concernés.

Mais au-delà de Canal+, certains médias locaux devraient également être rappelés à l’ordre. Ces médiaux qui diffusent à longueur de journée des chansons dans lesquelles la sexualité et la violence verbale sont véhiculées sans voile.

Le cas des influenceurs…

Depuis quelques temps, les personnes dites « influenceurs » foisonnent sur ces réseaux. Ils sont des femmes, hommes, jeunes filles et garçons à rivaliser jour et nuit pour attirer le plus de monde. Pour faire augmenter leurs nombres d’abonnés, ces gens sont prêtes à tout. Des diffusions des nudités aux propos violents, ils s’adonnent à toute sorte de pratique.

Dans leurs listes d’abonnés se retrouvent des milliers de jeunes qui, naïvement, les prennent pour des modèles à suivre. Il est donc impératif aussi bien pour le ministère de la formation civique, de la jeunesse et la Haac de recadrer ces influenceurs.

Plusieurs études ont démontré la hausse de comportements agressifs chez les jeunes qui s’habituent à regarder des films d’horreur, de viols et adeptes des réseaux sociaux. Des choses favorisent les comportements sexuels et la déconnexion totale avec la réalité. Malheureusement, les jeunes les plus vulnérables à ces influences sont les enfants ayant des problèmes affectifs, comme nous l’avons souligné dans notre dernière parution. Il est donc nécessaire que les autorités analysent tous les aspects du problème de la dépravation des mœurs en milieu scolaire pour prendre les décisions adéquates.

Source : Fraternité

 

 

Togo : Sextape à l’école, la Haac doit jouer son rôle

 

Chronique de Kodjo Epou : Lorsque table-banc devient lit picot à l’Ecole

J’y réfléchis toujours et toujours je ne comprends pas. Mais des pistes sillonnent ma tête qui pourraient mener vers les causes: le Togo est malade parce que les autorités ne dirigent pas le pays mais, au contraire, l’abîment.

Par Kodjo Epou

Le scandale du sexe dont se sont rendus coupables des élèves indélicats, en plein jour, des table-bancs transformes en lits picot, nous montre à quel point le Togo défiguré ouvre devant nous une page sombre sur laquelle il est impossible de lire les moindres écritures de fierté.

Cette histoire de baisodrome filmé à l’école n’est que l’effet d’une lourde dégringolade de notre société. C’est choquant. Mais qu’on ne range pas ce scandale monstrueux au rang de simples faits divers puis attendre un autre. Maintenant, après l’emotion générale, il faut apprendre et retenir que ceci ne peut pas être une affaire de police. C’est loin du commissariat, beaucoup plus en amont, par une étude très poussée, qu’il faut chercher les causes réelles de cette dépravation collective qui n’a rien à voir avec une quelconque influence de mœurs occidentales. On n’a jamais entendu que des élèves américains ou européens se sont déjà livrés à de telles choses, en groupe, le jour, dans leurs établissements.

C’est dire que ce qui s’est passé à Lome est, à plus d’un titre, inédit, unique, surtout interpellateur. Parents et gouvernants sont à blamer. Les gouvernants en premier lieu et beaucoup plus. Que font-ils, ces derniers, pour soulager les premiers de leurs misères et, de facto, amoindrir cette pauvreté aiguë qui pousse beaucoup de nos élèves (filles) à des actes délictueux comme la prostitution devenus trop frequents? Si on cherche, on trouvera que la plupart de ces lycéennes sont forcées de se prostituer, soit pour trouver les moyens de s’embellir et de s’alimenter, soit pour glaner ici et la quelques pitances pouvant soulager les parents à bout de souffle. Ce qu’il faut, enfin, si on ne veut pas multiplier les prisons à la place des lycées modernes avec leurs services sociaux, c’est un discours radical sur l’école et une volonté politique forte de faire d’elle, par les moyens appropriés, une priorité à défendre, à valoriser. L’Ecole avant l’Armée, c’est aussi simple que cela.

Ces scenes de porno « in live » avec des drogues en apéro, concomitamment produites dans plusieurs écoles, ont l’air d’avoir été soigneusement organisées par des mains obscures qu’il faudra démantelées et punir. Ici aussi, il se trouve que les malfrats dans ces genres de crimes, trop souvent, se réclament du giron des barons au pouvoir si ce n’est du chef de l’Etat lui-même. Sacré Togo, tous les « bad guys » se disent amis et/ou conseillers du président. En tout état de cause, il y a des événements qu’on ne doit pas chaque fois catégoriser dans les faits divers. Était-on allé plus loin dans les recherches pour savoir à quoi rimait cet infâme théâtre du « revenant de Tokoin-Dogbeavou »? Ce sont-là des escalades rares qui sont, malheureusement, le parfait reflet de notre pays.

Le Togo n’est pas gouverné et s’est retrouvé, au fil des ans, sur une pente dramatique. Le redressement de la barre incombe aux officiels, par des mesures draconiennes, par les exemples de bonnes moralités au sommet, du haut vers le bas. Malgré la misère, les parents ont eux aussi leur partition à jouer.

Rien ne gouverne un pays mieux que les lois et leur respect scrupuleux par ceux qui occupent les postes phares dans la société car, ce sont eux qui sont dans les cameras tous les jours, ce sont eux que ces jeunes élèves voient et tentent d’imiter. Toujours est-il que cette histoire donne du vertige parce qu’elle dépasse l’entendement humain.

Kodjo Epou

 

 

Chronique de Kodjo Epou : Lorsque table-banc devient lit picot à l’Ecole

 

La justice togolaise malade : Le procureur de la République, un désespoir pour les citoyens togolais

Le Procureur de la République, est un magistrat du parquet chargé de l’action publique dans le ressort d’un tribunal de grande instance. Le Procureur de la République selon son statut et ses attributions est un magistrat qui dépend du garde des Sceaux et qui a pour rôle de défendre l’ordre public et les intérêts sociaux. Il est un magistrat du Ministère Public. On parle aussi de magistrat du parquet.

De façon bien simpliste, le procureur de la République représente le magistrat dont la première mission est de permettre à ce que justice soit rendue à des citoyens victimes d’injustice, de défendre les intérêts sociaux et l’ordre public dans la République. Malheureusement pour les Togolais, les intérêts sociaux et la défense des droits des populations victimes d’injustices sont le dernier des soucis du Procureur de la République togolaise, Blaise Poyodi. La question des crimes de tout genre ne semble pas être son affaire sauf s’il s’agit de la persécution des hommes politiques qui dérangent le pouvoir en place.

Qu’il s’agisse des mineurs tués par balles réelles pendant les manifestations pacifiques ou d’autres assassinats comme celui de Mohammed tué à Avedji en mai dernier, celui du jeune menuisier surnommé Cimetière, de Dodji koutwati en passant par les militaires assassinés par des inconnus à Sokodé en 2017 jusqu’à l’élimination physique brutale du colonel Madjoulba dans un camp militaire, le procureur de la République ne s’est jamais senti préoccupé. S’il ne reste pas totalement indifférent, il donne rarement l’impression de saisir l’affaire qui ne connaît jamais de suite.

Mais il suffit que le pouvoir de Faure Gnassingbé soit un tout petit peu dérangé par un citoyen pour que le procureur de la République soit utilisé pour des persécutions et poursuites judiciaires arbitraires dans le seul but de jeter les citoyens en prison pour leur opinion politique. L’histoire des incendies du grand marché de Lomé, des arrestations arbitraires des manifestants de l’opposition et la poursuite judiciaire du candidat de la Dynamique Kpodzro et de ses membres en sont des exemples palpables. Le procureur de la République n’a pas pour rôle de mettre hors d’état de nuire les opposants, mais plutôt, de protéger les citoyens et d’aider à poursuivre et à punir les auteurs de crimes et d’infractions. Il doit contribuer au respect des libertés individuelles et au traitement équitable des citoyens devant la loi.

Joe S.

Source : L’Engagement N° 030 du 16 Juillet 2020

 

 

La justice togolaise malade : Le procureur de la République, un désespoir pour les citoyens togolais

 

Togo - Le Journaliste Ferdinand Ayité menacé, ASVITTO met les auteurs en garde

C'est lui qui a révélé le scandale sur le détournement des 500 milliards de FCFA de la gestion de la commande du pétrole au Togo par une famille. Depuis la sortie de ce dossier le 9 juin dernier, il s'est instauré un débat dans le pays sur le sujet, avec une série de révélations que continue de faire Ferdinand Ayité, Directeur de publication du bi-hebdomadaire L'Alternative. Hier mardi, un individu a appelé ce dernier et commencé par le menacer au téléphone. L'Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO) monte au créneau et met en garde les auteurs de ces menaces.

DÉCLARATION DE L'ASVITTO RELATIVE AUX MENACES SUR LE JOURNALISTE FERDINAND AYITÉ, DIRECTEUR DE PUBLICATION DU JOURNAL L'ALTERNATIVE

l'Association des Victimes de Tortures au Togo (ASVITTO) vient de recevoir l'alerte d'une menace sur le Directeur de Publication du bihebdomadaire L'Alternative, M. Ferdinand Ayité journaliste d'investigation. La menace est consécutive à l'affaire dite "petrolegate" qui oppose le contribuable togolais représenté par ce journaliste à une bande de pilleurs des deniers publics qui ne cessent de saigner le peuple dans la fluctuation des prix des produits pétroliers. Plus de 500 milliards de francs, soit environ le 1/3 du budget national 2020 aurait été détourné à travers des stratégies mafieuses par le Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers (CSFPPP). Cette structure du ministère du commerce a manipulé, pendant des années les prix à la pompe qui n'ont jamais été proportionnels aux cours mondiaux par rapport au baril mais selon les intérêts de ce groupe de personnes sans moralité.

Le pot aux roses de cette corruption hautement politique qui a été découverte et dénoncée par ledit journaliste pour la cause commune, lui a coûté une plainte au tribunal de "l'injustice" et des menaces de nature inquiétante. Le train de vie et les richesses insolentes des auteurs et complices de ce grand détournement auquel s'ajoute le contexte sociopolitique du pays caractérisé par des meurtres et assassinats dont les auteurs sont protégés par une série d'enquêtes sans aboutissement, ont créé une stupeur et une terreur qui empêchent les défenseurs des libertés fondamentales d'exercer librement et en toute quiétude leurs activités professionnelles comme l'exigent les principes démocratiques et les règles des droits de l'homme.

Au regard de la nature des menaces, l'ASVITTO invite le Procureur de la République et le Ministre de la Sécurité à veiller à la sécurité du journaliste Ferdinand Ayité en vue de lui permettre d'exercer librement ses activités pour le démantèlement du réseau des pilleurs des deniers publics afin de les soumettre à la rigueur de la loi.

L'ASVITTO constate également, que suite aux premières informations livrées par ce journaliste, il y a eu un changement qui a été opéré avec nomination d'une autre personnalité appartenant au même réseau à la tête du comité incriminé. Cette succession d'événements loin d'être un hasard, s'inscrit dans une logique absurde et irrationnelle d'une tentative de brouiller les pistes en vue d'empêcher la manifestation de la vérité.

Ceci étant, le ministère du commerce et par ricochet le gouvernement qui détient les prérogatives d'une telle nomination aurait pris parti et tente de protéger les mis en cause de cette escroquerie.

Fort de ce constat, l'ASVITTO convie toutes les populations, tous les partis politiques et tous les acteurs de la société civile qui ont conscience de la léthargie économique dans laquelle s'enfonce dangereusement le Togo, à se sentir concernés par cette affaire qui est l'une des principales causes de la vie chère, de l'extrême pauvreté et de la misère dans le pays. Il convient, pour tout citoyen togolais, de manifester son indignation vis-à-vis de la gouvernance approximative en répondant à l'appel du 12 août 2020 devant le tribunal de première instance de Lomé pour faire ramener l'argent détourné afin de l'investir dans la santé et dans l'éducation.

Par la même occasion, l'ASVITTO invite les principaux partenaires économiques du Togo à être très regardants dans cette affaire afin d'amener les autorités gouvernementales à affronter leurs obligations de lutter véritablement contre la corruption et l'impunité.

Enfin, l'ASVITTO invite particulièrement le Chef de l'État à prendre toutes les dispositions pour la protection du journaliste Ferdinand Ayité, de ses collaborateurs et de tous ceux qui s'investissent à ses côtés pour défendre l'intérêt général de tous les Togolais.

Fait à Lomé, le 22 juillet 2020.

Pour l'ASVITTO

Le Président
M. ATCHOLI KAO Monzolouwè

 

 

Togo - Le Journaliste Ferdinand Ayité menacé, ASVITTO met les auteurs en garde

 

Togo - Lettre ouverte de la diaspora NAWDA à leur frères et soeurs

Mon frère, ma sœur de Siou, mon frère, ma sœur Nawda !
Au moment où nous finalisons cette lettre ouverte adressée à tout fils et fille de Siou où qu’ils se trouvent, nous apprenons avec stupéfaction qu’un autre de nos frères, colonel de l’armée togolaise aussi comme Toussaint Bitala Madjoulba, vient de perdre sa vie, dans des circonstances étranges. La succession de ces évènements ressemble à un film de fiction ou á une tragédie gréco-romaine. Seulement qu’ici c’est la réalité de notre quotidien qui couvre notre famille de Siou et Nawda d’un deuil continue et d’une douleur qu’on ne peut décrire. L’accablement est immense et nous sommes perdus et désorientés sur la démarche à suivre, voire l’attitude à adopter.
Nous, fils et filles de la Diaspora Nawda (Siou et Nawda) vivant aux USA, Canada et Europe, durant les deux derniers mois, nous sommes manifestés de plusieurs manières face à la tragédie qui frappe notre grande famille de Siou et Nawda. Nous avons essayé de notre mieux de faire comprendre les motivations et le sens de nos initiatives et les objectifs poursuivis vu que notre communauté est en grand danger. Lesquels objectifs se résument en trois points :

• Le respect et l’application des EXIGENCES COUTUMIÈRES devenues une impérative à la suite de l’assassinat de notre frère Toussaint Madjoulba et des réactions de la population de Siou suite au sifflement du cor de guerre.

• Notre volonté et disposition d’accompagner la famille MADJOULBA et notre communauté Nawda dans son droit légitime de RENTRER EN POSSESSION du corps de notre frère et de lui donner un ENTERREMENT DIGNE en accordance avec la COUTUME NAWDA.

• Notre recherche de JUSTICE pour notre frère dont le décès tragique a été causé par ce qui est d’évidence publique un assassinat.

Á ce jour, nous déplorons le fait qu’aucun de ces objectifs poursuivis n’a été satisfait. Tout en attendant qu’une enquête parlementaire soit diligentée pour faire la lumière sur les circonstances de l’assassinat de notre frère, nous restons toutefois attachés aux principes de transparence, d’indépendance et d’équité. Le crime a été odieux, violent, et a interrompu la vie d’un homme, un époux, un père de famille, un parent, un militaire citoyen dévoué à la cause de son pays le Togo laissant ainsi des orphelins, des veuves, parents, amis et frères d’arme profondément meurtris. Pour cela nous, la Diaspora Nawda, en solidarité avec la famille, et la population de Siou et autres Nawdba, aussi bien que l’ensemble de la population togolaise ne saurions nous satisfaire des résultats d’une enquête qui ne ressortent la VÉRITÉ et qui ne traduisent le coupable ou les coupables à la justice afin qu’ils payent de leur crime.
Nous invitons tous les fils et filles de Siou en particulier et Nawda en général, que ce soit de façons individuelles en fonction de leur degré d’influence, ou collective réunis au sein d’associations des ressortissants de Siou à l’instar de l’ARSIL et ARDOL, de faire avant tout de cette recherche de justice pour Toussaint une question de survie de notre identité Nawda. Ce serait non seulement faire justice à Toussaint mais aussi prévenir la répétition de ces disparitions violentes et suspicieuses de nos quelques rares officiers de Siou et Nawda dans l’armée togolaise (comme si notre pensée était une prémonition voilà que nous pleurons encore aujourd’hui en l’espace de deux mois la mort d’un autre officier Nawda de Siou).

Le son du cor de guerre a résonné, alertant les peuples Nawda de la présence d’un danger dans la communauté et appelant au ralliement général de ses filles et fils pour faire face au danger. Ce type de sifflement du cor qui n’est point festif, ni une plaisanterie est un appel à la mobilisation devant aller jusqu’au bout. Nous à la Diaspora Nawda, ayant pris soins de nous renseigner auprès des grands prêtres de Siou , tenants de la tradition, nous sommes arrivés à la conclusion que le son du cor de guerre était un évènement extrêmement grave qui a poussé les populations de Siou et leurs alliés des autres cantons à se lever spontanément et marcher sur la préfecture afin d’accomplir la mission à laquelle le son du cor les a appelés et qui spécifiquement est de réclamer le corps du fils de Siou assassiné sauvagement afin de lui accorder un enterrement en accordance avec nos coutumes. Nous avons aussi appris qu’une fois le son du cor de guerre sonne, c’est aussi les esprits de nos ancêtres qui sont appelés au secours, et il est indispensable qu’il y’ait une clôture selon les exigences de la tradition, pour ramener les esprits dans leur demeure et aussi éviter que les malheurs s’abattent sur notre communauté Nawda de façon individuelle ou collective du fait d’avoir sonné le cor de guerre de façon vaine. Cet appel a résonné non seulement à Siou et à ses alentours, mais aussi est arrivé aux fils et filles de Siou vivant dans tous les coins du monde. Á la Diaspora Nawda aux USA, au Canada, en Europe, nous avons entendu cet appel et nous avons voulu à notre manière y répondre et ceci est la raison fondamentale de notre engagement.

Á ce jour aucune conclusion n’a été apportée à cet appel comme l’exige notre tradition. Que s’est – il passé par la suite ? Nous ne pouvons apporter avec certitude une réponse à cette question. Notre analyse de la situation quoique à distance, nos interactions avec les uns et les autres nous permettent pour autant de dire que c’est au sein de notre famille Nawda que des forces se sont opposées à l’accomplissement effectif du ralliement des populations Nawda et de l’accomplissement des rites traditionnels qui s’imposent à la suite du sifflement du cor de guerre. Comment se fait – il qu’une composante aussi importante de l’essence du peuple Nawda puisse être aussi rabaissée, banalisée et réprimée ? Chaque peuple ne trouve-t-il pas sa force et son respect dans ce qui lui est particulier et qui lui vient de sa culture que chaque génération lègue à la suivante ? Personne ne saurait s’ériger le droit de remettre en cause la continuité de ces caractéristiques culturelles fondamentales qui font l’identité de notre communauté Nawda. Nous invitons nos frères et sœurs qui pour des raisons propres à eux, se reposant sur leurs capacités d’influence multiformes dont ils jouissent du moment, vont à l’encontre de l’accomplissement de la tradition à nous tous, de mesurer la portée présente, future et historique de leurs actes. Les hommes passent, les nations ou les communautés demeurent. L’histoire sera impitoyable pour ceux ou celles qui n’auraient pas privilégié le bien commun aux dépens du gain personnel et matériel.

Cela fait presque trois mois que nous attendons d’accompagner notre frère Toussaint á sa dernière demeure en accordance avec les rites de notre culture. Nous sommes conscients que cela revient exclusivement à la famille immédiate de Toussaint de s’occuper de son enterrement. Permettez-nous ici de crier notre impatience face à cette durée. Encore plus aucune information n’est faite publique pour rassurer ses frères et sœurs aussi lointain que nous puissions paraître, la population de Siou et Nawda et la population togolaise en générale. Nous n’accepterons pas que l’assassinat horrible de Toussaint, alors que sa maman et sa sœur étaient à la morgue, attendant qu’il les enterre, puisse tomber dans l’oubli collectif et passer pour un épiphénomène et qu’on se tourne sur le nouveau corps sans vie tombée entre nos mains. Et quand celui-ci sera aussi oublié on recueillera un autre. Nul ne sera épargné si rien n’est fait.
QUE CE CYCLE MACABRE S’ARRÊTE ! Et nous filles et fils de Siou et Nawda, nous ne saurons accepter et demeurer passifs en face de cette série macabre dont sont victimes nos frères qui se sont donnés corps et âme à défendre la nation togolaise. La vie humaine est sacrée et doit être respectée et protégée à tout prix. La survie de notre peuple, de notre identité est menacée. Ne restons pas indifférents. Sortons de nos peurs et acceptons le sacrifice de notre confort matériel pour rechercher le bien commun. Les générations futures nous seront reconnaissantes.

Fait aux USA

Pour la Diaspora Nawda aux USA, CANADA, EUROPE
LA COMMISSION DE COORDINATION

 

 

Togo - Lettre ouverte de la diaspora NAWDA à leur frères et soeurs

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro juge "nul et de nul effet" le mandat d'arrêt lancé contre Dr Kodjo

N'ayant pas répondu à la convocation à lui adressée par le doyen des juges d'instruction vendredi dernier, le "président démocratiquement élu de la République togolaise", Dr Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo est sous le coup, depuis quelques jours, d'un mandat d'arrêt lancé à son encontre par la justice togolaise. La Coordination internationale de la dynamique Mgr Kpodzro (CIDMK) dénonce un acharnement judiciaire contre l'ancien Premier ministre et indique que ce mandat d'arrêt est "nul et de nul effet".

COMMUNIQUÉ DU 16 JUILLET 2020 DE LA COORDINATION INTERNATIONALE DE LA DYNAMIQUE MGR KPODZRO (CIDMK)

TOGO : AUX INSTITUTIONS DÉFAILLANTES S’IMPOSENT LA VAILLANCE DU PEUPLE !

Élu par l'écrasante majorité des Togolais à la tête du Togo, S.E. Dr Gabriel Agbéyomé Messan Kodjo n'a de cesse, de par la constance de sa posture, de démontrer à la jeunesse togolaise et la Nation toute entière sa détermination, pour montrer la voie à l’appropriation sans faille du sens du Patriotisme et de la Dignité Humaine afin de construire une Nation forte, unie, réconciliée et solidaire.

Alors que la Cour de justice de la CEDEAO interpelle la justice togolaise, qui évite soigneusement de s’autosaisir des assassinats et autres crimes économiques qui font l’actualité ces derniers mois, le doyen des juges d’instruction a cru bon de convoquer le Président démocratiquement élu, pour la énième fois, le 12 juillet 2020 dans un dossier purement politique, habillé de manière sibylline en dossier criminel.

Le Président démocratiquement élu ayant légitimement refusé de déférer à la convocation du doyen des juges d'instruction, un mandat d'arrêt international vient d'être lancé contre lui, en violation des lois de la République.

La CIDMK condamne l’acharnement judiciaire dont font l’objet le Président démocratiquement élu et les membres de la Dynamique Monseigneur Kpodzro. Par ailleurs, elle estime qu'en sa qualité de Président démocratiquement élu, et détenteur du pouvoir légitime grâce à l’onction populaire à lui conférée par le biais des suffrages massivement portés sur sa personne, S. E. Dr Gabriel Agbéyomé Messan KODJO, ne doit plus se présenter devant une justice sous ordre ; ce qui rend subséquemment le mandat d’arrêt décerné contre lui, nul et de nul effet.

De ce fait, les institutions de la République ont perdu toute leur crédibilité et leur légitimité, et il appartient désormais à chaque Togolaise et à chaque Togolais de tirer les conséquences de l’insécurité permanente à laquelle ils sont confrontés en se mobilisant pour mettre hors d’état de nuire le pouvoir sortant et ses appendices qui ont perdu la face tant sur le plan national que sur l’échiquier international.

Constamment récusé par la juridiction communautaire et décrié d'être un repaire de criminels de tous horizons, le Togo n’a plus le droit de rester cette atypie et curiosité en Afrique de l’Ouest !

C'est à ce titre, que la CIDMK, en appelle à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout entier, à rallier la Grande Marche Citoyenne et Patriotique de Libération nationale en branle, jusqu’au départ effectif et sans conditions du régime autoritaire du glaive et du sang.

La CIDMK lance un vibrant appel aux Togolaises et Togolais de tout bord, de toute condition et de tous horizons, dans un engagement citoyen et patriotique, à se mobiliser sur toute l’étendue du territoire national et au-delà, autour du seul concept fédérateur de la libération nationale pour bouter sans délai, le pouvoir sortant avec ses prédateurs, hors des sphères de décisions.

Il y va de l'avenir de la Nation!

Plus les jours passent sans initiative de notre part, encore plus forte sera l’ampleur des dégâts à réparer.

De concert avec le Président démocratiquement élu, son Gouvernement et les Patriotes de tous horizons, la CIDMK travaille sans relâche pour qu’ensemble, dans un élan commun, nous recouvrions notre fierté et dignité bafouées par ceux qui sont assis sur le destin de la Terre de nos Aïeux.

Guidés par la foi, et grâce aux actions tous azimuts enclenchées sur les plans diplomatique et de la mobilisation, la CIDMK vous invite toutes et tous, à accompagner la victoire du Souverain Peuple togolais par votre engagement résolu sans précédent, pour que la Terre de nos Aïeux retrouve ses lettres de noblesse à la mesure de sa tâche-mission « OR DE L’HUMANITÉ ».

TOGO DEBOUT, LUTTONS SANS DÉFAILLANCE !

Dr Edem Atsou KWASI

Coordinateur général

 

 

Togo - La Dynamique Mgr Kpodzro juge "nul et de nul effet" le mandat d'arrêt lancé contre Dr Kodjo

 

Togo - Un mandat d’arrêt contre d’Agbéyomé Kodjo

Le doyen des juges d’instruction dans le dossier Agbéyomé Kodjo a délivré le vendredi 10 juillet 2020 un mandat d’arrêt contre ce dernier pour n’avoir pas respecté les conditions de son contrôle judiciaire.

Le candidat de la Dynamique Mgr Kpodzro à l’élection présidentielle du 22 février 2020 qui continue de revendiquer sa victoire devrait comparaître devant le magistrat. Il est notamment accusé de trouble à l’ordre public au lendemain du scrutin qui donna une victoire à Faure Gnassingbé, le président sortant, pour un quatrième mandat selon les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle.

Placé sous contrôle judiciaire, l’ancien Premier ministre devrait comparaître vendredi dernier devant le juge d’instruction. Il n’y est pas allé, justifiant que des « investigations sérieuses et croisées dont il ressortait que des desseins hautement malveillants seraient planifiés contre ma personne dans le cadre de cette convocation dont l’ultime but est de m’éliminer par tous les moyens ».

Le magistrat constate son absence, la mentionne dans un procès-verbal. Et dans la foulée, nous apprend-on, délivre un mandat d’arrêt contre l’ancien Président de l’Assemblée nationale.

Agbéyomé Kodjo, président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), soutenu par la Dynamique Kpodzro, est arrivé second, très loin, du chef de l’Etat sortant crédité de presque 70% à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, selon la Cour constitutionnelle.

Le 24 avril 2020, l’opposant est accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, d’usage des insignes de l’Etat, de nominations illégales, de troubles aggravés à l’ordre public, de dénonciations calomnieuses.

Entre-temps, l’ancien cadre du parti au pouvoir est placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit de quitter le territoire sans autorisation préalable des autorités compétentes. Depuis quelques jours, il est introuvable sur le territoire national. Il serait au maquis pour certains. Il aurait fui le Togo, selon d’autres.

A.H.

 

 

Togo - Un mandat d’arrêt contre d’Agbéyomé Kodjo

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